Chapitre 10 ! Bonne lecture et merci pour vos coms :)


Nous étions arrivées à notre chambre. Elle soupira à son tour en me regardant et je compris que dans sa tête se battait l'envie de me dire la vérité et celle de garder le secret.

« Avez-vous faim Mademoiselle Swan ? Me demanda-t-elle soudainement.

- Une faim de loup. » Lui répondis-je en souriant.


Le restaurant de l'hôtel était indécemment luxueux. Je ne me sentais pas à ma place mais j'avais la conviction que Regina allait me révéler la suite de son histoire. Je savourais mon plat en la dévisageant et elle comprit mon attente.

« Juste avant que le juge ne rende son jugement, M. Gold est venu me voir. Il m'a proposé un accord. Commença-t-elle les yeux rivés au fond de son verre.

- Un accord ?

- Comprenez-moi bien Mademoiselle Swan, notre dossier était vide et nous n'avions aucune chance de gagner cette bataille. »

Je ne comprenais pas la différence de discours entre Robin et Regina … Son ex-mari m'avait bien expliqué qu'ils avaient réussi à prouver que Gold détournait des fonds de ses sociétés et avait donc perdu au tribunal… Je ne pouvais malheureusement pas dire ça à ma boss. Je restais donc muette et impatiente.

« Gold est donc passé un soir dans mes bureaux pour passer un marché. Continua-t-elle honteuse.

- Qu'est-ce qu'il vous a proposé ?

- Il m'a offert de tout abandonner.

- Abandonner son projet de centre commercial ?

- Oui.

- Mais… En échange de quoi il a accepté de mettre fin à un tel projet qu'il était quasiment sûr de gagner ?

- Sur le coup je n'ai jamais su, il m'a juste fait cette proposition en m'indiquant que je lui devrais une faveur. »

Je fronçais les sourcils, ceci n'avait aucun sens. Stopper une ambition pareille pour une faveur ? Je me demandais si Regina ne me cachait pas quelque chose.

« Comment Robin a pris la chose ?

- Je ne lui ai jamais dit, bien qu'il ait été avec moi à chaque étape du procès, j'ai refusé qu'il vienne au jugement. Je lui ai fait croire qu'on avait gagné, que Gold allait être jugé pour ses crimes.

- Il a bien dû le savoir non ? Après tout il était journaliste.

- Pas à cette époque, non. C'était un reclus, il ne l'est devenu que plus tard et puis beaucoup de gens très haut placés arrivent à ce que leurs déboires ne soient pas rendus publiques. Cela n'avait rien d'étonnant, le principal était qu'il renonçait réellement à son projet de raser la forêt. »

Je hochais la tête et comprenais un peu mieux la situation.

« Quelle faveur vous a-t-il demandée ? »

Elle ne répondit pas tout de suite. Elle finit son assiette tout en cherchant ses mots et je la sentais particulièrement nerveuse.

« À vrai dire, je pensais qu'il avait oublié cet accord. J'ai été naïve… souffla-t-elle en s'appuyant sur le dossier de son siège. Il me l'a rappelé tout à l'heure. »

Je supposais que c'était la cause de mon exclusion de leur conversation plus tôt dans la journée et je n'osais pas poser plus de question, j'attendis sagement qu'elle se confie.

« Son fils a déjà eu de nombreux démêlés avec la justice ces dix dernières années. Drogue, alcool, agressions… Il souhaite que je prenne en main ce dossier.

- Il n'a pas assez d'avocats pour ça ?

- Une véritable armée…Mais aucun n'est réellement bon dans ce qu'il fait.

- C'est plutôt flatteur qu'il se tourne vers vous alors.

- Oui, sûrement. Il est persuadé que je peux mettre le jury dans ma poche avec ma réputation de défenderesse des paumés et des mal-aimés. » M'expliqua-t-elle en riant.

Il était vrai qu'en parcourant les dossiers du cabinet j'avais pu m'apercevoir que la majorité des affaires concernaient des gamins perdus qui avaient simplement pris la mauvaise décision. Mills&Preston détenait le record d'affaires gagnées dans ce domaine.

« Qu'est-ce que vous lui avez répondu ?

- Non bien sûr. Je n'ai aucune envie de défendre le fils de Gold, peu importe l'accord que nous avons passé, il devra trouver une autre faveur à me demander. »

Je comprenais sa réticence à prendre en main une telle affaire, le père de ce garçon trouverait sûrement la solution à son problème en sortant une liasse de billets, comme il le faisait à chaque fois. Je redoutais cependant la réaction de ce « tracassin », il avait bâti une réputation solide et ce n'était pas le genre d'homme à qui on pouvait dire non.

Je baillais tout le long de notre chemin du retour à l'hôtel et heureusement nous arrivions rapidement à notre chambre. Je rêvais de m'avachir sur le lit, ce que je fis à peine la porte ouverte et cela me valut un regard plutôt curieux de la part de Regina. Il semblait que ce genre de comportement était déplacé … Je me redressais donc et la regardais s'affairer à organiser la chambre comme si elle emménageait. Un bibelot par ci, une babiole par là, je me demandais pourquoi elle redécorait la pièce et je suppose qu'elle sentit mon interrogation puisqu'en posant un livre sur la table de chevet elle me regarda enfin.

« Cela peut sembler un peu bizarre… Mais c'est plus agréable ainsi.

- Je comprends. » Mentais-je alors.

Elle me sourit avant de partir avec quelques affaires en direction de la salle de bain. Je la sentais si mal à l'aise, je n'en avais pas l'habitude. Elle semblait plus fragile et… accessible. Je me levais pour détailler les objets qu'elle venait de disposer tout en prenant mon portable. Je composais le numéro de Zelena en jouant machinalement avec une petite statue, la réplique parfaite du Penseur de Rodin. Je trouvais bien étrange de disposer ce genre de décoration dans une chambre d'hôtel …

« Allô, Emma ?

- Zelena ! Tu réponds enfin ! T'étais passée où ?

- Nulle part… Tu es seule ?

- Oui, Regina est sous la douche.

- Super. »

Je faisais une pause en reposant la statuette.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé avec la réservation ? Je me retrouve dans la même chambre que Regina …

- Toutes ses assistantes partagent sa chambre.

- Une chambre avec un seul lit et une ambiance de nuit de noce ? »

Je l'entendis rire à l'autre bout du fil et j'eus une soudaine envie de lui tordre le cou.

« Ça non, c'est un petit plus que je vous offre.

- Que tu nous offres ? Mais pour quoi faire ? Elle est troublée par cette situation et moi je vais me retrouver à dormir sur un canapé…

- J'ai simplement le sentiment que ce canapé ne supportera pas longtemps ton poids. » Me répondit elle en souriant.

Perdue, je m'asseyais sur ce dit canapé en soupirant.

« De quoi tu parles… Tentais-je en sachant qu'elle ne me répondrait pas. Pourquoi tu me fais ça maintenant ?

- Ne te prends pas la tête avec ce genre de questions, tu me remercieras plus tard.

- Oh ne t'en fais pas, je me creuse déjà les méninges pour trouver une manière de te remercier, Zelena. »

Je l'entendis rire à nouveau et je la soupçonnais d'être particulièrement fière d'elle.

« Allez, je te laisse en profiter Blondie. Ne dis pas à ma sœur que tu as réussi à me joindre, je dois encore trouver une excuse bidon pour éviter qu'elle m'arrache la tête en rentrant… »

La nuit tombée, je tournais dans tous les sens pour caler l'intégralité de mon corps sur ce canapé trop étroit. Je me retrouvais finalement une jambe dans le vide, à moitié assise quand j'entendis des plaintes venant du lit. Des râles puis des pleurs… Regina semblait faire un cauchemar. J'hésitais à intervenir mais elle commença à se débattre dans le vide, je me levais donc nerveusement pour m'asseoir auprès d'elle et entreprendre de la réveiller.

« Madame Mills ? Tout va bien ? »

Je la secouais un peu plus fort et je vis une larme perler le long de sa joue. Son visage était crispé par la douleur et ses cris se faisaient de plus en plus perçants. Mes tentatives n'y faisant rien, je m'allongeais contre elle en la serrant fort. Au bout de quelques secondes, elle se calma. Sa respiration reprenait un rythme normal alors que j'écoutais son cœur se calmer lui aussi. J'étais contre elle et je me sentais bien, son parfum était enivrant et sa peau si douce… Elle se réveilla finalement et je la sentis se tendre. Elle baissa la tête vers moi en fronçant les sourcils.

« Mademoiselle Swan ? »

J'avais une nouvelle fois l'impression de m'être fait piéger par un adulte en train de faire une bêtise… Je levais finalement les yeux vers elle, ce qui devait me donner des airs de chat botté.

« Pardon… Vous étiez en plein cauchemar et je n'ai pas trouvé d'autre solution… »

Je pensais me retrouver rapidement par terre mais elle ne me repoussa pas. Je la sentis même se détendre et reprendre sa respiration. La pièce était quasiment dans le noir ce qui me donnait plus de courage. Je me redressais légèrement pour déceler ses yeux.

« Je suis désolée. Me dit-elle en cherchant les miens.

- Il ne faut pas… ça avait l'air… assez violent. »

Elle semblait triste, blessée, peut-être même un peu vulnérable… Sans m'en rendre compte, je me penchais un peu plus sur elle jusqu'à n'être plus qu'à quelques centimètres de ses lèvres. J'étais littéralement rongée par l'envie et ma respiration me trahissait. Regina ne m'arrêta pas, au contraire même… Je sentis sa main gauche remonter le long de mon dos pour me presser contre elle et me donner le feu vert pour continuer. Je posais alors mes lèvres sur les siennes et ce fut le choc. Elle n'était pas la première femme que j'embrassais et pourtant la sensation était nouvelle, elle n'était pas la seule dont j'avais été proche mais je ressentais enfin cette sensation de plénitude. Je remplaçais rapidement la couverture qui lui collait à la peau par mon corps alors que notre baiser s'enflammait. Je l'entendis gémir à plusieurs reprises, ou bien c'était moi… Impossible de mobiliser assez de sang au cerveau pour l'irriguer et faire fonctionner mes neurones. Je me tenais donc au-dessus d'elle, une jambe entre les siennes et je n'avais jamais connu de situation plus sensuelle. Consciente que ma cuisse passait régulièrement contre son entre-jambe, je l'embrassais de plus belle en la maintenant contre le lit. J'avais peur qu'elle m'échappe soudainement ou que tout ceci ne soit qu'un rêve. Elle posa alors une main sur mon visage pour stopper mes assauts et me regarda fixement. Ses yeux étaient si noirs, je ressentais son envie et chaque seconde d'attente était une torture.

« Emma… » Susurra-t-elle.