Je ne sais pas comment j'ai pu vous faire attendre aussi longtemps pour ce nouveau chapitre... J'espère que vous êtes toujours là et que vous apprécierez ce nouveau chapitre. Je vous souhaite une bonne lecture à tous et à très vite !
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Chapitre 10 : Échauffourées et révélation
Draco avait un mauvais pressentiment. Il s'agissait de son dernier jour de classe avant les vacances de Noël et il avait la désagréable sensation qu'il ne remettrait jamais les pieds au château. Le train qui le ramènerait à Londres partait le lendemain et la simple idée de se voir arracher au cocon que représentait Poudlard le terrifiait. Jusque-là il avait essayé de ne pas penser à la terrible réunion qui se profilait, mais plus les jours avançaient, plus son stress se décuplait.
Dès le petit déjeuner, les autres Serpentards avaient compris que quelque chose n'allait pas chez Draco. Cela faisait quelques semaines que ses relations avec ses camarades de maisons avaient été mit entre parenthèses. Il avait largement préféré la compagnie d'Harry à celle des vert et argent. Les seuls moments qu'il passait en compagnie de sa maison étaient les repas, certains cours et la nuit (même si elle s'avérait plutôt courte).
Pansy et Blaise, pour ne citer qu'eux, n'ayant que peu de temps pour voir Draco, avaient remarqué le moindre de ses changements de comportement. Par exemple, vis-à-vis de la nourriture. Le blond n'avait jamais été un gros mangeur mais il ne sautait jamais un repas. Le petit déjeuner était primordial pour lui et même s'il n'avait pas le temps, il tentait toujours d'attraper au moins un toast.
Mais ce matin-là, Draco restait face à son assiette pleine, dégouté de toute cette nourriture.
« Quelle mouche t'a piqué pour que tu ne manges rien ? » Demanda Pansy, froidement.
Draco ne répondit d'abord rien, faisant naviguer les différents éléments présents dans son assiette à l'aide de sa fourchette.
« Je n'ai pas faim… » Fini-t-il par dire, peu enthousiaste.
« Ah bon ? Je croyais qu'un Malfoy se doit d'avoir le ventre plein dès le matin ! » Répondit Pansy en imitant les intonations bourgeoises de Draco.
« Laisse-moi Pansy… Ne n'ai pas faim c'est tout, il n'y a pas mort d'homme. » Tenta de clarifier Draco en reposant sa tête sur sa main libre.
« Eh bah alors Draco, tu as des problèmes de cœur ? » Fit Blaise en lui donnant des coups de coude.
« Calme tes ardeurs Blaise. Je ne vois pas ce qui te met dans tous tes états. »
« Ah mais nous on va très bien. » Renchérit Pansy. « C'est plutôt toi qui n'as pas l'air dans ton assiette. C'est à cause de Potter ? Vous vous êtes disputés ? » Ajouta-t-elle, avide d'informations croustillantes.
Draco souffla et haussa les sourcils. Il remercia Merlin que l'évolution qu'avait prise la relation entre lui et Harry ne se soit pas ébruitée, il n'imaginait même pas les moqueries qu'il aurait à subir.
« Non, on ne s'est pas disputés. On s'entend très bien, si vous voulez savoir. Si vous faisiez preuve d'un peu d'ouverture, peut-être que vous comprendriez que je veuille être ami avec d'autres personnes que des Serpentard. »
« Garde tes bons principes ! C'est toi l'instigateur de la ''guerre''… » Pansy mima les guillemets de ses doigts. « …entre nous et les autres maisons. C'est toi qui as trouvé le surnom du balafré. Alors me fait pas rire, tu ne veux pas être ami avec lui, tu veux juste être en relation avec lui car il a du prestige. »
Draco lui lança un regard noir mais la jeune femme continua sans en démordre :
« On pense tous à notre avenir ici. Dans quelques mois on sera hors de ces murs à chercher du boulot et ce n'est pas notre diplôme qui va suffire à obtenir de bonnes places. Potter n'est qu'une relation de plus pour arriver à tes fins. Je devrai peut-être me faire ami-ami avec Granger, ça pourra montrer que je suis ouverte aux sorciers moins évolués que nous ! » S'exclama-t-elle en terminant sa tirade d'un rire sans joie.
Draco n'en croyait pas ses oreilles. Il savait que Pansy pouvait être mauvaise et calculatrice, mais il n'aurait jamais imaginé qu'elle puisse se tromper autant sur son compte…
« Je pensais qu'après tant d'années, tu me comprendrais un peu mieux que ça ! »
Il se leva de table, une nouvelle ardeur retrouvée. Il attrapa les toasts présents dans son assiette et se dirigea vers la sortie. Il enfourna un morceau de pain dans sa bouche, rageur.
De toute façon, si jamais je revenais un jour ici, je n'aurais plus à leur parler, pensa-t-il. Cela lui remit le moral dans les chaussettes. Il se força à terminer de manger ce qu'il avait en main, ne voulant pas gâcher.
La seule chose dont il avait envie était de retrouver Harry. Malheureusement, pour toute la matinée, il se retrouverait uniquement en compagnie des Serpentards. Il prit sur lui et se dirigea sans rechigner à son cours de sortilèges.
Comme si le sort s'acharnait sur lui, le professeur Flitwick leur demanda de former leurs binômes habituels. C'est avec peu d'envie qu'il se mit en duo avec Pansy afin de réviser les sortilèges qu'ils avaient appris cette année.
Alors que Draco faisait continuellement fleurir une plante et que Pansy la faisait se dessécher, la conversation démarra.
« Mais du coup, la prochaine étape, c'est de faire ami-ami avec Weasmoche ? Comme ça tu pourras montrer que tu n'es pas un rancunier comme ton père. »
« Laisse mon père en dehors de ça, tu veux bien ? »
« Ho, pas la peine de le défendre corps et âmes. » Elle se rapprocha et chuchota. « On sait tous les deux qu'il s'est engagé dans les rangs de tu-sais-qui. Bientôt, il ne restera plus rien de lui et de ta famille. »
« Lui au moins, quand il croit à quelque chose, il va jusqu'au bout de sa démarche. C'est ton planqué de père qui devrait prendre exemple sur lui. » Répondit Draco, bas mais furieux.
« N'insulte pas mon père. Il n'a rien à se reprocher lui. »
« C'est le dur retour des choses, Parkinson. Ton père est un lâche, il croyait en Voldemort plus que n'importe qui mais il n'a jamais eu les couilles de bouger le petit doigt pour ses idées. Un peu comme toi en fait… Tu essaies de montrer que tu es forte mais à l'intérieur il n'y a que de la lâcheté et de la traitrise. »
« Ha oui ! Tu vas voir ce qu'il y a là-dedans ! » Cria Pansy, faisant sursauter un bon nombre d'élèves.
Elle poussa violemment Draco, ce qui le fit reculer de plusieurs pas et il du mobiliser tout son contrôle afin de ne pas tomber. Pansy s'était mis en position de duel et n'attendit pas que son camarade soit prêt pour clamer : « Levicorpus ! »
Draco se sentit alors décoller du sol. Ses pieds prenant la place de sa tête et inversement. Il se retrouva pendu par l'une des chevilles, sa tête à quelques centimètres du sol. Ne chavirant pas trop, il réussit à pointer sa baguette en l'air. « Expelliarmus ! » Cria-t-il en réussissant à viser.
La baguette s'échappa des mains de la brune, Draco retomba lourdement sur le sol. Trop occupé à se réceptionner sur une autre zone que sa tête, il ne prit pas garde d'où la baguette partait. En se remettant debout il constata que Pansy l'avait de nouveau en main et s'apprêtait à lancer un nouveau sort.
« Incarcerem ! » Cria-t-elle encore plus fort de sa voix perçante.
Draco eut largement le temps de se protéger du sort et riposta avec un sortilège de Jambencoton.
Les deux duellistes ne s'en étaient pas rendu compte mais la classe avait stoppé et les étudiants s'étaient massés en un cercle autour d'eux. Et c'est alors que Pansy s'apprêtait à jeter un sortilège de stupefixion que leurs baguettes se retrouvèrent arrachées de leurs mains, se retrouvant dans celles du professeur Flitwick.
Draco avait le souffle court, il avait une douleur aux genoux ainsi qu'une autre à l'épaule et il sentait que son nez était humide, en y posant sa main, il comprit qu'il y coulait du sang. Pansy avait les cheveux ébouriffés et les vêtements fripés. Une entaille transperçait sa joue gauche et une autre avait sectionné sa chemise au niveau de la manche. Elle saignait abondamment des deux endroits mais elle semblait encore tellement submergée par la colère qu'elle ne semblait pas affectée par ses blessures.
Le minuscule professeur Flitwick vint s'interposer entre eux.
« Je peux savoir ce qui vous prend de vous attaquer comme ? Ce n'est pas un club de duel ici, c'est un cours d'enchantement. » Fulmina-t-il.
Le petit homme aux cheveux blancs avait une voix relativement fluette mais il semblait tellement contrarié de l'évènement que pour la première fois, sa voix semblait menaçante.
Cependant, aucun des deux ne daignait donner une réponse. Ils continuaient à se fixer, la respiration bruyante, comme si le fait qu'ils n'avaient plus de baguette ne pouvait les empêcher de se battre.
« Les autres continuez de vous entrainer, moi je vais emmener ces deux imbéciles à l'infirmerie. Cet incident coutera 30 points à Serpentard ! »
Draco se sentit comme poussé vers la porte de sortie. Malgré lui, ses jambes avançaient et sa tête ne pouvait se diriger que vers l'avant. De sa vision périphérique, il pouvait entrevoir Pansy, dans un état semblable au sien, avançant à contrecœur.
Arrivés à l'infirmerie après un trajet silencieux, Flitwick les confia à Mme Pomfresh, lui spécifiant qu'ils devaient être le plus loin possible l'un de l'autre. Il sortit de la salle sans même calculer les deux élèves.
Draco se retrouva assis sur un lit à l'un des coins de la salle, tandis que Pansy se retrouvait à l'exact opposé. Madame Pomfresh donna un mouchoir en tissu à Draco afin qu'il s'éponge le nez en attendant qu'elle soigne la jeune Serpentard. Il attendit donc son tour, voyant son mince morceau d'étoffe se teinter de rouge. Son genou commençait à lui lancer et il se dit que ce n'était vraiment pas bon signe.
Quand l'infirmière vint le soigner, le mouchoir avait totalement changé de couleur et Draco commençait à avoir la tête qui lui tournait.
« Mais mon garçon, pourquoi vous ne m'avez pas appelé avant ? » S'exclama la femme et voyant son teint pale et ses yeux vitreux. « Vous avez perdu beaucoup de sang ! Allongez-vous ! »
Pomfresh le poussa dans le lit pour le faire allonger.
« Ne vous en faites pas, vous n'êtes pas à l'article de la mort mais imaginez que je sois sortie… Vous êtes inconscient. »
L'infirmière s'empressa de lui soigner ses blessures et particulièrement de stopper la perte de sang. Il ne savait plus trop à quel moment cela était arrivé mais Draco s'était assoupi durant les soins. À son réveil il faisait nuit et, alors qu'il reprenait ses esprits, Draco eut soudain une montée d'angoisse.
Il avait raté tous les autres cours de la journée, il n'avait pas vu Harry une seule seconde et il allait partir demain à la première heure.
« Il faut que je sorte de là… » Murmura-t-il.
Il eut le tournis en se levant mais se dirigea vers les portes de la salle qui s'avérait être verrouillées. Il fouilla sur lui afin de récupérer sa baguette et fût pris de panique en découvrant qu'elle n'était pas sur lui. Il se souvint que le professeur Flitwick était tellement énervé qu'il ne lui avait jamais rendu.
N'ayant pas dit son dernier mot, Draco se dirigea vers le bureau de Pomfresh, au fond de l'infirmerie. Il découvrit qu'il n'était que 20h grâce à la grosse horloge accrochée au mur. Il toqua doucement à la porte et entra.
« Monsieur Malfoy, je peux savoir ce que vous faites debout ? » Demanda Pomfresh, réprobatrice.
« Je ne me sens plus fatigué, est-ce que vous m'autorisez à sortir ? »
« Votre état est en soi peu inquiétant mais la dose de fatigue que vous avez accumulée a affaibli vos défenses. Les blessures que vous avez subies étaient en apparence peu importantes mais votre corps ne s'est pas assez défendu et elles se sont aggravées beaucoup trop rapidement. Je me vois dans l'obligation de vous garder cette nuit Monsieur Malfoy, vous ne sortez pas d'ici. »
« Madame, il s'agit de la dernière nuit avant les vacances. Demain, je repartirai chez moi par le Poudlard express, j'aurai à loisir de me reposer autant que je le souhaiterais durant les deux prochaines semaines. Alors, s'il vous plaît, laissez moi sortir d'ici j'ai des choses à régler que je ne pourrai jamais plus réaliser si j'attends le mois de janvier. »
Pomfresh paraissait sceptique.
« Je vous en conjure. Je vous promets de dormir tout le trajet du train et de ne jamais sortir de mon lit pendant deux semaines s'il le faut. Mais laissez-moi au moins cette soirée… »
L'infirmière le fixa un long moment puis répondit :
« Après tout, vous êtes majeur maintenant… Vous êtes le seul maître de vous-même. Mais allez à la cuisine chercher à manger, vous savez où ça se trouve ? »
« Oui, je le sais ! » S'exclama Draco, tout excité. « Merci beaucoup, je vous revaudrais ça ! »
Il se précipita en courant vers la sortie et cette fois-ci les portes étaient ouvertes. Il laissa une infirmerie vide derrière lui, Pansy était surement déjà partie depuis plusieurs heures.
Il se précipita dans les couloirs, sans courir cette fois-ci et, le cœur battant, se dirigea vers le point de rencontre habituel avec Harry.
Il eut un sursaut de joie quand il vit le jeune brun adossé à une statue, l'air inquiet.
« On attend quelqu'un ? » Demanda Draco, moqueur.
Harry leva la tête d'un coup puis se jeta dans ses bras. Ils ne se donnaient jamais de marque d'affection dans les couloirs, même s'ils étaient vides. Mais Harry semblait très inquiet.
« Je peux savoir ce qu'il t'est arrivé ? » S'exclama Harry, en le lâchant enfin. « Je ne t'ai pas vu en cours ni à aucun moment de la journée… »
« Oh la routine. Je te raconte tout si tu m'accompagnes jusqu'à la cuisine, je meurs littéralement de faim. »
Sur le chemin, Draco lui expliqua sa conversation avec Pansy ainsi que les détails de son duel.
« Mais comment ça se fait que Pansy sache que ton père a été un mangemort ? » Demanda Harry.
« Tu sais, mon père a déjà été jugé dans le passé. Cela n'avait pas l'ampleur d'autres grands procès et cela n'a pas fait de bruit mais un tribunal s'est réuni pour lui. » Expliqua-t-il en poussant la porte de la cuisine. « Même si l'information n'a pas fuité dans la presse, certaines autres familles ont fini par être au courant, dont les Parkinson. »
Un peu plus d'une dizaine d'elfes de maisons s'affairaient à la vaisselle, mais le bruit de la porte se refermant attira leur regard.
Tous vinrent s'affairer autour des deux hommes, un grand sourire aux lèvres.
« Bonjour… » Commença Draco, peu assuré de voir autant de monde autour de lui d'un seul coup. « Est-ce que vous auriez des restes du repas, je n'ai pas pu y aller et je meurs de faim… »
« Bien sûr Monsieur, asseyez-vous ! » S'exclama un elfe aux joues bouffies, illuminé de bonheur à l'idée de pouvoir les aider.
Il les fit se diriger vers une table et une demi-douzaine d'elfes vinrent leur apporter un véritable festin. Draco se retrouva devant une demi-dinde, une tarte à la courge, un grand plat de frites et trois pichets de jus de citrouille. Ils apportèrent également un immense gâteau qui fit la joie d'Harry, même si son repas remontait à moins d'une heure.
« Comment est-ce que tu savais que le père de Pansy voulait rentrer dans les rangs des Mangemorts ? » Demanda Harry, la bouche pleine de fraisier.
« En fait, je connaissais Pansy bien avant de rentrer à Poudlard. Les relations entre sang-purs ont fait que mes parents connaissaient bien les siens. On se voyait des fois en dehors de l'école quand nos parents se rencontraient. Sans faire exprès, j'ai surpris une conversation entre mon père et le sien. Le père de Pansy demandait des informations sur le Seigneur des Ténèbres et semblait émerveillé de ce qu'il faisait. C'est comme ça que j'ai compris qu'il était partisan de tu-sais-qui mais qu'il n'a jamais eu le courage de faire parti de ses rangs. »
Harry hocha la tête et continua à manger sa part de gâteau dans le silence. Draco s'en mit plein la panse, après tout il n'avait rien avalé depuis son pauvre morceau de toast au petit déjeuner.
Ne pouvant plus rien avaler, les deux élèves se levèrent de table. Les elfes de maisons leur tendirent des pâtisseries à emporter en cas de petit creux. Draco les accepta volontiers, pensant au voyage du lendemain.
Les deux se baladèrent un long moment dans les couloirs, parlant de tout et de rien, évitant à tout prix d'évoquer la future bataille.
Draco commençait à ressentir la fatigue et réalisa une chose.
« Ma baguette ! »
Harry fit une mine surprise et Draco expliqua : « Flitwick a toujours ma baguette… Quelle heure est-il ? »
« 22h environ… » Fit Harry.
« Tu penses que c'est trop tard pour aller lui parler ? » Demanda Draco.
« Honnêtement, oui c'est un peu tard. Tu ferais mieux d'attendre demain. Et s'il était aussi furieux que ce que tu m'as décrit, tu ferais mieux de ne pas le mettre plus en colère si tu comptes la revoir un jour. »
Draco acquiesça. Ne pas avoir sa baguette lui donnait une impression de vulnérabilité qu'il détestait. Mais comme le disait Harry, autant attendre le moment opportun.
Ils continuèrent à se balader dans les couloirs mais la tête de Draco commençait à lui tourner. Il devait se coucher rapidement sinon il allait tomber dans les pommes.
« Harry, vient dormir avec moi cette nuit. » Demanda Draco faiblement, sentant ses forces le quitter petit à petit.
« Dans ton dortoir ? » S'exclama Harry peu rassuré.
« La salle sur demande… » Murmura Draco dans un souffle.
Il se sentit tombé mais Harry le rattrapa rapidement.
« Garde tes forces, je t'y emmène. » Rassura Harry, alors qu'il passait un des bras du blond derrière ses épaules.
Draco se sentit avancer dans les couloirs sans vraiment comprendre ce qui se passait autour de lui. Ils finirent par arriver devant une grande tapisserie devant laquelle ils firent des allers retours.
Une porte se dessina et Harry traina Draco à l'intérieur comme il put.
Ils arrivèrent dans une chambre chaleureuse aux couleurs orangées. Draco sentit le lit sous son corps, puis dans une semi-conscience il comprit que Harry avait retiré ses chaussures et son pantalon. Le brun déboutonna sa chemise et lui enleva précautionneusement. Enfin, il se sentit glisser sous la couette moelleuse avant de sombrer.
Il se réveilla en sursaut. La pièce était inondée de lumière.
« Où suis-je ? Quelle heure est-il ? » S'exclama-t-il.
« Du calme, il n'est que 9h, le train part dans deux heures. » Répondit une voix douce à côté de lui.
Draco regarda Harry avec de grands yeux, n'y croyant pas. Il resta la bouche ouverte le temps que les informations de la veille lui reviennent.
« Ferme la bouche tu vas gober les mouches. » Ria Harry. « Tiens, j'ai quelque chose pour toi. »
Il montra la baguette que Draco s'était fait confisquer la veille.
« Comment ? »
« Chacun ses talents. » Répondit Harry. « Maintenant j'ai envie d'un petit déjeuner. »
Un énorme plateau apparut instantanément au pied du lit regorgeant de croissants, pains aux chocolat et autres viennoiseries.
Harry se pencha et attrapa un croissant dont il engouffra la moitié dans sa bouche.
« Pas besoin de passer à la cuisine ! » S'exclama Harry en riant.
Draco prit le reste de croissant des mains d'Harry et mordit dedans. « Pas le temps de manger tout ça ! J'ai un train à attraper moi. »
« Tu as bien quelques minutes à me consacrer j'espère. » Dit Harry en s'approchant pour l'embrasser.
Draco gouta à nouveau aux douces lèvres du brun, appréciant le moment.
« J'aurai toujours du temps pour toi. » Répondit-il en l'enlaçant.
Vers 10h45, les deux compères se retrouvèrent aux portes du château, Draco trainant sa lourde valise.
« Alors, tu ne pars pas du château pour les fêtes ? » Demanda le blond.
« Non, je préfère profiter de Poudlard tant que je le peux. »
Un silence s'établit entre eux tandis que des élèves les contournaient pour se diriger vers la gare.
« À dans une semaine. » Dit simplement Draco, grave.
Ses mains tremblaient de nouveau, il sentait ses yeux devenir humide, tout ce qu'il demandait c'était d'embrasser Harry une dernière fois mais la foule qui les entourait le faisait renoncer à cette idée.
Il tendit la main pour lui serrer la main. Sentir la douceur des doigts sur sa peau serait un piètre remplacement à un baiser, mais il savait se contenter de peu quand il le fallait.
Harry empoigna sa main et le tira à lui pour lui faire une accolade, ses lèvres se trouvaient à quelques millimètres de son oreille et le Gryffondor murmura des paroles qu'il n'aurait jamais pu croire entendre d'une personne sincère. Harry glissa un léger baisé sous son oreille, que personne ne put remarquer, et il reparti en sens inverse.
Draco se retourna et marcha seul jusqu'à la gare, gravant dans sa mémoire le moment où Harry Potter lui avait avoué qu'il l'aimait.
