Titre : Objects of Desire

Lien vers la fic originale : dans mon profil, FFnet n'affiche pas les liens URL

Auteure : Azrael Geffen

Traductrice : falyla

Correcteurs : falyla/Florent

Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape

Rating : M/NC-17

Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)

Etat de la traduction : terminée

Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.

Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.

Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.

Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.

Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.

Note de la traductrice : Vous le savez sans doute déjà, je poste cette traduction aussi AO3 parce que ce site accepte le rating M+, ce qui n'est normalement pas le cas de FFnet. Donc, si un jour, quelqu'un dénonce ce texte pour contenu inapproprié et fait suspendre mon compte, vous saurez que la suite de cette histoire est sur l'autre site.

AO3 est essentiellement anglophone et j'y reçois très peu de commentaires. Cependant, j'en ai reçu un très désagréable la semaine dernière. Je ne suis pas du genre à m'apitoyer sur les quelques remarques négatives qu'on m'a envoyées depuis que je poste des fics et tout le monde est libre de penser ce qu'il veut de mon travail mais celle-ci remettait en cause tout le travail qu'on a fait sur OOD. La demoiselle s'est d'abord plainte du formatage du texte (que j'essaie d'améliorer mais le html rend le tout très compact) puis m'assène sans prendre de gants que l'ensemble est (je vais paraphraser) assez moche, plein de fautes et surtout mal traduit !

Je n'ai pas du tout l'impression que mon avis sur la question a pu être biaisé par le temps que j'ai passé sur cette traduction mais son opinion m'a un peu perturbée même si je voudrais que ce ne soit pas le cas.

Merci à vous pour vos encouragements mais si quelque chose ne va pas, n'hésitez pas à le dire.

Bonne lecture.

Objects of Desire

Chapitre 6 (2ème partie)

Corrosion

– Alors comment c'était ? demanda Harry.

– Comment était quoi ?

– Le Baiser que tes parents ont reçu.

Harry restait immobile, embarrassé, dans la chambre de Draco. Il s'était battu en duel ici, dans cette pièce des douzaines de fois mais maintenant, tout ce à quoi il pouvait penser était la nuit d'avant et la sensation et le goût de la langue de Draco dans sa bouche.

Draco s'assit sur son lit et regarda Harry suffisamment longtemps pour qu'il remue inconfortablement.

– Pour moi, dit Draco, c'était…

Il chercha pour le mot exact, il ne voulait pas paraître stupide mais voulait être honnête.

– …traumatisant. Je ne voulais pas y aller mais le Ministère a exigé que j'y assiste. Dumbledore et Snape étaient venus avec moi. Ma mère a été la première, elle est partie vraiment sereinement. Elle semblait juste l'accepter.

Il s'arrêta, fronçant un peu les sourcils, soudainement troublé.

– Mon père…

Il détourna les yeux vers le mur opposé et les étagères. Harry suivit son regard et vit une photo, une photographie en noir et blanc du père de Draco. Harry tourna la tête, il n'était pas encore disposé à regarder Lucius Malfoy.

– Ça l'a paniqué, avoua Draco à mi–voix. Je ne l'avais jamais vu effrayé avant, mais le Détraqueur l'a terrifié. Il ne voulait pas s'en aller.

Sa voix s'étrangla sur les derniers mots, il prit une longue inspiration frémissante et ferma les yeux. Puis il se ressaisit soudainement et jeta un regard furieux à Harry.

– C'est ce que tu voulais savoir ?

Harry acquiesça et regarda vers la photo. La dernière fois qu'il avait vu Lucius Malfoy, c'était au combat. Harry avait tué Voldemort et s'était détourné du corps, pour voir Malfoy debout, à mi–hauteur des escaliers, une expression de choc absolu sur son visage. Il avait regardé de Harry à son Maître tombé et encore sur Harry. Pendant un infime instant, Harry avait vu un sourire – était–ce de soulagement ? – traverser le visage du Mangemort. Puis sa contenance avait changé et il avait l'air de s'attendre à un combat ou à se faire tuer net. Il avait repositionné le gourdin qu'il portait pour attaquer et Harry avait pensé : « Ça y est, maintenant je vais mourir ». Puis sept sortilèges de stupéfixion avaient frappé Malfoy et l'avaient renversé.

Draco avait la même expression sur son visage maintenant, celui où il s'attendait à une dispute mais Harry ne voulait vraiment pas se disputer avec lui. Il décida aussi que ça ne serait pas une bonne chose de raconter à Draco qu'il était là quand son père était tombé. Il doutait que Draco le comprendrait et s'il y avait bien quelque chose qui conduirait à une dispute, ce serait un Harry lâchant avec désinvolture : « Tu aurais dû voir l'expression sur le visage de ton papa quand il est tombé ». À vrai dire, Harry se demandait s'il était possible d'embrasser à nouveau Draco. C'était une pensée tout à fait inappropriée en cet instant.

Mon dieu, il m'excite.

Harry secoua un peu sa tête pour s'éclaircir les idées. Il y avait eu une époque où il avait pensé qu'il n'était pas tout à fait normal. Rien ne le stimulait. Ron semblait être excité par tout ce qui bougeait et Hermione, quoique plus prudente dans ses opinions, était capable de désigner un mec mignon ou un autre. Harry n'avait vraiment jamais rien senti de tel. Il s'était forcé dans de futiles relations parce que c'était ce qu'on attendait de lui. Il était supposé rencontrer la bonne fille, s'installer avec elle et engendrer des enfants. Il se figurait que sa libido contribuerait par la suite.

Bien sûr, quand elle avait démarré, elle avait eu tout faux. Au lieu d'une gentille fille, c'était Draco Malfoy, fils de Mangemorts et parfait connard. C'était tellement typique de la vie tordue de Harry. Il avait passé deux ans à se masturber de façon coupable, dans le noir, avec l'image de Malfoy à l'esprit – et ensuite il avait essayé de le faire disparaître aussi facilement que l'éjaculation que l'acte produisait.

– Ohé ! La Terre à Potter !

Harry cligna des yeux et regarda vivement vers Draco, forçant sa rougeur à diminuer et ne réussissant pas tout à fait. Draco fit un large sourire diabolique.

– Une Noise pour tes pensées, Potter, dit–il d'une voix traînante.

– Rien… je…

Draco prit plaisir à son malaise pendant un moment. Après la manifestation de jalousie de Harry cet après–midi, Draco n'avait plus de doute sur ses sentiments, même si ce dernier en avait. Draco avait plein d'expérience quand il s'agissait des femmes qui se disputaient pour lui et le scénario de cet après–midi y ressemblait énormément – sauf bien sûr par le fait qu'un des partis se trouvait être Le–Garçon–Qui–Avait–Survécu. Harry se trouvait être aussi Le–Garçon–Qui–Avait–Fait–Se–Branler–Draco–Malfoy–Ce–Matin. Non pas qu'un Draco qui se masturbait soit un événement inhabituel mais il choisissait normalement des individus sans nom, sans visage à se représenter pendant qu'il faisait ça.

Draco redevint sérieux pour un moment et se demanda juste ce que Harry voulait de lui. Il fut un temps dans la vie de Draco où il aurait simplement agrippé Harry et couché avec lui sans question. En fait, il était réputé pour avoir agrippé et couché avec une foule de femmes – dont certaines étaient vraies mais beaucoup d'autres n'étaient que pure imagination – mais il n'avait pas eu de partenaire depuis la guerre. Il était parfaitement conscient que quand il choisirait de le faire, ce devait être quelqu'un de très spécial, peut–être même quelqu'un qu'il aimerait ou dont il pourrait au moins tomber amoureux. Il fut un temps où l'idée l'aurait fait frémir mais la guerre avait changé beaucoup de choses. La guerre avait laissé des cicatrices indélébiles.

Néanmoins, il avait le désir de voir jusqu'où Harry irait. Il se figurait que c'était vraiment la moindre des choses de pouvoir arracher un autre baiser à Harry et que cela valait toute dispute qui pouvait s'ensuivre. La douceur du baiser de la nuit dernière, ce simple fait inattendu l'avait bouleversé. Qui savait que Harry Potter sentait et avait si bon goût ?

– Alors, dit–il avec une désinvolture forcée, pourquoi tu m'as embrassé hier soir ?

oOo

Snape ne voulait pas vraiment discuter de la nuit dernière. Discuter de la veille pouvait conduire à plus de sottises, comme se jeter à ses pieds et lui déclarer sa dévotion éternelle – et c'était quelque chose qu'il n'était simplement pas préparé à faire.

– Entendu alors, dit–il, dissimulant sa panique avec de l'impatience. Qu'avez–vous à dire ?

– Je…

Hermione hésita pendant un moment. Qu'est–ce qu'elle voulait dire ? Tant de choses remplissaient sa tête mais maintenant qu'elle se trouvait effectivement ici, en face de lui, elles semblaient toutes hors de propos. Elle eut soudainement la langue liée.

– Je… Est–ce… Vous vous souvenez de ce qui s'est passé hier soir ?

Il envisagea de mentir mais renonça.

– Oui, dit–il, je me rappelle de ce qui s'est passé.

– Alors, que ressentez–vous à ce sujet ?

Un point, Granger, pour renvoyer la balle dans mon camp.

Il soupira.

– Je crois que c'étaient des bêtises occasionnées par une prise excessive d'absinthe – qui, comme j'ai expliqué, est un aphrodisiaque. C'est tout.

Il espéra que cela la rendrait heureuse. Ce n'était pas sa faute, elle ne pouvait pas être tenue responsable de ses actions, c'était la boisson et ce n'était que ça. Elle pouvait maintenant oublier à jamais ce qui était arrivé et vaquer à sa vie.

– C'est tout ?

– Parce qu'il y a plus ?

Il haussa un sourcil, cette conversation commençait à l'agacer. Il avait trente–huit ans, il n'avait pas envie de débattre sur des émotions relatives à un pelotage enivré avec une jeune fille de dix–huit ans. Il doutait fortement qu'elle eût fait de même si le pelotage s'était produit avec, disons, Potter ou ce Weasley à la tête vide. D'ailleurs, peut–être qu'elle le pourrait.

– Eh bien… oui, oui, il y a plus !

Elle avait l'air indigné mais elle mordillait ses lèvres, ce qui trahissait sa nervosité.

– Vous ne pouvez pas me dire que tout ce qui s'est passé est arrivé simplement parce que nous étions saouls !

– Miss Granger…

Il se frotta la tempe de frustration et se leva.

– Je crois que vous devez vous rendre compte que les gens font beaucoup de choses stupides lorsqu'ils sont saouls. Lancer de l'eau sur leur Maître des Potions au milieu de la nuit, par exemple.

Ou rédiger des contrats inviolables.

– Je n'étais pas ivre quand je vous ai arrosé, dit–elle vivement.

– Mon avis est que le taux alarmant de grossesses chez les adolescentes est une indication claire que les gens ont tendance à perdre le contrôle et leurs inhibitions quand ils sont sous l'influence de l'alcool.

– Vous n'êtes guère un adolescent.

Il claqua presque son poing sur le bureau, qu'est–ce qu'elle voulait de lui ?

– Nous avons bu la plus grande partie de trois bouteilles d'absinthe plutôt forte, les choses étaient destinées à être un peu… chaudes.

– Chaudes ? Je dirais que nous étions plus qu'un peu chauds, Professeur.

– Peu importe. Je crois que nous avons besoin maintenant de faire l'inventaire, d'inscrire ça aux choses stupides qui arrivent et avancer dans nos vies.

La colère de Hermione monta à nouveau dans sa poitrine.

– Quoi ? s'exclama–t–elle. Vous pensez que nous devons faire l'inventaire, inscrire ça aux choses stupides qui arrivent et avancer dans nos vies ?

– Eh bien, à quoi vous attendiez–vous, Miss Granger ? siffla–t–il. Est–ce que vous pensiez que j'allais me jeter à vos pieds et vous déclarer ma dévotion éternelle ? Si c'est le cas, je suis désolé mais vous devez faire sortir votre tête du nuage dans lequel elle réside actuellement !

– Je ne m'attends à rien, hormis le respect que vous me devez !

Elle commença à faire les cent pas, son visage rougi de colère.

– Je n'ai jamais été avec quelqu'un avant hier soir et alors vous, parmi tous les autres, vous me caressez, vous m'embrassez et me dites que je suis belle et ensuite vous trouvez le moyen de parvenir d'une manière ou d'une autre, les dieux seuls savent comment, à me donner l'expérience la plus érotique de ma vie et maintenant vous me dites que vous voulez oublier ça et retourner à vos affaires habituelles ? Eh bien je suis désolée, Professeur, mais ce n'est pas possible.

– ALORS, QU'EST–CE QUE VOUS VOULEZ ?

– JE VOUS VEUX, VOUS !

Ils se figèrent tous les deux. Est–ce que ça s'était vraiment produit ? Venait–elle juste de crier qu'elle le voulait ? Tous les deux savaient que ça n'avait aucun sens.

– Miss Granger.

Sa voix chevrotait un peu et il essaya désespérément de la calmer.

– Vous êtes une sorcière très intelligente et vous avez jusqu'ici démontré une volonté certaine d'apprendre. Prenez cela comme votre première leçon d'amour et de sexe. La vie est courte et l'amour est toujours fini au matin.

Elle sentit son visage se vider de sang et elle fut horrifiée par le picotement des larmes dans ses yeux. Ces deux derniers jours avaient été de trop et elle venait juste d'être carrément repoussée par l'homme le plus laid qu'elle connaissait. Sa tête tourna et la nausée la balaya comme elle se pivotait pour s'en aller, elle trébucha.

oOo

Harry commença à bégayer. Pourquoi il avait embrassé Draco ? Pourquoi Draco le lui avait–il demandé ?

– J'ai apprécié, à propos.

Draco sourit de ce sourire éblouissant.

– C'était vraiment très agréable.

– Je…

Harry abaissa son regard. C'était là où il voulait douloureusement mener la conversation mais maintenant qu'ils y étaient, il sentait son estomac se retourner.

– Je n'avais jamais…

– Embrassé un mec ?

– Ouais.

– Eh bien, moi non plus, mais c'était vraiment bien pour moi.

Draco tapota le lit à côté de lui.

– Pourquoi tu ne t'assois pas ?

Il y avait des chaises et un canapé et pendant un moment, Harry envisagea de s'asseoir dans un de ceux–là, mais Draco tapota le lit à nouveau et Harry réalisa que s'il voulait que quelque chose arrive – et il était à peu près certain qu'il le voulait – il n'allait pas s'en approcher s'il s'asseyait à l'autre bout de la pièce. Il s'assit sur le bord du lit.

– Donc, rien ne s'est passé avec Hermione ? demanda Harry nerveusement.

– Rien.

Draco sourit, ce n'était pas son sourire éblouissant, c'était plus doux que ça. Ce n'était pas entièrement vrai au sujet de Hermione, ils s'étaient techniquement embrassés mais il ne pensait pas vraiment que cela valait pas la peine de mentionner ce petit incident, si c'était pour détruire le lien plutôt tremblant qui était en train de se former à l'instant.

Harry rougit violemment et se demanda pourquoi c'était si sacrément difficile.

– Heu… Draco, appela–t–il à voix basse.

– Oui, Harry ?

Tout aussi doucement.

– Heu… Est–ce… tu aimerais que je t'embrasse encore ?

Seigneur, est–ce que ça a l'air aussi stupide que je le pense ?

Draco sourit avec indulgence

– Oui, Harry, j'aimerais beaucoup.

Ils se regardèrent l'un l'autre mais ne se rapprochèrent pas. Les yeux de Harry s'agrandirent sous l'effet de la crainte, il en était sûr, Draco avait l'air nerveux, un peu hésitant. Harry se sentait déconcerté. Il avait simplement présumé que Draco serait confiant et qu'il avait de l'expérience sur le fait de prendre et d'abandonner des amants. Harry ne s'était pas attendu à voir la nervosité et l'incertitude sur le visage de Draco.

Harry ne bougeait pas et Draco soupira silencieusement. Si quelque chose devait se passer, c'était sans aucun doute à lui de le provoquer et il ne savait pas si c'était une bonne idée. Il irait bien tant qu'il pourrait garder sa chemise. Harry semblait littéralement terrifié et ça n'était certainement pas la manière la plus sensuelle de commencer.

– Ça va ? demanda doucement Draco.

– Ouais.

Harry émit un petit rire et regarda ses mains.

– C'est juste que je ne sais pas vraiment quoi faire.

– Qu'est–ce que tu veux faire ?

La voix de Draco avait revêtu un timbre haletant, ses yeux étaient en train de se promener sur le visage de Harry, s'attardant sur la cicatrice et ensuite, ils suivirent la fine cambrure de son nez jusqu'en bas, vers sa bouche.

– Je sais pas.

Harry se mordit la lèvre et il fit immédiatement penser à Hermione.

– J'ai jamais…

– T'as jamais couché avec un homme avant ?

– Je… j'ai jamais couché… avec personne.

Quand était–ce passé d'un baiser au sexe ? Harry l'ignorait mais ça n'avait pas d'importance parce que Draco était en train de le dévisager, littéralement sous le choc. Il avait les yeux écarquillés d'étonnement.

– Mais tout le monde t'adore. Comment t'as fait pour rester puceau à dix–huit ans ? Il doit y avoir une queue plus longue que le Chemin de Traverse de femmes désireuses de t'aider à tirer ton premier coup !

Harry était aussi rouge que les robes Gryffondor de Quidditch.

Doux Jésus, il est sérieux, pensa Draco avec beaucoup d'étonnement.

– T'as rien fait ?

Il n'y avait pas de moquerie dans la voix de Draco, juste une pure et simple stupéfaction. Harry haussa les épaules.

– Non. Quelques baisers – et pas des bons… jusqu'à hier soir.

– Wouah.

Draco se sentit considérablement détendu. Si Harry était un novice, peut–être qu'il ne remarquerait pas si Draco n'était pas tellement bon. Non pas que Draco fut mauvais au lit, c'était même tout à fait le contraire mais il n'avait jamais été avec un homme avant et il n'avait vraiment aucune idée par où il était censé commencer. Il se figurait qu'il pouvait juste improviser et faire à Harry ce qu'il avait toujours aimé qu'on lui fasse.

– Alors je suppose que tu dois être plutôt déçu par moi, lui disait Harry, sa voix était teintée d'une tristesse que Draco ne pensait pas possible chez le Garçon–Qui–Avait–Survécu. Tu l'as probablement fait beaucoup de fois, hein ?

– Eh bien, j'ai eu des relations sexuelles, concéda Draco. Je crois que papa aurait été mort de honte si j'avais été puceau passé quinze ans.

Il rit affectueusement quand il mentionna son père, poussant Harry à gigoter un peu.

– Mais je n'ai jamais été avec un homme, finit–il.

Harry leva les yeux vers Draco avec hésitation. Ils étaient assis côte à côte sur le lit, suffisamment près pour que leurs épaules se touchent. Harry se pencha et effleura doucement ses lèvres contre celles de Draco. Le contact fut au début de la légèreté d'une plume et ensuite la main de Draco s'éleva pour prendre doucement dans son creux le côté du visage de Harry, ses longs doigts étendus dans ses cheveux et sur sa mâchoire, la paume froide à plat contre sa joue. Le baiser s'approfondit, leurs lèvres s'écrasèrent et Harry se perdit presque dans la sensation vertigineuse de la langue de Draco courant à l'intérieur de sa lèvre supérieure.

– Tu as un goût étonnant, murmura Draco quand ils se séparèrent.

– Toi aussi.

La voix de Harry était étranglée, il ne voulait pas que cela finisse. Il voulait que le rendez–vous de Ron soit le meilleur rencard qu'il ait jamais eu afin qu'il ne puisse pas revenir les déranger.

Draco suivit avec douceur la cicatrice en forme d'éclair sur le front de Harry avec le bout d'un doigt, appréciant la texture de soie naturelle de la chair endommagée et Harry gémit du plus doux des gémissements, à peine discernable au–dessus de la précipitation de leur respiration mais cela fit sourire Draco. Lentement, Draco s'écarta, déplaçant ses longs membres gracieusement jusqu'à ce qu'il fût couché sur le côté, sa tête soutenue sur son coude.

– Enlève tes robes, soupira–t–il, tu as beaucoup trop de vêtements sur toi.

Harry en suffoqua presque. Il regardait partout sauf le blond sur le lit. Mais il dut revenir vers lui en fin de compte. Draco Malfoy, étendu sur le lit, les yeux de la couleur d'un orage tourbillonnant, le rêve de toutes les petites sorcières et il voulait Harry, qui serait mort pour lui. Harry tira les robes au–dessus de sa tête, laissant seulement son vieux jean et ses chaussures de sport sur son corps. Draco regardait, prenant plaisir à la soudaine révélation du torse nu de Harry, son doux dos dénudé et ses longs bras musclés. S'armant de courage, Harry ôta ses baskets et se déplaça pour s'allonger face à Draco.

oOo

La première pensée de Snape fut que Hermione s'écroulait morte à ses pieds. Elle était devenue mortellement pâle et sa bouche était grande ouverte. Elle avait trébuché pourtant, quand il tendit la main vers elle, elle la rejeta. Il n'y avait pas une seule once d'incertitude dans son expression.

Son regard disait assez clairement qu'elle était bel et bien en colère et qu'elle ne voulait rien avoir à faire avec lui.

Son sentiment d'indignation s'éleva mais il n'était pas entièrement sûr de ce qu'il pouvait dire. Il ne pouvait pas détourner son regard de son visage. Sans se soucier de son évidente nécessité de la rejeter, il fut surpris par la soudaine vague de protectionnisme qu'il avait ressentie quand elle avait trébuché. Debout près d'elle, il pouvait voir que ses immenses yeux de biche étaient de différentes nuances de brun, bordés par des cils plus sombres. Le bout de son nez se retroussait et son petit menton têtu était légèrement pointu. Il y avait de légers creux sous ses pommettes, lui donnant une apparence délicate et sa peau pâle confirmait cette image. Il l'avait une fois entendu se décrire comme laide mais il ne pouvait pas la voir comme ça. Sa lèvre inférieure gonflée rendait sa bouche incroyablement sexy, pleine et bien définie, même si elle refusait de sourire. Il pouvait imaginer cette bouche en train d'accomplir une multitude de péchés sur lui. Des tâches de rousseur parsemaient son nez, elle n'avait pas attaché ses cheveux en arrière aujourd'hui et ils tombaient en boucles folles sur ses épaules, indomptables.

Il se retrouva instantanément excité et fut reconnaissant de la nature même de ses robes.

– Je suis désolé, dit–il, cherchant une once de dignité dans cet embarrassant moment. Je croyais que vous alliez vous évanouir.

– Eh bien, ce n'est pas le cas, jeta–t–elle d'un ton cassant, en fronçant les sourcils vers lui.

Le fait était qu'elle s'était presque écroulée, c'était seulement son indignation qui la maintenait debout.

– Vous étiez pâle, fit–il doucement remarquer.

Son attention resta sur ses lèvres gonflées pendant un moment. Il envisagea d'embrasser la moue entêtée de sa bouche et dût forcer cette image à s'éloigner avant de se mettre dans l'embarras.

Hermione roula ses yeux et croisa ses bras sur ses seins – des petits seins parfaits, nota–t–il. Le haut de sa tête atteignait à peine son menton mais elle parvenait à avoir l'air imposant, peut–être parce qu'il la voulait si désespérément que cela faisait mal.

– Je n'ai pas mangé depuis deux jours, dit–elle. Je me suis cogné la tête un peu plus tôt et vous venez juste de m'insulter. Je crois que j'ai le droit de devenir un peu pâle.

– Je vais vous chercher à dîner, proposa–t–il, reconnaissant l'opportunité de se détourner d'elle. Quant à votre tête, ce n'est guère de ma faute.

Il marmonna quelque chose dans la cheminée et presque instantanément une assiette de sandwichs apparut sur son bureau. Elle réalisa à quel point elle avait faim quand elle les vit.

– Et je n'avais pas l'intention de vous insulter, dit–il, le ton adouci.

– Pourtant ça y ressemblait drôlement, rétorqua–t–elle, boudeuse.

– Vous devez manger quelque chose.

Hermione n'eut pas besoin qu'on le lui dise deux fois il l'observa s'installer sur une chaise sans prendre la peine de lui demander si elle pouvait et commencer à dévorer. Il faisait les cent pas autour d'elle, la regardant d'une manière presque prédatrice. Elle était venue ici en comptant sur quelque chose de plus que son rejet et il ne s'était pas du tout attendu à ça. Il ne s'était pas attendu à devoir la repousser. C'était elle qui était censée le rejeter. C'était comme ça que ça se passait dans sa vie.

Il se mit à souhaiter, devant tout ce qui était sacré, qu'elle le rejette, parce que maintenant, elle lui avait donné un espoir pour quelque chose qu'il ne pourrait sans doute pas avoir. Sa propre faiblesse l'irritait. Il avait toujours su qui il était. Il avait senti la douleur cuisante de l'amour perdu une fois, il y avait si longtemps maintenant qu'il aurait dû l'oublier. Mais ce n'était pas le cas. Il n'allait pas permettre que ça se reproduise à nouveau. Et encore moins avec une enfant. Il sentit la honte le balayer.

– Donc, reprit–elle, en avalant une bouchée de nourriture, pourquoi vous vous êtes comporté en salaud avec moi ?

Il n'était pas vraiment habitué à ce qu'un élève lui adressât la parole comme à un égal et il était sur le point de le lui dire mais il s'arrêta. Aussi inaccoutumé qu'il puisse être à ce genre de situation, il savait ce qu'il ne fallait pas dire s'il voulait garder la paix et étant donné la nuit dernière, il était possible qu'elle eût tous les droits de s'adresser à lui comme à un égal.

Voyant qu'elle était assise sur sa chaise, il en conjura une autre et s'assit en face d'elle. À ce moment, son plus grand obstacle était de la regarder sans que le désir ne le surmontât. Ce serait mieux, décida–t–il, de la traiter comme une adulte et d'être sincère avec elle.

– Je ne suis pas habitué aux finesses requises dans ces situations, dit–il succinctement. Je dois admettre que je ne me suis absolument pas attendu à ce que quelque chose comme ça n'arrive. Ma conduite d'hier soir était impardonnable, profiter de vous, à un tel moment, était très mal et je dois m'en excuser. Quand vous êtes descendue ici, j'étais pleinement préparé à être humilié par vous pour ce qui s'était passé. Je ne m'attendais absolument pas à ce que vous ressentiez autre chose.

– Ça vous a pris par surprise alors ?

Elle lui grimaça un sourire.

– Oui, confirma–t–il en s'éclaircissant la gorge, on peut dire ça. Je savais que je devais assurer que cela ne se reproduise jamais et je m'y suis pris manifestement très mal, je vous ai insultée et j'en suis vraiment désolé.

Hermione s'appuya sur sa chaise, derrière le bureau et le regarda avec un froncement de sourcil interrogateur.

– Pourquoi ça ne peut pas se reproduire ? demanda–t–elle.

– Dois–je vous rappeler que vous être une élève, Miss Granger ?

– Et alors ? Si la guerre n'était pas arrivée, je serais certainement en train de travailler maintenant pour le Ministère. Y seriez–vous tellement opposé, si c'était le cas ?

– Si vous étiez en train de travailler pour le Ministère et non ici à Poudlard, cela ne serait jamais arrivé, Miss Granger.

Elle émit un grognement impatient.

– Premièrement, Professeur, vous m'avez donné un orgasme hier soir alors je crois que vous pouvez m'appeler Hermione maintenant et deuxièmement, j'ai dix–huit ans et je peux prendre mes propres décisions. Il n'y a rien de mal avec ce qui s'est passé hier soir.

Ce qui le stupéfiait réellement était que la jeune fille n'était pas totalement horrifiée par l'incident en lui même. Le fait qu'elle le désire était au–delà de sa compréhension.

– En réalité, si, il y a quelque chose de mal avec ce qui s'est passé hier soir, la contra–t–il. C'était immoral. Je pourrais être renvoyé pour ça.

– Dumbledore ne vous renverrait pas, pas si je lui expliquais.

– Je suis également assez vieux pour être votre père.

Elle sourit malicieusement

– Eh bien, si c'est une consolation, je ne pense pas à vous de manière paternelle.

Elle mordit sa lèvre d'une façon qui promettait une infinité de plaisirs et son érection se pressa douloureusement contre les limites de son pantalon.

Hermione fut surprise quand elle fut récompensée par un sourire timide de son Maître des Potions. Snape ne l'avait jamais frappé comme étant timide avant, d'ailleurs, il ne l'avait jamais frappé comme étant sexy avant non plus. Elle se surprit à se demander à quoi il ressemblait sous ses robes.

– Quand même.

Sa gorge était sèche et douloureuse.

– Ça serait mieux si nous choisissions de ne pas penser à ce qui s'est passé.

Il baissa son regard et murmura à lui–même :

– Peu importe combien c'était très agréable.

Hermione entendit et sourit.

Ils s'installèrent dans le silence et furent tous les deux étonnés que ce ne soit pas embarrassant. Elle termina ses sandwichs – juste avant, elle avait demandé que l'assiette cesse de se remplir à nouveau. Il l'observa manger, douloureux de ne pas la jeter sur le bureau pour la baiser déraisonnablement. Elle demanda si elle avait toujours besoin d'aller chez Rusard pour la retenue.

Snape rit malgré lui et lui dit sans équivoque que non, elle ne devait pas aller chez Rusard pour la retenue.

Elle se leva, elle ne voulait pas partir mais savait qu'elle le devait. Elle appréciait sa présence, une pensée qu'elle avait eue la nuit précédente lui revint : quand il n'était pas Professeur Snape, sa compagnie était vraiment incroyable. Il pouvait se montrer si silencieux et calme, le doux son de sa respiration, sa seule présence lui était d'une manière ou d'une autre réconfortante. Elle aurait pu s'asseoir, ici, avec lui, toute la nuit. Mais elle ne pouvait pas et le mieux était de partir maintenant pendant qu'elle pouvait le faire sans le combattre.

– Merci pour les sandwichs, Professeur.

– De rien.

Il ne voulait pas qu'elle s'en aille, il voulait l'emmener au lit et l'envelopper dans ses bras pour la nuit.

Comme elle s'avançait devant lui, elle se pencha pour l'embrasser chastement sur la joue.

– Bonne nuit, Professeur, murmura–t–elle.

Elle bougea pour effleurer sa joue avec ses lèvres. Snape tourna son visage vers le sien pour répondre, ne se rendant pas compte combien elle était près de lui.

Leurs bouches se rencontrèrent.

oOo

Harry était couché sur un lit avec Draco Malfoy. Il pouvait sentir son cœur marteler dans sa poitrine et il était sûr que Draco pouvait l'entendre, si ce n'est le voir en train de battre. Ils se dévisagèrent pendant un long moment, étudiant les complexités des yeux de l'un et de l'autre mais ils voulaient davantage. L'esprit de Harry lui hurlait un million de pensées incohérentes. Il était ici, il n'avait jamais été jusque–là avant, il n'avait jamais pensé qu'il y serait.

– Qu'est–ce que tu aimerais que je fasse ? murmura Draco.

– N'importe quoi, souffla Harry en réponse.

Draco poussa doucement Harry sur son dos et se pencha sur lui, il fit courir sa langue le long de la clavicule saillante de Harry. Harry inspira brusquement à ce contact si peu familier pour lui et pourtant si intensément désiré. C'était en train d'arriver, c'était réellement en train de lui arriver à lui, Harry Potter. La langue de Draco se fraya doucement un chemin vers sa gorge, en effleurant le lobe de son oreille puis il couvrit sa bouche avec la sienne et recommença à l'embrasser. Il fut attentif au début, voulant apprendre la forme et la texture des lèvres de Harry et tester le tranchant de ses dents.

Harry sentit les mains de Draco glisser en bas de son corps, savourant le contact de la chair chaude. Atteignant la ceinture de son jean, Draco glissa ses mains sous le tissu pour caresser ses fesses. Harry gémit, plus fort cette fois, dans la bouche de Draco.

L'érection de Harry se tendait contre la toile de son jean et il rougit de gêne à sa propre excitation. Il avait retenu tout signe de sa propre érection ou à vrai dire, la moindre indication d'excitation, réprimée depuis si longtemps. C'était le résultat de la vie dans un dortoir et de la vie répressive qu'il avait vécue chez les Dursley. C'était pour cette raison qu'il ressentait maintenant de la honte à sa très visible érection. Ce qu'il avait toujours gardé caché était maintenant blotti confortablement contre la hanche de Draco et le propre sexe en érection de Draco se pressait durement contre le corps de Harry.

Quand il réalisa que Draco était aussi excité que lui, Harry sentit une libération qui lui procura un abandon qu'il n'avait jamais ressenti auparavant. Il suça la langue de Draco et la tira profondément dans sa bouche, délicieusement conscient du petit gémissement que cela suscita chez lui. Il était si habitué à la masse de sa propre langue qu'il n'y faisait jamais attention. Maintenant qu'il y avait le sentiment étranger de la langue d'un autre faisant une bataille avec la sienne, il devenait conscient de son existence comme jamais auparavant. Leurs langues s'entrelaçaient l'une autour de l'autre, sondant les dents et les gencives dans un frénétique combat de dents, de langues, de lèvres et de salive.

Suivant l'exemple de Draco, Harry permit à ses mains de parcourir les plaines et les creux du corps trop habillé de Draco. Il s'apprêtait à enlever son T–shirt, il voulait sentir sa poitrine nue contre la sienne mais Draco rit doucement tout bas et écarta les mains de Harry. Il se servit de ses doigts habiles pour taquiner les tétons de Harry, plongeant dans les terminaisons nerveuses peu familières et créant des ondes de sensations qui voyageaient à travers son corps, vers son cerveau, sa bouche, son ventre et ses testicules douloureuses.

Draco caressa la concavité du ventre de Harry, le chatouilla, le fit haleter de plaisir, avant de glisser sa main plus loin, plus bas, afin de prendre en coupe le pénis dur de Harry à travers la toile usée de ses jeans. La bouche de Draco embrassa ensuite une lente piste vers le bas de son menton, le long de la courbe de sa gorge et du creux de sa clavicule et finalement s'enroula, chaude et humide, autour d'un mamelon. Harry sentit son cœur faire une embardée, son sexe lui faire mal et son esprit commencer à se dissoudre de plaisir.

C'est en train d'arriver, oh, mon dieu, c'est en train de se passer, ce… ce… ce… c…

Harry ravala sa salive et soudainement paniqua.

– Non, haleta–t–il.

La bouche de Draco fit une pause mais il ne l'écarta pas. Il glissa sa main en haut du pénis de Harry vers l'arête de l'os de sa hanche et caressa doucement la chair chaude.

– Pourquoi pas ? demanda–t–il doucement, la voix prise par sa propre respiration saccadée.

– J'ai…

Les yeux de Harry roulèrent, proche du délire.

– Ça fait mal, mon estomac me fait mal.

Draco leva son visage vers Harry et sourit doucement.

– Un peu trop de plaisir à la fois ?

Harry opina, essayant d'assimiler ce qu'il était en train de ressentir et de regarder Draco, d'absorber sa beauté. Il n'avait jamais fait l'expérience de quelqu'un lui donnant du plaisir avant, il n'avait jamais pensé qu'il en aurait. Il était soudainement écrasé de stupeur. Il était étendu là, sous Draco Malfoy et c'était en train d'arriver et rien ne sera jamais pareil maintenant. C'était trop.

– Nous pouvons ralentir.

Draco l'embrassa.

– Nous pouvons juste nous embrasser.

Il lui donna un autre baiser.

– Ou nous pouvons nous embrasser jusqu'à ce que tu veuilles quelque chose de plus.

Il effleura une fois de plus les lèvres de Harry avec les siennes.

La tête de Harry tournait tandis qu'il arquait son corps dans le baiser. Des voix amères remplirent sa tête, lui disant qu'il ne le méritait pas, que tant de gens étaient morts et que le seul et unique qui méritait réellement d'être mort prenait maintenant du plaisir. C'était une arme, il ne pouvait que détruire ceux qu'il aimait, il n'avait fait que détruire tous ceux qu'il aimait. Ses parents, Sirius, tant de ses amis.

Draco était à moitié couché au–dessus de lui, il le tenait et l'embrassait langoureusement. Harry sentit une larme brillante s'échapper de son œil, rouler sur le côté de son visage et se perdre dans de le fouillis de ses cheveux. Draco se redressa, vit les larmes et les captura sur le bout de sa langue, les lécha pour les faire disparaître, avalant l'obscurité pour un moment.

– Je ne veux pas te faire mal, chuchota–t–il, ses mains caressant doucement Harry et à ce moment–là, Harry le crut.

Harry savait pourtant que Draco lui ferait du mal à la longue, parce que cet enchevêtrement de membres était beaucoup trop intime pour déboucher sur autre chose que de l'amour et Harry le désirait depuis si longtemps. Il n'avait aucun doute dans son esprit qu'il était amoureux de Draco et il n'avait aucun doute dans son esprit que, quand tout cela sera fini, Draco oublierait tout et en rirait. Harry voulait juste ce moment. Juste ce moment pour croire qu'il pouvait peut–être être aimé, pour croire que peut–être Draco était un chic type, pour faire l'expérience de quelque chose dont il avait cru qu'elle lui serait refusée. Il aurait été surpris d'apprendre que Draco Malfoy était plus que capable d'aimer et que Draco Malfoy était plus que capable d'aimer Harry Potter. Ça l'aurait surpris de le savoir mais il l'ignorait. Alors Harry glissa dans le désir avec son esprit plein de doute, jusqu'à ce qu'il soit impossible de penser à autre chose qu'à la texture et à la saveur de la bouche et du corps de Draco.

Draco embrassa Harry pendant un très long moment, caressant son corps jusqu'à ce que son propre besoin devienne urgent. Les baisers s'accrurent avec urgence et passion et Draco se déplaça de la bouche de Harry et se blottit à nouveau dans son cou et sa poitrine. Harry cambra son corps contre la bouche affamée de Draco et entrelaça ses doigts dans ses pâles cheveux couleur de clair de lune. Les doigts de Draco déboutonnèrent adroitement le jean de Harry, sa bouche se déplaça en travers de la concavité de son estomac, faisant une pause juste au–dessus de l'élastique de son sous–vêtement.

– Tu es d'accord ? murmura Draco.

– Oui… oui…

Draco tira doucement sur le jean de Harry, le glissa sous la courbe des fesses et le long de ses jambes musclées et le retira facilement. Harry haletait d'anticipation, Draco répéta le processus avec le boxer en coton et Harry fut soudainement conscient qu'il était très, très, nu son érection palpitante se dressait juste en face du visage de Draco.

Oh, mon dieu, je suis nu, c'est en train d'arriver, cela va arriver, qu'est–ce qu'il va faire ?

Comme Harry le regardait, les yeux écarquillés avec ce qui pouvait être de la crainte ou de l'émerveillement ou des deux, Draco leva les yeux et sourit, du sourire le plus éblouissant que Harry avait jamais vu puis il prit sa verge dans une main et embrassa son extrémité, en caressant la tête avec un tournoiement de sa langue. Harry haleta de surprise étranglée.

– Tu aimeras ça, chuchota Draco. Je te le promets.

Embrassant à nouveau le pénis de Harry, Draco commença à en lécher tout le gland comme si Harry était le meilleur cornet de glace de sa vie. Harry se mit à haleter et à gémir des mots inintelligibles lorsque Draco se lécha les lèvres et prit le membre palpitant en entier dans sa bouche.

Harry en cria presque d'angoisse tandis que le plaisir déferlait sur lui. Son esprit commença à tournoyer. Soudainement, il n'y avait plus de conflit ici, plus de lit sous lui, il n'y avait plus Ron, ni Hermione, ni de contrat, ni de voix amères qui lui parlaient dans le noir. Par l'enfer, il n'était même plus le Garçon–Qui–Avait–Survécu. Il n'y avait que Draco et l'étroit tunnel humide de sa bouche qui l'entourait et sa langue énergique qui traçait des motifs sur la partie basse de son pénis. Les hanches de Harry remontèrent dans les mains impatientes de Draco et il pouvait entendre une voix qu'il reconnaissait vaguement comme la sienne criant : « Draco, Draco, Draco… » dans l'air de la pièce.

C'était comme si chaque nerf de son corps avait jailli pour se faire remarquer. Son cuir chevelu, les paumes de ses mains, même les bouts de ses orteils picotaient. Il était en sueur, ses hanches poussant en faibles mouvements dans la bouche de Draco, ses gémissements devenant de plus en plus urgents. Harry sentit son corps atteindre son point culminant, il ne pouvait pas tenir et il essaya de repousser Draco, mais Draco s'obstinait.

– Je…

Il ouvrit et ferma la bouche, luttant pour sortir les mots.

– Je vais jouir… Je vais jouir…

Draco continua à le travailler, il ne s'en souciait pas, il savourait le goût intime du corps de Harry.

Harry essaya désespérément de résister, ne voulant pas jouir dans la bouche de Draco. Il ne savait pas si c'était la bonne chose à faire, il ne voulait pas que Draco le déteste. Il essaya de penser à quelque chose d'autre, n'importe quoi d'autre mais rien ne pouvait dépasser la sensation de Draco qui travaillait de haut en bas sur son membre gonflé.

Ses pensées furent interrompues lorsque sa vision périphérique se ferma et tout devint blanc au moment où il jouissait, en criant le nom de Draco encore et encore. La souffrance d'une année sembla le quitter lorsqu'il vint, refluant de ses testicules, coulant de ses yeux et s'expulsant hors de ses poumons dans de brefs halètements rauques.

oOo

Snape savait très bien qu'il aurait dû s'arracher d'elle. Il aurait dû la repousser doucement il aurait dû s'excuser et partir. Il aurait dû, mais il ne le fit pas.

Après le contact accidentel de leurs lèvres, ils s'écartèrent, tous deux figés, leurs visages à quelques centimètres l'un de l'autre. Hermione attendait, retenant son souffle tandis que Snape réfléchissait à ce qu'il devait ou ne devait pas faire.

Le bout de ses doigts toucha sa mâchoire, suspendant toute pensée. Doucement, il inclina son menton et elle fut soudainement remplie par la chaleur de son regard. Elle vit de la douceur dans ses yeux, incongrue avec son comportement menaçant, un contraste intriguant pour tout ce qu'elle savait de lui.

Il est plein de secrets, pensa–t–elle, il cache sa beauté à l'intérieur.

Ses yeux se fermèrent et elle ferma les siens instinctivement et attendit ce qui sembla une éternité pour le baiser. Puis elle le sentit, un bref contact brûlant de sa bouche sur la sienne. Son souffle était chaud sur sa joue et il bougea ses lèvres légèrement, avançant sur les siennes, taquinant sa bouche avec la plus légère des caresses.

Elle voulait le toucher, mettre ses mains sur lui et sentir ce corps qui se cachait sous la multitude de robes. Quand, en glissant le long des couloirs, le professeur semblait n'être constitué que de robes virevoltantes, il était facile d'oublier qu'il y avait un corps en dessous, un corps qu'elle voulait découvrir et explorer.

Lentement, il s'écarta, juste assez pour mettre de l'espace entre eux mais pas suffisamment pour qu'elle ne puisse pas sentir la chaleur qui irradiait littéralement de lui. Elle ouvrit ses yeux et le trouva en train de l'observer, le regard intense et sombre. Elle ouvrit sa bouche pour parler mais il posa un doigt sur ses lèvres.

– Non, dit–il, pas encore.

Se sentant engourdie, elle hocha la tête et se pencha à nouveau pour trouver sa bouche. Son parfum vertigineux la remplissait et elle se sentait ivre, anxieuse et brûlante. Sa langue glissa le long de sa lèvre inférieure et poussa sa bouche ouverte, explora le tranchant de ses dents. Rien ne bougeait chez l'un ou l'autre, sauf leurs bouches. Leurs mains restaient immobiles, comme si le reste de leurs corps était paralysé.

Il gémit faiblement de plaisir et de désir et le son le ramena à la réalité. Il se recula, le charme était rompu.

Elle se redressa et ils se dévisagèrent, partageant des regards d'étonnement et de stupeur. Ils étaient complètement sobres et leurs baisers sentaient et avaient encore tellement bon goût. Ils se désiraient. Comment était–ce possible ? Comment pouvaient–ils se trouver aussi inextricablement attirants ?

– Je suis désolée, chuchota–t–elle.

Sa voix était rauque à ses oreilles.

– Je… je vais vous laisser maintenant.

Il croisa ses bras en travers de sa poitrine et opina. Dans un murmure qui râpa du fond de sa gorge, il dit :

– Bonne nuit, Hermione.

Elle voulait expliquer, lui dire que ça ne pouvait sans doute pas être une mauvaise chose. Elle n'était plus une enfant et élève ou pas, elle savait ce qu'elle voulait. À la place, elle regarda vers la porte et lui répondit :

– Bonne nuit, Severus.

Comme elle sortait de la pièce, elle se retourna vers lui. Elle vit sa tête tomber en arrière dans la chaise, les deux mains sur ses yeux, comme un homme empreint d'une douleur désespérée.

Elle ferma la porte derrière elle.

oOo

Draco rampa vers le haut et étendit sa tête sur l'oreiller à côté de Harry, en ronronnant comme un chat satisfait. Ses lèvres étaient gonflées et barbouillées des traces de sperme. Il semblait briller, le léger éclat sur sa peau le faisant ressembler à un être lumineux pour Harry qui était dans un total état de béatitude.

– Oh, mon Dieu, dit enfin Harry.

Il se sentait épuisé, comme s'il avait joué un match de Quidditch d'une quinzaine d'heures et aussi heureux que si ça avait été la Coupe du Monde et qu'il avait gagné.

– Oh, mon Dieu, répéta–t–il encore.

Il n'arrivait pas à y croire. Il n'arrivait pas à croire que ça pouvait être si bon d'avoir l'esprit engourdi.

Draco appuya sa tête sur son coude pour l'observer, couché nu sur son lit, les yeux vitreux de félicité post–orgasmique. Si quelqu'un avait dit à Draco que c'était là que sa relation avec Potter aboutirait, il lui aurait jeté un sort pour le punir sa folle stupidité.

– C'était bon ? demanda Draco.

Harry acquiesça sans dire un mot, la bouche ouverte de stupeur. Draco l'embrassa à nouveau, ensuite il passa sa langue sur les dents et les lèvres de Harry Harry put goûter sa propre semence mélangée agréablement avec le goût unique de la salive du jeune homme. Son érection se pressa contre sa cuisse et lui rappela qu'il n'avait pas encore joui.

– Est–ce… Tu veux que je te suce aussi ? demanda Harry, soudainement timide.

Draco rit et caressa la joue de Harry. Il l'embrassa encore, savourant sa bouche et sa langue consentante.

– Non, murmura–t–il, en bougeant sa bouche vers l'oreille de Harry. Pas encore. Je voulais que tu ressentes comment c'était.

– Mais je le veux.

Harry haleta quand la langue de Draco effleura le lobe de son oreille.

– Je veux te donner du plaisir aussi.

Draco se tendit soudainement et s'écarta. Il s'assit.

– Pas ce soir, dit–il fermement. Peut–être une autre fois.

Harry fronça les sourcils tandis que Draco se glissait hors du lit en enveloppant ses bras autour de lui comme s'il avait froid, se fermant entièrement à Harry.

– Qu'est–ce qui ne va pas ?

Sa voix tremblotait légèrement et il s'en voulut.

– Rien, répondit Draco.

Mais il ne regardait pas Harry, il restait là, debout, enlacé dans ses propres bras.

Harry cligna des yeux, qu'est–ce qui avait mal tourné ? Il avait cru que Draco voulait être caressé, que Harry lui fasse tout ce que lui même avait fait. Draco ne voulait rien de tout ça. Il ne voulait pas du tout qu'il le touche. Harry avait froid et devint horriblement conscient qu'il était nu. Il frissonna et chercha ses robes à tâtons, désespéré de sortir de là et du sentiment glacé d'isolement qui était en train de l'envelopper.

Les mouvements de Harry firent revenir brusquement Draco au moment présent. Il laissa tomber ses bras et se retourna vers le lit, voyant Harry essayer d'atteindre ses robes.

– Tu as froid ? s'enquit vivement Draco. Je vais faire du feu. J'ai lancé un charme de chauffage plus tôt mais il a dû disparaître.

Il commença à tirer les couvertures sur Harry, s'affairant à le mettre à l'aise avant de se hâter vers l'âtre.

Harry était maintenant bel et bien confus. Draco alluma le feu et retourna au lit en amenant des oreillers supplémentaires. Il se mit en devoir ensuite de remettre en ordre la literie pour faire de la place à Harry pour qu'il dorme confortablement. Était–ce une sorte d'étiquette ? Après avoir couché avec quelqu'un, on était censé s'assurer que le partenaire était à l'aise afin qu'il ne vous déteste pas quand on le rejetait le lendemain ? Draco ne voulait pas du tout que Harry le touche. Harry préférerait partir tout de suite.

– Draco ?

– Mmm ?

– Est–ce que quelque chose ne va pas ?

– Non pourquoi ?

Draco parlait vite, il semblait détaché, d'une certaine façon, absent.

– Est–ce que tu as un problème avec le fait que je te touche ?

Les incertitudes de Harry avaient refait surface avec force. Est–ce que Draco pensait qu'il lui ferait mal ?

– Tu ne veux pas que je te caresse ?

– Je…

Draco détourna les yeux. Harry paniqua, ainsi c'était vrai, Draco ne voulait pas être touché par un héros de second ordre qui ne savait pas comment mourir quand il le devait. Post–orgasmique et émotif, Harry voulait inexplicablement pleurer.

– Je–je–je–je sais, bégaya–t–il.

Sa voix s'étrangla avec les larmes qui menaçaient. Son esprit tournoyait et toutes les voix ténébreuses s'insinuèrent à nouveau et l'engloutirent. Même maintenant, après tout ça, Draco ne pouvait pas supporter de permettre à Harry de le toucher. Harry n'était rien, il ne représentait que la destruction, il ne le méritait pas, pas quand autant de gens étaient morts alors ils auraient dû être en vie pour faire l'expérience des mêmes plaisirs.

– Je sais, dit–il encore.

Il essaya d'éclaircir sa voix mais échoua.

– Je sais que je ne suis rien, q–que je n'étais pas destiné à vivre mais c'est l–le cas et…

Il ne put empêcher les larmes de venir, il se sentait idiot, peu attachant, désemparé.

– Je p–p–peux essayer d'êt–être quelque chose que tu v–voudrais m–mais je ne sais pas comment. Je p–peux es–essayer, je–je peux.

Il couvrit son visage avec ses mains et fondit en larmes, les larmes déraisonnables de son âme fragile.

– Je n'étais pas destiné à vivre… Je ne devais pas… je…

Draco se précipita vers le lit et attira Harry vers lui, appuyant sa tête dans le creux de son épaule et plongeant son visage dans sa chevelure noire en bataille.

– Ce n'est pas du tout ça, murmura Draco férocement. Ne pense jamais ça, ne crois jamais ça.

Harry pleurait dans l'épaule de Draco, il enroula avec hésitation ses bras autour de lui et sentit leurs corps s'enclencher l'un avec l'autre, comme s'ils étaient deux pièces d'un même puzzle. Le corps de Draco donnait l'impression à Harry d'être un reflet du sien. Ils se fondaient ensemble, comme de la cire rendue trop chaude par la flamme.

Qu'est–ce qu'ils lui avaient fait ? pensa Draco, en tenant fermement Harry.

Il inhala le parfum de ses cheveux. Comment pouvait–il penser qu'il n'aurait pas dû survivre ? Comment pouvait–il sérieusement croire ça ?

– Je veux que tu me touches, murmura Draco, mais la guerre…

Harry se recula un peu et regarda dans les yeux gris de Draco.

– Je suis désolé, chuchota–t–il.

– Non, ne sois pas désolé.

Draco avait l'air troublé, comme s'il essayait de résoudre comment faire, comment aborder ça.

– Tu n'as pas à être désolé. Tu n'as pas commencé la guerre et si tu n'avais pas été là, l'issue aurait pu être pire. Même moi, je le sais. Alors, arrête toutes ces foutaises au sujet de ta survie. Celui qui pense une telle chose est un imbécile.

– Alors pourquoi tu ne veux pas que je te touche ?

Draco fronça les sourcils et Harry le sentit se crisper à nouveau mais il ne s'écarta pas cette fois.

– C'est moi, avoua Draco à contrecœur. Je ne veux pas que tu me voies. Tu pourrais ne pas aimer ce que tu vois.

Harry se rappela du match de Quidditch sous la pluie, si longtemps auparavant, et la plate étendue de son ventre qui l'avait rendu fou et l'avait poussé à remettre en question tout ce qu'il savait sur le sexe et l'attirance. Il n'était pas question qu'il ne revoit pas ça.

– Est–ce que tu as la Marque des Ténèbres sur toi ? C'est ça ?

Si c'était ça, Harry serait–il capable de le supporter ? Il ne savait pas s'il pouvait négocier avec le fait que Draco avait été Mangemort. Draco rit amèrement.

– Non. Rien de tel.

Il s'assit pendant un moment, essayant de trouver son courage. Il avait passé des années en tant qu'ennemi de Harry et en l'espace d'un jour, tant avait changé. Il avait fait l'amour au héros du monde sorcier et il n'était pas le genre de personne qui appelait ça faire l'amour à la légère. Il connaissait la différence entre une baise et une réelle connexion. Il avait avalé la semence de Harry – en ce qui concernait Draco, c'était plus qu'une baise passagère. Il prit une profonde inspiration, vola le moindre courage qu'il pouvait trouver et tira son T–shirt par dessus sa tête.

oOo

Snape prit d'assaut les couloirs déserts en direction de la salle des professeurs, sachant très bien qu'il était en retard mais il ne s'en souciait vraiment pas du tout. Il avait d'autres choses en tête, il ne voulait pas passer ce qui restait de sa soirée à faire la connaissance du nouveau Maître des Sports. En ce qui le concernait, n'importe quel idiot pouvait apprendre à un groupe d'enfants à chevaucher un balai et les équipes de Quidditch enseignaient eux–mêmes. Il ne voyait pas du tout de réel besoin de remplir ce poste–là. Bibine n'avait finalement été bonne que pour une seule chose, c'était un arbitre et ça, bon nombre de personnes ici pouvaient le faire.

Snape était un mauvais sportif. Il avait appris très tôt que son cul décharné se ferait fouetter sur le terrain de Quidditch, alors à la place, il avait choisi de se renfermer dans l'étude. Pas que cela l'empêchât de regarder le sport, il se devait au moins d'observer les Serpentard jouer, il était à la tête de la maison, après tout. Il avait aussi appris à arbitrer, plus par désir de prouver qu'il pouvait vraiment voler et bien voler, que par un intérêt majeur. N'étant pas un sportif, il avait peu de respect pour ceux qui l'étaient. Il détestait les professeurs de sport. Leurs vies entières tournaient autour des balais et des souafles et des « Est–ce que tu as vu la façon dont untel a attrapé ce Vif ? La meilleure prise de l'année, je dirais ».

Que Merlin l'en préserve.

Il se demandait si Hermione était déjà de retour dans sa chambre. Si elle se préparait à se coucher. Dans son esprit, il l'enveloppa dans la plus fine chemise de nuit de soie qui glissait sur ses minces courbes et accentuait la dureté de ses mamelons – la réalité de son confortable pyjama de flanelle Winnie l'Ourson et de ses chaussons de nuit l'aurait horrifié. Il imaginait ce que cela serait de dormir vraiment à côté d'elle. Est–ce qu'elle dérangerait son sommeil ? Il en doutait. Elle était si menue, il pourrait juste s'enrouler autour d'elle. Il souriait comme un idiot à cette pensée et il enleva vivement le sourire de son visage comme il atteignait la porte de la salle des professeurs.

Oubliant les gonds récemment graissés de la porte, Snape la poussa trop fort, ce qui la fit claquer bruyamment contre le mur, faisant tomber un tableau qui atterrit sur le sol avec un bruit sourd indigné.

Tous les yeux se tournèrent pour le dévisager.

Il aurait pu dire pardon, à la place, il afficha un sourire méprisant, laissant savoir à tout le monde qu'il ne voulait pas être ici en compagnie de ses pairs. Il jeta un regard furieux à Sinistra et à la grosse Chourave, qui s'étaient retirées près du feu, dans le siège habituel de Snape. Sinistra lui retourna son regard furieux et courba sa lèvre dans un de ses sourires moqueurs, Chourave traîna les pieds de manière inconfortable et resta seulement sur place après que Sinistra lui eut dit d'arrêter de gigoter. Minerva attira son attention et s'épanouit dans un sourire espiègle, poussant presque tout le monde à se demander ce que diable elle voyait dans ce bâtard content de lui.

– Severus, tu arrives à temps, j'espère que tu te sens mieux.

– Supportable, grogna–t–il.

– Bien, bien.

Elle s'approcha de lui et plaça ses mains sur ses épaules, le conduisant vers un siège à côté du sien.

– Alors tu as pu te lever cet après–midi ? chuchota–t–elle, j'avais l'intention de t'apporter à dîner mais j'ai perdu la notion du temps.

– Je vais bien. Merci de m'avoir couché, intéressant choix de vêtements de lit.

Elle déploya ses mains, feignant l'innocence.

– Je n'ai rien trouvé d'autre. Ne me dis pas que tu dors tout nu.

S'il n'avait pas été dans la salle des professeurs, il aurait souri.

– Alors, il est où ? Je veux retourner me coucher.

Minerva roula ses yeux.

– Tu viens juste de te réveiller.

– Je suis éveillé depuis un certain temps, j'étais en train de noter des essais.

– Très productif.

– Je pense aussi.

Elle soupira et mit fin à ses souffrances. Le laissant pour un moment, elle revint avec un jeune homme à l'air maussade, avec d'intenses yeux sombres et une expression sur son visage qui sous–entendait une espèce de violence physique. Il lui était aussi horriblement familier et Snape sentit son estomac s'effondrer.

– Viktor, voici le professeur Severus Snape, le responsable de la maison Serpentard et le professeur de Potions ici à Poudlard. Severus, voici notre nouveau Maître des Sports, Viktor Krum.

oOo

Harry regarda le doux corps pâle devant lui. Les contours de la poitrine et de l'estomac de Draco étaient fins et harmonieux. La gorge de Harry se serra. Un fin duvet de poils, légèrement plus foncés que ses cheveux, traînait de son nombril jusqu'à la bande basse de son pantalon de pyjama.

Seigneur, il est parfait.

Harry faillit haleter en contemplant l'absolue perfection qui se tenait devant lui. Il voulait embrasser sa poitrine, lécher et mordiller ces petits tétons roses. Draco sourit tristement à la réaction de Harry et lentement, avec hésitation, il changea de position et lui montra son dos. Il ferma les yeux, se crispa et lutta contre ses propres larmes quand il entendit Harry suffoquer à nouveau, mais cette fois, ce n'était plus un halètement d'anticipation.

Harry fixa avec horreur le dos de Draco. Ce qui était autrefois, sans aucun doute, aussi parfait que le devant était à présent une masse de cicatrices violet foncé. Ce devait être un genre d'acide, Harry pouvait voir les marques d'éclaboussures. Quoi que ce fût, le produit devait avoir une sorte d'intelligence propre parce que les cicatrices, qui ressemblaient à de longs tentacules, rayonnaient en dehors des éclaboussures originales, provoquant une toile de sillons violets dans la peau pâle. Les cicatrices disparaissaient dans son pantalon, ce qui signifiait qu'elles allaient plus bas et elle n'étaient pas vieilles. Moins d'une année. Elles avaient l'air à vif, laides et fraîches. Ça s'était produit juste avant la fin de la guerre ou après qu'elle se fût terminée.

– C'est Voldemort qui t'a fait ça ? demanda Harry.

– Non, murmura Draco. Ni mon père, si c'est ta prochaine question.

– Alors qui ?

Harry tendit la main et toucha le dos de Draco qui tressaillit, mais pas de douleur.

– Personne, marmonna Draco. Personne d'important, t'inquiète pas, c'est du passé.

Harry allait dire quelque chose, sans doute pour demander une réponse plus satisfaisante, mais il s'interrompit et prit une décision qu'il n'aurait jamais prise un an plus tôt. Il décida de ne pas poursuivre. Si Draco voulait le lui dire, il le ferait et peut–être, plus tard, il le lui dirait, sans beaucoup d'incitation. Harry allait accepter que quelque chose était arrivé, quelque chose de mal et en rapport avec la guerre, qu'il découvrirait plus tard. Dans l'immédiat, Harry entraîna son amant blond dans le lit et remercia tous les dieux auxquels il pouvait penser d'être ici parce qu'il n'aurait jamais cru qu'il y serait un jour. Attirant Draco contre sa poitrine, il embrassa sa gorge et reposa son menton sur son épaule.

– La guerre a laissé beaucoup de cicatrices, dit–il prudemment. Certaines qu'on peut voir, d'autres invisibles.

Il fourra son nez dans le cou de Draco.

– Je veux encore te toucher.

Draco sourit et tendit son visage vers celui de Harry.

– Pas encore, c'est trop tôt.

– Tu crois que ça s'en ira, un jour ?

Harry parlait contre l'épaule de Draco, en lui embrassant le haut de l'omoplate.

– Les cicatrices ?

Draco fronça les sourcils.

– Non, la guerre. Les souvenirs. La douleur.

– Seuls les morts ont vu la fin de la guerre, murmura Draco.

A suivre…

Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.

Bisous.

Falyla