Posté le : 28 décembre 2010


Il arrive dans la vie d'un homme qu'il ait envie de mourir ou de vivre. Pour cela il fait n'importe quoi avec n'importe qui. Se vendre en fait parti. Conjuguez cela au masculin. L'argent mêlé de luxure et les voilà prisonniers de ces...

Sensitive Polaroïd*

Ecrit par Livioute & Dairy's Scribenpenne

Pseudo commun : Baume au Cœur

Chapitre X

Juillet et les sept rayons de douleur

[Chapitre composé par Livioute]

PLayList : Je cours – Kyo ; La Chute – Yann Tiersen ; [Choisie par Livioute]


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Je sentais mon sang s'arrêter. Il cognait si fort contre mes tympans, mon cœur battait si lentement… Je me sentais partir. Pourquoi était-elle là ? Pourquoi était-elle là, maintenant, alors que tout allait bien ? Pourquoi le bonheur n'était-il pas fait pour moi ? Elle n'avait pas le droit. Non, elle n'avait aucun droit de faire cela. Je pouvais presque entendre Eowyn demander pourquoi papa était-il si froid et qui était cette dame. D'ailleurs oui, qui était-elle pour rentrer dans sa vie comme cela ? Aussi vite qu'elle en était partie…

oOo

« - Je sais tout, Malfoy. Je sais tout et tu me dégoûtes. »

Elle était là depuis des heures. Elle m'avait observé dire au revoir à ma fille tandis qu'elle s'en allait à l'école avec Alea, elle l'avait suivie des yeux sans une seule émotion. Pas un sentiment ne l'avait traversé. Pas un sentiment pour sa propre fille.

« - Et elle, elle te dégoûte aussi ? Ta fille, June ! Ta fille dont tu n'as jamais rien demandé. Pas même une photo ! Que faisais-tu de celle que je t'envoyais chaque année à Noël, à son anniversaire ? Tu les brûlais ? Tu me dégoûtes bien davantage. Tu la regardes sans rien dans le regard. Pas même un peu d'amour pour celle que tu as mise au monde !

- Là n'est pas la question. Je vais en demander la garde. Il est évident que… Qu'elle ne sera jamais heureuse ici. »

Elle regarde mon appartement avec une telle grimace de dégoût qu'elle me fait frissonner d'horreur. Ses mots m'ont touché en plein cœur. M'enlever ma vie, ma fille ? M'enlever l'étoile de mon existence ? Pourquoi ? De quel droit ?

« - Un prostitué ne peut pas s'occuper d'un enfant, Draco. »

Elle savait. Elle savait et elle lui avait craché avec tant de haine, tant d'horreur qu'il se détesta autant qu'il y a quelques mois. Il était dégoûtant. Il vendait son corps, sa dignité.

« - Ce n'est pas ta pension alimentaire inexistante qui allait faire vivre ma fille, June !

- Ta fille ? »

Elle rit. Et son rire me transperce de toute part, comme des milliers de lames s'enfonçant dans mon corps. Ici, là, et toujours là. En plein cœur.

« - Tu ne t'es jamais souciée d'elle, comment peux-tu prétendre être sa mère ?

- Comment peux-tu prétendre être un père digne de ce nom ? Tu es dégueulasse. Voilà ce que tu es ! »

Oui, je l'étais. Oui. J'ai vendu mon corps pour sauver la vie de ma fille. Ce n'est ni courageux, ni audacieux. C'est un acte désespéré d'un homme tout aussi désespéré.

« - Sors de chez moi. Immédiatement.

- Le pire, Draco, c'est que tu te tapes des mecs ! Tu n'es qu'une tapette alors ? Je comprends mieux pourquoi je n'ai jamais pris mon pied… J'aurais dû me mettre à quatre pattes ? »

Je tente de ne pas pleurer tandis que mes poings se serrent. Elle le fait exprès. Elle veut juste me tuer. Elle veut me détruire. Elle me détruit.

« - Dégage. »

J'ai beau siffler de rage, elle reste avec son sourire hypocrite, confortablement assise sur mon canapé. Elle semble s'amuser de la situation.

« - Harry Potter c'est bien cela ? Tu ne fais pas dans la demi-mesure, il est bien foutu. Un photographe, certes. Mais pas n'importe lequel ! Plein aux as, ton plan cul !

- Ferme-la. »

Elle me toise, me défit. Elle me fait mal.

« - Je ne veux pas que ma fille soit éduqué par une tapette, Malfoy. Il est hors de question que tu continues de le voir ! Un prostitué, un homosexuel. Bientôt elle sera fille d'un monstre. Tu me dégoûtes littéralement. Si tu continues de fréquenter Potter, je réclamerais la garde de ta fille, Malfoy !

- Tu ne sais même pas son prénom ?

- Et alors ? »

Elle part, sans un regard. Juste le dégoût envahissant son visage. Mes yeux s'humidifient. Elle détruit ma vie. Elle vole ma fille, ma raison de vivre, mon amour. Elle vole ma dignité, me renvoie en pleine face mes erreurs, à tel point je suis infect…

oOo

« -Je suis désolé, Harry… Je…

- Je sais. Je n'aurais jamais dû te dire cela aussi vite… J'étais ridicule.

- Non Harry, ce n'est pas ça… Crois-moi… »

Voir ses yeux s'humidifier fait tomber chacune de mes barrières. Je pleure, sans pouvoir m'arrêter. Je regarde cet homme qui m'a permis de croire en la vie et en l'amour. Je le regarde, désespéré à l'idée de le quitter.

« - Si ce n'était pas pour elle… Je ne le ferais pas. »

Mes mains tremblent, mes jambes se dérobent. Et je pleure. Aide-moi, Harry. Aide-moi à la garder près de moi tout en étant heureux. Aide-moi, je t'en supplie. Mais tu ne m'aideras pas. Tu ne dois pas. Non, tu ne dois pas.

« - Draco si… Si tu m'expliquais au moins ?

- Je ne peux pas… J'ai trop honte. Je ne peux pas faire ça… »

Je sens son regard traverser mon dos. J'entends ses larmes couler le long de ses joues et sa respiration se bloquer alors que ma main caresse la poignée. Ne te retourne pas Draco, ne fais pas cette erreur là. Je sens l'odeur de son parfum envahir mes narines pour la dernière fois. Son odeur… Va-t-elle me manquer, elle aussi ?

oOo

26 juillet.

June n'est pas revenu, et pourtant je sens son regard partout où je vais. C'est comme si elle suivait chacun de mes pas, qu'elle surveillait ma vie. Qu'elle cherchait le moment pour prendre ma seule raison de vivre, l'étoile de ma vie.

27 juillet.

Son regard brûle ma peau. Pourquoi fait-elle cela ? Je ne le vois plus. Je ne vois plus Harry Potter et ses appareils photos par millier. Je suis seul. Seul pour ma fille. Seul pour qu'elle soit heureuse. Je ne vois plus Harry… Je ne vois plus Harry et ses sourires timides, je ne vois plus Harry et ses craintes au fond des yeux. Je n'ai plus vu la tour Monroe depuis bientôt 16 jours, 5 heures et 8 minutes. Elle n'était qu'un rêve elle aussi… Un rêve qui s'est envolé. Alors s'il te plaît, June envole toi aussi. Laisse-moi vivre.

28 juillet.

La fin du mois. La fin du mois et l'impossibilité de faire manger autre chose que des pattes à ma fille. Harry m'a envoyé de l'argent, pour elle m'a-t-il écrit. Je ne veux pas y toucher. Que dirait June ? Que ferait-elle si elle savait ? Elle me la volerait…

30 juillet.

Harry me manque, il me manque tellement. J'ai eu pendant quelques temps la possibilité de croire en quelque chose. Je ne crois plus en rien. Mon étoile brille peu. Elle semble apeurée. Suis-je devenu une épave ? Si je ne peux plus la faire rêver, qui le pourra ? Harry… Harry sait faire rêver le monde. Il lui suffit de cliquer et une photo pleine d'espoir et de lumière sort de son polaroïd. Cette photo fait travailler chacun de mes sens… Ses photos le définissent tant. Les clichés qu'il a faits d'Eowyn hantent mes journées. Je me souviens de son sourire, de ses yeux brillants, de sa voix, de son rire. Je me souviens de son odeur… Il sentait comme ce dernier parfum en vogue dans Londres, avec une petite touche en plus… Quelque chose de bien à lui, quelque chose d'Harry.

31 juillet.

Joyeux anniversaire, Harry. J'ai si peur qu'il m'ait oublié et que je ne fasse plus parti de sa vie. J'ai acheté son parfum. Un coup de folie quand on sait que je n'ai toujours pas payé l'électricité. Je lui ai envoyé une petite carte aussi. Je l'ai aspergée de parfum. Cette odeur… Elle semble me rattacher à lui, comme s'il était dans un coin de la pièce. Quelques mots griffonnés sur ces gouttes de fragrance… Tu te fais vieux plus le temps passe, plus ton absence nourris ma douleur. Les rayons de soleil semblent m'assommer et pourtant à chaque fois je me relève pour toi. Pour elle, pour toi. Je ne sais plus très bien. Joyeux anniversaire, D. A peine quelques mots. Sans aucun sens, sans aucune valeur. Pas un seul je t'aime pour l'oublier. Mais je l'aime. Je l'aime à en mourir. Son odeur arpente mes souvenirs, mes draps, mes vêtements. Je suis l'épave de moi-même. Telle une ombre. Son odeur hante ma vie. Joyeux anniversaire Harry tu es devenu l'inaccessible. J'étais une pute, j'étais ta pute, j'étais ton homme, je suis ton souvenir.

oOo

Je repose le cahier gris qui se remplit au fil des jours de mes mots futiles et sans âme. Les pages ont, elles aussi, son odeur. Il envahit chaque parcelle de ma vie comme il caressait auparavant chaque parcelle de ma peau. Eowyn dort à côté de moi, et je la trouve si belle… J'ai souvent du mal à croire qu'elle est ma fille. Elle semble si… Si innocente face à moi et la vie que je mène. Elle semble être tombée du ciel. Pourquoi est-elle tombée si bas avec moi ? Je n'ai pas le droit de lui faire cela. Je me dois de la faire sourire. Je me dois de la rendre heureuse, comme un bon père. Suis-je réellement un bon père pour elle ?

Un bon père ne doit-il pas tout faire pour que sa fille n'ait besoin de rien ? J'ai trouvé une solution qui aurait pu l'éloigner de moi à jamais… Et maintenant ? Comment vais-je pouvoir garantir son bonheur alors que le mien n'est plus qu'une goutte d'eau dans un océan, perdu au milieu des autres ? Peut-être même que mon bonheur s'est évaporé sous les rayons de soleil trop chauds de ce mois de juillet ?

Juillet se termine. Il achève d'être et m'amène à disparaître à mon tour. Une ombre… Août s'installera demain matin et où serai-je à ce moment là ? Que ferai-je pour l'étoile de mes nuits ? Son parfum m'aidera à tenir. Une minute et son anniversaire prendra fin lui aussi. Un nouveau jour, un lendemain. Le soleil annoncera-t-il le retour des beaux jours ? June est encore trop présente. Je sens ses yeux me scruter à travers les rideaux. Je suis dégueulasse, et incapable de rendre heureux ma propre fille. Je suis un monstre. Une tapette.

Août ne changera rien à cela. Ni Août, ni Personne.

Juillet, petit Juin. Mois de Jules César. Juillet prend fin et avec lui, j'achève de vivre. Je frôle l'indécence en respirant.

Jules César avait quelque chose que je n'avais pas. Un je ne sais quoi qui ne me permet pas de rester ici sans souffrir…

A suivre


J'ai remarqué que plus les chapitres avancent, et plus vous nous remerciez. Il est vrai qu'après un merci pareil, je ne sais jamais vraiment quoi vous répondre à part : Un grand merci à vous de nous lire ! Vous nous apportez beaucoup, et je ne saurais vous le montrez assez.

En espérant que l'attente ne vous dérangea pas, et je tiens à m'excuser pour ce délai. J'espère avoir pu assouvir votre soif de lecture et surtout, j'espère de tout cœur que ce chapitre vous a plu malgré tout.

Bien à vous, Livioute.

ooO

Merci pour tous vos avis sur le chapitre précédent qui nous ont mis du Baume au Cœur. On oublie trop souvent de remercier davantage les « anonymes », qui mettent à chaque fois de merveilleuses reviews et à qui on ne peut malheureusement pas répondre. Merci infiniment.