Titre : Jeux Interdits
Auteur/Artiste : Gossip Coco
Couple : Ikkaku x Yumichika x Kaori
Rating : R/M
Fandom : Bleach de Tite Kubo
Thème (numéro et nom) : 04. Le Frisson de l'Interdit
Disclaimer: Les persos ne m'appartiennent pas exceptée Kaori qui est à moi...
Note : Ce texte m'est venu en écoutant "Travesti" de l'opéra rock "Stamania".
Cet après-midi là, Ikkaku avait proposé à Iba Tetsuzaemon, son vieux comparse de beuverie, d'aller s'entraîner aux abords du Rukongaï, Yumichika ayant préféré aller se relaxer aux sources thermales et Kaori ayant annoncé qu'elle était occupée toute la journée. Un peu vexé que ses deux compagnons de toujours ne lui aient pas proposé de venir avec eux, Ikkaku s'était "rabattu" sur Iba, "faute de mieux", avait-il pensé en maugréant. C'est ainsi qu'après une bonne heure durant laquelle les deux copains avaient croisé le fer, ils décidèrent d'aller boire un bon sake. Ils déambulèrent à travers les ruelles du Quartier Treize.
"Tu n'as toujours pas envie de montrer tes vraies capacités? Lui demandait le moustachu avant d'avaler une gorgée de gnôle.
-Imbécile. Je suis pas comme toi, j'ai pas besoin de faire plaisir à ma vieille mère.
-Pff! Répliqua Iba. C'est pas pour cette vieille peau que..."
Ils furent interrompus par un mouvement extraordinaire provenant d'une petite échoppe où cinq ou six filles riaient aux éclats.
"Ceux qui tiennent pas l'alcool devraient être interdit de boire, se moqua Ikkaku.
-Tu l'as dit, bouffi."
Cependant, en s'approchant plus du groupe de gens qui s'étaient rassemblés, ils constatèrent que ce n'était pas une bagarre de poivrots, les filles étaient toutes rouges, les yeux brillants et caquetaient joyeusement comme une bande de poule devant un ver de terre.
"Je n'avais jamais vu un garçon aussi fort, s'extasiait l'une d'elle.
-Et vraiment très beau, ajouta une autre.
-Qu'est-ce qu'il y a? S'enquit Iba.
-Oh, un vieux a commencé à m'embêter, à me peloter quand il est arrivé. Il l'a mis KO en quelques secondes, sans même dégainer son sabre qu'il portait à la ceinture.
-Qui ça, "il"?
-Un garçon blond, avec de beaux yeux gris. Il portait un kimono violet. Il n'a quasiment rien dit, il a juste souris.
-Et il est où? Fit Ikkaku, visiblement intéressé.
-Ne me dis pas que tu veux te battre avec lui? Lui demanda le lieutenant de la Septième Division bien que connaissant déjà la réponse.
-Evidemment, ce n'est pas la première fois que j'entends parler de ce type, je suis très curieux de savoir qui il est et surtout s'il est aussi fort qu'on le dit." Rétorqua Ikkaku, les yeux brillants.
Ils arpentèrent durant plusieurs heures les rues du Rukongaï sans pour autant retrouver le fameux guerrier blond. Ils rentrèrent dans leurs Quartiers respectifs bredouilles et visiblement déçus. Yumichika qui était revenu de sa séance beauté s'aperçut de la contrariété de son camarade et lui en demanda la cause.
"Je me demande qui ça peut être, on ne connait même pas son prénom, il ne parle jamais d'après ce que je sais et il a de très beaux cheveux blonds, comme Kaori-chan.
-Pourquoi je suis pas venu avec toi? Se lamentait Yumichika. J'aurai bien aimé m'amuser.
-Tu parles, on a déambulé bêtement sans le trouver.
-De quoi parlez-vous?"
Les deux garçons se retournèrent ; c'était Kaori, simplement vêtue d'un peignoir rose pâle, les cheveux encore humides de la douche qu'elle venait juste de prendre. La jeune femme s'assit à côté d'eux et sans qu'elle ait à le demander, Yumichika alla prendre une brosse et entrepris de coiffer l'opulente chevelure soleil d'hiver.
"Le mec blond, tu sais, le guerrier super fort, j'étais à deux doigts de savoir qui il était et de me battre avec lui, expliqua Ikkaku.
-Ah, le type dont tu entends souvent parler sans savoir qui c'est.
-Te moque pas, rétorqua l'efféminé. Ikkaku n'abandonnera pas sans savoir qui est ce mystérieux inconnu.
-C'est peut être..."
Kaori s'interrompit, les yeux dans le vague.
"Tu le connais? L'interrogea Ikkaku, un peu brutalement.
-Non, je me disais juste... juste que ce n'est pas peut être pas un ennemi, on n'entend parler de lui que lorsque des filles ont des problèmes.
-Ouai, répondit le rasé sceptique.
-Ce n'est pas grave, le consola la jeune femme. Tu le croiseras peut être plus tôt que tu ne le crois."
Ni Ikkaku ni Yumichika ne remarqua la légère coloration rose des joues de leur amie ni son regard perdu dans un songe qu'elle seule faisait.
Un soir quelques jours après, Ikkaku, Yumichika et Kaori avaient été invités par Abarai Renji, Iba et Matsumoto Rangiku pour aller au festival d'été. Si Ikkaku et Yumichika acceptèrent, Kaori refusa poliment.
"Mais pourquoi? Lui demanda Rangiku. Tu veux pas venir t'amuser avec nous?
-Ce... Ce n'est pas ça, murmura doucement Kaori, le regard légèrement baissé. Mais j'ai prévu... quelque chose d'autre depuis quelques temps déjà. Je peux pas annuler. Mais, reprit-elle en souriant, le festival continue jusqu'à après-demain soir. Je payerai ma tournée demain.
-Bon, d'accord. Ce sera l'excuse pour faire la fête."
La blonde éclata de rire ; Matsumoto était une éternelle fêtarde avec des sérieux penchants alcooliques et sur ce point, elles s'entendaient plutôt bien.
Ses cheveux blonds soigneusement attachés avec une perruque de cheveux coupés courts, le bandeau comprimant son opulente poitrine et son kimono violet d'homme enfilé, Kaori était devenue tout autre. Elle ressemblait à s'y méprendre à un garçon, un peu efféminé avec un vague air à la Yumichika, mais quiconque la croiserait la prendrait à un homme. C'était plus fort qu'elle, la jeune femme aimait ainsi se travestir en se glissant dans la peau d'un homme. Au départ, elle avait tenté l'aventure par goût du risque, de l'amusement aussi mais, au fur et à mesure, la shinigami ne pouvait plus vraiment s'en passer. Cela lui procurait des sensations inédites d'imaginer quelqu'un la déshabiller et de découvrir sa vraie nature de femme, surtout si c'était Ikkaku ou Yumichika. Mais d'un autre côté, elle ne voulait pas être découverte ; la jeune femme appréciait de marcher dans la rue, les yeux des femmes et même des hommes la scrutant, cherchant à imaginer ce que cachait son kimono, incarnant les désirs secrets des uns et des autres, sa peau moite recevait chaque regard comme une caresse. Kaori se mira encore un instant dans le miroir de la salle de bain avant de sortir en douce des Quartiers.
L'alcool coulait à flots, toute la petite bande était déjà bien gaie tout en profitant des stands de nuit du festival. Ikkaku et Yumichika avaient été déçus de ne pas être avec Kaori mais la joie des festivités avait effacé le sentiment de manque qu'ils éprouvaient. Ils s'étaient tous installés à l'orée du festival et discutaient de tout et de rien quand, le regard d'Ikkaku fut soudainement attiré vers l'un des stands. Un garçon avec de beaux cheveux blonds et un katana accroché à sa ceinture était en train d'acheter des manjus. Ça doit être lui, le mec fort, pensa t-il en un éclair et, quelque part, une petite voix dans son cerveau lui souffla qu'il le connaissait. Chassant la petite voix, il se leva d'un bond à la surprise générale.
"Ikkaku! Qu'est...
-Il est là, le mec blond! Glapit Ikkaku, tout excité, les effets de l'alcool s'étant légèrement dissipés mais pas suffisamment pour être capable de juguler l'adrénaline qui était montée en flèche.
-Tu plaisantes? S'écria Yumichika lui aussi, subitement surexcité. Il est où?"
Désignant le stand où Kaori encore inconsciente d'être sur le point d'être découverte, Ikkaku et Yumichika s'y dirigèrent en souriant.
"Je vous remercie." Fit Kaori en prenant les trois manjus.
Alors qu'elle allait mordre dans l'aliment, la jeune travestie entendit une voix très familière résonner à ses oreilles.
"Eh, toi!"
Elle se retourna et vit avec stupeur Ikkaku et Yumichika s'approcher d'elle. Ses yeux s'agrandirent encore plus quand elle vit la lueur dans les yeux de ses camarades. La voix du combat était plus forte que l'alcool et vu la réputation qu'elle s'était forgée sous ce déguisement, ils n'éprouvaient plus que l'envie de se battre avec elle.
Alors que ses lèvres commencèrent à remuer et le nom d'Ikkaku s'en échapper, elle se ressaisit. Il fallait faire quelque chose, et vite. Subitement, son corps lui sembla chaud, brûlant de l'intérieur. Comme si son véritable fantasme était sur le point de se réaliser. Indécise durant quelques instants, la jeune femme esquissa finalement un sourire provocateur. Ses yeux désignèrent la direction du bois qui entourait le Sokyoku. Les deux jeunes hommes eurent à peine le temps de comprendre la directive du travesti que Kaori prit la route du bois rapidement grâce au Shûnpo.
Ils peinèrent un peu pour retrouver celui qui les intriguait depuis quelques temps mais ils réussirent à le rejoindre dans une petite clairière, suffisamment éclairée à la lueur de la lune. Ce dernier leur tournait le dos et ne disait mot. Ce fut Ikkaku qui rompit le silence.
"Paraît que t'es fort...
-Oui, on le dit, tu me l'as dis toi-même, Ikkaku."
Cette voix... Non, ils devaient rêver mais elle leur rappelait tellement, les souvenirs les plus intimes, les plus chers et les choses les plus exquises dans des moments les plus indécents. Ce fut Yumichika qui reprit.
"Ka... Kaori? C'est toi?
-Je suis désolée de vous avoir caché cela, fit doucement la jeune femme en ôtant la perruque et l'attache de ses cheveux, ses derniers roulant le long de ses épaules. Mais... Enfin c'est une longue histoire et quand je me suis embarquée dans ce truc, je ne m'en suis pas vraiment rendue compte. Lorsque j'ai réalisé ce que je faisais, c'était plus difficile d'avouer cela. De vous l'avouer."
Le silence retomba quelques instants et les deux jeunes hommes ne purent s'empêcher de remarquer que même vêtue en garçon, Kaori restait très attirante, la situation avait un petit côté d'illicite, comme s'ils vivaient un fantasme qu'ils n'avaient jamais osé vraiment imaginer. Non qu'ils souhaitaient que Kaori devienne vraiment un homme, la nature l'avait faite femme et c'était parfait ainsi. C'était plutôt l'idée de dévoiler la vérité sur son corps, le kimono tombé à terre, révélant petit à petit ses formes et ses courbes. Ikkaku qui était toujours le premier à saisir les occasions pour s'amuser, s'approcha, le regard concupiscent.
"Et si on s'amusait vraiment? Le festival, c'est marrant cinq minutes mais te faire pardonner ton petit secret, c'est beaucoup plus amusant."
