9. L'intrusion.
Les semaines étaient passées en un battement de cils. Et nous étions déjà en mai. Nous avions pu passer trois autres nuits sans histoire avant que les choses se compliquent. Notre cinquième nuit ensemble, le scénario de la clairière se répéta. Nous prenions le temps de nous découvrir, sans se presser, sans brûler les étapes. Mais cette fois là avait été la fois de trop. Entre nous, les choses n'avaient pas évolué, pas encore. Mais il en allait autrement dans mes rêves.
J'en gardai un souvenir coupable, ce soir-là, lorsque je me réveillai en sursaut, Alice loin de moi, le regard noir, se tenant la gorge, puis prenant la fuite. Mon cœur avait dû s'affoler durant mon sommeil où quelque chose de semblable avait dû se produire. Je me rappelais distinctement avoir rêvé ses mains sur mon corps, sa langue contre ma peau, une urgence qui n'existait plus que dans mes rêves et à laquelle je répondais avec autant d'ardeur que mon audace le permettait.
Mes rêves n'étaient pas innocents et avaient sans nul doute possible causé son trouble. Nous étions déjà trop téméraires, trop confiantes et je me retrouvais seule et sanglotante cette nuit car Alice avait eu juste assez de présence pour partir avant de commettre l'irréparable. J'étais effondrée et en même temps plus que jamais amoureuse. Elle n'était pas responsable, moi non plus. Mais je ne voulais pas céder à la facilité.
Alors nous avions repris de nouvelles bases, avancé plus prudemment et espacé nos nuits ensemble. Les deux petites nuits où nous étions retrouvées, Alice s'était nourrie jusqu'à plus soif au préalable. Je passais mon trop plein d'hormones dans la course, me donnais à corps perdu dans la danse et le combat et les premiers résultats commençaient à se faire sentir. Ce petit ventre que j'honnissais* de tout mon cœur, sans disparaître, était désormais légèrement tonique.
Tout mon corps participait de cette petite mutation. J'étais toujours aussi peu douée en sport, toujours aussi peu cordonnée et aussi maladroite. Mais je persévérais et je progressais, chose que je n'avais jamais faite. Je n'avais pas baissé les bras devant la difficulté. J'avais pleuré et saigné aussi, deux fois, parce que ça devait arriver. Mais j'étais équipée : une tenue adaptée, des pansements, de la pommade. Je me donnais les moyens de ma détermination et je devais admettre que ça faisait du bien.
J'entrais progressivement dans l'estime d'Emmet. Edward lui désapprouvait, Rosalie aussi. Mais ce qui me faisait tenir plus que tout, c'était le soutien inconditionnel de Carlisle, Esmée... et bien sûr Alice. Charlie était celui dont la réaction était la plus déconcertante. Il approuvait, il n'était pas devenu chef de la police en se laissant abattre et c'était de lui que je tenais mes deux mains gauches... et le reste. Il approuvait mais s'attendait chaque jour à me voir jeter l'éponge. Bref, son soutien était plus que mitigé. Mais je n'avais que d'autant plus envie de lui donner tort.
Mais ce que je ne vis pas venir, ce fut le retour des Quileutes dans mes histoires de cœur. Ça avait commencé par des visites de plus en plus fréquentes de Billy, l'ami de mon père, et Jacob Black, son fils. En fait, je ne tiquai qu'à la troisième visite du mois d'avril. Tout était prétexte à nous rendre une petite visite de courtoisie. Et vérifier, du moins dans le cas de Billy, que j'étais toujours vivante. Je sentais chaque fois son regard inquisiteur sur moi, sa désapprobation qui transpirait par tous les pores. Pourtant, il ne disait rien, ni à moi, ni à mon père.
Il aurait pu : jouer la corde parentale, sur le protectionnisme de mon père. Mais il ne pouvait pas ouvertement désapprouver les Cullen, Charlie et lui s'étaient déjà disputé à ce jeu, à propos de Carlisle. Et officiellement, Alice était encore ma meilleure amie. Plus pour longtemps : le bal arrivait et avec lui, l'affichage publique de notre relation. Pour le meilleur ou pour le pire, mon père et toute la ville sauraient le fin mot de ma relation avec Alice dans très exactement une semaine, Samedi prochain.
Bref, je n'avais vu venir les Quileutes que trop tard pour prévenir les Cullen et préparer le terrain. En fait, je n'avais vu que Billy Black et ne m'étais pas alarmée outre mesure, Alice non plus. Mais nous avions tort et nous le découvrîmes le mercredi après les cours, lorsqu'ils débarquèrent à la lisière de la maison Cullen. Nous étions, Alice et moi, en plein cours d'auto-défense. J'apprenais assez vite car Alice faisait un bon professeur et que sa condition de vampire aidait beaucoup la chose.
Autrement dit, elle se laissait frapper, plaquer, ceinturer, prendre en clef sans que cela n'entame son endurance ni ne lui fasse mal le moins du monde. Et elle retenait ses gestes et ses coups de sorte que je ne me faisais pas mal non plus, tout en apprenant ce que j'étais censée apprendre. Au programme, Krav Maga à mode vampire : ou comment mettre au hors combat tout humain ou vampire, le plus vite possible, le plus efficacement, par tous les moyens possibles, mise à mort comprise.
Okay, ce dernier volet est flippant de même que le volet « spécial morsure » propre aux vampires, mais néanmoins nécessaire si j'en deviens un dans un avenir proche. Un vampire ne se laisse pas mettre au combat, même complètement démembré si on ne finit pas le travail. C'est totalement cynique et profondément dégueu mais c'est le monde dans lequel vit ma petite-amie. Le monde dans lequel je vis de toute façon, quand bien même je voudrais rester dans le déni et laisser d'autres me protéger en me terrant dans un coin.
Bref, ils arrivèrent pile quand j'étais bien remontée à bloc, avec assez d'adrénaline pour affronter une version humaine d'Emmet sans sourciller. Dès leur arrivée, c'est comme si tous les vampires de la maison avaient été hélés en même temps par un bruit insupportable. Ou plutôt, une odeur dégoûtante à leur manière de froncer le nez. À vitesse humaine, je fus la dernière arrivée en compagnie d'Alice, en ayant pourtant couru de ma meilleure foulée.
-Ah, voilà la principale intéressée » dit une voix que je n'identifiais pas. Tout ce que je voyais, c'était cinq grands loups aux proportions monstrueuses. L'anatomie d'un loup et le gabarit d'un ours... ou d'un cheval ? Sans même parler de la taille au garrot d'un animal pareil : cela défiait la logique. Ces animaux étaient tellement grands et musculeux qu'ils n'auraient pas dû être seulement capables de soulever leur propre poids. Oui mais non seulement c'était le cas mais la lueur d'intelligence dans leurs yeux était encore le plus terrifiant dans ce tableau.
Puis je remarquai l'indien au milieu des loups, leur leader, que j'identifiai comme étant Sam Uley que j'avais vu à la Push il y a deux mois de cela. Torse nu et en short, il semblait prêt à défier six vampires à lui tout seul. Ou plutôt cinq : Edward avait l'air de prendre le parti des intrus contre sa famille. J'étais un peu surprise, mais ne laissai rien paraître et pris place entre Emmet et Carlisle. Et oui, j'étais courageuse mais pas téméraire.
Si je devais défier une bande de monstres, je préférais le faire avec les deux vampires les plus baraqués de la famille pour me soutenir. Mon geste n'avait pas échappé à Sam, de même que je notai la présence d'Alice auprès d'Esmée. Toutes deux semblaient prêtes à se jeter en avant et me faire rempart de leur corps si jamais ça tournait mal. L'indien s'avança, les mains écartées et bien en vue, à pas lents, mais fermes et assurés, pour se poster face à moi.
-Isabella Marie Swan ? Confirmes-tu ne pas être retenue ici contre ta volonté ? » demanda-t-il avec autorité. Si j'avais pu sentir la testostérone, j'étais sûre qu'elle aurait embaumé l'air à l'instant présent.
-Juste Bella. Et oui, je confirme. » lui répondis-je avec toute l'assurance que j'avais. Ma tenue, mes trois nouveaux bleus et mon pansement au genou droit ne devaient pas aider à convaincre mon interlocuteur mais tant pis.
-Je n'ai donc effectivement aucune raison de vous chercher querelle... pour l'instant. Mais des fois que la mémoire vous ferait défaut : une morsure, et le traité entre nous devient nul et non avenu. Une morsure, que cette fille meure ou soit transforméepeu nous importe, nos accords seront caduque et nous vous pourchasserons comme n'importe quels buveurs de sang. Est-ce bien clair ? » Il ne me regardait déjà plus mais s'adressait à Carlisle. Je ne méritais déjà plus le respect le plus élémentaire et il parlait de moi comme si j'étais un meuble de décoration.
-Je crois qu'il y a méprise monsieur Uley quant aux termes du traité. Le traité porte sur les rapports entre la tribu Quileute et la famille Cullen ici présente. Toute la famille Cullen est incluse dans ce traité que ses membres soient Vampires ou Humains. Bella est désormais dans nos secrets et est en relation avec ma fille, Alice, comme une membre à part entière de notre famille. Elle est ici de son plein gré comme elle vient de vous le confirmer et son sort ne vous regarde désormais plus en rien, Quileutes.
-Pitié, Carlisle, ce sont deux femmes. Et tu veux vendre ça aux indiens, sérieusement ? » Intervint Edward comme si c'était sa réplique, le moment qu'il attendait depuis le départ. Ses yeux quêtaient l'approbation de Rosalie, mais il ne l'obtint pas. Ils étaient tous deux opposés à ma transformation mais Rosalie avait des raisons tout à fait différentes de celle d'Edward. Que deux femmes ne puissent pas avoir d'enfants, de même que deux vampires ne pouvaient pas, n'entraient pas en ligne de compte, pour Rosalie.
Sam Uley, que je ne remercierai jamais pour cette fois là, regarda Edward comme s'il s'agissait d'un sous-produit de l'humanité. Et se retourna alternativement vers Alice et vers moi, avant d'arrêter son regard sur moi, ayant visiblement pris sa décision. Loin d'être dépité, Edward avait l'air triomphant. Espèce de sale télépathe manipulateur, pensai-je pour moi-même. Je ne savais pas à quoi m'attendre présentement mais je m'autorisais un regard pour Alice, recherchant son soutien. Et je l'obtins de manière inconditionnelle, comme toujours.
-Bella » reprit l'indien « Une humaine et un vampire ensemble constitue une situation imprévue, mais acceptable, selon le traité. Par contre, je ne peux te laisser jouer sur les deux tableaux. Donc ma question est simple : En ton âme et conscience, es-tu dans le camp des humains ou celui des vampires ? » Je ne savais pas ce qu'impliquait ma réponse à sa question dans un cas comme dans l'autre mais je n'avais pas l'intention de me laisser manipuler aussi facilement.
-Bien sûr, je suppose que toi et tes loups vous considérez dans le camp des humains, n'est-ce-pas ? » lui demandai-je de mon ton le plus suspicieux.
-Assurément. » Asséna t-il fièrement, bombant le torse au passage comme si cela seul pouvait soutenir son propos.
-Et vous êtes-vous regardés dans une glace, dernièrement ? » À ma question rhétorique, plusieurs rires partirent autour de moi. Je reconnus Emmet, Alice, Esmée et même Rosalie. Seul Carlisle se retenait et Edward lui, semblait écumer de rage.
-Je te demande pardon ? » me demanda Sam Uley, incrédule.
-Vous, tous autant que vous êtes, n'êtes pas humains. Vous l'avez été mais ne l'êtes plus. Comme ma famille ici présente l'a été mais ne l'est plus. Vous n'êtes pas humains, vous n'avez pas le droit de parler au nom des humains, encore moins de les protéger d'eux-mêmes.
Moi, je suis humaine et je peux vous dire que si les humains apprenaient votre existence, ils vous extermineraient jusqu'au dernier, comme vous aimeriez bien le faire de tous les vampires ici présents. Alors n'allez pas me demander dans quel camp je suis et me dire ce que je dois faire de ma vie. Vous allez gentiment rentrer dans votre réserve, protéger votre peuple tout votre comptant et en sortir quand l'humanité vous aura sonné Okay ?
Parce que mon père, ma mère et mes amis, tous humains, ne savent pas que vous existez et ne vous ont pas sonné. Alors occupez-vous de vos trucs de loups et foutez-moi la paix. À Charlie aussi tant qu'à faire. Et à la ville entière si possible. Vous avez votre territoire, Vous êtes actuellement dans celui des Cullen et le reste du monde, du monde entier, est un territoire neutre qui ne vous regarde en rien.
Mon petit discours avait laissé tous les vampires incrédules, Sam était blême et les loups n'auraient sans doute pas fait une tête différente si on venait de leur mordre la queue. Mon cœur palpitait à tout rompre et j'avais peur de provoquer un double accident à m'être laissée emporter de la sorte. Mais qu'on me demande de choisir entre les humains et les vampires, comme si c'était un choix, m'avait mis dans une telle colère qu'il avait fallu que ça sorte.
De son coté, Sam Uley reprenait contenance et figure humaine. N'ayant pas causé d'accident coté vampire, je décidai de ne pas tenter le diable et entrepris de me calmer, aussi rapidement que possible. Surtout qu'Edward semblait à deux doigts de flancher et qu'Alice se mordait les lèvres avec des yeux noirs insondables et flippants. Quand l'indien repris la parole, j'étais tout à fait calmée, et passablement terrifiée, au demeurant.
-Et bien, après cette mise en perspective tout à fait fascinante, je crois que nous en avons fini ici. Juste une chose Bella : tenir un tel discours fait de toi une indésirable sur le territoire quileute, au même titre que le Cullen ou tout autre ennemi de la tribu Quileute.
En conséquence de quoi, si tu mets un seul pied dans la réserve à partir d'aujourd'hui, que tu sois humaine ou vampire, nous te mettrons en pièce sans sommation, me suis-je bien fait comprendre ? » Me dit-il du ton le plus menaçant qu'il pouvait se permettre avec cinq vampires contre lui. Il digérait mal la défaite, car il repartait sans avoir pu faire valoir son point de vue sur aucun point et son image de leader avait dû en prendre un coup.
-Oui, parfaitement. » Répondis-je « Et passez le bonjour à Billy Black. Qu'il ne se donne surtout pas la peine de vérifier chaque semaine si je suis encore humaine ou non ! » Ajoutai-je histoire de bien enfoncer le clou et montrer que je n'étais pas dupe de leur petit jeu de loups. Entre temps, Sam Uley s'était transformé sous mes yeux et je devais reconnaître que c'était juste dingue. Après quoi il étaient partis sans demander leur reste.
Edward semblait enragé et m'aurait sans doute mordu dix fois si j'avais été seule face à lui. Au lieu de quoi, il prit la fuite à vitesse vampirique, ce qui ne me laissait pas grand chose à voir, au demeurant. Le soulagement était palpable autour de moi et je sentis à peine la main d'Emmet sur mon épaule tellement j'étais en vrac.
-Et bien gamine, tu as du cran pour une humaine ! Tu sais qu'on a frisé la catastrophe avec ton petit discours ? Mais c'était trop bien... Tu veux pas le refaire juste pour moi, le temps que j'aille chercher une petite poche de sang à siroter pour mieux apprécier la scène ? » À ce moment-là, il me taquinait comme un grand frère et j'étais contente d'être acceptée par Emmet. Cela comptait beaucoup pour moi.
-Emmet ! Tu veux la traumatiser cette pauvre petite ou quoi ? Je pense qu'elle a eu son content d'émotions pour la journée. Nous aussi, d'ailleurs. » pérora* Esmée en me prenant à son tour par les épaules. Leurs yeux à tous étaient noirs. Ils avaient soif, très soif. Et si l'un d'eux perdait le contrôle, je n'étais pas sûre qu'il y en ait un pour rattraper les autres. Vu sous cet angle, je voulais bien les voir s'abreuver de sang à seau entier tant que ce n'était pas le mien.
-Euh, oui, beaucoup d'émotions. Si vous alliez chasser pendant que je fais une petite sieste et qu'on se retrouvait pour discuter de tout ça après, hmm ? »
Tous me regardèrent avec une drôle de tête mais acquiescèrent comme si cela tombait sous le sens. Seule Alice resta, malgré sa soif et nous restâmes un bon moment à nous regarder avant que je le lui demande.
-Tu n'y vas pas ? Tu dois avoir soif et ce n'est pas le bon moment pour tenter le diable puisqu'on est plus que nous deux. » lui demandai-je, légèrement anxieuse.
-Exceptionnellement, j'irai pendant que tu dors. Ce n'est pas aussi terrible que ça en a l'air et je serai rentrée avant ton réveil. Il fallait que l'un de nous reste avec toi et à force de passer mes journées avec toi, je me contrôle presque aussi bien que Carlisle. » me répondit-elle sans détour. Je savais que ce n'était pas négociable et je comprenais.
Comme prévu, j'allai faire la sieste. Le reste de la famille rentra tôt et Alice partit sans me réveiller pour revenir au milieu de la nuit. De sorte que, d'une simple sieste, je dormis toute la soirée, toute la nuit, pour me réveiller au petit matin.
Au final, il n'y avait pas eu grand chose à dire de la confrontation de la veille. Edward manquait encore à l'appel. Les présents étaient fiers de moi même si mon comportement avait été téméraire les avoir ainsi défendus me valait leur respect, même celui de Rosalie. Elle ne m'approuvait pas davantage qu'auparavant. Mais elle m'acceptait à part entière, comme une sorte de petite-sœur, profondément stupide et agaçante, mais qu'on aimait quand même.
Elle m'aida même à choisir une robe, ou plutôt trois robes, dans le dos d'Alice pour le bal. Avec le don d'Alice, le seul moyen de garder un secret était de se décider à la dernière minute. Le paradoxe complet entre indécision et préparation faisait interférence avec le pouvoir d'Alice et lui donnait la migraine, comme avec les loups ou la fois où j'avais décidé de la confronter sans savoir comment lui faire dire ce que je voulais savoir.
Plus on préparait de scénario différent, moins Alice pouvait voir ce qui se tramait et plus elle avait la migraine en essayant de voir ce qu'on lui cachait. Je poussais le vice jusqu'à envisager d'aller au Bal en salopette ou tenue d'Ève juste pour faire bisquer Alice quand elle cherchait à en savoir plus. Sa tête à ce moment-là était tellement épique que je ne doutais pas une seule seconde d'avoir réussi mon coup.
- Ah... tu es méchante, c'est de la torture ! Et puis comment tu arrives à faire ça ? » se plaignait-elle.
Et puis, ça devint un jeu entre nous. Ses visions étaient vraiment subjectives et il suffisait que je mette toute ma force de conviction à échafauder une mise en scène aussi improbable soit-elle. Du moment où c'était matériellement possible et que je déployais ma volonté à le mettre en œuvre, ne serait-ce qu'en pensée et elle le voyait. Elle avait fini par reconnaître l'oeuvre de Rosalie mais n'en resta pas moins surprise.
- Sérieusement, comment tu fais ça ? C'est absolument dingue... Okay, Rosalie t'a montré mais tu n'es pas supposée pouvoir faire ça, ni elle, ni personne d'autre.
- Tes visions sont subjectives et j'ai trouvé la faille. Avoue que ça peut être bien pratique pour communiquer, même si c'est à sens unique. Une vision romantique ? C'est que je vais bien, où que je sois. C'est une jolie façon de se dire « je vais bien ne t'en fais pas », je trouve. Pas toi ?
- Oui, mais ce petit jeu a des limites. Si tu es en danger, que tu le saches ou non, tu risques juste de m'empêcher de te voir correctement. C'est quelque chose que tu ne peux te permettre que si tu es certaine d'être en sécurité. Et pas trop souvent juste une fois par jour quand nous sommes séparées une journée ou plus. En tout cas, tu n'arrêteras jamais de me surprendre Bell. » Son air sérieux laissa place à un grand sourire sur la dernière phrase mais je cessais de jouer avec ce petit tour. Je prenais ses arguments au sérieux.
Note de bas de page :
* honnir : maudir, détester... (désolée pour le passage pour le "vieux français" comme dirait certaines. Pourtant pour moi, c'est du langage courant, pas vous ? :P )
* pérorer : à prendre ici dans le sens de faire beaucoup d'emphase et changer de registre (indignation, réthorique, humour, etc...) et non comme pérorer "parler à n'en plus finir" (désolée encore pour introduire des mots poussiéreux...mais c'est bon pour la culture générale non ? comment ça je suis de mauvaise foi ? :3 )
Réponses aux reviews de la semaine :
Evilys : Une délivrance, carrément ? Bon, bah heureusement qu'il va y avoir le coming-out en plusieurs étapes et le reste...comme ça, on va pouvoir vraiment chanter "Let it go" de tout nos petits coeurs...mouarf. Ensuite clairement pas un chapitre de fan-service puisque ce serait l'explication détaillée du "pourquoi elles se sautent pas dessus" et une étape mentale assez importante pour Bella (qu'est-ce que je contrôle/qu'est-ce que je contrôle pas). Et oui, Rosalie est une peste d'aborder Jasper à ce moment...mais c'est Rosalie et on l'aime comme ça. ;) Et sinon, tu penses quoi de cette Bella qui s'insurge ? ^^
Noominaome : Comme tu as pu le constater, elle n'a pas gardé le bracelet à 80 pulsations minutes très longtemps...Mais c'était drôle pour moi d'imaginer la scène "coupées dans leurs effets par la petite alarme". Alice n'est pas tellement fourbe que ça, mais j'aime en faire un petit diable, malicieux, tentateur...Un vampire victorien remixé à ma sauce quoi :P
La plume d'Elena : Un encouragement qui va droit à l'essentiel. Ça donne la pêche pour écrire donc merci, merci et encore merci !
Natsu'eichi : C'est donc une bonne chose que l'histoire soit rafraichie en première page chaque semaine pour celles et ceux qui ont loupé le coche ou qui découvrent. :D Merci pour la review et bonne lecture...
Un grand merci à Evilys qui vous permet de lire cette histoire avec un minimum de fautes ! À Noominaome aussi pour sa relecture.
Je suis en pleine semaine de vacances. Je vous fais quelques infidélités sur une nouvelle idée de fic mais promis je ne vous oublie pas pour la suite... Sur ce, je vous dis à la semaine prochaine pour la suite :)
