Bonsoir! Déjà le chapitre 10, on approche de la fin. Merci beaucoup à bamonloveforever et XD pour vos reviews!

bamonloveforever: Merci! ça aurait été trop simple, j'adore compliqué la vie des personnages. Pour une fois le pessimisme de Damon sera utile, ça n'arrive pas souvent :')

XD: Merci beaucoup! Ce serait un honneur que tu commences à les shipper à cause de moi X) Franchement, je te conseil quand même de rester sur le Delena à contre cœur, parce qu'au moins dans la série ce couple existe :') Tu m'as faite mourir de rire avec tes sushis! Le sens des priorités de Stefan est pas génial faut l'avouer. Mourir dans une voiture c'est pas si mal que ça, ils ont le chauffage au moins XD Non ça va y'avait de la structure, mais de toute façon j'adore les commentaires long façon "petit roman" X) Merci!

Bonne lecture!


Sa vision se brouilla, une fois, puis deux. Il ne courrait pas droit, sentait ses enjambées dériver hors de la route à chaque fois qu'il se déconcentrait rien que quelques secondes. Plusieurs fois, Stefan fut tenté de s'arrêter, sentant ses membres fatigués, s'engourdirent. Mais l'image de son frère et de celle qu'il considérait à présent comme sa sœur ne cessait de lui revenir en tête, le forçant à continuer. Ils étaient en train de mourir. En voulant sauver Bonnie, Damon lui avait donné beaucoup trop de sang, et se retrouvait maintenant dans le même état qu'elle. Il avait juste besoin de repos pour se soigner, mais il continuerait de donner son sang à Bonnie tant que celle-ci ne serait pas hors de danger. Alors il ne restait plus que Stefan, à bout de forces, se poussant à bout, parce qu'il n'avait pas le temps, et, mon dieu, la situation n'avait jamais été autant hors de contrôle.

Lorsqu'il arriva enfin sur le parking du motel, Stefan se stoppa brutalement dans sa course. Sa tête se mit à tourner, il vit flou pendant quelques secondes, et dû fermer les yeux pendant un moment pour reprendre contenance.

Une fois rétabli, le brun releva la tête, et s'avança d'un pas rapide vers l'entrée du motel. Avant même d'avoir passé les portes, il pouvait déjà entendre la voix mélodieuse de son amie hurler sur un pauvre employé. Il entra dans le hall du bâtiment, posant immédiatement son regard sur Elena et Caroline. La blonde était penchée sur un comptoir, et paraissait à la fois très inquiète et très énervée. Un jeune homme aux cheveux châtains bouclés était debout derrière le comptoir, tentant désespérément de calmer la cliente.

« Je suis sincèrement désolé mademoiselle, je ne sais pas ce qui est arrivé à vos amis... »

« Et vous n'avez pas des caméras de sécurité dans les chambres ou dans les couloirs ?! »

« B-bien sûr que non, ce serait violer l'intimité de nos clients et... » balbutia-t-il avant d'être à nouveau coupé

« Mais qu'est-ce que j'en ai à fou-... » hurla Caroline, à bout de nerfs

Le pauvre employé ne cessait de passer son regard de la blonde à son amie, totalement désemparé, comme s'il s'attendait à ce que celle-ci intervienne pour calmer Caroline. Malheureusement, même si c'était ce qu'elle aurait fait habituellement, elle était occupée à passer un appel, et ne prêtait pas attention à leur conversation. Ça faisait déjà trois fois qu'elle essayait d'appeler les trois disparus, mais il était impossible de les joindre.

Alors qu'elle s'apprêtait à appeler une autre personne, frappant les touches de son portable avec beaucoup plus de force que nécessaire, Stefan s'avança dans leur direction, attirant son attention. Elle écarquilla les yeux, et s'apprêtait à lui poser des questions, quand il l'interrompit en un mouvement de main.

« J'ai besoin de ton téléphone. » lui dit-il. « Je t'expliquerai tout plus tard, je te promets, mais pour l'instant, il faut que je passe un appel. »

Ça attira l'attention de Caroline, qui se tourna brusquement vers eux au plus grand bonheur de l'employé, alors qu'Elena donnait son téléphone au vampire, sans rien ajouter. Même si elle mourait d'envie de savoir ce qu'il s'était passé, et pourquoi ils avaient disparu dans la matinée, elle avait compris l'urgence de la situation, et ne voulait pas être un obstacle.

Le brun lui lança un regard reconnaissant, et se dépêcha de composer le numéro d'Ava sur son clavier. Alors que de longs bips sonores résonnaient dans son oreille, il ne cessait de taper son pied contre sol dans un geste d'impatience, ne supportant pas de devoir attendre qu'elle décroche. Cette journée entière s'était déroulée dans la précipitation, et il n'arrivait même plus à patienter rien que quelques secondes. Il avait l'impression que chaque minute comptait. Et comme si la situation ne pouvait pas devenir pire, il tomba sur la boîte vocale de sa vieille amie, le laissant totalement désemparé, sans aucune solution pour sauver sa famille.


« Qu'est-ce que vous faites ici ? » demanda Damon, la mâchoire serrée

Ava pencha légèrement la tête sur le côté, une expression confuse sur le visage. Elle fit quelques pas en avant, une main tendue, comme si elle appréhendait sa réaction. Le vampire fit à son tour un pas en avant, se plaçant devant Bonnie, tout en gardant une main posée sur sa taille, pour s'assurer qu'elle ne bouge pas.

« Je vous l'ai déjà dit, Stefan m'a appelé hier, il voulait que je vienne au cas où il y aurait un problème. » répéta la vieille femme, d'une voix lente, se voulant persuasive

« Damon. » se manifesta Bonnie, sans pour autant réussir à attirer son regard. « Qu'est-ce que tu fais ? »

Celui-ci ne se retourna pas, soutenant le regard d'Ava. Il la fixait d'un air suspicieux, comme s'il essayait de lire en elle. La brune haussa les sourcils, en attente d'une réponse, mais l'aîné des frères Salvatore restait silencieux. Elle serra les poings, commençant à perdre patience. Elle fit ensuite un pas de plus, se tournant vers Bonnie. « Vu ta tête, Stefan a eut raison de m'appeler. » déclara-t-elle, grimaçant. Elle s'attendait à ce que la sorcière acquiesce, réagisse, mais celle-ci ne bougea pas d'un pouce. A cause de Damon, elle était devenue méfiante.

« Le problème vient de la pierre, il y a peut-être un second sort à faire, tout dépend de son état. » continua-t-elle sans sourciller. « Montrez-la moi. »

A nouveau, Ava ne reçut aucune réponse. Sa mâchoire se crispa, et ses jointures devinrent blanches. Elle ferma les yeux quelques secondes, tentant de ne pas perdre son sang-froid, mais lorsqu'elle les rouvrit, il lui suffit de croiser à nouveau leurs regards suspicieux pour craquer. « Ne m'obligez pas à me répéter. » leur lança-t-elle d'un ton glacial. Il n'y avait plus aucune trace de fausse sympathie dans sa voix, elle avait arrêté de jouer. Ava avait enfin laissé tomber le masque.

« Que les choses soient claires... » commença Damon, la fusillant du regard. « Je ne te laisserai pas t'approcher de Bonnie, ni de la pierre. »

Celle-ci se racla la gorge, et poussa avec ce qu'il lui restait de force l'épaule du vampire, se mettant à côté de lui. Elle garda un bras appuyé contre lui pour ne pas tomber, et dit « Merci Damon, mais je pense pouvoir me défendre seule. ». Ava haussa les sourcils, amusée, et rétorqua qu'elle n'avait pas vraiment l'air en état de se défendre.

« Oui, parce que vous, du haut de vos cent ans, vous devez péter la forme, j'imagine. Je me sens très menacé. » railla le brun sarcastiquement

« Très bien. » s'exclama Ava, reculant de quelques pas en direction de sa vieille voiture. « J'avais essayé de rester courtoise avec vous, mais faut croire qu'aujourd'hui il n'y a plus que les menaces qui sont efficaces. » conclut-elle, sortant une arbalète du coffre, avant de la pointer directement sur Damon. Elle lui répéta une dernière fois de lui donner la pierre, mais celui-ci ne bougea pas, rétorquant que le menacer ne le ferait pas changer d'avis, qu'il y était habitué.

« Sûrement, mais ce n'est plus toi que j'essaie de convaincre. Pointer cette arbalète sur toi me rend d'un coup beaucoup plus persuasive aux yeux de ton amie, n'est-ce pas ? » demanda-t-elle d'un air sournois, reportant son attention sur la brune

Celle-ci avait les sourcils froncés, et la bouche légèrement ouverte, comme si elle s'apprêtait à dire quelque chose, à trouver une solution. Or, rien ne lui venait. Elle gardait ses yeux focalisés sur l'arme d'Ava, réfléchissant. Qu'était-elle censée faire ? Ils n'avaient aucun moyen de se défendre, elle voulait sauver Damon, mais en faisant ça, elle se condamnait.

« Vous pensez vraiment qu'elle va me sauver ? Vous tombez sur la mauvaise personne, on se déteste. » s'exclama Damon d'une voix moins forte que d'habitude dû à son épuisement

« Allez-y tirer. » continua-t-il, comme s'il ne voulait pas laisser à Bonnie la chance de se sacrifier. « Mais j'espère pour vous que ça suffira à me tuer. Parce que dans le cas contraire, une fois rétabli, je serais très, très énervé. »

Malgré sa menace, Ava ne parut pas le moins du monde impressionée. C'était sa dernière chance, elle n'allait pas reculer à cause de stupides paroles. Elle positionna son doigt sur la gâchette, et regarda à nouveau la sorcière, sourcils haussés, attendant une quelconque objection. Bonnie releva les yeux de l'arbalète, croisant son regard, et resta stoïque. Elle réfléchissait à toute vitesse, c'était le désordre dans son esprit, mais de l'extérieur, elle paraissait insensible à ce qu'il se passait. Ava comprit alors que ce n'était pas suffisant. Elle assainit soudainement un coup à la tête au vampire avec son arbalète, le faisant tomber au sol. Elle fit un pas en avant, et pointa à nouveau l'arme sur lui, à quelques centimètres à peine de son buste.

« Non, attendez! » hurla soudainement une voix

Ava détourna son attention de Damon, qui lui lançait un regard meurtrier, et posa les yeux sur Bonnie, qui, en deux enjambées, vint s'interposer entre les deux. Ses genoux tremblaient, et ses jambes ne tardèrent pas à la lâcher. Elle aurait voulu paraître forte, se lever, et lui montrer que rien ne pouvait l'atteindre, mais elle n'en avait plus la force. Elle ne pouvait plus se protéger elle, et les personnes qu'elle aimait. Elle n'était plus capable de rien.

« Ne le tuez pas. » souffla-t-elle. « Nous vous laissons la pierre. »

Un sourire de satisfaction apparut sur le visage de la vieille femme, qui tendit la main vers elle, sans pour autant baisser son arme. Bonnie baissa les yeux, tentant de contenir sa rage, et mit la main dans la poche de sa veste. Ses yeux s'écarquillèrent, alors qu'elle tentait l'autre poche. La pierre n'y était pas. Elle n'était plus dans sa veste, elle avait disparu.

« Donne moi la pierre, maintenant. » s'impatienta Ava

« Je... Je ne l'ai plus. » balbutia Bonnie, regardant frénétiquement autour d'elle

« Je sais que vous l'avez! Donnez-la moi ou il meurt! » se mit à hurler Ava

« Je ne sais pas où elle est ! » hurla désespérément Bonnie, perdant tous ses moyens

« Alors refais le sort ! »

« Est-ce qu'elle a l'air en état de faire un sort ?! » s'énerva brusquement Damon, d'une voix cassée

La vieille femme ne lui prêta même pas attention, continuant de hurler sur Bonnie. Elle voulait la pierre, maintenant. Alors qu'elle avait légèrement baissé le bras, Damon lui empoigna brusquement le poignet et le dévia, lui faisant lâcher son arme qui tomba à quelques mètres d'eux. La tête d'Ava se tourna rapidement en sa direction, le dévisageant d'un regard fou. Elle sortit rapidement un pieu d'une poche intérieure de sa veste, et le brandit en l'air, menaçant de l'abattre sur lui si il ne lui disait pas maintenant où était la pierre.

Derrière eux, Bonnie fixait l'arbalète, qui était tombée quelques pas à gauche du vampire. Elle ne pouvait pas aller la prendre, Ava la verrait. Elle posa les yeux sur Ava, et vit celle-ci abattre son pied sur le torse de Damon. Et elle prit sa décision. La sorcière leva le bras, et utilisa un sort pour attirer l'arbalète jusqu'à elle. Au moment même où le bois de l'arme atteignit sa paume, une douleur intense se fit ressentir dans sa poitrine, enflammant ses poumons. Elle se pencha en avant, tentant de reprendre sa respiration alors qu'elle s'étouffait avec son propre sang.

« Toi, tu dois savoir où est la pierre, non ?! » hurla Ava, gardant son pied sur le torse du vampire, l'empêchant de se relever

« Vous pensez vraiment obtenir quelque chose de moi ? » se moqua Damon, bien qu'ayant du mal à respirer. « Je vous croyais plus intelligente. »

La main de la vieille femme se resserra sur le pieu, et elle poussa un hurlement de frustration. Elle leva l'arme un peu plus haut, une lueur de folie meurtrière faisant briller le regard. Puis tout ralentit. Bonnie leva un bras, pointant son arbalète sur Ava. Il n'était plus question de magie, ou de vampires, tout était réel. Si elle agissait, la personne ne serait pas évanouie, mise hors d'état de nuire, elle serait morte, par sa faute. Elle aurait tué un humain. Sa main tremblait, son corps tout entier était glacé par la peur. Cette peur lui tordait le ventre, mais elle ne pouvait baisser cette arbalète, étant comme forcée à viser le dos de cette femme. Au moment où elle appuierait sur la gâchette, elle ne pourrait plus revenir en arrière, elle aurait franchi la limite.

« Tu ne m'as pas laissé le choix... » souffla Ava

Et sans aucune hésitation, Bonnie appuya. Elle franchit la limite. Vous ne m'avez pas laissé le choix non plus. Le pieu siffla dans les airs, perçant les oreilles de la brune. Il y eut un bruit sourd, suivit un gémissement. La brune ne put relever les yeux, pour apercevoir son propre meurtre. Elle fixait le sol, le regard vide, tremblante. Elle venait de tuer quelqu'un, elle venait de tirer sur quelqu'un qui avait le dos tourné. Elle avait tué quelqu'un de sang-froid, et pourtant, elle restait persuadée d'avoir fait le bon choix.

« Bonnie, tu vas bien? »

Damon était agenouillé à ses côtés, à bout de souffle. Il lui demandait si elle allait bien, alors que ce n'était pas elle qui venait de se faire tirer dessus. La brune releva les yeux, mais posa son regard sur le corps inanimé à quelques mètres d'eux. Ses yeux étaient toujours ouverts. Son manteau blanc était tâché de noir. Ce fut à ce moment que Bonnie réalisa... Le sang d'Ava était noir.

Elle souffrait de la même chose que Bonnie, elle voulait la pierre pour les mêmes raisons qu'elle. Elle se battait simplement pour sa vie, tout comme elle. Il n'y avait jamais eut de méchants ou de gentils. Elles avaient vécu les mêmes souffrances, elles étaient pareilles, à une exception : Ava ne l'avait pas abattu de sang-froid. Bonnie se défit de l'emprise du vampire, et rampa jusqu'à celle qui, quelques secondes plus tôt, les menaçaient. Elle respirait toujours, mais ne tarderait à mourir.

« Je suis désolée... » murmura Bonnie, le souffle court

Elle aurait pu tenter de la sauver, maintenir une pression sur sa poitrine, elle ne méritait pas de mourir. Mais la balle était logée près de son cœur. Elle ne pouvait pas s'en sortir, quoique Bonnie fasse. Quelques larmes coulèrent le long de joues rosées d'Ava, et la sorcière ne put savoir si celles-ci étaient dû à la douleur ou à la tristesse de se sentir partir. La brune s'apprêta à dire quelque chose d'autre, mais n'eut même plus assez de souffle pour parler, laissant la vielle dame s'excuser à son tour.

« La peur de la mort nous fait faire des choses impensables. »

La brune hocha lentement la tête, les joues baignées de larmes. La peur avait transformé Ava en une menace, et Bonnie en une tueuse. Ava n'aurait jamais dû mourir. Bonnie était à présent persuadée d'avoir fait le mauvais choix, mais elle ne pouvait pas revenir en arrière.

Damon les interrompit soudainement, demandant d'une voix brusque à Ava pourquoi la pierre n'avait pas guéri Bonnie, et ce qu'il fallait faire. Celle-ci ouvrit la bouche, mais seul un râle s'échappa de ses lèvres. Son souffle ralentit, avant de s'arrêter, et lorsque Bonnie posa à nouveau son regard sur elle, elle vit que ses yeux étaient fermés.

Personne n'osa plus bouger, et pendant de longues minutes, un silence pesant s'installa entre eux. Damon fixait le corps d'Ava, les yeux écarquillés. Il était trop tard. Il se fichait éperdumment d'elle, mais pour l'instant, elle était la seule qui aurait pu aider la Bonnie. De son côté, la brune restait immobile, une main toujours posée sur l'épaule d'Ava. Elle gardait ce regard plein d'émotion posé sur elle, d'où transparaissait de la culpabilité, et beaucoup de regret. La sorcière était tellement perturbée qu'elle ne se sentait même pas s'affaiblir petit à petit, ses battements de cœurs se faisant de plus en plus lents.

Damon le remarqua, mais resta à l'écart, ne voulant pas la brusquer. Il connaissait ce sentiment. Lui aussi l'avait ressentit, la première fois qu'il avait tué quelqu'un. Il avait bien dû passer par là, avant de devenir le tueur qu'il était aujourd'hui. Il se souvenait de tout. Du corps sans vie qui tombait au sol dans un vacarme sourd, du froid qui s'installait en lui. Il ne savait plus quoi dire, parce qu'il n'y avait plus rien à faire. Tuer quelqu'un était le laisser emmener un peu de votre humanité avec lui. Alors il la laissa encore quelques minutes, même s'il sentait que ça pourrait bien être ses dernières heures.

Lentement, Bonnie laissa retomber sa main, la laissant glisser le long de son manteau blanc par inadvertance. Elle sentit de l'humidité sous sa paume, et baissa les yeux. Sa main était noire, recouverte du sang d'Ava. Elle émit un léger hoquet, qui échappa sa gorge lorsqu'elle tenta de reprendre sa respiration. Comme sortie de sa torpeur, un frisson la traversa, et elle retira brusquement sa main du corps de l'ancienne sorcière, comme s'il l'avait brûlé. La brune fixait ses mains tremblantes, un rictus horrifié déformant ses traits. Une sensation étrange lui serait la gorge, elle avait l'impression de contenir un sanglot, mais n'arrivait pas à pleurer. Ce sanglot ne tarda à être remplacé par des toussotements, alors que du sang noir venait encore une fois tâcher ses mains. Damon s'approcha alors, l'aidant à se relever.

« Bonnie... » murmura Damon. « Viens, il faut qu'on retourne à la voiture, il fait trop froid ça pourrait être dangereux vu ton état. »

Elle tenta de se lever, les jambes tremblantes, et faillit s'effondrer avant que Damon ne la rattrape, la ramenant sans un mot jusqu'à la voiture. Il jeta un coup d'œil à son visage. Malgré ses efforts pour le dissimuler, le vampire remarqua le rictus de douleur qui déformait ses traits. Il ne put savoir s'il était dû à ce qu'il venait de se passer, ou à la souffrance

Ils retournèrent difficilement jusqu'à la voiture, chacun de leurs pas étant extrêmement lourds, luttant pour rester debout. Une fois de retour à l'intérieur, personne n'osa parler. Un sentiment de déjà-vu s'empara d'eux, de quelques minutes auparavant. Assis, seuls dans la voiture. Sauf que cette fois-ci, ils n'attendaient plus le retour de Stefan, car ils n'espéraient plus rien.

« Je l'ai tué. » souffla Bonnie, tout en sentant ses paupières s'alourdir. « Moi qui m'étais toujours cru du côté des gentils, la parfaite sorcière qui sauve tout le monde. » dit-elle d'une voix sombre

« Il n'y a plus de distinction entre les gentils et les méchants Bon-Bon. La seule qui existe est entre ceux qui protègent les autres, et ceux qui se protègent. Ce soir, tu as voulu me sauver. »

Bonnie ne se retourna pas, continuant de regarder à travers sa fenêtre, mais le vampire put voir dans son reflet que cela lui arracha presque un mince sourire, alors que ses traits s'adoucissaient. Un petit silence s'installa entre eux, avant que l'aîné des frères Salvatore ne reprenne, gâchant le moment de sincérité qu'ils venaient d'avoir.

« Tu as même failli abandonner ta seule chance de survie, ce qui était au passage complètement stupide. On est censé se détester Bon-Bon, tu compromets notre couverture à te sacrifier pour moi de cette façon. » se moqua Damon, cherchant quelque chose de la poche de sa veste

Il en ressortit la pierre d'un blanc immaculé, la faisant tourner entre ses doigts. Bonnie lui lança un regard consterné, se retournant sur son siège pour lui faire complètement face, avant de tenter de lui hurler après, malgré sa voix cassée. « Tu l'avais depuis le début ?! Pourquoi ne lui as-tu pas donné, si elle l'avait eut, je ne l'aurais pas tué ! » s'énerva-t-elle, ne pouvant malheureusement pas lui asséner de coup de poing sur l'épaule vu sa force actuelle.

« Quoi ? Je préfère te sauver toi, plutôt que la vieille folle qui me menace ? C'est vraiment surprenant, tu as raison. » s'exclama-t-il, prenant une expression stupéfaite exagérée

« Justement, elle aurait pu te tuer, tu aurais dû la lui donner. » insista la sorcière, ne voulant pas le laisser s'en tirer avec son maudit sarcasme

« Apparemment, tu n'es plus la seule à faire passer la vie des autres avant la tienne. » souffla-t-il d'un ton las, concluant la dispute

La brune voulut rétorquer quelque chose, mais ne trouva rien à répondre. Après tout, elle n'avait aucune réelle raison de s'énerver après lui, il lui avait sauvé la vie. Elle détourna le regard du vampire, qui était encore en train de manipuler la roche, et s'humecta les lèvres, plongée dans ses pensées, avant d'ouvrir à nouveau la bouche pour le remercier. Malheureusement, aucun son ne sortit de sa bouche. Bonnie fut soudainement prise d'une quinte de toux, et ne tarda pas à tâcher ses mains de sang. Elle se pencha en avant, fermant les yeux. Elle sentait ses poumons s'enflammer à chaque fois qu'elle toussait, et avait du mal à reprendre sa respiration.

« Bonnie, ça va ? » s'inquiéta Damon, remarquant que c'était pire que d'habitude

La brune hocha vivement la tête, et ouvrit à nouveau les yeux. Sa vision était floue, et elle cligna plusieurs fois des yeux pour s'ajuster, mais ne distinguait que le noir qui recouvrait les paumes de ses mains, ainsi que les bords de ses manches. Sa toux ne s'arrêta pas, et ses yeux s'humidifièrent, alors qu'elle se remettait dans sa position initiale, une main plaquée contre ses lèvres.

Damon la fixa encore quelques secondes, une expression indéchiffrable sur le visage, et lâcha un soupir. Doucement, il prit la main libre de la brune, et il déplia doucement ses doigts, avant de déposer la pierre contre sa peau. Il referma ensuite sa main, tout en gardant les siennes autour. Il put sentir l'emprise de Bonnie se resserrer sur la roche, et contracta sa mâchoire. Il n'en pouvait plus. Il ne voulait plus la voir dans cet état. Ça faisait déjà bien trop longtemps qu'elle se rattachait à la vie comme ça. Il voulait l'aider, il avait besoin de l'aider, mais il savait tout autant qu'elle qu'il n'y avait plus rien à faire. Ils n'espéraient plus rien, et il ne pouvait que la regarder mourir.