Voici le deuxième chapitre. Celui-ci est de moi.
Bonne lecture!
En ce jeudi matin Castle était dans son bureau, une tasse de café à la main. Il regardait le tableau blanc qui trônait au centre de la pièce. On lui avait livré la veille, durant l'absence de Beckett. Et, lorsque cette dernière l'avait vu, son partenaire lui avait expliqué que, tant qu'à mener leur propre enquête en parallèle, autant avoir le bon matériel.
Son regard se porta sur les dossiers posés sur son bureau. Une copie de l'affaire fournie par son avocat. Kurt n'avait demandé aucune explication mais, lui avait fait comprendre à mots couverts de ne pas faire d'idiotie. Castle l'avait remercié tout en le rassurant.
Il avait passé la journée du mercredi avec sa famille mais aujourd'hui, une semaine jour pour jour après la découverte du corps de Gerald Grant, il était temps de commencer le combat. Surtout après ce que sa muse lui avait raconté une fois les siens couchés. La venue de Shaw au commissariat ne lui plaisait pas non plus. Cela ne présageait rien de bon à son avis, plutôt plus d'ennuis que de solutions. Malgré tout le tableau était resté vierge, ils attendaient les gars pour le remplir. Espérant des nouvelles «officieuses» glanées par les deux détectives.
Il sourit à Kate lorsqu'elle vint le rejoindre dans la pièce. Sa présence et surtout sa confiance lui faisaient le plus grand bien et l'aider à «tenir». Ils étaient seuls, Rick malgré ses craintes pour la sécurité de sa fille, l'avait toutefois convaincue de passer la journée avec son amie. Comme elles avaient prévu de le faire de longue date. Quant à Martha, elle devait passer une audition et ne reviendrait que pour le déjeuner.
- Prêt à vous battre ?
- Plus que jamais, je… la sonnette retentit, voilà les renforts justement.
Castle alla ouvrir à ses amis, il eut à peine le temps d'ouvrir la porte qui reçut accolades et tapes amicales sur les épaules et dans le dos. La «chaleur» de cette accueille émut l'écrivain qui cacha difficilement son trouble. Il se retourna vers eux après avoir refermé la porte. Il nota leurs regards scrutateurs, leurs sourires amusés et les sourcils arqués levés d'un air interrogatif.
L'écrivain se demanda soudain s'il n'avait pas quelque chose d'étrange sur le visage. Style moustache de sucre glace, il avait mangé des gaufres ou pire, une verrue sur le nez. Il fronça à son tour les sourcils et questionna.
- J'ai un truc qui a changé ?
- Non, justement ! Répondit Ryan du tac o tac sur un ton faussement déçu.
- T'as pas assuré sur ce coup mec ! Ajoute Esposito, s'amusant de l'incompréhension de leur ami.
- Non mais c'est vrai ! Regarde tes bras !
Machinalement Rick s'exécuta, portant un tee-shirt, il avait ces derniers découverts. Il les examina l'un après l'autre et se rendit compte que sa réaction amusait encore plus les deux comparses. Il aperçut Kate qui les avait rejoints et qui paraissait trouver la situation tout aussi amusante. Bien qu'elle fasse un effort pour ne par rire, il voyait ses yeux la trahir.
- Décidément ! Il est long à comprendre !
- Ouais, tu crois que c'est le coup à la tête ?
- Peut-être Espo. Navrant, j'te jure de voir ça ! Il avait de plus de mal à garder son sérieux et les mimiques de Javier d'arrangeaient rien.
- Non franchement Rick ! T'as même pas un petit tatouage ? Décevant, il secoue la tête d'un air navré, tu parles d'un dur à cuir !
Les deux acolytes fixèrent l'écrivain et éclatèrent de rire, suivis par Beckett. Pour une fois c'est Rick qui leva les yeux au ciel.
- Bravo les gars ! Très drôles ! Il fit mine d'être vexé.
Toutefois cette petite plaisanterie eut pour conséquence de détendre l'atmosphère et de les mettre à l'aise. Riant tout autant qu'eux, il les invita à le suivre dans la cuisine.
- Café ?
- Oui, merci.
- Comment tu vas ?
La question était direct et tout en donnant sa tasse à Esposito.
- Ça va, du moins physiquement, pour le reste….
- On va te sortir de là ! Tu peux compter sur nous ! répliqua l'hispanique en levant sa tasse.
- Il a raison, on va coincer le vrai coupable ! Paroles d'irlandais !
- Merci. C'est tout ce qu'il fut capable de dire.
- Puisque vous avez l'air motivés, au boulot ! Intervint Kate.
Une demi-heure plus tard, tous les quatre observaient le tableau. Leur «outil» de travail était à présent recouvert d'informations. Il y avait trois colonnes distinctes, une « Tyson » en tant qu'instigateur potentiel et un mobile évident, la vengeance. Une «Castle» en tant que suspect présumé et en dessous de sa photo, la liste des preuves retenues contre lui. Une «Grant» la victime, avec tous les renseignements qu'ils avaient sur lui. Sous sa photo, un énorme point d'interrogation suivi de raisons hypothétiques pour son meurtre. «Héritage» «vieille affaire» «témoin gênant» «vengeance» et tout en bas Ryan avait noté «quel lien avec Castle ?»
Les gars n'avaient pas vraiment compris pourquoi Beckett leur avait demandé d'apporté le vieux dossier de Tyson. Une fois que Castle leurs eut raconté ses mésaventures carcérales, et fait part de ses soupçons, ils admirent qu'effectivement cela faisait du 3xK un coupable idéal. Du fait de son implication dans «l'affaire du motel» Ryan se sentit tout à coup beaucoup plus «concerné», il avait une raison personnelle d'avoir ce psychopathe.
Rick ayant fait une photocopie des éléments les plus importants, tous avaient un dossier dans les mains. Comme pour n'importe quelle enquête, c'est Beckett qui prit la parole la première, feutre en main, pour noter toutes idées ou informations supplémentaires au tableau.
- Très bien, commençons par la victime, apparemment ce Mr Grant n'est apparu qu'il y a cinq ans, en 2007. En mars 2008 il a été engagé dans la société Mulder&Co, il a 62 ans et a une petite fortune s'élevant à dix millions de dollars.
- Un des mobiles qui m'aurait conduit à l'assassiner d'après le procureur, car l'avocat de ce Grant a dit que je suis le bénéficiaire de sa fortune en cas de décès. Coupa Castle, c'est Karpowski qui a interrogé Maître Edwards d'après ce qu'il lui a dit. Il prit une des feuilles de son dossier et lut. « Gerald est venu me trouver il y a trois mois et m'a fait changer le nom de son bénéficiaire. Il m'a dit qu'il lui arrivait une chose merveilleuse ». Il s'arrête et lève la tête vers Beckett. Rappelez-vous, Mulder nous a dit que depuis quatre mois Grant semblait plus heureux…
- Ça coïncide donc avec ce changement, conclut Kate en le notant. Ses collègues pensaient à une femme dans sa vie de célibataire solitaire.
- Je peux vous dire, pour avoir vu son appartement qu'il n'y avait pas de trace d'une présence féminine. Par contre, l'hispanique semblait gêné.
- Vas-y Espo, dit-nous comment tu as trouvé les photos. T'inquiètes pas, ça va aller. Le rassura Castle.
- Ok, c'est la première chose que j'ai vu en fait. Elles m'ont carrément sauté aux yeux. il y en avait une demi-douzaine posée sur les meubles et étagères. Dont trois prises dans ce fameux bar le « The Blue Trumpet »
- Ah, je l'ai, lança Ryan, le patron est venu faire sa déposition. D'après ce qu'il a dit, Grant était un habitué. Il lui arrivait de venir en compagnie d'un collègue, plus rarement de plusieurs. Mais, depuis un peu plus de trois mois, il venait souvent avec, je site «vous savez, cet écrivain célèbre qui bosse avec la super flic, Nikki Heat, Cassel, Castel…non, Castle, oui c'est ça Richard Castle »
- Le seul problème est que je n'ai jamais foutu les pieds dans ce bar. Tout comme pour la vidéo, je n'étais pas dans cette rue ! J'étais dans cette pièce, devant mon ordi, à écrire ! Il avait hurlé plus par frustration que par colère.
- On te croit, Javier lui posa une main apaisante sur l'épaule, la seule explication est que ce fumier a très certainement déniché un sosie, et avec un bon maquillage le tour était joué. Richard Castle pouvait être à deux endroits différents au même moment.
- Merci…Tu aurais fait un bon avocat, c'est ce qu'a suggéré Kurt. Il va demander une expertise faciale de la vidéo et des photographies. Pour les faire comparer à mon visage, un scientifique doit me prendre en photo.
- Comme Angela dans Bones ! S'exclama Ryan. Vous savez quand elle refait un visage avec des points bien précis.
- Tout à fait, c'est ça.
- Ok les garçons, on parlera séries télévisées plus tard. La vidéo et les photos sont les principales preuves à charges. Donc votre avocat a certainement trouvé une parade. Il faut donc attendre, et contrairement aux séries un tel examen ne se fait pas en 20 minutes. Il y a quoi comme autres preuves ?
- La corde à piano, qui est l'arme du crime, ça c'est confirmé. Mais aucune trace d'ADN dessus, à part celui de la victime. Et le sweat « New York » à capuche, retrouvé couvert de sang. Lui est toujours en cours d'analyse….
La porte d'entrée s'ouvrit et la voix de Martha retentit dans l'appartement. Elle avait l'air plutôt enjoué. Elle appela son fils et fit une entrée à la « Martha » dans le bureau. Tous eurent un sourire amusé en la voyant agir. Son fils s'avança vers elle, mains tendues, elle les attrapa aussitôt.
- Mère quelque chose me dit que vous avez eux le rôle.
- Oui, c'est fantastique, je suis ravie. En plus je vais pouvoir à la fois donner mes cours et travailler les répétitions. Et vous ? Comment ça ce passe ?
- Pour l'instant on a revu tout le dossier, il s'écarte pour que sa mère puisse voir le tableau.
- Oh mon Dieu, Richard ! Elle porte une main tremblante à son front.
- Ça va aller Mère, venez, asseyez-vous. Ce n'est pas si grave de voir ma photo affichée.
- Non, ce n'est pas ce que tu crois. Martha est de plus en plus troublée.
- Je suis un imbécile, je n'aurais pas dû vous infliger ça. Il vit les larmes dans les yeux de sa mère et cela l'inquiéta. Mère ?
- Ces… ces deux hommes sur les autres photos. Elle eut un hoquet et sembla sur le point de s'évanouir. Je les connais…
- Quoi ? !
Castle, Beckett et les gars étaient totalement interloqués par ce que venait de dire la mère de Rick. Ils regardèrent dans un ensemble parfait, qui aurait pu prêter à sourire dans d'autres circonstances, les photos de Tyson et de Grant puis le visage bouleversé de Martha. L'actrice ne jouait plus, elle était réellement troublée. Kate allait poser LA question à laquelle tout le monde pensait « comment ? » lorsque le téléphone de Rick émit les premières notes de la « Chevauchée des Walkyrie ».
- L'écrivain s'éloigna avec un air contrarié sur le visage.
- C'est mon avocat, je dois répondre, vous voulez….
- Je m'occupe de votre mère, ne vous inquiétez pas.
- Merci, il appuya sur le bouton « accepter » Bonjour Kurt.
Kate s'apprêtait à questionner Martha qui se reprenait un peu lorsqu'un autre « Quoi ? » fut de nouveau crié par la même personne en moins de cinq minutes. Toutes les têtes se tournèrent vers Castle. L'écrivain était littéralement effondré dans son fauteuil en cuir. Il ne prononçait que des monosyllabes « quand ? » « Comment ? » « Où ? ». Mais le plus impressionnant était son teint livide et le tremblement de sa main. Il coupa la communication et balança son portable sur son bureau.
Ensuite tout se passa très vite, ils le virent porter sa main à sa poitrine, tout en essayant de reprendre son souffle. Il donnait le sentiment de ne plus pouvoir respirer, sa respiration se fit bruyante. Kate se précipita, s'agenouillant devant lui, il lui prit la main, sa paume était moite et, tenta de capter son regard. Elle voyait les gouttes de sueur perler sur son front et ses tempes. Il frissonnait, elle lui parla mais il semblait ailleurs. La jeune femme se rendit compte très vite qu'il ne s'agissait pas d'une alerte cardiaque mais plutôt d'une crise d'angoisse, certainement causée par ce que venait de lui dire son avocat.
Martha, soutenue par Ryan, s'était rapprochée. Ainsi que Javier qui s'apprêtait de toute évidence à appeler une ambulance. Mais Beckett lui fit signe de ne rien faire, Castle se reprenant petit à petit. Mais au lieu de répondre à Kate, il se redressa et plongea son regard dans celui de sa mère. Martha se contenta de faire un petit signe de tête à la question muette de son fils. Les trois détectives les regarder sans rien comprendre à cet échange visuel. Alors la jeune femme resserra son étreinte sur la main de Castle et insista une fois de plus.
- Rick, que se passe-t-il ? Qu'a donc dit l'avocat ?
Ce fut au prix d'un effort presque surhumain, que son partenaire porta son regard sur elle et répondit d'une voix tremblante.
- On avait raison, Shaw était là car Grant était un témoin protégé. Son véritable nom est Richard Newman et c'est…il jette un coup d'œil furtif à sa mère…mon père. Lâcha-t-il dans un souffle.
L'annonce fit l'effet d'une bombe parmi ses amis, qui n'eurent pas besoin de demander l'avis de Martha, ses larmes de douleur parlant pour elle.
une petite review?
