Bon vendredi tout le monde ! : ) Je profite de ce début de week-end pour vous poster le nouveau chapitre de cette fic ! Il est écrit depuis quelques jours déjà, mais j'ai attendu d'avoir débuté l'autre chapitre avant de vous le poster. Comme annoncer la dernière fois, c'est une conversation entre Percy et Annabeth… qui ne se passera sûrement pas comme vous l'aviez pensé ! lol J'espère que je vais réussir à vous surprendre ! Il s'agit de Percy et d'Annabeth quand même ! Alors ça ne peut pas être facile !
Je n'en dis pas plus et vous laisse à votre lecture !
On se retrouve en bas !
CHAPITRE 10
Même si je vivais à la Colonie depuis plusieurs semaines, je n'étais jamais venu à la plage avant ce jour. M'approcher de l'océan était dangereux pour moi… je ne pouvais pas toucher à l'eau et je savais que la tentation de le faire serait trop grande si je m'en approchais. Mais aujourd'hui mon attention ne se portait pas sur l'océan, elle était entièrement dirigée vers la fille qui me tournait le dos. Annabeth était assise sur le sable, les jambes repliées vers elle, la tête appuyée sur ses genoux.
Maintenant que j'étais là, je ne savais plus pourquoi j'étais venu. Qu'est-ce qui m'avait semblé si important ? De quoi voulais-je lui parler ? Le mieux était de retourner sur mes pas et d'oublier tout ça. C'était complètement idiot. Encore une fois, j'avais agi sans réfléchir, sous le coup d'une impulsion. Je reculai d'un pas et même si j'eus l'impression d'être silencieux, Annabeth tourna la tête dans ma direction.
Grillé.
-Heu… désolé. Je vais m'en aller. Tu as l'air de… de vouloir être seule…
-Non. Reste. Je voulais justement te parler.
-Vraiment ?
Je déglutis difficilement, mais allai m'assoir à côté d'elle. Les jambes étendues devant moi, appuyé sur mes avant-bras, j'observais l'océan, essayant de me concentrer sur l'odeur salé qui flottait dans l'air ou sur le bruit des vagues. Sur n'importe quoi plutôt que sur la fille assise à côté de moi.
-Est-ce que je pourrais voir ton épée ?
Je me tournai vers Annabeth, surpris. Et un peu méfiant aussi, je dois l'avouer.
-Heu… pourquoi ?
Elle leva les yeux au ciel avec un soupir frustré.
-Parce que j'ai cru y voir une inscription tout à l'heure et j'aimerais savoir ce que c'est… allez, ne fais pas l'idiot ! Je ne vais pas te la voler !
Je sortis lentement mon stylo-bille de ma poche et je lui tendis. Annabeth s'en empara, mais plutôt que de la transformer en arme, elle glissa le crayon dans sa propre poche.
-Hey !
Je me penchai vers elle pour récupérer mon bien, mais Annabeth sortit son poignard et le pointa vers moi, son visage tordu par la fureur. Heu… qu'est-ce qui se passait, là, tout de suite ? Je n'étais pas certain de comprendre.
-Qu'est-ce qui te prend ?
-Maintenant que tu es armé et moi pas, nous pouvons parler.
-Quoi ?
-Je veux comprendre… je veux savoir toute la vérité… si tu as la plus petite considération pour moi… tu dois me dire…
Annabeth semblait bouleversée. Je ne l'avais jamais vu chercher ses mots ainsi, des larmes dans les yeux. Elle voulait que je lui dise la vérité. Mon estomac fit de drôles de bonds périlleux dans mon ventre.
-S'il-te-plaît Percy. J'ai besoin de savoir.
J'avais l'impression que dès le moment où j'ouvrirais la bouche, je vomirais, mais je dis tout de même :
-La vérité, c'est que je ne sais pas quoi te dire ! Je ne sais pas si… si ce que Piper m'a dit est vrai… je ne sais pas ce qui se passe… hum… entre nous. La seule chose… la seule chose dont je suis sûr, c'est que tu me rends dingue, tu vois ?
Non. Ce n'était pas ce que je voulais dire. Pourquoi était-ce si difficile de lui parler ? Je passai une main nerveuse dans mes cheveux.
-Pas dingue dans le sens que tu m'agaces… enfin oui. C'est le cas. Tu es la fille la plus agaçante que j'ai jamais rencontrée. Mais… malgré ça… j'ai… je… j'aime être avec toi. Et ça, ça me rend dingue.
Je restai silencieux, tapant du pied sur le sable, le regard fixé sur l'horizon. J'attendais qu'Annabeth se décide à dire quelque chose, mais elle restait obstinément silencieuse. Alors je pris le risque de lui jeter un petit coup d'œil. Elle me fixait, la bouche ouverte, les sourcils froncés. Je me sentis encore plus mal à l'aise que je ne l'étais déjà.
-Ok. Je crois que je devrais vraiment y aller maintenant, dis-je à défaut de trouver quelque chose d'intelligent à lui dire.
Annabeth mit une main sur mon bras pour me retenir, m'empêchant de fuir comme j'avais envie de le faire.
-Pourquoi est-ce que tu me dis ça ? C'est une façon de gagner ma confiance ? Tu crois qu'en mentant, qu'en jouant le gars qui est attiré par moi, je ne te poserai plus de questions ?
-Hein ?
Elle poussa un grognement furieux.
-Arrête de jouer les idiots ! Ça ne marche plus avec moi ! Réponds à mes questions !
-Je ne joue pas ! Et je dois être vraiment idiot parce que je ne comprends rien !
Je donnai un coup de pied dans le sable, totalement inutile, mais ça me fit du bien. Annabeth allait me rendre complètement fou !
-Tu me voles mon arme, puis tu me demandes de te dire la vérité sur ce que je… je ressens, mais quand je réponds, tu m'accuses de mentir pour gagner ta confiance ! Tu es en plein délire et je n'ai pas envie de me trouver mêler à ça !
Je me levai, furieux, et m'éloignai à grands pas.
-Je veux que tu me dises la vérité sur toi ! cria Annabeth derrière mon dos. Qui es-tu ?
La surprise me fit arrêter. J'hésitai un instant, mais je décidai finalement de revenir vers elle. Je me plantai en face d'Annabeth qui croisa les bras sur sa poitrine. Pour la première fois depuis que je l'avais rencontré, je lui trouvai l'air fragile et brisée. Et j'avais envie de la prendre dans mes bras pour la consoler.
-Tu sais qui je suis : Percy Jackson. J'ai 16 ans. Je vis à New-York avec ma mère. Et il semblerait que je sois un demi-dieu.
Elle secoua la tête, comme si elle n'arrivait pas à me croire. Qu'est-ce qui avait changé depuis ce matin pour que soudain, elle se méfie de moi, qu'elle me prenne pour un imposteur ?
-Non. Il y a plus que ça…
-Très bien, alors dis-moi qui je suis, puisque tu sembles en savoir plus que moi, Puits de sagesse !
-Je crois que… que tu es un espion. Peut-être pour Poséidon, ce que je pourrais accepter. Mais le plus probable, c'est que tu aies renié ce que tu es pour t'en aller… de l'autre côté.
Je fronçai les sourcils, perplexe. Je ne comprenais toujours rien et je commençais à avoir mal à la tête.
-L'autre côté ? Quel autre côté ? Celui d'Hadès ? Tu as vu comme moi qu'il voulait me tuer !
-Non. Hadès… ce ne serait pas si mal. Je te parle de l'autre camp… celui de la créature que Dame Artémis combat. D'après les rumeurs, certains sangs mêlés se sont rangés dans son camp.
-Tu ne m'as toujours pas dit de quelle créature il s'agit.
-Je… je ne peux pas, dit-elle en frissonnant. J'espère vraiment me tromper… parce que si j'ai raison… et s'il gagnait parce que les Dieux sont trop stupides pour admettre son retour… alors ce serait leurs fins. Et la nôtre aussi. Le monde tel que nous le connaissons n'existerait plus.
-Et tu crois que je suis un espion pour une telle créature ? Wow ! Merci du vote de confiance ! Est-ce que tu me trouves si horrible que ça ?
Et Piper qui disait que Boucle d'or était… qu'elle était… enfin vous avez compris ! Mon amie s'était lourdement trompée et moi je m'étais complètement ridiculisé. Heureusement, prise par notre conversation, Annabeth semblait avoir oublié mon petit monologue. J'espérais que ça resterait ainsi.
-Si tu ne l'es pas, alors dis-moi où tu as appris cette feinte… celle que tu as fait à la fin du combat!
-Quoi ? La feinte que… pourquoi est-ce que… ?
-Réponds et c'est tout !
Je poussai un grognement exaspéré, mais fermai les yeux pour mieux me concentrer. Peut-être que si je trouvais où j'avais appris cette feinte, je réussirais à convaincre Boucle d'or que je n'étais pas un espion. J'avais désarmé Annabeth avec le plat de mon épée. C'était une technique risquée, vraiment difficile, que je n'avais jamais tenté avant… Personne ne me l'avait apprise, j'en étais certain. Alors est-ce que je l'avais vu dans un film ? Non. C'était autre chose. J'avais bien vu quelqu'un l'exécuter : un jeune homme blond avec une longue balafre sur la joue… mais ce n'était pas dans un film.
-C'est ça ! m'écriai-je en ouvrant les yeux, heureux d'avoir trouvé. Je l'ai vu dans un de mes rêves !
-Un rêve ? répéta Annabeth, le visage livide.
Bon, dit à haute voix, ça semblait stupide. Je me demandais moi-même pourquoi je rêvais de ce garçon blond depuis mon arrivée à la colonie. Je ne le connaissais pas, il n'existait sûrement même pas, mais il revenait dans mes cauchemars presque chaque nuit.
-Ouais. Je fais des rêves… et ce gars y est souvent. La plupart du temps, il fuit ou il se cache. Il essaie d'échapper à la voix. Mais il y a deux nuits, j'ai rêvé qu'il se battait contre d'autres… et bien, je crois que c'était d'autres demi-dieux. Et il a utilisé cette feinte pour en désarmer un.
-Est-ce qu'il s'en est tiré vivant ? souffla Annabeth, une main sur son cœur.
-Heu… ouais. Il a gagné, mais… tu sais que ce n'est qu'un rêve, non ?
-Percy, les rêves des sangs-mêlés ne sont jamais que des rêves. Je pensais qu'on t'en avait parlé.
-Tu veux dire que ce garçon existe vraiment ?
Je ne savais pas pourquoi, mais cette idée ne me plaisait pas. Parce que si ce garçon existait… alors la voix qu'il fuyait, la même qui m'appelait dans mes rêves, était réelle elle aussi.
-Oui.
-Et tu le connais bien, déduisis-je.
Ouais, parfois j'ai des illuminations comme ça. Ça sembla surprendre Annabeth aussi qui hocha la tête.
-S'il s'agit bien de lui… mais c'est le seul sang-mêlé que j'ai rencontré qui maîtrisait cette feinte. C'était le meilleur épéiste des trois derniers siècles. Enfin, avant toi. C'était notre maître d'armes et… mon ami.
-Il est assez grand, blond, les yeux bleus. Et il a une cicatrice qui lui barre le visage.
-C'est lui. C'est Luke.
Annabeth ferma les yeux, une main toujours sur son cœur et tout son corps sembla se détendre, comme si je venais de lui retirer un poids énorme. Ça ne me plaisait pas que Boucle d'or accorde autant d'importance à ce gars alors qu'il était clairement passé du mauvais côté.
-Les autres disaient qu'il était mort… mais j'étais persuadée que non. Je savais qu'il était toujours en vie.
-Super ! Une autre personne qui vient s'ajouter à la longue liste de nos ennemis !
-Tu ne comprends pas, répliqua-t-elle en m'envoyant un regard assassin. Tu ne l'as pas connu. Moi si. Luke n'est pas un ennemi. S'il a changé de camp, c'est parce qu'il a été manipulé. Et… et tu viens de dire qu'il fuit… qu'il veut échapper à la voix. Ça veut dire qu'il regrette ce qu'il a fait. Et il est seul. Avec tous les Dieux qui lui en veulent… et les monstres qui sont à sa poursuite et… Di Immortals ! Il faut absolument que nous le retrouvions !
Puis elle tourna les talons et s'éloigna à grands pas, me laissant en plan sans même un regard en arrière.
-C'était sympa de discuter avec toi. Ouais, juste comme ça, je pars ce soir. Et j'aurais peut-être aimé que tu viennes avec moi…
Je fixai l'océan qui n'avait plus rien de calme. Les vagues montaient, de plus en plus haut, comme si une tempête s'approchait. Je sentais un drôle de tiraillement dans le bas de mon ventre et j'avais une envie irrésistible de plonger dans l'eau. J'avais cette intuition étrange, et idiote, que tout deviendrait clair si seulement je pouvais me laisser couler au fond de l'eau. Je me détournai et quittai la plage, m'éloignant de la tentation le plus rapidement possible. J'aurais aimé courir, mais je n'en avais pas la force. Je sentais mon énergie me quitter petit à petit; mes bras me semblaient lourds, mes jambes me portaient difficilement. La fatigue des combats que j'avais mené ne m'atteignait que maintenant.
J'arrivai enfin à mon bungalow et je me laissai tomber sur mon lit de camp. Il fallait que je prépare mes bagages pour notre départ… mais je devais me reposer avant. Juste quelques minutes. Je fermai les yeux, mais mon esprit refusait de prendre le repos dont il avait besoin. Je revoyais Boucle d'or quitter la plage aux pas de course. Je revoyais son visage lorsque je lui avais dit que ce garçon, Luke, était vivant. Et j'entendais de nouveau les mots de Piper. Amoureuse de moi. Et puis quoi encore ? Annabeth était amoureuse de Luke, même pour moi qui n'était pas une lumière, ça semblait évident.
Je me sentais mal à l'aise avec cette idée. Non. Ce n'était pas le bon mot. J'étais plus que mal à l'aise. J'étais… jaloux. Alors que je n'avais aucune raison de l'être. Je sortais avec Rachel. Rachel. Je devais me concentrer sur elle. J'étais juste un garçon idiot, et bourré d'hormones, qui se laissait tenter par une jolie fille. Mais tout ça était terminé maintenant. Je ne pouvais pas faire ça. Pas à Rachel. J'irais la voir, ainsi que ma mère, dès notre départ de la colonie. Oui, c'est tout ce dont j'avais besoin : la voir… lui parler… la serrer dans mes bras et tout redeviendrait comme avant. Mes conneries seraient choses du passé. Boucle d'or aussi.
Après cette résolution, ma colère retomba et étrangement, le tiraillement dans mon ventre disparut. Je me sentis un peu mieux. Toujours fatigué, mais j'étais presque certain que mes jambes pourraient me porter à nouveau. J'aurais dû aller à l'infirmerie après mon affrontement contre Annabeth. J'avais été blessé à quelques reprises et j'aurais sûrement eu besoin de prendre un peu de nectar ou d'ambroisie. D'ailleurs…
Je relevai mon chandail pour voir les dégâts, mais je n'avais rien. Aucune blessure, même pas une cicatrice. Je me rappelais parfaitement avoir reçu quelques coups pendant la bataille, mais ma peau était parfaitement lisse. Intrigué, je relevé mon short, là où la lame d'Annabeth l'avait déchiré : ma cuisse était elle aussi en parfait état. Je ne savais pas ce qui avait engendré cette étrange guérison, mais je n'allais pas m'en plaindre.
Doucement, je me relevai de mon lit. Mes bagages pouvaient attendre : j'avais besoin de me doucher et de me changer. Je me sentais sale et poisseux et mes vêtements n'avaient pas fier allure. Après, j'irais à l'infirmerie prendre quelque chose qui me donnerait des forces. Et si j'arrivais à piquer un ou deux paquets d'ambroisie, ce serait parfait. Nous en aurions peut-être besoin pendant notre fuite.
Je prenais mes effets personnels lorsqu'on cogna à la porte. Je n'avais pas envie de voir personne, mais c'était sûrement l'un de mes amis alors je criai tout de même :
-Ouais. Je suis là.
La porte s'ouvrit et des pas légers marchèrent sur le sol de marbre.
-Qu'est-ce qu'il y a Pip'? demandai-je sans me retourner. Léo a changé d'avis ? Son plan génial a foiré ?
Elle ne répondit pas, ce que je trouvais vraiment bizarre alors je jetai un coup d'œil par-dessus mon épaule. Annabeth se tenait tout près de moi, attendant patiemment (quoiqu'elle tapait quand même du pied sur le sol) que je lui accorde mon attention.
-Heu… kestufaislà ?
-Chiron est persuadé que tu es honnête et que tu ne savais pas qui tu étais avant que je ne débarque à ton école.
-Ah bon.
-Il a réussi à me convaincre.
-Heu… ok. Tant mieux.
Qu'est-ce que je pouvais répondre à ça ? Je ne savais même pas si j'étais soulagé qu'elle me croit ou furieux que Chiron ait eu besoin de la convaincre. Alors je fis ce que je savais faire de mieux : je pris mes effets et je me dirigeai vers la porte.
-Attends ! Percy ! Où vas-tu ?
-Je vais prendre une douche. À plus.
Je sortis du bungalow, marchant d'un pas trop lent, beaucoup trop lent vers les douches des garçons. Je n'avais aucune chance de semer Annabeth qui me suivait : j'étais encore trop faible. Maudit sois les Dieux !
-Ça peut attendre quelques minutes, non ?
-Non.
Annabeth se figea et je crus pendant quelques secondes qu'elle allait me laisser tranquille. Mais Boucle d'or était une fille têtue : elle vint se planter devant moi, me bloquant le chemin.
-Je suis désolée de t'avoir soupçonnée. Voilà. Je l'ai dit. Tu es content maintenant ? Tu peux arrêter de bouder ?
-Je boude pas, grommelai-je, en la contournant pour reprendre ma route.
-Si. C'est exactement ce que tu fais. Mais ça ne m'étonne pas : tu agis toujours comme un enfant!
-Ouais, ben je t'ai pas demandé de me suivre ! Alors si t'es pas contente, tu sais ce qu'il te reste à faire !
J'entrai dans le bâtiment des douches en claquant la porte, mais bien sûr, cela n'arrêta pas Annabeth qui me suivit à l'intérieur. Un gars des Appolon, Will quelque chose, était là, à un des urinoirs. Boucle d'or poussa un petit cri de surprise et lui tourna le dos, le visage rouge. Will nous jeta un regard incrédule, mais il ne dit rien. J'attendis qu'il termine ce qu'il avait à faire, les mains appuyée sur un lavabo pour ne pas m'écrouler. Will ficha le camp sans demander son reste.
Super. Bientôt, toute la colonie apprendrait qu'Annabeth Chase avait suivi Percy Jackson dans la salle de bain des garçons. Au point où j'en étais, je m'en fichais un peu.
-Voilà. Maintenant, tout le monde va croire qu'on est ensemble, lâchai-je tout de même, juste pour voir la réaction de Boucle d'or.
Les yeux gris d'Annabeth s'accrochèrent aux miens.
-Est-ce que ça te dérange ? me demanda-t-elle d'une voix trop timide, trop douce, tellement peu… Annabeth.
Mon cœur fit des sauts périlleux dans ma poitrine et j'haussai les épaules, incapable de répondre. Ouais, un stupide garçon qui se laissait tenter par une jolie fille. Mais je ne voulais pas être ce garçon alors j'entrai dans une cabine de douche sans lui accorder plus d'attention. J'avais marché bien droit et le plus rapidement possible, mais dès que je refermai derrière moi, je me laissai tomber dos à la porte, les jambes tremblantes. L'altercation avec Boucle d'or m'avait pris ce qui me restait de force. J'allais m'écrouler d'un moment à l'autre, mais je devais tenir le coup au moins jusqu'à ce qu'elle parte. Je la connaissais assez pour savoir que si je la mettais suffisamment en colère, elle finirait par partir en me maudissant.
-Jackson ! Tu es vraiment qu'un… qu'un idiot !
-Tu me l'as déjà dit, grognai-je en essayant d'avoir l'air furieux.
Mais même ça me demandait trop d'énergie.
-Un idiot arrogant et immature ! Je voulais juste te parler ! Je voulais savoir si… si ce que tu as dit… mais ça n'a plus d'importance! Je ne peux pas croire que j'ai failli… en fait, c'est moi qui aie été idiote !
-Ça, c'est la première fois que tu le dis, répliquai-je avec l'impression d'avoir la bouche pâteuse.
Annabeth poussa un cri de rage, puis elle jura en grec ancien, disant quelque chose qui voulait dire : va aux corbeaux. Ce qui était sûrement une insulte pire qu'il n'y paraissait. Elle donna un violent coup de poing dans la porte, puis elle s'éloigna. Mes jambes cédèrent et je m'écroulai à genoux, ma tête cognant contre le mur. Je vis des points noirs et je dus perdre conscience quelques instants, parce que lorsque j'ouvris les yeux Boucle d'or était penchée au-dessus de moi, l'air inquiet.
-Oh ! Percy ! Au nom d'Athéna, est-ce que tu vas bien ?
-Heu… je crois.
J'essayai de me redresser, mais je dus me rendre à l'évidence : dès que je levais la tête, j'étais pris de nausée et le monde se mettait à tourner. Annabeth posa ses mains sur mes épaules et m'obligea à rester étendu, la tête couchée sur ses genoux.
-Attends. Tu n'es pas prêt à te lever ! Ta tête a cogné sur le ciment lorsque tu es tombé ! Il faut que j'aille chercher de l'aide ! Il faut qu'on t'amène à l'infirmerie !
-Non. Non… pas là-bas.
Chiron voudrait me garder pour la nuit et je ne pouvais pas me le permettre. Je n'arriverais pas à m'échapper sous ses yeux attentifs.
-Percy, tu as perdu conscience ! Sans aucune raison !
-C'est juste… de la fatigue. À cause de notre combat… j'ai besoin de repos… et peut-être d'un peu d'ambroisie. C'est tout.
-Tu n'en as pas pris après le combat ?
Je secouai la tête et Annabeth me fit un regard désapprobateur, clairement exaspérée.
-Tu es désespérant Percy ! Claire et moi t'avons blessé à plusieurs endroits ! Si tu n'as rien pris pour te soigner… tu as perdu du sang… et avec l'énergie dépenser en plus : pas étonnant que tu sois tombé !
Elle sortit un petit sac de sa poche et me le tendit. De l'ambroisie. Je m'en emparai avidement et croquai une grosse bouchée. Ça avait le goût des biscuits aux pépites de chocolat bleus de ma mère. Et c'était une dose d'énergie à l'état pur. Je me sentis aussitôt assez bien pour me redresser.
-Merci. Mais je n'ai pas été blessé. Enfin… si, mais j'ai guéri tout seul.
-Aussi rapidement ? Non. Impossible.
Pourquoi ne me croyait-elle jamais ? Je levai les yeux au ciel et pour lui prouver mes propos, je relevai mon chandail. Les yeux d'Annabeth s'agrandirent de surprise et elle posa la main sur mon torse, là où il y aurait dû avoir une coupure, une égratignure… enfin, quelque chose. Elle caressa du bout des doigts ma peau lisse. Je posai ma main sur la sienne pour arrêter son geste. J'avais le souffle court et la tête qui tournait, mais ça n'avait plus rien à voir avec la fatigue du combat.
-C'est impossible.
Elle me fixa, longtemps, sa petite main toujours posée sur ma peau nue. Je savais que je devais lui dire de partir, je devais me tirer de cette situation… mais je gardais le silence. Ma bouche se rebellait : elle refusait de m'obéir. Mais Annabeth s'éloigna elle-même de moi : elle recula hors de la cabine de douche et elle ferma les yeux.
-Laisse-moi réfléchir… il faut que je réfléchisse…
J'ignorais à quoi elle voulait réfléchir : moi, je ne pouvais penser qu'à la sensation de brûlure là où sa main m'avait touché. Mais je lui obéis et gardai le silence, curieux de voir ce qu'elle allait dire.
-L'océan se déchaînait lorsque je suis sortie de la Grande maison, dit-elle au bout d'un moment.
Je restai si surpris que je mis un certain temps à lui répondre.
-Je sais : ça avait déjà commencé lorsque je suis parti.
-Alors qu'il n'y avait aucun signe annonciateur et que le ciel restait parfaitement bleu… et ça s'est arrêté tout d'un coup. Ce n'était pas normal, continua Annabeth, comme si je n'avais rien dit.
-Peut-être que Poséidon était furieux ? proposai-je. Et que la mer s'est calmé lorsqu'il a retrouvé le contrôle ?
-Ou peut-être que ce n'est pas Poséidon qui était furieux… Nous allions gagner tout à l'heure. Claire et moi allions gagner : je le sentais. Puis on a fait une pause et… et maintenant, tu es guéri…
-Heu… ouaiiiis ?
Quel était le lien dans tout ça ? Si ça semblait clair pour Boucle d'or, ça ne l'était vraiment pas pour moi ! Ce n'était pas moi le puits de sagesse !
-Comment tu te sens maintenant ? me demanda soudain Annabeth en revenant près de moi.
-Je crois que je peux me lever.
J'essayai aussitôt, mais j'étais moins bien remis que je ne le croyais et j'eus besoin de son aide pour tenir sur mes jambes. Je poussai un juron.
-J'aurais besoin de plus d'ambroisie !
-Ça va aller, me réconforta Annabeth. Tu en as eu assez : laisse-lui le temps d'agir. Tu es seulement épuisé.
Elle plaça un bras sous moi pour me soutenir, mais plutôt que de m'entraîner hors de la douche, elle referma la porte sur nous. Nous étions seuls… et à l'étroit… Seul avec Annabeth…
-Qu'est-ce que tu fais ? demandai-je d'une voix rauque.
-Fais-moi confiance. Tu vas te sentir mieux.
Elle ouvrit l'eau et nous plaça en-dessous du jet. Je fermai les yeux, profitant de l'eau qui coulait sur mon corps. C'était aussi réparateur que l'ambroisie : une dose d'énergie qui entrait dans mon corps. Bientôt, je n'eus plus besoin du soutien d'Annabeth pour tenir droit. Elle dut le sentir parce qu'elle redressa la tête pour fixer son regard dans le mien. Sa main se posa sur ma joue, puis remonta jusqu'à mes cheveux mouillés qui tombaient sur mes yeux. Elle y passa les doigts, les repoussant vers l'arrière.
-Tu as repris des couleurs, dit-elle avec un sourire.
-Tu avais raison : je me sens mieux.
-J'ai toujours raison, Cervelle d'algues.
-Cervelle d'algues ? répétai-je avec un petit rire.
-C'est ton nouveau surnom.
Je grimaçai et ça la fit rire à son tour.
-Je le déteste !
-Parfait ! Alors je l'adopte officiellement !
Je levai les yeux au ciel.
-Ça t'amuse, hein ? De me contredire sans cesse ?
-Comme ça t'amuse de me mettre en colère !
Je lui souris, ne pouvant rien opposer à ça. J'aimais la mettre en colère… j'aimais l'étincelle qui s'allumait dans son regard… et la rougeur de son visage…
Je baissai la tête et appuyai mon front contre le sien. Sa main qui était toujours dans mes cheveux descendit sur ma nuque pour me retenir tout contre elle. Je posai mes mains sur sa taille, mes doigts serrant un peu trop fort ses hanches alors que je la rapprochais de moi.
-Percy, murmura Annabeth.
Son regard intense me donnait l'impression qu'elle essayait de lire en moi.
-Tu as dit tout à l'heure que je te rendais dingue…
-Oui, soufflai-je avec difficulté.
J'étais en apnée, je n'arrivais plus à respirer correctement et mon cœur s'amusait à faire des jumping jack dans ma poitrine.
-Est-ce que c'est le cas présentement ?
Je fermai les yeux pour rompre le contact visuel, trop intense, entre nous.
-Ouais. Plus que tu l'imagines.
Annabeth se leva sur la pointe des pieds et elle déposa un baiser sur ma joue. Pui elle s'éloigna de moi et sortit de la cabine de douche. Je mis un moment à reprendre suffisamment mes esprits pour me lancer à ses trousses.
-Annabeth ! Attends !
Elle s'arrêta à l'entrée et jeta un coup d'œil par-dessus son épaule.
-Ne dis à personne ce qui s'est passé Percy, d'accord ? Je veux dire : tout ce qui s'est passé. Pas juste… entre nous… mais aussi, ton accès de faiblesse. Je dois… je dois réfléchir à tout ça. Trouver un plan.
-Heu… d'accord, mais…
-On pourrait se reparler demain. Je te retrouve ici après les tours de douches des bungalows, disons à 13 heures ? Et essaie qu'il n'y est personne d'autres que nous cette fois !
Elle referma la porte sans attendre ma réponse, ne me laissant pas vraiment le choix. Je me demandais à quoi elle avait besoin de réfléchir… et pourquoi elle devait trouver un plan… puis cela me frappa de plein fouet. Elle m'avait donné rendez-vous demain à 13 heures, mais je ne pourrais pas être là.
Demain à cette heure, je serais déjà loin
C'est ici que ça se termine pour aujourd'hui ! Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais même si ce chapitre est centré sur la relation de nos deux héros, il s'y dit beaucoup beaucoup de choses importantes ! lol J'espère que vous avez aimé et dites-moi tout ce que vous en avez pensé !
À bientôt pour la suite qui sera bien sûr le fameux départ de la colonie de Percy et ses amis…
