Tour of Duty (L'enfer du devoir)
Chapitre 10: Honolulu
Après cette triste histoire, nous avons eu une semaine assez calme à la base. La première mission que nous avons effectuée sans Randy a été dure. Nous devions retrouver nos repères. Il y avait un vide. Petit à petit, nous nous sommes habitué à ce trou fait parmi nous. En plus, ce jour là nous revenions d'une mission effectuée sans le lieutenant. Il était resté à la base et lors de notre retour, il appela Dany. Nous étions alors en train de discuter avec le sergent.
SA « Comment est ce que vous vous êtes débrouillé pour partir pour Bangkok ?
AR _ Et bien, on représente les 3 plus beaux mecs de la compagnie, Purcell, Taylor et moi. On sera les représentants au R&R (Rest and Recreation, - Repos et Loisirs-).
DW_ Et moi je suis leur manager donc je pars avec eux.
DP _ Ce n'est pas drôle mais il faut bien que quelqu'un se dévoue.
LG _ Purcell !
DP _ …Oui ? !
LG _ J'ai un télégramme pour vous ! …C'est la Croix-Rouge, votre père est à l'hôpital d'Honolulu. Il veut vous voir.
DP _ A l'hôpital ?
LG _ Oui, il a eu un accident cardiaque. Il y a un hélico qui repart à l'arrière, dépêchez-vous si vous voulez le prendre. »
7 heures plus tard, Dany atterrissait à Honolulu. La première chose qu'il fit c'est d'aller à l'hôpital afin d'être rassuré, il ne prit pas la peine de se changer et...
DP « Bonjour, je voudrai voir quelqu'un.
Inf _ Du Vietnam, salle du 3ème étage.
DP _ Il y a des mecs du Vietnam ici ?
Inf _ Il n'est pas du Vietnam ?
DP _ Non, il est arrivé en urgence, il a eu une crise cardiaque. Il s'appelle Jack Purcell. »
Au même moment…
SA « Alors, qu'est ce que vous foutez là les gars ? Je croyais que vous seriez à Bangkok avec une femme dans chaque bras.
AR _ Et bien, on pensait que ce serait pas très sympa pour Dany, il est tout seul à Honolulu, alors avec vos relations, vous pourriez peut être nous aider…
SA _ Je n'en crois pas mes oreilles ! Vous savez bien qu'il faut réserver les places des mois à l'avance. »
A Honolulu. Dany trouva la chambre de son père, elle était vide.
DP « Excusez-moi madame, il va s'en sortir ? Et vous ne savez pas si ma mère est venue ?
Inf _ Ca va aller. Il y a une jeune femme qui a passé les dernières 36 heures ici, mais elle était trop jeune pour être votre mère. »
Au même moment, après quelques combines, nous étions près à partir. Le sergent avait fait jouer ses relations.
AR « Merci sergent !
DW _ Merci sergent, merci lieutenant, vous êtes géniaux.
MT _ Merci sergent. »
Nous leur avons fait la bise à chacun à tour de rôle.
LG « Dîtes sergent, vous croyez pas que c'est un peu dangereux d'envoyer ces 2 là bas ?
SA _ Oui, c'est comme mettre 2 renards dans un poulailler, mais il y a Wilson. »
Dany attendait patiemment le docteur, assis dans un fauteuil, quand ce dernier arriva, il vit qu'une jeune femme l'accompagnait. Il se leva du fauteuil dans lequel il était.
DP « Docteur, bonjour.
Doc_ Bonjour.
DP _ Mon père va s'en sortir ?
Doc_ Je ne peux pas me prononcer pour l'instant. Heureusement qu'il y avait Mademoiselle Garrett, elle l'a emmené tout de suite ici, sinon je ne sais pas s'il aurait survécu… Bon je repasserai. »
Sur ce, il est sorti, Mademoiselle Garrett attendait sur le pas de la porte.
DP « Où est ma mère ?
MG _ Dans le Montana.
DP _ Elle n'est pas venue à cause de vous.
MG _ Ils se sont séparés, il y a 8 mois.
DP _ Pourquoi il ne me l'a pas écrit ?
MG _ Il ne voulait pas vous faire de la peine.
DP _ C'est nouveau ça ! Il a toujours pensé qu'à picoler et à draguer ! Comment ça s'est passé ?
MG _ Il s'est fait désarçonner par son cheval qui l'a piétiné. Il a 2 côtes cassées et le docteur m'a dit que ça avait apparemment entraîné un arrêt cardiaque. Ca aurait pu être mortel si je ne l'avais pas emmené à temps. Allons Dany, ne lui en veuillez pas, il vous aime.
DP _ Oui ben ça reste à voir. »
Il est sorti de la pièce, assez énervé.
Plus tard dans la journée, nous atterrissions à Honolulu. On nous avait prévenu dans l'avion que nous avions une séance d'une heure avant d'être relâchés dans les rues.
AR « C'est quoi cette séance ? Ils croient qu'on est des bêtes sauvages ?
DW _ Ca ne dure qu'une heure.
MT _ Je me sens à poil sans mon casque.
AR _ Et ! Regardez-moi ça !
DW _ Ce sont des mini jupes, je vais m'en acheter une.
MT _ C'est canon, quand elles marchent, on voit toutes leurs jambes. »
Il y avait pleins de femmes, venues chercher leurs copains, leurs maris, avec ou sans gosse.
A l'hôpital, une fois calmé, Dany retourna dans la chambre.
MG « Alors ça n'a pas été trop dur pour venir ici ?
DP _ Non, j'adore tuer des gens et voir mes potes mourir par centaines.
MG_ Ecoutez, je ne suis pas une de ces poules de rodéo, alors je vous prierai de me parler d'une autre façon.
DP _ Excusez-moi, vous voulez un café ?
MG _ Non merci.
DP _ Vous savez, c'est marrant, quand j'étais petit, il n'était jamais là, jamais à la maison. Il a failli acheter une maison en Corée. Il a participé à des bagarres et maintenant il est entre la vie et la mort.
MG _ Faut pas lui en vouloir, il est comme ça.
DP _ Vous savez, s'il mourait maintenant, je ne suis pas sûr de ce que ça pourrait me faire. »
Nous étions à la recherche d'un hôtel, et à peine arrivés, ils ont commencé à draguer 3 filles.
MT « Ce que vous êtes mignonnes mesdemoiselles !
Jf1 _ Vous venez du Vietnam ?
DW _ Laissez tomber.
MT _ Oui, nous vous protégeons contre les agressions communistes.
AR _ Qu'est ce qu'elles sont mignonnes ! On en mangerait !
Jf2 _ Et bien continuez.
MT _ Avec plaisir. »
Nous étions en train de monter les marches de l'hôtel pour rentrer quand nous avons entendu comme des coups de feu par réflexe, nous nous sommes jetés à terre. En fait, c'était le pot d'échappement d'une vieille bagnole qui pétaradait. Les gens nous ont pris pour des fous, et nous nous sentions un peu ridicules.
Nous avons trouvé une chambre pour 3 dans cet hôtel; un garçon d'étage nous la montra. La télé était allumée…
DW « Et Ruiz, viens voir la télé, il y a des copains dans ce coin.
AR _ Où est ce qu'on peut trouver des vêtements s'il vous plait ?
Gét _ Il y a des magasins en bas. Vous savez, personnellement je suis pour la paix. »
Il nous avait regardé d'une façon, bizarre, je ne sais pas ce que ça voulait dire, mais je ne l'ai pas réellement bien pris.
A l'hôpital, Dany se baladait dans les couloirs à la recherche d'une machine à café. Il en trouva une, malheureusement, elle ne fonctionnait pas. C'est alors qu'un mec en fauteuil roulant, Rudy Morales, lui dit que la seule qui marchait se trouvait au 3ème étage. Il était jeune, 25 ans environ, un bandeau sur le front, il était maigre et ne paraissait vraiment pas en bonne santé.
Dany suivit les indications et en effet, il trouva ce qu'il cherchait. Il y avait une porte entre ouverte juste à côté, il y jeta un coup d'œil. Il entra, resta quelques minutes à regarder le spectacle qu'il avait devant les yeux. Il ne savait pas quoi faire puis il se dirigea au hasard vers un type, un grand brûlé, Harold, et il commença à discuter avec lui. Ce gamin s'était pris nos propres bombes sur la tête. Ce mec était sous le choc, il allait avoir 18 ans sa mère devait venir d'ici 2 jours et il ne voulait pas qu'elle le voie comme ça. Il savait qu'il n'avait aucun avenir.
Cette pièce était remplie de mecs, des dizaines de types dans le même cas, à des stades plus ou moins graves, et ils n'auraient plus jamais la même vie. Ca donnait sérieusement à réfléchir. Il était impossible de rester dans cette pièce sans sentir un malaise nous envahir.
Pendant ce temps là, nous étions Taylor, Ruiz et moi à la piscine, je sortais de l'eau quand un type est venu vers moi.
CiA « Mademoiselle, ça fait un moment que je vous observe, tenez, prenez cette serviette.
DW_ Je vous remercie.
CiA _ Je me présente, je m'appelle Andy, et vous êtes?
DW _ Moi, c'est Déborah.
CiA _ Et bien Déborah, vous faites quelque chose maintenant ?
DW _ Et bien…
CiA _ Plus tard, ce soir alors ? Je n'abandonnerai pas »
Ca me fit sourire, il était craquant, avait l'air d'un garçon intelligent, gentil, alors pourquoi pas.
DW « Oui, ce soir, pourquoi pas, ça serait bien. »
J'ai regardé les garçons, ils étaient plus loin, ils s'impatientaient, je leur avait dit, pas longtemps et je crois que je m'étais éternisée dans l'eau.
DW « Mais là, je suis désolée, je dois vous laisser.
CiA _ 20 heures devant la réception ? On ira manger un bout et s'amuser. Le numéro de votre chambre ?
DW _ …258, à tout à l'heure.
CiA _ Je vous attendrais.
AR _ J'hallucine !
MT _ C'est vrai que…
AR _ Avec ce maillot elle doit donner des bouffées de chaleur à plus d'un.
DW _ Alors les mecs, vous allez rester plantés là longtemps ?
MT _ Non, on y va.
DW _ Au fait, ce soir je sors, alors on va faire du shopping et on ne rentre pas trop tard pour que j'aie le temps de me préparer.
AR _ Oui chef. Dis donc, j'espère que tu vas un peu plus t'habiller ce soir.
DW _ Tu n'aimes pas mon bikini ? »
Je me suis tournée dans tous les sens pour qu'il me voie bien. Ca me faisait marrer la tête qu'ils avaient faite lorsqu'ils m'ont vu sortir de la salle de bain avec ce maillot !
AR « Si j'aime beaucoup, mais couverte comme tu l'es, je voudrais pas qu'il t'arrive quelque chose.
DW _ Je suis une grande fille.
MT _ Elle est majeure et vaccinée. »
Ce soir là, ils sont partis de leur côté et moi du mien. Dès fois je me disais que j'étais complètement inconsciente d'avoir accepté ce rendez-vous, et puis s'il n'était pas là ? Mais Andy était là devant la réception à m'attendre, ce fut un soulagement de le voir.
Il m'a emmené au restaurant, nous avons beaucoup discuté (je ne lui ai pas dit que j'étais soldat, je ne voulais pas écourter la soirée en le faisant fuir, j'ai également évité de lui dire que je partageais ma chambre avec 2 mecs), et il m'a ensuite emmené danser, nous avons retrouvé des copains à lui. C'était une ambiance très sympa. C'est là qu'il a osé m'embrasser c'est pas qu'il ait été particulièrement timide, en fait, il faisait plutôt sûr de lui, pas prétentieux mais sur de lui. Il ressemblait à un surfeur, blond, les cheveux éclaircis par le sel et le soleil, bronzé, le muscle sec, craquant.
Ca faisait longtemps que je ne m'étais pas autant amusée, que je ne m'étais pas trouvé en compagnie d'un homme qui me trouve séduisante et qui voit en moi autre chose que « le pote, la petite sœur ». Nous avons finalement laissé ses copains pour finir par une balade sur la plage, dans un coin qu'il aimait particulièrement. C'était à l'écart, on ne pouvait y aller que par les rochers, mais une fois là-bas, il y avait du sable fin.
Il avait emmené une couverture pour que l'on puisse s'allonger dessus et regarder les étoiles. On ne les a pas regardé très longtemps, je ne comptais certainement pas les regarder toute la nuit lui non plus d'ailleurs même s'il n'avait certainement pas prévu que je sois d'accord aussi facilement. Ras le bol des bonnes manières, j'étais grise, j'avais envie de lui, il n'y avait rien qui nous en empêchait, pourquoi se gêner ? Ca m'a fait bizarre, personne n'avait posé ses mains sur moi depuis un temps qui m'a semblé être une éternité. J'ai eu une impression de, je ne sais pas, c'était agréable mais sans plus, 2 corps qui s'étreignent chacun prenant son plaisir pas de communion ce ne serait certainement pas inoubliable.
Lorsqu'il m'a raccompagné devant ma chambre, il était 7 heures du matin, les 2 autres dormaient encore. Il savait que je n'étais pas là pour un long moment et aucun de nous deux n'avait explicitement parlé de se revoir, il m'a donné son numéro de téléphone mais je voulais également passer du temps avec mes potes alors...
Je n'étais vraiment pas fraîche lorsque nous sommes allés chercher Dany pour prendre notre petit déjeuné avec lui vers les 10 heures.
AR « Non mais vous avez goûté les œufs ? ! Il faut goûter les œufs !
MT _ Il n'a pas arrêté de toute la soirée. Les œufs, c'est romantique pour un coq !
AR _ Ecoute, va savoir quand je pourrai à nouveau en manger ! Je vais en chercher, quelqu'un en veut ?
DW _ Non merci. Et toi Dany, comment ça s'est passé ?
DP _ Très bien, vous vous rendez compte ? ! J'ai vraiment pu lui parler, communiquer des idées. On a même fait des projets. On va faire de l'élevage de chevaux, le plus grand du Montana.
DW _ C'est génial.
MT _ Au fait, on a tous dit comment notre soirée s'était passée, et toi alors Dèb ? Je ne t'ai pas entendu rentrer.
DW _ Je suis rentrée à 7 heures je n'ai pas beaucoup dormi.
AR _ Attend, qu'est ce que vous avez fait exactement ?
MT _ Arrêtes de nous faire marcher.
DW _ Qu'est ce que tu veux que je te dise, on a passé une très bonne soirée, et puis voilà.
AR _ Quoi voilà, tu…
DW _ Arrêtez de me regarder comme ça. Je ne suis pas ta sœur et je ne suis plus une petite fille. En plus, je ne suis certainement pas une nonne. Vous croyez quoi !»
J'avais cette petite lueur coquine dans les yeux, et surtout ce matin je dévorais. Je n'ai pas insisté, qu'est ce qu'ils voulaient que je leur dise « Je me suis envoyé en l'air parce que j'en avais envie et besoin » Mais je ne pouvais pas. Ils ne m'ont rien dit, ils me regardaient avec ce regard qui me fait dire qu'ils se posaient pas mal de questions. Je crois que je les ai un peu choqués, tant pis.
DW « Bon alors, qu'est ce qu'on fait ce soir Dany ?
DP _ Je vous suis. Jessy va rester avec mon père. Dis donc Dèb, tu vas être sur les rotules.
DW _ On ne vit qu'une fois. »
Ils avaient découvert qu'ils pouvaient parler et être avec moi comme quand ils étaient uniquement entre garçon, ils n'avaient pas besoin de faire des manières. Ca les a sûrement choqué au départ puis ça a renforcé nos rapports par la suite.
Le soir, notre chauffeur de taxi (Matsudo) nous a fait faire le tour des bars, nous avions bien sympathisé avec lui, il était d'origine japonaise et avait fait la Seconde Guerre Mondiale du côté américain. C'est le seul qui nous parla comme à des gens normaux, il pouvait nous comprendre, il savait ce que c'était de faire la guerre en n'étant « pas du bon côté »
Ce soir là, nous étions particulièrement déchaînés, nous avions bu et les gens nous regardaient, bizarrement, d'autant plus que j'étais la seule fille (et en minijupe) d'un groupe composé entre autre, d'un noir et d'un porto ricain. Je crois avoir aperçu dans la rue Andy, il m'a vu de loin avec les mecs, je lui ai souri et à sa tête, je crois qu'il s'est imaginé plein de trucs.
Ruiz s'est fait tatouer sur le bras « je suis une bête », je me suis également lancée, une petite rose sur le haut de la cuisse, à la limite du slip. Le tatoueur ne faisait pas ça très souvent, à cet endroit et sur une fille encore moins. Il fut surpris lorsque je lui ai demandé mais il l'a bien réussi. Les mecs ont regardé tout le temps, ça les a également surpris. Je faisais ce que j'avais toujours voulu faire, il n'y avait pas de limite.
Le dernier bar que nous avons écumé nous a réservé une surprise, nous sommes tombés sur des connaissances.
MT « Regardez, ce sont les filles de l'hôtel !
DW _ Moi je vais au bar. »
Je me suis installée sur un tabouret et j'ai commandé à boire. Les mecs se sont approchés de la table des filles.
MT « Bonsoir mesdemoiselles, vous vous souvenez de moi ? Marcus Taylor pour vous servir.
Jf1 _ Ah oui ! Les soldats ! Et bien vous tombez à pic, on fait un exposé sur le Vietnam.
AR _ A votre service.
MT _ On écoute vos questions. »
J'étais au bar, écoutant d'une oreille le type à ma droite et de l'autre la conversation des mecs, et c'est là que la petite blonde a soudainement pris un ton agressif.
Jf1 « Je voudrais savoir ce que ça fait de tuer des enfants et d'avoir les mains pleines de sang de bébé ? !
DP _ Quoi ? ! »
Dany est devenu blanc, Marcus a attrapé le bras de cette fille. Je me suis retournée, j'étais restée sans voie, je regardais la scène.
MT « Vous comprenez pas mademoiselle, on est en guerre ! Si on ne les tue pas, c'est eux qui le feront !
DP _ Et quand par hasard on tue un enfant, on en fait des cauchemars durant des mois !
Jf1 _ Lâchez-moi le bras, vous me faites mal !
Jf2 _ Lâchez-la !
JH _ Vous avez entendu ce qu'elle vous a dit ? Lâchez-là ! »
Un type à la table d'à côté avait pris la défense de la jeune fille. Ca a déclenché une bagarre générale. Les mecs ne tapent jamais les filles, mais moi je ne me suis pas privée. Je suis descendue de mon tabouret, je me suis approchée d'elle et je lui ai filé la plus grosse baffe de sa vie à cette blondinette. Ca l'a fait tomber sur les fesses, elle n'en revenait pas, elle me regardait avec des yeux ronds, elle ne comprenait pas pourquoi j'avais fait ça et ses copines sont restées sans voie. Nous sommes partis en courant quand le vent a commencé à tourner en notre défaveur.
Après avoir fait le plein d'alcool, notre chauffeur nous a déposé dans un parc et nous nous sommes installés juste à côté d'une fontaine. Nous étions finalement bien mieux seulement entre nous. Les réverbères faisaient des milliers de cristaux en se reflétant dans l'eau. J'ai couru pour prendre une douche froide sous les jets. Je buvais de la bière tout en tournant pour m'étourdir, ça me calmait, ça nous avait tous énervés. Je l'aurai bouffé cette connasse, je n'avais pas digéré ce qu'elle avait dit. Qu'est ce qu'elle pouvait connaître à la guerre, à ce qu'on faisait, ce qu'on devait supporter pour ne pas craquer ? ! Tous les politiciens, les journalistes, tous ne sauraient jamais tant qu'ils n'y seraient pas allés. Et puis cet homme qui nous balance à la gueule qu'il est contre la guerre ! Le Vietnam était devenu un sujet tabou, et personne ne savait comment en parler. Je n'ai cessé de boire jusqu'à ce que je tombe et c'est là que les gars m'ont repêchée. Je n'arrivais pas à me relever.
Quand nous sommes rentrés, nous n'étions pas net, nous chantions, et moi je pétais le feu. Nous avancions dans les couloirs de l'hôtel en nous tenant les uns aux autres. Nous étions tous bourrés, et je me suis couchée sur mon lit.
DW « Je n'arrive pas à enlever mes chaussures.
AR _ Attend, je vais t'aider.
DW _ Tu sais, je t'aime, tu es mon meilleur ami. »
Je n'arrêtais pas de parler, je leur fis une déclaration ce qui les fit bien marrer.
DW « Je vous aime aussi Dany, Marcus. Il est choux Myron.
MT _ Qui ?
DW _ Le lieutenant, t'y connais rien, pff ! »
Le lendemain, je me suis levée la dernière ils ont eu la gentillesse de me laisser dormir. Lorsque j'ai ouvert les yeux, j'ai été éblouie par la lumière, j'avais mal à la tête, et je ne me souvenais de pas grand chose contrairement à eux.
Je les ai rejoint au bord de la piscine, j'étais en short avec un gilet, je ne voulais pas me baigner et j'avais des lunettes pour me protéger du soleil.
AR « Dèb, tu sais que tu parles beaucoup quand t'es bourré ?
MT _ Alors, le lieutenant c'est ton type ? Je croyais que c'était moi. »
Je n'ai pas relevé les sarcasmes, ça servait à rien, et puis ça ne m'a pas trop dérangé, et de toute façon, je savais déjà qu'ils allaient me charrier encore longtemps à propos de ces aveux involontaires. Nous avons pris le petit déjeuné, pas moi, j'avais des nausées.
Nous avons ensuite accompagné Dany à l'hôpital pour qu'il dise au revoir à son père. Il y régnait une grande confusion, nous avons suivi le bruit et les docteurs jusqu'au 3ème étage, et c'est là nous avons franchi la même porte que Dany, 2 jours plus tôt.
Ca nous a fait un choc de voir tant de blessés, nous avions en face de nous les conséquences de ce conflit et peu être notre futur. Vivre comme ça, pas question, plutôt mourir, c'était une chose que je n'imaginais pas, une chose à laquelle nous ne pouvions pas penser en allant nous battre, sinon nous n'y serions jamais allés.
Il y avait une petite pièce vitrée dans le fond, les médicaments y étaient entreposés. Rudy Morales y tenait un infirmier en otage. Il avait disjoncté en apprenant la mort de son pote, Harold le grand brûlé, celui avec qui Dany avait discuté. Il était mort avant l'arrivée de sa mère, il n'avait pas voulu l'attendre.
Dany s'est tout de suite porté en avant, il se sentait impliqué, il a parlementé pour remplacer l'otage. Rudy a finalement accepté, et durant une demi-heure il lui a parlé. Il a finalement réussi à lui faire baisser son arme.
Le lendemain matin, nous repartions pour le Vietnam.
DP « Vous vous souvenez de ce qu'a dit ce mec ?
MT _ Cassez-vous, barrez-vous tous…
AR _ …Avant d'y rester.
DW_ Moi j'aimerai pas qu'on me laisse tomber alors pas question que je leur fasse ça. »
Je suis montée dans l'appareil, et ils m'y ont rejoint juste après.
C'est lors de ce court séjour que nous nous sommes aperçu que nous n'étions plus de simples jeunes comme les autres, nous n'avions plus vraiment de rapport avec la population, et encore moins avec des jeunes de notre âge, nous n'avions plus les mêmes repairs. Le retour n'était pas comme nous le pensions.
Une étude a montré que 20 % des morts américains l'étaient à cause de tirs amis mal faits, l'office du département de la défense l'a estimé quand à lui à 3 %.
Plus de 134000 personnes militaires furent sévèrement blessés ou rendus infirmes durant la guerre du Vietnam.
