Il reste un épilogue. ^^

UPDATE: Il y a eu un petit problème de post, lol j'ai mélangé les chapitres :s Sooorrry.


Mourir n'est rien, mais vivre vaincu et sans gloire, c'est mourir tous les jours.

Napoléon Bonaparte

Chapitre 10 :

Ils se figèrent tous brutalement. Comme s'ils n'avaient pas vraiment réalisé que c'était là le combat final, celui qu'ils avaient tous imaginé des centaines de fois. Celui auquel ils n'avaient jamais cru. Nerveusement, Sam jeta un regard à Jack qui, à côté d'elle, semblait maintenant perplexe.

Elle avait craint cet instant.

Cet instant où il se retrouverait devant Daniel et où il réaliserait que c'était Daniel. Pas un Goa'uld, pas un robot, pas autre chose que Daniel. Un Daniel qu'ils avaient perdu. Un Daniel qui s'était perdu. Le gentil et niais Docteur Daniel Jackson, son meilleur ami.

Avec un serrement de cœur, elle souhaita que le moment venu, ce soit à elle de l'abattre. Jack le dissimulerait probablement à tous et plus particulièrement à lui-même, mais il s'en voudrait s'il tuait Daniel. C'était comme ça. Sa nature. C'était une des raisons pour lesquelles elle l'aimait.

Lentement, presque négligemment, leur ancien coéquipier sourit. Et ce fut le signal. Shifu fendit leur groupe et Sam réalisa qu'ils avaient d'autres problèmes immédiats que de s'occuper de Daniel. Les vingt gardes qui l'entouraient étaient un danger beaucoup plus inquiétant. Son premier réflexe fut, curieusement, de protéger le garçon, mais il apparut vite que c'était une précaution inutile. Grace à Jack probablement.

De la même façon qu'elles le faisaient sur Daniel, les balles ricochaient contre l'écran doré.

Obéissant par habitude à l'ordre sec de Jack de se mettre à couvert, elle plongea derrière un canapé, notant distraitement que son père était accroupi non loin d'elle. Le Colonel avait échangé son Beretta contre un MP5 et elle regretta qu'on ne lui en a pas offert un à elle aussi, car son arme à elle était plutôt limitée.

L'échange de tirs ne tarda pas à piétiner. Les hommes de Daniel étaient d'un côté de la pièce, eux de l'autre et il était dur de toucher qui que ce soit. Jack et Grant étaient ceux qui abattaient le plus de leurs adversaires mais elle comprit rapidement qu'ils étaient probablement les seuls ayant un passé militaire réel. Ripostant sans grande conviction, elle choisit de garder un œil sur Shifu.

Le garçon approchait lentement de Daniel qui le regardait faire calmement, visiblement déstabilisé. Elle n'était plus habituée à voir Daniel peu sûr de lui-même et ça la choqua d'abord, puis elle réalisa que c'était un bon point. Elle n'était plus censée être inquiète pour le linguiste. Elle était censée être contente de sa perte de contrôle.

« Que comptes-tu faire ? » demanda l'archéologue, avec ce rictus supérieur qui lui était devenu familier. « Tu ne peux pas t'opposer à moi ! Personne ne le peut ! »

Shifu ne répondit pas immédiatement. Le visage de l'enfant, nimbé de la lueur doré du bouclier qui ne cessait de s'activer, était serein, déterminé. Il leva lentement les deux mains et les plaça devant lui, paumes vers Daniel.

Sam ne vit pas la lueur au premier coup d'œil. D'abord, elle était occupée à essayer de se débarrasser d'un des membres de la garde de Daniel particulièrement féroce et qui tentait de la descendre, probablement parce qu'elle était celle qui l'avait formé et qu'il la voyait comme une traitresse, et ensuite, c'était si faible que n'importe qui l'aurait manqué. Mais la lumière ne cessait de croitre. D'une minuscule boule au centre de sa paume, le halo blanchâtre engloba ses deux mains entières.

Un mauvais frisson descendit le long de la colonne de la jeune femme. Tout ça était dangereux.

« La puissance est relative, Docteur Jackson. » déclara simplement Shifu alors que la lueur grandissait encore, remontant le long de ses bras et de ses épaules.

Sam renonça à tirer. Ca l'éblouissait et elle ne discernait rien d'autre que la lumière qui avalait Shifu et le visage effrayé de Daniel. Bon nombre de rebelles avaient fait comme elle et posé leurs armes, assistant avec effroi au spectacle. Jack, Grant et son père continuaient, eux, de canarder leurs ennemis.

« Carter ?! » hurla Jack, mi-question, mi-ordre.

Elle haussa les épaules et lui renvoya un regard vaguement désolé. Elle n'avait pas les réponses à ses interrogations et elle ne pouvait obéir à sa demande de recommencer à défendre leurs positions. Décidant qu'elle n'était plus utile, elle changea de place, traversant brièvement l'espace à découvert pour se planquer derrière un petit secrétaire et se rapprocher de l'enfant.

« Carter, quand on sort de là, je te tue moi-même ! » cria Jack par-dessus le bruit des armes.

Elle n'y prêta aucune attention, concentrée sur son ancien ami et sur le garçon qu'elle avait appris à aimer.

« Non ! » lança violemment Daniel, une compréhension brute déformant son visage. « Non ! Tu ne peux pas ! »

« Le savoir est un flux. Les flux vont et viennent. » répondit simplement Shifu avant d'être totalement absorbé par la lumière.

Elle ne pensait pas que l'intensité de la lueur puisse augmenter encore et pourtant quand le garçon fit un pas en avant, et que le halo absorba à son tour Daniel malgré une piètre tentative de fuite, elle dut détourner le regard et se protéger les yeux de sa main. Cinq secondes exactement et c'était fini. Cinq longues secondes.

Quand elle put à nouveau discerner quelque chose dans la pièce, son regard tomba immédiatement sur la silhouette frêle de l'enfant couchée au sol. Daniel était toujours debout, les yeux dans le vague. Hagard. Fou. Désorienté. Il n'y avait pas de danger de ce côté-là.

Sans écouter sa raison ou les cris pourtant explicites de Jack, lui ordonnant de ne pas bouger de là où elle était, elle s'élança vers Shifu, et le tira en sécurité. Un sillon glacé la parcourut quand une balle siffla un peu trop près d'eux à son gout et qu'aucun écran doré ne s'éleva pour les protéger. Visiblement, les boucliers n'avaient pas résistés.

A l'abri du secrétaire, elle posa son Beretta et passa doucement la main dans les cheveux de l'enfant. C'était une habitude qu'elle avait prise rapidement. Peut-être trop. Sa poitrine se soulevait mais pas assez vite à son gout. Se mordant la lèvre, elle fit une prière à quiconque pouvait l'entendre. Il fallait que cet enfant vive. De quel droit mourrait-il pour quelque chose d'aussi futile qu'une guerre. Les guerres étaient affaires d'adultes et ne devraient jamais, jamais toucher les enfants.

« Shifu… » appela-t-elle doucement.

Ses paupières tressautèrent quelques secondes, mais finirent par s'ouvrir. Et avec horreur, elle perçut immédiatement le changement dans les grands yeux sombres maintenant posés sur elle. Innocents et effrayés.

Le cœur battant, elle comprit que le Shifu d'avant, l'harciesis, le fils de Sha'Re, avait disparu. Envolées la sérénité, la sagesse et la connaissance absolue. Il ne restait que le regard terrifié d'un enfant pris en plein combat. Et d'une façon purement égoïste, elle en fut soulagée. Parce qu'à l'instant où la petite main du garçon se referma sur son poignet, s'accrochant à elle avec désespoir, elle sut qu'elle était à lui. Irrévocablement à lui. Elle appartenait à cet enfant, c'était inscrit dans ses veines, ça palpitait dans sa poitrine et ça lui faisait presque tourner la tête.

« Ca va aller… » promit-elle faiblement alors qu'une dose d'amour imprévue pulsait dans ses veines, menaçant d'effacer l'effet dopant de l'adrénaline. « Ca va aller. »

Et le plus étrange fut qu'il la crut. Son expression inquiète s'apaisa et il raffermit un peu plus la prise qu'il avait sur son bras.

« Tu te souviens de… » Mais elle s'arrêta devant la mine perplexe du garçon. Non, décida-t-elle, il ne se souvenait de rien et probablement pas de son propre nom. Quoi qu'il ait fait à Daniel, il n'en était pas sorti indemne.

« On va sortir de là. » déclara-t-elle, et déjà ses yeux fouillaient la pièce à la recherche d'un chemin sûr vers la sortie.

« Sam ! » avertit au loin la voix de son père.

Son premier réflexe fut de tourner la tête vers Jack, s'assurer qu'il était en sécurité, qu'il allait bien. Mais il ne semblait même pas avoir entendu l'appel de Jacob, tout entier concentré sur sa tâche.

Le temps qu'elle aperçoive le danger, il était trop tard. Elle comprit immédiatement que la pression ferme que Shifu exerçait sur son bras l'handicaperait. Il n'y avait pas d'autres moyens, alors elle réagit à l'instinct, repoussant le garçon sur le côté, un peu trop fort, et encaissant tout le choc.

Daniel venait de se précipiter sur elle.

Il était cinglé. Plus qu'avant. Elle soupçonnait que Shifu lui avait ôté tout ce qu'il lui avait offert et que, comme une drogue dont on l'aurait sevré, ça le rendait plus fou encore. Au début, elle pensa que c'était après elle qu'il en avait mais non. Quand sa main se referma sur sa gorge, c'était uniquement parce qu'elle faisait office de rempart entre lui et ce qu'il voulait.

« Sa faute… » ne cessait-il de murmurer. « Sa faute… »

Elle lutta de toutes ses forces pour se libérer, griffant et frappant ce qu'elle pouvait atteindre, son visage, son cou… Mais c'était presque comme s'il ne sentait plus la douleur, comme si tout ce qu'il restait en lui était cette volonté farouche de tuer, de détruire.

« …niel ! » siffla-t-elle et un instant, il la regarda vraiment. Et cet instant d'hésitation fut tout ce dont elle avait besoin. Reprenant le dessus, elle frappa et manœuvra jusqu'à le repousser et l'envoyer voler un peu plus loin. Les idées un peu embrouillées, mais une seule chose à l'esprit : protéger Shifu, elle se tourna vers le gamin.

« Cours. » ordonna-t-elle. Mais il resta là, prostré dans un coin, complètement terrifié. Et comment le lui reprocher…

Elle encaissa, sans grande surprise, un coup traitre au niveau de la nuque, mais refusa, cette fois, de se laisser dominer. Tout en lui rendant le coup de poing, qui ne le fit même pas grimacer, elle jeta un coup d'œil au reste des rebelles. Aucun d'eux ne leur prêtait d'attention mis à part Jacob qui était coincé, seul, à l'autre bout de la pièce.

Elle ouvrit la bouche, dans le but d'essayer d'obtenir de l'aide, quand un nouveau coup au niveau de l'abdomen lui coupa le souffle. Daniel se désintéressa immédiatement d'elle pour se diriger, comme un zombi, vers l'enfant. Dans un éclair de lucidité, elle comprit que son cerveau malade s'était focalisé sur la dernière information consciente qu'il avait eu, détruire Shifu. Et elle était au milieu.

Sans sourcilier, elle se mit en garde devant le garçon. Après tout, il y avait pire que mourir pour protéger une vie. Et, soyons honnêtes, elle ne méritait probablement pas une mort aussi honorable. Et juste au moment où elle finit par se dire qu'il n'y avait aucune raison que Daniel la batte au corps à corps, le regard de son ancien coéquipier tomba sur l'arme qu'elle avait posée au sol.

Stupide.

Une erreur de débutant.

Avec un temps de retard, elle se précipita. Avec une douleur accentuée par son sentiment de culpabilité, elle encaissa le coup de coude de Daniel qui la projeta un peu plus loin. Avec horreur, elle vit l'archéologue lever l'arme vers Shifu.

Une seconde.

C'était vraiment étrange ce qui pouvait vous passer par la tête en une seconde. Les choses stupides et plus sérieuses… Les décisions aussi. Sans vraiment hésiter, comme si elle avait toujours su que d'une façon ou d'une autre ça finirait comme ça, elle se redressa et se jeta en avant. Pas sur Shifu. Directement sur Daniel.

« Jack. » cria-t-elle dans sa chute, sachant que leur symbiose parfaite marcherait une fois de plus.

Et une autre seconde décisive plus tard, elle sentit le canon tirer dans son ventre, son corps étouffant la balle comme un chiffon recouvre un début d'incendie.

Douleur glacée et brûlante à la fois. Peur qui remonte lentement le long de ses veines. Certitude absolue que tout finit à cet instant.

Sa vue se brouilla et elle battit furieusement des cils, sentant monter la bile et le sang dans sa gorge. Les bruits autour d'elle formaient une sorte de cocon ouaté, et elle ne perçut plus rien. Plus rien du tout. Finalement, elle ferma les yeux.

« Carter. » ordonna brutalement une voix familière, en repoussant en arrière les cheveux qui lui tombaient sur le visage. A l'agacement inquiet du ton, elle comprit que ce n'était sûrement pas la première fois qu'il l'appelait. Il parut soulagé qu'elle ouvre les paupières, même si elle n'était plus très sûre du pourquoi. La seule chose qui était claire dans son esprit, c'est qu'elle allait mourir.

« Tu es stupide. » marmonna-t-il avec colère, avant de plaquer sans douceur ses mains sur son abdomen. « Complètement stupide. Je me demande bien pourquoi je suis tombé amoureux de toi. »

Elle sourit légèrement à ça, sachant qu'il n'en pensait pas un mot.

« Daniel ? » souffla-t-elle, sans bien savoir pourquoi. Elle n'était plus très sûre de qui était Daniel ou de pourquoi c'était important qu'il soit hors d'état de nuire.

« C'est fini. Et Shifu va bien. » anticipa-t-il.

Son visage était fermé, réalisa-t-elle. Ca ne devait pas être beau à voir. Ca ne présageait rien de bon. Elle allait mourir. La douleur fulgurante était une preuve plus que convaincante. Elle devait lutter pour rester consciente… Mais si elle devait mourir, elle voulait passer autant de temps que possible avec lui.

« Grant ! » hurla-t-il à la pièce étrangement silencieuse maintenant.

Aussitôt, un nouveau visage entra dans son champ de vision et d'autres mains s'affairèrent sur elle. Elle grimaça. Pas vraiment parce que le médecin maltraitait ses chairs abimées mais parce qu'elle aurait souhaité être seule avec Jack.

« Jack… »

C'était une supplique qu'il ignora résolument, attrapant sa main maintenant que la sienne était libre.

« Ca va aller, bébé. » murmura-t-il avec anxiété, une lueur folle dans le regard. « Ca va aller. » Son regard s'attarda sur ses traits tirés plusieurs fois avant de se tourner vers son ami. « N'est-ce pas, Grant ? Ca va aller ? »

Sam aussi accorda sa pleine attention au médecin. Mais elle comprit immédiatement à son air concentré et désolé à la fois, qu'il n'avait pas beaucoup d'espoir.

« La rouquine… » répondit-il, et elle réalisa avec un temps de retard qu'il faisait référence à Janet. « Elle est docteur, non ? Fais la venir. »

Brièvement, elle croisa le regard perdu de Grant et comme si cet échange avait provoqué un déclic en lui, sa détermination sembla renforcée. Sans un mot de plus, il se remit à travailler sur sa blessure. Et elle aurait souhaité qu'il s'arrête parce que ça faisait mal.

« Sam… » appela Jack, et immédiatement, elle replongea dans son regard. Dieu, qu'elle regrettait de ne pas l'avoir embrassé quand elle en avait eu l'occasion.

« Ne me laisse pas. » C'était un ordre déguisé en supplique… ou une supplique déguisée en ordre, elle n'était pas très sûre.

Elle perçut la courte pause étonnée dans les gestes précis de Grant. Elle n'était pas vraiment étonnée. Elle était déchirée. Elle aurait voulu promettre mais…

« Mal. » grogna-t-elle. Et c'était la pure vérité. La douleur lui broyait les entrailles, se diffusait dans la moindre parcelle de son être, et faisait de son corps un amas de lave vivante.

« Je m'en moque. » répondit-il en secouant la tête, le regard peiné et perdu démentant ses paroles. « Fais-le. Fais-le pour moi. »

Elle sourit faiblement et en se concentrant assez, parvint à lever la main jusqu'à sa joue. Il suffisait d'ignorer les piqures brûlantes dans son bras. Un peu plus, un peu moins…

« Désolée… »

Ses doigts laissèrent une trainée rougeâtre sur sa joue et elle trouva ça ironique parce qu'elle ne savait même pas d'où le sang qu'elle avait sur la main venait. Déstabilisée, elle baissa la garde… juste assez longtemps pour que la souffrance s'insinue dans sa tête et que son bras retombe mollement sur le sol. Elle entendit le gémissement mais n'était même pas consciente qu'il venait d'elle. Jack semblait effrayé maintenant.

« Garde la éveillée, Jack. » ordonna la voix hésitante de Grant.

Il se demandait probablement si tenter de la garder en vie était la meilleure solution. Et il avait probablement raison de se poser la question.

« Je dois dormir, Jack. » répliqua-t-elle de sa respiration sifflante, luttant contre les larmes piquantes qui s'amoncelaient dans sa gorge. « J'ai mal… »

Il ferma les yeux, une expression de douleur sourde sur le visage. Quand il les replanta dans les siens, il était déterminé.

« Je ne te laisserai pas mourir. »

Avec difficulté, elle déglutit. « Pas le choix. »

« Sam… » gronda-t-il. « Ne me demande pas ça. »

« Jack. » intervint la voix, presque paniquée, de Grant. « J'ai besoin qu'elle reste consciente. »

Elle l'ignora. Tout comme elle ignora l'arrivée brutale de Janet qui se jeta à ses côtés pour tenter de réparer ce qui pouvait l'être. Jack n'eut besoin que d'un coup d'œil à la jeune femme pour comprendre que Sam avait raison. Prudemment, il reprit sa main dans la sienne, la mâchoire contractée.

« Bats-toi. » plaida-t-il encore une fois.

« Je t'aime. » répondit-elle simplement. Et ça n'avait pas la force qu'elle aurait voulu. Sa voix s'affaiblissait, ses yeux se fermaient et la main de Jack agrippait la sienne si fort, qu'il la lui broyait presque.

« S'il te plait… »

La douleur avait disparu maintenant. Il n'y avait plus qu'un brouillard glacé et une sorte d'élancement dans sa poitrine. Son esprit qui se détachait lentement…

« Froid… » lâcha-t-elle sans savoir pourquoi.

« Carter, je t'en prie… »

Il y avait tant de douleur dans sa voix, tant d'espoir… Elle se détesta de provoquer ça en lui, de lui faire aussi mal. Mais elle ne pouvait rien faire que de céder à l'appel de ce sommeil cotonneux.

« Est-ce que je me suis rachetée ? » réussit-elle à marmonner, ses lèvres sèches presque douloureuses sous l'effort.

Il répondit à l'instant où elle s'enfonçait, où elle perdait pied.

« Oui, Sam… Oui… »

La dernière chose consciente qu'elle fit, fut de sourire, apaisée.