Note : NaNoWriMo est presque terminé ! Bon, je suis encore loin de mon objectif auto-imposé, donc ce n'est franchement pas le moment de m'endormir sur mes lauriers. Mais voici un chapitre de Riders, avant décembre, comme je l'avais promis sur mon blog. Je ne sais pas quand le prochain arrivera, étant donné qu'il n'est qu'à moitié écrit et que je me concentre jusqu'en décembre sur une histoire originale, mais, euh… je vais faire de mon mieux… Retenez les tomates pourries ! ;-)
Merci à tous ceux qui ont laissé un commentaire sur le chapitre précédent ! Je ne réponds pas à tout le monde, mais j'adore toujours lire vos retours. Ca me fait chaud au cœur ! Hiyana, pour savoir ce qu'est le slash et puisque je ne peux pas te répondre directement, je t'encourage à aller faire un tour sur Wikipédia.
Avertissements pour ce chapitre : Toujours des gros mots… Ino mériterait qu'on lui lave la bouche avec du savon.
Chapitre 8 : Feu et cendres
Ce samedi a eu lieu la grande course saisonnière du circuit de la Vague, ouverte aux amateurs de tous horizons. L'issue de la course junior semblait d'hors et déjà décidée avec la présence inévitable de la célèbre paire amateur, Haku et Zabuza, qui choisissent de courir dans cette catégorie en raison des 16 ans de Haku.
Mais bien que la victoire leur soit revenue, une paire jusqu'alors inconnue a créé la surprise en terminant seconde au coude à coude avec les rois du circuit. Il a été révélé que les jeunes Naruto Uzumaki et Sasuke Uchiwa sont un nouvel équipage junior de l'écurie Konoha, et qu'il s'agissait de leur toute première course ensemble. Gageons que l'on entendra bientôt parler d'eux sur les circuits de classe A.
Suite à cette course, Haku et Zabuza ont annoncé qu'ils renonçaient aux courses de rider.
Brève d'un vieux numéro du « Monde des Riders »
Naruto pointa timidement le nez hors du hangar de préparation alloué à Konoha. En tendant le cou, il pouvait apercevoir la ligne de départ et les techniciens qui s'y affairaient encore. De hauts gradins entouraient la piste de part et d'autre, et même à cette distance le brouhaha de la foule était une rumeur constante.
Déglutissant, il fit volte-face et chercha un visage familier au milieu de l'agitation. Il trouva Sakura près du rider en préparation, prenant quelques notes de dernière minute sur son PDA.
Elle l'aperçut du coin de l'œil et se tourna vers lui.
« Naruto, ça va ? » s'étonna-t-elle. « Tu es tout pâle. »
« Oui oui, tout baigne » fit-il en feignant un rire décontracté. « Euh… Il y a toujours autant de monde ? »
L'expression de Sakura se fit compréhensive.
« C'est vrai que tu n'as jamais couru qu'en classe A… La classe B a toujours été plus populaire. »
« Je sais ça, mais quand même ! » ne put-il s'empêcher de s'exclamer. « Tout ce monde ? »
Sakura rit et posa une main réconfortante sur son bras.
« Ne t'inquiète pas, tu oublieras tout dès que tu seras en selle, de toute façon. En attendant, pourquoi est-ce que tu n'irais pas prendre un peu l'air ? Il faut que je reste ici pour les dernières vérifications. »
C'était une manière polie de lui demander de ne pas traîner dans ses jambes, et Naruto acquiesça, morose. C'était un vieux rituel, et il savait bien que Sakura devait se concentrer sur la préparation du rider, elle qui avait toujours été la mécanicienne chargée de l'équipe 7.
Tout de même, il ne tenait pas en place et alors même qu'il s'éloignait d'elle, ne put s'empêcher de chercher des yeux quelqu'un à qui parler. Malheureusement pour lui, il ne trouva que des mécaniciens pressés. Tsunade était partie régler il ne savait quel détail avec les responsables, et tous ses amis devaient être en train de s'installer dans les gradins, se fondant à la foule déjà présente…
Pour calmer ses nerfs, il bondit d'un pied sur l'autre. Evidemment, Sasuke était en retard ! se dit-il en fronçant le nez. Lui et ses deux larbins, parce qu'on ne trouvait pas l'un sans les autres, ces derniers temps.
Bien sûr, techniquement, ils n'étaient pas en retard, mais certainement pas en avance non plus. Contrairement à Naruto, qui n'avait quasiment pas dormi de la nuit…
Certain que Sasuke avait dormi comme une fleur, il soupira de dégoût et se résigna à suivre l'avis de Sakura, pour au moins espérer brûler son énergie en trop.
L'air chaud de Kaze no kuni formait comme un mur entre le hangar et l'extérieur et il s'arrêta un instant, le souffle coupé par la chaleur sèche qui régnait sur la ville du désert. L'été approchant, Kaze no kuni n'était définitivement pas sa destination de rêve…
Il repartit en tirant sur le col de son T-shirt, se demandant comment il allait bien pouvoir supporter l'obligatoire blouson sur la piste frappée par le soleil, sans compter le lourd casque. Peut-être qu'il pourrait enlever son T-shirt avant de mettre la veste ?…
L'espace alloué à Konoha s'inscrivait dans un bâtiment trapu en retrait de la piste, dans lequel étaient aussi accueillies toutes les autres équipes en compétition. Curieux, Naruto s'éloigna un instant de l'ombre pour tenter d'apercevoir les emblèmes des écuries. Il y avait sans doute eu une liste de la concurrence dans le dossier que Tsunade leur avait donné à potasser en début de semaine, mais franchement, Naruto ne s'était pas donné la peine de l'ouvrir. S'il y avait quelque chose d'important à retenir, Sasuke le lui dirait. Lui était bien plus porté sur l'improvisation, de toute façon.
Le dernier hangar de la rangée attira son attention. Tandis que la plupart des écuries s'étaient installées plus ou moins à la va-vite, donnant aux lieux une impression de joyeux fouillis, celle-ci tranchait par l'ordre qui semblait y régner et la démarche assurée des techniciens. Ils agissaient comme si tout était pour eux une mécanique bien réglée, que leurs gestes avaient déjà été accomplis mille fois.
Intrigué, Naruto s'approcha. Alors qu'il n'était plus qu'à quelques mètres, une silhouette émergea du hangar et il s'arrêta net.
Le soleil implacable de Kaze no kuni alluma des reflets de feu sur une courte chevelure rousse, et Naruto, incrédule, croisa le regard vert d'eau de Gaara Sabaku.
De longues secondes de silence régnèrent.
« Uzumaki. »
Naruto sortit de sa transe et entreprit de couvrir les derniers mètres qui les séparaient.
« Gaara ? » dit-il, se souciant peu de son formalisme. « Toujours sur le circuit du Sable ? »
Il s'immobilisa à nouveau et se frappa le crâne avec un sourire contrit.
« Ah, désolé. Question stupide, pas vrai ? »
De la même manière que Konoha ne manquait jamais une course sur le circuit de la Feuille, il était naturel que le rider star de Suna fasse son apparition sur celui du Sable.
« Qu'est-ce que tu fais là ? »
La question n'avait rien de chaleureux, et le sourire de Naruto disparut. Le regard de Gaara était dur, plus froid que jamais.
« Tu ne rides plus, alors… qu'est-ce que tu fiches ici ? »
Une fois n'est pas coutume, Naruto ouvrit la bouche sans rien trouver à dire. Gaara et lui n'avaient peut-être jamais été des amis très proches, mais après la première et dernière course dans laquelle ils s'étaient affrontés, ils étaient parvenus à une sorte d'accord…
Après plusieurs démêlés judiciaires avant sa majorité, Gaara était devenu un rider pour prouver à sa famille qu'il pouvait devenir plus que le délinquant qu'ils voyaient en lui. Naruto s'était senti lié à lui, par leurs passés si similaires, mais il ne lui avait pas fallu longtemps pour comprendre que les méthodes du roue-libre n'avaient rien à voir avec les siennes. Prêt à tout pour atteindre son but, Gaara n'avait aucune morale sur la piste, et il avait fallu que l'équipe 7 de Konoha l'écrase sur son propre terrain pour qu'il jette enfin un œil neuf sur ses actes.
Il avait cru qu'il y avait au moins un peu d'amitié entre eux, mais… De toute évidence, sa décision de renoncer à la piste avait touché bien plus de gens qu'il ne l'avait anticipé.
Comme il luttait toujours pour trouver quelque chose à dire, un bruit de course retentit soudain derrière lui. Une main ferme saisit abruptement son poignet. Naruto sursauta et leva les yeux sur le visage pâle de son coéquipier.
« Sasuke ? » souffla-t-il, jetant un regard abasourdi à leurs mains qui se détachaient déjà.
Sasuke avait initié un contact physique ? Peut-être qu'il n'était pas le seul à mal supporter la chaleur…
Gaara avait étréci les yeux, et c'était entre Sasuke et lui à qui détournerait le regard le premier. L'hostilité dans l'air était presque palpable.
« Uchiwa… Ta chute semble t'avoir rendu… nostalgique. »
Dans sa bouche, le mot était une injure.
« Vas-tu aussi exposer dans ton salon ton vieux rider de classe A ? »
Naruto se hérissa de s'entendre comparer à une vieillerie tirée d'un placard. Sasuke changea de jambe d'appui de sorte à ce que son épaule se trouve entre lui et Gaara, le dissuadant de bondir.
« Ce n'est pas moi qui vit dans le passé, Sabaku. Je n'ai plus tout à fait les mêmes manies qu'à treize ans. Comment se porte le record d'accidents sur le circuit du Sable ? »
Gaara baissa le menton, rendant son regard cerné de noir plus menaçant que jamais. Naruto avait peur de comprendre.
« Quoi ? » s'exclama-t-il d'une voix forte, brisant le face-à-face des deux roues-libres. « Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Gaara, tu n'as pas… ! »
« Mêle-toi de ce qui te regarde, Uzumaki » siffla le rider. « Tu es la dernière personne qui puisse se permettre de donner des leçons. »
Cela ne le fit pas taire, bien au contraire.
« Non mais ça ne va pas ?! Que je sois sur un rider ou pas, je peux toujours te botter le cul si je veux, petite frappe ! Un truc ne se passe pas comme tu en as envie, et tu fais le gros gamin et oublie de grandir ? Gaara ! Tu t'es remis à tricher ? »
Un rictus sans joie se peignit sur le visage du roue-libre.
« Tu ne devrais pas lancer ce genre d'accusation sans preuve. Le circuit du Sable a toujours été très périlleux pour les incompétents. »
Sasuke enserra son biceps d'une poigne implacable, et la douleur rappela à Naruto une scène similaire vieille de huit ans. Bien sûr, les règles n'avaient pas changé. Provoquer une bagarre les renverrait automatiquement de la course…
« Et moi qui croyais que tu allais enfin quelque part… » gronda-t-il, tremblant de rage. « C'est à cause de moi, c'est ça ? Juste parce que j'ai décroché ? »
« Ne te monte pas la tête ! » l'interrompit-il brusquement. « Tu crois vraiment que tu as tant d'importance ? Tu n'es pas le nombril du monde. »
Et pourtant, la colère brûlant dans son regard depuis qu'il l'avait aperçu pouvait difficilement s'expliquer autrement.
Soudain, Naruto se trouva incapable de lui en vouloir. Lui qui ne voulait jamais qu'aider les autres, n'avait pas imaginé pas que son départ ait pu blesser quelqu'un comme Gaara si profondément.
En un sens, c'était sa faute. C'était lui qui avait abandonné, qui avait été assez lâche pour ne plus supporter la vue d'un rider. Il n'avait jamais pensé qu'en coup de vent à ceux qu'il laissait derrière lui, les souvenirs étaient trop amers pour qu'il s'y attarde. Il ne s'était jamais demandé si Sakura regrettait de ne plus pouvoir travailler avec deux amis chers ; si la vieille Tsunade n'était pas déjà lasse d'un travail qu'elle n'avait accepté que parce qu'il avait insisté ; si ce vieux pervers de Kakashi, derrière ses airs de clown, s'en voulait de n'avoir rien pu faire pour ses deux meilleurs élèves.
Il s'était encore moins interrogé sur les personnes extérieures à Konoha. Le petit Inari de Kiri no kuni, qu'était-il devenu depuis tout ce temps ?
Il avait voulu courir loin de tout, tout oublier, et au bout du compte, c'était lui le plus bel égoïste de l'histoire.
Sasuke changea discrètement de jambe d'appui, et Naruto reporta son regard sur lui.
Oh et puis, qu'est-ce que ça pouvait bien changer ? Se lamenter sur le passé, c'était le propre de Sasuke, ça ! Et puisque cet enfoiré était définitivement de retour à Konoha, Naruto se jura de lui en laisser le monopole. Il y avait déjà bien trop goûté ces dernières années.
Deux personnes émergèrent du hangar de Suna et se dirigèrent vers eux.
« Gaara ! » s'exclama le plus grand des deux, un pilote au visage peinturluré, la capuche de son blouson rabattue sur ses cheveux. « Qu'est-ce que tu fiches, on doit bientôt y aller ! »
Gaara se retourna pour leur adresser un regard assassin. Kankuro et Temari s'arrêtèrent net devant la mauvaise humeur de leur petit frère. Leurs regards glissèrent naturellement vers les deux autres riders qui se tenaient là. La présence de Sasuke était bien normale, mais son compagnon…
« Uzumaki ? » fit Temari, haussant un sourcil incrédule.
Gaara se détourna brusquement et se dirigea vers le hangar.
« On y va. »
Le regard perçant de la mécanicienne glissa de son petit frère au pilote blond, mais elle ne fit aucun commentaire.
Appréciant peu qu'il lui tourne le dos, Naruto eut tôt fait d'interpeller le roue-libre.
« Hé, Gaara ! Ne crois pas que tu vas t'en tirer comme ça. »
Gaara l'ignora.
« Peut-être qu'une répétition d'il y a huit ans te remettra du plomb dans la cervelle ? »
Cela eut cette fois le mérite de capter son attention. Il fit volte-face et fixa un regard pénétrant sur Sasuke.
Le roue-libre se tenait à présent en retrait, attendant patiemment que Naruto ait fini de le provoquer. Attendant que son partenaire ait terminé de régler ses comptes. Comme huit ans auparavant. Sasuke suivit le cours de ses pensées sur son visage et lui adressa un rictus satisfait, conscient qu'il venait de réaliser la raison de la présence de Naruto.
« Je t'aurais cru moins stupide, Uchiwa. »
Sasuke émit un son de gorge plein de dérision. Ecartant une mèche de son visage d'un coup de tête, il lui tourna le dos et s'éloigna.
« Ca se règlera sur la piste, Gaara ! » lança Naruto avec un large sourire, avant de le suivre.
Rejoignant son partenaire en quelques enjambées, il le bouscula d'un coup d'épaule.
« Pourquoi est-ce que tu ne m'as rien dit, enfoiré ? » demanda-t-il, reprenant son sérieux.
« Je n'en aurais pas besoin si tu lisais les dossiers toi-même, abruti. »
Naruto le fixa intensément, mais la répartie de Sasuke avait le goût du remâché. Bien que le roue-libre s'en défende, les habitudes entre eux reprenaient vie avec une facilité déconcertante. Sasuke ne s'était nullement attendu à ce qu'il lise les documents fournis par Tsunade. Satisfait, Naruto croisa les mains derrière sa nuque avec un sourire éclatant.
Sasuke semblait lutter pour se persuader que c'était là toutes les explications qu'il lui devait, mais le silence attentif de Naruto eut raison de sa volonté.
« Ca m'a pris du temps de vérifier son implication dans les accidents. Je voulais être sûr. »
« Alors il a vraiment recommencé, hein ? »
« Hm. »
Ils atteignirent le hangar de Konoha et s'arrêtèrent brièvement. Naruto leva des yeux pensifs au ciel. Sasuke fixa son regard sur le ballet des mécaniciens, l'expression intense.
« Ca ne sera pas comme il y a huit ans, Naruto. C'est la classe B. Gaara et Kankuro ont beaucoup évolué. Tous les riders qui seront sur la piste aujourd'hui en ont bavé pour être ici. »
Naruto croisa son regard. Il savait qu'ils n'avaient pu entrer en compétition qu'à cause du rang de Sasuke. Lorsqu'il s'agissait d'être acceptés dans une course, son absence prolongée des circuits signifiait que Naruto n'était qu'un poids mort. Pour tout le monde, dans cette course, il aurait le statut d'un parfait débutant.
Un sourire plein de dents se glissa sur son visage. Plus il était insignifiant pour ces gens, et plus Naruto se sentait gonflé du désir de leur prouver qu'ils avaient tort.
Etonnamment, sa morgue ne mit pas Sasuke en colère. Bien au contraire, un rictus plein d'arrogance naquit sur ses lèvres en réponse.
Ce n'était qu'une marche, et ils s'étaient jurés d'atteindre le sommet.
Les uns après les autres, les équipages sortirent des hangars. Pour chaque écurie, deux mécaniciens soutenaient de part et d'autre le rider vide d'occupants et le guidaient vers la ligne de départ. Certaines paires de riders suivaient directement dans leur sillage, tandis que les autres recevaient encore leurs dernières consignes à l'abri des regards.
Assis dans les gradins, les amis de Naruto observaient les préparatifs sur le grand écran devant eux, écoutant d'une oreille distraite les premiers débats des commentateurs.
« Hé, c'est Grand Front ! » s'exclama Ino.
La chevelure rose de Sakura était facilement reconnaissable malgré le plan large de la caméra. Elle conduisait le rider de Konoha d'un pas sûr, accompagnée de quelqu'un qui ressemblait à Shikamaru. Personne ne les suivait.
Juste à cet instant, un zoom du rider s'afficha dans un coin de l'écran, comme cela était déjà arrivé pour la majorité des concurrents.
« … et en parlant de surprise, » disaient les haut-parleurs, « il semble que Konoha nous en réserve une de taille, cette année ! »
« Hé oui Kotetsu ! Cela fait à peine quelques jours que l'on a appris la nouvelle de la fusion imminente de Konoha avec l'une de ses principales rivales, Oto. C'était déjà un choc qui en avait renversé plus d'un, mais quelle n'a pas été notre surprise lorsque Konoha a plaidé avec ferveur l'engagement d'une équipe hybride dans la course du Sable, avant même la conclusion définitive des accords ! »
« En effet Izumo. Le retour à la course de la star d'Oto, le jeune Sasuke Uchiwa, avait déjà de quoi réjouir. Mais après la très grave chute qu'il avait subie il y a quelques mois sur le circuit du Son, dans laquelle, rappelons-le, son pilote Juugo avait tragiquement trouvé la mort, nombre de connaisseurs s'étaient échinés à deviner qui serait le prochain partenaire de cette étoile montante. »
« Car tout le monde se souvient que l'écurie Oto dont Uchiwa est le PDG compte, hélas, peu de riders de haut niveau à son actif. »
« Il semblerait qu'il ait résolu le problème de la manière la plus inattendue qui soit, Izumo. »
« Tout à fait, car son partenaire aujourd'hui n'est nul autre qu'un pilote de Konoha ! »
« Sur lequel nous n'avons, à notre grande honte, que très peu d'informations. »
« Oui, on peut dire que la directrice de Konoha, la très célèbre Madame Tsunade, sait préserver le suspens. Pas un bruit n'a filtré sur le mystérieux pilote, malgré les rumeurs les plus folles qui se sont propagées dans la presse spécialisée ces derniers jours. »
« On dit que les organisateurs de la course eux-mêmes ignorent tout de cette personne ! »
Le murmure de la foule enfla, et les jeunes gens s'entre-regardèrent, interdits.
« Elle peut faire ça ? » demanda Kiba.
« La directrice a toujours eu un très fort pouvoir de persuasion » répondit calmement Sai.
Juste derrière eux, deux jeunes filles émettaient spéculation sur spéculation sur le mystérieux partenaire de Sasuke, allant jusqu'à prédire qu'il s'agissait de l'amour de sa vie qu'il avait rencontré à la maternelle, et qu'une tragédie l'avait séparé de la pauvre fille avant l'adolescence. Peut-être même qu'elle avait passé les dix dernières années dans le coma ! Un garçon assis avec eux leur fit sèchement remarquer que c'était du sport, pas un roman arlequin.
« Mon cher Izumo, je crois bien que tout le monde bout d'impatience d'en apprendre plus. »
« En effet, Kotetsu, mais que l'on se rassure ! Notre estimé collègue est à l'heure qu'il est en train de se renseigner et devrait nous revenir prochainement avec l'identité de cet énigmatique pilote. »
« En attendant, il n'y a plus qu'à espérer qu'il saura se montrer à la hauteur. »
« Oui, car les favoris aujourd'hui sont bien entendu la célèbre paire de Suna, Gaara et Kankuro Sabaku, qui n'ont pas perdu cette course une seule fois depuis leur passage dans la classe B, il y a cinq ans ! »
« … Et n'oublie pas de prendre le canyon de gauche, sinon vous perdrez de la vitesse. Naruto, tu m'écoutes ?! »
L'exclamation tira un ronflement surpris de Naruto, et il se redressa dans sa chaise en se frottant les yeux.
« Quoi ? C'est fini, on peut y aller ? »
Tsunade serra très fort les dents et les poings et se rappela pour la énième fois qu'une côté cassée n'aiderait pas cet idiot à négocier les virages. A sa droite, Sasuke se pencha et enroula le schéma du parcours d'une pichenette.
« On y va. »
« Mais… ! » s'exclama-t-elle, estomaquée, comme Naruto bondissait joyeusement de son siège.
« C'est bon » lui fut-il calmement répondu. « Cet idiot ne sait pas lire les cartes, de toute façon. »
« Hé ! Je sais les lire, je trouve ça chiant, c'est tout ! »
« Tu confonds ta gauche et ta droite, idiot. »
« C'est parce que les gens qui font ces cartes pourries ne savent pas dessiner ! »
« Mais vous ne pouvez pas y aller sans connaître le meilleur chemin ! » s'insurgea Tsunade.
« Je le connais » dit Sasuke. « C'est suffisant. »
Elle n'avait pas besoin de savoir qu'il donnait rarement des directions à Naruto. Cet abruti marchait étonnamment bien à l'instinct.
Naruto s'étira en bâillant, et aperçut soudain quelqu'un derrière l'épaule de Tsunade.
« Ah ! » s'écria-t-il en pointant du doigt, estomaqué.
Tsunade se retourna. L'un des mécaniciens amenait vers elle un homme qu'elle reconnut comme l'un des commentateurs les plus prisés des courses de riders.
« Tiens, Genma ! » le salua-t-elle.
Il ne lui répondit pas, trop occupé à pointer Naruto du doigt en retour.
« Ah, le gamin de l'hôpital ! » s'exclama-t-il, manquant en perdre le cure-dents perpétuellement fourré dans sa bouche.
« Quoi ? » fit Tsunade, perdue. « Vous vous connaissez ? »
Sasuke jeta un regard perçant à son pilote.
« L'hôpital ? »
Naruto eut un rire nerveux et regarda dans la direction opposée. Entre-temps, Genma avait remarqué son blouson de rider et un sourire rusé s'inscrit sur son visage.
« Vous m'en direz tant… Alors voilà le mystérieux pilote de Sasuke Uchiwa. Vous savez que vous avez mise toute notre petite communauté en émoi avec vos cachotteries, Tsunade ? »
Tsunade s'autorisa un rictus satisfait et croisa les bras sur son ample poitrine.
« Cachotteries ? » répéta Naruto sans comprendre.
Genma le saisit par les épaules.
« Ton nom, gamin ? »
« C'est Naruto Uzumaki ! Et vous feriez bien de ne pas l'oublier de sitôt ! »
« Hum… Uzumaki… »
Genma fronça les sourcils et se frotta le menton.
« Non, ça ne me rappelle rien du tout. Qu'est-ce que c'est que ça, Tsunade ? Vous n'engagez quand même pas un débutant dans une course de rang B ? »
Naruto se hérissa aussitôt. Il avait pensé que ce type était quelqu'un de bien, après l'avoir vu à l'hôpital avec son amie, mais s'il faisait l'erreur de le sous-estimer… !
A la surprise de tout le monde, Sasuke coupa l'herbe sous le pied de Tsunade.
« Vous vous dites spécialiste, mais vous êtes bien négligent. Retournez donc consulter vos dossiers de classe A avant de parler en toute ignorance. »
Genma écarquilla les yeux d'incrédulité. Loin d'être insulté, il esquissa un sourire chafouin sans quitter Sasuke des yeux.
« Oui… Je crois que je vais y aller de ce pas… »
Se tournant finalement vers Naruto, il lui adressa un sourire éclatant.
« Tu m'intéresses déjà, gamin. Tâche de te montrer à la hauteur, j'ai horreur d'être déçu. »
Comme il s'éloignait, Naruto ne put résister à l'envie de lui crier :
« Il ne faudrait pas voir à vous prendre pour le nombril du monde, vieux schnock ! Vous n'avez qu'à regarder, vous n'en croirez pas vos yeux ! »
Tsunade lui cogna le crâne de son poing fermé.
« Est-ce que tu sais au moins à qui tu t'adresses, marmot ? »
Genma quitta le hangar de Konoha, le regard brillant. Ce gamin s'était trouvé à l'hôpital de Ta no kuni à l'époque de l'hospitalisation d'Uchiwa. Et qui plus est, le fameux Rider de Glace d'Oto prenait la peine de desserrer les mâchoires pour lui ?
Peut-être qu'Uchiwa avait enfin fait quelque chose de plus intelligent que de s'acheter un partenaire en conserve.
« … et alors là, je lui ai mis un bon coup de genou là où ça fait mal pour lui apprendre à respecter la gente féminine. Ce n'est pas parce qu'une fille met une mini-jupe que c'est une pute, mer… ! »
Le récit d'Ino à une Hinata admirative fut coupé par l'exclamation de Kiba.
« Hé, ça y est, je les vois ! »
En effet, deux silhouettes venaient d'émerger du hangar de Konoha.
« Ah, ben c'est pas trop tôt ! » salua la future journaliste. « On commençait rien qu'un peu à s'ennuyer avec tous leurs blablas de classe B, classement national, et que tout le monde s'en fiche. »
Ils n'avaient pas été les seuls à remarquer cette arrivée. Une rumeur persistante enfla dans les gradins, et les commentateurs bondirent aussitôt sur le sujet.
« Et voilà enfin la paire de riders qui fait tant parler d'elle ! »
« Par ailleurs, notre confrère nous revient à point nommé. Quelles sont les nouvelles, Genma ? »
Bien sûr, malgré le gros plan soudain de la caméra, il était impossible d'apercevoir le visage des riders à travers la visière de leurs casques.
« Il semble que cette chère Tsunade soit vraiment décidée à nous étonner » répondit une nouvelle voix. « A ma connaissance, ce mystérieux rider n'a jamais couru sur un circuit de classe B. »
« Quoi ? » s'exclama-t-on dans le public. « C'est une blague ? »
« C'est pas vrai, j'y crois pas… »
« Uchiwa aurait accepté un débutant ? »
Ino ne put résister à l'envie de ricaner et de promener un regard démoniaque sur l'assistance. Elle ne connaissait peut-être pas grand-chose aux riders, mais elle connaissait Naruto. Ces imbéciles allaient en prendre plein la vue.
« Laissez-moi le temps de vérifier un détail » disait le dénommé Genma.
Après quelques secondes de silence des haut-parleurs, Genma eut un rire satisfait. Une photo récente de Naruto s'afficha dans un coin du grand écran, légendée par son nom et son âge.
« Voilà notre mécréant. Et laissez-moi vous dire que ce que je lis là en fait un candidat vraiment spécial. »
Sur la piste, Sasuke et Naruto pouvaient être aperçus en train d'échanger quelques mots avec Sakura et Shikamaru.
« Ne nous faites pas languir, Genma ! De quoi s'agit-il ? »
« Tout d'abord, il n'est effectivement répertorié que dans les dossiers des courses de classe A. Bien sûr, étant donné sa corpulence, vous ne serez pas surpris d'apprendre que sa dernière course remonte à huit ans déjà. »
« Huit ans ?! » s'exclama Izumo, de toute évidence très surpris.
Les deux mécaniciens commencèrent à s'éloigner, et Naruto enfourcha le rider. Il se retourna pour s'adresser à Sasuke.
« Et ce n'est pas tout, tenez-vous bien. J'ai là une petite perle pour vous. L'avant-dernière course d'Uzumaki s'est tenue il y a huit ans, en classe A… sur ce même circuit. A l'époque, le circuit de classe A du Sable était dominée par un seul et unique équipage… »
En dessous de la photo de Naruto, apparurent celles de deux inconnus.
« Gaara et Kankuro Sabaku. »
« Hein ? » fit Lee. « Ce n'était pas le nom des favoris d'aujourd'hui ? »
Le brouhaha autour d'eux lui donna raison.
« Je suppose que vous avez une raison de mentionner cette course ? » relança Izumo.
« Bien sûr. Elle a mis fin à la suprématie des frères Sabaku sur ce circuit. Ce qui a bien entendu eut lieu de la main d'Uzumaki, et de son partenaire de l'époque… »
A droite de la photo de Naruto et au-dessus de celle de Gaara, une dernière image vint refermer le carré.
« Sasuke Uchiwa. »
Les gradins explosèrent dans une ferveur fiévreuse. Ce qui ne fut en rien arrangé lorsque les deux riders de Suna disparurent de l'écran, laissant place à une liste qui se déroula sous le visage de Sasuke, intitulée "Pilotes connus". "Juugo" figurait tout en bas, et s'y ajoutait une date de début et de fin de partenariat. En toute première position, clignotait "Naruto Uzumaki".
Sur le reste de l'écran, Sasuke fit taire Naruto d'une bourrade amicale.
Les uns après les autres, les moteurs se mirent à gronder. Naruto attendit que Sasuke ait fini de prendre position derrière lui. Lorsqu'il referma les bras autour sa taille, leur rider s'anima à son tour sous leurs jambes.
Naruto coula un coup d'œil plus loin sur leur droite. En position derrière Kankuro, Gaara lui rendit son regard à travers les visières.
Il reporta son attention sur les feux de départ. Le brouhaha de la foule n'était plus qu'une lointaine rumeur à travers le casque et l'adrénaline montante.
Enfin, le compte à rebours commença.
Tous les riders se crispèrent d'un même mouvement, le regard fixé sur les feux mourant les uns après les autres.
La dernière lumière s'éteignit.
Les moteurs rugirent, des dizaines de jambes se levèrent, les riders s'élancèrent.
Aussitôt un peloton se forma, puis s'allongea. Trois équipages parvinrent à prendre la tête et s'élancèrent vers l'embouchure du premier canyon. Parmi eux figuraient Gaara et Kankuro.
Le reste des riders fut forcé de jouer des coudes pour grappiller quelques places sur les dernières centaines de mètres de terrain plat, après lesquels ils n'auraient d'autre choix que de s'engager quasiment en file indienne dans la gorge.
Faute d'entraînement, Naruto et Sasuke avaient effectué un départ conventionnel mais très loin du démarrage en flèche des trois équipes de tête. Les riders de l'avant du peloton adoptèrent volontairement des trajectoires changeantes pour dissuader les traînards de les doubler.
Serrant les dents, Naruto se déporta sur le flanc du peloton et poussa le moteur à son maximum. Libéré des manœuvres gênantes, il prit de la vitesse tout en fonçant droit sur l'une des parois encadrant le canyon.
A seulement cinquante mètres du mur vertical, il tourna à presque quarante-cinq degrés vers le peloton. Le rider aurait versé si Sasuke n'avait pas déjà amorcé le virage. Ils n'avaient pas encore atteint l'entrée du canyon que le roue-libre se redressait et se penchait déjà sur le flanc opposé du rider.
Ils franchirent l'entrée en diagonale et en frôlant la paroi de droite, et redressèrent une fraction de seconde avant la collision avec celle de gauche. Le rider qu'il venait de doubler fut si surpris qu'il effectua une embardée incontrôlée et perdit deux places.
« Konoha remonte en cinquième place ! » s'exclama Kotetsu.
« Au terme d'une manœuvre fort osée mais exécutée d'une main de maître » ajouta Izumo.
« Tout à fait. Malgré un démarrage difficile, on peut dire que le jeune Uzumaki n'a pas froid aux yeux ! »
« Oh, le con ! » s'époumona Ino pour la troisième fois de suite.
Elle était très pâle et s'éventait vivement avec le programme qu'on lui avait offert à l'entrée. A sa droite, Hinata n'en menait pas beaucoup plus large et semblait prête à s'évanouir.
« Les courses sont toujours aussi dangereuses ? » demanda Neji à Sai, un faible froncement de sourcils plissant son front.
« Ca dépend des imbéciles qui y courent » lui fut-il philosophiquement répondu.
« Suna est à présent en tête » fit remarquer Genma.
Ce fut assez pour briser le masque de sérénité de Sai. Neji remarqua aussitôt son expression troublée.
« Un problème ? »
« Oh… A votre place, je m'attendrais à une mauvaise surprise d'un instant à l'autre » dit-il en se refabriquant un sourire mielleux en un clin d'œil.
Cette remarque sibylline sembla étonnamment parler à Kiba. Son sourire de triomphe disparut et il pâlit d'un coup.
« Merde ! » jura-t-il en se mordant férocement le pouce. « Les frères Sabaku… »
Sur l'écran, le peloton de tête gagnait justement la seconde partie du circuit. Le canyon s'élargissait en une large zone circulaire dont le centre était criblé de précipices impressionnants. Des chemins étroits naviguaient entre les abîmes telle une dentelle de pierre.
Privé de la protection du canyon, l'équipage de Suna fut bientôt talonné par ses deux poursuivants. Il parvint malgré tout à s'engager le premier sur le dédale suspendu.
« Ils doivent passer là-dessus ? » s'écria Ino, les yeux ronds. « Et si quelque chose s'écroule ? Et s'ils tombent ?! »
« Il y a des filets » gronda Kiba sans lui prêter attention. « Mais si un rider les touche, il est disqualifié. »
« C'est toujours mieux que d'être mort ! »
Sai changea de position dans son siège. Ino jeta un regard à son visage inexpressif, et referma prudemment la bouche. Elle déglutit, une drôle d'impression dans le creux de l'estomac.
A cet instant, un bruit sourd retentit en direction de la piste. Des cris de stupeur s'élevèrent des gradins.
Sur l'écran, le dernier bout de passerelle que venaient de franchir Gaara et Kankuro s'écroula, emportant leur roue arrière et l'un des riders concurrents avec lui. L'autre équipage freina si fort qu'il dérapa et versa sur le côté, les roues à demi dans le fossé.
« Une équipe de secours sur la seconde section du parcours ! » s'écria Kotetsu. « Un rider dans le filet, un autre est à terre ! »
Le gros du peloton surgit du canyon.
Ils n'avaient pas plus tôt quitté le canyon étroit que deux riders les flanquaient déjà et les remontaient. Naruto jura intérieurement. En l'attente du transfert du matériel d'Oto, Tsunade leur avait donné l'un des meilleurs modèles de l'écurie. Mais contre des écuries novatrices comme Kiri ou Kumo, il était déjà presque obsolète…
Tandis que son partenaire cherchait à écarter leurs concurrents, Sasuke avait d'autres préoccupations. Son regard était toujours fixé à l'avant (… plus haut, plus loin, plus vite…), et l'avant avait soudain quelque chose de très intéressant.
Alors que les autres équipages en étaient encore à jouer des coudes et venaient tout juste de remarquer une silhouette étrange à travers les nuages de poussière, l'excellente vision de Sasuke avait déjà identifié un rider couché.
Il referma brutalement le poing contre la veste de Naruto, lui griffant presque l'estomac pour attirer son attention.
Naruto grimaça mais obéit instantanément à la main qui tirait sur sa poche droite, pivotant sans comprendre dans la même direction.
De l'autre côté des précipices, Gaara avait pris appui sur les épaules de Kankuro et effectué un gracieux saut périlleux par-dessus l'avant de leur rider. Juste à temps, car l'arrière du deux-roues pendait dans le vide et son poids avait failli les faire basculer.
Le flacon de composant chimique qu'il avait laissé tomber derrière eux avait fait son office. Malheureusement, le timing avait été trop serré : le rider d'Iwa les suivait de beaucoup plus près que prévu, et Gaara avait dû prendre des risques.
Tout en tirant le rider en sûreté, aidé par Kankuro qui poussait sur ses jambes, Gaara surveillait le peloton qui se dessinait à travers la poussière. Comme prévu, les riders étaient déjà engagés sur la passerelle centrale quand ils s'aperçurent que quelque chose clochait. Sur la piste étroite, les manœuvres de freinage propulsèrent deux équipages de plus dans l'abîme.
Mais Gaara plissa les yeux. Loin sur la gauche, un rider solitaire empruntait un autre chemin.
« Konoha a réagi à temps ! »
« On peut décidément compter sur l'extraordinaire capacité d'anticipation d'Uchiwa. »
A l'écran, le gros des riders formait une masse confuse. La course sembla presque s'inverser, comme les retardataires qui n'avaient pas eu le temps de s'engager sur la passerelle se trouvaient face à une aubaine. Ils s'éparpillaient déjà le long du fossé à la recherche d'autres voies tandis que l'avant du peloton, coupé dans son élan, s'efforçait encore de faire demi-tour dans la cohue générale.
Mais Konoha était loin devant, et naviguait sans hésitation la piste étroite sur laquelle ils avaient obliqué.
« De son côté, Suna s'apprête déjà à repartir » fit remarquer Genma.
« Une chance pour eux, ils ont échappé de justesse à la chute » ajouta Kotetsu.
« Une chance, c'est ça oui » grogna quelqu'un devant Neji. « Tout le monde sait bien que c'est eux qui ont provoqué ça ! »
« Chut ! T'es fou, tais-toi ! » lui enjoignit son voisin en jetant des coups d'œil nerveux autour d'eux. « Tu veux te faire lyncher par les supporters de Suna ? »
« Peuh ! Les officiels du circuit du Sable sont pourris jusqu'à la moelle. C'est à vous dégoûter des courses ! »
« C'est vrai » renchérit soudain quelqu'un sur la même rangée. « Il y en a marre de payer tous les ans pour voir toujours les mêmes gagner ! »
Neji, Lee, Hinata, Kiba et Ino s'entre-regardèrent.
« Tous les ans ? » articula muettement Ino.
Kiba hocha la tête avec une grimace.
« Puisque c'est comme ça, je soutiens Konoha ! » ajouta soudain le premier spectateur.
« Je croyais que tu détestais Uchiwa ? » demanda son ami.
« On s'en fout ! Suna, c'est que des pourris » s'écria un autre inconnu. « Allez, Konoha ! »
Le cri fut repris par des dizaines de voix alors que Suna avalait les derniers mètres qui les séparaient du second canyon, Naruto et Sasuke sur leurs talons.
Ino bondit soudain sur ses pieds, un mètre soixante-dix de glorieuse énergie.
« Vous vous y prenez comme des tapettes ! » hurla-t-elle.
Elle campa un pied sur le dossier du siège devant elle.
« ALLE-E-E-EZ KONOHA-A-A-A !! »
Il avait quelque chose de bouillant dans l'estomac.
Naruto ne quittait pas le deux-roues devant eux de ses yeux brûlants de colère. Si Sasuke n'avait pas réagi à temps, Suna n'aurait même plus de concurrence directe à l'heure qu'il était. La marge qui les séparait du reste des équipes encore en course était confortable, bien assez pour les conduire jusqu'à la ligne d'arrivée.
Miné par la rage, Naruto guettait la moindre occasion de souffler la première place à Gaara et Kankuro. Ces deux-là ne s'en tireraient pas si facilement, pas tant que Naruto Uzumaki était dans la place !
La gorge s'évasa soudain, et la pente abrupte qu'ils gravissaient s'aplanit. Les deux riders débouchèrent sur une étroite plaine de roche. Il s'agissait du point culminant du circuit, depuis lequel on dominait tous les canyons parmi lesquels serpentait la piste du Sable.
Naruto déboîta aussitôt et poussa le moteur jusqu'à ses limites. Ils grignotèrent peu à peu sur Suna, mais l'avancée était bien trop lente. Gaara tourna la tête et leurs regards se croisèrent à travers les visières. Les yeux du roue-libre étaient agressifs, mais méprisants. Leur matériel se valait, il était évident qu'ils ne parviendraient pas à prendre la première place par la vitesse pure.
Naruto l'ignora et continua obstinément à accélérer.
Kankuro leur jeta un coup d'œil en coin et eut un reniflement moqueur. Il reporta son attention vers l'avant et aperçut le prochain col.
Le canyon à venir présentait une corniche le long de sa paroi gauche, assez large pour un rider et séparée de la piste par une paroi à pic de presque trois mètres de hauteur. Bien qu'il fût tentant de l'emprunter pour échapper aux manœuvres de leurs adversaires, Kankuro savait d'expérience que ce serait une erreur : la corniche se terminait abruptement au bout de plusieurs centaines de mètres, obligeant les riders à perdre une précieuse seconde pour sauter sur la piste en contrebas.
Comme il repérait la pente sèche qui descendait vers la piste principale, il réalisa qu'ils s'étaient légèrement écartés d'une trajectoire directe. Redressant machinalement vers le centre du col, il faillit perdre le contrôle du rider lorsqu'un choc brutal fit trembler la carcasse du deux-roues et les déporta dans la direction opposée.
Estomaqué, il tourna la tête vers la droite et s'aperçut que le rider de Konoha les avait déjà plus qu'à moitié remonté et se trouvait dans la position idéale pour les empêcher de redresser. Pendant qu'il se concentrait sur leur trajectoire, Gaara n'avait pas quitté Naruto des yeux. Leur manque de concertation les avait empêchés d'anticiper le problème.
D'une pression coléreuse sur son estomac, Gaara lui ordonna de forcer le passage. Kankuro s'exécuta, mais le choc entre les deux riders eut le même résultat que la première fois : malgré les vibrations, le deux-roues de Konoha dévia à peine de sa trajectoire, tandis que le leur rebondit presque vers la gauche.
Gaara étrécit les yeux et ne tarda pas à comprendre. Le rider de Konoha n'était pas vieux, mais sa conception n'était pas très heureuse. Bien que pourvu d'un moteur puissant, il semblait inutilement lourd. C'était là sans doute un souci d'économie de la part de l'écurie, qui n'avait pas dû recourir au meilleur constructeur du marché. Mais bien que le deux-roues en soit ralenti, Naruto avait converti son poids et sa robustesse excessive en un atout en s'en servant pour bloquer leur trajectoire.
Pour ne rien arranger, Sasuke avait anticipé son plan et s'était tassé sur la selle bien avant la première tentative de Kankuro, abaissant leur centre de gravité et se penchant subtilement sur la gauche pour les préparer aux chocs.
Ils franchirent le col, et Suna n'eut d'autre choix que de s'engager sur la corniche pendant que Konoha dévalait la pente de la piste principale.
Gaara étouffait de rage. Ce petit arriviste, qui n'avait pas eu le courage de supporter une chute sérieuse et avait tout laissé tomber, se permettait de réapparaître comme le messie huit ans plus tard et de lui parler comme à un égal… A lui, qui n'avait eu de cesse de forger sa place toutes ces années durant !
Uzumaki, sa couardise et ses idéologies naïves n'avaient pas sa place sur un circuit de classe B, et il n'y aurait jamais mis les pieds sans la dernière lubie d'Uchiwa. Il ne tolèrerait pas que ce moins que rien le nargue !
Kankuro sursauta en recevant la dernière instruction de son frère. Il jeta un coup d'œil effaré vers le rider en contrebas, qui avait pris un peu d'avance sur le leur grâce à l'élan que la brusque descente lui avait offert.
Gaara ne pouvait pas être sérieux ? Kankuro savait depuis longtemps que son frère n'avait pas de pitié, mais jamais encore il n'avait été aussi agressif. Il pouvait toujours faire mine de ne pas avoir compris. Il apercevait déjà l'extrémité de la corniche, lorsqu'ils l'auraient franchie…
Mais Gaara répéta son geste, impatient, menaçant. Kankuro se tendit tout entier, pâle comme un linge.
Et comme il s'exécutait, il se maudit une nouvelle fois d'être trop lâche pour lui résister.
Très loin dans les tribunes, bien trop loin pour que les riders l'entende, les spectateurs se levèrent comme un seul homme et une clameur d'un volume extraordinaire couvrit les exclamations des commentateurs.
Apercevant un mouvement du coin de l'œil, Sasuke réalisa que Suna avait sauté avant la fin de la corniche. Il tourna machinalement la tête, et son regard s'écarquilla.
La roue avant du rider s'abattait droit sur lui.
Remarque : Certains d'entre vous pourraient être contrariés par la conduite de Gaara. Rappelez-vous que c'est un UA, et qu'il n'a guère eu le temps d'accepter que Naruto pouvait avoir raison, avant que celui-ci ne disparaisse de son radar. Ce qu'il a de toute évidence pris comme une trahison.
