Tout ce que nous avons à décider,
C'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti.


Une nouvelle bourrasque d'une violence rare explosa dans le tunnel. Les gobelins cherchèrent à s'échapper mais la force de l'ouragan les envoya se fracasser contre les parois. Le hurlement du vent ne parvint pas à couvrir les craquements écœurants des os qui se brisent et les cris de douleur et de terreur que poussèrent les créatures prises au piège par la colère de Thorin. Les nazgûls avaient déjà réveillé son ire en tentant de prendre le dessus sur lui un peu plus tôt, mais il pensait s'être calmé, jusqu'à ce qu'il n'aperçoive Bilbo encerclé par ces immondes gobelins.

Le hobbit haleta et porta sa main à sa tempe, à l'endroit où la masse qui l'avait jeté au sol avait frappé quelques minutes plus tôt, avant que Thorin n'intervienne. Il cligna des yeux plusieurs fois mais sa vision était troublée par la douleur, il ne devinait que les corps des gobelins qui percutaient violement les murs de pierre. Il sentit des mains l'empoigner et, pensant que c'était encore l'une de ces bêtes qui cherchaient à s'emparer de lui, il se débattit comme un diable, sourds aux paroles apaisantes qu'Aragorn cherchait à lui murmurer.

Thorin s'assura qu'aucune de ces créatures n'ait survécu avant d'éjecter sans ménagement le jeune humain qui tentait en vain de calmer le plus petit. Thorin avait vu le coup partir, il était arrivé au moment où le gobelin avait brutalement tenté d'assommer son hobbit afin de s'emparer de lui plus facilement, mais Bilbo avait évité le premier coup, mais pas le deuxième, celui qui lui avait percuter la tempe, moins ajusté, il ne pu que le mettre à terre, le gobelin avait levé la masse une troisième fois, mais l'ouragan l'avait cueilli à ce moment et il fut le premier à hurler sa douleur, le corps désarticulé gisant au pied du mur qu'il avait percuté.

Thorin n'avait mis que quelques minutes pour se débarrasser ensuite de la troupe de gobelins et il n'apprécia pas du tout la vu du jeune humain penché sur le corps de Bilbo, surtout qu'il lui maintenait les poignets pour éviter de se prendre un coup et qu'il lui murmurait des mots doux pour le calmer. Une fois Aragorn balancé au large, Thorin avait pris place auprès de son Hobbit, transformant sa main en brise fraiche et légère qui vint caresser la blessure juste sous l'oreille de Bilbo. Le voile de douleur qui stagnait dans ses yeux s'évanouit peu à peu et le souffle du plus petit se fit moins laborieux, si bien qu'il fini par fermer les paupières pour profiter encore un peu de la présence invisible de Thorin.

Puis, le dunedain s'avança et aida le hobbit à se redresser malgré le frémissement furieux qu'il sentit dans l'air autour de lui. Ils reprirent la route en dévalant le tunnel et s'arrêtèrent lorsqu'ils entendirent le bruit d'une cavalcade derrière eux. Bientôt, Kili, Fili et Arwen déboulèrent, évitant comme ils le pouvaient les flèches des orques à leur trousses et tentant parfois de riposter dans leur course. Il ne fallu que quelques minutes à Thorin pour mettre à terre le groupe ennemi puis pour s'assurer qu'aucun de ses neveux ne soit blessé.

Ils mirent ensuite quelques heures pour sortir du tunnel, au delà des Monts Brumeux et, une fois à l'air libre, ils montèrent un campement, à l'abri des arbres pendant que Thorin, de son côté, fit un tour afin de s'assurer que les alentours étaient bien sécurisés.

Arwen ramassa rapidement suffisamment de branches et de feuilles mortes et fit craquer son briquet pour allumer un petit feu. Elle resta agenouillée quelques instants, les yeux fixés sur les flammes qui dansaient doucement, l'esprit concentré sur sa demeure détruite qu'elle avait quittée .

- Etes vous blessée, ma Dame ?

L'elfe sursauta lorsque le jeune Aragorn s'approcha d'elle avec une lueur inquiète dans le regard. Elle secoua vivement la tête en négation, elle ne voulait pas que l'humain la soigne, surtout qu'elle n'avait seulement que quelques égratignures sans grande importance. Arwen offrit un petit sourire au dunedain qui n'insista pas et fit demi tour en haussant les épaules, après tout, la fille d'Elrond était assez grande pour être capable de s'occuper d'elle même sans son aide. Aragorn s'assit un peu plus loin et sortit distraitement sa pipe qu'il bourra et alluma sans vraiment se soucier du regard que les deux jeunes nains ressuscités venaient de poser sur lui. Bilbo, qui n'avait pas manqué le regard avide de Kili, eut la bonne idée de sortir sa propre pipe et son sachet de tabac qu'il proposa aux neveux de Thorin. Les yeux s'illuminèrent immédiatement et Kili lui arracha pratiquement le cadeau des mains avant d'entrainer Fili un peu plus loin pour déguster tranquillement la meilleure herbe de la Comté.

- Tu n'aurais pas dû, c'était enfin l'occasion pour eux de se sevrer, j'ai toujours trouvé qu'ils fumaient trop.

Bilbo sursauta violement et manqua de tomber du tronc où il était assis.

- Thorin ?! Par pitié, préviens moi quand tu es ainsi près de moi !

L'esprit eut un petit rire amusé et s'assit sur le tronc à côté du hobbit. En réalité, il ne s'était pas attendu à ce que Bilbo ne l'entende si distinctement. Il se contenta d'observer ses neveux qui riaient un peu plus loin. Kili assis entre les jambes de Fili qui était adossé à un tronc d'arbre, tous deux s'échangeant régulièrement ou la pipe ou un baiser selon leur gré. Thorin détourna le regard lorsqu'il comprit que, si la main de Fili n'était pas visible, c'était tout simplement parce qu'elle se baladait dans un endroit que la décence interdisait de nommer, pour le plus grand bonheur de Kili. Le spectre s'intéressa de nouveau au cambrioleur, qui retirait nerveusement du bout des ongles l'écorce du tronc sur lequel il était assis. Thorin eut un frémissement désagréable lorsque son regard accrocha l'anneau qui pendait au cou du hobbit et du retenir ses mains de se tendre vers le bijou pour s'en emparer.

- Thorin.. ? Tu es là ?

- Toujours.

- Est-ce que… tu pourrais… Me donner ta main, s'il te plait ?

Sans rien dire, l'esprit tendit son bras au hobbit qui, à tâtons, réussi en s'en emparer, puis, ses doigts remontèrent le long de l'avant bras en palpant consciencieusement le corps spectrale pour en atteindre la main. Il joua ensuite avec les doigts jusqu'à définir où se trouvait l'indexe qu'il garda d'une main tout en décrochant l'anneau qui pendait à son cou de l'autre. Il attrapa le poignet invisible alors qu'il passait le bijou au doigt du nain qui se laissait faire puis, timidement, avant même que Thorin ne reprenne consistance, il tira sur le bras pour l'amener là lui, sans lâcher son poignet et attrapant fermement le biceps ferme pour empêcher Thorin de chercher à s'éloigner. Le cambrioleur ferma les yeux alors que leurs lèvres se rencontrèrent, frissonna de plaisir lorsque la main du roi, dont il n'avait toujours pas lâché le bras, se posa sur sa cuisse, qu'elle malaxa tranquillement. Le semi-homme finit par attraper l'épaule du plus grand pour se coller à lui tandis que Thorin fit glisser sa main jusqu'à la taille sensible, ce qui amena Bilbo à se cambrer et gémir sous le touché de ses doigts. Le baiser dura encore de longs et délicieux instants, en rien troublé par la quiétude de la nuit qui s'installait et le crépitement du feu, un peu plus loin. Puis, les lèvres se séparèrent, Bilbo mis quelques secondes pour se demander comment et quand il avait bien pu finir sur les genoux de Thorin avant d'hausser les épaules et de glisser sa joue le long de celle, barbue, de son nain, puis, il alla se nicher dans le creux de son cou et se mit à sourire béatement lorsque les bras puissants se refermèrent sur lui pour le plaquer plus encore contre ce corps qui était censé être aujourd'hui froid et immobile, gisant dans les profondeurs d'un tombeau de pierre.

- Je t'en pris Thorin… Ne retire plus jamais cet anneau.

En réponse, le nain resserra son étreinte, manière tacite de dire au hobbit que la chose est impossible, qu'il faut s'y résigner et profiter, tant qu'ils le peuvent. Le hobbit entendit un soupir désespéré poindre dans la poitrine du nain et il en comprit l'origine lorsque les héritiers déchus prirent la parole:

- Oula ! Mais… Le feu est en train de s'éteindre !

- Ha, ça oui ! Il faut faire quelque chose !
- Et si on allait chercher du bois ?
- Bonne idée, on va y aller à deux, comme ça, on ramènera deux fois plus de bois !

Assise près du feu, Arwen eut la délicatesse d'hausser un sourcil et ne chercha pas à faire remarquer aux deux jeunes nains que son feu allait très bien merci beaucoup, surtout qu'elle se doutait que Kili et Fili allaient revenir les mains vides. Thorin se contenta de grogner doucement en voyant Fili pousser de manière urgente et précipitée son frère, ou plutôt, amant, vers la masse sombre de la forêt en se lamentant sur l'état du feu. Le roi allait apostropher ses neveux mais la bouche de Bilbo vint se sceller à la sienne, ce qui permit aux deux tourtereaux de s'évanouir dans la nature sans que Thorin ne les rappelle.

- Thorin… nous sommes loin de Fondcombe, le lieu est sûr, ils peuvent s'éloigner de nous quelques heures, ils ne risquent rien…

- Là n'est pas la question ! Ils ont beau être morts, ils restent des princes d'Erebor, j'aimerai qu'ils agissent en tant que tel. Au moins en public.
- Ils ne sont pas seulement morts ! Kili a été torturé par les Nazgûls et tous les deux ont passé une année entière à errer dans la mort, seuls et désemparés…

- Je le sais et je n'ai pas l'intention de les séparer, seulement de leur demander de s'éclipser de manière plus distinguer que cela. De toute façon, il est trop tard pour que je puisse dire quoi que ce soit maintenant… M'est avis que Fili a seulement attendu d'être hors de porté de voix pour épingler son frère contre un arbre et lui écarter les cuisses.
- Allons, tu ne peux pas leur en vouloir… Ils viennent de retrouver leur corps, ils veulent en profiter…

Bilbo se tu et toussa d'embarra lorsque Thorin ancra son regard dans le sien. Le hobbit se mit à rougir mais ne chercha pas à se dérober de la main du plus grand, qui était, jusqu'à maintenant, sagement rester dans le bas de son dos, qu'elle se mit à caresser de manière suggestive.

- Tu sais qu'ils ne sont pas les seuls à vouloir profiter d'un corps nouvellement retrouver… ? A la différence que, toi et moi, nous n'avons pas l'éternité devant nous…

Thorin continua de caresser le dos du hobbit cramoisi tout en approchant son visage. Leurs lèvres se lièrent, se quittèrent, pour mieux se retrouver. Grisé, Bilbo se cambra pour se coller au grand nain, il passa sa main entre les longues mèches noires pour s'accrocher à sa nuque tout en approfondissant le baiser qui prit en passion.

Le cambrioleur commença à se triturer les méninges pour dire de la manière la moins grossière qui soit qu'il était partant pour aller chercher du bois, avec Thorin, si le grand nain le voulait bien.

Mais finalement, il n'eut pas à réfléchir longtemps car, sans un mot, de manière bien plus classe que les deux jeunes nains ressuscités, Thorin se leva, portant sans peine le petit hobbit et s'éloigna silencieusement laissant derrière lui un tronc déserté, une princesse elfe qui dormait, à la manière de ses semblables, étendue sur le dos, ses longues mains posées sur sa poitrine et les yeux perdus dans les étoiles et un jeune dunedain assis un peu plus loin, concentré sur la lame de son épée qu'il aiguisait nonchalamment.

Accroché au nain qui marchait d'un pas souple au milieu des arbres sombres, Bilbo tachait de maitriser son souffle et ses pensées, de moins en moins cohérentes à mesure qu'ils avançaient dans l'ombre. Rassuré par la douceur des mains qui le portaient et par le souffle calme qu'il sentait contre son épaule, le hobbit prit sa respiration, et déclara d'une voix hésitante, le regard perdu et les yeux clos :

- Thorin… Je ne… je n'ai jamais fait ça… Je veux dire, je n'ai jamais connu personne, plutôt… si, quelques filles… mais jamais de...
- Mâles… ? Je sais… et l'idée me plait.

Arrivé dans la clairière qu'il avait découverte lors de sa ronde, Thorin affermit sa prise sur le hobbit et se laissa agilement tomber sur les genoux. Il fit asseoir Bilbo sur ses cuisses de manière à pouvoir le regarder dans les yeux et il porta la main à son visage pour lui caresser tendrement la joue.

- Tu n'as pas à être inquiet.
- Je ne le suis pas.

- Tu sais que tu peux m'arrêter dès que tu sens que je vais trop loin.

- Si j'en ai envie.

- Je m'arrangerai pour que tu n'en ais pas envie…

Les yeux perdus dans ceux, brulants, Thorin, Bilbo eut un petit sourire crispé. Sourire auquel le grand nain répondit avant de poser doucement son front contre le sien. Sa main vint à la chemise dont les boutons furent rapidement défaits par les doigts agiles.

- Tu sais que ça fait un bon moment que j'attends ça ?
- Quoi ça ?
- Ca.

Puis, sans ajouter un mot, Thorin posa sa main sur le torse maintenant dénudé du plus petit sur lequel il appuya légèrement tout en se redressant. Le hobbit se laissa guider et s'allongea dans l'herbe, le souffle court de voir le grand nain au dessus de lui, épinglé par son regard sombre. Il rougit légèrement lorsqu'il se rendit compte qu'il avait inconsciemment écarté les jambes, ce qui attira un sourire amusé de Thorin qui avait commencé à retirer une à une les pièces de son armure.

- Exactement ça : te coucher dans l'herbe et prendre place entre tes cuisses…

- Depuis quand ?

- Cette envie là me taraude depuis qu'un magicien fou m'a présenté à l'hôte d'une réception inattendue .
- Cette envie là ? Parce qu'il y en a d'autre ?

Un protège poignet tomba à terre, suivit presque immédiatement du deuxième et Bilbo se colla au sol lorsque Thorin posa ses deux mains de par et d'autre de sa tête et qu'il s'abaissa sur lui, un étrange sourire prédateur accroché aux lèvres.

- D'autres… oui. Quelque chose qui ressemble à ça.

Le nain prit appuie sur l'avant bras gauche tout en emmêlant sa main droite dans les boucles châtains du hobbit. Il joua un instant avec les mèches fines puis les empoigna fermement, tirant la tête du cambrioleur en arrière, exposant sa gorge blanche. Il vint poser ses lèvres sur la gorge qu'il explora un instant, jusqu'à ce qu'il ne trouve un point qui lui convienne. Bilbo tressaillit lorsque les dents aiguisées perforèrent sa peau et retint un souffle surpris lorsque la langue darda pour attraper les quelques gouttes de sang qui s'échappèrent. Le plus petit déglutit, les sensations étaient déjà puissantes et une douce chaleur commença à se rependre dans ses veines et, surtout, dans le creux de ses reins et dans son aine. La main qui tenait ses cheveux se fit plus douce et finit par glisser le long de son épaule pour aller caresser son torse alors que la bouche quittait sa gorge pour attaquer la jugulaire, le menton, puis la bouche de Bilbo qu'il tourmenta un instant avant de se séparer de lui. Thorin jeta un coup d'œil à la marque de ses dents qui ornait dorénavant le plus petit et, une nouvelle fois, cet étrange sourire prédateur que Bilbo ne lui connaissait pas vint fleurir sur ses lèvres.

-… Ne pas cacher le fait que tu m'appartiens, depuis que tu as signé mon contrat et que tu as traverser la Comtée en courant pour rejoindre ma compagnie.

Le hobbit écarquilla les yeux. Ceci expliquait beaucoup de choses quant au comportement belliqueux qu'avait parfois pu montrer Thorin envers quiconque appuyait un peu trop son regard vers le cambrioleur de la compagnie. Lui qui pensait que Thorin ne voulait simplement pas que l'on s'intéresse à lui sous prétexte qu'il n'en valait pas la peine… S'il avait su… ça lui aurait éviter quelques longs moments de déprime et de solitude durant l'aventure. Il leva le regard sur Thorin qui s'était redressé pour finir de se déshabiller. Bilbo s'assit à son tour et, sans hésiter, ses mains se joignirent à celles du guerrier pour l'aider à délacer les lanières de sa tunique. Amusé, Thorin le regarda défaire agilement tous les liens puis se laissa docilement faire lorsque le hobbit le débarrassa de tous ces tissus superflus et qu'il vint, plutôt timidement, poser sa main sur le torse puissant du grand roi. Il fit courir ses doigts avec dévotion le long des muscles saillants et caressa de sa paume la douceur des flancs, conscient du regard de braise qui était posé sur lui. Il finit par poser la main sur la poitrine du plus grand, à plat, qu'il laissa là jusqu'à ce que Thorin ne lui prenne le poignet pour l'éloigner doucement.

- Je suis mort Bilbo... tu ne le sentiras pas.
- Tu es déjà plus chaud que tout à l'heure…
- C'est ta propre chaleur qui se propage dans mon corps, ça ne durera pas.

Le hobbit se mordit la lèvre, juste avant qu'une bouche avide ne s'y colle. Les bras de Thorin se refermèrent sur le corps du plus petit qu'il amena contre lui, le portant presque. Le baiser s'approfondit, la langue du nain captura celle du hobbit qu'il entraina dans une valse effrénée. Puis, Thorin fit descendre l'une de ses mains le long de la taille du hobbit, brulant la peau, pour attraper une hanche qu'il dirigea vers son bassin. Ils gémirent tous les deux lorsque les érections entrèrent en contact et, spontanément, Bilbo se mit à rouler des hanches, leurs sens s'embrasèrent le plaisir leur monta à la tête. Il ne fallut pas longtemps à Thorin qui, n'y tenant plus, allongea une nouvelle fois le hobbit au sol tout en le déshabillant entièrement. Il lui caressa le dessous de la cuisse, jusqu'au genoux qu'il fit plier grâce à quelques attouchements légers. Sa main redescendit ensuite l'intérieur de la jambe puis continua sa route encore plus bas.

- Dis moi si je te fais trop mal.
- Tu sauras t'arrêter ?

La question était taquine, mais le ton restait crispé, c'est pourquoi Thorin choisit de ne pas y répondre. Il ne voulait pas l'effrayer, mais il ne voulait pas lui mentir non plus.

Bilbo eut un souffle heurté quand un premier doigt pénétra en lui. Il poussa un gémissement d'inconfort qui se brisa sur les lèvres de Thorin qui venait clamer une nouvelle fois sa bouche dans un baiser exigeant. Le cambrioleur se mit à trembler, il avait mal, il avait chaud, très chaud, soif aussi, de Thorin. Le grand nain entreprit de ravager toute peau à porté de bouche et embrassa, mordit et grignota le corps tremblant qui s'accrochait à lui. Bilbo commença bientôt à onduler de désir alors que Thorin ajoutait un deuxième doigt pour le préparer mais, bien vite, le besoin de prendre ce petit corps fut trop intense pour le grand nain qui se déshabilla rapidement avant de se placer entre les cuisses tremblantes. Il se pencha sur le hobbit, prenant appuie sur son avant bras pour venir l'embrasser de manière affamée et Bilbo répondit avec autant d'ardeur, nouant ses jambes autours de la taille du roi. Thorin rompit le baiser et caressa délicatement de la pulpe des doigts la joue du hobbit qui le regardait sans aucune crainte dans ses yeux qu'il ferma dès qu'il sentit le guerrier commencer à le pénétrer. Ce dernier, après une ultime caresse du pouce sur le coin des lèvres, passa ses doigts sur le menton, la gorge, descendit le long de l'épaule qu'il frôla doucement avant de poser sa main sur le bras qu'il caressa jusqu'à la jonction du poignet. Il attrapa ensuite la main du hobbit à laquelle il noua ses doigts juste avant de donner un premier coup de rein. Bilbo eut un accro dans son souffle et chercha à se cambrer plus encore pour se soustraire à la douleur de la pénétration, mais Thorin ressortait déjà de son corps et, d'un deuxième coup de rein, plus puissant, s'enfonça jusqu'à la garde dans le corps du hobbit qui gémit d'inconfort. Soucieux du bien être de Bilbo, Thorin s'immobilisa en jurant et enfouit son visage dans les boucles de son amant, incapable d'empêcher sa main de parcourir avidement le corps qui lui était offert. Le cambrioleur en profita pour reprendre son souffle et ses esprits, conscient des tremblements de Thorin, toujours en lui, qui se retenait pour ne pas le brusquer. Bilbo passa doucement une main, l'autre étant toujours nouée à celle du roi, sur le dos tendu de ce dernier qui était collé à lui, impressionné d'y sentir une tension si forte, une puissance contenue qui ne demandait qu'à être libérée.

Quand Thorin recommença à onduler doucement en lui, il sentit un foudroiement de plaisir lui dévorer le bas ventre et, inconsciemment, il se mit à rouler des hanches pour approfondir le contact. Le roi n'en attendait pas plus. Il planta ses dents dans la chaire du hobbit en ressortant de son corps, qu'il pénétra de nouveau d'un puissant coup de rein. Puis il recommença, encore et encore. Ajoutant à chaque fois plus de vitesse, de puissance et de passion. C'était tellement bon que Bilbo en criait, les doigts plantés dans le dos de celui qui le comblait, sans se soucier du sang qui coulait le long de son épaule ouverte par les dents de Thorin, sans se soucier de la douleur qui refluait rapidement, à moins qu'elle ne soit simplement oblitérée par le plaisir. Et s'il n'y avait que le plaisir, ça aurait été supportable. Mais il se trouvait que la personne qui se mouvait en lui n'était personne d'autre que Thorin Ecu de Chêne. Le nain qu'il avait longtemps détester avant de se rendre compte qu'en réalité, celui qu'il détestait c'était lui même, pour être tomber sous le charme de ce roi en exil, puis pour ne pas oser lui avouer. Le nain qu'il avait vu mourir et dont l'âme s'était damnée pour sauver la sienne. Un coup de rein plus puissant lui fit voir des étoiles et il se cambra fortement, le souffle coupé.

- Thorin…
- Je suis désolé, je vais être plus doux.

La voix était grave, assourdie par un désir difficilement contenu, mais puissant, tellement que Bilbo gémit rien qu'en entendant les mots rouler dans le creux de son cou.

- Non… Je veux plus. Plus de toi. Ne te retient pas.
- Je ne veux pas te blesser.

Bilbo gémit une nouvelle fois, parce que Thorin venait de le pénétrer une nouvelle fois, mais de manière moins contenue, plus violente.

- Je suis celui qui t'a servi en tant que cambrioleur, tu ne me blesseras pas. S'il y a bien quelque chose que j'ai appris sur moi même durant cette expédition, c'est que je suis bien plus résistant que ce que l'on pourrait pens…

Bilbo ne pu finir sa phrase, parce qu'il cria. Fort. Et il allait recommencer à crier mais la bouche de Thorin vint sur lui pour le bâillonner tandis que le roi, qui ne cherchait plus à se retenir, s'il le pouvait, s'appliquait à ravager avec délice ce petit corps qui avait bien faillit être le plus grand regret qu'il ait emmener dans la mort.

Lorsque l'orgasme le transporta, Bilbo s'extirpa du baiser pour se cambrer plus encore, la tête rejetée en arrière. Thorin ne perdit pas une miette du spectacle et, bientôt, sa vue se brouilla alors qu'il se libéra à l'intérieur du corps de Bilbo. Il se laissa ensuite tomber lourdement sur le plus petit qui ne s'en plaignit pas, au contraire et ils restèrent tous deux enlacés, écoutant l'écho de leur respiration chaotiques, seul bruit qui troublait le silence de la nuit avec les battements de cœurs désordonnés du hobbit. Au bout d'un moment, Thorin attrapa le cambrioleur qui était coincé sous lui puis se retourna pour s'allonger sur le dos, gardant Bilbo contre lui encore quelques instants, avant de prendre la parole :

- Ce sera la dernière fois que j'userai de l'anneau Bilbo. Je refuse de le mettre à nouveau.

Il sentit le plus petit se tendre et il comprit que ce dernier cherchait à s'empêcher de supplier, parce qu'il savait que c'était une sage décision. Mais Thorin se sentit tout de même obligé de se justifier.

- Je sais que je vais avoir énormément de mal à le retirer. J'ai encore suffisamment de volonté. Mais, si on recommence, jamais je n'aurais la force de résister à son pouvoir… il me consumera, il a déjà commencé… Si tu savais ce qu'il me fait miroiter… une éternité à tes côtés et…
- Tait toi... ne l'écoute pas. Et… retire le.

Bilbo se mordit les lèvres. S'il y avait bien une chose qu'il refusait par dessus tout, c'était que Thorin retire l'anneau pour disparaître encore une fois, à tout jamais. Mais la peur de voir l'âme de Thorin se damner et s'éloigner de lui était bien plus forte que ce besoin. Alors il posa une dernière fois son visage dans le creux du cou de son amant, endroit qu'il affectionnait particulièrement et embrassa la peau avec dévotion.

- Ce n'est pas urgent… j'ai le temps de te dire au revoir une dernière fois.
- Ca ne ferait que rendre les choses plus difficiles.
- Mais ça enjolivera les souvenirs.

Bilbo se redressa pour faire face au visage du plus grand qui s'assit à son tour. Ils se sourirent tristement avant de lier leurs lèvres pour un baiser chaste puis Thorin enlaça le hobbit et le colla contre lui pour une étreinte pleine d'amour et de tendresse. Bilbo aurait voulut pleurer tellement il trouvait cette situation cruelle et injuste, mais, ne voulant pas gâcher ses derniers instants avec Thorin, il jugula ses sanglots et suivit distraitement des yeux une goutte de sang qui coulait le long du torse puissant du roi d'Erebor, fille d'une blessure que Bilbo avait faite à Thorin lorsqu'il avait planté ses ongles dans la peau de son amant.

Très vite, Bilbo fronça les sourcils et se redressa pour observer les petites blessures insignifiantes, du moins, pour un guerrier comme Thorin qui n'avait même pas du les sentir.

Le grand nain lança un regard curieux au hobbit lorsque celui-ci s'empara de sa main, qu'il caressa du bout des doigts avant de l'amener à sa bouche pour l'embrasser tendrement, électrisant le roi plus qu'il ne le devrait. Puis, le bouche de Bilbo remonta jusqu'au poignet et, sans prévenir, planta ses dents dans la chaire, mordant la peau jusqu'à ce que le sang jaillisse, faisant tressaillir Thorin, troublé. Bilbo regarda le liquide carmin couler sur la peau pâle, allant jusqu'à poser son doigt sur le sillon pour en récolter une goutte qu'il porta à sa bouche. Il ne vit pas les pupilles affamées posées sur lui se rétracter à cette vue, et, les yeux toujours fixés sur la blessure, il lâcha distraitement :

- Je ne savais pas que les morts pouvaient saigner…

L'annonce eut le mérite de changer les idées de Thorin dont l'esprit et le corps commençait à s'enflammer de nouveau. Il jeta un œil à sa blessure, les sourcils froncés. Il avait beau être mort, il ne s'y connaissait pas plus que Bilbo en la matière. Puis il haussa les épaules. Il sentait qu'il était temps pour lui de se débarrasser de l'anneau une bonne fois pour toute, que, s'il ne le faisait pas maintenant, il ne le ferait jamais. Il plaça sa main dans celle du hobbit, lui prit la nuque de l'autre et l'embrassa une dernière fois, le baiser prit en désespoir lorsque, doucement, Bilbo commença à tirer sur l'anneau et, lorsqu'il fut prêt à le retirer, il hésita, voulut profiter un peu plus longtemps. Ce fut Thorin qui retira son doigt d'un coup, et Bilbo se retrouva seul.

- Thorin ? Tu es là ?
- Toujours.


De l'autre côté du campement, hors de porté de voix et protégés par les arbres, deux corps dénudés s'écroulèrent, épuisés, l'un sur l'autre. Ils ne bougèrent pas pendant un bon moment, incapables de reprendre leur respiration, puis Fili, allongé de tout son long sur le dos de son frère, se redressa pour s'asseoir contre le tronc d'arbre le plus proche. Sûrement celui qui avait réussit la prouesse de supporter leurs ébats, du moins, la première partie. Il retrouva parmi ses vêtements éparpillés la pipe que leur avait prêtée Bilbo et commença à fumer tout en caressant nonchalamment du bout des doigts le corps du brun, toujours affalé dans l'herbe.

- Tu ne peux pas m'en vouloir Kee…
- Sauvage…

La réponse n'avait été qu'un grognement, néanmoins, Fili avait réussit à en comprendre le sens.

- C'est toi qui me suppliais pour avoir plus.
- J'ai l'impression que, toi et moi, nous n'avons pas la même notion du « plus ».

- C'est ce que tu dis maintenant…

- Je t'ai demandé d'arrêter…
- Vu le ton que tu as utilisé, ça n'avait du sens que le mot.
- Sauvage.

Fili expulsa la fumée dans un petit rire attendri et se baissa pour déposer un baiser tendre sur la première parcelle de peau à porté de bouche. La cuisse gauche. Grisé, il posa la pipe au sol et se pencha plus encore sur son frère, remontant le long de la cuisse avec une myriade de baisers, coups de dents et léchouilles. Il grignota la fossette dans le creux de la fesse puis celles qui ornaient les reins, s'amusa des tressaillements engendrés dans le corps alanguis qu'il finit par retourner sans effort. Il repris son exploration buccale en partant du nombril et remonta le long du torse jusqu'à en atteindre la gorge qu'il aurait bien tourmenté un peu si Kili ne lui avait pas attrapé les cheveux pour le forcer à rencontrer ses lèvres. Ils s'embrassèrent d'abord doucement, avec amour et tendresse, la passion qui les avait étreint un peu plus tôt semblait maintenant oubliée. Puis Kili se fit plus exigeant, força la bouche de son frère avec sa langue alors qu'il passait une jambe avide autour de la taille du nain blond. Fili eut un petit rire amusé et rompit le baiser pour regarder son frère dans les yeux.

- Fais attention à ce que tu fais, petit frère, tu vas encore trouver le moyen de te plaindre et de me faire culpabiliser après ça...
- Si tu culpabilises, c'est qu'il y a une raison…
- Tu crois ?
- Bien sûr… et j'aime te voir culpabiliser… Surtout quand la raison en vaut la peine…

Kili se mordit la lèvre inférieur, déjà bien meurtrie, et appuya sur le bas du dos de Fili à l'aide de sa jambe, l'amenant à coller son bassin au sien, montrant sans équivoque qu'il n'était pas si épuisé que ça. Les yeux ancrés dans ceux de son frère, il commença à rouler doucement des hanches, ne cherchant pas à retenir son gémissement, au contraire.

Fili le regarda faire quelques instants, savourant le spectacle et la friction. Puis il se plaça entre ses jambes, ne pouvant s'empêcher de murmurer pour la énième fois de la nuit :

- Mahal… Si tu savais comme tu m'as manqué toi..


Blablatage de l'auteur:

YO !
Je sais, cette suite s'est faite attendre.

Sorry ! (un petit pardon, ça devrait suffire, non?)

J'ai juste envie de dire merci à Aschen parce que elle m'a donné plein d'idées depuis le début de cette fic et que, en plus, c'est elle qui m'a pressé pour ce chapitre là qui aurait très bien pu arrivé bien plus tard dans la semaine (puisque peu de monde semble se soucier de cette histoire *tentative médiocre de l'auteur qui essaie de faire culpabiliser les lecteurs*)

Fin bref.

Merci d'avoir lu.

A plush.

PS: Pour ceux qui me lisent tard cette nuit (12 août) et que ne savent pas quoi faire (et qui ne vivent pas en ville où la lumière cache le ciel) Je vous conseille d'aller faire un tour dehors, on rentre dans les périodes de nuits d'étoiles filantes (Mi-aout) J'en ai déjà vu 7 (jusqu'à ce que mon crétin de chat qui a des lubies assez bizarres ne vienne se coucher sur mon visage).

Fin bref. C'est un beau spectacle, moi j'aime bien.