Disclaimer : Tout l'univers et les personnages de Twilight appartiennent à Stephenie Meyer !


Samedi 27 mars 2010 !

Bella

La première chose que j'ai faite en me levant, c'est d'aller me planter devant le miroir de la salle de bain. La marque de la morsure a disparue. Ça a marché. On est bien lié. Paul et moi avons fait l'amour il y a quelques heures. Je voulais attendre un peu, lui préparer un petit dîner et, pourquoi pas, le titiller un peu pour lui montrer que j'étais prête, mais quand il est rentré de patrouille, qu'il s'est collé contre moi, j'ai mis tous mes projets à l'eau. Je n'en pouvais plus. Et Dieu merci, il n'a pas tergiversé. Il a été d'une douceur que je ne lui connaissais pas encore. A travers sa douceur était mêlée un peu de sa sauvagerie. Il ne m'a pas fait mal, bien au contraire. A mon réveil, j'étais comblée et heureuse. Plus heureuse que jamais. Paul n'a pas voulu me lâcher quand j'ai voulu sortir du lit, mais il a fini par me laisser m'échapper. C'est vêtue de son t-shirt – le même que je portais quand il est rentré cette nuit, que je me suis dirigée vers la cuisine ensuite pour préparer de quoi manger. Je mourrais de faim.

Onze heures trente. Paul émerge enfin de la chambre. Le bacon est prêt, ainsi que les œufs brouillés. J'en ai fait le double que ce que j'en fais d'habitude. Nos assiettes sont prêtes, mais Paul m'attrape par la taille et me soulève jusqu'à la table. Ouh la, les filles avaient raison. A peine m'embrasse-t-il que j'ai encore envie de faire l'amour. Sauf qu'il n'est pas question que je le laisse faire alors que je suis sur la table de la cuisine.

« Paul, pas sur la table. »

« Et pourquoi donc ? » me demande-t-il avec ce petit sourire en coin qui n'annonce rien de bon.

Enfin, qui annonce qu'il a envie de jouer. Merde ! Et tu parles mal… La faute de ce bel étalon devant moi, entre mes jambes et à moitié nu. Comment suis-je censé résister à un regard pareil ?

« J'ai bien l'intention de te prendre où je veux. » me dit-il en me rapprochant davantage contre lui. « Et quand je veux. »

Il enlève la pince qui retient mes cheveux, puis, entortille ma chevelure dans sa main et tire ma tête en arrière pour fondre sur ma peau. Oh bon sang, c'est bon. C'est trop bon pour que je puisse résister. Je n'ai plus la force de l'arrêter, et je ressens au fond de moi que j'ai besoin de le sentir encore en moi. Oh non, je deviens accro. C'est peut-être de ça dont les filles me parlaient l'autre jour. Notre lien est là. Le rituel est terminé et Paul et moi sommes liés à jamais. On va passer le week-end à faire l'amour. Est-ce que j'en ai envie ?

« Dis-moi stop ! » Paul susurre à mon oreille, me mordille et me lèche le lobe. « Je ne m'arrêterais que si c'est ce que toi tu veux. »

« Sur la table, t'es sûr ? »

Son regard dans le mien, je vois ses pupilles devenir noires sous le coup du désir. J'ai ma réponse, il me veut sur la table.

« Sur la table. » répète-t-il en glissant ses doigts sur mes jambes. « Sur le canapé. Sous la douche. » Sa main droite se faufile entre mes cuisses. « Dans notre lit. » Il insiste bien sur notre. « Dans ta camionnette. » Le souffle me manque, ses doigts se rapprochent dangereusement de ma culotte et… Oh, Misère. « Je te veux, Bella, partout dans cette maison. »

Dès qu'il insère un doigt en moi, je me dis qu'il a bien fait de m'asseoir sur la table. J'ai des frissons, partout. Mes mains sur son torse, je le pousse mais je l'emprisonne de mes jambes pour l'empêcher de trop s'écarter. J'attrape son poignet et je le retire de ma féminité, au grand désespoir de mon loup, mais j'ai une autre idée derrière la tête. Quelque chose que je meurs d'envie qu'il refasse. Je m'avance sur le bord de la table, et je réussis par Dieu sait quel miracle, à enlever ma culotte. Bon, on va dire que le miracle s'appelle Paul parce qu'il fini de l'enlever à ma place. Il s'apprête à ôter son caleçon, mais je l'arrête. Je pose mon index sur ses lèvres, et ce qui sort de ma bouche par la suite déclenche un râle qui monte dans sa poitrine.

« Avec ça ! »

Sans me quitter des yeux, il s'agenouille et je vois sa tête disparaitre entre mes cuisses. Ma tête part en arrière. C'est meilleur que la dernière fois, sous la douche. Cette nuit, on n'a pas eu le temps pour des préliminaires en bonne et due forme, nous étions aussi impatients l'un que l'autre et… Oh Mon Dieu ! Comment est-ce que j'arrive encore à réfléchir alors que sa langue me… Hum, c'est trop bon pour être décrit correctement. Laisse-toi aller ! Et je me laisse aller tandis que sa langue m'explore profondément, et il n'arrête pas tant que je n'ai pas eu un orgasme, qui ne tarde pas à venir.

Allongés face à face sur le lit, je commence doucement à m'endormir. Après ce qu'il m'a fait sur la table, on est allé prendre une douche, et il a rapporté les assiettes du petit-déjeuner dans la chambre. On a mangé, et il n'a pas voulu que je quitte le lit, aussi, il est allé lui-même mettre les assiettes vides dans la cuisine avant de me rejoindre. Des mots sortent de ma bouche avant même que je ne puisse les contrôler :

« Dis-moi qu'on ne va pas passer le week-end à faire l'amour. »

« Non, rassure-toi. » me dit-il, les yeux mi-clos. Ouf ! « Juste les deux prochaines semaines. »

Je le frappe, ce qui le fait exploser de rire. Sa bonne humeur me contamine. Je ne suis pas en colère qu'il se soit un peu moqué de moi, j'aime le voir comme ça. J'aime l'entendre rire. Il est si beau quand il rit, et diablement sexy quand il sourit, surtout quand il a une idée derrière la tête. Dans ces moments-là, j'en oublie mon prénom et ce que je suis en train de faire, j'ai les jambes qui deviennent toutes molles et le cerveau qui déraille. Comme à l'instant. Il a ouvert les yeux et ses lèvres s'étirent légèrement. Allez, saute-lui dessus… Non, je vais résister en changeant de sujet.

« Tu m'as dit que tu m'aimais. »

« Ouais, je l'ai dit. »

Il replie son bras sous sa tête, et de son autre bras il me caresse la cuisse. Il n'a pas voulu que je remette son t-shirt, alors j'ai simplement remis ma culotte et j'ai passé mon bandeau pour cacher ma poitrine. Ses doigts sur ma peau éveillent mon désir, mais je suis vraiment épuisée.

« Il faut que je dorme. »

« Rien ne t'en empêche. » me dit-il.

« Tes doigts m'en empêchent. » Je le vois sourire à travers mes yeux qui commencent à se fermer. « Arrête. »

Je marmonne plus que je ne parle, mais ses doigts cessent de me caresser. La chaleur de son corps m'enveloppe, et je me retrouve attiré dans ses bras.

On a passé le week-end à ne rien faire d'autres que dormir, manger, et faire l'amour. On a tellement fait l'amour que j'en ai des courbatures le lundi matin. Epuisée de ma courte nuit, j'ai fait un petit somme dans la voiture. On a d'abord fait un détour par chez moi, afin de prendre quelques affaires pour mon nouveau chez moi. J'en ai longuement parlé au téléphone avec mon père, et j'ai été surprise de la facilité avec laquelle il a accepté que je déménage de la maison pour m'installer chez mon petit ami. Il a une confiance aveugle en Paul. Il ne le connait pas aussi bien que moi, mais il en sait suffisamment sur lui pour qu'il lui confie son unique fille. Bien sûr, il connait la vérité sur sa véritable nature. Il sait que les Cullen aussi sont des créatures surnaturelles et il sait toute la vérité sur ce qui m'est réellement arrivé pour que je finisse dans une chambre d'hôpital avec une jambe cassée. Il m'en a voulu de lui avoir caché la vérité, mais pas longtemps. Il en a surtout voulu aux Cullen pour m'avoir mise en danger. Aujourd'hui, mon père a fait la paix avec tout ça et bien qu'il connaisse la vérité, moins il en sait, mieux il se porte.

« Pourquoi il a fallu qu'ils se réinscrivent, ces buveurs de sang ? Ce n'est pas comme s'ils ont vraiment besoin d'aller au lycée. »

La tension est palpable dans la voiture de Paul, mais aussi à travers notre lien. En effet, les enfants Cullen sont de retour au lycée. Ils se tiennent près de l'escalier. Paul a garé sa voiture, et il a éteint le moteur. Oh que ça craint ! Il va sortir… et il sort de la voiture. Je jure intérieurement contre son impulsivité, et je sors à mon tour de sa Chevrolet. J'empoigne mon sac à dos et je me dépêche de rejoindre Paul et de le stopper en me plaçant devant lui.

« Respire, d'accord ? Je vais les éviter comme la peste toute la journée, et ce sera pareil les autres jours. » je tente de le rassurer en prenant une de ses mains dans les miennes. « S'il te plaît, ne fais pas de scène, pas devant mes amis. »

« Je ne vais pas faire de scène. » m'assure-t-il d'une voix un peu trop calme à mon goût. « Je vais simplement mettre les points sur les « i » avec ton ex. »

Il ne se dégage pas, mais sans que je ne le voie venir, il a réussi à entrelacer nos doigts et à se diriger vers mon ancienne famille. Du coin de l'œil, je vois Angela qui se hâte de me rejoindre. Elle a un regard presque terrifiée sur le visage. Aïe, elle aussi elle sent la catastrophe approcher à grand pas. Si Paul s'énerve, ça va mal se passer, d'autant que je connais trop bien Edward pour savoir qu'il ne se laissera pas dicter sa conduite si facilement.

« Bella ! »

La voix d'Alice est aussi mielleuse et inquiète que l'autre nuit. Elle veut se rapprocher de moi, mais je suis surprise de voir Angela s'interposer.

« T'approche pas d'elle. »

« Je peux savoir de quoi tu te mêles ? » lui demande Alice.

« Si tu ne veux pas que Paul pète un plomb au beau milieu des humains, je te conseille de faire attention à ce que tu fais. » lui explique Angela. « Et garde tes distances avec Bella. Vous lui avez assez fait de mal comme ça. »

« Tu ne sais rien. » claque Alice.

Ouh la, je ne l'ai jamais vu dans cet état.

« Temps mort ! » Je leur viens en aide afin de ne pas attiser encore plus les braises de ce feu dévastateur qui risque de ravager tout le parking. « Merci Angela de vouloir prendre ma défense. Et toi Alice, tu lui parles autrement. Angela est au courant de tout, d'accord ? Et pourquoi l'est-elle ne vous regarde pas, mais je rebondis sur ce qu'elle vient de te dire en insistant sur le fait que je ne veux pas que vous vous approchiez de moi, c'est clair ? » Je tourne la tête vers Edward, qui regarde mon Paul d'un œil mauvais. « Ça vaut surtout pour toi, Edward. »

Il ne rompt pas le contact visuel avec Paul, mais je le vois sourciller légèrement.

« Vous avez fini, tous les deux ? » je demande, fatiguée de ce sempiternelle combat de mâle. « « J'aimerais bien aller en cours. »

« Je vais juste mettre les choses au clair avec ton crétin d'ex. » dit Paul. « Ecoute bien, Cullen… » Oh Misère ! « T'es peut-être revenu à Forks, mais tu ne récupèreras pas Bella, parce qu'elle est à moi, maintenant. »

Ça y est, je suis devenue un objet. Je garde ma remarque sarcastique pour moi afin d'éviter un incident supplémentaire. Le petit face à face entre Paul et Edward sur le parking de mon lycée est déjà assez distrayant pour les autres qui doivent regarder cette scène en se demandant Mais pourquoi l'ex et le copain de Bella ne se battent pas ?

« T'as pas à me dire ce que je dois faire, ni à parler pour elle. » dit Edward.

Non mais quel con ! Je me prends la tête entre les mains en entendant une débilité pareille. Si je ne m'en mêle pas plus que ça, c'est justement pour éviter que Paul et moi on se dispute.

« Je ne parle pas pour elle, crétin de télépathe. » claque Paul d'une voix trop calme. « Tu sais ce que c'est l'imprégnation ? Non ? Alors je te conseille de faire des recherches approfondit sur le sujet, mais retiens juste une seule chose : Bella est mon âme-sœur, pas la tienne. T'as pigé ? Si tu la touches contre sa volonté, si tu l'approches sans sa permission, tu violes le traité parce qu'elle fait partie de la meute. Et une dernière info au cas où tu ne l'aurais pas déjà chopé dans ma tête, toute tentative d'approcher Bella chez elle est inutile, elle vit avec moi maintenant. J'espère que c'est bien rentré dans ta tête, sinon je te l'arracherais, parce que tu peux être sûr que télépathe ou pas, je ne te raterais pas. »

Paul me prend la main et m'entraîne – sans brusquerie puisque je le suis de mon plein gré, jusqu'à sa voiture. Il ne tremble pas, sa colère s'atténue à mesure qu'on s'éloigne du Club des Cinq. Angela nous rejoint juste au moment où la cloche sonne.

« Tu ne la lâches pas une seule seconde. » lui dit-il.

« Je la collerais même aux toilettes. » le rassura-t-elle.

« Bien ! » dit-il avant de me regarder. « A tout à l'heure. »

Il m'attrape par la taille et me roule une pelle monumentale. Il me maintient suffisamment la tête pour que je ne puisse même pas songer à rompre ce baiser, et de toute façon je ne veux pas que ce baiser prenne fin. WOW ! Il me laisse aux bons soins d'Angela, et remonte dans sa voiture. J'ai encore du mal à me remettre du baiser qu'il a déjà quitté le parking. Je reprends mes esprits et je suis Angela jusqu'au lycée. On n'a pas le temps de faire un tour par nos casiers pour déposer quoi que ce soit, et on se dirige directement vers notre premier cours. Bizarrement, j'ai pu compter sur Jessica et Compagnie afin d'éviter les Cullen. Ils ne m'ont posé aucune question. Ils ont vu que je n'étais pas heureuse de leur retour, et c'est tout. A la pause déjeuner, je m'assois avec mes amis, et les Cullen réinvestissent leur table, qu'Angela et moi avons souvent occupés pendant leur absence. On mange tout en parlant de tout et de rien, mais je vois que Lauren fixe la table des Cullen en fronçant les sourcils.

« T'as un problème ? » je lui demande avec mon air le plus gentil.

« Non, je me demande juste pourquoi ils sont revenus. » me répond-elle.

Ok, ça c'est une réponse à laquelle je ne m'attendais pas. Lauren a toujours été en pamoison devant eux, et elle n'a jamais caché qu'elle avait un faible pour Edward.

« C'est évident, non ? » dit Mike. « Ils sont revenus pour Bella. »

« Oui mais, Bella a un nouveau petit copain, et au vu de la galoche qu'il lui a roulé ce matin devant tout le monde, j'en déduis que tout roule entre eux deux. » dit Lauren. « Alors pourquoi ils sont revenus ? »

« Tu en déduis ? » répète Eric. « Je crois que c'est la première fois que je t'entends utiliser ce mot. »

« On s'en fou de savoir pourquoi ils sont revenus. » dit Jessica. « On s'en moque, pas vrai ? On a bien tous vu dans quel état ils ont laissé Bella, et c'était dégueulasse de leur part alors, on ne les calcule pas et on arrête de se poser ce genre de questions débiles. »

« Merci ! » je lui dis, souriante et sincère. « Plus sérieusement, évitez de parler d'eux quand je suis dans les parages, ou alors attendez que je me crève les tympans. »

Leur échapper est un combat de tous les instants. Alice et Edward sont les seuls à insister pour me parler. Ça ne m'étonne pas de Rosalie qui me déteste depuis le jour où j'ai rencontré Edward. Jasper est le plus discret de tous, et il est peut-être le seul à qui je devrais parler, juste pour le rassurer sur ce qui s'est passé à mon anniversaire. Quant à Emmett, il m'a toujours adoré, et c'est réciproque, mais je suis surprise de constater qu'il garde aussi ses distances avec moi. Il doit se dire que j'irais leur parler quand je ne serai plus en colère contre eux, ce qui n'est pas certains. Ce n'est pas vraiment de la colère que je ressens pour eux, mais de la déception. Ils sont partis sans même un au revoir. Alice m'a ignoré des mois entiers alors que je lui envoyais presque chaque jour des mails. Bref, mon pardon n'arrivera pas de sitôt, voire jamais.

Les jours défilent tellement vite que le mois d'avril touche bientôt à sa fin. Les profs ne nous épargnent pas. On révise sans arrêt, on a des devoirs à rendre chaque jour. Je me sers aussi des révisions pour éviter mes anciens amis. Par exemple, quand un prof est absent et qu'on doit combler une heure entière avant le prochain cours, on se retrouve tous à la bibliothèque de l'école. Lauren, Mike et Jessica me demandent souvent mon aide en Sciences et en Maths, et grâce à ça, je peux éviter les indésirable. Malheureusement pour moi, ça ne décourage pas Edward. Alice a fini par laisser tomber parce que Jasper lui a passé un sacré savon. Je les ai aperçu un matin, alors qu'on rejoignait la cafétéria avec Angela. Il devait en avoir marre de l'attitude de sa femme. Je ne me suis pas attardé et j'ai foncé droit vers la cafétéria parce que mon estomac réclamait de la nourriture. C'est un des effets de ma relation avec Paul. Après les cours, il vient me chercher et me ramène à la maison. Il me laisse faire mes devoirs parce qu'il sait que c'est important pour moi d'avoir mon diplôme de fin d'année, mais dès que je les ai « en partie » bouclé, il m'arrache à mes devoirs et c'est parti pour une partie de jambes en l'air, ce qui fait que je brûle énormément de calories. Ce dingue m'a rendu complètement accro au sexe. En règle générale, quand on fait l'amour pour la première fois, il nous faut du temps pour se remettre de la douleur, eh bah non. Pas dans mon cas. A croire que quand on est destiné à être en couple avec un Quileute, la douleur n'est qu'une blessure qui s'évapore aussi vite qu'un mal de tête.

En parlant de mal de tête, y en a un qui se fraye un chemin jusqu'à mon cerveau alors que je sors de toilettes avec Angela.

« T'es pire qu'un chien qui ne veut pas lâcher un os alors qu'il n'y a plus rien à ronger. » lui dit mon amie.

Edward ne la calcule pas une seule seconde. Son regard est continuellement fixé sur moi. J'en viens à regretter qu'il ne puisse pas lire dans mes pensées, il saurait enfin une bonne fois pour toute à quel point je le déteste.

« Qu'est-ce que tu veux ? » je demande, blasée du pot de colle qu'est mon ex.

Non mais qu'est-ce qui m'a pris de m'intéresser à lui, à la base ?

« Te parler ! » répond-il.

« Tu pourrais changer de disque ? » lui dit Angela, tandis qu'il se décolle du mur contre lequel il avait pris la pose.

« Tu pourrais te mêler de tes affaires ? » lui retourne-t-il. Heureusement que les couloirs sont déserts. « Ce n'est pas parce que tu connais notre secret que tu peux me parler comme ça te chante. »

« Je te parle comme je veux. » claque-t-elle. « Non mais tu te prends pour qui ? Tu t'en vas en l'abandonnant comme une… comme un déchet dans la forêt, tu ne donnes pas signe de vie pendant des mois, et quand elle est de nouveau heureuse, tu te repointes la bouche en cœur et tu crois qu'elle va te pardonner si facilement et retourner dans tes bras ? Tu devrais demander à ton père le docteur de t'ausculter, parce que t'es cinglé. »

Si Edward est surpris par la rétorque de mon amie, moi, j'ai envie de rire. Bon sang, qui aurait cru qu'une fille de pasteur avait un tel répondant ? Pas moi en tout cas. J'ai toujours connu mon Angela douce et timide, et non aussi sûre d'elle, surtout face à un vampire âgé d'une centaine d'années, et qui plus est, qui lit dans les pensées. Il doit en déferler des insultes dans l'esprit de ma copine, parce qu'elle ne dirait jamais de gros mots volontairement, et encore moins à voix haute. Je prie intérieurement pour que la tirade d'Angela ait suffisamment fait son effet pour qu'Edward s'écarte et me fiche enfin la paix, et c'est ce qui se produit, mais ma joie n'est que de courte durée. Il baisse la tête et, alors que je pensais qu'il avait enfin compris que je ne retournerais jamais avec lui, il pousse Angela assez fort pour que celle-ci s'écrase contre le mur. Je n'ai pas le temps de hurler qu'Edward m'attrape et me jette sur son dos avant de s'éclipser. Je voudrais me débattre, mais je ne peux pas. Il court trop vite. Il s'engouffre dans la forêt, moi perché sur son dos et je suis obligé de fermer les yeux parce que je sens que je vais lui gerber dessus. C'est tout ce qu'il mérite, mais je me gerberais dessus aussi. Quand le calvaire prend fin, je me retrouve sur mes jambes avec le plus gros vertige de toute ma vie. Je m'appuie au premier arbre qui me tombe sous la main, ou plutôt dans le dos, et je tente de reprendre mes esprits. Merde alors, qu'est-ce qui vient de se passer ? Je rêve, ou Edward vient de me kidnapper ? Quel connard de première. Crétin de vampire. Dommage qu'il n'ait pas le don de Jasper, il saurait à quel point je le déteste. Je sens que mon corps tout entier reprend légèrement ses fonctions normales. Mon envie de vomir s'évanouit, mon cœur se calme mais j'ai la sensation que ça ne va pas durer. Quand Paul va découvrir ce qui s'est passé, notre lien va m'envoyer sa colère en pleine poire. Avec précaution, je me redresse mais je garde les yeux fermés. Avec un peu de chance, tout ceci n'est qu'un cauchemar et je vais me réveiller à côté du corps nu de mon loup…

« Tu te sens mieux ? »

Eh merde, il a fallu que cet imbécile ouvre la bouche.

« Un peu, mais si j'ouvre les yeux, je risque de te vomir dessus tellement tu me dégoûtes. »

C'est sorti tout seul, mais j'en pense chaque mot. Doucement, j'ouvre les yeux, et quand mes pupilles se sont habitués à ce qui m'entoure, je suis soulagée de voir que cette balade à dos de vampire ne me fait pas voir tout en double. Edward se tient devant moi, mais il a gardé quelques mètres de distances. Il pas si con que ça.

« Je vois que t'es devenu vulgaire, tu devrais surveiller tes fréquentations. » me dit-il.

Le sarcasme ne va pas du tout à ce connard. Oui, je me mets à parler comme Paul mais à ce moment précis, je ne vois pas d'autre terme pour parler d'Edward.

« Et toi tu devrais aller tirer un coup, ça te rendrait moins con. » je lui dis. « Et ne pense même pas à répondre, sinon je hurlerais si fort qu'on m'entendrait même depuis Seattle. »

Il ravale son commentaire, et j'en profite pour poursuivre sur ma lancée. Il n'est pas question que je le laisse s'en tirer comme ça.

« Tu cherches à te faire tuer ? » je lui demande le plus sérieusement possible. « Non parce que c'est ce qui va t'arriver quand Paul va apprendre que tu m'as kidnappé. »

« Ton p'tit chiot ne me fait pas peur, et je le mettrais K.O avant même qu'il ne se jette sur moi. » me dit-il.

« Tu ne devrais pas le sous-estimer. » je le préviens en pointant mon index sur lui. « Paul est dix fois l'homme que tu es, et tu ne lui arrives même pas à la cheville. Non mais c'est quoi ton problème ? Pourquoi est-ce que tu ne peux pas accepter que je sois heureuse ? Tu n'es pas content que je décide de rester humaine ? Je suis sûre que Rosalie doit l'être, vu que c'est ce dont elle rêve. »

« Comment t'es au courant de ça ? » demande-t-il.

« Oh c'est bon, je ne suis pas débile. Elle me déteste mais j'ai fini par comprendre pourquoi. Et puis tu m'as raconté son histoire, tu te souviens ? Elle a toujours voulu une famille. » je lui réponds. Je sens mon cœur s'accélérer, et ce n'est pas très bon signe. « Je ne veux plus de toi dans ma vie, est-ce que tu comprends ? »

« Ce n'est pas ce que tu disais au bal. »

Il fait référence au bal qui a suivi mon séjour à l'hôpital après la traque de James.

« Tu as raison, j'ai voulu devenir un vampire parce que je croyais être réellement amoureuse de toi, et je l'étais. » j'avoue, tentant de calmer mes battements de cœur affolés par la rage qui doit consumer Paul en ce moment. « Mais c'est du passé, et tu dois vivre avec. Je ne suis pas ton âme-sœur, Edward. Je suis celle de Paul et je l'ai accepté. Lui et moi on ne fait plus qu'un, désormais. J'habite avec lui, et bordel j'ai transformé toute ma vie et mes projets d'avenir pour lui. »

« Tu vois, il va finir par te contraindre à rester dans ce trou à rat qu'est la réserve… »

« T'AS PAS LE DROIT DE DIRE ÇA. » Cette fois, j'ai criée. Je perds patience, je le sens. « Il ne m'a rien demandé, j'y pense toute seule. Je fais passer mon couple avant toute chose. Je n'ai pas besoin d'aller dans une grande fac pour avoir un avenir. Je connais tout le monde en ville, et je commence à connaître du monde à la réserve, chez moi, et j'ai bien l'intention d'y vivre pour le restant de ma vie. J'ai bien l'intention de m'y marier avec un loup-garou, d'y fonder une famille et d'y crever comme tout être humain. C'est ça que tu voulais entendre ? »

Parfois, il faut dire les choses de manière crue, et c'est ce que je viens de faire. Quand j'ai rencontré Edward, j'étais nouvelle et le fait qu'il s'intéresse à moi le rendait plus attirant à mes yeux, mais ça m'a aussi attiré pas mal d'ennuis, comme me faire traquer par un vampire fou furieux.

« C'est ma vie, Edward. Tu m'as quitté et j'ai avancé malgré que oui, ça m'a anéantie que tu m'aies abandonné comme une merde, mais j'ai avancé. Je me suis relevée grâce à la meute. Je fais partie de la meute. Je lui appartiens, et j'appartiens à Paul. Il faut que tu arrêtes de vouloir à tout prix me récupérer, parce que tu vas finir par te faire tuer. »

« Je ne peux pas effacer ce que je ressens. Bella, je t'aime encore. » m'avoue-t-il.

« Non, c'est faux parce qu'on n'est pas fait l'un pour l'autre. » je réplique. « Edward, l'imprégnation c'est du sérieux. Avec Paul, c'est du sérieux. Je n'aurais pas accepté de vivre avec lui alors que j'ai encore deux mois de lycée devant moi, et je n'aurais certainement pas couché avec lui si je n'étais pas sûre à cent pour cent que nous étions faits pour passer notre vie ensemble. La personne qui est faite pour toi est quelque part sur cette Terre, et tu vas la trouver, à condition que tu me laisses partir. »

« Avec ces chiens ? » crache-t-il. « Ils sont dangereux. »

« Je suis en sécurité avec eux, bien plus en sécurité que je ne l'ai été avec toi. »

Rien que le fait de l'avoir entendu traiter mes amis de chiens, ça me met en pétard, et le venin dans ma voix s'en fait ressentir.

« Ce ne sont pas eux qui m'ont fait ça… » j'ai relevé la manche de ma veste et je lui montre la cicatrice en forme de lune que j'ai au poignet droit, et que je garderais tout ma vie. « C'est un taré de ton espèce qui a essayé de me tuer, et même si je te remercie de m'avoir sauvé la vie, j'ai aussi une cicatrice sur le bras que je vais garder longtemps par ta faute. Ah, je n'ai pas encore fini. » je le stoppe avant qu'il n'essaye de se défendre. « J'ai failli crever littéralement de froid par ta faute, et deux vampires ont encore essayés de me tuer. Je suis vivante grâce à la meute. Ils ont tué Laurent et Victoria parce qu'ils voulaient ma peau, tandis que toi et ta famille vous m'avez abandonné. Tu reviens dans ma vie en t'introduisant dans ma maison en pleine nuit, tu me harcèles, tu pousses Angela et tu me kidnappes ? »

« Je ne lui ai pas fait mal, et elle n'avait qu'à rester à l'écart. » réussit-il à répliquer.

« Mais je parle à un mur c'est pas po… »

Je m'arrête en pleine phrase. Une douleur lancinante me déchire la poitrine jusqu'aux tréfonds de mon âme. Paul. Une plainte s'échappe de mes lèvres, et je dois m'appuyer contre l'arbre qui se trouve derrière moi pour garder mon équilibre. Bon sang, il est en colère et… il souffre. Tel que je le connais, il va croire que je l'ai abandonné pour retourner avec Edward. Non. Non. NON !

« Bella, est-ce que ça va ? »

Je musèle la douleur et je plante mon regard dans celui de mon abruti et suicidaire d'ex. La haine qui doit se refléter dans mes prunelles le fait reculer. Bien.

« Paul est au courant que tu m'as enlevé, espèce d'imbécile, et je ressens absolument tout ce qu'il ressent. Est-ce que tu sais dans quel état il doit être ? Combien de temps ça va me prendre pour réussir à le calmer ? »

« Tu… tu ne vas pas t'approcher de lui. » me dit-il.

J'entends un soupçon d'autorité dans sa voix. Putain, il est plus con que je ne pensais.

« Je… Ne… Suis… Pas… A… Toi… » je dis en détachant chaque mot.

« Bella ! »

Je reconnais la voix d'Alice, et c'est la première fois depuis longtemps que je suis contente d'entendre sa voix. Je réussis, le temps de quelques secondes, à calmer les battements hystériques de mon cœur, et je me redresse pour voir le reste des Cullen approcher, ou du moins les quatre qui font semblant d'aller au lycée. Etrange, Rosalie a l'air inquiète pour moi.

« Est-ce que ça va ? » me demande-t-elle en se rapprochant.

« Oui, mais il faut que je retourne auprès de Paul. » je lui réponds, en récupérant mon sac que j'ai laissé tomber par terre quand Edward m'a emmené ici. « Tu peux me ramener ? »

« Si tu veux. » me dit-elle.

« Bella… »

« Toi tu la fermes. » claque Jasper, qui coupe la parole à son frère. « Non mais t'es complètement malade ou quoi ? Qu'est-ce qui t'a pris de kidnapper Bella au beau milieu du lycée ? Tu cherches à tous nous faire tuer ? »

« Je voulais simplement lui parler. » se défend ce crétin.

« Elle ne veut pas te parler, merde. » réplique Emmett. « T'en as pas marre de jouer au con ? Laisse-la s'en aller. »

Je ravale les larmes qui menacent de couler, et je commence à marcher en direction du lycée, ou du moins je pense prendre la bonne direction. La colère de Paul s'amplifie et je manque de trébucher, mais la douce poigne de Rosalie me rattrape. Je suis étonnée de sentir autant de délicatesse émaner d'elle, connaissant notre passif.

« Merci ! » je lui dis.

« De rien, allez, avançons plus vite. J'ai peur que Paul ne reste pas de son côté de la frontière très longtemps. » me dit-elle.

Emmett nous rejoint, et nous marchons pendant une dizaine de minutes, quand mon cœur se met à battre plus vite, et que mes deux gardes du corps se figent.

« Il se rapproche, c'est ça ? »

« Oui, mais les garçons le retiennent et… Jacob approche. » me dit Emmett.

En effet, je vois mon meilleur ami courir vers moi sur ses deux pieds, et non sur ses quatre pattes. Je cours jusqu'à lui et me jette dans ses bras.

« Dieu merci, tu vas bien. » dit-il en me serrant contre lui.

« Il est où ? » je demande, sans avoir besoin de préciser de qui je parle.

« Quelques mètres derrière, les garçons essayent de le retenir, mais ce n'est pas facile. » me répond-il en s'écartant. « Tu es sûre que ça va ? »

« Oui, j'ai juste besoin d'être près de Paul. »

Il acquiesce et me prends la main pour m'emmener jusqu'à mon autre moitié, mais à peine ai-je fais deux pas que je m'arrête, et que je me retourne vers Emmett et Rosalie.

« Euh, merci ! » je déglutis. Je n'en veux pas vraiment à Emmett, ni à Rosalie. Depuis leur retour, ils n'ont fait que respecter mon besoin d'espace. « Dites… dites à Jasper que je ne lui en veux pas. »

« Compte sur nous ! » m'assure Emmett, qui compris de quoi je parlais.

« Et euh, Rosalie, je te promets de profiter pleinement de ma vie humaine. »

Le sourire qu'elle me lance est le plus rayonnant et le plus sincère que je n'ai jamais vu se peindre sur son visage. Dès à présent, nous serons de vraies amies toutes les deux. Mais avant de penser à développer cette amitié, je dois retrouver mon loup et l'apaiser. Je suis Jacob quelques mètres plus loin, et ce que je vois me terrifie. La forme immense et grise qui caractérise mon amour se déchaîne sous les crocs et les masses de nos amis. Seuls Seth et Leah ont gardés leurs formes humaines. J'ai peur qu'il ne blesse un de ses frères, alors je me détache de Jacob et je m'interpose entre Paul et la forme de loup de Sam. Des grognements m'entourent, mais je m'en fou royalement.

« Bella, t'es dingue recule. » me dit Leah.

« Non, vous reculez ! » je leur réponds. « Allez bande d'abrutis sur pattes, reculez et laissez-moi faire. »

« Bella… »

« Jacob, pour une fois depuis que je sors avec Paul, faites-moi un peu confiance, putain. »

Je crois que c'est la première fois qu'ils m'entendent tous dire un gros mot. Encore une fois, je m'en fou. Mon regard ne quitte pas celui de Paul, et même si sa colère est omniprésente en moi, je la balaye d'un revers de la main en lui envoyant une dose de tout l'amour que j'ai pour lui.

« Paul, calme-toi, je suis là ! »