Chapitre 9: In This Game Together
Bonjour, vous vous posez tous et toutes tellement de questions ! Je vous promet d'y répondre au fil des chapitres mais vous comprenez bien qu'Edward ne peut vous raconter que ce dont il se souvient… Vous verrez au fil des chapitres vous allez comprendre et même rien qu'avec celui là vous serez bien bien avancés.
Et au fait les guests, si vous voulez vous pouvez signer avec un prénom ou un pseudo afin que je puisse vous répondre plus personnellement si vous le souhaitez ;)
Ah oui j'ai envie d'essayer de faire des chapitres vraiment longs (dans les 10 000 mots histoire que vous ayez quelque chose de consistant à lire) mais je ne sais pas si je vais réussir à m'y tenir, quand j'écris j'ai tellement hâte que vous le lisiez que je veux vite poster mais voilà je vais essayer de faire ça ! Et j'aurais peut-être besoin de deux semaines entre chaque chapitres pour avoir de l'avance et je pense poster le samedi ! Vous savez tout !
Yuckie78: Merci encore pour avoir repéré cette petite erreur dans la chapitre précédent ! Et merci d'être toujours là j'espère vraiment que cette suite va te plaire et que l'histoire va continuer à te plaire !
Guest: C'est un bordel comme tu dis, oui ne t'inquiète pas le chapitre est là !
Guest: Merci de ton encouragement je suis contente que ce choix ne t'aie pas déçu(e), j'espère que cette suite continuera à te plaire.
Romeila: Je t'ai déjà répondu en MP mais je tiens encore à te remercier pour tes petits mots ils me touchent vraiment tu cernes très bien les personnages et je suis trop contente de lire à chaque fois des avis aussi engagés ! Merci !
In this Game Together
EPOV
Noël, je déteste cette période il n'y a rien de pire que ce besoin qu'ont les gens de se raccrocher à un espoir futile que la famille puisse être réunie et heureuse au moins un seul jour dans l'année.
Ça faisait deux mois. Deux mois aujourd'hui que Kate et moi avions rapidement pris le chemin de la mairie pour se marier le plus simplement du monde. J'avais ce besoin de faire quelque chose d'incompréhensible et de totalement décalé, j'avais besoin de faire ce qu'un psy aurait décrit comme un besoin compulsif de me faire du mal. Je suis dans l'auto destruction en permanence depuis ce putain de Mardi d'Octobre où la pompe qui me sert de coeur s'est crevée dans ma poitrine.
Cette chose que vous appelez coeur est pour moi aussi noir que la nuit. Je ne ressens rien je ne vibre plus. Je survis.
Je souris parfois pour faire plaisir à ma femme. J'ai une alliance au doigt.
Kate est heureuse.
La plus heureuse du monde. Enfin c'est ce que je crois.
Elle avait foncé sur l'occasion ce jour là, je lui avais fait ma demande par téléphone ridiculement... Et elle avait accepté, elle était plongée la tête première dans cette vie avec moi. Et finalement je consolais mon âme en lui faisant l'amour brutalement et souvent pour calmer mes tremblements qui malgré mon rétablissement n'avaient pas cessé.
Notre vie était finalement en surface tout ce qu'il y avait de plus normal.
J'avais évité toutes les tentatives de James pour me voir, je ne supporterai pas de le voir.
Je feignais d'être heureux. Je ne pourrais plus jamais l'être.
Le seul qui n'était pas dupe c'était Finn, mon garde du corps. Il me connaissait mieux que quiconque et savait que mon âme était tourmentée. Il m'accompagnait souvent lors de mes réunions avec mon psy. Toujours le même d'ailleurs: le docteur Marshall. Ce cher docteur que j'avais réussi à berner si longtemps et dont les séances n'avaient fait qu'empirer mon mal-être psychologique.
Je le voyais 4 fois par semaine. Kate suivait de près mon rétablissement tout en apprenant jour après jour à pardonner à Tanya cherchant à rétablir une harmonie familiale alors mise en péril.
Voilà à quoi ressemblait ma vie. Ce parfum de rose trop entêtant mais qui avait fait partie de mon retour parmi les vivants. Cette femme mentalement fragile que j'avais détruite et qui m'avait à nouveau ouvert grand les bras et qui acceptait mes moindres travers.
-Eddie je suis rentrée ! héla t-elle en posant son sac à main sur la majestueuse table du salon.
J'étais assis dans le fauteuil depuis le matin, je n'avais pas bougé, je lui tournais le dos et je regardais Paris depuis mon immense baie vitrée.
Elle s'immisça entre mon bras et celui du fauteuil et me donna un baiser sur la tempe. Je caressais au travers de sa robe de laine sa chute de rein.
Nous pouvions rester des heures dans cette position. Kate était si apaisée de m'avoir à nouveau dans sa vie.
La sonnerie de son téléphone nous tira de nos rêveries.
-Docteur Marshall ? Oui... Mais... Vous en êtes certain... Mais enfin docteur. Bien. Bien je m'en occupe.
Je fronçais les sourcils et l'interrogeais du regard. Fragile elle se mit à sangloter comme une enfant.
-Parle Kate !
-Le... Le docteur Marshall veut que tu quittes Paris... il veut que tu participes à un séminaire à Seattle. Il pense que ça pourra t'aider à retrouver une stabilité psychique...
La discussion et le repas qui s'en suivirent furent rempli de négociations et de disputes futiles. Mais c'était comme si je n'étais pas là... Mon esprit n'est pas ici.
Kate sanglotait nous n'étions qu'à deux semaines de Noël et son rêve de rassembler la famille cette année semblait compromis. J'avais été clair je ne voulais pas que mes parents et mes soeurs participent à cela. Et je n'avais aucunement l'intent de céder. Ma famille n'avait même pas assisté à notre mariage éclair, il était hors de question de céder à ce caprice.
Le séminaire devait durer 15 jours. Je passerai ainsi Noel seul dans l'avion. Kate n'était pas prête à capituler. Elle recontacta Marshall et réussit à obtenir une autorisation pour que je quitte le séminaire plus tôt et me rendre chez moi pour les fêtes.
Je ne comprenais pas ce qui pouvait à ce point l'enthousiasmer, elle quitta son état de détresse en un clin d'oeil et devint alors guillerette et ça avait le don de m'agacer.
Je me retrouvais donc quelques heures plus tard à préparer une humble valise pour me rendre à ce séminaire... J'avais eu une seule exigence, je voulais Finn avec moi. Marshall n'y avait pas vu d'inconvénient du moment que je participais activement à tous les ateliers.
Nous nous retrouvâmes dans la salle à manger autour d'un dernier dessert ensemble avant que Finn ne me conduise à l'aéroport pour rejoindre mon jet. J'étais perdu dans mes pensées lorsque soudain un flash m'aveugla.
-Doucement murmura t-elle.
J'entendais le crépitement de son appareil photo qui était en train de capturer de nombreux clichés de mon corps entièrement nu endormi dans ces draps de satin.
Malgré son ordre j'ouvrais les yeux. Elle était si belle, si gracieuse. À califourchon sur moi, barricadée derrière son appareil photo. Elle avait revêtu ma chemise blanche. Ses cheveux étaient relevés en chignon déstructuré. Elle portait des sous vêtements de dentelle noire dessous qui se laissent transparaître dans l'ouverture des boutons au niveau de ses seins.
Instinctivement je me cachais le visage. Je détestais les photos et encore moins celles que l'on prenait à l'improviste. Elle grogna puis eut une idée. Elle défit lentement ma chemise puis me la tendit avec un air enjoué.
Je riais. Complètement libre. Je me sentais bien.
-Enfile ça s'il te plait ...
Je ne pouvais pas détacher mon regard de sa divine beauté. Et je ne pouvais rien lui refuser.
Lentement à mon tour je m'exécutais. Elle ne perdit pas une miette de la scène en faisant crépiter le flash de son appareil photo.
Je pouvais humer son parfum sur ma chemise, une odeur légère... hespéridée puis fleurie. Des notes d'agrumes et de fleur d'oranger qui étaient suivis de notes florales de muguet en notes de coeur. C'était un parfum si doux, c'était le sien. Et j'en étais dingue.
Elle me demanda de me lever et de m'installer dans un majestueux fauteuil de la suite.
Je m'exécutais sans la moindre réflexion. Elle entreprit de ranger légèrement mes cheveux qui étaient en bataille, ces mêmes cheveux qu'elle avait tant parcouru de ses mains si douces la veille.
-détends toi... murmura t-elle.
J'avais beaucoup de mal à me détendre je détestais me voir en photo et la simple idée que l'on puisse en prendre une de moi me donnait la nausée rien que de penser à ma déception à la vue du résultat.
Bella avait senti que j'étais dans mes pensées. Elle a le plus facilement du monde trouvé le moyen de me ramener. Sans que je ne la sente s'approcher elle déposa lentement ses lèvres sur les miennes. C'était un baiser doux, sans aucune prétention. Je sentais déjà mon corps se détendre. Elle mordilla ma lèvre inférieure ce qui me fit sourire toujours suspendu à son bon vouloir attendant de voir ce qui allait arriver. Je fermais les yeux pour savourer l'instant. Elle se recula très délicatement et au moment où j'ouvris les yeux le flash apparut. J'étais dans l'ombre assis sur le fauteuil les yeux emprunts d'un désir ardent et une déesse en face de moi qui n'avait d'yeux que pour moi.
Elle ne pouvait pas jeter un coup d'oeil au cliché car elle utilisait un appareil photo argentique, il faudrait attendre avant de pouvoir savoir si la photo était réussie.
-Elle est parfaite. S'émouvait Bella.
-Comment peux tu le savoir ?
-Je le sais c'est tout ... murmura t-elle dans un souffle.
Je la sentais si émotive, elle était heureuse. Loin de tout, loin de James, près de moi. Avec moi. À moi.
Je tendis les bras vers elle pour qu'elle vienne se réfugier contre ma poitrine. Je ne supportais pas de la voir pleurer mais je respectais ses silences et la serrais contre moi humant cette odeur si douce. J'embrassais ses tempes puis son front, le bout de son petit nez si froid, son cou, la naissance de ses seins... Elle pivota face à moi. Lentement j'entreprenais quelques mouvements circulaires à travers sa culotte de dentelle. Je la sentais si réceptive si réactive. Elle se tendait littéralement sous mes caresses. Son corps appelait le mien. Comment faisait elle ? Comment pouvait-elle être à ce point faite pour moi, pour mes caresses...
Je la contraignais à se relever et baissais d'une lenteur presque angoissante son sous vêtements de dentelle. J'accompagnais mon geste d'une cascade de baisers de ses hanches à ses cuisses. Je remontais lentement jusqu'à son temple de la féminité en faisant glisser mes mains sur ses hanches. Ma langue la fit une nouvelle fois vibrer, elle se cambra en étouffant un soupir de plaisir. Je la sentais au bord de l'extase. Elle essaya de reprendre le contrôle et de me donner du plaisir aussi mais mon plaisir était mille fois plus exacerbé de la voir en extase. Lentement puis d'un rythme effréné j'entrais en elle là maintenant accrochée à mon corps comme si plus rien ne pourrait nous séparer, comme si nous passerions la fin de nos vies à faire l'amour dans cette suite sans que plus personne ne vienne interférer entre nous. Comment était-ce possible de désirer quelqu'un à ce point ? Nous nous connaissions à peine nous venions à peine de nous trouver et de nous retrouver et pourtant c'était comme si nous avions passé nos vies à nous rechercher l'un l'autre. Faire l'amour avec elle, l'avoir près de moi adoucissait mon âme, me donnait envie de m'exprimer, de raconter de me laisser faire ...
Lorsque je m'effondrais sur elle nous étions allongés sur le lit. Elle faisait naitre en moi de petits frissons de plaisir en caressant ma peau nue.
-J'ai peur... murmurait-elle
Je la serrais encore plus fort contre mon torse.
-De quoi donc ?
-J'ai peur pour toi ...
C'était la première fois que j'entendais ces mots de la part d'une femme autre que ma mère. Cela me dérouta
-... j'ai peur car je brise tout ce que je touche...
...j'ai peur que lorsque que je suis avec quelqu'un le malheur s'abatte sur lui comme il s'est abattu sur moi depuis la mort de mes parents.
Elle venait de me faire cette confidence. J'ignorais qu'elle avait perdu ses parents.
-L'attaque de l'hôtel... je suis persuadée que ma malchance à encore frappé.
Je caressais son dos.
-Bella enfin ce que tu dis n'a pas de sens. Tu n'es en rien responsable de la mort de tes parents... ni de cette attaque.
-J'ai peur pour la course Edward.
-Tu n'as rien à craindre et moi non plus. Je suis un pilote expérimenté je sais ce que je fais...
-Merde Kate ! Tu sais bien que je déteste les photos. Je tapais du poing sur la table brisant une assiette et regardais couler le sang sur mon poing.
Kate était confuse elle ne savait plus quoi faire. Elle était perdue et pleurait. Je la rendais malheureuse, j'étais malheureux. Ce bonheur de façade que nous affichions n'était que poudre aux yeux. Un pur mensonge. Il fallait que je réagisse. J'étais dans une colère noire. Et je sentais mes vieux démons ressortir. Kate saisir immédiatement ce qui était en train de se passer.
Elle m'empêcha de prononcer les mots que j'avais envie de prononcer en prétextant qu'il était désormais temps que je rejoigne Finn en bas.
Oui j'avais dans l'idée de quitter ma femme ce soir, mais je ne l'ai pas fait.
xxx
Le temps à Seattle n'était pas au beau fixe, il pleuvait. Je me souvenais de mon enfance et de cette pluie récurrente. Ça ne me dérangeait pas, je n'étais pas un homme qui aimait le soleil. La pluie me comprenait mieux.
Je portais un de mes costumes hors de prix et le sourire aux lèvres dévoilant mes dents parfaitement blanchies je laissais mes valises au voiturier de l'hôtel qui avait été privatisé ces 15 jours pour que le séminaire de remise en forme psychique se passe dans un cadre fermé. Finalement je ne voyais pas trop d'inconvénient à passer deux semaines de vacances dans un hôtel de luxe. Ma main tremblait toujours autant et était dans un sale état depuis ma mésaventure lors de mon dîner de départ.
Je laissais à Finn la besogne de signer pour moi les formulaires d'admission.
Ma suite était très confortable mais tout le nécessaire pour se restaurer et l'alcool avait été retiré de ma chambre. Marshall avait été très strict là dessus, les repas devraient être pris en commun et la consommation d'alcool serait supervisée. J'avais l'impression d'être retourné dans une colonie de vacances.
-Edward ! C'est un plaisir de vous avoir ici. Je suis persuadé que cette nouvelle approche vous permettra de gérer les derniers conflits psychiques dont vous souffrez. Je suis persuadé que nous allons faire d'énormes progrès ! Me lança Marshall à l'entrée de ma suite.
J'aimerais bien vous croire docteur mais si vous saviez à quel point je crève au fond de moi... Si vous aviez la moindre idée de la haine que je peux ressentir à cet instant précis. Ma main tremblait de plus en plus fort. C'était devenu très handicapant. Mais je ne m'en plaignais pas, je ne disais rien. Je m'étais replié sur moi même. Je commençais même à avoir regretté de faire tant de mal à Kate. Après tout elle essayait simplement de trouver sa place dans ma vie. Elle avait dû voir dans ma demande en mariage la récompense qu'elle avait toujours espéré pour nous et pour sa patience.
La première conférence avait pour but de nous aider à pratiquer la méditation. Je souriais bêtement parfaitement convaincu que cet exercice n'avait absolument aucune utilité. Nous étions plus d'une centaine de personnes à assister à ce séminaire tenu par une 20aine de psychiatres qui tentaient probablement en vain de sauver des patients récalcitrants... Des patients comme moi.
J'étais au fond de la salle de conférence. Je m'ennuyais. J'utilisais mon téléphone pour rassurer Kate sur le fait que j'étais bien installé et bien arrivé. Je m'étais aussi excusé pour mon comportement de la veille.
Et là encore une fois j'ai cru mourir. J'aurais reconnu entre milles cette fragrance. Ces notes d'agrumes et de muguet qui m'ont tant charmé.
Elle venait de faire irruption dans la salle de conférence. Époustouflante comme toujours, pourtant je décelais dans son visage une sorte de froideur, le vide. Elle portait un pantalon très près du corps, perchée sur des escarpins avec une chemise blanche nouée.
Bordel.
Mais qu'est-ce que Bella faisait ici.
Mes tremblements s'intensifièrent. Elle s'installa discrètement dans un siège vide assez loin de moi. Elle ne semblait pas avoir vu que j'étais ici.
La haine que je ressentais contre elle était inimaginable. Avait-elle passé ne serait-ce qu'une seule seconde à mon chevet où avait-elle directement foncé dans les bras de James. Je sais bien que je n'aie pas le droit de me plaindre. J'ai convoité la propriété d'un autre. Elle l'avait épousé. Elle lui avait dit oui pour la vie. Elle dormait avec lui, elle jouissait pour lui. C'était insupportable de les imaginer. Que faisait elle à un séminaire comme celui-là ? Pourquoi son studio parisien était-il à l'abandon ?
Elle ne semblait pas plus passionnée que moi par la méditation proposée par Marshall et ses confrères.
Je ne sais pas ce qui me retenais d'aller lui dire le fond de ma pensée. Car oui Bella Swan (je me refuse à utiliser son nom d'épouse) je te hais. Je te hais du plus profond de mon être. Je t'en veux pour avoir choisi celui qui partage ton lit.
Elle scrutait la salle. Elle devait probablement sentir mon regard lourd. Lorsqu'elle m'aperçu elle se figea. Ses yeux s'écarquillèrent puis elle a fuit.
Merde alors.
On ne fuit pas devant moi et certainement pas comme elle venait de le faire. Je quittais à mon tour la salle de conférence et guidé par le son de ses talons sur le sol de marbre je la rejoignit dans la cour extérieure.
Elle me tourna le dos croisant les bras et réprimant des sanglots. Je la toisait moi aussi. Mais aucun son, aucune insulte ne pût sortir de ma bouche.
Rien.
Pas un mot.
Et alors ? Qu'ai-je fait ? Eh bien je suis parti. Comme un con. J'ai rejoint ma suite les mains dans les poches.
Je n'ai pas été capable de sortir le moindre mot. Elle m'avait tourné le dos. Alors j'ai tourné le mien et j'ai disparu dans l'ombre. Voilà ce qui s'est passé.
Je déjeunais avec un formidable avocat Parisien qui avait lui aussi perdu les pédales à cause du surmenage que lui imposait son boulot. Je continuais à harceler de regards la source de tout mon désarroi. Bella ignorait chacun de mes regards. Elle m'évitait. Et finalement c'était peut-être mieux comme ça je ne voulais plus d'elle dans ma vie. J'avais une haine monumentale contre elle.
Les premiers jours se sont passés comme ça. Entretiens individuels avec les psy, repas, conférences... Bella restait seule. Tout le temps seule.
Ce soir là j'ai ressenti le besoin de lui faire du mal. De la toucher en plein coeur. Ce soir là j'avais expressément demandé à ma femme de me rejoindre. Dans dix heures Kate serait là à la vue de tous et particulièrement de celle qui avait brisé mon âme.
Justement celle-là même me croisa furtivement dans le couloir. Grisé par la haine je souriais bêtement à l'idée de m'afficher demain devant elle aux bras de ma femme. Son regard était vide. Il m'arracha un pincement au coeur. L'idée même qu'elle soit ici à cause de moi me glaça. Puis la haine revint peu à peu prendre possession de moi. Elle n'était pas là quand j'avais ouvert les yeux à l'hôpital. Elle avait épousé ce bouffon de James. Elle m'avait abandonné et avait fait de moi cet homme perdu et livré à ses anciens démons. C'était incroyable le pouvoir qu'elle avait sur moi. Elle réussissait à elle seule ce que les thérapeutes n'arrivaient pas à faire, elle me faisait parler de moi. Elle m'obligeait à me questionner, à comprendre chacune de mes émotions. À les analyser...
xxx
-Eddie ! Dieu ce que tu m'as manqué. Hurla ma femme dans ma cour de l'hôtel, agrippée à mon cou elle m'empêchait presque de respirer.
Je souriais. Satisfait.
Kate avait sauté dans le premier avion, j'avais convaincu le docteur Marshall qu'il s'agissait d'une bonne idée et que j'allais avec ça pouvoir véritablement marquer un changement dans mon état et accepter ma difficulté à m'ouvrir... blablabla un ramassis de conneries. Non tout ce qui m'importait à ce moment précis c'était qu'elle me voit, qu'elle sente cette cassure au fond d'elle, la même que celle que j'ai ressenti le jour où je l'ai vue sur ce papier glacé, resplendissante dans sa robe blanche, les cheveux tirés, un sourire magnifique...Je voulais qu'elle souffre en voyant ma femme agrippée à mon bras comme elle qui avait été agrippée au bras de James. Je voulais qu'elle entende les hurlements de plaisirs de ma femme jusqu'au bout du couloir, je voulais qu'elle souffre autant que moi j'avais souffert de l'imaginer en extase en train de s'envoyer en l'air avec ce porc. J'avais énormément de rancune et de rancoeur. Je n'étais pas prêt à aller de l'avant. Encore une fois j'avais trompé tous les psy que je voyais j'étais passé maître dans l'art de la provocation et du mensonge. Après tout je ne suis rien... Un imposteur.
Je n'osais pas penser que quelques jours auparavant je prévoyais de quitter ma femme. Et aujourd'hui elle était à mes cotés dans ce luxueux hôtel, attablée avec ce nouvel ami avocat à qui j'avais fait quelques confidences à propos d'un éventuel divorce. N'importe qui aurait été géré à ma place. Mais je n'en faisait rien. J'allais bien. Je ne ressentais rien, ni honte ni déshonneur.
Bella fit son apparition plus tard qu'à l'accoutumée dans la salle du restaurant, elle portait un petit chemisier blanc qui laissait transparaitre son soutien-gorge noir, un pantalon noir taille haute et une paire d'escarpins beiges hors de prix. Même habillée de ville elle était terriblement sexy. Elle s'essaya à la table de ceux que j'appelais « les gens seuls », la seule table du restaurant où les gens ne s'adressaient quasiment pas la parole.
Elle leva les yeux vers moi tandis que j'enroulais mon bras autour des épaules de ma femme alors en pleine conversation très sérieuse avec Démétri l'avocat.
Nos regards se sont croisés et ce fut comme la guerre du feu contre la glace. Je vis ses traits se durcir, son regard se noircir. Si un regard avait pu tuer elle m'aurait achevé dans cette salle en ce jour. J'avais l'impression que ce moment avait duré des heures et des heures. J'avais cru que cet acte allait la détruire mais j'avais cette impression qu'au contraire il l'avait réveillée, elle semblait plus forte tout à coup, non elle ne semblait absolument pas dépitée. Elle avait ce regard hargneux qui si j'avais toujours ressenti quelque chose pour elle m'aurait glacé le sang.
Je serrais la mâchoire et continuais de la fixer, elle ne baissait pas le regard et ne semblait pas prête à le faire. C'était une nouvelle facette de se personnalité qui se dévoilait, elle m'avait montré sa fragilité et sa tendresse quelques mois auparavant et désormais elle m'offrait ce spectacle.
Kate caressa discrètement ma cuisse sous la table. Ce contact me fit tout à coup baisser les yeux sur sa main. Je venais de perdre. Alors que j'avais baissé les yeux Bella avait gagné. Elle alors détourné son regard et engagé la conversation avec sa voisine. Ma main tremblait comme jamais auparavant c'était incontrôlable.
Ce moment avait été d'une intensité palpable. Personne dans la pièce ne semblait avoir été blessé mais c'était bel et bien une effusion de sang qui venait d'avoir lieu.
Merde.
Quelle femme.
Avec un simple regard elle avait fait passer tout un flot d'émotions sans rien dévoiler sur son visage. Simplement la froideur et la colère d'une femme trompée. J'avais besoin d'alcool mais la supervision imposée par Marshall ne nous autorisait que deux verres de vin à table au cours des repas. Discrètement j'échangeais mon verre avec celui de ma femme toujours absorbée par sa discussion avec Démétri. Je le voyais bien le bougre se délecter de la beauté de me femme et je voyais bien comme il la dévorait du regard. Il lui expliquait comment facilement s'affranchir de toutes les contraintes de paperasse à laquelle elle était confrontée en tant que mannequin. Je descendis le verre de Kate d'un trait sans oser lever les yeux vers Bella. Son dernier regard m'avait glacé et je me sentais presque comme un gosse en manque d'affection, je n'avais qu'une hâte, c'était de remonter dans ma suite avec Kate et de mettre mon plan à exécution. Mais il me fallait encore attendre. J'aurais donné n'importe quoi pour que Bella, folle de rage quitte la salle du dîner pour foncer vers sa suite. Mais elle n'en fit rien. Je profitais d'un instant où Kate qui était partie se repoudrer le nez pour missionner mon nouvel ami Démétri de me prévenir quand cette furie aurait rejoint sa chambre. Le dessert venait d'arriver et toujours aucun mouvement de la part de Bella. Elle était décidément plus forte que ce que je l'avais imaginé. Je passais déjà mon temps à titiller Kate afin de la préparer à la nuit qui l'attendait... J'avais terriblement besoin de relâcher toute cette pression et cette tension sexuelle, j'avais passé beaucoup trop de temps loin de ma femme.
Mon supplice prit fin lorsque enfin les infusions furent servies et que le pianiste eut enfin décidé qu'il avait suffisamment charmé nos oreilles pour la soirée. Kate semblait avoir compris le message et se montrait un peu plus réceptive à mes caresses discrètes sous la table. Je n'avais toujours pas osé lever les yeux vers le fond de la salle. Je devais bien avouer que ce regard si noir m'avait complètement glacé. Kate prétexta de se sentir un peu fatiguée et nous permit de quitter la salle et de prendre congé de nos camarades de table. Nous remontions main dans la main le majestueux escalier jusqu'à notre chambre. Ma femme m'avait annoncé qu'elle devrait partir tard dans la nuit afin de retourner en France et ne pas faire défaut à son employeur et au photographe de la séance photo lingerie qui l'attendait. J'étais quelque peu déçu je devais bien l'avouer. Je dois dire que Kate m'avait manqué ces derniers jours. J'avais vécu des moments assez troublants depuis mon arrivée ici et cela ne m'enchantait pas de me retrouver à nouveau seul pour le reste de mon séjour chez les psy. Râler ne servait à rien, les choses allaient se passer ainsi et j'allais devoir m'y faire et accepter sans conditions, je ne pouvais pas me permettre de me disputer avec Kate juste avant de mettre en place mon plan. Non ceci était complètement exclu. Il fallait attendre le bon moment.
C'était enfin le moment, j'avais su par Démétri que Bella avait rejoint sa suite. Je savais qu'elle serait aux premières loges pour entendre mes ébats amoureux torides avec ma superbe femme. J'avais bien vu comment les hommes la regardaient, ils la dévoraient tous du regard. Il faut avouer que Kate était à couper le souffle, elle avait une plastique parfaite et un corps qui aurait pu faire pâlir de jalousie toutes les femmes de la terre.
Toutes ? Toutes sauf, une. Il y en avait une à qui une simple chemise d'homme empruntée allait à la perfection. Il y en avait une qui…
xxx
-Ce n'est pas grave chéri, je comprends... Tu traverses une période difficile...
Incapable ! J'avais été incapable de baiser ma femme ce soir ... et pourtant Dieu sait si j'en avais envie, j'aurais tué pour crever le coeur de Bella Swan (oui je continuerai à utiliser son nom de jeune fille). Kate avait été si compréhensive mais encore une fois elle ne me connaissait pas, jamais je n'avais été en incapacité de faire l'amour à une femme. Jamais. Et pourtant ce soir là ma main tremblait énormément et j'étais dans une rage folle. Je n'avais pas pu effacer de mon esprit son regard noir, ses cernes, son teint blanc, ses lèvres si tendues. J'aurais pu penser à elle pendant l'acte mais je ne voulais pas je ne voulais plus. Bien sûr qu'elle m'attirait énormément mais je ne voulais plus lui appartenir. Non ce n'était pas l'impression que j'avais de tromper ma femme mais simplement que j'étais allé trop loin. J'avais trop donné à cette étrangère qui avait su tout à coup prendre une place immense dans ma vie et prendre le contrôle de mon être et de mes pensées les plus sombres. Nous écoutions la pluie tomber sur la coupole de verre qui servait de toit à ma chambre. Les éclairs grondaient et Kate était blottie contre moi entièrement nue. Elle n'avait pas pris de bagages, elle repartirait dans quelques heures lorsque cette petite sonnerie de téléphone l'aura sortie de son sommeil de plomb. J'avais peut-être fait une erreur de la faire venir ici. J'avais fait une erreur en l'épousant. Esmée ne m'avait pas élevé comme ça. Elle n'avait pas fait de moi un monstre aussi noir que celui que je suis aujourd'hui. Voilà des années que je n'ai plus vu celle à qui je doit tout. Celle qui m'a tout donné. Celle à qui je doit tout. Mais j'avais trop honte de moi, trop honte de celui que j'étais. J'avais coupé les ponts progressivement avec ma famille pour ne pas leur causer trop de peine lorsque que je quitterais ce monde. Et sans Bella j'aurais pu disparaître sans le moindre problème et sans la moindre vague. Mon coeur se serra à l'idée d'imaginer Esmée le visage plein de larmes à cause de moi.
Je préférais chasser rapidement ces penses de mon esprit. Je devenais beaucoup trop fragile. Bien trop fragile quand Bella était dans les environs. C'était elle la cause de tous mes problèmes. Et ça me rendait encore plus fou. J'étais en colère. Je lui en voulais énormément.
Kate était profondément endormie. Je caressais doucement sa joue pour la tirer de son sommeil. J'avais ressenti le besoin d'être auprès d'elle quelques instants avant qu'elle ne s'en aille. Elle s'était éveillée avec le sourire aux lèvres surprise par ma soudaine affection tendre.
J'avais envie de la raccompagner jusqu'à l'entrée de la cour de l'hôtel où Finn prendrait soin d'elle en la raccompagnant à l'aéroport.
L'orage faisait toujours rage. C'était commun ici, bien qu'à l'approche de Noël c'était plutôt la neige qui était de mise.
Nous descendîmes dans le silence de la nuit. La réceptionniste n'était même pas à son poste. Seul Finn nous attendait en bas. Toujours opérationnel.
J'avais une grande affection pour mon garde du corps. Cet ancien Marins avait toujours été un soutien pour moi et il ne m'avait jamais déçu.
Nous descendîmes jusqu'à la grande cour principale. Traversant par les jardins où la lumière allumée du pool-house et de la piscine m'interpelèrent.
Kate se serra contre moi et m'embrassa tendrement. Elle monta dans la voiture et je lui laissais mon parapluie. La pluie tombait et les éclairs étaient menaçants. La voiture s'éloignait peu à peu et je sentais couler sur moi cette pluie froide qui ne me donnait pas envie de fuir non. C'était presque comme si elle m'expiait de toutes mes fautes, comme si tout à coup je recommençais tout à zéro. Je suis resté un moment dans la cour sans porter la moindre attention au froid et à l'orage. J'ai fait le tour par le jardin attiré par la lumière de la piscine chauffée dont émanait une buée chaude qui se mêlait à la fraicheur de la nuit et aux gouttes de pluie.
Quelle fut ma surprise lorsque je l'aperçus. Elle portait une petite robe fluide noire, allongée sur un matelas gonflable, une bouteille de champagne à moitié vide dans la main. Elle avait les yeux fermés et laissait la pluie couler en torrent sur elle.
Je fus saisi par la puissance de cette scène. C'était presque sorti tout droit d'un rêve, presque irréel. Son visage ressemblait à s'y méprendre au mien lorsque j'étais seul dans la cour à attendre que le déluge m'ensevelisse.
Je l'observais flotter lentement sur l'eau derrière son rideau de buée et d'eau de pluie. Non je ne l'observais pas. Je l'admirais.
Puis j'ai fermé les yeux. Et je suis resté dans le silence quelques instants.
-Casse toi Cullen ! M'interpela la voix de la déesse un peu trop éméchée qui flottait dans la piscine.
J'ouvris les yeux avec un regard sévère. Je ne l'avais jamais entendue dire de vulgarités.
-Ne le regarde pas avec tes gros yeux. Tire toi !
Elle disait cela sans avoir même ouvert ses yeux. Je m'interrogeais sur comment elle avait été capable de savoir qu'il s'agissait de moi et que je la regardait de la sorte. Et comme par enchantement elle avait lu en moi sans même ouvrir les yeux, simplement par cette tension palpable dans l'air qu'il y avait entre nous.
Ce lien que seules les âmes jumelles ont.
-Ton parfum. Ton putain de parfum. Je pourrais le sentir à des kilomètres. Satisfait Cullen ? Ne m'oblige pas à ouvrir les yeux et laisse moi.
-Ton putain de parfum me perturbes aussi… Répliquais-je, conscient que ma réplique ferait un flop à côté de l'animosité de ses propos.
Elle ouvrit les yeux et éclata de rire.
-Mon parfum incombe monsieur l'ambassadeur. Pardonnez moi votre excellence pour ce manque de raffinement. Maintenant laissez moi continuer à descendre cette formidable bouteille.
Marshall avait tout prévu, tout sauf le bar de la piscine. Il fallait être complètement givré pour aller piquer une tête dans la piscine à quelques jours de Noël.
J'allais égaliser les score en sortant du bar une bouteille de Vodka. Je bu rapidement comme un adolescent quelques shots afin que l'alcool se répande rapidement en moi. Je m'assis sur l'un des transats complètement trempé par la pluie battante.
-Tu es complètement dingue… Murmurais-je.
Elle ignora ma réponse et referma les yeux. Nous restâmes ainsi quelques instants en silence. Un silence lourd. Bercés par la pluie.
-Je t'en prie Edward tire toi…
Son ton était suppliant et à la fois ferme. Elle était en colère contre moi. Je n'étais pas prêt à abandonner non plus et avalais de nouvelles gorgées de vodka.
-Tu devrais être auprès de ta petite femme. Elle fut interrompue par un léger hoquet provoqué par l'alcool. Ta radieuse et charmante petite femme...
Je ne répondis pas. J'avais beaucoup de ressentiments envers elle et son mariage avec James. Elle n'avait pas le droit de me reprocher cela.
-Do I ever cross your mind ? When you are kissing her, touching her, do I ever cross your mind ? Me demanda t-elle dans notre langue maternelle.
Ces mots prononcés sur ses lèvres me rendirent fou.
-Comment oses tu Bella ! Comment oses tu ! Tu m'as brisé...
En entendant ses mots elle se renversa du matelas gonflable et nagea avec hargne vers moi jusqu'à ce qu'elle ait pied. Le haut de son corps sortait de l'eau dévoilant ses seins tendus sous sa robe trempée et collée à son corps. La pluie faisait rage et le tonnerre gronda.
-Je t'aie brisé ? C'est la plus grosse connerie que je n'ai jamais entendu ! Tu te fous de moi Edward c'est bien ça.
J'étais indigné, comment pouvait-elle me soutenir que c'était moi le fautif. Elle me fixait toujours avec son regard noir. Je ne parlais pas je sentais l'alcool prendre possession de moi. Je voulais que ce soit elle qui parle. Qu'elle justifie son infamies... Qu'elle me demande pardon.
-Tire toi Cullen je t'en prie...
-Non ! Hurlais-je. Non bordel ! Tu m'as anéanti Bella.
Elle semblait excédée, prête à exploser de colère. Je ne l'avais jamais vue comme ça.
-J'aurais dû m'en douter ! Hurla t-elle en sortant de la piscine et en me faisant face. À l'instant même où j'ai posé le regard sur toi, cette foutue arrogance, cette fierté, cette suffisance que tu affiches, ce mépris pour les autres et pour les femmes en particulier auraient dû me faire comprendre que tu es le dernier homme à qui j'aurais pu dire je t'aime...
Le tonnerre gronda. Avais-je bien entendu ? Bella m'avait dit... Bella avait...
-Ne me regarde pas comme ça Edward.. Comment oses tu me regarder comme ça. Comment oses tu ...
Une larme vînt s'ajouter aux gouttes de pluie qui roulaient sur son visage. Je ne me souvenais de rien.
-Bella, je...
Elle me coupa.
-Puis tu as eu cet accident. J'ai cru mourir dans l'hélicoptère lorsque l'on t'a rapatrié à Paris. J'aurais crevé pour toi Edward. J'aurais quitté James. Je suis restée avec toi à chaque secondes. Je ne t'ai pas quitté et ... Elle sanglotait de rage et de peine. ...et un jour Kate est arrivée, elle a enfin dit la vérité. Ton mensonge Edward.
Elle s'était précipitée sur moi et tambourinait avec ses poings sur mon torse. Je saisis ses mains. J'étais dans une colère noire. Mon mensonge ? Mais de quoi diable voulait-elle parler.
-Mon mensonge ?
Bella essaya à nouveau de frapper.
-Ta relation avec Kate... Tu m'as menti. Et moi... moi comme une conne je t'ai cru... Sale...
Je la coupais brusquement.
-Je n'avais pas de putain de relation avec Kate quand je t'ai rencontré Bella. Kate faisait partie de mon passé depuis trois années déjà ! Je ne t'aurais pas menti Bella. Merde ! Comment as tu pu croire ça !
Elle semblait complètement perdue, incapable de déceler si mes propos étaient véridiques ou s'il ne s'agissait encore que d'un vulgaire tissu de mensonges. J'étais en colère contre elle. Je ne comprenais pas bien ce qu'elle avait pu croire ou ce que Kate avait pu raconter. Je pris son visage entre mes mains sous la pluie battante et observais la perfection de son visage. Dieu qu'elle était belle.
Soudain mon esprit me permis d'accéder au dernier souvenir de la veille de l'accident... Le souvenir qui me manquais, celui auquel je n'avais jamais pu accéder.
-Reste je t'en prie …
Sa voix fit bondir mon coeur.
Merde. J'ai un coeur.
Elle s'était redressé, tenait le drap de satin sur ses seins. Elle était époustouflante de beauté, ses boucles en bataille habillaient son visage d'une perfection sans égale. Je revenais vers elle et m'assis sur le bord du lit.
Elle a pris mon visage dans ses mains. Et avec une douceur extrême elle m'a demandé de l'embrasser. Et à nouveau quand nos lèvres se sont rencontrées nous avons ressenti cette décharge, ce souffle de vie que nous n'avions jamais ressenti avant de nous rencontrer. Cette attirance qui a été immédiate. Nous ne pouvions rien y faire.
James… Putain pourquoi fallait-il que je pense à lui à ce moment précis.
Je baissais la tête abattu. Elle releva mon menton avec un regard interrogateur. Nous n'avions pas besoin de communiquer elle savait que quelque chose n'allait pas. Je prenais sa main gauche où sa bague de fiançailles était absente. Elle l'avait arraché de son cou dans l'opéra et elle devait toujours s'y trouver.
Elle regarda sa main puis son regard retrouva le mien. Il y eut un petit silence.
Elle savait que ça me faisait un mal fou. Elle savait que l'idée même de la savoir dans les draps de James me rendait dingue.
-Edward … Je vais le quitter… Je ne peux pas continuer à me mentir comme ça… Le ton de sa voix était à peine audible. Elle caressait ma joue en prononçant ces mots.
Et pour la première fois depuis des années j'ai ressenti dans ma gorge cette sensation de brulure intense. Comme si je ne pouvais plus avaler. L'émotion. J'étais ému. Je retenais les larmes qui embuaient mes yeux.
Elle m'a embrassé à nouveau. Respectant mon silence. Elle respectait ma complexité, ma froideur…
-Je t'appartiens … murmura t-elle en faisant glisser au sol ma veste de costume.
Bella déboutonnés lentement les boutons de ma chemise. Je l'embrassais avec violence. Malgré toute la douceur qu'elle venait d'instaurer je ressentais ce besoin pressant alors qu'elle venait de me dire qu'elle m'appartenait.
-Je veux que tu me fasses l'amour Edward
Je plongeais mon regard dans le sien, la repoussais avec douceur afin qu'elle s'allonge. Je l'embrassais encore et encore, je sentais ses mains dans mes cheveux. Sa poitrine si parfaite … Si parfaite. Je ne pouvais m'empêcher de passer du temps à embrasser le bout de ses seins. J'aimais la voir se cambrer j'aimais la tenir dans mes mains au creux de ses reins. J'aimais embrasser son nombril puis descendre plus bas, plus bas, et encore plus bas.
Ses gémissements de plaisir me rendaient fou, elle ne criait pas elle était presque aussi silencieuse qu'à l'opéra. Elle avait découvert une nouvelle façon d'accepter son plaisir et de se gérer. C'était un bal de gémissements sourds, les siens et le miens réunis comme une symphonie passionnée.
Quand je m'enfouissais en elle, cette fois-ci elle ne ferma pas les yeux. Elle me fixait avec insistance. Elle pouvait admirer la force de ces émotions qu'elle déclenchait en moi quand nous faisions l'amour.
Pour la première fois de ma vie je me sentais regardé, je me sentais admiré d'une autre façon… J'avais l'habitude de faire jouir des femmes et de les observer m'appartenir… Mais cette fois c'était elle. C'était elle qui me possédait.
Elle me renversa tendrement puis me chevaucha en embrassant mon torse, mordillant mon oreille.
Dieu je devais être au paradis.
C'était comme si elle avait pris énormément de confiance en elle. Comme si elle prenait son envol. Elle me fixait tout en imposant un rythme de plus en plus rapide. Elle arrivait à se gérer… J'allais devenir fou. Son regard sur moi me rendait fou.
Elle se pencha vers ma bouche et souffla.
-Je t'aime Edward.
Dans une synchronisation parfaite nos deux corps frémirent… L'extase encore.
Je ne savais pas comment réagir. Je … Je ne connaissais pas ça… L'amour… Je ne saurais le définir. Je suis un monstre … Je ne suis pas capable d'aimer. Et pourtant Bella venait de m'ouvrir son coeur. J'ai passé toute ma vie à essayer d'éviter les émotions. Mais elle … Elle éveillais en moi des sentiments qui me sont étrangers. Totalement étrangers. C'est très … Troublant. Quand elle est dans les environs je … Je perds cette maîtrise de moi. Je … Je suis perdu.
Elle posa un doigt sur mes lèvres.
-Non… Ne te trouble pas je t'en prie. Je veux simplement que tu le saches. Je ne te demande pas de me répondre, je n'attends rien Edward, je te donne mon amour. Je pensais que je pouvais me passer de toi, je sais que cela peut sembler prématuré mais c'est quelque chose que je ne m'explique pas… Ce n'est pas uniquement physique ni sexuel. C'est véritablement quelque chose que je ne m'explique pas … Et je voulais simplement te le dire. Je vais quitter mon fiancé car je suis tombée amoureuse de toi Edward Cullen. Aussi cliché que cela puisse paraître… Je t'aime et c'est avec toi que je veux être.
Je caressais son visage. Je me sentais bien. Ses lèvres caressèrent les miennes. Je la serrais contre moi. C'était un moment hors du temps.
Je venais de revenir de ce dernier flash de ma période d'amnésie. Cette fois c'était moi qui prenais son visage entre mes mains et encore une fois elle m'échappa. Bella se libérera de mon étreinte et a marché vers la piscine pour faire un pas de trop et tomber volontairement dans l'eau. Son corps ne remontait pas à la surface.
-Merde Bella !
Je plongeais à mon tour dans l'eau presque bouillante comparée à la température extérieure. Elle était volontairement au fond de l'eau et retenais sa respiration. Je la saisis d'un grand geste et la remontais dans mes bras. J'étais en colère contre elle. J'étais fou de rage. Fou de rage à cause de son insolence et de tout ce qu'elle avait dit, fou de rage car elle venait d'essayer de se noyer, fou de rage car elle ne m'avait pas fait confiance quelques mois auparavant, mais surtout fou de rage car elle semblait croire que je n'aurais pas immédiatement sauté dans l'eau pour l'empêcher de se faire du mal.
Nous sommes restés dans cette position pendant plusieurs minutes, sous la pluie, dans la piscine, fou de rage l'un et l'autre, puis, elle a brisé le silence.
-Je te hais... Je te hais de tout mon corps.
Et à cet instant précis j'ai plaqué violemment mes lèvres contre les siennes. Si violemment que le léger goût métallique de son sang vint chatouiller mes papilles. Je l'embrassais avec toute la fougue dont j'étais capable. Et ce fût en moi comme une libération. Tous mes sens étaient comme décuplés, comme si toutes les faiblesses musculaires de mon corps n'avaient jamais existé, comme si ce putain d'accident n'avait jamais eu lieu et que nos soufflent n'avaient jamais cessé de se mêler l'un à l'autre.
Dieu que c'était bon. Elle ne me repoussa pas au contraire je pouvais ressentir presque le même sentiment en elle. Comme si le monde s'était arrêté de tourner pour nous à cet instant précis, tard cette nuit là, à Seattle, sous une pluie battante. Elle et moi dans cette piscine. Rien que nous. Contraints et forcés par le destin de nous unir, comme deux âmes jumelles qui ne demandaient qu'à en former plus qu'une.
Nous fûmes obligés de mettre fin à se baiser pour reprendre nos souffles respectifs. Je la relâchais et ses pieds purent toucher le sol bien qu'elle était beaucoup plus petite que moi lorsqu'elle n'est pas perchée sur ses escarpins.
Aucun mot ni de ma part, ni de la sienne. Simplement deux corps. Deux personnes qui n'avaient d'yeux que pour l'autre et qui mettaient fin à tant de frustration. Un ballet de feu et de glace. L'alcool avait fait son action en moi et je ne sentais plus aucune inhibition. Je n'étais plus maître de moi et ce sentiment de perte de contrôle ne m'étais absolument pas familier mais pourtant il avait quelque chose de grisant.
Je soulevais sa robe sous l'eau et comme dans un besoin urgent de m'avoir en elle, elle verrouilla ses jambes autour de ma taille et cambra son dos en arrière. Nos corps se complétaient, elle n'avait aucun problème à deviner ce que mon corps lui dictait. Comment une telle symbiose était possible ?
Je la pénétrais avec force et une forme de douceur aussi. J'étais tellement prêt, elle aussi semblait n'avoir attendu que moi. Elle se cambra en arrière encore plus que ce qu'elle n'était déjà et je fit descendre précipitamment la fermeture éclair du haut de sa robe fluide pour libérer ses seins si parfaits. Je couvrais sa poitrine de milles baisers tout en maintenant un rythme de coups de rein effrénés. Nous étions dans l'urgence. Nos corps venaient de se retrouver. Nos esprits étaient encore perdus mais nos corps avaient parlé. Je sentis venir ma jouissance cadrée sur la sienne comme si elle avait toujours été faite pour moi, comme si le sexe ne pouvait pas en être autrement qu'avec elle... Et soudain nous fûmes emportés par ce tourbillon de feu qui vous transporte, ce paradis, cette extase, ce délice...
BPOV
Plus de quatre fois... Edward m'avait fait l'amour plus de quatre fois cette nuit. Et je n'ai pas réussi à m'arrêter, je n'ai pas su contrôler mon corps ni la passion. Je n'ai pas su dire non au feu qui m'embrasait. Je n'ai pas pu fuir devant ses caresses et je n'ai fait qu'en réclamer encore et encore.
La pluie tombait toujours en torrent sur la coupole en verre qui faisait office de toit dans la suite de mon amant. C'était parfait. Nous avions à peine eu le temps d'allumer un feu d'ans l'immense cheminée en pierre qui trônait face au lit. Il faut dire que nous étions deux fous. Deux idiots qui étaient restés sous la pluie glaciale de l'hiver.
L'hiver.
J'ai toujours adoré cette période de l'année. Non. En vérité je n'aime pas l'hiver. C'est Noël que j'aime. J'aime la joie qu'ont les gens à cette période, j'aime les petites lumières qui scintillent... J'aime cette magie.
Je m'approchais de la cheminée pour me réchauffer. Edward dormait profondément et son sommeil paisible s'interrompait de temps en temps par une forte toux. Installée dans mon fauteuil je laissais aller mes pensées. Comment la vie avait-elle pu me pousser jusqu'ici... Comment était-il possible qu'une fille comme moi puisse un jour commettre l'adultère et n'avoir qu'une seule envie, celle de recommencer encore et encore jusqu'à capturer le souffle de mon amant et ne plus jamais avoir à le quitter. J'avais beau haïr Edward de tout mon corps et de tout mon être j'étais pourtant retombée dans ses bras à la seconde ou il a posé ses lèvres sur les miennes. À partir de ce moment je n'ai plus rien contrôlé. Il s'était passé tant de choses.
Je sentais la toux monter en moi.
Nous avions dû prendre extrêmement froid sous la pluie et dans la piscine.
Je me préparais une tasse fumante de thé avec du miel pour adoucir ma gorge qui commençait à me faire mal.
Dans quelques jours il faudrait quitter Seattle et retrouver Paris. Je n'en avais pas envie. Edward et moi n'avions pas encore eu le temps de nous expliquer sur tout ce qui venait de se passer mais je me sentais bien. J'aurais voulu que le temps s'arrête. De vieux proverbes disent que si l'on ralentit sa respiration on peut ralentir le temps. Pendant un instant j'ai voulu y croire. J'ai voulu y croire plus que tout et rester ici jusqu'à la fin de ma vie. Jusqu'à ce que mon souffle s'épuise et que le temps n'existe plus. J'avais essayé d'échapper à Edward en plongeant dans la piscine avec pour volonté de ne plus jamais respirer. Tour à tour nous nous sommes empêchés de quitter ce monde. On dit que tant que notre coeur bat encore c'est que nous avons une mission sur cette terre. Je n'ai jamais été trop philosophe, je suis plutôt quelqu'un qu'on qualifierait de terre à terre. Pourtant j'avais ce penchant pour l'art et pour la lecture. J'aurais donné cher pour avoir sous la main à cet instant une oeuvre de Jane Austen à lire, sous la pluie, bien au chaud près de la cheminée avec Edward endormi dans le lit non loin de là. Oh oui j'aurais donné n'importe quoi pour rester ici, même loin de chez moi. En vérité je n'étais pas si loin de mes racines, Forks n'était pas bien loin et Charlie mon père aurait été ravi d'apprendre que j'étais de retour. Mais le pauvre Charlie serait anéanti de s'imaginer ce à quoi ressemble ma vie. L'idée que mon père puisse me voir ainsi me fit froid dans le dos. Je bus doucement mon thé en profitant de sa chaleur et de la douceur du miel dans ma gorge. Le feu crépitais dans la cheminée et je m'affairais à le maintenir en vie. Quelle folie... Je n'ai pas spécialement envie de vous raconter ce qui m'a conduite jusqu'à cette thérapie de groupe. Je ne me sens pas encore prête à en parler. Et ne m'en veuillez pas.
Voir Edward endormi m'avait énormément manqué. Je me souvenais de ce soir fantastique où à Monaco je lui avais dit que je l'aimais. J'avais passé une bonne partie de la nuit à l'observer fermement décidée à quitter mon fiancé. Et pourtant aujourd'hui ma vie est complètement de différente de celle que je m'imaginais avoir à cette période. Mais je n'avais vraiment pas envie de m'étendre sur cette partie là de ma vie.
Je regardais la coupole et la pluie tomber. Soudain je repensais à ce proverbe hindou, si l'on ralentit sa respiration on peut ralentir le temps... Peut-être était il possible que si je retenais ma respiration le temps s'arrête complètement.
Un petit rire nerveux m'échappas, Edward toussait de plus en plus. Pauvre Edward il avait passé plus de temps que moi hors de l'eau et avait dû tomber malade plus vite que moi. La pluie tombait toujours. Je baissais les yeux vers le feu. Un... Deux... Trois... Cette fois si pour de bon je retenais ma respiration. Comme une enfant qui croirait dur comme fer à une formule magique trouvée dans un grimoire. Je commençais à sentir mon coeur ralentir et mes membres commençaient sérieusement à manquer d'oxygène. Comme une enfant mon visage se mettait à rougir. Et je fus stoppée dans mon action par la pluie. En effet tout à coup le bruit sourd de la pluie qui tombait en torrent sur le verre s'arrêta. C'est à ce moment que j'ai repris ma respiration. Je me sentais un peu magicienne capable d'arrêter la pluie rien qu'en retenant ma respiration. Je relevais les yeux et fus complètement stupéfaite. Oui, la pluie avait bel et bien cessé. Mais elle venait de laisser place à de sublimes et abondantes chutes de neige plus appropriées à la région de Seattle en cette période de l'année. C'était magnifique. Je riais devant ma crédulité lorsque que je m'étais imaginé une seconde avoir stoppé la pluie avec ma respiration. Je regardait tomber la neige. Oui, la magie de Noël était en train de faire son oeuvre et je n'en avais pas la moindre idée.
Tadaaaaam ! J'espère vraiment que ce chapitre aura su répondre à bon nombre de vos questions bien qu'il en reste encore de nombreuses qui n'ont pas encore trouvé de réponses ! Patience je vous poste un nouveau chapitre la semaine prochaine et comme je vous l'ai dit je vais essayer de poster le samedi ! Encore un grand merci à celles et ceux qui continuent de me lire. Vous êtes beaucoup moins nombreux en reviews c'est dommage... mais peut-être qu'avec ce nouveau format de chapitre et avec le scénario de celui ci j'aurais peut-être un peu plus de retours ;) C'est à mon tour de vous lire vous n'imaginez pas ce que j'ai hâte !
À la semaine prochaine
Keira.
