Chapitre 9 : I'll do anything you want me to.
Je regardais à nouveau le livre posé sur la table en face de moi. Je devais le faire venir jusqu'à moi cependant j'avais beau me concentrer, je n'y arrivais absolument pas. J'en avais assez. Je ne parvenais à rien, sans cesse troublée par les récents évènements. Je revoyais toujours le visage de Dumbledore qui me hantait, les images des mangemorts, ses menaces, la colère de Rumplestiltskin, sa douleur. Tout me revenait et me déconcentrait avec efficacité.
Je lançai un coup d'œil à NaÏla pour voir où elle en était mais elle n'avait pas l'air plus douée que moi car le classeur était toujours sur la table. Un profond soupir d'agacement retentit derrière moi et je manquai de sursauter.
- Ca suffit ! Arrêtez, vous êtes incapables de pratiquer la magie si vous continuez dans ce sens. Intervint notre professeur.
Je me tournai vers l'homme qui affichait un air las et désolé, mais au moins, il ne semblait plus triste ou en colère, c'était déjà un bon point.
- Je te rappelle que c'est toi qui nous as dit de nous concentrer ! S'impatienta Naïla, agacée.
- Vous concentrer sur vos émotions ce qui visiblement ne vous a pas traversé l'esprit. La magie c'est le pouvoir et ce par le biais de sentiments puissants. Quand est-ce que votre pouvoir se réveille ?
Je réfléchis et me rappelais ces crises de colères où j'avais étouffé des gens sans le vouloir.
- Quand je suis furieuse. Répondit Naïla.
- Ou terrifiée. Ajoutai-je en me remémorant la course poursuite dans la forêt et ma transformation en panthère.
Il secoua la tête d'un air désespéré.
- Il n'y a pas que ça. On peut très bien user de la magie sous le coup de la surprise mais la plus puissante d'entre toutes reste celle liée à l'amour. Elle peut briser n'importe qu'elle malédiction.
Je l'écoutais avec attention, comme captivée par ses paroles qui m'en apprenaient un peu plus sur moi mais aussi sur lui car selon les nuances que sa voix prenait, j'arrivais à savoir quel sentiment il utilisait le plus et le sien était la colère.
- Pour le moment, vous n'avez qu'une solide amitié et aucune de vous n'est dans un danger imminent n'est-ce pas ?
Nous fîmes un signe de négation à l'unisson et il nous adressa un léger sourire.
- C'est pourquoi nous allons nous concentrer sur un autre sentiment. Sur une autre personne. Dumbledore. Il vous a poursuivies, tenté de vous manipuler et encore ici, il vous « attaque ». Imaginez comment vous allez lui faire payer tout ce qu'il vous a fait subir. Pour ça, vous avez besoin de la magie et elle est en vous. Il vous suffit de la prendre.
Il nous poussait à la haine, j'en avais parfaitement conscience mais je détestais déjà cet homme et lui faire payer pour toutes ces menaces qu'il avait proféré, cette fuite forcée… Oui, je voulais réussir à pratiquer la magie et lui faire ravaler ses paroles. Lui prouver que je n'étais peut-être pas si fragile que ça. Et avoir du pouvoir signifierait avoir peut-être plus de chances de retrouver mes parents. Grâce à la magie, je pourrais les retrouver, ou trouver des gens qui pourraient m'expliquer. Ou si je n'y parvenais pas, je pourrais guérir ces blessures au fond de moi qui me freinaient parfois. Il était temps que j'avance, que je lui fasse payer à ce vieux cinglé au lieu de m'écraser. Et il était temps que j'aide bien plus Rumple que maintenant pour payer ma dette.
Je tendis ma main en avant en regardant le livre avec intensité, il se souleva dans les airs et fila vers moi à une telle vitesse que je ne pus l'empêcher de me percuter en pleine tête. Je poussai un glapissement de douleur en sentant la douleur émaner de mon nez, j'avais l'impression qu'il était cassé et j'espérais que non. Naïla riait à gorge déployée, son classeur dans la main alors que Rumple avait affiché un sourire narquois.
- Pauvre dearie, j'avais oublié de préciser qu'il fallait viser.
Je lui lançai un regard noir.
- C'est pas drôle ! Protestais-je.
- Oh que si. Sourit Naïla.
Je croisais les bras sur ma poitrine et lui tirais la langue de façon très mature ce qui renforça son hilarité. Je finis par la suivre de bonne grâce. Puis la félicitais pour avoir réussi à utiliser sa magie et ce de façon bien meilleure que moi. Elle me sourit et me tapota l'épaule dans un geste de soutien.
- Ne désespère pas, tu y arriveras.
- Evidemment qu'elle y arrivera, je suis son professeur. Maintenant, jeunes demoiselles, si vous m'expliquiez comment est arrivé votre pouvoir, dans quelles conditions, qu'elles ont étés les changements que vous avez ressentis car je pense qu'il est temps de faire une petite pause dans la pratique, il ne faudrait pas vous épuiser.
Il nous adressa un sourire moqueur et je m'assis sur le tapis, en tailleur, alors que Naïla s'installait à mes côtés et appuyait sa tête sur mon épaule. Je souris en la sentant près de moi. J'étais contente que nous soyons réunies à nouveau car elle m'avait énormément manqué.
Cependant je savais que je devais réfléchir à la question de Rumple. Je me remémorais mes quatorze ans. Je m'étais réveillée en pleine nuit à cause d'un horrible cauchemar où j'avais l'impression qu'on me rouait de coups et que mon corps brulait littéralement. Quand je sortis de ma torpeur, je faisais quarante de fièvre et une lueur blanche m'enveloppait, semblant sortir directement de mon corps. J'avais passé une semaine alitée avec des piques de températures puis des douleurs cuisantes. Mes parents n'avaient pas compris au début et on avait essayé de me faire prendre des médicaments mais ça n'avait pas fonctionné. Puis ils avaient compris, ils s'étaient souvenus et ils m'avaient tout avoué. Ca avait été dur, d'abord, j'avais été en colère mais je n'avais pas la force physique ou même mentale de le rester plus de quelques jours. Ce n'était pas leur faute et je n'avais pas à leur en vouloir. Puis la maladie s'était éloignée quand j'avais sentis quelque chose éclater en moi, se libérer et m'envelopper d'une protection rassurante. Et au fil des jours, mes émotions fortes se retrouvaient accompagnées de phénomènes magiques comme les étouffements ou le vent qui se levait brusquement. Les objets qui explosaient…
J'expliquais tout à Rumple en essayant de détailler un maximum ce que j'avais ressentis, ne me sentant pas du tout gênée de me confier à lui. A vrai dire, je me retrouvais encouragée par son regard insistant et ça me faisait du bien de lui en parler car lui il connaissait la magie. Il savait la manier ce qui n'était pas mon cas et au final, j'appréciais beaucoup de savoir que je pouvais compter sur ses conseils désormais.
- A vrai dire, comme Lilwen, je suis tombée malade le jour de mon anniversaire, lorsque j'avais seize ans par contre. J'ai ressentis exactement les même symptômes, durant une semaine voire un peu plus et mes parents m'ont expliqués mes origines puis quand la fièvre est tombée, je me suis sentie incroyablement libre, calme et forte. Par la suite, je me suis rendue compte que les personnes qui m'énervaient se retrouvaient à s'étrangler et ils ont vite commencé à comprendre qu'il s'agissait de moi, même si j'étais mortifiée par ce que je faisais inconsciemment. Quand j'étais triste, l'eau se mettait à geler et lors de mes entrainements de natation synchronisée je me suis sentis de plus en plus à l'aise dans l'eau, je pouvais nager sans aucuns problèmes, tout semblait plus facile. Et puis à l'âge de dix-sept ans j'ai rencontré Lilwen sur un forum d'écriture. On est devenues amies et puis finalement, quand on s'est rencontrées j'ai tout de suite compris qu'un lien nous unissait. Je me sentais très à l'aise avec elle ce qui n'était pas le cas avec les autres personnes. Et un jour, elle a utilisé sa magie sans le vouloir et j'ai su qu'elle était comme moi. Depuis je la considère comme la personne la plus proche de moi au monde.
Je fus touchée par ses paroles car je ressentais la même chose pour elle. Elle était la grande sœur que je n'avais jamais eue, le rempart solide dont j'avais besoin pour me sentir bien et rassurée. Et contrairement à tous les autres, elle me comprenait.
- Tout cela est très touchant. Mais je ne peux m'empêcher de m'attarder à nouveau sur le fait que votre magie est apparue la même année. Ce n'est pas un phénomène normal et d'ailleurs je m'interroge même sur votre forme de magie désormais.
- Notre forme de magie ? Répéta Naïla.
- Quand tu décris ces manifestations, la plupart ont un lien avec l'eau. Si on écoute Lilwen, la majorité d'entre elles sont en général dues au vent. J'ai eu moi-même l'occasion de voir sa magie à l'action dans des instants de colères, je sais quels en sont les effets, à quoi elle ressemble. Et plus j'y pense plus tout cela me rappelle une vieille prophétie que beaucoup de parents racontaient à leurs enfants. Elle se transmettait de génération en génération et je l'ai entendue prononcée par un enfant de mon âge à l'époque. Comme je viens d'un monde plein de magie, j'y ai cru mais plus le temps passait et plus je pensais qu'il ne s'agissait que d'un conte. Jusqu'au jour où je suis devenu le dark one. Je sais reconnaitre une prophétie quand j'en vois une et s'en était une.
Je ne voyais pas vraiment où il voulait en venir et surtout en quoi une prophétie pouvait bien me concerner et concerner Naïla. Nous n'étions que de simples jeunes femmes. Enfin, bon d'accord, on pouvait pratiquer de la magie, mais nous n'étions pas les seules. Je ne pouvais pas imaginer que nous ayons un quelconque lien avec une prédiction surtout qu'elle remontait à l'enfance de Rumple, ce qui signifiait à environs deux cent ans.
- Je ne pense pas qu'on puisse être dans une prophétie. Nous ne sommes pas vraiment des sorcières des plus puissantes. Et si on l'était on aurait surement eut nos pouvoirs plus tôt non ? Une femme que j'ai rencontrée avec Lilwen nous a dit que les sorciers étaient inscrits dans une école de sorcellerie dès leurs onze ans car c'est à cet âge que les pouvoirs se révèlent. Et les plus puissants ont leurs pouvoirs dès leur plus jeune âge.
Il nous regarda avec attention et finit par secouer la tête avec agacement. Il se leva et commença à marcher vers les escaliers mais fit demi-tour et revint vers nous, profondément plongé dans ses réflexions. A vrai dire il avait fermé les yeux et murmurait des paroles incompréhensibles voire même quasiment inaudibles tout en fermant et ouvrant le poing. Il plongea son regard dans le mien et un léger sursaut me secoua face à ce soudain intérêt. Il me jugeait littéralement, semblant m'étudier sous toutes mes coutures et ce seulement en fixant mes yeux ainsi. Je me sentais légèrement mal à l'aise et quand mon visage se mit à chauffer, je n'eus aucun mal à deviner que je rougissais.
- Euh tu pourrais arrêter de me regarder comme ça, c'est assez flippant. Emis-je avec gêne.
- Un jour, les éléments naitrons et changerons le cours de l'histoire des mondes. Ils feront la différence entre le bien et le mal et eux seuls sauront guider les peuples dans le chemin qu'ils auront choisis. Le feu fera rage par la guerre et l'eau sera l'élément vital mais aussi celui qui saura écouter ses sentiments. La terre fera trembler les résolutions et sa colère sera à craindre alors que l'air, lui, incarnera le changement. Récita-il.
Je l'écoutais avec attention et échangeai un regard légèrement inquiet avec Naïla qui ne semblait pas non plus comprendre de quoi il en retournait. A vrai dire, j'étais totalement perdue et je ne voyais absolument pas où il voulait en venir. Je me demandais bien en quoi je pouvais changer le monde alors que je ne savais même pas faire voler correctement un livre jusqu'à moi, même si d'habitude j'y arrivais un peu mieux. Et de toute façon, je n'étais pas puissante, je n'avais rien à voir avec cette prophétie.
- L'air et l'eau. Voilà pourquoi vous êtes capables de franchir les limites de la ville. Vous êtes les élémentaires. Vous faites partie de la légende de notre monde, vous n'êtes pas forcées d'être nées là-bas car qu'importe, vous êtes dans notre histoire.
- Non, s'opposa Naïla, Ecoute Rumple, on n'a pas de pouvoirs. Et tu sais qu'on devrait les avoir dès notre naissance.
- Et si justement vous les aviez depuis votre naissance ? Vous avez déjà été privées de votre véritable apparence alors pourquoi pas de vos pouvoirs ? Si vous êtes vraiment des élémentaires, alors la personne qui a fait ça avait peur de vous. Il savait que vous pouviez mettre sa vie en danger.
- C'est ridicule on était placées dans des familles sans magie, même si on les avait eus avant, nous n'aurions pas su les contrôler. Intervins-je.
- En tant qu'élémentaires, tu crois sincèrement que cette personne est la seule à vous rechercher pour se servir de vos pouvoirs ? Ricana-t-il. Tu es très naïve ma pauvre dearie.
J'ouvris et refermai la bouche en me préparant à lui lancer une réplique cinglante mais il me devança.
- Si Dumbledore vous porte tant d'intérêt c'est qu'il y a une raison. Il sait qui vous êtes. Vous n'êtes pas seulement connues dans mon monde mais bien dans celui-ci aussi. Vous devez changer le destin des mondes. Il a besoin de vous et à mon avis s'il est si pressant c'est que ça ne va pas fort de son côté et qu'il a besoin de votre aide. Pourquoi, je n'en sais rien.
- Les mangemorts. Intervint Naïla. Les aurors qui poursuivaient Lilwen ont dit qu'elle était une mangemort et que c'est pour ça qu'on voulait la capturer. Et d'après Dumbledore se sont des tueurs sans pitié. C'est comme ça qu'il les a présentés en tout cas mais étant donné ce que je sais, il ne fait que mentir depuis le début je ne suis pas sûre que ces personnes soient si mauvaises qu'on les présentes.
J'étais d'accord avec elle-même si les images que j'avais vues des mangemorts ne me semblaient pas trafiquées. J'étais convaincue que tout s'était réellement passé mais je ne savais pas pourquoi ils agissaient ainsi. Peut-être il y avait-il une raison à tous ces massacres mais laquelle ? Je soupirais, pas plus avancée qu'avant. Et en plus de cela, si l'histoire de Rumple était vraie, et même si elle ne l'était pas d'ailleurs vu qu'il semblait sûr d'avoir raison, allait-il m'utiliser aussi ?
- Hé bien mesdemoiselles, il va falloir mettre les bouchées doubles pour que vous soyez à niveau.
Bizarrement, un sentiment d'inquiétude me saisit et je lui lançai un regard légèrement apeuré. Naïla lui adressa un grand sourire des plus hypocrites.
- Bon bah on va te laisser hein ! Il est l'heure d'aller dormir. Tu viens Lilwen ! Je suis sûre que tu es très fatiguée.
Je repérais aisément le signal de la retraite et je partis en courant dans les escaliers, mon amie à ma suite alors que l'homme restait seul et secouait la tête.
- Ne croyez pas pouvoir m'échapper ! Demain vous y aurez le droit ! S'écria-t-il alors que j'atteignais le haut des marches.
Je me jetais dans la chambre que je partageais avec Naïla et celle-ci me rejoignit pour s'allonger sur le lit avec un léger sourire amusé.
- Il doit avoir un peu abusé de l'alcool. Emit-elle.
Je savais qu'encore une fois, il s'agissait pour nous d'une façon de ne pas penser à nos problèmes. D'oublier que nous étions ensevelies sous les ennuies et que ce que venait de nous dire Rumplestiltskin avait une chance d'être vrai. Et cette possibilité était totalement effrayante.
Elle tapota la place à côté d'elle et je m'y installais après avoir enlevé mes chaussures. Elle se mit de côté pour me regarder et me fit un sourire très amusé qui n'annonçait rien de bon.
- Et sinon, il est quand même pas si mal que ça le propriétaire. Fit-elle avec un air malicieux.
J'haussai un sourcil et déglutis plutôt difficilement. Je sentais venir la discussion des petits amis et je n'étais pas sûre du résultat final. Naïla me connaissait bien et voyait quand je mentais, autant que moi je voyais quand elle le faisait.
Je me concentrais sur Gold et cherchais à savoir ce que je pensais de lui. Je lui étais énormément reconnaissante de m'avoir sauvé et de m'aider encore maintenant même si ce n'était pas pour me faire plaisir mais pour que je lui sois utile. Et en plus de cela, il m'impressionnait par ses agissements. Même s'ils n'étaient pas des plus bienveillants la plupart du temps… Et puis il m'intriguait de par son histoire et cette fragilité qu'il tentait de cacher avec acharnement.
- On va dire que je l'apprécie. Et oui, il est plutôt mignon quand il veut.
Elle me fit un grand sourire.
- Oui, j'étais sûre que tu me dirais ça, tu le dévores littéralement des yeux…
Je m'étranglai avec ma salive et rougis d'un coup.
- Pa... Pardon ? Bégayai-je.
- Oh arrête tu ne croyais tout de même pas que je n'allais pas remarquer ça ! Dès qu'il parle il capte ton attention et tu ne peux pas t'empêcher de le regarder. Fit-elle avec amusement.
- C'est totalement faux ! Protestai-je. Je te signale que c'est lui qui nous a sauvé toutes les deux et qu'il est la seule personne à connaitre la magie ici hormis Regina mais on ne s'entend pas vraiment. Et puis je regarde toujours les personnes à qui je parle. C'est normal non ?
- Oui, ça serait normal si tu le regardais quand il te parle, or même quand il ne fait rien tu l'observe. Et ce avec plus qu'insistance.
Je croisais les bras sur ma poitrine et pinçais les lèvres, agacée qu'elle ait remarquée l'intérêt que je portais à l'homme. Pas que j'étais amoureuse de lui mais je me sentais rassurée par sa présence, par le fait qu'il me protégeait et qu'il jouait un peu le rôle d'un guide pour moi. Et puis on ne pouvait pas nier qu'il avait un certain charme quand même…
- Naïla, je n'ai pas besoin de tes conseils matrimoniaux là…
Elle m'adressa un sourire resplendissant et me fit un petit clin d'œil.
- D'accord Dearie.
Je lui abattais un coussin sur la tête et elle éclata de rire alors que je ne pouvais m'empêcher de la suivre. Cela faisait du bien d'oublier tous mes problèmes. Enfin tous sauf celui que venait de me poser mon amie. Comment se faisait-il que je veuille tant l'aider alors qu'il était si colérique et que je savais qu'il m'utilisait ? Je n'arrivais vraiment pas à comprendre ce besoin que j'avais de l'aider. Quoique si, il y avait le fait que je voyais ses fragilités, que je savais qu'il n'était pas cet homme cruel derrière lequel il se cachait. Et j'avais souffert comme lui, je voulais qu'il aille mieux. Enfin autant qu'on puisse l'être car des blessures si profondes ne guérissaient jamais. Naïla me sourit avec douceur et posa une main sur mon poignet.
- Lilwen, arrête de t'interroger sur pourquoi tu es comme ça avec lui. C'est très simple. Tu comprends sa douleur, tu as toujours voulu aider les autres avant de t'occuper de toi. Et puis arrête de nier, je suis persuadée que tu le trouves mignon avec son côté bien habillé mais mystérieux.
Je levais les yeux au ciel pour me donner une contenance même si je ne pouvais pas contrer ses arguments car elle avait raison. Je décidais donc de me pencher sur quelque chose d'autre que l'homme au regard captivant. Comme la conversation précédente et cette fameuse prédiction.
- Naïla, tu crois vraiment qu'on est celles décrites par sa prophétie ? Demandais-je.
Elle me regarda avec intensité et sembla peser le pour et le contre avant de faire un signe de tête négatif. Elle non plus n'était pas convaincue de notre origine.
- Je ne pense pas Lil', on ne sait pas utiliser nos pouvoirs, nous ne sommes pas puissantes et en plus de cela, on ne sait rien de nos origines. Par contre il n'a pas tort quand il dit que nos magies sont liées aux éléments car il faut bien se rendre à l'évidence. Quand tu pousses quelqu'un magiquement, ça peut être grâce à l'air, tu peux les priver d'oxygène et donc les étouffer et visiblement quand tu es furieuse tu déclenches de véritables tempêtes. Moi je peux respirer sous l'eau et chaque contact avec cet élément a le don de m'apaiser.
- Depuis quand l'eau peut-elle t'aider à faire venir un classeur jusqu'à toi ? Questionnais-je d'un ton dubitatif.
Elle poussa un profond soupir abattu et regarda le plafond avec attention. Elle détourna la tête pour contempler le mur d'en face.
- Notre vie est un véritable puzzle. Je ne pense pas qu'il ait raison et comme tu l'as souligné avec la magie de l'eau je ne peux pas faire venir un objet à moi. Mais j'aurais voulu me raccrocher à cet espoir parce qu'au moins ma vie aurait eu un but. Actuellement elle n'en a aucun. Je ne sais pas qui sont mes parents, j'ai été poursuivie par des cinglés, séparée de ma famille adoptive et en plus j'ai une nouvelle apparence. Et le fait qu'il s'agisse surement de mon vrai visage me fait me rendre compte que ma vie est basée sur un mensonge et que quasiment tout ce que je croyais vrai ne l'est pas.
Je ressentais la même chose qu'elle depuis que j'avais quitté Paris. Je savais ce que c'était d'avoir peur, d'être terrifiée. Je savais également ce que c'était de ne plus comprendre ce qu'il se passait, de souffrir, d'espérer et soudain, de désespérer. C'était tous les sentiments qui se bousculaient en moi depuis près de deux semaines. Tout s'était déroulé à une vitesse si ahurissante que je n'avais pas eu le temps de tout assimiler, de comprendre ce qu'il m'arrivait. Mais j'en étais venue à me dire que peut-être que Rumplestilitskin représentait la personne qui allait me permettre de savoir qui j'étais. Et le fait que Naïla soit à mes côtés m'avait rassurée. Peu importe ce qui pourrait arriver, elle serait avec moi et on se protégerait mutuellement.
Je posai une main rassurante sur son épaule et elle se tourna vers moi. Je remarquais les larmes qui menaçaient de s'échapper de ses yeux et mon cœur se serra.
- Quoiqu'il arrive et peu importe ce qu'il s'est passé, je serais toujours là pour toi Naïla et moi je sais qui tu es. Tu es une jeune femme formidable qui m'a sauvé la vie. Qui est là quand je vais mal. Une fille courageuse qui n'aurait pas hésité à mettre sa vie en danger pour m'aider. Mais aujourd'hui nous sommes ensemble, nous ne sommes pas séparées et on ne sait surement rien de nos origines mais il est temps d'avancer. Peut-être que Rumple a raison, peut-être qu'il a tort. On ne le saura sans doute jamais mais je sais que nous avons des pouvoirs et qu'il est temps d'apprendre à les utiliser. On leur montrera à tous, à Dumbledore, à ces aurors, et à ces gens qui veulent nous blesser, que nous ne sommes pas des filles fragiles ou aisément manipulables. Et moi je vais retrouver Belle puis Baelfire. Déclarai-je d'un ton plein de détermination.
Plus je parlais, plus je me rendais compte que je croyais réellement à ce que je disais et je me rendais compte qu'il y avait de l'espoir tout compte fait.
Mon amie se redressa et me sourit, séchant ses larmes. Elle m'enlaça rapidement.
- Merci d'être là Lilwen.
Je répondis à son sourire et me levais avec un clin d'œil.
- Je vais me laver… Ne fait pas de bêtises pendant mon absence sinon je vais devoir te faire la morale et ça risque de prendre du temps.
Elle joignit les mains et prit un air totalement innocent. Je ricanais et sortis de la pièce pour aller dans la salle de bain. J'ouvris la porte en m'interrogeant à nouveau sur l'endroit où se trouvait Belle et à un moyen de trouver Baelfire. Le léger ruissèlement que j'entendais sans vraiment m'en rendre compte cessa soudain et je compris trop tard que je n'étais pas seule dans la pièce. Gold venait de sortir de la douche, entièrement nu et mon regard s'attarda malgré-moi sur son torse finement musclé, sa peau à l'aspect douce où chacune des gouttelettes qui la parsemait semblaient briller de mille feux. Il poussa un cri de surprise et fit la seule chose qu'il pouvait faire rapidement pour se soustraire à mon regard. Il retourna derrière le mur de la douche.
- LILWEN ! Hurla-t-il, furieux.
Je repris mes esprits à cet instant et je partis en courant sans demander mon reste, à la fois mortifiée, gênée et totalement morte de rire. Je claquai la porte derrière moi et entrai dans ma chambre en riant à gorge déployée alors que Naïla me regardait comme si j'étais cinglée.
- Euh Lil ?
- T'as raison, il est pas mal foutu. Souris-je.
Elle me regarda intensément, puis compris et éclata de rire à son tour. Pour le moment nous étions heureuses et c'était tout ce qui comptait.
