Auteur : drarry-fanfiction

Titre : Mon Maître d'école

Résumé : La Guerre est finie et Harry doit apprendre à se reconstruire. Pour cela, il quitte le Monde Sorcier et s'enfuit du pays. Mais 20 ans après avoir tout abandonné et alors que tout allait pour le mieux pour lui, son passé va refaire surface à cause d'une rencontre très inattendue.

Genre : Romance

Spoiler : Tome 7 inclus

Pairing : HP/DM

Rating : M

Nombre de chapitres : Aucune idée. Pour le moment, 9.

Bonne lecture !

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Chapitre 9 : La peur de l'Autre

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Scène 23 – Draco Malfoy – 4 janvier 2019 à 07h00

Bip Bip Bip

Une main s'extirpa sans douceur de la couette et envoya valser le réveil posé sur la table de nuit, dans un geste rude. L'engin électronique se retrouva propulsé à travers la pièce, effectuant plusieurs loopings et finit sa course quelques mètres plus loin, dans un vacarme assourdissant. Il ouvrit les yeux lentement mais il ne voyait rien. En ce premier mois de l'année, le soleil n'était pas encore entièrement levé et les volets fermés, seule l'obscurité était présente. Il tendit la main, cherchant à tâtons l'interrupteur de sa lampe de chevet, et lorsqu'il l'eut enfin trouvé, appuya dessus. La pièce fut soudain éclairée par une vive lumière et il cligna des yeux un moment, ébloui par tant de clarté. Il se passa une main sur le visage, grimaçant lorsqu'il sentit les poils de sa barbe racler sous ses doigts, et se redressa dans son lit. Il s'extirpa difficilement de la couette, frissonnant lorsque le froid engourdit ses membres uns à uns et se dirigea rapidement vers la salle de bain attenante, laissant des marques de son passage sur le carrelage blanc de sa chambre à coucher. Il ne se regarda pas dans le miroir, ne voulant pas apercevoir l'air fatigué qui devait sans nul doute s'afficher sur son visage, et fila dans la cabine de douche après avoir retiré les quelques vêtements qu'il portait. Il alluma le jet d'eau, faisant attention à ne pas le diriger sur lui, et patienta un instant le temps que l'eau puisse se réchauffer. Enfin, il se glissa dessous, effaçant ainsi toute trace de sommeil de son corps. Il se débarbouilla le visage à l'aide de ses deux mains et soupira d'aise, se sentant à présent parfaitement réveillé.

Les évènements de la veille lui revinrent alors en mémoire et il serra les dents. Il ne savait vraiment pas ce qui lui avait pris. Hier, lorsque Potter lui avait demandé de venir pour discuter de Scorpius, il avait accepté sans un moment d'hésitation. Mais à mesure que la journée défilait sous ses yeux, il n'avait pu empêcher l'inquiétude de le saisir et lorsqu'il dû aller chercher Scorpius à l'école à quatre heures et demi, il s'était dépêché de trouver l'enfant et était parti sans demander son reste, inquiet à l'idée de croiser Potter pendant sa fuite. Et alors qu'il était rentré chez lui, la stupidité de son acte lui avait éclaté au visage et il s'en était voulu d'avoir agi ainsi. Il avait alors appelé l'école de son fils, prétextant un besoin urgent, et avait demandé le numéro privé de Potter. La supérieure de ce dernier le lui avait donné sans une quelconque justification. Pendant plusieurs minutes, il avait longuement hésité sur la démarche à suivre, tournant et retournant entre ses deux doigts le minuscule bout de papier où était écrit à l'encre noire le numéro de Potter. Puis, il avait pris son téléphone et avait composé les dix chiffres d'une main tremblante, son cœur prêt à lâcher d'angoisse. S'il n'était pas si lucide, il pouvait affirmer qu'il s'était cru revenu à l'adolescence lorsqu'il était sorti pour la première fois avec une fille. De ses mains glissantes d'appréhension, il se rappelait avoir écouté les nombreuses sonneries défiler et alors même qu'il allait raccrocher, la voix grave de Potter s'était fait entendre. Le choc lui avait brusquement coupé la respiration et pendant quelques minutes, il n'avait rien dit, comme stupéfixer. Puis, il s'était repris et avait lentement murmuré le nom de Potter, déclarant ensuite son identité même si au plus profond de lui-même, il savait que le brun l'avait immédiatement reconnu. Il avait tenté de maîtriser les soubresauts de sa voix alors que Potter tentait de le déstabiliser et pour reprendre l'ascendant de la conversation, il avait prétexté une urgence à l'hôpital pour expliquer son absence au précédent rendez-vous qu'il avait manqué, se fustigeant mentalement par la suite pour avoir utilisé une telle excuse. Et puis, il se souvenait l'avoir invité à dîner et de toute sa vie, il était persuadé que cela fut la pire idée qu'il n'ait jamais eu.

Il avait par la suite convenu de se rejoindre dans un restaurant chic de Paris, affirmant à Potter s'y être rendu à de nombreuses reprises alors qu'il n'y avait jamais mis les pieds. Il savait juste que le restaurant était réputé pour sa haute gastronomie et ses prix exorbitants. Il avait voulu l'impressionner, lui montrer que sa vie était aussi bien réussie que la sienne, lui prouver qu'il ne regrettait aucun de ses actes et qu'il était fier de ce qu'il avait accompli. Il avait voulu lui montrer tout cela, même s'il savait à ce moment-là que ce n'était qu'une vulgaire mascarade de sa part. Alors, il s'était revêtu de son plus beau costume et avait annoncé à Scorpius qu'il sortait, lui dictant quelques règles à respecter s'il voulait pouvoir rester seul à la maison. Il s'était ensuite dirigé vers sa voiture et avait roulé jusqu'au restaurant. Il se souvenait être arrivé en avance et avoir patienté un moment dans le véhicule. Puis, Potter était apparu. Il avait guetté son arrivée et l'avait observé longuement, caché derrière les vitres teintées de sa Mercedes comme un voyeur, un moment rassuré de voir que le brun ne semblait pas à l'aise, son pas raide et les bras serrés le long du corps. Et la confiance était revenue.

Il était sorti de la voiture, avait réajusté son col de chemise et s'était dirigé vers l'entrée du restaurant. Ses yeux s'étaient presque immédiatement orientés vers Potter, qui avait déjà le regard rivé sur lui, une étincelle de je-ne-sais-quoi à l'intérieur, qui l'étourdit un moment. Il s'était alors lentement approché de la table et avait salué le brun, qui s'était relevé pour l'accueillir, d'une poignée de main. Puis, ils s'étaient assis chacun à un bout de la table et il avait commandé une bouteille de vin qu'il savait excellente. Potter avait semblé gêné lorsqu'il avait dégusté le vin, tel que ses parents lui avaient appris autrefois et il s'était senti puissant. Une vague de fierté lui avait crispé l'estomac et il avait continué, jouant de ses sarcasmes pour le mettre mal à l'aise. Et Potter avait répondu, contrant ses moqueries avec la même verve qu'autrefois. Un instant, il s'était même cru revenir à l'époque de Poudlard et la nostalgie s'était emparée de lui, tel un délicieux poison. Puis, à un moment, Potter avait semblé se lasser, Draco avait pu le voir dans ses yeux. Par la suite, il avait semblé hésitant et les yeux baissés vers son assiette encore vide, Harry Potter lui avait raconté son histoire. Ses joies, ses peines, ses erreurs. Il ne lui avait rien caché et Draco l'avait écouté attentivement, curieux de savoir ce qui avait pu arriver à Potter, heureux de voir qu'il n'était pas le seul à souffrir. Et lorsque Potter lui avait parlé d'un certain Mark, la voix pleine d'angoisse et les yeux fuyants, il n'avait pas cillé. Pourtant, intérieurement, il avait senti son cœur prêt à exploser. Et alors, Potter s'était tut, semblant attendre une réponse de sa part. Il lui avait demandé pourquoi il lui racontait tout cela mais l'ancien Gryffondor n'avait pas répondu. Un serveur était arrivé pour leur donner une carte et à peine fut-il parti qu'il avait lui-même prit la parole, le souffle court de ses futurs aveux. Et à son tour, il lui avait raconté. Son acquittement ainsi que celui de sa mère, l'emprisonnement de son père, Lucius, la perte de leurs biens, la vente du Manoir Malfoy. Il lui avait conté les insultes, les moqueries, les sortilèges fusants dans son dos dès qu'il sortait, son mariage avec Astoria dont il n'avait pourtant jamais pu tomber amoureux malgré les nombreuses années passées et la perte de sa mère qui l'avait profondément marqué. Puis, un sourire sur les lèvres, il lui avait parlé de son fils, Scorpius, de sa naissance qui l'avait comblé de bonheur et de cette envie de le rendre heureux. Il lui avait expliqué son brusque départ, ce besoin inexplicable de changer les choses. Et Potter l'avait écouté, hochant la tête parfois inconsciemment. Et à ce moment-là, tout près de Potter qui ne cessait de boire ses paroles, il s'était senti bien. Pour la première fois depuis longtemps, il s'était senti à sa place.

Et en rentrant chez lui, le soir, il avait eu peur. Peur de ce sentiment de bien-être qui lui serrait la gorge. Peur de ce que cela pouvait impliquer. Peur de Potter et ses grands yeux trop verts.

...

« Papa, on y va ? »

Il releva les yeux de son journal et regarda son fils qui lui faisait face, son cartable accroché dans son dos qui semblait peser une tonne. Il ferma le prospectus dont il n'avait pas lu une ligne depuis toute à l'heure, profondément plongé dans ses souvenirs, le posa sur la table et finit son café tiède d'une longue gorgée. Il se redressa, enfila son manteau qui traînait sur le dossier de la chaise et s'approcha de son fils.

« Tu es prêt, Scorpius ? Tu es sûr de ne rien avoir oublié ? »

Son fils acquiesça vivement de la tête et il sourit, balayant de la main les mèches blondes rebelles de l'enfant. Il prit ses clés accrochées sur le muret près de la porte d'entrée et ensemble, ils partirent. Scorpius, heureux de retrouver ses camarades d'école et Draco, anxieux à l'idée de revoir Potter.

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Scène 24 – Scorpius Malfoy – 4 janvier 2019 à 08h07

Le paysage défilait sous ses yeux avec rapidité et à force de le fixer aussi longtemps, Scorpius finit par se sentir nauséeux. Il détourna le visage, déçu, et se tourna vers son père, qui paraissait concentré. Les yeux rivés sur la route, il semblait cependant extrêmement fatigué et perturbé. Ses sourcils froncés et ses paumes crispées sur le volant lui indiquaient cela. De plus, un tic nerveux agitait sans cesse sa mâchoire et il se demanda un instant si cela avait un rapport avec ce qui s'était produit hier soir quand son père était rentré de son rendez-vous avec Monsieur Muller. Il décida donc de lui demander, triturant ses mains d'hésitation :

« Papa ? »

Son père sursauta à l'appel et Scorpius se sentit encore plus nerveux. Il observa son géniteur le regarder rapidement pour lui intimer de continuer puis retourner son visage vers la route, pour conserver le véhicule droit.

« Est-ce que ça va ? »

Si son père sembla surpris par la question, il n'en montra rien. Un sourire orna son visage et il ajouta, les yeux toujours fixés devant lui :

« Bien sûr, mon ange. Tout va bien. »

Son père posa sa main droite sur sa cuisse et la serra doucement. Il savait que son paternel tentait de le rassurer et il lui adressa un sourire en retour, pas convaincu pour autant. Quelque chose clochait mais il n'arrivait pas à savoir quoi.

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Scène 25 – Harry Potter/Mark Muller – 4 janvier 2019 à 17h35

Une mouche voleta devant lui, s'arrêtant sur le bras de son interlocuteur, sortant une fine tige de sa bouche pour butiner la peau. Il l'observa un moment puis le bras bougea et elle s'envola si vite qu'il ne put la suivre du regard. Il remonta ses yeux vers la femme qui lui faisait face. Cette dernière, les cheveux retenus en un chignon décoiffé, l'observait de ses yeux pâles d'un air renfrogné. Un instant, perdu dans ses pensées, il en avait presque oublié le rendez-vous auquel il assistait. Madame Martins, la mère d'un de ses élèves, était venu le voir à la fin des cours pour discuter, inquiète au vue des mauvais résultats de son fils à l'école au cours de ses quatre derniers mois. Son enfant n'avait pas des notes si catastrophiques et cela ne valait pas la peine de s'alarmer mais il comprenait et rassurer les parents angoissés faisait aussi partie de son métier de professeur des écoles.

Il se reprit alors, se redressant immédiatement sur sa chaise et balbutia :

« Pardon ? »

La jeune femme, probablement la trentaine, fronça les yeux de désapprobation mais ajouta tout de même :

« Je vous demandais ce que vous me conseilleriez pour Maxence ? Dois-je envisager un futur redoublement ? »

Il secoua la tête et reprit, d'une voix professorale :

« Non, c'est inutile pour le moment. Je vous conseillerais de l'inscrire au cours du soir qui ont lieu le mardi soir de 16h45 à 17h45. Cela sera amplement suffisant pour l'instant. Cependant, s'il s'avère que ses notes ne remontent pas, nous pourrons à ce moment-là envisager un possible redoublement à la fin de l'année. »

La femme grimaça. La plupart du temps, les parents n'aimaient pas ce mot, jugeant cela dégradant pour leurs enfants. Toutefois, Harry trouvait que le redoublement était une bonne chose pour les élèves en difficulté, ce qui était le cas de Maxence. Cela ne voulait pas pour autant dire qu'il était moins bon que la moyenne, simplement qu'il avait besoin de plus de temps pour assimiler certaines choses. D'ailleurs, Harry ne proposait cela qu'en dernier recours. L'Etat ne leur permettait que quelques redoublements chaque année, un quota ayant été mis en place pour éviter tout débordement.

« Ne vous inquiétez pas, je pense que Maxence s'en sortira très bien avec quelques cours du soir et davantage de rigueur. »

Il adressa un sourire à la femme, se voulant rassurant et cela sembla fonctionner car ses traits se détendirent instantanément. Alors qu'il allait reprendre pour lui demander si elle souhaitait inscrire son enfant pour l'aide le mardi suivant, des coups se firent entendre sur la porte derrière lui.

« Entrez. »

La porte s'ouvrit sur la directrice de l'école. Cette dernière les salua d'un signe de la tête et ajouta rapidement :

« Excusez-moi de vous interrompre. Monsieur Muller, quelqu'un souhaite vous voir. Cela a l'air urgent. »

Harry fronça les sourcils de surprise. Qui donc pouvait bien le demander ? Il s'excusa auprès de Madame Martins, se releva et sortit à la suite de sa supérieure. Cette dernière lui indiqua avec un rapide geste de la main que la personne l'attendait dehors et se rassit à son bureau sans plus de cérémonies. Harry se dirigea sans attendre vers la sortie, ouvrit la porte et se figea sur le palier.

Dans la cour, sur un banc de bois abîmé par le temps et les nombreuses intempéries, non loin du seul arbre qui y trônait, Malfoy était assis. Les coudes posés sur les cuisses et la tête enfoncée dans ses mains, il ne semblait pas aller bien. Il ne pouvait pas apercevoir son visage mais la posture crispée de l'homme lui criait son accablement. Il ne savait pas quoi faire. Devait-il se manifester ou simplement attendre que le blond le remarque ? Malfoy n'aimerait sûrement pas être vu ainsi alors avec appréhension, il se racla doucement la gorge, espérant ainsi démontrer son arrivée. A ce son, Malfoy redressa brusquement la tête. Lorsqu'il aperçut Harry, il releva son buste légèrement, posa ses mains bien à plat sur ses cuisses et d'une voix à peine audible, demanda :

« Est-ce qu'on- … Est-ce qu'on peut parler ? »

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Voilà pour le chapitre neuf de cette histoire, comme le précédent, il est un peu court. Par manque de temps, étant donné que je viens de reprendre le chemin de l'école, je préfère faire de courts chapitres ce qui me permet de respecter mon délai entre chaque post. Je privilégie donc la qualité que la quantité, j'espère que vous comprendrez.

Pour ce chapitre, vous avez enfin la version de Draco concernant leur rendez-vous, j'espère que cela vous a plu car ce personnage est bien plus complexe à décrire qu'on ne peut le penser. Donnez-moi toutes vos impressions : ce que vous avez aimé, ce que vous avez moins apprécié, ce que vous changeriez, n'hésitez pas. Je ne mords pas !

Pour le prochain chapitre, il se passera plusieurs mois après celui-là. Les choses auront donc bien avancé.

A SUIVRE !