Et hop !
Un nouveau chapitre ! Un !
°Chapitre 10°
Elle courait droit devant elle.
Se faufilant et bousculant au passage quelques personnes sans prendre la peine de s'excuser.
Elle ne voulait pas rester au milieu de cette foule et la chose qu'elle désirait le plus à cet instant, c'était être loin de lui…le plus loin possible.
Elle voulait s'enfermer et être seule…Etre seule pour pouvoir pleurer autant qu'elle le souhaiterait. Pleurer sans se faire réconforter, par personne.
De toute façon cela ne servirait à rien…
De leur côté, Yûna, Fye et Kurogane discutaient près du balcon. Depuis plusieurs minutes, Fye prenait un malin plaisir à faire exploser de colère Kurogane en lui répétant qu'il l'avait vu à plusieurs reprises regarder les jambes et décolletés des femmes de la réception, Yûna y compris. La plaisanterie faisait mouche à chaque fois, le ninja haussait la voix ce qui lui valait des regards mi interrogés, mi terrorisés des personnes alentours.
Cela avait au moins le mérite de faire rire Yûna ; elle était, à elle toute seule, un très bon public. Cela lui faisait beaucoup de bien de rire ainsi. Il y avait bien longtemps que cela n'était pas arrivé.
Alors qu'elle regardait d'un air amusé les deux hommes se disputer, elle vit au loin une silhouette qui lui était familière se faufiler précipitamment dans la foule de la piste de danse. Elle la reconnue aussitôt et n'eut aucun mal à deviner que quelque chose allait mal…
Yûna (voulant aller à sa rencontre) : C'est sakura…
Fye (surpris de voir Yûna se précipiter vers la sortie) : Quoi ?
Kurogane : Elle va où ??
Les deux hommes décidèrent de la suivre ne comprenant absolument rien à ce qui venait de se produire.
Shaolan était comme pétrifié d'horreur. Il ne pouvait pas y croire. C'était impossible, il ne pouvait s'agir que d'un cauchemar.
Un cauchemar très cruel mais, il allait se réveiller, il devait se réveiller et y mettre terme…
« là…
maintenant…
Non, c'est impossible ! Il est trop tard… »
La jeune hôtesse était toujours collée contre lui malgré l'air dépité du jeune garçon.
Hôtesse : Vous connaissez cette personne ?
Shaolan (qui n'avait pas lâché des yeux l'endroit où se tenait sa Princesse quelques instants auparavant) : oui…
Hôtesse (absolument pas troubler par l'aspect terrifié et déconcerté de l'homme qu'elle tenait dans ses bras) : c'est une amie à vous ?
Il ne répondit pas.
Il n'avait plus la réponse…
Il se détacha de cette femme qui l'avait manipulée et qui avait sûrement rendu à néant tout ce qu'il avait essayé de construire depuis de nombreuses années.
Il se mit alors à courir lui aussi…il allait tout lui expliquer et aussi tout lui avouer.
Il allait lui dire que, depuis des années, il l'aime à en mourir…
Et même si elle oublie tout instantanément, il le lui répèterai encore et encore jusqu'à ce qu'elle n'oublie plus…
Une porte claqua suivi du bruit métallique d'une clé que l'on tourne à deux reprises dans la serrure.
La jeune princesse resta immobile face à cette porte clause, dans la pénombre. Les larmes coulaient toujours et son corps était maintenant secoué par de petits sanglots qu'elle n'arrivait pas à réprimer.
Elle n'arrivait pas à faire partir cette image de sa tête. Elle revoyait sans cesse Shaolan dans les bras de cette fille à moitié nue qu'il embrassait d'une manière si…sauvage.
« Pourquoi a-t-il agit ainsi ? Je ne le reconnais plus… »
Il n'était plus le Shaolan qu'elle avait connue au début de l'aventure. Celui qui était toujours à ses côtés, toujours à l'affût du moindre danger et toujours si courtois.
C'était une facette de lui qu'elle ne connaissait pas et qu'elle venait de découvrir ce soir.
« Lors de notre première rencontre, j'avais l'impression de le connaître depuis toujours…Je me suis trompée…Je ne le connais pas et je me suis fait des illusions»
Quelqu'un frappa à la porte, la sortant brusquement de ses pensées.
Yûna : Sakura, tu es là ?
Sakura (essayant tant bien que mal de ne pas montrer dans sa voix qu'elle pleurait) : Oui, qu'y a-t-il ?
Yûna : C'est plutôt à moi de poser cette question . Tu veux bien me laisser entrer ?
Sakura : Je suis fatiguée…j'allais me coucher.
Yûna : C'est faux, je t'ai vu partir de la salle. Que s'est-il passé ?
Sakura essuya ses yeux mais cela ne suffisait pas à effacer la peine de son visage. Elle ouvrit la porte doucement et essaya d'esquisser un sourire qui, au final, n'en était pas un.
Yûna : Tu pleures ! Ce sont ces hommes qui t'ont fait du mal ?
Sakura (dont les larmes recommençaient à couler) : Non, ce ne sont pas ces hommes là qui m'ont fait du mal…
Yûna (paniquée à l'idée que la princesse se soit faite agressée) : Mais qui alors ?
Sakura la fit entrer dans la chambre et commença à lui raconter ce qu'elle venait de voir. Fye et Kurogane arrivèrent à leur tour et frappèrent également à la porte de la chambre.
Fye : Sakura, Yûna ? Que se passe-t-il ?
Yûna (à travers la porte) : Rien de grave, on discute…ensuite on ira se coucher.
Soudain ce fut au tour de Shaolan de faire irruption dans la pièce. Il était essoufflé et avait l'air affolé. Mais ce n'est pas ce qui surprit le plus le deux hommes. Le plus étrange c'était cette marque rouge qui se dessinait autour de ses lèvres et sur sa bouche.
Shaolan : Où est Sakura ?
Kurogane (qui reconnu les marques sur le visage de Shaolan) : Dans sa chambre (il l'attrapa par le bras) et toi viens un peu par là !
Il l'entraîna dans la salle de bain et le poussa devant le miroir pour qu'il puisse découvrir l'état de son visage.
Sa bouche était en fait maculée de rouge à lèvres.
Shaolan resta immobile quelques secondes devant le miroir. Puis il se pencha sur le lavabo, fit couler un peu d'eau et se frotta le visage afin de faire partir les traces.
Il se redressa, les yeux rivés sur le robinet, silencieux.
Kurogane se tenait toujours immobile derrière lui, adossé au mur, les bras croisés. Fye les avaient rejoint.
Kurogane : Alors ? Tu comptes nous expliquer ce qu'il s'est passé ?
Shaolan : …
Kurogane : En même temps, vu ce que tu avais sur la gueule, c'est inutile que je pose la question.
Shaolan : …j'ai fait une énorme connerie…
Kurogane (qui s'était redressé et avait décroisé les bras comme s'il était prêt à frapper Shaolan) : Apparemment, ouai…
Fye (qui avait senti la tension) : Allons Kuro-pu, laisse-le au moins s'expliquer…Qu'est-il arrivé à la Princesse ?
Shaolan : Elle m'a vu embrasser…je ne sais même pas comment s'appelle cette fille !
Fye : L'hôtesse ?
Shaolan (ressentant le besoin de se justifier) : oui…mais je ne voulais pas ! C'est à cause de cette tâche de vin sur son chemisier ! En deux secondes elle s'est retrouvée à moitié nue à m'embrasser ! J'ai rien compris…
Fye (les yeux ronds) : hou là ! Je ne demandais pas tant de détails !
Kurogane comprenait mieux la réaction de la princesse…après tout, il fallait s'y attendre en voyageant avec des adolescents en pleine puberté !
Finalement, il décida que tout ceci ne le regardait pas et alla se coucher.
Fye et Shaolan restèrent là à discuter de la « bêtise » mais le blond n'était pas d'un grand secours car il était lui-même absolument nul en matière de relation amoureuse. Il n'avait aucune idée de la manière dont Shaolan pouvait réparer son erreur…
Dans la chambre où se trouvaient les deux jeunes femmes, Sakura venait de raconter tout ce qu'elle avait vu, ce qu'elle ressentait pour Shaolan et ce qu'il semblait ressentir pour elle.
Sakura (qui avait séchée ses larmes) : Je pensais qu'il ressentait la même chose que moi, mais j'ai eu un premier doute lorsque, quand nous avons partagé le même lit, j'ai…touché malencontreusement…
Yûna (qui écoutait attentivement son amie et ressentant sa gêne) : j'ai compris…
Sakura : …finalement je l'ai pardonné mais là, quand je l'ai vu embrasser cette fille, j'ai compris ce qu'il recherchait. Et je sais maintenant que c'est uniquement « ça » qu'il recherche avec moi.
Yûna : Et moi je suis absolument sûr que c'est faux
Sakura : ??
Yûna : Shaolan est tout simplement devenu un homme. Et comme tous les hommes il a des besoins, des envies. Ca ne veut pas dire qu'il n'a pas de sentiments pour toi.
Sakura : Il s'est pourtant jeté sur cette fille !
Yûna : Tu sais, je ne pense pas que cette fille n'y soit pour rien dans cette histoire. Elle a du user de ses charmes pour l'embrasser et, tu sais, je t'assure que ça marche à chaque fois avec à peu près tous les hommes normalement constitués…même les hommes amoureux d'une autre.
Sakura : J'espère que tu as raison…mais en même temps, ça me fait un peu peur…et je lui en veux.
Yûna : C'est normal que tu ais peur et c'est normal de lui en vouloir, mais, malgré ce qu'il a fait, dis-toi que ça ne remet pas en cause les sentiments qu'il a pour toi…
Sakura : Merci de me remonter le moral. On se connaît depuis peu de temps mais tu es déjà une véritable amie…
Yûna (touchée et gênée) : c'est normal d'aider entre copine. Il est tard, on devrait aller se coucher
Sakura : Oui, demain risque d'être une rude journée…
Yûna laissa Sakura seule pour retourner dans sa chambre. En sortant, elle trouva Shaolan qui attendait sur le divan. Il faisait sombre et il était assis là, avec la coupe qui renfermait la plume posée sur la table basse, face à lui. Lorsqu'il vit Yûna sortir, il se redressa et voulu parler mais elle le devança.
Yûna (souriante pour lui montrer que tout allait bien) : Elle est allée se coucher.
Shaolan : ha… Avec tout ça, je ne lui ai pas rendu sa plume…
Yûna : Il sera toujours temps demain…bonne nuit.
Shaolan : Bonne nuit…
Et la nuit ne fut pas bonne pour le jeune garçon. Il n'avait dormi que quelques heures et avait ressasser ce qui s'était passé une bonne partie du temps.
Sakura était dans le même cas. Elle n'avait cessée de repenser à ce qu'avait dit Yûna. Elle s'était finalement faite à l'idée que Shaolan était un homme et avait décidée qu'elle se comporterait aussi en femme. Elle lui en voulait toujours énormément mais elle ne voulait plus se comporter en petite fille. Car, elle n'en était plus une…
Elle alla prendre le petit déjeuné après avoir rassemblée ses affaires pour pouvoir quitter la dimension.
Tout le monde était déjà descendu et, après les avoir saluer, elle s'assit sur la seule place libre : à côté de Shaolan.
Elle lui lança un petit regard accompagné d'un petit sourire. Elle voulut lui montrer que, finalement, ce qui s'était passé hier n'avait plus d'importance. Bien que ce soit faux, la manœuvre avait fonctionnée et Shaolan ne savait plus quoi penser.
Il s'attendait à ce qu'elle soit triste et distante.
Finalement, c'était tout le contraire.
Un lourd silence pesait autour de la table et il se décida à le briser en s'adressant à Sakura.
Shaolan : Après t'avoir rendu la plume on pourra partir, ok ?
Sakura : D'accord… Tu peux me passer les petits pains, Yûna, s'il te plaît ?
Shaolan était quelque peu perdu. Il ne savait pas s'il devait se sentir soulager de voir que sa princesse avait tirée un trait sur hier ou s'il devait craindre qu'elle n'ait décidée de tirer un trait sur lui-même.
Lorsqu'ils eurent fini leur petit déjeuné, tout le monde regagna la chambre pour pouvoir prendre le départ.
Shaolan brisa le trophé et récupéra la plume qui était enfermée à l'intérieur. Sakura s'approcha, toujours silencieuse.
Elle n'osait pas le regarder dans les yeux même si elle voulait continuer à jouer le jeu de l'indifférence. Elle essayait de toutes ses forces mais, se tenir face à lui ainsi, l'en empêchait.
Shaolan remarqua son trouble.
Shaolan : Je suis désolé de ce qui s'est passé hier…
Sakura (bien décidée tout de même à lui montrer qu'elle lui en voulait) : C'est pas grave…tu es libre de faire ce qu tu veux. On n'est pas ensemble que je sache…
Il reçu cette réponse comme un déchirement. Il n'avait jamais entendu la princesse parler aussi froidement à quelqu'un. Elle l'avait blessé mais il se dit qu'il l'avait mérité.
Sans plus attendre, il tendit la plume et celle-ci se dirigea doucement vers la poitrine de la princesse et s'immisça doucement en elle. Sakura sentit un flot de souvenirs ressurgirent et perdit connaissance…
Yûna, de son côté, s'était isolée avec Mokona dans sa chambre. Elle devait accomplir une chose importante avant de partir.
Yûna : Pourrais-tu établir une connexion avec la Sorcière des dimensions ?
Mokona : Oui ! C'est comme si c'était fait !
Une projection de lumière jaillis alors du front de la petite bestiole. Sur l' « écran » apparut une magnifique femme aux cheveux noir.
Yuuko : Hey ! Mokona !
Mokona : Bonjour, Yuuko ! Yûna à quelque chose de très important à te dire !
Yûna : Bonjour.
Yuuko : Comment vas-tu ? Mieux j'espère.
Yûna : Oui beaucoup mieux et c'est grâce à vous.
Yuuko : Remercie plutôt Mokona, c'est lui qui m'a convaincu
Mokona : Elle l'a déjà fait ! Mokona a eut droit à un beau sourire et un gros bisou !
Yûna : Et maintenant, je voudrais vous payer en espérant que ce que j'ai à vous proposer convienne…
Yuuko : Qu'elle est cette chose ?
Yûna : Mon pouvoir. Il ne m'est plus utile et, de toute façon, seule je ne peux pas l'utiliser. Comme vous êtes une grande magicienne, je pensais qu'il pourrait vous être intéressant…
Yuuko : Effectivement, il l'est. Mais te rends-tu bien compte que ce pouvoir est très important là d'où tu viens ? Et que, si tu parvenais à rentrer chez toi, tu ne serais plus accueilli comme tu aurais pu l'être ?
Yûna : Je sais. Les gens sans pouvoir chez moi n'ont jamais un avenir très brillant . Mais, de toute façon, il n'y a que très peu de chance pour que je réussisse à y retourner.
Yuuko : Soit. J'accepte. Mokona va faire la transition. A bientôt.
La Sorcière des Dimensions disparut et Mokona se retourna vers Yûna. Ils fermèrent les yeux et Mokona commença à absorber la petite sphère bleue qui venait de jaillir de la poitrine de la jeune femme.
Il suffit d'un dixième de seconde et la boule bleue disparut.
Yûna ressentit alors un énorme vide en elle, une vague d'émotion inexpliquée l'envahis. Elle se sentit extrêmement triste et des larmes coulèrent sur ses joues.
Elle pleura quelques minutes malgré le réconfort de Mokona, puis se sentit enfin mieux.
Le vide en elle était toujours présent mais elle se dit que, désormais, il fallait vivre avec…
Elle sécha ses larmes et se sentit prête à partir aux côtés de ses nouveaux compagnons de voyage.
Tout le monde était déjà rassemblé au centre du salon et attendait de pouvoir partir.
Yûna sortie enfin de la chambre accompagnée par Mokona.
Fye sentit aussitôt que quelque chose avait changé. Il ne ressentait plus de magie en elle et voulu alors la réconforter. Il s'approcha d'elle, lui donna un léger coup de l'épaule et lui fit un clin d'œil accompagné de ce sourire réconfortant dont lui seul a le secret.
Elle lui sourit à son tour puis prit une grande inspiration pour se donner du courage avant d'être aspirée par le gouffre de la bouche de Mokona.
Fin du Chapitre 10
