Auteur : Cullensgirl90
Traductrice : Moi
Spoilers : -
Rating : M
Genre(s) : Suspense/Hurt/Comfort
Disclaimers : Tout l'univers des Cullen appartient à Stephenie Meyer. L'histoire que vous allez lire appartient à Cullensgirl90. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.
Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.
- Chapitre 10 -
-PoV Edward-
Maintenant qu'on arrivait à faire manger Bella, on pouvait passer à l'étape suivante. J'essayai de ne pas voir Bella comme un challenge, ni comme un puzzle qui prendrait du temps à être fait.
Afin qu'elle regagne son indépendance, elle devait réapprendre à marcher. J'étais curieux de savoir si elle avait juste oublier comment faire ou si ses jambes n'étaient plus assez fortes pour la soutenir. La théorie de Carlisle était qu'elle avait peur de marcher parce qu'elle n'en avait pas le droit avant. Alors peut-être qu'elle pouvait marcher mais qu'elle ne le voulait pas. Idem pour la parole. D'une manière ou d'une autre, on devait réussir à franchir les limites qu'elle s'était fixée. J'avais l'impression que ce serait plus facile à dire qu'à faire.
Bella était toujours méfiante en notre présence. Cependant, elle semblait être un peu plus à l'aise lorsque Jasper et moi étions dans la pièce. Je me doutai bien, cependant, que c'était plus grâce au don de Jasper qu'autre chose. Mais tout de même, son coeur ne s'accélérait plus lorsqu'on entrait dans la pièce. Elle regardait toujours Carlisle et Emmett avec méfiance, mais c'était compréhensible. Pour elle, Carlisle était celui qui lui avait enfoncé toutes ces aiguilles dans le corps et Emmett était un immense vampire.
On essayait de la convaincre de nous faire confiance à travers ses...besoins humains. Normalement, j'étais celui qui l'emmenait à la salle de bain et l'installait aux toilettes. Jasper avait essayé de l'emmener une fois, et elle avait complètement paniqué. Elle ne l'avait pas laissé approcher. J'avais ressentis des émotions contradictoires à ce sujet. D'une part, j'étais heureux qu'elle essaye de se défendre. Quand on l'avait amené ici, elle se contentait de rester assise et de trembler à chaque fois qu'on essayait de la toucher. Maintenant, si elle ne voulait pas être touchée, elle s'éloignait. Mais d'un autre côté, j'étais aussi déçu qu'elle n'ait pas encore comprit qu'on ne lui ferait pas de mal. Mais je savais que ça lui prendrait du temps.
Enfin bref, j'étais donc toujours celui qui l'emmenait aux toilettes et l'aidait à se changer. Je fus plus qu'heureux lorsqu'elle m'aida à lui enlever son t-shirt un matin. Jasper m'avait dit plus tard qu'elle s'était sentie très anxieuse lorsque j'avais essayé de l'habiller. Je supposai qu'elle m'avait aidé parce que A; elle ne voulait pas que je sois en colère après elle, ou B; elle voulait le faire elle-même parce qu'elle ne voulait plus que je la vois nue. Cependant, elle n'arrivait pas encore à s'habiller toute seule, donc je devais toujours être dans la pièce lorsqu'elle se changeait.
Donc maintenant, nous étions prêts à l'aider à marcher.
Jasper et moi, on attendit que tout le monde soit partit chasser pour commencer notre leçon. "Tu crois que ça va marcher ?" me chuchota-t-il alors qu'on montait à l'étage.
"On verra. Pourquoi tu n'as pas demandé à Alice avant qu'elle parte ?"
"Je n'y ai pas pensé."
Je toquai doucement à la porte avant d'entrer. "Bella ? On entre," annonçai-je.
Elle releva la tête lorsqu'on entra. Son coeur accéléra avant de se calmer à nouveau lorsqu'elle vit qu'il n'y avait que nous deux. Ça lui allait.
"Bella, on va te laisser marcher aujourd'hui, okay ?"
On n'espérait plus recevoir la moindre réponse donc on se dirigea directement vers son lit. Elle me regarda avec impatience et gigota légérement dans son lit.
Elle savait que c'était l'heure d'aller aux toilettes.
"On va te faire marcher jusqu'à la salle de bain," l'informai-je.
Elle ne fit aucun geste pouvant nous laisser croire qu'elle avait comprit ce que je venais de lui dire. Elle continua juste à me fixer avec une expression impatiente sur le visage. C'était adorable.
Je tendis lentement la main pour la placer sous son coude. Au lieu de la prendre dans mes bras, je la levai du lit comme si elle était un bébé et la plaçai par terre. J'essayai de la mettre sur ses pieds mais elle garda les jambes pliée. Donc j'essayai de la placer sur un pied, mais elle finit roulée en boule par terre.
"Bella, tu dois te tenir debout pour marcher."
J'essayai de la lever à nouveau, mais elle avait replié ses jambes.
"Bella, debout," ordonna Jasper.
Ça la fit se lever. Je la soutins alors qu'elle étirait ses jambes. Elle faisait dans les 1m60. Elle était petite, mais pas aussi petite qu'Alice.
"Es-tu prête à marcher, Bella ?" lui demandai-je.
Je fis un pas en arrière, tout en la soutenant. Elle fit un pas hésitant, puis s'arrêta. Je lui souris avant de faire un autre pas en arrière. Il nous fallut cinq minutes pour arriver jusqu'au couloir, mais j'étais si fier de ses progrès. J'étais fier qu'elle me suive. Je savais que ce n'était pas demain qu'elle sortirait toute seule de son lit pour se rendre à la salle de bain, mais tout de même. Le fait qu'elle essaye me rendait heureux.
"C'est formidable, Bella," l'encourageai-je. "Veux-tu essayer de marcher toute seule ?"
Je lui relâchai prudemment le bras pour voir ce qu'elle ferait. Elle resta là, complètement figée au milieu du couloir.
"Elle ne bougera pas sans instruction, Edward," me dit doucement Jasper.
J'acquièscai et l'attrapai doucement par le bras. "Okay, Bella, allons aux toilettes." Je l'aidai à traverser le couloir et à entrer dans la salle de bain. Une fois qu'on fut à l'intérieur, je décidai d'essayer quelque chose de différent. Au lieu de l'installer sur les toilettes, comme je le faisais toujours, je la laissai debout et m'éloignai un peu.
Elle me fixa pendant un moment, confuse et éffrayée.
'Dis lui que tu veux qu'elle utilise les toilettes,' pensa Jasper.
"Bella, tu dois aller aux toilettes, okay ? Tu peux le faire toute seule. Je le sais," l'encourageai-je.
Elle continua à me fixer.
"Est-ce qu'elle comprend ce que je dis ?" demandai-je à Jasper.
"Je ne sais pas. Je sens qu'elle reconnaît quelque chose, mais ça pourrait très bien être son nom et le mot 'aller.' Essaye de lui dire de s'asseoir."
Je me sentais horrible de devoir lui donner des ordres, comme un humain donnerait des ordres à un chien.
"Bella, assise."
Ça me rendit malade de voir qu'elle obéissait à mon ordre. Bien sûr, elle s'assit sans enlever son pantalon. Ça ne marcherait pas. Je tendis lentement la main pour tirer sur son pantalon, en espérant qu'elle comprendrait. Elle baissa son bon bras et commença à l'enlever d'elle-même Je la regardai se déshabiller avec fierté. Puis je réalisai à quel point ce devait être gênant pour elle.
"Donnons-lui un peu d'intimité," suggérai-je.
On sortit de la salle de bain, la laissant faire...ce qu'elle avait à faire.
"Tu sais, Edward, je pense qu'il y a peut-être quelque chose qui ne va pas avec ses jambes," m'expliqua Jasper, en tournant en rond dans le couloir. "Quand tu marchais avec elle, je sentais de la douleur. Peut-être qu'elle ne marche pas parce qu'elle ne peut pas. Il y a de fortes chances qu'un vampire lui ait brisé la jambe et que l'os ne se soit pas remis correctement en place. On devrait demander à Carlisle de vérifier quand il reviendra."
"Bonne idée. Je vais la porter jusque dans sa chambre."
"Je pense aussi qu'on devrait lui faire visiter la maison pendant que les autres ne sont pas là. Si on la laisse tout le temps dans cette pièce, elle finira par penser qu'elle n'a pas le droit d'aller ailleurs. On pourrait peut-être l'emmener en bas lorsqu'elle sortira de la salle de bain. On pourrait l'installer sur le canapé et allumer la télé."
J'acquiesçai. Bella avait besoin de voir le reste de la maison. Peut-être que changer d'environnement l'aiderait à guérir.
J'attendis encore deux minutes après avoir entendu la chasse d'eau être tirée avant d'entrer dans la salle de bain. Bella était assise par terre et elle avait ramené ses jambes contre sa poitrine. Je la levai et la serrai contre mon torse.
"Bella, on va t'emmener en bas, d'accord ?"
Son coeur accéléra un peu lorsque je ne retournai dans la chambre dans laquelle on l'avait gardé. Je la gardai serrée contre moi alors qu'on descendait les escalier.
"Que ressent-elle, Jasper ?" demandai-je doucement.
"De la peur, et de la confusion. Elle se demande probablement où on l'emmène."
Une fois qu'on fut en bas, je me tournai pour qu'elle puisse voir le salon. Je regardai Bella à travers les yeux de Jasper alors qu'elle observait la pièce. Elle regardait tout autour d'elle, comme si elle cherchait quelque chose. Ses yeux se posèrent sur les coins de la pièce.
"Elle est confuse," me chuchota Jasper.
J'essayai de me rappeller de la disposition des meubles dans son ancienne maison. Je me rappellai que sa cage était posée contre un mur et qu'à côté, il y avait...un panier pour chien dans le coin.
"Elle cherche son panier," chuchotai-je. "Elle pense qu'on l'a fait descendre pour la garder ici."
Son ancien maître devait la garder dans le salon.
"Qu'éprouve-t-elle maintenant ?"
"Un peu de soulagement."
Je la portai vers le canapé. "Bella, je vais te mettre assise, okay ?" Je l'installai confortablement et m'assis à côté d'elle. J'attrapai ensuite la télécommande et allumai la télé. La pensée de la traiter comme une humaine normale me traversa l'esprit.
"Jasper," murmurai-je. "Agis normalement. Agis comme si elle n'était pas une humaine traumatisée."
Il acquiesçât et se laissa tomber sur la causeuse.
Je commençai à changer les chaînes pour voir ce qui passait. Je regardai Bella du coin de l'oeil en même temps. Elle regardait prudemment autour d'elle. A mon avis, elle cherchait les autres vampires de la maison.
On la garda en bas tout le reste de la journée. A midi, je me levai pour lui préparer un sandwich à la dinde. Jasper s'installa au bureau et alluma l'ordinateur. On essayait de faire comme si Bella n'avait pas peur de nous, mais c'était difficile. On ne devait faire aucun mouvement brusque ni utiliser notre vitesse vampirique. On ne voulait pas lui faire peur.
Vers trois heures, je décidai de jouer un peu du piano. Je ne l'avais pas touché depuis qu'on avait trouvé Bella. Les touches commençaient à être un peu poussiéreuse. Quand je pressai la première touche, Bella sursauta. Je vis dans l'esprit de Jasper que sa tête s'était brutalement tournée en direction du son.
Je continuai à jouer quelques accords pour m'échauffer.
'Elle est curieuse,' me dit mentalement Jasper.
Je commençai à jouer une des chansons que je connaissais par coeur.
'Elle reconnaît la chanson que tu joues.'
Je continuai à jouer comme s'il ne m'avait rien 'dit'. Je jouai quelques chansons de mémoire, puis ouvris l'un de mes livres pour en jouer quelques-unes que je ne connaissais pas encore par coeur.
'Edward ! Edward ! Regarde !'
Je regardai par dessus mon épaule pour voir pourquoi il criait mentalement. Bella était maintenant assise par terre près de la table basse. Elle tendait le cou pour pouvoir voir ce qui était posé dessus. Je remarquai qu'elle ne s'était pas agenouillée et me demandai si il y avait quelque chose qui n'allait pas avec ses jambes. Ce qui expliquerait pourquoi elle ne mettait aucune pression dessus. Ses yeux étaient posés sur l'un des livres d'Esme. Je l'encourageai mentalement lorsqu'elle leva son bon bras pour attraper le livre. Je me tournai rapidement et continuai à jouer avant qu'elle ne puisse relever la tête et s'apercevoir que je la regardai.
Jasper garda un oeil sur elle donc je pus assister à toute la scène.
Elle agrippa le livre et le tira vers elle. Je retins mon souffle lorsqu'elle le fit tomber. Elle gémit doucement lorsque le livre lui frappa la cheville. Ce qui nous fit lever la tête, à Jasper et moi, pour nous assurer que tout allait bien. Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'elle réalisa qu'on l'observait. Elle regarda nerveusement Jasper avant de poser son regard sur moi.
'Elle veut ta permission, Edward.'
J'acquiesçai, lui donnant silencieusement l'autorisation de regarder le livre.
Je fus plus qu'heureux lorsqu'elle plaça le livre sur le canapé avant de s'y hisser elle aussi pour pouvoir le lire
'Elle a mal lorsqu'elle s'appuie sur ses chevilles,' réalisa Jasper.
Je regardai ses chevilles et notai que sa peau était une peu boursouflée.
Je parie qu'elle a essayé de s'échapper une fois et qu'ils lui ont brisé les chevilles pour l'empêcher de recommencer,' s'étonna Jasper. 'Je parie que ses os se sont mal ressoudés.'
J'acquiesçai avant de retourner toute mon attention vers mon piano. Je la regardai feuilleter le livre à travers l'esprit de Jasper. Il fut surprit par ses sentiments. Pour la première fois depuis qu'elle était arrivée ici, elle se sentait détendue. Elle n'éprouvait pas de peur. Ni de confusion. Ou de terreur. Et encore moins de panique. Elle était détendue. Je souris en continuant à jouer.
'Ta musique la réconforte, Edward,' me dit Jasper.
Je jouerais toute la journée s'il le fallait.
J'étais si prit par ma musique et par Bella que je n'entendis même pas les pneus qui crissèrent sur le gravier. Cependant, Bella l'entendit. Son coeur commença à battre soudainement la chamade. Je regardai par-dessus mon épaule et la vis se rasseoir avant de regarder vers le garage avec de grands yeux effrayés.
Les autres étaient rentrés.
Je quittai mon piano et la soulevai du fauteuil. A ma plus grande surprise, elle pressa son visage contre ma chemise.
'Elle a peur, Edward. Elle a peur des autres.'
Je commençai à lui caresser le dos alors qu'on montait les escaliers. "Chut, Bella," chuchotai-je. "Personne ne te fera de mal."
Je la portai jusque dans la chambre dans laquelle on la gardait pour le moment et l'allongeai sur le lit. Elle se plaça au centre du lit à l'aide de son bon bras et se couvrit les jambes. Elle me lança ensuite un regard... Je ne pourrais même pas le décrire. Elle me regarda comme si elle était innocente. Comme si elle était restée là tout le temps.
Elle ne voulait pas que les autres sachent qu'elle était descendue.
Elle avait peur qu'ils la punissent.
"Bella, personne ne sera en colère après toi pour être descendue," lui dis-je en secouant la tête. Son expression se détendit un peu, mais elle avait toujours l'air légèrement...tendue. "Je te le promet, personne dans cette maison ne lèvera jamais la main sur toi."
"Salut Jasper !" dit Alice en entrant.
Bella l'entendit aussi, et son coeur commença à battre la chamade.
"Qui t'as rendu aussi effrayée par les femmes ?" demandai-je doucement, en replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille. Elle me regarda de ses grands yeux. "Elles ne te feront pas de mal. Les femmes ne sont pas toutes des monstres."
Je voulais traquer la femme qui l'avait blessé et la réduire en charpie. Bien sûr, 'femme' n'était probablement pas le meilleur mot pour décrire cette créature qui l'avait blessé. C'était une femelle vampire qui avait terrifié Bella.
'Edward,' me dit mentalement Carlisle.' Jasper vient de me dire qu'il y avait peut-être quelque chose qui n'allait pas avec les chevilles de Bella.'
"Oui," marmonnai-je d'une voix suffisamment forte pour qu'il puisse m'entendre.
Je me demandai si Bella me laisserait regarder ses chevilles moi-même.
'Je monte voir.'
Dix secondes plus tard, Carlisle toqua à la porte et entra. "Bonjour, Bella," dit-il d'une voix calme. "Comment te sens-tu aujourd'hui ?"
Elle le regarda avec méfiance alors qu'il ouvrait un placard pour en sortir ses affaires. Il les plaça sur un chariot qu'il poussa ensuite vers le lit.
"Je vais lui faire un examen rapide avant de regarder ses chevilles," me dit-il doucement. "Bella, je vais te faire un examen rapide. Rien de sérieux. Il n'y aura ni aiguilles ni douleur."
Elle le regarda attentivement lorsqu'il s'approcha d'elle. Il vérifia son souffle et sa pression sanguine. Ils étaient tous les deux bons. Il vérifia ensuite ses yeux et l'intérieur de ses oreilles.
'Elle m'a l'air en bonne santé. Maintenant...ça va être plus dur.'
"Bella, je vais regarder tes jambes, okay ?" dit Carlisle.
Il attrapa le drap et commença à tirer dessus. Bella gémit mais ne fit aucun mouvement pour l'en empêcher. Je tendis la main et attrapai la sienne pour l'aider à se calmer. Je remarquai que son coeur ralentit très légèrement. Je commençai donc à dessiner de petits cercles sur le dos de sa main.
Carlisle fit prudemment courir ses doigts sur les jambes de Bella. Elle eut la chair de poule partout où ses doigts froids l'effleurèrent.
'Le fémur m'a l'air d'être en bon état,' observa-t-il. Il lui toucha doucement les chevilles et elle haleta.
'Elle a mal !' me dit Jasper depuis en bas.
"Ça lui fait mal, Carlisle," lui dis-je doucement.
Il acquiesçât et lui écarta doucement les jambes. Bella me serra la main et je la sentis tirer sur mon bras.
'Elle est terrifiée. Qu'est-ce qui se passe ?' me demanda Jasper.
"Carlisle lui a simplement écarté les...jambes." J'eus l'impression d'être frappée par un train. Carlisle lui avait écarté les jambes et elle avait paniqué. Elle pensait qu'il allait la violer.
"Bella, ça va," l'apaisai-je, en lui caressant les cheveux. "Carlisle est médecin. Il ne te fera pas de mal."
Carlisle garda toute son attention sur ses chevilles. Il les toucha doucement avant de secouer la tête. 'Elles sont brisées, complètement. Elle aurait dû être opérée, mais bien sûr, elle ne l'a pas été. J'ai besoin de lui faire une radio pour y voir plus clair. Peut-être qu'on pourrait l'endormir avant de la faire.'
J'acquiesçai, même si je n'aimai pas l'idée que Bella doive à nouveau subir ça.
"On ne lui fera pas de piqûre. Je verserais le sédatif dans un verre d'eau et elle le boira," m'expliqua Carlisle, d'une voix suffisamment basse pour que je sois le seul à l'entendre.
"Est-ce une bonne idée ?" demandai-je.
Bella me regardait comme si elle savait qu'il se tramait quelque chose. Je continuai à faire courire mes doigts dans ses cheveux.
"Sa guérison sera retardée si on lui injecte un somnifère en intra-veineuse et tu as vu comment elle réagit au gaz," me répondit-il. "Elle ne le saura jamais."
Je soupirai en sachant qu'on avait pas d'autre choix. "Très bien," dis-je.
Carlisle acquiesça puis attrapa ce dont il avait besoin avant de quitter la pièce. Je tirai une chaise jusqu'au lit de Bella.
"Bella, on va t'installer dans ta propre chambre ce soir," lui dis-je. "Ça te plaira. Ça ne ressemblera pas à une chambre d'hôpital."
Alice était terriblement excitée à l'idée d'installer Bella dans sa chambre. Bien sûr, je voulais qu'elle soit réveillée lorsque je l'y emmènerais. Si Carlisle la mettait sous sédatif, on devrait peut-être repousser son déménagement jusqu'à demain.
Carlisle revint un instant plus tard avec un verre d'eau.
"Elle dormira pendant combien de temps ?" demandai-je doucement.
"Trois heures, pas plus."
Bien, elle se réveillerait pour le dîner.
"Bella, as-tu soif ?" lui demandai-je en prenant le verre des mains de Carlisle.
Elle continua à le fixer tout le temps. Elle ne remarqua même pas le verre que j'agitai devant son visage.
"Je vais quitter la pièce," chuchota Carlisle.
Dès qu'il fut partit, Bella se détendit un peu et remarqua le verre. Elle me regarda et hocha la tête. Elle attrapa le verre et en bu une gorgée. Je me rassis et fis semblant de l'ignorer alors qu'elle buvait. Je me sentais horrible de la piéger comme ça, mais il fallait que ce soit fait. Elle paniquerait si elle restait réveillée pendant que Carlisle lui faisait sa radio.
Je relevai la tête lorsque je sentis quelque chose contre mon bras. Bella me tapotai doucement avec le verre, me signifiant ainsi qu'elle avait fini. Je ne pus pas m'empêcher de lui sourire.
"Tu es une petite chose exigeante, n'est-ce pas ?"
Elle bailla soudainement et cligna des yeux. Je n'avais pas besoin du don de Jasper pour savoir qu'elle se sentait somnolente. Ses paupières commencèrent à se fermer et son rythme cardiaque ralentit.
Je remontai ses draps sur sa poitrine pour qu'elle se sente mieux. Elle bailla à nouveau avant de fermer les yeux.
Carlisle entra un instant plus tard.
"Prêt ?" me demanda-t-il. J'acquiesçai et la soulevai du lit. Elle se colla contre moi et posa sa tête sur mon torse. "Place-la sur la table. Ça ne prendra que quelques minutes."
Je l'allongeai sur la table métallique froide. Elle soupira et frissona un peu.
"Ça ne sera que pour quelques minutes, Bella," lui chuchotai-je.
"Tu va devoir partir."
J'acquiesçai et sortis de la pièce.
Trente minutes plus tard, Carlisle me rappella dans son bureau. Je pouvais déjà voir le résultat des radios dans son esprit alors qu'il les étudiait.
"Les deux chevilles ont été brisées. Une a apparemment guérie toute seule, mais elle est toujours instable. L'autre..." Il me montra la radio. Sa cheville gauche était horrible. L'os avait l'air déformé.
"Jasper et moi pensons qu'au cours de sa captivité, elle a essayé de s'échapper et a été rattrapée. Ses ravisseurs ont dû lui briser les chevilles pour l'empêcher de recommencer," dis-je, en lui expliquant notre théorie.
Il acquiesçât et tapota sa cheville droite de la pointe de son stylo.
"On dirait qu'elle a mal atterri sur sa cheville," observa-t-il. "Et celle-là..." Il tapota sa cheville gauche. "C'est juste une théorie - on dirait qu'un membre de notre espèce a sauté sur sa cheville pour la briser en morceaux. Après avoir vu les résultats de ses radios, j'ai fait quelques recherches de plus sur son kidnapping. Une des filles qui a été kidnappée avec elle a dit que la nuit où elles s'étaient échappés, Bella était restée dans le complexe où elles avait été faites prisionnières. J'ai déjà vu ce complex, quand on visitait cette ville. Les murs qui l'entourent font facilement six ou sept mètres. Si ma théorie est correcte, après que les autres filles se soient échappées par les égouts, Bella a aussi essayé de s'enfuir. Elle a dû escalader le mur et sauter. Ce qui explique l'état de sa cheville droite. Et je suppose que quand les vampires l'ont finalement rattrapée, l'un d'entre eux a sauté sur sa cheville gauche pour l'empêcher de courir."
Je frissonai à cette pensée. Je pouvais presque voir cette scène se dérouler dans mon esprit.
"Mais ce sont juste des théories."
"Il faudra qu'on lui demande un jour," chuchotai-je.
"Elle devra subir une opération pour réparer sa cheville gauche. Et ça devra être fait dans un véritable hôpital parce que je ne peux pas faire de chirurgie dans une maison où vivent six vampires."
"Que diras-tu au staff de l'hopîtal ?" demandai-je.
"Je leur dirai que Bella est notre nouvelle fille adoptive et qu'on l'a recueilli comme ça."
"Et tu t'attends à ce qu'elle reste calme à travers tout ça ?"
"Non. J'ai l'intention de lui administrer un somnifère avant de l'emmener. Je lui prendrais un rendez-vous à l'hôpital personnellement, et toi ou Jasper, l'emmènera pour qu'on l'opère. On n'aura pas besoin de la laisser passer la nuit à l'hôpital. Elle ne saura jamais ce qui s'est passé."
Je réfléchis à son plan pendant quelques instants.
"Je pense qu'on devra lui le dire. Comment pourrons-nous jamais gagner sa confiance si on lui cache des choses ?"
Carlisle m'étudia pendant un moment avant de regarder Bella. "On a le temps. Cependant, je veux que l'opération soit effectuée d'ici un mois. Je sais qu'elle ne sera pas prête, mais ça doit être fait."
J'acquiesçai et me reconcentrai ensuite sur ses radios.
Soudainement, un cri à glacer le sang s'échappa de sa chambre. Sans même y réfléchir, je me précipitai aussi rapidement que possible à l'étage et enfonçai la porte.
Bella se débattait dans son lit. Elle pleurait et criait. Je courus jusqu'à elle et attrapai sa main.
"Bella ! Bella, réveilles-toi !" lui dis-je gentiment. Je ne voulais pas lui faire peur.
"N-non ! Non ! Pitié ! Stop !" cria-t-elle en me repoussant.
Je la secouai doucement. "Bella, allez ! Réveilles toi pour moi ! Réveilles-toi, Bella !"
"Non ! Pitié ! Pitié, arrêtez !"
"Bella !" criai-je.
Elle haleta et elle ouvrit brusquement les yeux. Son regard se posa sur moi et avant même que je ne puisse réagir, elle se jeta sur moi et enroula ses bras autour de mon cou. Si j'étais humain, elle serait entrain de m'étrangler. Ce qui me surprit encore plus, ce fut qu'elle pleurait. Et je ne parlai pas de quelques petits sanglots, elle pleurait si fort que tout son corps tremblait.
Je la consolai tout en l'installant sur mes genoux avant de commencer à lui caresser le dos. "Chut, Bella," lui chuchotai-je à l'oreille. "Ça va. Tout va bien. Personne ne te fera de mal."
Je la sentis presser son visage dans mon épaule. Sa peau chaude était agréable contre la mienne.
Je la gardai contre moi et continuai à dessiner des cercles apaisants dans son dos.
"Ça va, Bella. Tout ira bien." Je commençai à la bercer, en espérant que ce geste la calmerait. Ça marcha. Ses gros sanglots se transformèrent en de petits gémissements pathétiques. Son rythme cardiaque ralentit. Elle reniflait régulièrement.
Je la sentis se détendre dans mes bras et son emprise sur mon cou se relâcha.
"Chut, Bella. C'était juste un cauchemar," lui chuchotai-je. Je la sentis souffler contre mon épaule. Elle était entrain de se rendormir.
Ses petits gémissements me donnaient envie de pleurer.
Je la serrai un peu plus fort et l'embrassai sur le sommet du crâne. "Je vais arranger ça, Bella," chuchotai-je, en pressant mes lèvres contre ses cheveux. "Je vais faire disparaître ta souffrance."
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