Naît-on deux fois?
Oui. La première fois, le jour où l'on naît à la vie; la seconde fois, le jour où l'on naît à l'amour.
Victor Hugo
Storybrooke, 14 février XXXX
"Mon tendre amour,
Si tu lis ces mots alors c'est que j'ai échoué, Ezakiel m'a sûrement tuée, j'espère juste que je l'aurais emmené avec moi en enfer car là est ma place. Mais ne parlons pas de ma fin sans que tu ne connaisses le début, le début de nos vies, le début de notre amour. Tes souvenirs doivent être encore confus alors laisse moi t'aider à remettre un peu d'ordre dans tout cela.
Tout a commencé lorsque je pris sous mon aile, si je puis dire, un jeune dragon doré, un bébé si l'on puis dire car il avait la taille d'un saint Bernard. Il était seul et blessé et moi j'étais une autre personne, je n'étais ni Régina ni l'Evil queen, et je ne connaissais même pas le pays des contes de fée. Si Régina est née au pays de Blanche Neige, mon âme, tout comme la tienne, est bien plus âgée, toi et moi nous connaissons depuis des décennies, peut-être même des siècles, mais avec nos différentes résurrections j'avoue avoir perdu le compte. A chacune de mes renaissances je te retrouvais aussi, malgré toutes mes tentatives de te mettre à l'abri de la lame maudite d'Ezakiel ou de ses tentatives de te séduire, t'hypnotiser ou te manipuler pour me faire échouer dans mon rôle, celui de protéger le trésor des dragons. Tu ne dois pas encore te souvenirs des moments que nous avons partagés tous les trois telle une famille. Notre amour était plus fort à chacune de nos renaissances, et à chaque fois tu étais mon point faible, l'arme ultime du Mage pour m'atteindre, peut-être est-ce la raison pour laquelle j'ai cru Cora lorsqu'elle me disait que l'amour est une faiblesse, car tu étais tout à la fois ma plus grande force et ma plus grande faiblesse. Lors de mes premières vies je me tuais ou te laissais me tuer plutôt que de céder au chantage d'Ezakiel mais lors de notre dernière vie il me fit un ultimatum des plus terribles, ta vie en échange de la pierre des dragons. Tu me connaissais mieux que quiconque et alors que je cherchais une énième solution pour te sauver tu compris que quelque chose me tracassait. Il ne te fallut pas longtemps pour me faire parler, je ne pouvais rien te cacher et tout comme moi tu avais tes souvenirs des vies précédentes, tu savais que mes préoccupations étaient liées au Mage. Ce soir là tu vins t'asseoir à mes côtés et sans détours tu m'as posée cette question : "alors quel sort ou terrible chantage exerce le Mage noir sur nous cette fois ? " Tu avais ce petit sourire tendre et confiant que j'aimais tant. Je me murais dans un silence qui te fit rire et tu partis dans un monologue " Allons mon amour, il n'a pas pu obtenir par le passé ce qu'il désir le plus au monde, il n'y arrivera pas plus cette fois. Nous l'avons toujours vaincu ensemble, enfin surtout mis en échec mais toujours ensemble, comment pourrais-je t'aider si tu ne me parles pas ?"
Je te regardais tu avais une telle confiance en moi, en nous, alors je t'ai tout raconté, il te laissais la vie sauve si je lui apportais la pierre. Il m'avait donné jusqu'à la prochaine pleine lune pour lui apporter ce qu'il exigeait. Il savait que je serais incapable de refuser tant je t'aimais. Alors la nuit fatale tu étais à mes cotés plus en danger que jamais. A l'aide de nos pouvoir et de Fenrir nous avons tenté de vaincre Ezakiel, mais ce fut peine perdue, il était bien trop fort pour nous. Il te prit en otage et se servit de toi comme d'un bouclier et c'est sans la moindre hésitation, ainsi que nous en avions convenus quelques heures plus tôt, que je plongeais mon arme jusqu'à la garde dans ton cœur avec l'espoir de tuer en même temps le Mage. Tu es morte mais lui m'échappa. Je tenais ton corps dans mes bras et alors que la vie s'en échappait tu trouvais encore la force de me dire combien tu m'aimais, combien tu étais chanceuse de me retrouver à chacune de tes renaissance et que tu avais hâte de me retrouver dans notre prochaine vie. Ce jour là je t'ai jetée un sort afin que tu n'ait plus aucun souvenir de notre passé ensanglanté, pour ta prochaine vie je voulais que tu ne connaisses que bonheur et paix, le moins que l'on puisse dire c'est que j'ai échoué sur toute la ligne. Je suis devenu l'Evil Queen et j'ai lancé une malédiction qui t'a privé de tous les bonheurs que tu méritais. Puis Ezakiel est revenu et avec lui la mémoire de nos vies passées sont revenues hanter mes rêves. Ce ne fut qu'en retrouvant Fenrir que tout me revint en mémoire. Je ne pouvais pas supporter l'idée qu'il te prenne de nouveau pour cible, toi ou même Henry, alors j'ai préféré disparaître. L'idée de vous perdre Henry ou toi m'était insupportable…"
Elle commençait à connaître cette lettre par cœur, elle l'avait relue tant de fois. Au départ elle avait pris peur à la lecture des premiers mots mais une nouvelle lettre était apparue ce qui l'avait rapidement rassurée. Emma n'avait pu se séparer de cette lettre, elle ne quittait jamais la poche de son jean. Parfois, quand elle était seule elle l'a lisait en espérant que les portes de sa mémoire s'ouvre. Elle se remémora le dîner, le premier partagé avec Fenrir. Un bien étrange animal, malgré tout ce qu'il avait vécu il était resté un enfant facétieux. La blonde lui enviait ce caractère plein d'espoir, pour Fenrir la vie était pleine de couleur alors que pour elle, jusqu'à ce que Henry la retrouve, sa vie n'avait été qu'une succession de gris, noir et blanc. Le jeune dragon semblait si insouciant, mais Emma voyait bien que son insouciance masquait une grande tristesse et une colère qui semblait n'avoir d'égale que celle de Régina. Elle avait fini par comprendre que ce n'était pas Régina qui déposait les lettres mais Fenrir. Mais pourquoi avait-il fait tout cela ? Ce soir la blonde avait compris que ce que Régina fuyait avec tant de force c'était la crainte qu'Emma ne la haïsse, la crainte de la perdre à nouveau. Elle l'avait fuit par amour. Alors tous les espoirs étaient permis grâce à ce dragon doré. Elle se remémora la façon dont le dragon l'avait pris dans ses bras pour lui souhaiter bonne nuit, la façon dont il lui avait murmuré qu'ils avaient enfin trouvé tout les deux leur famille et qu'il ne laisserait plus personne lui voler son bonheur, elle se rappela la douce chaleur qui avait envahit son cœur et l'amour qu'elle avait ressenti comme si elle connaissait Fenrir depuis des années. Et elle revit le bonheur dans les yeux du dragon à l'idée de partager la même chambre qu'Henry, son « frère », comme il avait fini par le surnommer puisqu'ils avaient la même mère adoptive. Henry aussi avait été heureux de cette initiative, mais Emma avait deviné que c'était pour des raisons bien différentes. Les deux garçons avait cela en commun, l'envie de voir leur mère heureuses et elle craignait les différents plans et autres stratagèmes qu'ils seraient capable d'inventer. Elle reprit sa lecture, espérant trouver un élément nouveau ou même que sa mémoire se réveille… Enfin pas vraiment sinon cela signifiait que Régina était morte.
«Je ne pouvais pas supporter l'idée qu'il te prenne de nouveau pour cible, toi ou même Henry, alors j'ai préféré disparaître. L'idée de vous perdre Henry ou toi m'était insupportable. Je dois cependant te dire une chose qui pourrait t'aider à vaincre le Mage, je l'ai remarqué au fil de nos résurrections, peut-être que c'est là que réside sa faiblesse...
- Tu n'arrives pas à dormir ?
La question fit sursauter Emma qui s'empressa de cacher la lettre.
- Non, les événements de ce soir m'ont quelque peu troublée, répondit Emma. Je peux te poser une question sans que tu esquives la réponse Régina ?
- Tu peux toujours mais je ne te promets rien, dit la brune.
- Que s'est-il passé tout à l'heure, je veux dire quand ta magie a changé j'ai senti que ma magie changeait avec elle et puis... Plus rien.
- Je ne peux te répondre pour le moment, pardonne-moi, se contenta de dire Régina en baissant les yeux.
- Régina, je sais que tu as peur et je sais aussi, par tes lettres que tu m'aimes mais ce n'est pas en te taisant que tu me protégeras. Henry et Fenrir ont raison, c'est ensemble que l'on pourra vaincre le Mage alors parle-moi, la supplia Emma.
- Je... Je ne peux Emma, je ne peux pas me pardonner tout le mal que je t'ai fait, je ne peux pas me pardonner toute la souffrance que tu as vécu par ma faute alors toi comment le pourrais-tu ?
Bien qu'elle su que la question était réthorique la blonde y répondit de la seule façon qui lui sembla convaincante. Elle prit le visage de la Reine entre ses mains et l'embrassa avec tout l'amour qu'elle éprouvait pour la brune.
- Je te pardonne parce que je t'aime, je te pardonne parce que tout ce que tu as fait tu l'as fait par amour dit-elle en fixant les yeux de Régina
L'Evil Queen voyait bien qu'Emma faisait des efforts pour la rassurer, mais la blonde ne savait rien de la vérité, de leur passé commun ni même le meurtre que la brune avait commis par le passé.
- Sais-tu au moins de quels crimes je parle, demanda la Reine.
- De la malédiction, du fait que tu m'as séparé de mes parents et ma vie sur cette terre. Tu sais il y a longtemps que je t'ai pardonné tous tes crimes, même ceux que je ne connais pas, précisa Emma en attirant la brune contre elle.
