Noooo Aime : Vu comment tu es bavarde, je te jure que si tu te lances dans le Nanowrimo, tu n'auras aucun mal à gagner ! Sinon je sais pas si tu es au courant, mais les humains sont des animaux diurnes, en principe. Diurne qui veut dire de jour. Donc on est censés dormir la nuit.

1 heure après l'envoi de ta review j'attends encore les suppositions, moi... 5 ans c'est pas mal pour un téléphone, j'en ai aucun qui a tenu si longtemps moi (parce qu'ils finissaient à la machine, ou oubliés dans un coin public et donc volés)... Celui que j'ai en ce moment il date de 2012 – et s'il a réussi à ne pas finir en machine ou dans les mains de quelqu'un d'autre, il est pas en très bon état... L'écran est rayé, le cadre a des accrocs un peu partout à force de tomber, et le double bout de plastique qui protégeait la prise mini-USB s'est barré en deux temps.

Pour la méchante, bonne chance pour trouver ! Je suis sûre que tu n'y arriveras pas... Pourquoi on pense toujours à toi ? Parce que tu penses toujours à ça :p Je m'attendais presque à ce que tu te portes volontaire comme beta si j'en avais eu besoin en fait :p

Alors je sais que la trilogie Hobbit nous a fait du gros baiting sur Galadriel/Gandalf, mais je rappelle qu'elle est mariée à Celeborn ! Vous vous souvenez, l'elfe quasi-silencieux qui accueille la Communauté à côté d'elle dans la Lorien ? Accessoirement c'est son mari. Le père de Celebrian, qui était la mère d'Arwen et la femme d'Elrond. Bref, Galadriel est déjà prise, même si Jackson l'a oublié.

Tu sais que ta tablette continue de te troller ? Tu as écrit 'trèfles à qu'après feuilles'... Et ces trucs ne marchent que si on les trouve soi-même, sinon ça compte pas ! Tes visions mentales me font peur, parfois. Je me demande à quoi ça ressemble dans ton cerveau...

En même temps Elrond est cynique, je trouve, dans le premier SDA surtout ! Pour la mère de Bilbon, puisque personne ne semble avoir saisi, voici l'explication. Je ne sais plus à ce stade si c'est canon ou fanon (accepté comme canon par les fans mais jamais dit dans les livres ou les films, comme par exemple le caractère de Frerin), mais la mère de Bilbon a voyagé jusqu'à Fondcombe dans sa jeunesse – avant la naissance de son fils, peut-être même avant son mariage. Et elle y a en effet rencontré Elrond.

Tu sais qu'avec tes allusions involontaires tu me fais penser à Felicity dans Arrow... On dirait toi, pas de filtre entre le cerveau et la bouche ! Pour le jeu, disons que c'est l'ancêtre du jeu de dames... Pour que Fili monte sur le trône en principe il faudrait que Thorin soit mort hein...

Franchement je voudrais pas être dans une ligne de succession. Soit tu accèdes au trône, et ça veut généralement dire que tous les gens avant toi, qui étaient des membres de ta famille, sont morts soit des gens essayent de te mettre sur le trône sans te demander ton avis. Ou t'accusent de comploter pour le prendre, le trône. VDM.

Pour le 'Thorinou d'amour' j'ai Thorin qui demande un surnom plus royal, parce que là si ça s'ébruite toute la montagne va se moquer de lui... Il a l'air énervé je te conseille vraiment de lui trouver autre chose :p Et Tauriel est offensée par le sarcasme derrière le 'très subtil' elle a déjà préparé son arc et ses flèches.

Pour les nains moins sveltes que les elfes, je vais (encore) citer Catherine Dufour (même bouquin que l'autre fois) : Je préfère une naine à cellulite pleine de tempérament qu'une elfe à principes pleine de principes.

Ta tablette t'a encore trollée sur la fin en disant que Bofur et Esmeralda 'ont assené' timides. Et ne t'inquiète pas pour eux, ils vont très bien se débrouiller. Déjà faut expliquer à Bofur que chez les hobbits, la fleur qu'il a offerte ça revient à demander l'autorisation de faire la cour à Esmeralda :p 1 page et 1/3 consacrée à te répondre...

Dame Marianne : C'est gentil mais je ne manie rien, moi, sinon le passage de l'anglais au français ! L'enchaînement des moments drôles et tendus vient de la version originale !

Justelaura : Tu sais que j'ai dû ouvrir le lien 'répondre à la review' juste pour voir la partie qui m'était adressée :p Si ça peut te rassurer, je sais jamais à quel moment passer du bonjour au bonsoir... Dans le même ordre d'idées, quand est-ce que tu passes de 'fin d'après-midi' à 'début de soirée', ou de 'soirée' à 'nuit' exactement ?

Pour les traductions Merlin, à part le tout début de 'Motifs' et une (majeure) partie de 'Celui que l'Histoire Oubliera', ça reprend les épisodes de la série de toute façon (avec un twist de base qui en entraîne d'autres, mais bref) donc tu peux te lancer !

Si tu veux pour l'abréviation de SRG je peux abréger le titre traduit, Nuances de Rouge et d'Or donc NRO ! Sinon je suis d'accord avec toi, SLG c'est cool. Surtout avec le nouveau truc du fil rouge... Par curiosité, c'est qui ta 'personnalité' préférée ? Moi c'est le panda !

En fait dans NRO les rôles sont un peu inversés, au sens où c'est Thorin le novice un peu 'timide' qui découvre ce monde-là (le BDSM, pas le sexe... Contrairement à ce que veut nous faire croire 50 Shades quand tu es novice en matière de sexe tu plonges pas direct dans le BDSM. Bref) et Bilbon le plus expérimenté des deux !

Je sais que les mauvais jours arrivent à tout le monde, mais ça me semble normal de m'excuser quand même auprès des lectrices pour le retard^^ C'est bien de lire ça le soir. NRO c'est pareil faudra pas le lire en cours ou au travail :p

J'irais bien à Fondcombe pour les vacances, mais je trouve que les habitants ont un peu un balai dans le cul (de sac ! Pardon. Je sors.) donc j'irais plutôt dans la Comté, les hobbits m'ont l'air d'être bons vivants ! Les nains aussi mais ils sont à fond sur 'gardons nos secrets' ça risquerait de me saouler au bon d'un moment ! Et puis je suis comme toi je serais paumée dans Erebor...

Les messages codés ont l'air de vous plaire à Noooo Aime et toi ! Effectivement dans le Hobbit Thorin n'est pas du tout diplomate (on est d'accord qu'il dit probablement en Khuzdul à Thranduil d'aller se faire foutre ? Littéralement ?) mais en dix ans il a évolué... Effectivement il ne déteste plus les elfes – ce serait difficile vu qu'il côtoie Tauriel et Legolas, ce dernier étant marié à son neveu !

Pour Fili, Kili et Legolas je regrette de le dire mais tu ne les verras pas aujourd'hui non plus ! En fait tu ne les verras plus avant la fin du chapitre 12. Puisque tu parles de Lobélia, j'en profite pour rappeler ce que j'ai dit à l'époque où on l'a rencontrée : « Je sens que Lobélia va devenir le nouveau Denethor... »

Haha Bofur et Essé ça va être le couple vainqueur inattendu de la course à l'adorable, je sens ! Non, Bofur ne sait pas ce que veut vraiment dire le coup de la fleur. Mais ça va venir. Plus tard. Je sais pas pourquoi ta review a été coupée je t'avoue, fausse manip peut-être ? Ou bien un bug de ... Justement, Gimli n'aime pas la salade, Dwalin a dit ça pour faire marrer la galerie !

Bien sûr que Bilbon approuve, Bofur est son meilleur ami après tout ! Haha comme tu dis un Touque têtu c'est surprenant et inattendu ! Je suis bien d'accord sur le fait qu'ils aient pas besoin de s'embrasser à longueur de journée pour qu'on voie qu'ils sont très amoureux... Par contre je suis sûre que c'est le genre de couple où t'as pas intérêt à dormir dans la chambre à côté de la leur ! Si tu vois ce que je veux dire !

Chapitre 10 : La rançon

Résumé : Erebor reçoit une autre lettre, mais cette fois, elle ne vient pas de Fili.

Depuis le bord de la Comté, la compagnie peut voir les flammes, mais trouvent une aide étonnante – mais avec un message de mauvais augure.

(-)

Dori entra juste au moment où Dernwyn finissait de ranger dans les chambres d'amis. Il toqua deux fois à la porte, aussi doux que possible.

« Est-ce que l'un de mes enfants a décidé de faire quelque chose qu'ils ne devraient pas ? demanda Dernwyn, lançant un sourire par-dessus son épaule.

- Vous voulez dire, est-ce qu'ils se comportent plus comme Fili que comme vous ? demanda Dori, et Dernwyn gloussa. Non, en fait ils sont sages pour le moment. Ils se sont installés pour le déjeuner de façon splendide. Mais je suis venu vous dire que Morwen et les Rohirrim se rassemblent pour partir. »

Dernwyn le savait. Elle nettoyait leurs chambres derrière eux, quelque chose qu'elle n'était pas obligée de faire, mais qu'elle pouvait faire suite à leur départ. Ils n'avaient pas reçu plus de nouvelles de Fili, et maintenant sa famille quittait la montagne. Ce devait être fait : il y avait bien trop de danger pour qu'ils soient si loin de chez eux, mais elle se sentait quand même démunie. Elle était reconnaissante que Dis et Dori soient là. Sans eux, elle aurait été encore plus perdue.

« Je crois qu'ils attendent aux portes pour dire au revoir, ajouta Dori. »

Dernwyn reposa enfin son chiffon à poussière. Fini de se cacher elle avait des adieux à faire.

Dril apparut soudain derrière Dori, attirant leur attention.

« Il y a un autre parchemin qui est arrivé il y a quelques instants, dit-il. »

Le cœur de Dernwyn bondit dans sa poitrine. Enfin.

« La Princesse Dis l'a. »

Dernwyn ne put que lui adresser un remerciement rapide avant de se ruer hors de la pièce jusqu'à la salle principale qu'ils partageaient tous. Hildili et Holdred étaient là, prenant leur déjeuner à table, et Dis déroulait déjà le parchemin.

« Tu ne pouvais pas m'attendre ? se plaignit Dernwyn.

Tout ce qu'elle reçut fut un roulement d'yeux.

« J'aurais attendu pour le lire, insista Dis. »

Dernwyn ne pouvait pas la blâmer : ils avaient tous attendu avec tension un nouveau message. Des jours et des jours étaient passés, et seulement maintenant avaient-ils d'autres nouvelles de Fili. C'était suffisant pour provoquer des démangeaisons à la peau de Dernwyn.

Quand elle le reverrait, ils auraient des mots sur le fait de faire peur à épouses et enfants et mères-

Sauf que Dis fixait le parchemin entre ses mains, et ses joues avaient pâli.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? demanda Dernwyn en fronçant les sourcils. Dis ? »

Dis se contenta de lui tendre le rouleau. Perplexe, Dernwyn commença rapidement à lire.

Puis elle cessa de respirer.

Erebor doit immédiatement nous livrer Bilbon Sacquet, ou sa famille innocente sera massacrée et leur sang sur vos mains. Il doit apporter cinq charrettes emplies d'or avec lui. Envoyez le tout au sud de la Forêt Noire vers la Rivière Isen et remettez-le aux mains des Corsaires vous y attendant. Alors seulement nous relâcherons sa famille. Nous en avons déjà massacré un nous pouvons tuer à nouveau.

Il y avait une tache de sang au bas de la page, dont Dernwyn ne doutait pas qu'il appartienne à Saradoc. Cela formait un contraste complet et horrible avec la façon magnifique dont c'était écrit, le langage parfait, pas un caractère mal placé.

Ses yeux ne cessaient de se porter vers le haut du parchemin. Erebor doit immédiatement nous livrer Bilbon Sacquet.

Lentement elle croisa le regard de Dis au-dessus du parchemin. Dis semblait prête à tuer.

« Combien d'or ont-ils demandé ? demanda sa mère naine.

- Cinq charrettes.

- C'est minuscule. C'est loin d'approcher ce qu'ils pourraient demander. »

Oui, parce qu'ils ne se souciaient pas de l'or. Pas autant qu'ils ne se souciaient de quelque chose d'autre. Ou plutôt, de quelqu'un d'autre.

Bilbon.

« Quand le voleur s'est intéressé à Bilbon, il y a deux ans, il a mentionné que s'il prenait Bilbon, des gens seraient en colère, dit Dernwyn avant de déglutir. Et si... et s'il ne parlait pas de Thorin ou de l'un d'entre nous ? Et s'il parlait de la personne qui dirige les voleurs ? »

C'était une pensée terrible, et elle ne pouvait plus se la sortir de la tête maintenant. C'était après Bilbon qu'ils en avaient, pas l'or, pas autre chose, juste Bilbon. C'était la famille de Bilbon qui avait été attaquée, Bilbon qu'ils voulaient.

Et Bilbon n'en savait rien. Aucun d'eux ne le savait.

« Nous devons envoyer un corbeau-

- Vous ne pouvez pas, dit Dori. »

Il avait l'air si plein de regrets que Dernwyn ravala sa réponse sèche.

« Si vous faites ça, vous rendrez les choses encore plus difficiles pour eux, et vous vous trahirez. Ils doivent surveiller Erebor de très près. »

Dis fronça les sourcils et tendit la main vers la demande de rançon. Dernwyn la lui donna, essayant de tout rassembler. Pourquoi voudraient-ils Bilbon ? Que pourraient-ils bien vouloir avec lui ? Rien de bon, elle le savait, mais pourquoi un petit hobbit signifierait tellement pour des voleurs, elle l'ignorait.

Sa mère naine roula enfin le parchemin, le visage sombre.

« Il n'y a qu'une bonne chose à tirer de ceci, dit-elle, et c'est le fait qu'ils croient que Bilbon est toujours là. Ils croient que Bilbon est ici. Ils n'ont pas l'air de savoir que les autres sont paris. »

Ils pourraient encore avoir un avantage.

« Mais ça veut dire que nous n'avons aucun moyen de leur dire, ou de les prévenir que c'est la tête de Bilbon qu'ils veulent, dit Dernwyn. Nous devons envoyer un corbeau-

- Et vous ne pouvez pas, intervint Dori. »

Dernwyn était prête à s'arracher les cheveux.

« Erebor reçoit des corbeaux tout le temps, mais il est rare que nous en envoyions un juste après. Thorin délibère quelques jours avant d'envoyer une réponse si vous en envoyez une maintenant, ils la suivront, et ils découvriront notre message à l'intérieur. C'est pour ça que Fili a été aussi cryptique.

- Nous n'avons pas quelques jours, dit anxieusement Dernwyn. »

Les autres devaient être prévenus, Fili devait être prévenu, Bilbon et Thorin avaient besoin de savoir. Sauf qu'ils ne savaient même pas où étaient Bilbon et Thorin, s'ils étaient dans la Comté ou s'il était arrivé quelque chose. Et il était impossible d'envoyer un corbeau à Fili.

Quand la réponse arriva, elle se montra probablement sur son visage, car Dis commença immédiatement à secouer la tête.

« Non, absolument pas.

- Nous n'avons pas le choix, dit Dernwyn. Tu sais que j'ai raison. S'il y a une chance de sauver Bilbon et les autres, quelqu'un doit y aller. »

Elle jeta un regard à Hildili et Holdred, son cœur déchiré en deux. Si elle partait, elle pourrait tomber, et ils n'auraient pas de mèreet peut-être pas de père pour les élever.

Si elle ne partait pas, Bilbon serait enlevé, et Fili mourrait. Elle pouvait sentir la terrible torsion dans son cœur, cet élan de quelque chose qui refusait de la lâcher. Cet horrible sentiment qu'il arriverait quelque chose à Fili si elle ne partait pas tout de suite. Elle jeta un regard à Dis, le visage implorant.

Dis détourna finalement les yeux.

« Je les protégerai. »

Ce fut tout ce qu'elle promit, et Dernwyn se rua vers ses enfants qui ne mangeaient plus mais la regardaient.

« Qu'est-ce qui se passe ? demanda immédiatement Holdred. Maman ?

- Votre Papa a besoin de moi, dit-elle. Il faut que j'aille le retrouver. Voulez-vous tous les deux me remplacer, ici, pendant que je serai partie ? Voulez-vous promettre d'être sages pour votre Grand-mère ? »

Aucun des deux enfants n'avait l'air content, mais Holdred hocha enfin la tête.

« Et je prendrai soin de Lili, jura-t-il. »

Dernwyn l'embrassa sur le front.

« Je sais que tu le feras. »

Et il le ferait : personne ne protégerait Hildili mieux que Holdred. Hildili renifla.

« Ne pars pas, dit-elle. »

Dernwyn les attira tous les deux à elle.

« Il le faut, cher cœur. Je reviendrai, ajouta-t-elle. »

Elle ne pouvait trouver autre chose à dire, et réalisa alors qu'elle prononçait les derniers mots que lui avait dits son père. Elle s'était demandé pourquoi, des années plus tard, pourquoi il lui avait dit un mensonge, mais maintenant elle savait. C'était la seule réponse qu'il avait eue à lui donner.

Mais elle pouvait faire plus que son père n'avait fait. Elle les serra contre elle et les embrassa tous les deux.

« Je vous aime plus tous les deux que vous ne le saurez jamais, murmura-t-elle. Vous êtes ma fierté et ma joie, mon soleil et ma lune et mes étoiles. La seule autre personne qui pourrait vous aimer autant est votre Papa.

- Est-ce que tu vas le ramener à la maison ? demanda Holdred. »

Dernwyn le regarda droit dans les yeux et eut un aperçu de l'homme qu'il serait un jour : solennel et fort, loyal et franc. Elle hocha la tête.

« Oui, oui je vais le ramener.

- Vous ne pouvez pas partir seule, insista Dori. C'est assez dangereux pour la compagnie, et ils sont une compagnie !

- Je n'en ai pas l'intention, dit-elle. »

Elle dévala alors le couloir, courant dans sa chambre et sortant son sac de la garde-robe. Elle se changea comme une folle, enfilant ses leggins et sa tunique avec l'armure de mithril que Fili lui avait fait fabriquer après la tentative d'assassinat. Ses gants d'équitation furent les suivants, et elle passa ses bottes avant d'aller saisir son épée près de la porte.

Dis était là, l'épée de Dernwyn entre les mains. Dernwyn marqua une pause.

« Promets-moi que tu seras prudente, dit Dis, les yeux brillant d'une façon que Dernwyn n'avait jamais vue. Promets-moi, ma fille.

- Je le jure, dit-elle. Et je reviendrai-

- Ne me fais pas de promesses comme à tes enfants, dit Dis à voix basse. Je suis adulte, et je connais les dangers du monde. Promets-moi juste, qu'au meilleur de tes capacités, tu seras prudente. »

Dernwyn lui prit lentement l'épée et noua la ceinture autour de sa taille.

« Je promets, dit Dernwyn. Moi et les autres. »

Dis hocha la tête et lui offrit une cape épaisse. Perplexe, Dernwyn la saisit et la trouva pleine de fourrure chaude et bordée de mithril.

« C'est ma cape de voyage, lui dit Dis. Épaisse et chaude et sûre. Tu en auras plus besoin que moi dans les jours à venir. »

La cape était à peine entre ses bras avant que Dernwyn ne puisse s'en empêcher : elle se jeta en avant et s'enroula autour de Dis. Dis s'agrippa à elle, ses doigts serrés sur son dos.

« Sois prudente, murmura Dis.

- Je le serai, jura à nouveau Dernwyn. »

Puis Dis la poussait dans le couloir vers les écuries. Dril la suivit, accordant son pas à ses grandes enjambées, puis ils dévalèrent les escaliers jusqu'à l'odeur avec laquelle elle avait grandi : chevaux et paille et cuir. Son cheval fut bientôt prêt, et elle enfila la cape tandis qu'elle attendait les dernières vérifications sur la selle. Bombur, qui sortit rapidement avec plusieurs sacs de nourriture pour elle, refusa de partir tant qu'elle ne lui aurait pas promis d'être prudente. Il ne restait rien à faire après cela, sinon monter en selle.

Dril tapota doucement la tête du cheval, mais ses yeux étaient pleins d'inquiétude.

« Donnez-moi juste quinze minutes et je serai prêt à venir avec vous, dit-il. »

Dernwyn lui sourit et se baissa pour lui prendre la main. Le toujours fidèle Dril.

« J'ai besoin de vous ici, à veiller sur Dis et Dori et les enfants. Je supporte à peine de partir mais je le dois c'est seulement par ta présence ici que je peux y aller. »

Il hocha fermement la tête, un garde au travail, et lui fit un clin d'œil.

« Alors je monterai la garde, m'dame. Rien à craindre.

- Comme toujours, lui dit Dernwyn. »

Elle sortit en galop des écuries et tourna au coin de la montagne vers les portes de devant, où attendaient les Rohirrim. À son arrivée, ils sursautèrent, murmurant entre eux. Morwen se fraya rapidement un chemin vers l'avant, et sa surprise était évidente.

Avant qu'elle ne puisse parler, cependant, Dernwyn déclara :

« Nous avons reçu une demande de rançon. Je dois voyager vers la Rivière Isen. J'espérais que vous me permettriez de vous suivre jusque là-bas.

- Vous êtes toujours la bienvenue pour chevaucher avec nous, dit Morwen. Mais je crains que nous ne soyons trop lents pour une demande de rançon.

- Quelle était la rançon ? demanda Théoden. »

Dernwyn étrécit le regard.

« De l'or. Et Bilbon. »

Elle observa Morwen prendre une inspiration calmante, et quand elle se fut recomposée, ses yeux étaient comme en feu, brûlants et en colère. Bilbon était un ami du Rohan, mais particulièrement un ami de Morwen.

« Je vais renvoyer des Rohirrim aider Erebor, dit-elle. Nous avancerons aussi vite que possible avec vous.

- C'est inutile, dit Éomund en s'avançant, et il adressa un signe de tête à Dernwyn. Je viens avec toi. »

Dernwyn cligna des yeux.

« Éomund, je ne peux pas te demander-

- Tu ne le demandes pas, je me porte volontaire, dit-il. Je chevaucherai vite.

- Je n'ai aucun doute à ce sujet, mais-

- J'ai une dette envers ta famille naine, dit Éomund. »

Dernwyn ne s'attendait pas à ça.

« Ils ont lutté pour sauver la vie de mon père, et ils l'ont certainement vengé. Ils ont été gentils avec les paroles qu'ils ont ramenées sur sa force et la façon dont il a vécu, pas la façon dont il est mort. »

Éomund déglutit, et Dernwyn put voir le jeune garçon qu'il avait été au Rohan bien des années plus tôt, qui venait de perdre son père. Quand il leva à nouveau les yeux, cependant, il était un homme adulte avec une promesse écrite sur son visage.

« J'ai une dette envers eux. Et je me tiendrai à tes côtés comme ton frère.

- Nous aussi-

- Non, dit fermement Dernwyn quand Théodwyn et Théoden s'avancèrent. Retournez au Rohan, rassemblez les Rohirrim. C'est déjà assez mal que Éomund vienne, je ne pourrais pas le supporter si tous mes frères et sœur venaient avec moi. »

Théodwyn pinça les lèvres mais acquiesça. Théoden semblait moins content mais hocha finalement la tête.

« Alors nous enverrons de l'aide immédiatement, dit-il. »

Elle pouvait maintenant voir le roi qu'il serait, un jour. Il en serait un bon.

« Je suppose que ce ne sera pas une longue séparation, alors, dit Dernwyn à Morwen. »

La reine sourit sombrement.

« Peut-être que non. Soyez prudente.

- Je le serai. »

Elle recula pour laisser Éomund la rejoindre. Avant de le faire, cependant, il se retourna vers Théodwyn, prenant sa main dans la sienne. Après l'avoir contemplée un long moment, rendant perplexes tous ceux qui observaient, il prit enfin la parole.

« Je comptais faire ça ailleurs, dans un endroit beaucoup plus romantique, mais je... Je voudrais te demander ta main, dans la mienne, pour toujours. »

Tout le monde le fixa avec surprise hormis Théodwyn, qui eut un rire humide et serra sa main dans la sienne.

« Tu aurais pu me le demander dans une auge à cochons et j'aurais dit oui, lui dit-elle. »

Elle tira une épingle de ses cheveux et la lui tendit.

« J'attendais juste que tu demandes. »

Éomund sourit, un sourire lumineux et clair, et Dernwyn souhaitait tellement avoir Fili à ses côtés qu'elle avait mal. Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas vu son visage, senti ses bras autour d'elle, entendu son rire tandis que Hildili et Holdred s'accrochaient à ses jambes.

Elle devait retrouver son mari. Elle le devait.

Le pas des chevaux la tira de ses pensées, et comme un seul homme le groupe commença à galoper loin d'Erebor. Puis, dès qu'ils eurent passé Dale et Esgaroth, Dernwyn et Éomund se séparèrent du groupe et se dirigèrent au sud-ouest vers l'Isengard.

Dernwyn ne pouvait qu'espérait que ce ne serait pas trop tard.

(-)

Ce fut en fin de soirée qu'ils atteignirent enfin Hobbitbourg. Il n'y avait eu aucun signe des orques, pas un seul, et bien qu'ils soient passés devant des fermes et de petits groupes de maisons intacts, ils n'avaient vu personne dehors. Il était clair que des orques étaient déjà passés par là.

Thorin ne voulait même pas imaginer ce qui les attendait au-delà des collines.

Pour ce que ça valait, rien n'était en feu, et il n'y avait pas de hurlements déchirant la nuit. Rien ne semblait avoir été brûlé, et il n'y avait pas de cadavres recouvrant les routes. Cela ne le mit que plus mal à l'aise.

« Restez groupés, et restez silencieux, avertit Gandalf. Nous devrons bientôt descendre de cheval. »

Mieux valait entrer silencieusement qu'à dos de cheval. S'il n'y avait que des orques, Thorin l'aurait fait et sans hésiter. Mais il y avait des otages ici, une Comté pleine de hobbits retenus captifs, et Thorin refusait de les voir blessés. Le silence et la discrétion, ici, seraient la clé.

En face de lui, Bilbon était l'image parfaite du mot silence. Cela durait depuis leur réveil ce matin-là. Il avait prononcé quelques mots ici et là, mais le reste du temps il était resté silencieux. Il avait mal dormi, Thorin le savait, et il avait marmonné quelque chose au sujet d'un cauchemar avant qu'ils ne repartent. Et bien que silencieux, il avait refusé de s'éloigner de Thorin, et Thorin soupçonnait qu'une fois encore, il avait eu un rôle majeur dans le cauchemar.

Entrer dans une Comté brûlée et ensanglantée avait probablement eu une grande part dans ses rêves, aussi, mais étant donné que c'était une possibilité bien trop réaliste, Thorin ne pouvait pas lui en vouloir.

Gandalf les fit s'arrêter, et Thorin faillit demander pourquoi jusqu'à ce qu'il aperçoive la faible lueur dans le ciel sombre devant eux. La lueur de flammes dansantes.

« Oh, doux Eru, murmura faiblement Bilbon. »

Thorin s'agrippa à lui. Il semblait que la Comté soit en feu, après tout.

Aragorn glissa de son cheval.

« Nous sommes assez proches pour entrer sous le couvert de la nuit. Si nous restons dans les hauts champs, nous devrions rester cachés. »

Les autres descendirent de cheval, et Thorin déposa soigneusement Bilbon au sol.

« C'est un feu contenu, dit Thorin à son époux. Rien qu'à la taille, ça se voit. »

Bilbon eut un hochement de tête raide. Thorin le laissa en paix et suivit Aragorn sous la couverture des ténèbres. Il avait presque l'impression que c'était hier qu'ils étaient venus ici pour le mariage. La Comté n'avait pas beaucoup changé en dix ans, en-dehors du feu qui devenait plus vif à chaque pas qu'ils faisaient vers lui.

Un bruissement dans les herbes devant eux les fit s'arrêter. Thorin jeta un regard à Aragorn, puis à Gandalf. Gandalf avança son bâton et se dirigea lentement vers la végétation. Avec un arc de cercle rapide de son bâton il l'abattit sur l'ennemi dans les herbes, le faisant tomber.

Le 'Ouille !' douloureux n'était décidément pas le cri d'un orque, cependant. Gandalf saisit rapidement leur 'ennemi', un petit hobbit.

« Hamfast ! s'exclama Bilbon, qui se précipita avec Esmeralda. Est-ce que ça va ?

- A part ma tête, mais ça va aller, lui assura Hamfast en se frottant le crâne. Je suis tellement heureux de vous voir, vous ne pouvez pas savoir, Monsieur Bilbon. Il y a des orques et ils ont une pile qui brûle au milieu de la ville- »

Alors ce n'était pas la Comté entière qui brûlait. Thorin poussa un soupir de soulagement, mais Hamfast poursuivit.

« -et ils ont rassemblé tout le monde pour les surveiller. Les hommes, les femmes, les enfants, tout le monde ! Quelques-uns d'entre nous ont réussi à se cacher et on est restés là-haut dans le vieux hangar à grains.

- Est-ce qu'ils ont fait du mal à quelqu'un ? demanda Aragorn. »

Hamfast secoua la tête.

« Enfin, pas sérieusement, en tout cas. Quelques bleus et bosses, mais en gros ils ont juste gardé tout le monde ensemble. Ils attendent.

- Ils attendent ? Quoi ? demanda Bilbon. »

Hamfast lui jeta un regard, et les mots qui sortirent ensuite de sa bouche retournèrent l'estomac de Thorin.

« Vous, Monsieur Bilbon. C'est vous qu'ils attendent. »

(-)

Dun dun DUUUUUN !