Auteur : Daiya

Titre : Péché au goût de passion / chapitre 10 (Fin)

Origine : GW

Disclamer : Les persos ne m'appartiennent pas, sauf Margaux

Genre : UA, POV Heero, yaoi

Couple : Euh…

Note : Cette fic est un cadeau pour Sailor Sayuri, ma 100ème revieweuse pour Tout S'efface.

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Et voilà, le dernier chapitre de cette fic est là. Ça me fait tout drôle de terminer cette histoire, bien plus que pour d'autres fics, parce que j'ai mis énormément de moi dans celle-ci : mes amis, mon quotidien… Ceux qui me connaissent le savent, cette fic est en petite partie autobiographique. Et la terminer me rappelle la fin de cette merveilleuse année.

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Je ne sais pas quoi penser de ce chapitre. Surtout, ne vous attendez à rien de compliqué. Moi je l'aime bien, parce que le POV change, parce qu'il est doux et puis parce que c'est le dernier. J'espère qu'il vous plaira.

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Merci à toutes les personnes qui m'ont soutenu de part leurs reviews durant cette aventure. Merci mille fois.

Merci à ma bêta Kiki qui a été présente à chaque petits moments.

Merci ma sœur Puriel pour ses idées et sa patience.

Et surtout, merci à ma Shahrukhette, que j'aime fort, et qui a été fidèle à cette histoire jusqu'au bout.

Merci à : Magical Girl Kiki, Lylo, Calamithy, Xiao-Mai, Camille, Catirella, Naviek, Choupette, Hlo, Didilove37, Sailor Sayuri, SNT59, Nass, Natanaelle, Babou, Marnie02.

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Pour terminer, je voudrais juste me faire un peu de pub. S'il vous plaît, est-ce que vous pouvez jeter un petit coup d'œil à ma fic Je t'aime moi non plus, qui est une fic Queer As Folk (UK). Vous n'avez pas besoin de connaître la série, vous pouvez la lire comme une fic originale. Je tiens beaucoup à cette fic et cela me plairait vraiment d'avoir votre avis quant à une suite ou non. Merci d'avance.

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Maintenant, place à la lecture (pour une dernière fois…)

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Péché au goût de passion

Chapitre 10

Je roule à vive allure.

Devant moi, le paysage défile, les arbres majestueux laissent place à des champs à perte de vue, à des vallons clairsemés de maisons minuscules.

Les deux fenêtre à l'avant sont grandes ouvertes, l'air entre avec force dans la voiture, tellement violemment qu'il me coupe de temps en temps la respiration.

Un CD de Slipknot tourne en boucle dans mon autoradio, et les hurlements me vrillent les tympans.

Pourtant, ce mal être est toujours présent, ancré en moi comme un tatouage indélébile.

Mes mains trembles, ma gorge est obstruée par une boule de larmes.

Ces larmes qui ne veulent pas couler.

Je dépasse légèrement la limitation de vitesse, le moteur chauffe et couine un peu.

Je passe devant un panneau qui m'indique que je serai arrivé dans deux heures.

Deux petites heures, cent vingt minutes.

Les cent vingt minutes les plus longues de ma vie, je pense.

Alors qu'en réalité…

Vous n'avez jamais eu cette sensation ? D'être à la fois pressée, et anxieux, ce qui vous fait paraître le temps à la fois trop long et pas assez.

Comme si je n'avais pas assez réfléchi depuis un mois.

Oui, un mois seulement.

Parce que avant je ne voulais pas réfléchir.

Pourquoi ? Tout simplement parce que la réalité était trop dur, trop douloureuse, trop… dérangeante ?

Vous savez, j'ai toujours dirigé ma vie.

Mes parents font partie de ses gens qui travaillent plus qu'ils ne dorment, et la maison était pour eux une sorte de résidence secondaire.

Ils dirigent tous les deux une entreprise de circuits électroniques assez cotée en Bourse, ce qui les obligent à parcourir le monde onze mois dans l'année.

J'ai toujours été habitué à cela. À connaître davantage la voix de ma mère au téléphone que son visage. À m'intéressé plus aux cadeaux que me ramenaient mes parents qu'à leur propre présence.

Oh je les aime, et ils m'aiment également.

C'est seulement que nous n'avons pas les mêmes relations que tout le monde.

Mon père, de lui même, est un être assez froid et distant. Élevé dans une famille japonaise très traditionnelle, il n'aime pas trop les grandes effusions de sentiments.

Ma mère est orpheline depuis ses quatre ans, alors elle n'a pas trop la fibre maternelle.

J'ai été un peu comme la mauvaise surprise de leur cinq ans de mariage, mais il était hors de question pour mon père d'avorter.

Alors j'ai vite été mis en nourrice, puis à l'école.

L'autonomie, ça me connais, et la solitude est ma meilleure amie depuis toujours.

À l'école, je faisais un peu peur, parce que pour moi les liens d'amitié étaient inutiles, sauf quand ils pouvaient être profitables. Alors je n'étais qu'une bête de travail, une sorte de petit géni coupé du monde.

J'ai d'ailleurs eu une scolarité parfaite : jamais une classe de redoublée, bac scientifique avec mention très bien, première année de prépa sans encombre, et une deuxième qui se termine parfaitement avec à la clef une place dans une des plus grandes écoles parisiennes d'ingénieurs.

Les gens disent de moi que je suis parfait, « trop parfait » ajoutent-ils avec une mine quelque peu horrifiée.

Mes amis, je les compte sur les doigts d'une main.

Louis, Alexandre et Mathieu sont des copains de prépa, avec qui je passe de bons moments. Je partage d'ailleurs ma chambre avec Alexandre, et mis à part son affection pour le bordel, c'est un mec simple et intéressant avec qui je peux passer des heures à discuter.

Et puis il y a Pierre, mon voisin et meilleur ami depuis douze ans. Il m'a demandé l'heure un matin, et depuis on ne s'est jamais lâché. Je l'aime comme je ne pourrais jamais aimer quelqu'un d'autre. Il n'y a strictement rien d'ambigu là-dedans, je n'éprouve absolument aucun sentiment amoureux envers Pierre. C'est un lien exceptionnel qui nous lie, comme une communion parfaite entre nos deux personnalités. Pierre est aussi spontané que je suis réfléchi, aussi éparpillé que je suis ordonné. Il n'aime ni l'école, ni les contrainte, connaît une multitude de personnes qui lui voue un respect sans borne. Il est comédien dans une troupe amateur, et gagne de l'argent en bossant de nuit au Mc Do du coin. Il est petit, blond aux yeux clairs comme de l'eau, aime parler pour ne rien dire, rit plus qu'il ne respire.

Je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi lui et pas un autre. C'est comme ça, et pour rien au monde je ne voudrais changer cela. Car c'est lui qui me permet de garder un pieds dans le monde réel, celui des sorties triviales, du rire et de la communication.

C'est d'ailleurs toujours Pierre qui me poussait à aller aborder les filles qui me plaisaient.

Sans vouloir me vanter, j'ai toujours eu un succès fou auprès de la gente féminine, mais cela n'aide pas particulièrement.

Avoir une copine entraîne toutes sortes de complications qu'à l'adolescence je n'avais pas spécialement envie d'assumer.

Mais dès mes seize ans, j'ai commencé à enchaîner les petites amies sans compter. Je ne me souviens même plus de tous les noms.

Parce que le sexe ne m'a jamais amené la plénitude décrite avec tant de passion, pourtant il me permet de m'évader un peu. Alors je m'en sers comme un moyen d'évasion, et rien de plus. L'amour, très peu pour moi. Je n'ai ni le temps ni l'envie de m'embarrasser d'un tel sentiment pesant et parfaitement inutile.

Enfin, je n'avais…

Cette année, j'ai rencontré une jeune fille charmante, adorable et intelligente.

Lya Leray.

Un physique plus qu'agréable, des manières distinguées et un don pour les galipettes indiscutable.

Je l'ai bousculée dans les couloirs et je me suis fait pardonner en lui offrant un café. Deux jours après on couchait ensemble.

Il y eut un mois de pure plaisir : du sexe, du sexe, et du sexe.

Seule ombre au tableau : dès qu'on ne faisait pas l'amour, elle passait son temps à me parler de son meilleur ami, qu'elle aimait, adorait, vénérait.

De ce qu'elle me disait, son amitié me faisait penser à celle que j'entretenais avec Pierre. Pourtant, je l'appréhendais différemment. Peut-être parce qu'elle était une fille, et lui un mec. Entre Pierre et moi il n'y a jamais eu d'ambiguïtés, parce qu'il était un garçon et moi également.

Alors, avant même de le connaître, je détestais ce gars. Elle l'aimait trop pour que tout cela soit sain.

Vous savez, j'aimais réellement Lya. Pas comme j'aurais dû, sûrement, mais je l'aimais quand même. Parce que c'était une chouette fille.

Enfin, elle s'est beaucoup trop investi dans notre relation, et moi pas suffisamment.

Mais ce n'est pas ce qui a causé la fin de notre histoire.

Le facteur déclencheur de toute cette mascarade est arrivé un bel après-midi d'hivers, le vingt deux février pour être précis. Un des seuls jours de ce mois où nous avons eu du beau temps d'ailleurs.

Je vous explique : Lya tenait absolument à ce que je rencontre son meilleur ami, pour que lui voit combien j'étais un mec bien, et que moi je rencontre la personne la plus importante pour elle.

On y croit tous.

Bref, j'ai fait un effort. J'ai accepter de le voir, parce qu'elle commençait très honnêtement à me prendre la tête avec ça.

Et quand je l'ai vu… Je ne sais pas…

J'ai eu soudain très mal, très chaud.

Je ne peux pas décrire les émotions que j'ai ressenti.

Il était là, ces cheveux longs glissant sur ses épaules, ses yeux si étranges débordant de rage. Si beau dans la colère.

Je l'ai pris pour une fille. Ouais, pendant dix secondes je me suis dit que c'était une nana. Après j'ai vu ses épaules carrées, la forme masculine de son visage. Et j'ai entendu sa voix. Grave et excitante.

Bordel, il a parlé et je me suis mis à bander comme un gosse plein d'hormones.

Je n'ai pas compris. Pourquoi un mec, alors que jamais de ma courte vie cela ne m'était arrivé. Avant lui, je n'avais jamais regardé un mec plus de cinq seconde, jamais pensé qu'un gars était beau. Avant, je n'avais jamais bandé pour un mec. Je n'avais d'ailleurs jamais bandé aussi vite pour quelqu'un.

J'ai toujours éprouvé pour les gays un dégoût ridicule et injustifié, mais qui suffisait à faire de moi un homophobe converti. Oui, j'étais con, je le sais.

Alors là, quand j'ai éprouvé toutes ces sensation face à lui et bien… Je me suis comporté comme un connard. Je l'ai cherché, insulté, défié.

Et, sans m'en rendre compte, je répondais à cette attirance. Car en le provoquant, je cherchais à ce qu'il réagisse. Pour qu'il s'intéresse à moi, bien qu'en même temps je souhaitais plus que tout au monde qu'il dégage de ma vie, de ma tête, de mon corps. Il était pourtant là, dans chacune de mes pensées.

Putain, combien de fois me suis-je donné du plaisir en pensant à lui ?

Je suis devenu fou. Parce que je le voulais, et que je me dégoûtais.

J'ai vite compris qu'il était gay. Mais aussi qu'il aimait trop Lya pour faire une si grosse connerie. Pourtant je lui plaisais, il réagissait en ma présence.

Lya, elle, s'éloignait de lui. Elle avait remarqué ce qu'elle prenait pour de la haine entre nous, et par le plus grand des hasards elle m'a choisi moi.

Petit à petit le comportement de… enfin son comportement à changé. Il est devenu moins distant, plus impliqué.

Et quand on s'est embrassé… Dieu que c'était bon, dieu que j'avais envie de lui.

Il était si doux, si adorable et si beau.

J'avais l'impression de découvrir un nouveau sentiment. Comme un avant goût de la plénitude.

Pourtant, il a rapidement douté de moi. Et il avait raison. Je ne savais plus sur quel pied danser. Je ne savais pas si je devais craquer ou m'enfuir loin de lui. Alors je lui ai fait des promesses. Et j'ai vu ses yeux s'éclaircir, se gorger de tendresse et d'espoir.

Et là, j'ai su que j'étais perdu.

Mon avis sur les homos n'avait pas changé. Pour moi, je n'en faisais pas partie. J'étais juste dans une mauvaise période de ma vie.

Et ma relation avec Lya me suffisait, car elle me donnait l'impression d'être normal, quoique nous ne faisions plus l'amour autant de fois qu'avant.

J'ai brisé mes promesses. Je l'ai rabaissé devant tout le monde, et j'ai vu dans ses yeux combien ma trahison l'avait fait souffrir.

Et j'ai eu mal. Je n'ai rien avalé pendant des jours.

Et un après midi il est venu me voir. J'ai eu peur de lui, peur de cette souffrance qu'il y avait dans ses prunelles lilas.

Il m'a fait l'amour. J'ai eu mal, juste un peu, mais il a été si doux avec moi, alors que je lui avais fait tant de mal. Il m'a fait l'amour, et j'ai alors vraiment compris le sens de cette expression. Car il y avait de l'amour dans chacun de ses gestes, dans la moindre de ses paroles.

Et il m'a dit je t'aime.

Et mon cœur a pleuré.

Il m'a dit je t'aime et les mots comme les larmes sont restées bloquer dans ma gorge.

J'ai joui. Comme jamais je n'avais joui. J'ai vu des étoiles. Et j'ai ressenti la plénitude. Et c'était tellement bon… J'aurais aimé lui dire tout ça.

Mais il m'a fait l'amour et je n'ai rien dit. Alors il est parti, et je suis resté là, seul, mon corps pleurant de l'intérieur. Je tremblais.

Et là tout est parti en vrille.

La peur de ce sentiment enfoui dans mon cœur, le texto, et sa bêtise, en réponse à ma connerie, à ma puérilité, à ma lâcheté.

Là je me suis haïs. J'ai crié, j'ai hurlé. Parce que j'avais compris. Ce sentiment, et ce qu'il signifiait.

Je l'ai appelé. Je voulais m'excuser, l'embrasser, le prendre contre moi.

Je l'ai appelé, mais sans succès.

Et, il y a trois semaines, il y a eu les confrontations.

La première, au lycée, en présence de Lya.

Quand je l'ai revu, tout est revenu, j'ai eu mal et chaud. J'ai eu envie de le serrer dans mes bras.

Mais il m'a regardé avec haine. Et il a tout déballé.

Il a mis tant de colère dans ses phrases, tant de rage, et si peu d'amour…

Lya a pleuré, elle m'a giflé et m'a quitté.

Je n'aurais jamais eu le courage de le faire moi même, alors cette situation était la mieux pour moi.

Je n'ai pas cherché à nier, ni à me faire pardonner. Je l'ai laissé partir.

Pendant la fête de cette Charlotte, nous nous sommes revus. J'y suis allé pour ça d'ailleurs.

Et pour la première fois depuis notre rencontre, il s'est lâché, il m'a recraché toute cette rancœur qui lui brisait le cœur. Il ne m'a pas excusé. Il m'a enfoncé encore et encore, tellement que mes yeux me piquaient.

Moi je l'ai insulté pour me venger. Mais ça n'a fait qu'agrandir sa colère.

Il m'a dit qu'il m'aimait, mais que ce n'était pas réciproque.

Et là j'ai compris qu'il n'avait justement rien compris. Et c'est ça qui est le plus triste dans cette histoire, car nous avons passé notre temps à ne pas nous comprendre.

Il m'a dit qu'il allait m'oublier, que c'était fini.

Mais non ! Je ne veux pas qu'il m'oublie, car moi je ne veux pas l'oublier…

Je…

Je sors de l'autoroute.

Il me reste une demi-heure à tout casser.

Une semaine après j'ai appelé Margaux.

Elle a été froide, mais elle m'a écouté.

Elle m'a dit que je l'avais assez fait souffrir, que je devait le laisser en paix.

Alors je lui ai dévoilé mes sentiments. Et je crois qu'elle a compris.

Elle m'a alors annoncé qu'ils partaient tous les deux en vacances pour Bidart, près de Biarritz. Que si je voulais le voir, ce serait là ou jamais.

J'ai annulé mon travail saisonnier. J'ai pris ma voiture et c'est tout.

Et je suis parti.

Là je commence à stresser. Je ne sais pas ce que je fais. Parce qu'il va me rejeter. C'est certain.

Pourtant je dois lui dire. Tout ce qui est en moi et qui le concerne lui.

Je sors le petit bout de papier sur lequel sont inscrits les indications de Margaux.

J'entre enfin dans Bidart, et le soleil comme à se coucher.

Il est dix neuf heures trente trois.

Je m'arrête sur le parking de la plage. La résidence se trouve derrière.

Je sens mon cœur battre trop fort.

J'attrape mon portable et cherche Margaux dans mon répertoire.

Elle me répond tout de suite.

« Duo est sur la plage. » dit-elle simplement.

Et elle raccroche.

Je prends le temps de respirer, chose que je n'avais pas faite depuis deux bonnes minutes. Essayer de me calmer ne servira à rien.

Je sors de la voiture, la verrouille.

Arrivé à la plage, je retire mes chaussures.

Je tremble comme un dingue.

Je regarde vers l'océan.

Je le vois.

Il est à quelques mètres de moi, assis sur le sable blanc, la tête entre ses bras nus.

Je marche doucement, par peur de m'écrouler avant d'arriver à lui.

Et puis j'y suis.

Mes pieds touchent presque le bas de son dos.

Et il sent ma présence.

Parce qu'il bouge un petit peu et me dit, d'une voix ensommeillée :

« Assieds-toi près de moi Margaux. Tu as vu comment la mer est belle ce soir ? »

Je ne réponds rien. Je ne bouge pas.

Je savoure juste cette voix.

Il m'a tant manqué !

Je le vois redresser la tête.

« Margaux ! »

« Ce n'est pas Margaux. »

C'est moi, Duo.

D'un bond il se relève.

Pourtant, il ne se retourne pas tout de suite.

Je lis la peur dans son corps tendu.

Après quelques secondes, si longues, de silence et d'inactivité, il me fait enfin face.

« Duo… »

Je n'ai pu l'empêcher. Ce murmure de bonheur.

J'ai envie de lui dire qu'il m'a manqué. Mais la tristesse et le doute présents dans son regard m'en empêche.

« Mais… Qu'est-ce que tu fais ici ? »

Sa voix tremble. Je tremble avec elle.

Je me sens faible en cet instant précis, moi qui déteste ce sentiment.

Faible devant ses yeux, devant toute sa personne.

Faible face aux battements de mon cœur survolté.

Il recule.

« Je croyais avoir été clair la dernière fois ! »

J'avance.

« Oui, tu l'as été. » je commence prudemment.

« Alors vas-t-en. »

« Non. Toi tu as parlé, et je t'ai écouté. Mais tu n'as pas voulu entendre ce que j'avais à te dire. Je veux juste que tu me laisses parler, Duo. Après je m'en irais, je te laisserais tranquille. Je te le promets. »

Ses yeux se teintent de crainte. Il appréhende ce que je vais dire.

Mais pas autant que moi.

Je soupire.

« Je ne vais pas revenir sur ce qui s'est passé. Tu l'as très bien expliqué à Lya. Tout ce que tu lui as dit était vrai. J'ai été un vrai connard, j'ai joué avec toi et tes sentiments. Je t'ai provoqué, insulté, trahi. J'en suis conscient. Et je m'en excuse. J'ai toujours aimé les filles. Et détesté les homos. Et toi tu n'étais pas une nana. Pourtant tu me plaisais, peut-être un peu trop pour mon esprit étriqué. J'ai paniqué. Alors je t'ai fait souffrir. Mais j'ai réalisé, grâce à toi, ce que j'avais au fond de moi. Duo, je t'aime. Je l'ai compris bien trop tard, je le sais. Je ne peux pas réparer tout le mal que j'ai fait, et je crois que si on revenait en arrière, je referais les mêmes erreurs. Parce que je suis comme ça. Je suis con. Mais tu as réussi à me faire changer. A accepter mon attirance pour toi. Je suis désolé, Duo. Tu ne peux pas savoir à quel point. Pardonne-moi. »

Il a gardé le visage impassible tout le long de ma déclaration.

Ses yeux me fuient quand il me dit :

« Tu m'as trop fait souffrir Heero, je ne peux pas. Je suis désolé. »

Ma respiration se bloque. Les larmes montent.

« Je comprends. Je voulais juste que tu saches que je t'aime, et que je ne peux pas t'oublier. C'est tout. J'espère qu'un jour tu me pardonneras. »

« Et tu as fait tout ce chemin pour me dire ça, tout en sachant que je te dirais non ? »

Je souris tristement.

« Oui. Parce que tu le mérites, et parce que, au moins une fois, je me devais d'être sincère avec toi. »

Il soupire doucement.

Je prends mon temps pour graver dans ma mémoire les traits fins de son visage, la couleur de ses yeux.

Ce derniers me disent adieu. Alors je comprends.

Que rien n'y fera, que jamais il ne me pardonnera.

Je dois partir maintenant.

Du bout des doigts, je frôle sa joue, ses lèvres.

« J'aurais aimé que tu me donnes une seconde chance, pour que je puisse te prouver combien j'ai changé. Mais je sais que tu ne peux pas. Je le sais. Et je comprends. Adieu, Duo. »

Je me retourne.

J'ai mal.

Je n'arrive plus à marcher dans le sable, tous mes mouvements me semblent trop durs.

« Attends ! »

Son cri résonne dans ma tête. Sa main attrape mon bras.

J'entends son chuchotement dans le creux de mon oreille.

« Heero je… »

Je fais volte-face.

Mon regard se perd dans le sien, si trouble.

La voix incertaine, il reprend :

« Je ne te promets rien mais… Je veux bien essayer, Heero. »

Fin

Et voilà. Cette fic est finie.

Je ne sais pas si c'était le Happy End que vous souhaitiez, mais en laissant la fin ainsi ouverte chacun peut voir dans l'avenir de ce couple l'histoire qui lui convient. C'est mieux, je pense.

Moi j'ai mon idée personnelle lol, et peut-être qu'un jour je vous en ferai part dans une petite séquelle. Mais pour le moment, cette fic est finie.

Je vous remercie pour tout, sincèrement.

J'ai déjà une nouvelle idée de fic à chapitres assez sombre, mais je dois d'abord finir Tout s'efface et continuer Décadence, plus quelques petits OS que je dois taper sur mon ordinateur.

En attendant, je vous attendant sur ma fic Je t'aime moi non plus ;)

Merci

Daiya