Les jours qui suivirent fut une période trouble pour House et Cuddy. Heureux de s'être retrouvé, ils ne savaient pourtant pas trop quoi dire à l'autre. House ne voulait pas s'épancher sur ce qu'il avait vécu à Dachau, malgré les cauchemars qui le réveillaient lui et elle en sursaut, et Cuddy n'osait pas lui demander les détails. Ils dormaient côte à côte mais sans plus. Pour l'instant, sentir le cœur de l'autre battre leur suffisait. House la désirait, mais il n'était pas d'humeur. Wilson était mort et le salaud qui l'avait dénoncé courait toujours. Häns hantait encore ses nuits. Enfin tous deux n'avaient pas encore complètement récupéré des épreuves qu'ils avaient enduré. Et puis, ils n'étaient jamais seuls.

Le diagnosticien ne semblait pas remarquer la petite Rachel. La fillette avait beau aller vers lui, il semblait la considérer comme non digne d'intérêt. Cuddy mettait ça sur le compte des traumatismes du camp.

Tout changea le jour où House décida de vraiment commencer sa traque envers le salaud de dénonciateur. Il envisageait de le faire depuis que Wilson lui avait brièvement raconté son arrestation au camp et qu'il en avait déduit qu'il avait été lâchement dénoncé. Mais toujours dans une sorte d'état de transe, il s'était contenté de reprendre des forces en sachant Lisa auprès de lui. A tout moment, il pouvait la toucher, croiser son regard et la voir esquisser un petit sourire. Pour lui, là était la véritable victoire.

Le déclic se fit lorsque Rachel lui demanda si lui aussi, il trouvait que James était un homme très courageux. House avait alors regardé la petite, bizarrement attendrit par son obstination à venir vers lui pour lui parler, lui qui ne demandait qu'un peu de répits pour qu'il puisse calmement remettre de l'ordre dans ses pensées.

-Oui.

-Oh ! Je suis contente que tu me voies maintenant !

Rachel lui avait alors fait un grand sourire et était repartie en sautillant légèrement.

Flash-back

La respiration saccadée par sa fausse simulation d'infection de typhus, mais aussi par le stress qu'avait engendré sa mise en quarantaine ainsi qu'une véritable douleur venant de sa jambe, House avait finalement réussi à se faire passer pour gravement malade.

En dehors du baraquement, il y avait du grabuge. Les SS crachaient leurs ordres, on sentait la panique montée peu à peu dans leur voix. House ne pouvait réellement se réjouir de cette peur fébrile ayant prit les bourreaux. En effet, les coups de feu étaient plus nombreux encore que d'habitude et Häns énervé n'était jamais un bon signe.

Recroquevillé sur sa banquette de bois, partagée avec un homme tremblant comme une feuille, House tira le mince drap leur servant de couverture par-dessus sa tête, au grand dam du deuxième occupant, qui n'eut pourtant pas la force de réagir.

Ainsi « protégé », les bruits de l'extérieur semblaient plus loin, moins sonores. C'est cela qui permit de le calmer, et il s'endormit malgré lui, épuiser des derniers évènements qu'il avait vécu. En effet, il n'avait pas fermé l'œil depuis presque 3 nuits, depuis sa terrible confrontation avec Häns.

Lorsqu'il se réveilla, la nuit était tombée sur un camp complètement silencieux. Il bougea sa jambe douloureuse et étouffa un grognement.

-Tu pourrais au moins partager House.

A l'appel de son nom, il sursauta si violement qu'il manqua de tomber du « lit ». Il n'arriva pas encore à bien distinguer la personne, mais il aurait pu reconnaitre la voix entre mille.

-Wilson ?

Peu à peu, les contours du visage de la personne qui occupait la banquette avec lui confirmèrent que Jimmy était bien en face de lui.

-Ils ont foutu le camp, murmura faiblement son ami.

-Mais qu'est ce que tu fous là ?

-…ai été arrêté, répliqua t'il simplement.

-Tu es malade.

-Oui.

House accusa le coup. Il analysa rapidement les symptômes qu'il avait pu entre apercevoir. Wilson avait de toute évidence beaucoup de fièvre, accompagné de violents frissons. Un écoulement rouge nasale. Une odeur nauséabonde qui indiquait qu'il avait déjà du vomir. Wilson avait bien le typhus. Le diagnostique était des plus simples, surtout que James n'arrivait pas à simuler aussi bien que lui, et que bon, ils se trouvaient quand même tout les deux là où on avait isolé ceux qui souffraient de cette infection.

-T'es arrivé quand ?

-Sept ans. Ou 6 ans je ne sais plus.

-Quoi ?

-Je suis arrivé avec… la délégation royale d'Angleterre.

Délire. La phase de rémission avait déjà été remplacée par la phase d'intoxication. House refusa d'écouter son esprit qu'il mit en veille les quatre jours suivants.

Dans les périodes lucides de son ami, House le questionnait sur son arrestation. Il su lui tirer quatre phrases plausibles.

-Les miliciens sont venus me chercher chez moi, tôt le matin.

-J'étais en mission la veille.

-Ils ont félicité le marchand d'en face.

-Ils n'ont jamais su que j'étais juif.

Fin flash-back

Le matin suivant, House décida donc de partir faire justice. Il avait expliqué ses plans dans la nuit à celle qui partageait son lit.

-Et après, on cherchera une maison… pour trois puisque pour t'avoir, faut prendre la môme en plus.

Cuddy lui sourit et ils firent doucement l'amour, pour la première fois.

C'est donc avec ses batteries les plus rechargées possibles pour un si court laps de temps de repos physique qu'il partit avec Chase vers l'ancien appartement de Wilson.

Sans surprise, ils découvrirent que le magasin d'en face était vide.

-Allons au QG Américain. Peut-être savent-ils quelque chose, proposa Chase.

Durant le trajet, un sentiment d'urgence brulait House de telle façon qu'il forçait un peu trop sur sa jambe affaiblie. A la vue de la boutique désertée, il avait compris que ça aurait du être la 1ère chose à faire : rendre visite à ce connard de marchand.

Au moins, les voisins avaient été unanimes. Ce gars là traitait avec l'occupant depuis le début, allant jusqu'à les inviter chez lui. Il était introuvable depuis pas mal de temps. Cet homme s'appelait Michael Tritter.


House n'écouta qu'une d'une oreille discrète la conversation entre Chase et haut-gradé depuis qu'il avait comprit qu'ils n'avaient que peu de chose sur Tritter. En gros ses antécédents de collabo étaient connu, mais pas sa position géographique. Il serait parti sans aucune forme de politesse, car plus rien ne le retenait ici, si un couple et un jeune gamin n'avait pas attiré son attention, au bureau d'à côté.

L'homme parlait suffisamment fort pour qu'il puisse entendre, malgré le terrible accent que ce dernier avait en anglais.

-On la hébergé depuis 43. Il a vu ses parents se faire descendre sous ses yeux. Nous voudrions l'adopter.

L'homme regarda l'enfant qui ne comprenait pas un mot de ce qui se disait. Il lui fit un petit sourire.

-Et vous êtes monsieur… ?

-Kutner.

House fixait le gosse. Il pensait à Cuddy et Rachel. Il se dit qu'il lui demanderait de faire la demande d'adoption en tant que célibataire.


Michael Tritter. Ce nom tournait en boucle dans la tête d'House. Avec Chase, ils avaient réuni un nombre suffisant de témoignages pour leur faire croire qu'il s'était enfuit à Liège, en Belgique. House avait obligé Chase de ne pas communiquer les infos à ses supérieurs. C'était lui qui devait le coincer. Lui et personne d'autre.

House avait daigné à ce que Chase l'accompagne juste parce que son statut de libérateur ouvrirait des portes. Chase avait accepté de ne rien dire et de partir avec lui juste parce que Cameron lui avait demandé de l'aider et de le surveiller pour ne pas qu'il fasse « une bêtise ».

Alors ils étaient partis.


Chase respirait rapidement prit entre deux feus : celui de la morale et celui de la vengeance. Il n'avait pas fallu longtemps pour qu'ils dénichent Tritter. Son petit appart donnait sur la place St Lambert mais surtout, il n'était pas le seul à dénoncer. Sa nouvelle identité ne l'avait pas protégé. Sur le pas de la porte, il entendait la voix suppliante du collabo. House était à l'intérieur et il était censé faire le guet. Et quoi qu'il fasse ce jour là, il s'en serait voulu. Il n'était plus armé. C'est pour ça qu'il déserta son poste et parti faire une promenade dans ces rues où les gens prononçaient le français de telle manière qu'ils étaient beaucoup plus facile à comprendre pour l'Australien qu'il était, même si House se moquait ouvertement d'eux.

Grégory House ne ressentait aucune joie en serrant le cou de ce lâche. La peur dans ses yeux ne le réjouissait pas. Il sentit juste quelque chose quand il avoua enfin. Comme une sorte de soulagement. Oui, c'était lui qui avait livré Wilson. Oui, il en avait livré d'autres pour un peu d'argent.

-J'avais pas le choix…

House sera son cou plus fort.

-Il est mort à Dachau. Tu as vu ce que c'était pas vrai ?

-Non, non je ne savais pas…Je ne pensais pas qu'on envoyait les prisonniers politiques là bas, je pensais que ce n'était que pour les juifs, je le jure…

C'est là qu'House sortit le pistolet de Chase. Le pointant violement contre la tempe de sa victime, son cœur accéléra dangereusement. Il avait peur, mais il devait le faire.

-Il était juif, et il s'est battu pour nous !

-Non…s'il vous plait…

-Il s'appelait James Wilson et c'était mon meilleur ami.

Et il tira.


Et voilà ! :) Un épilogue va suivre, j'espère que je ne vous aurais pas décu !

Je me suis rendue compte que l'idéale aurait été d'expliquer toute la traque en détail, mais je ne voulais pas que la fic devienne trop longue. Je sais que je ne fais alors que blablater. Bref, je vous ai mis l'essentiel :)

Si vous avez des questions n'hésitez pas, j'essayerais de manière détournée d'y répondre dans l'épilogue :) (peut-être un peu plus long que prévu^^)

En tout cas, merci de m'avoir lue ! :)