Pas taper !
Oui, je sais, ça fait longtemps que j'ai pas poster de chapitre ! Mais bac blanc, manque d'inspi, vacances sans Internet et un PUTAIN DE BUG DE WORD m'ont donné pas mal de retard...j'suis pardonnée ?
Ce chapitre est énorme...j'ai jamais autant écrit pour un chapitre...au début, il ne devait pas être aussi long...mais voilà XD
Je vous laisse découvrir ce qui va se passer, je vous retrouve en bas pour ramasser les morceaux XD Oui, ce chapitre va être dur...très dur...
Sinon, petites infos, désormais, j'ai un compte Ask, allez voir sur mon profil, que j'ai réactualiser il y a peu de temps (on y trouve même mon Skype, pour ceux qui veulent discuter) !
Bon, j'ai plus rien à dire, donc maintenant, réponses aux reviews anonymes o/
ClairObscur : Voilà la suite, alors lève-toi ! XD
Rainbow Chewbacca : Voilà la suite et...bon courage, tu vas avoir un choc émotionnel...désolée...
Powa : Ben, si, je peux ! XD Pas de câlins ?!Tu me brises le coeur, gamin ! Puisque c'est ça, je viendrais chez toi et je te ********** puis te ******* avant de te ******** !
la patronne : Il est pas dans une cage, mais sur une chaise XD Pour ma fic avec Deponia, c'est "Je t'avais pourtant tué" :3
Smily : Oui, je suis sadique ! J'aurais pas dù changer de pseudo XD
Mogo : LA VOILA !
Enjoy o/
Le Geek s'écroula au sol et vomit tout ce qu'il put. Trop, c'était trop. Son esprit s'effritait en mille morceaux. Etait-ce là la réalité ? Sa famille condamnée, son maître prisonnier, tout son fragile univers dans les mains de Deria. Ses larmes salées se mêlaient à l'acidité de son dégoût de lui-même. Un rire résonna devant lui. Enfin, c'est ce qu'il lui semblait. Sa perception de l'espace volait en éclat, tandis qu'il continuait de se répandre sur le sol, éprouvant un certain soulagement en voyant le noir du carrelage disparaître sous le vert répugnant.
- Vraiment, Deria ? Essayer de me faire gober tes mensonges avec un vulgaire sosie ?
Cette voix…le Patron ?
Dans un sursaut d'incompréhension, le gamer releva son visage, et fixa l'écran géant, lui renvoyant l'image de son mentor en mauvaise posture, mais dont les épaules se secouaient sous l'effet d'un amusement morbide. La voix rauque continua :
- Rien ne me fera croire tes conneries. Le Geek m'a obéi, et il s'est enfui avec les autres. Je comprends pas pourquoi tu cherches à me faire avaler le contraire.
Des claquements de talons. Un froissement de jupe en soie. La prostituée se plaça derrière le nerd, le faisant tomber à plat ventre au sol d'un coup de pied. Tout en enfonçant le talon de sa chaussure dans le dos de l'adolescent qui gémissait de douleur, elle dit de sa voix douceâtre :
- Tss, tss, tss…tu as bien changé…toi qui n'avait confiance en personne…voilà que maintenant, tu crois dur comme bite que ton minable protégé a exécuté tes ordres, et qu'il a sauvé ta petite fratrie…alors qu'il se trouve juste là, à mes pieds…
Un ricanement s'échappa des haut-parleurs, suivi des mots du pervers :
- Si c'est lui, alors qu'il me le prouve…
Sans répondre, la tueuse arrêta la pression qu'elle exerçait sur sa victime, et se pencha à son côté, un sourire délicat sur les lèvres.
- Tu as entendu, gamin ? Vas-y…à toi de faire…sinon, je commence à tuer tes camarades…
L'interpellé tenta de parler, mais sa bouche était encore encombrée de sa régurgitation, et des haut-le-cœur le prenait lorsqu'il sentait le goût immonde. La catin, remarquant son embarras, s'approcha doucement du no-life, et murmura d'une façon délicieusement malsaine :
- Eh bien, gamin, on a la bouche pleine ? On ne t'a jamais dit que c'était malpoli ? Je vais être obligée de te nettoyer…
Et sans prévenir, elle attrapa ses cheveux pour lui relever violemment la tête, colla ses lèvres sur celles tremblantes du garçon, et le força à lui céder le passage. Lorsqu'elle put pénétrer dans la cavité buccale, elle lécha l'intérieur des joues du Geek, semblant se régaler de l'arôme de la terreur du plus jeune. Elle continua, s'amusant des plaintes étouffées du gamer et de ses vaines tentatives de s'échapper, et ne s'arrêta que lorsque la bouche fut débarrassée de toute impureté, ne laissant derrière elle que le goût vanillé de sa salive.
Le nerd était émerveillé, subjugué…non ! Il était dégoûté, horrifié !
Cette femme était une déesse…non ! Une démone !
D'un simple regard, elle l'avait troublé jusqu'à la moelle. D'un simple mot, elle l'avait terrifié jusqu'aux os. D'un simple contact, elle mélangeait ses deux sentiments, le laissant avec l'esprit mou comme de la marmelade, dégoulinant de doutes et d'indécision.
- Je m'impatiente, gamin…
Le ton sec, malgré les consonances douces de la voix, tira l'adolescent de ses réflexions. Tentant d'effacer la saveur sucrée mais pécheresse de ses lèvres avec sa manche, il se releva sur ses jambes, ignorant les regards posés sur lui, celui curieux de la prostituée, celui amusé du criminel sexuel.
Une fois sur ses jambes et le dos droit, il posa ses yeux sur le visage du Patron, et dit d'une voix se voulant blanche :
- Quand tu m'as trouvé dans ton bureau…il y a quelques jours…je t'avais dit qu'un client avait demandé une pute que je connaissais pas…et que je cherchais sa fiche dans tes dossiers…le nom que je t'avais donné…c'était Lola…
Le pervers se crispa, son sourire disparaissant. Son bureau était une merveille de sécurité. Aucune caméra et aucun micro nulle part, et tous ceux qui voulaient essayer d'entrer sans autorisation pour en placer finissaient électrocutés, empoisonnés par une fléchette ou même criblés de balles. Autrement dit, il n'y avait aucun moyen de surprendre les conversations qui y avaient lieux, à moins d'être à l'intérieur de la pièce…or, ce jour-là, il n'y avait que deux personnes de présente…lui, et…
- Geek…
Ce n'était pas un murmure de rage…ni de tristesse…ni d'incompréhension…ni de peur…
C'était les quatre à la fois.
L'interpellé se crispa et ferma les yeux, attendant les insultes et les hurlements de son mentor. Mais aucun bruit ne résonna en provenance de la télévision. Il leva la tête pour tenter de connaître la raison de ce mutisme venant de l'obsédé d'ordinaire colérique et enclin aux crises de colère.
La réponse lui apparut tout de suite. Si l'écran diffusait des images de l'homme en noir en train de gesticuler autant que lui permettait les liens qui l'entravaient, une icône en haut à droite lui indiqua que le son était coupé.
Tournant le visage, le no-life vit son ennemie, assise sur son bureau, ses jambes fines croisées, et tenant la télécommande à la main, la portant à sa bouche, comme pour l'embrasser.
- Bien, je vois que tu as su trouver les mots pour le raisonner, je t'en félicite gamin…ça retarde votre exécution de quelques minutes.
Elle afficha un air moqueur, mais néanmoins satisfait du regard empreint de haine que lui lança le garçon. Ce dernier se mit à sourire à la façon d'un dément, mais ses yeux dénonçaient sa totale lucidité lorsqu'il cracha :
- Ne t'avances pas trop, Deria…je suis encore loin de t'avoir montré tous mes talents…et ça tombe bien, l'un d'entre eux, c'est de tuer les putes un peu trop sûres d'elles.
- Et apparemment, tu as retrouvé tes couilles ! Encore un peu, et j'allais croire que tu étais vraiment la victime que tu feins d'être dans votre connerie d'émission !
La tueuse fit tourner la télécommande entre ses longs doigts, tout en se penchant, s'appuyant sur son bras posé sur ses genoux, puis continua :
- Bon, maintenant que j'ai toute ton attention et que j'ai coupé les braillements de l'autre, si je te racontais la vraie histoire ?
Le gamer poussa un petit rire désabusé.
- Est-ce que j'ai vraiment le choix ?
- Disons que la connaître te sera utile lorsque je t'exposerais tes différents choix.
Toujours un grand sourire faux sur les lèvres, le nerd s'avança d'un pas et demanda :
- Et qu'est-ce qui me prouve que tu ne vas pas me mentir et me raconter des conneries ?
La blonde poussa un soupir et secoua doucement la tête, secouant légèrement sa chevelure.
- Gamin, tu veux quoi au juste ? Que je te promette de dire que la vérité ? Jamais de ma bouche dépravée tu n'entendras un "Je te le jure". À toi seul de décider si tu veux me croire ou pas.
Et n'attendant pas un éventuel acquiescement de la part de l'adolescent, elle commença à retracer le court des événements qui avaient conduit à cette situation.
- Depuis plusieurs années, j'ai pris l'habitude de prendre sous mon aile un homme pour me servir. Le contrat durait un an. Pendant ces 12 mois, il était la deuxième personne la plus crainte en ce monde, après moi, grâce à mon enseignement. Il pouvait profiter de sa puissance et de mes relations pour s'offrir tous les plaisirs du milieu. Drogue, femmes, argent. Tout. En échange, il me donnait sa vie. Dans tous les sens du terme. Il devait obéir à mes ordres et travailler pour moi. Et lorsque l'année touchait à sa fin, il devait se laisser tuer de ma main. Tu penses bien que je n'allais pas laisser ces types en vie ! Ils étaient trop forts ! Ils auraient pu me nuire !
La catin s'interrompit, le temps de poser la télécommande, d'attraper un cigare sur son bureau, de l'allumer et de tirer quelques lattes. L'odeur amère et boisée envahit la pièce, donnant mal au cœur au no-life, tandis que la jeune femme poursuivit son récit.
- J'ai enchaîné les protégés pendant des années. Ils étaient tous les mêmes ! Ils acceptaient ma proposition, pensant pouvoir me tuer avant la fin de notre accord ! C'était d'un ennui ! Et puis, i ans, j'ai rencontré le Patron.
Le garçon retient sa respiration à l'évocation de ce nom, et également car son interlocutrice venait de lui souffler sa fumée âcre au visage.
- Il était si amusant ! Un môme, se prenant pour un dangereux criminel sexuel, se pavanant parmi mes putes ! Oh, bien sûr, il avait quelques talents, mais il ne valait pas le quart du pire de mes larbins ! Même toi, tu aurais pu le mettre à terre en deux minutes, à mains nues !
Bien que conscient de ses capacités actuelles, ces paroles déstabilisèrent le Geek. Il savait que le pervers, comme lui, n'avait que les facultés et les connaissances de Mathieu au moment de sa création, mais de là à l'imaginer avoir été réellement…faible ! C'était comme imaginer le Moine avoir un jour insulté Dieu !
- Evidemment, un soir, je suis allée le voir pour le calmer. Mais à la vue de mon flingue, il m'a sorti la dernière phrase à laquelle je me serais attendue.
Jouant délibérément avec les nerfs du gamer, la prostituée inspira une nouvelle bouffée de fumée, puis l'expira doucement, épaississant un peu plus le brouillard qui se formait dans le bureau, avant de reprendre :
- « Pour me tuer ma belle, il y a un prix. Et ce prix, c'est un an à tes côtés ». Ce petit con venait de se servir sur un plateau ! Pourtant, il n'avait aucune raison. Tous ceux qui venaient à moi n'avaient plus rien à perdre, et étaient sur le point de se plomber la cervelle. Mais lui, il avait un boulot, certes stupide, mais qui lui permettait de payer ses costards, ses cigarettes et ses partouzes, ainsi qu une famille qui l'aimait et qu'il aimait.
Le nerd serra les poings. Oui, ils avaient de la chance et ce que beaucoup de personnes auraient voulus. Mais alors, pourquoi l'obsédé s'était-il offert à Deria ? Elle répondit à son interrogation silencieuse :
- J'ai eu beau le questionner sur ses motivations, tout ce qu'il a daigné me dire, c'est « Je n'ai qu'une route de tracé, mais je veux aller plus loin que n'importe qui. Peut importe les moyens que je devrais employer ».
« Alors c'était ça… » pensa tristement l'adolescent.
Dans la vie, une personne normale a le choix de la voie qu'elle veut suivre, et peut à tout instant en changer. Mais eux, les personnalités, n'étant que des fragments d'une même personne, n'avaient pas le choix, et ne pouvaient renoncer à ce pour quoi ils avaient été créés. Cependant, ils ne s'en plaignaient pas, puisqu'ils adoraient ce qu'ils faisaient. Par exemple, le no-life n'avait jamais pu arrêter les jeux-vidéos et l'informatique, et y consacrait la moitié de son temps.
Mais le Patron voulait aller plus loin. Il était doté d'un esprit de compétition qui le poussait à vouloir être le meilleur. Il n'était pas rare de l'entendre hurler à l'intention d'un des leurs qui se plaignait de ses remarques perverses : « Foutez-moi la paix ! Si vous supportez pas que je sois le plus complet d'entre nos, z'avez qu'à vous sortir les doigts du cul, que j'y mette un truc plus gros ! ».
Le plus jeune n'aurait jamais pensé qu'il irait jusqu'à vendre sa vie pour atteindre son but. Son âme, oui,…mais sa vie.
- Mais bon, comme ça faisait une semaine que j'avais descendu mon dernier protégé, je l'ai pris sous mon aile. Et bordel, que j'ai eu raison. En même pas deux mois, il était devenu bien plus fort que n'importe lequel des larbins que j'ai pu avoir. Ce type était devenu…une légende…le genre de prodige qu'on retrouve qu'une fois tous les demi-siècle !
Le Geek jeta un coup d'œil en direction de l'écran où on pouvait toujours voir le "prodige". Ce dernier, conscient qu'on ne pouvait plus l'entendre, se tenait immobile, et fixait le gamer avec intensité, le visage impassible et vide d'émotions. Etait-il en train de surveiller son double, craignant qu'il le trahisse, ou attendait-il qu'il les sorte tous de ce merdier ? Ne pouvant répondre à cette question dans l'immédiat, le nerd se reconcentra sur les paroles de la prostituée.
- Tu dois sûrement penser qu'il s'était désintéressé de vous…et pour dire vrai, je pensais la même chose. Mais les événements qui précédèrent la fin du pacte me prouvèrent le contraire.
Elle planta ses yeux dans ceux du no-life, cachés par les lunettes de soleil. Ce regard était un habile mélange d'amusement et de curiosité. Mais derrière cela, on retrouvait toujours le voile de désir qui assombrissait constamment ses iris bleutés.
- En effet, il découvrit que quelqu'un en avait après votre petite fratrie. Un docteur ou je ne sais plus quoi. En tout cas, un vrai fantôme, car le Patron avait mis plusieurs semaines à découvrir son existence et ses plans, et même avec l'aide des meilleurs pisteurs du monde, il ne parvenait pas à retrouver sa trace. Si je me souviens bien, il s'appelait Frédéric.
Le Docteur Frédéric ! Ce nom fit frissonner l'adolescent et accentua son malaise déjà présent. Ce malade avait tenté de les capturer dans le passé, et sans l'homme en noir qui réussit à l'abattre, ils seraient tous à l'asile ou au cimetière, à l'heure qu'il est. Tout ce qu'il reste de cette sombre époque, ce sont l'intrigue développée et enjolivée dans SLG, et les cauchemars qui hantaient encore parfois leurs nuits.
- Il se mit en tête de l'arrêter. Et bien évidemment, je n'ai pas du tout apprécié qu'il délaisse ses obligations pour ses conneries. Car ça me prouvait que j'avais échoué dans ma formation, vu qu'il éprouvait encore des sentiments. Pour tout te dire, gamin, si je prenais ces larbins, ce n'était nullement pour me servir, mais pour satisfaire mon fantasme le plus profond. Ou plutôt, le fantasme de tout être humain.
Elle esquissa un large sourire, dévoilant sa dentition blanche comme celle d'un loup.
- Car qui n'a jamais rêvé d'être Dieu ?
Elle ria devant l'expression abasourdie du plus jeune, et enchaîna :
- Ne joues pas à l'innocent, gamin. Que fais-tu dans tes jeux-vidéos ? Ne contrôles-tu pas le destin de tes personnages ? Eh bien, moi, je faisais pareil, mais au niveau supérieur. Quoi de plus jouissif que de construire un être à son image, de le hisser à la perfection ? Et tout comme toi, quand j'avais atteint ce but, je "supprimais ma partie" avant d'en commencer une nouvelle. Mais avec le Patron, j'étais face à un dilemme. Malgré mes efforts, il était toujours faible. Mais je ne pouvais me résoudre à le tuer sans avoir réglé le problème. Je ne suis pas du genre à quitter le jeu à cause de la difficulté. Alors, qu'ai-je fait, te demandes-tu ?
La personnalité retient son souffle, désireux de connaître la suite du raisonnement étrangement logique, bien qu'il se dégouttait d'être aussi convaincu par les paroles de son ennemi.
- J'ai mis sur pause. Pour faire simple, je l'ai abandonné sans un mot. Du jour au lendemain, je déserta mon Q.G., m'installant dans un autre repaire. Et je cessa de lui envoyer des missions à accomplir. Il se retrouva totalement libre, sans surveillance, seul maître des affaires que je l'avais laissé créer. Pourquoi j'ai fait ça ? Pour qu'il goûte au plaisir de toute-puissance, qu'il s'en imprègne, et qu'il finisse tellement enivré qu'il ne ressente plus aucune émotion. Ainsi, par lui-même, il allait devenir une de mes plus belles créations.
Le sourire de la blonde se crispa, et elle baissa son visage tandis que ses intonations se firent plus graves.
- Je l'ai observé pendant tout ce temps. Pour éviter les questions, il raconta à ses putes que j'étais morte. Jamais elles ne pourraient découvrir la vérité, cloîtrées comme elles sont dans leur bordel, protégées par le gentil petit loup noir qu'était devenu mon élève. Un loup ? Non, moins que ça ! Un chien, un caniche ! Au lieu de se défaire des liens d'affection qui le reliaient à votre stupide famille, il les as renforcés ! Au lieu de devenir le diamant que je voulais détruire, il devenait un charbon à peine digne que je le brûle !
Elle écrasa d'un coup sec son cigare sur le bureau, et releva la tête. Mais au lieu d'avoir le visage crispé de colère, comme l'aurait laissé pensé sa voix, ses traits étaient détendus, et un léger sourire étirait ses lèvres.
- J'étais sur le point de renoncer et de le liquider quand tu es apparu. Et je me suis dit que j'avais trouvé le moyen de rattraper le coup, et même de faire une bien meilleure affaire. Un petit jeune, ayant reçu mon enseignement par le biais de son grand frère, et surtout, qui avait l'air bien moins sentimental.
Avant que son interlocuteur ne puisse répliquer, elle se leva et alla vers lui. Une fois en face du châtain, elle prit son visage entre ses mains, et susurra à son oreille :
- Allons, gamin…n'est-ce pas évident ? Tu es avide de pouvoir, mais tu te caches derrière de bonnes excuses…accepte ta vraie nature…tu es comme moi…
- No…non, c'est faux ! Bégaya-t-il, troublé par le souffle chaud qui caressait son cou et le corps qui se collait au sien.
- Tss, tss…si tu ne voulais que le bien de ta fratrie, pourquoi n'as-tu pas obéi au Patron ? Pourquoi avoir foncer tête baissée ?
- Je…je voulais juste…
- Tu voulais prouver que tu étais le plus fort…tu voulais réussir là où ton aînée semblait avoir échoué…
- Arrêtes ! Fermes-la !
Il se dégagea de l'étreinte forcée, et recula, les mains tremblantes. Les mots de Deria résonnaient inlassablement dans son crâne. Ces mots si justes…ces mots qui le décrivaient parfaitement…
Le Geek se tourna vers l'écran, espérant oublier tout ses doutes en voyant son maître. Cependant, l'image du pervers attaché, blessé, affaibli lui fit un coup dans l'estomac, et la voix dans sa tête redoubla d'intensité, malmenant son esprit déjà torturé. Il resta immobile, fixant les lèvres du prisonnier qui remuaient, mais il n'éprouvait ni la force ni l'envie de déchiffrer les paroles silencieuses.
« Avide de pouvoir…vraie nature…le plus fort… ».
À ces mots se rajoutaient des brides de phrases, embrouillant de plus en plus le fil de ses pensées.
« Personne ne peut m'égaler, gamin, t'entend ? Personne ne peut me battre !… Mais personne ne peut tuer le Patron !… Geek, j'ai peur… ».
La catin se rapprocha du gamer, se plaça dans son dos et glissa dans sa main gauche un petit boîtier. Il baissa à peine le regard pour le détailler. Il était carré, noir, et un bouton rond de la même couleur se trouvait au centre. La tueuse lui posa un baiser sur le cou, avant de lui murmurer :
- Si tu veux vraiment devenir le plus fort…tu sais ce qu'il te reste à faire…
Il comprit. Ses pensées s'éclaircirent, et il sut ce qu'il avait à faire. Doucement, il releva la tête, tandis qu'une larme coula sur sa joue. Il ouvrit la bouche, et d'une voix neutre, articula :
- Patron…
Le gamer leva son bras gauche pour tenir le boîtier devant lui. Il posa doucement son pouce sur le bouton.
- Il semble que finalement…
Il leva son pouce avant de le reposer sur le cercle noir.
- Ce que tu avais écrit dans tes dossiers était vrai…
Une nouvelle fois, il répéta le geste de son doigt, mais plus rapidement.
- Je suis capable de protéger le clan Sommet…
Sa manœuvre se renouvela, plus vite.
- Mais j'ai d'autres projets pour nos proches, désormais…
Il effectua une dernière fois son mouvement, appuyant de toute ses forces.
Aussitôt, le corps de l'obsédé fut pris de spasmes, et il se secoua, en proie aux décharges qui provenaient des liens qui l'entravaient. Liens qui étaient en fait des câbles électriques. Sans gaines isolantes.
Le pervers s'agita encore quelques instants, puis s'effondra sur la chaise, inerte.
Une minute.
Deux minutes.
Trois minutes.
Ses épaules restaient immobiles.
La larme avait disparu.
Un rire l'avait remplacé.
Encore en vie ? Besoin d'un mouchoir ?
Ce n'est pas la fin, il y a encore quelques chapitres ! Histoire de voir ce que va faire le Geek...
Reviews ? (Et messages de haine, aussi, mais ça, je vais pas y couper...) XD
