Salut à tous, ça fait longtemps, je sais, mais comme j'ai décidé de faire des chapitres plus long, forcément ça me prend du temps pour écrire tout ça. Je vous remercie infiniment pour vos commentaires, n'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de ce chapitre! !

Je ne suis toujours pas J. K. Rowling, donc rien ne m'appartient !

A la demande de TeZuKa j; j'ai décidé de poster un résumé des épisodes précédents à chaque fois:

Chapitre 1 : Après avoir entendu la prophétie, Harry commence à se méfier de Dumbledore car il y a trop d'incohérence dans son comportement.

Chapitre 2 : Harry réalise combien il est en mauvaise santé et décide d'y remédier en engageant Dobby. Il réfléchit aussi à un moyen d'échapper à la surveillance dont il sera l'objet pendant les vacances.

Chapitre 3 : Dobby l'emmène à Gringotts. Ce dernier découvre les testaments de ses parents qui n'avaient jamais été lu en raison de l'intervention de Dumbledore. Harry apprend qu'ils avaient explicitement interdit qu'on le place chez les Dursley. De plus, ils donnaient le nom du vrai gardien du secret, ce qui signifie que Sirius aurait pu être innocenté. Harry est jugé apte à gérer seul son argent par les Gobelins même si Dumbledore surveille un de ses coffres sans en avoir l'air. Car il en a deux ! Celui qu'il a hérité de ses parents et celui où a été entreposé l'or dont il a hérité de nombreux sorciers qui ont voulu remercier le survivant.

Chapitre 4 : Harry retourne à Privet Drive et essaye d'améliorer ses relations avec sa famille en prenant leur défense lorsque l'Ordre menace les Dursley.

Chapitre 5 : Harry rencontre la médicomage Vancoq qui décide d'enclencher le plan Z pour remédier à son état de santé alarmant. L va falloir le reconstruire petit à petit.

Chapitre 6 : Harry reconstruit son corps et rencontre le psychomage Kent auquel il commence à se confier. Il fait du sport sous l'impulsion de son médecin et se rapproche de Dudley.

Chapitre 7 : Dumbledore vient à Privet Drive pour informer Harry du testament de Sirius. Ce dernier prend encore une fois la défense des Dursley. Il laisse l'Ordre occuper le 12 Square Grimmauld et ordonne à Kreatture de rester là-bas.

Chapitre 8 : Harry donne une potion à Mme Figgs pour qu'elle lui donne les réponses à ses questions. Il découvre ainsi que Dumbledore a toujours su qu'il était maltraité et qu'il a empêché ses instituteurs de prendre contact avec les services sociaux. Il se sert de la même potion sur sa tante pour qu'elle soit plus agréable avec lui et menace son oncle avec du faux véritasérum car après la visite du directeur, ils ont été désagréables avec lui. Encore fou de rage, il décide d'engager une armée d'avocat pour faire tomber Fudge, Ombrage et Dumbledore.

Chapitre 9 : Harry retourne à Poudlard, mais il n'est plus l'enfant qu'il était en juin. Les potions médicales ont fait de lui un homme et il a accepté sa place dans le monde des sorciers. Il a décide de prendre les choses en main.

Chapitre 10: Euh, bah pour celui là il va falloir lire la suite ;) BONNE LECTURE

Chapitre 10 : Savoir se faire entendre :

Harry fut profondément soulagé quand le banquet se termina enfin. Il ne pensait pas pouvoir supporter les regards sur lui pendant très longtemps. Il adressa un regard d'avertissement à Ron et Hermione avant de se précipiter dans la salle commune, suivi de près par Neville qui trépignait presque d'impatience tant il avait hâte de voir ce qu'allait faire Harry. Sur leur chemin, ce dernier intercepta un élève de deuxième année de leur maison et lui chuchota quelque chose à l'oreille.

« Tu as compris, n'est ce pas ? Tu attends que je dise « vraiment », ok ? »

L'enfant le regarda avec des yeux ronds avant d'hocher timidement la tête, encore étonné qu'Harry Potter lui ait adressé la parole. Lorsqu'Harry rejoignit Neville il se contenta de lui faire un clin d'œil.

Dès qu'ils entrèrent dans la salle commune, Harry se planta au milieu de celle-ci. Neville resta à côté de lui en essayant de masquer son enthousiasme. Peu à peu, la salle commune se remplit tout autour d'eux. Harry attendit que les premières années arrivent avec Ron et Hermione avant de prendre la parole.

« Pour ceux qui ne me connaissent pas, dit il en s'adressant particulièrement aux plus jeunes, je suis Harry Potter. J'ai eu le malheur de rencontrer Voldemort et ses larbins à plusieurs reprises et maintenant qu'il est officiellement de retour, je veux établir des règles en espérant que notre maison survive aussi.

- Au nom de quoi, Potter ? protesta un garçon de septième année.

- Quel est ton nom ? lui demanda Harry qui avait espéré ne pas être interrompu si tôt dans le discours qu'il avait préparé.

- Cormac McLegen, dit le garçon avec une certaine arrogance.

- Eh bien Cormac, si tu penses pouvoir te passer de mes conseils, que dirais tu d'un petit duel ?

- Très bien, gronda l'autre Gryffondor. Tu ne me fais pas peur, Potter ! Demain, après le déjeuner. »

Harry fronça les sourcils.

« Pourquoi pas maintenant ?

- Parce que ma baguette est dans mon sac, répondit Corma en haussant les épaules.

- Dans ce cas je suis désolé de te dire que tu es un homme mort ! Nous ne devons pas nous séparer de nos baguettes !

- Nous sommes à Poudlard, Potter. Rien ne peut nous arriver ici ! dit lentement Cormac comme s'il pensait qu'Harry était un demeuré.

- Vraiment ? demanda Harry en arquant un sourcil. »

Aussitôt, Cormac fut frappé par un « Petrificus Totalus » et soulevé dans les airs par un charme de lévitation. Harry sourit au jeune élève de deuxième année.

« Pourtant, avec seulement deux sorts enseignés en première année, notre jeune ami pourrait te tuer s'il décidait d'ouvrir la fenêtre et de t'y laisser tomber. »

Il sortit sa propre baguette et l'agita vers Cormac.

« Finite »

Le garçon tomba sur le sol avec un bruit sourd et se releva brusquement, furieux. Pourtant, Harry l'ignora et remercia l'enfant d'un signe de tête. Il savait qu'il y en aurait au moins un pour contrer son autorité lorsqu'il tenterait d'imposer certaines règles et il était content d'avoir pu maîtriser facilement la situation. Il se redressa pour s'adresser à l'assemblée.

« Les Mangemorts lanceront directement des sorts de magie noire et des Impardonnables. Je refuse que nous leur facilitions la tâche en n'étant même pas armés pour les combattre. Donc, voici la première règle : chaque Gryffondor portera toujours sa baguette sur lui, dans sa poche ou dans un étui. C'est le minimum vital, parce que dans votre sac, elle ne vous sert à rien. Et pendant la nuit, elle devra rester à porter de main. »

Harry balaya son auditoire du regard. La plupart le regardait avec adoration et hochait respectueusement la tête au fur et à mesure qu'il parlait. Il aurait préféré ne pas avoir à affronter leur haine l'année précédente, cela aurait rendu les choses plus simples pour lui car il lui était difficile d'oublier ce qu'ils lui avaient fait subir. Il allait lui falloir aller de l'avant tout en s'assurant d'obtenir la fidélité de sa maison. Il ne pouvait pas se permettre qu'ils lui tournent le dos à nouveau.

« Deuxième règle, poursuivit il d'une voix forte, personne ne doit se promener seul dans les couloirs. Soyez toujours au moins deux, surtout les plus jeunes ! Et enfin, la troisième règle : les Gryffondors font front ensemble ! A l'extérieur de cette tour, nous devons nous montrer unis. Cela signifie que si l'un de nous est attaqué, c'est la maison tout entière qui riposte. Bien sûr, nous nous défendons mais nous ne commençons pas les combats. Tout manquement à ces règles entraînera la perte de la protection de toute la maison pendant une durée de temps déterminée. Des questions ? »

Katie Bell leva la main. Harry lui fit un signe de tête et Katie s'avança pour permettre à ses camarades de mieux la voir.

« Je pense que c'est une bonne idée, mais nous ne pouvons pas attendre que l'un de nous se fasse insulter ou agresser par un élève d'une autre maison pour faire comprendre à tous que nous sommes unis. Il faut envoyer un message fort.

- Elle a raison, intervint Dean Thomas, nous devons montrer notre unité dès le début de l'année. »

Harry hocha la tête, il était entièrement d'accord avec eux. Il savait que ces mesures soulageaient les nés moldus qui étaient effrayés à l'idée d'être pris à partie par les enfants des mangemorts.

« J'ai une idée, proposa soudain Dennis Crivey, pourquoi ne pas faire une entrée remarquée dans la Grande Salle demain matin ?

- Remarquée ? répéta Parvati Patil avec un air perplexe.

- On ne va quand même pas faire une annonce devant toute l'école ! s'écria Jimmy Peakes le batteur de Gryffondor l'année précédente.

- Non, répondit fermement Dennis, faisons le trajet jusqu'à la Grande Salle tous ensemble et entrons y en même temps.

- C'est une bonne idée, dit Seamus, cela montrera que nous agissons en groupe.

- Alors c'est réglé, dit Harry. Nous allons faire ça. Les élèves arrivent généralement dans la Grande Salle à 7h00, nous partirons tous ensemble de la tour à 7h10. Nous en profiterons pour montrer le chemin aux premières années. Maintenant, tout le monde au lit et ne soyez pas en retard demain matin ! Et surtout, n'oubliez pas : gardez toujours vos baguettes sur vous et restez groupés. Bonne nuit à tous ! »

2 septembre :

Alors que la Grande Salle se remplissait peu à peu, une certaine agitation avait lieu à la table des professeurs. Bien sûr, aucune des quatre tables n'étaient pleines, mais celle des Gryffondor était complètement vide. Ce n'était pas normal.

« Peut être que nous devrions aller voir ce qui se passe, Albus, dit M. Vasaio d'un ton inquiet. »

Du coin de l'œil il vit McGonnagal hocher vigoureusement la tête sans prendre la peine de cacher combien elle se souciait de l'absence de sa maison.

« Non, attendons encore quelques minutes, dit le directeur, il n'est pas nécessaire de s'alarmer pour si peu. Si à huit heures aucun n'est arrivé, alors nous irons les chercher. »

Cinq minutes plus tard, tous les élèves avaient remarqué cette anormalité et semblait légèrement anxieux. Les professeurs McGonagall et Flitwick s'apprêtaient à aller voir ce qui se passait dans la tour de Gryffondor car ils étaient de plus en plus inquiets, lorsqu'ils entendirent un fort brouhaha à l'extérieur de la salle. Quelques secondes plus tard, Harry Potter franchit la porte, légèrement en retrait, à sa droite, se tenait un Neville Londubat plus confiant que jamais. Et juste dernière eux, s'étendait une masse d'élèves vêtus de rouge et d'or. Ils marchaient ensemble comme n'importe quel groupe d'amis le ferait, sauf qu'il s'agissait de plusieurs dizaines de personnes. Ils s'installèrent joyeusement à leur table, comme s'il s'agissait de quelque chose de tout à fait normal. Chacun bavardait joyeusement avec ses amis, racontait ses vacances en détails et faisait des commentaires sur les nouvelles règles de leur maison. Harry n'arrivait pas à cacher son autosatisfaction pendant qu'il s''attablait au beau milieu de la table. Même la présence de Ron et Hermione en face de lui ne parvint pas à atténuer son humeur. Il se contenta de les ignorer, comme il l'avait fait la nuit précédente, au profit de Neville, tout en dévorant joyeusement un toast.

« Que pensez-vous des derniers événements, M. Londubat ?

- Je suis très impressionné, M. Potter, lui répondit son ami en riant. Est-ce qu'il sera bientôt l'heure de la surprise numéro 2 ? »

Harry se tourna vers la table des Serdaigle et hocha la tête vers Luna avant de lui faire un clin d'œil, celle-ci lui sourit et leva le pousse.

« Ne vous inquiétez pas, mon ami, vous êtes aux premières loges. »

Comme il achevait ses paroles, un bruissement d'ailes se fit entendre et les hiboux envahirent la Grande Salle. Avec un immense sourire Harry tendit à Neville un exemplaire du Chicanneur. Le jeune homme écarquilla les yeux. En première page s'étalait une photo d'Harry sur laquelle il avait l'air mortellement sérieux et ses yeux semblaient lancer des éclairs. Juste en dessous, la légende indiquait : Harry Potter, l'homme en colère !

Neville se dépêcha de tourner la page pour lire l'interview de son ami.

Lovegood : Bonjour, M. Potter, je tiens à vous remercier d'avoir accepté de m'accorder une seconde interview.

Potter : C'est bien normal, votre journal est le seul à ne pas avoir recopié bêtement les mensonges de la Gazette l'année dernière, c'est donc à lui que va ma fidélité. Tout ce que la Gazette prétend dire en mon nom est faux. Vous êtes le seul journal dans lequel j'accepte de m'exprimer, après tout, je sais que vous ne vous amusez pas à déformer la réalité pour attirer plus de lecteurs.

L : Merci pour ce compliment, M. Potter. Il est vrai que malgré ce que les mauvaises langues peuvent dire, le Chicanneur conserve une certaine éthique. Mais commençons. Tout d'abord, j'aimerais connaître votre sentiment sur la situation actuelle dans le monde des sorciers.

P : Je suis en colère. Non, je suis absolument fou de rage ! Je ne peux exprimer combien j'en veux au ministère !

L : Au ministère ? Pourquoi pas à Vous-savez-qui ?

P : Oh s'il vous plait, pas vous aussi ! Si ce nom vous effraye tant, appelez le Tom Jedusor, c'est son véritable nom après tout. Et pour répondre à votre question, Voldemort n'est qu'un malade mental avec des partisans suffisamment idiots pour le suivre. Donc, non, c'est surtout envers notre gouvernement que je suis en colère. Ils avaient l'opportunité de le détruire et ils ne l'ont pas saisi !

L : M. Potter ? Je ne comprends pas…

P : Le ministère a eu 14 ans pour faire le ménage et arrêter les Mangemorts. Pourtant, alors que mon parrain, Sirius Black a été enfermé à tort et sans procès, d'autres, comme Lucius Malfoy ou Nott ont réussi à s'en tirer et à exercer des postes importants au ministère. Je pense que cela leur a même permis d'aider leurs copains à être disculpés. Mais voyez vous, c'est intolérable car il y a tellement de possibilité pour découvrir la vérité dans notre monde : une pensine, du véritasérum, une promesse de dire la vérité par un serment inviolable… Pourtant, le ministère a enfermé un innocent et a libéré des coupables. Si cela avait été fait correctement, Voldemort serait peut être de retour à l'heure actuelle, mais il serait tout seul. Cela serait quand même nettement moins menaçant, sans compter qu'il serait plus facile à combattre ! Mais non ! Nous avons un gouvernement corrompu qui a préféré travailler avec des assassins ! Ils ont eu 14 ans pour expliquer aux gens que Voldemort n'était rien de plus qu'un sorcier puissant mais complètement dérangé. Lorsque je suis arrivé dans ce monde, j'ai été choqué de découvrir que même après dix ans d'absence, les sorciers avaient encore peur d'un simple nom, qui n'est qu'une anagramme de Tom Elvis Jedusor, rien de plus !

L : Devons nous comprendre que parce que vous avez grandit loin de notre monde, vous le voyez différemment ?

P : Bien sûr ! Par exemple, dans une école moldu, les professeurs interviendraient dès qu'ils entendraient des insultes racistes, ce qui n'est pas le cas à Poudlard où personne ne réagit quand un élève se fait intimider. Je suis persuadé que si un élève était puni à chaque fois qu'il traiterait quelqu'un de sang de bourbe, Voldemort aurait peut être moins de partisan car les gens se rendrait compte que ce n'est pas normal de haïr quelqu'un en raison de sa filiation.

L : Je vois, vous pointez du doigt de vrais problèmes, M. Potter.

P : En effet, cette idée selon laquelle si on refuse de voir le problème, alors il n'existe pas, semble être propre aux sorciers. Après tout, nous avons perdu un an de préparation à la guerre qui s'annonce, simplement parce que le ministre a décidé qu'il ne voulait pas croire au retour de Voldemort malgré les preuves. Il a même envoyé Ombrage pour maintenir la population estudiantine sous contrôle, ce qu'elle a fait de la pire des manières ! Je suis d'ailleurs scandalisé de constater que ces deux là sont toujours au pouvoir, c'est honteux !

L : Que voulez vous faire à leur sujet ?

P : Porter plainte, bien sûr. Justice doit être rendue !

L : Vous êtes un homme volontaire, je vous souhaite une bonne continuation et vous remercie de m'avoir accorder un peu de votre temps, M. Potter.

P : Tout le plaisir était pour moi. A bientôt.

Neville referma son journal et regarda son ami avec des yeux ronds.

« Oh la la, Harry, tu as fais fort !

- Ouais, hein ! lui répondit le jeune homme avec un grand sourire. Je pense que ça va faire beaucoup de bruit. Et ce n'est que le début ! »

Harry se sentait euphorique, il avait demandé aux Lovegood de lui envoyer des questions basiques auxquelles il avait répondu par écrit avec l'aide de ses avocats. Cet article avait pour but de le présenter sous un nouveau jour face au public et de poser les bases de sa position politique. Les procès à l'encontre de Fudge et Ombrage y étaient brièvement évoqués afin d'empêcher ces derniers d'essayer d'étouffer l'affaire lorsqu'ils découvriraient ses plaintes. Harry se sentait particulièrement fier de lui et de son équipe. Il n'osait pas penser à ce qui serait arrivé s'il ne les avait pas rencontrés.

« Je pense que je vais accidentellement oublier un exemplaire dans chacune de mes classes aujourd'hui, dit tranquillement Harry sans prendre la peine de cacher son sourire.

Je vois, et est ce que je me trompe en pensant qu'un autre exemplaire va se retrouver accidentellement dans chaque salle commune de l'école ? demanda Neville. »

Harry soupira fortement avant de prendre une gorgée de thé. Il regarda son ami avec une expression faussement désolée.

« Vraiment, ce n'est pas de ma faute si je suis si maladroit ! »

Neville pouffa de rire.

« Les Lovegood vont devenir riches si tu continues à donner ce type d'interview chez eux !

- Tant mieux ! Ils le méritent. »

Leur conversation fut interrompue par McGonagall qui distribuait les emplois du temps. Elle se figea en voyant de près la nouvelle apparence d'Harry. Ce dernier lui adressa un petit sourire et lui fit part de sa volonté d'avoir une conversation en privée avec elle. Elle lui donna rendez-vous le jeudi suivant juste après le dîner. Harry la remercia chaleureusement et attendit que chaque Gryffondor ait reçu son emploi du temps avant de se lever. Tous suivirent son exemple et ils sortirent de la Grande Salle tous ensembles. Une fois à la tour, chacun récupéra ses affaires et attendit dans la salle commune. Katie Bell, dont les cours ne commençaient qu'à 10h00, se porta volontaire pour aider les première années à trouver leur chemin, elle fut rapidement suivie par d'autres élèves de septième années, désireux de protéger les petits nouveaux. Les autres élèves décidèrent spontanément de se déplacer par années afin de cimenter l'effet de groupe. Harry les approuva sans réserve et laissa même Colin le prendre en photo alors qu'il était au milieu des autres Gryffondor, montrant ainsi clairement sa qualité de leader. Ce fut donc suivi par les autres sixièmes années de Gryffondor qu'Harry et Neville se rendirent en cours de Sortilège.

Toute la journée, Harry, Neville et Luna prirent soin de semer des exemplaires du Chicanneur dans toutes leurs classes, pendant que Dobby se chargeait d'en déposer dans les salles communes auxquelles ils n'avaient pas accès. Ce ne fut qu'en fin d'après midi qu'Harry fut convoqué dans le bureau de Dumbledore. Il suivit le Professeur McGonagall qui était venu le chercher dans la salle commune et essaya de son mieux de donner à son visage l'expression la plus neutre possible.

« M. Potter ? demanda le professeur de métamorphose pendant qu'ils marchaient.

- Oui, professeur ?

- Pensez-vous vraiment ce que vous avez dit dans votre interview à propos des enseignants ?

- Oui, Professeur, dit Harry sans hésitation. Bien sûr, je sais que même dans le monde moldu on peut tomber sur un professeur qui ne se souci pas de ce genre de chose, mais en règle général, les enseignants réagissent.

-Je vois. »

Ils firent quelques pas en silence avant que McGonagall reprenne la parole.

« Dîtes moi, Potter, me classez vous dans la catégorie des enseignants passifs dont vous parliez ?

Je suis désolé, Madame, mais ma réponse est oui. »

Harry continua de regarder droit devant lui et ne vit pas le choc sur le visage de la directrice adjointe. Il poursuivit cependant son explication.

« Vous n'avez pas daigné réagir en première année lorsqu'à la suite d'une importante perte de points, Ron, Hermione et moi étions haïs dans notre propre maison, vous n'avez pas non plus réagit lorsque nous vous avons fait part de notre inquiétude concernant la pierre. De même, vous n'avez rien fait pour diminuer l'intimidation dont j'étais victime en deuxième année lorsque tout le monde pensait que j'étais l'héritier de Serpentard, pas plus qu'en quatrième année lorsque les gens pensaient que j'avais triché et mis mon nom dans la coupe. C'est pareil pour l'année dernière quand la plupart des élèves pensaient que j'étais un menteur et un déséquilibré. Pour la dernière année, je vous accorde que la présence d'Ombrage vous empêchait d'agir, mais quelle est votre excuse, pour les autres années, Madame ? »

Le professeur McGonagall pâlit considérablement.

« Je suis désolée, Potter. Je crains que vous ayez raison, je n'ai pas été à la hauteur. Poudlard a perdu certaines de ses qualités dernièrement.

- Je sais, Professeur. »

McGonagall fit face à la gargouille avec regret, elle aurait voulu poursuivre leur conversation.

« Carambars ! »

La gargouille s'écarta pour leur laisser le passage.

Lorsqu'ils entrèrent dans le bureau, Dumbledore n'était pas seul. En effet, Rogue, Flitwick, Chourave, Lupin et les nouveaux enseignants, M. et Mme Vasaio étaient là. Harry fronça les sourcils. Il ne s'était pas attendu à ça. Il pensait que Dumbledore voudrait lui parlait seul. McGonagall s'assit à côté du Professeur Chourave et Harry prit le seul siège laissé libre entre Lupin et Mme Vasaio. Il en profita pour la regarder de plus près. C'était une belle femme, songea Harry. Elle était assez grande et élancée, son visage dégageait une certaine douceur renforcé par les doux mouvements de ses boucles brunes à chaque fois qu'elle bougeait. Ses yeux étaient aussi très expressifs et d'un brun très doux. Ses gestes semblaient mesurés, presque comme s'ils étaient comptés, cependant lorsqu'elle daignait bouger, elle était très gracieuse. Harry ne pu s'empêcher de se sentir apaiser par le calme qui émanait d'elle. Il se pencha légèrement pour mieux observer son mari. L'homme était plus grand que sa femme avec des cheveux mi-longs couleurs de sable qui encadraient son visage. Ses yeux gris étaient cachés derrières des lunettes rectangulaires qui semblaient allonger son visage. La première pensée d'Harry fut qu'ils allaient bien ensemble, puis il réalisa combien ils étaient jeunes. Ils devaient avoir dix ou quinze ans de plus que lui.

La voix de Dumbledore le rappela à l'instant présent.

« Harry, mon garçon, commença le directeur, je t'ai demandé de venir pour discuter avec toi de l'interview que tu as donné dans le Chicanneur. »

Harry savait très bien où le vieil homme voulait en venir. Le psychomage Kent lui avait dit que Dumbldore sauterait sur l'occasion pour essayer de le manipuler sans en avoir l'air. Il ne l'avait pas cru car Dumbledore était plutôt subtile d'habitude et cela lui paraissait trop évident, mais il était à présent bien content de l'avoir quand même écouté, ainsi, il n'était pas pris par surprise. Il décida cependant de s'amuser un peu, il n'allait certainement pas faciliter la tâche de l'homme. Il fit un effort pour masquer sa colère envers le directeur et envers le pseudo espion avant de prendre la parole.

« Quelle interview, monsieur ?

- Petit insolent, s'écria aussitôt Rogue, vous nous prenez pour des imbéciles ! Vous…

- Mais enfin, laissez le parler, Severus ! s'exclama Mme Vasaio. M. Potter n'a même pas eu le temps de préciser sa question ! »

Harry avait envie de rire en voyant le visage de Rogue, choqué que quelqu'un ait eu l'audace de l'interrompre.

« Merci, Madame, dit Harry à son professeur avec son sourire le plus innocent avant de se tourner vers Dumbledore. En fait j'allais vous demander si vous vouliez parler de celle que j'ai donnée en février dernier ou de celle qui a été publiée récemment.

- Cessez de faire l'idiot, Potter, grogna Rogue, vous savez très bien que le directeur parle de celle qui est sortie ce matin !

- Et comment puis-je le deviner, Monsieur ? »

Il entendit le professeur Flitwick masquer un léger ricanement en toussant très fort. Ce n'était pas un secret que le professeur de sortilèges détestait l'attitude de Rogue.

« Harry, dit Dumbledore en essayant de reprendre le contrôle de sa réunion, tout d'abord, je tiens à dire que je suis très fier de la façon dont tu as réussi à appréhender la mort de Sirius. Je suis aussi très content de te retrouver en si bonne santé et j'approuve ta prise d'initiative, mais pour ce genre de chose, il aurait été préférable de me consulter en premier, tu ne penses pas ? dit le vieil en homme en le regardant par-dessus ses lunettes en demi-lune.»

SALAUD ! pensa Harry de toutes ses forces. Si ce n'était pas une façon de l'affaiblir en lui rappelant la mort de Sirius pour ensuite lui rappeler qui avait le pouvoir et qui ne l'avait pas, il voulait bien apprendre à Graup à faire ses lacets ! Mais puisque Dumbledore voulait son pion, Harry allait le lui donner… plus ou moins.

« Pourquoi ? demanda-t-il avec aplomb. Après ce que le ministère nous a fait l'année dernière, ce n'est que justice, non ?

- Harry, mon garçon, tu es trop jeune pour comprendre la politique, commença le directeur.

- Dans un an j'aurai le droit de voter, l'interrompit Harry.

- Bien sûr, Harry, dit le vieil homme en levant la main, comme pour apaiser les tensions mais la politique est une chose complexe. Tu dois comprendre que j'essayais de faire fonctionner les choses avec Cornélius.

- Après ce qu'il vous a fait ! feignit de s'horrifier Harry.

- Il faut savoir pardonner Harry, dit Dumbledore d'un ton docte en hochant la tête. C'est la raison pour laquelle je te demande de bien vouloir te rétracter concernant cette histoire de procès. »

Oh, il lui demandait, se moqua intérieurement Harry. Mais il le comprenait, après tout, Fudge devait être prêt à tout pour conserver son poste, et donc il devait obéir à Dunbledore au doigt et à l'œil à présent. Harry prit son expression la plus mortifiée avant de répondre.

« C'est trop tard, Monsieur, je ne savais pas que vous étiez prêt à prendre le risque de le laisser au pouvoir. Je pensais vous aider en portant plainte.

- Tu veux dire que la plainte a déjà été déposée ! s'écria le directeur.

- Oui, professeur, dit Harry d'un ton penaud. »

Un silence choqué accueillit sa déclaration.

« Comment ? balbutia Dumbledore.

- J'ai envoyé Hedwige dès que j'ai réintégré notre monde hier matin. Je suis désolé, Monsieur. Je pensais…

- De toute évidence vous ne pensiez pas, Potter, grogna Rogue.

- Severus ! aboya M. Vasaio avec colère.

Lupin profita de la diversion pour se tourner vers Dumbledore.

« Vraiment, je ne vois pas ce qui vous embête, Monsieur le Directeur, après tout, Fudge a été une épine dans notre pied pendant si longtemps !

- Bien sûr, Remus, soupira Dumbledore, bien sûr. Mais Mme Ombrage a été professeur ici et je crains que ses défauts ne rejaillissent sur l'école. A ce sujet, Harry, je tiens à te demander de revenir sur tes propos concernant Poudlard. Je sais que l'année dernière a été très dure pour toi, mais ce n'est pas une raison pour t'en prendre à cette école qui a été ta première maison. »

Harry sentit un léger courant d'air et frissonna légèrement. Cela n'étouffa cependant pas la bouffée de rage qu'il sentait monter en lui en entendant ses paroles. Comment Dumbledore pouvait jouer avec lui comme cela ? Il n'avait qu'une seule réponse à donner.

« Non. »

Seul le silence suivi sa réponse. Il fut surpris de voir McGonagall baisser la tête honteusement.

« Je te demande pardon ? insista le directeur.

- J'ai dit non, répéta Harry en fixant volontairement son regard sur le nez aquilin du directeur.

- Harry, je dois insister. C'est très mauvais pour l'école que tu dises ce genre de choses.

- Je suis désolé de dire la vérité, monsieur.

- Allons Harry, je suis certain que lorsque ta colère se sera calmée, tu seras d'accord avec moi. Après tout, Poudlard est l'un des plus importants remparts contre Voldemort et ses disciples.

- C'est vrai, et je serais heureux de revenir sur mes propos lorsque vous aurez remédié à ce problème, Monsieur le directeur. Pas avant. »

Du coin de l'œil, il vit M. Vasaio poser sa main sur sa baguette tout en jetant un regard noir à Rogue, comme s'il le mettait au défi de dire quoi que ce soit. Sa femme lui toucha le bras pour l'inciter au calme avec un regard d'avertissement et son mari se força à se détendre. Ce fut le professeur Flitwick qui désamorça la situation.

« Connaissez-vous quelqu'un qui a été réellement victime d'intimidation dans cette école M. Potter ?

- Oui, moi. Et si cela ne vous suffit pas, regarder dans votre propre maison ! gronda le jeune homme.

- Comment cela ?

- Peut être que si vous étiez intervenu, Luna Lovegood ne serait pas ouvertement humiliée et moquée par les autres Serdaigle!

- Ce sont des accusations très graves, M. Potter, dit doucement le professeur Chourave.

- Dans ce cas, il est de notre devoir d'enquêter, dit M. Vasaio d'une voix sévère.

- Il est inutile de sauter aux conclusions sans preuves, Carlos, dit Dumbledore.

- C'est la raison pour laquelle mon mari veut enquêter, dit aussitôt Mme Vasaio, pour trouver des preuves. »

Las, Dumbledore hocha la tête et laissa les trois professeurs se mettre d'accord sur les mesures à prendre.

« Je comprends que tu tiennes à préserver ton ami, Harry et c'est louable. Mais il ne faut pas en faire une généralité et…

- Quatre fois, l'interrompit Harry.

- Comment ?

- J'ai dit quatre fois. Quatre fois, toute l'école s'est retournée contre moi à grands renforts d'insultes, de moqueries et de sortilèges et personne ici n'a levé le petit doigt. Je tiens aussi à vous rappeler que cela s'est passé pendant plusieurs mois, ce qui signifie que vous aviez largement le temps d'intervenir. Donc je suis désolé, mais je maintiens mes positions.

- Harry, Poudlard est une bonne école, tu ne peux pas ternir sa réputation simplement en raison de situations exceptionnelles.

- Exceptionnelles ! s'exclama Mme. Vasaio. Je ne comprends pas votre raisonnement, Albus, n'importe quel cas devrait être une exception ! »

Mais Harry ne les écoutait plus. Des années d'humiliations et de haine étaient en train de prendre un certain péage sur sa patience.

« Une bonne école ! répéta Harry avec colère. Alors pourquoi personne n'empêche un professeur d'humilier et d'intimider ses élèves ? Pourquoi Malfoy peut insulter les nés moldus en toute impunité ? Pourquoi un fils est il obligé de recourir à la violence pour défendre l'honneur de sa mère défunte lorsque quelqu'un la traite de sang-de-bourbe ?

- Ne prenez pas votre cas pour une généralité, Potter. Vous êtes comme votre imbécile de père avant vous, toujours à penser que le monde tourne autour de vous ! grommela ouvertement Rogue.

- Ne parlez pas de mon père ! cria aussitôt Harry en se levant d'un bon. »

Remus se leva à son tour pour le retenir, craignant qu'Harry se précipite pour frapper l'enseignant. Derrière lui, Mme Vasaio faisait de même avec son mari qui était outré de voir le traitement de leur collègue envers un élève.

« Ça suffit Severus ! Vous venez de nous montrer que M. Potter a raison de protester contre votre comportement envers lui ! s'écria McGonagall qui essayait encore de digérer les paroles d'Harry.

- Elle a raison, dit Mme Vasaio. Monsieur le directeur, comment pouvez vous tolérer ce comportement !

- Vous êtes nouvelle ici, Rosalie, vous ne pouvez pas comprendre.

- Je pense au contraire que parce que ma femme et moi sommes nouveaux nous avons un point de vue plus clair sur la situation ! protesta son époux.

- Carlos, n'envenimez pas la situation, je vous prie.

- Alors dîtes à votre mangemort domestique de ne pas agresser les étudiants ! »

Le regard sur le visage de Dumbledore se fit glacial.

« Severus a ma confiance, je me porte garant pour lui.

- Il a la votre, mais pas la mienne. Mais vous savez quoi, ce n'est pas le sujet de cette réunion. Le vrai problème c'est qu'il est peut être l'espion de l'Ordre, mais qu'il n'a rien à faire dans une école !

- Severus est un maître de potion remarquable, dit le professeur Chourave.

- Tant mieux pour lui, gronda Mme Varsaio, mais s'il traite ses étudiants comme ça, il ne doit pas leur enseigner grand-chose.

- Cette discussion est clause ! dit fermement Dumbledore avant de se tourner vers Harry. Mon garçon, je te demande de me prévenir à l'avenir avant de faire ce genre de chose. Cela peut avoir des conséquences néfastes.

- J'essayerai d'y penser, monsieur, dit Harry avec une expression illisible.

- Très bien tu peux t'en aller. »

Harry se leva mais ne bougea pas.

« Excusez moi, est ce que quelqu'un peut me ramener, s'il vous plait ? Je ne veux pas me déplacer seul par les temps qui courent.

- Harry, dit Lupin, Poudlard est parfaitement sécurisé, tu ne crains rien. »

Harry lui lança un regard noir. Il en voulait beaucoup à Lupin pour l'avoir abandonné. Il l'avait déjà fait après la mort de ses parents, puis il ne l'avait jamais contacté après la troisième année, et pour finir, il l'ignorait de nouveau après la mort de Sirius ! Le loup avait beaucoup à se reprocher aux yeux d'Harry.

« Parfaitement sécurisé sauf en ce qui concerne les mangemorts en formation et le mangemort domestique, dit Harry en reprenant la formule de son nouveau professeur. »

Il se sentit satisfait en voyant les jointures de Rogue blanchir alors qu'il serrait l'accoudoir de son fauteuil.

« Mon mari va le faire, M. Potter, proposa Mme. Vasaio. »

Harry la remercia d'un signe de tête et ils quittèrent le bureau en silence.

Harry ne pu s'empêcher de se questionner à propos de cette réunion insolite. Il comprenait ce que Dumbledore essayait de faire, mais pourquoi faire venir ses autres professeurs ? Pensait il vraiment qu'il n'oserait pas refuser de lui obéir s'il était face aux autres membres de l'Ordre ? Harry secoua légèrement la tête. Pour quelqu'un qui disait l'avoir beaucoup observé, le directeur ne le connaissait visiblement pas du tout. Il s'interrogeait aussi sur le comportement partial de ses professeurs de Défense à son égard. Le couple avait ouvertement prit parti pour lui. Était ce parce qu'il était le Survivant ? Ou bien avaient ils juste été outré par le comportement de Dumbledore et de Rogue ? Harry baissa la tête pour observer discrètement son professeur. Il trouvait toujours incroyable de faire une tête de plus que la plupart de ses enseignants. Il s'aperçut rapidement que son professeur ne cessait de l'examiner. Il retint un soupir, il savait que les gens le dévisageaient constamment mais c'était agaçant. Cependant, il avait l'étrange impression que pour une fois, ce n'était pas seulement de la curiosité mal placée. M. Vasaio agissait plutôt comme s'il essayait de mémoriser les traits d'un nouveau voisin. C'était peut être aussi parce que lui et sa femme avaient ouvertement pris son parti contre Rogue qu'il se sentait plus indulgent.

« Je suis désolé pour mon emportement dans le bureau du directeur, M. Potter, je sais que je n'aurai pas dû m'énerver ainsi à cause de Severus. Ma femme a bien fait de me suggérer de vous accompagner. Je crains d'avoir un tempérament difficile à contrôler.

- Rogue a cet effet sur beaucoup de gens, monsieur, dit Harry avec un sourire amusé.

- C'est certain, gronda le professeur Vasaio. Dîtes moi, M. Potter, est ce que ça lui arrive souvent de vous parlez comme il vient de le faire ?

- Depuis le premier jour, dit Harry sans cacher sa rancœur.

- Je vois, grogna l'homme. S'il vous plait, M. Potter, s'il recommence, faîtes le moi savoir.

- Je l'ai déjà signalé plusieurs fois, Professeur, soupira Harry, mais comme vous avez pu le voir tout à l'heure, rien n'y fait.

- Prévenez-moi quand même. Peu importe ce qu'en pense Dumbldore, ma femme et moi allons aider votre professeur de potion à respecter ses élèves !»

Harry fut surpris de voir un muscle se serrer au niveau de la mâchoire de son professeur, comme s'il essayait de se retenir de crier. Il n'était pas habitué à avoir des adultes de son côté. Il avait eu Sirius, bien sûr, mais il avait été un forçat évadé et donc il ne pouvait pas faire grand-chose pour défendre ses intérêts, même s'il ne s'était pas privé de dire à Rogue ce qu'il pensait de lui. Il n'avait cependant pas le pouvoir de se faire respecter. Ce n'était pas le cas du professeur Vasaio et de sa femme, qui semblaient ne pas avoir peur de l'espion et ne se privaient pas de le remettre à sa place. Harry eut un petit sourire. Ils se séparèrent devant le portrait de la grosse dame.

Lorsqu'il fut dans la salle commune, il remarqua plusieurs regards dans sa direction.

« Ne vous en faîtes pas pour moi. Je vais bien, j'étais dans le bureau du directeur et un professeur m'a raccompagné. Je ne me suis pas promené seul dans les couloirs. »

Il y eu de petits rires nerveux du côté des premières années mais Harry fit semblant de ne pas les entendre et se précipita dans son dortoir. Il ne voulait pas laisser son humeur le rendre désagréable. Avec un lourd soupir, il se laissa tomber sur son lit.

Presque aussitôt, il entendit un craquement et leva la tête juste à temps pour voir son elfe de maison apparaitre au pied de son lit en s'inclinant.

« Kreatture, le salua froidement Harry, qu'est ce que tu fais ici ?

- Kreatture a des informations pour le maître.

- Je t'écoute, grommela Harry en se passant une main lasse sur le visage.

- Le directeur a appelé Kreatture dans son bureau.

- Et tu y es allé ? s'écria Harry. »

L'elfe sembla se ratatiner sur place.

« Kreatture est désolé, Maître, mais vous n'avez pas dit à Kreatture de ne pas obéir au directeur, alors Kreatture n'a pas pu trouver d'échappatoire pour lui désobéir.

- Je vois, grogna Harry, à partir de maintenant, je t'interdis de lui obéir. Qu'est ce qu'il voulait ?

- Il a demandé à Kreatture s'il savait comment le Maître a pu donner l'interview, Kreatture a dit qu'il ne savait pas. Ensuite, il a dit que Kreatture devait lui dire si le maître était allé dans le monde des sorciers pendant les vacances ou s'il était en contact avec d'autres sorciers, mais Kreatture lui a rappelé que le maître avait dit à Kreatture de rester au Q.G et de ne pas en sortir et que donc, Kreatture ne savait rien. »

L'elfe se balançait d'avant en arrière pendant qu'il parlait, et se dépêcha de reprendre son souffle.

« Le Professeur Dumbledore a alors dit à Kreatture qu'il était désolé pour le comportement du maître à son égard mais que le maître était bouleversé en ce moment et que c'est la raison pour laquelle il devait dire au directeur si quelque chose lui paraissait anormal avec le maître. Il a dit que le maître lui serait reconnaissant d'aider le directeur à le protéger. Kreatture ne l'a pas cru et il a fait semblant de détester encore son maître. Et il lui a dit que même s'il était vieux, Kreatture ne pouvait pas désobéir à un ordre direct de son maître et qu'il ne pouvait donc pas aider le Professeur Dumbledore. »

Harry s'était assis brusquement pendant le récit de l'elfe qui parlait à toute vitesse. Il ne pouvait pas croire que Dumbledore pouvait être aussi retors ! Il venait d'essayer de tourner Kreatture contre lui, de la même manière que l'avait fait Bellatrix pour Sirius. Harry serra les poings.

« Tu as bien fait, Kreatture, que s'est il passé ensuite ?

- Le Professeur a eut l'air déçu. Il allait encore parler lorsque d'autres professeurs sont arrivés et ont dit que le professeur McGonagall était allée vous chercher. Alors Dumbledore a dit à Kreatture qu'il pouvait s'en aller. »

Harry fronça les sourcils, il était presque étonné que le directeur n'ait pas fait cela devant les autres. Mais le fait qu'il ait renvoyé Kreatture montrait qu'il savait que ce qu'il faisait était mal. Alors pourquoi le faisait-il ? Il s'apprêtait à congédier son elfe lorsque ce dernier reprit la parole.

« Les elfes doivent obéir aux sorciers, tant que cela ne contredit pas les paroles de leurs maîtres. Alors Kreatture a réfléchit et a trouvé une faille. Le directeur lui a dit qu'il pouvait partir, pas qu'il le devait. Kreatture a fait semblant de disparaître, mais il est resté près de vous pendant l'entretient et il a arrêté le sort de Légilimancie mineur du directeur sur vous. »

Harry resta bouche bée.

« Et tu pourrais le refaire ? Je veux dire, rendre ça permanent ?

- Non, Maître, désolé. Ce n'était pas un sort très puissant et il faudrait que Kreatture soit tout le temps avec vous pour espérer vous protéger contre la légilimencie.

- Tant pis ! En tout cas, merci de m'avoir protégé. Je pense que tu as gagné le droit de m'appeler « Monsieur »

- Kreatture vous remercie… Monsieur, dit l'elfe avec une certaine fierté. »

Harry se senti amusé malgré lui en voyant la petite créature redresser son torse.

« Kreatture est aussi resté après votre départ. Vous avez donné beaucoup à penser au professeur Flitwick, Monsieur, il veut vérifier sa maison de fond en comble pour savoir si ce que vous avez dit à propos de l'intimidation est vrai. Il est fou de rage, Monsieur.

- Et le professeur Chourave ? le pressa Harry.

- Elle aussi, mais elle soutient surtout le Professeur Dumbledore, Monsieur. Le loup, aussi, mais il a dit que vous réagissiez ainsi avec le directeur parce que vous êtes encore en deuil et que vous reviendrez bientôt à la raison. »

Harry grimaça. Si l'homme continuait, il allait lui offrir un jouet à mâcher pour Noël, Lupin agissait vraiment comme un petit toutou avec le directeur !

« Le directeur était étonné de vous voir si déterminé mais Kreatture pense surtout qu'il était surpris parce que son sort n'a pas fonctionné. »

Harry ricana. Il appréciait vraiment de ne plus avoir à obéir aveuglement au vieil homme.

« En ce qui concerne Rogue… Kreatture préfère ne pas répéter ce qu'il a dit. Il suffit de savoir que ce n'était pas poli.

- Je m'en doute, l'homme ne peut pas parler de moi sans être insultant. Et en ce qui concerne les Vasaio, qu'est ce que tu penses d'eux ? Tu les as déjà vus pendant une réunion au Q.G ?

- Seulement une fois, Monsieur, ils n'ont pas été affectés à votre surveillance cet été parce qu'ils étaient nouveaux dans l'Ordre. Mais Kreatture se souvient que M. Varsaio avait l'air répugné à l'idée que l'Ordre vous surveille au lieu de filer les Mangemorts pour repérer leurs points de rendez vous. »

Harry ne pu s'empêcher d'être d'accord avec lui. Ce serait sûrement beaucoup plus utile de garder un œil sur de dangereux criminels que sur un garçon de seize ans.

« Et sa femme ?

- Mme Vasaio semble ne pas apprécier le comportement de ses collègues à votre égard. Après votre départ du bureau, Dumbledore a laissé entendre qu'il était déçu de leur comportement et qu'elle et son mari devait apprendre à se comporter correctement face aux élèves et envers le Professeur Rogue.

- Et qu'est ce qu'elle a répondu ? demanda Harry.

- Qu'ils s'étaient engagés dans l'Ordre pour combattre les Mangemorts et qu'ils avaient acceptés d'enseigner pour apprendre aux élèves à se défendre, pas pour regarder des professeurs intimider et humilier un adolescent de 16 ans. Elle a même laissé entendre que s'il n'était pas content d'eux, ils étaient prêts à démissionner. Mais Kreatture pense qu'elle ne le pensait pas parce qu'elle sait que Dumbledore ne peut pas se permettre de les renvoyer. »

Harry sourit largement, il était vraiment heureux de savoir qu'il y avait au moins deux personnes censées dans l'Ordre. Il congédia son elfe après l'avoir chaleureusement remercié et alla se coucher. Il était épuisé.

4 septembre :

Harry était presque content d'aller dans le bureau du professeur McGonagall, elle semblait être devenue son professeur le plus protecteur, encore plus que le couple Vasaio, depuis la réunion dans le bureau de Dumbledore. Poudlard ne lui avait jamais paru aussi insupportable. Ron et Hermione avaient essayé de s'excuser et de lui faire comprendre pourquoi il fallait obéir à Dumbledore, mais Harry avait préféré les ignorer. Il savait qu'il allait lui falloir les tolérer pour ne pas se priver de l'appui de deux préfets, mais il préférait ne pas trop y penser. Son interview s'était largement rependue et il lui semblait que tout le monde l'avait lu. Seamus avait même affirmé avoir entendu deux jeunes Pouffsouffle en apprendre des morceaux par cœur. Bien sûr il avait espéré que les gens lisent ce qu'il avait à dire, mais il avait aussi pensé qu'ils réfléchiraient un peu à ses propos plutôt que de le vénérer bêtement. Etonnement, les Serpentards étaient restés assez calmes, même si Malfoy et Nott lui lançaient fréquemment des regards meurtriers. Harry savait que ce n'était qu'une question de temps avant qu'ils ne tentent quelque chose, mais il ne se faisait pas trop de soucis, les Gryffondor montaient la garde pour lui. En ce qui concerne le monde des sorciers en général, il avait reçu une demande de la Gazette et de Sorcière Hebdo pour donner une interview mais Harry avait complètement ignoré leurs lettres. Il avait été très clair et il ne reviendrait pas sur ses paroles. Ce qui le gênait le plus, c'était que maintenant qu'il avait enfin accepté son rôle dans ce monde, il était encore plus surveillé qu'auparavant et cela était épuisant. C'était en grande partie la raison pour laquelle il se sentait bien dans le calme du bureau de la directrice adjointe.

« Que puis-je faire pour vous, M. Potter ? lui demanda-t-elle.

- Tout d'abord Professeur, j'aimerai vous faire part de ma décision de devenir médicomage plutôt qu'Auror. Je vais déjà être forcé à participer à une guerre, mais si jamais, je survis, je refuse de continuer à me battre. Je veux sauver les gens, mais autrement.

- Je comprends, M. Potter, et permettez moi de vous dire que je suis soulagée de l'entendre. Je suis toujours fière de mes élèves, mais je préfère qu'ils vivent le plus longtemps possible et le métier d'Auror est très dangereux et vous avez suffisamment risqué votre vie ces dernières années. Je me permets aussi d'ajouter que vos parents auraient sans doute été très heureux d'apprendre que leur fils unique a autant la tête sur les épaules. »

Harry se sentit rougir.

« Justement, Professeur. C'est d'eux dont je voulais vous parler.

- M. Potter ?

- Vous voyez, maintenant que… Maintenant que… »

Harry s'interrompit et prit une profonde inspiration avant de poursuivre.

« Maintenant que Sirius est mort, il n'y a plus personne pour me parler d'eux.

- Je suis certaine que si vous écrivez à M. Lupin il sera heureux de…

- Non, la coupa Harry. Lupin a perdu le droit de me parler lorsqu'il a m'a abandonné à la mort de mes parents, puis cet été, à la mort de mon parrain ! Je ne lui fais pas confiance ! Comment peut-il prétendre respecter leur mémoire en ignorant leur fils et filleul ?! »

Harry se força à se calmer.

« Excusez moi, Professeur, je n'aurais pas dû crier.

- En effet, vous n'auriez pas dû, dit doucement McGonagall. Mais je comprends votre colère, Potter. Même si je sais que M. Lupin est très occupé, il aurait au moins dû vous envoyer une lettre. Cependant, je suis désolée de vous dire que je ne vois pas en quoi je peux vous être utile ?

- Eh bien vous êtes la directrice de Gryffondor, alors je me disais que vous accepteriez peut être de me confier les dossiers scolaires de mes parents, peut être même de me les copier.

- Je peux le faire, Potter, mais je ne vois pas en quoi c'est intéressant pour vous.

- J'ai besoin de me sentir proche d'eux, Professeur. Je veux les connaître, ne serait ce qu'en apprenant quelles étaient leurs matières préférés. »

A sa grande surprise, le professeur de métamorphose lui adressa un doux sourire avant de quitter la pièce. Elle revint quelques minutes plus tard avec plusieurs dossiers qu'elle lui tendit. Harry les ouvrit avec curiosité, c'était non seulement les dossiers de ses parents, mais il y avait aussi celui de Sirius.

« Ce sont des copies, vous pouvez les garder. Et s'il vous plait, donnez les deux autres à M. Londubat.

- Merci beaucoup, madame, dit Harry, les larmes aux yeux. »

Le professeur de métamorphose fit sembla de ne pas s'en apercevoir.

« A propos de votre père, saviez vous qu'il avait été le capitaine de l'équipe de Quidditch ?

- Oui, madame. Il parait qu'il en était très fier.

- C'est exact, aussi j'espère que vous ressentirez la même fierté. »

Harry la regarda sans comprendre jusqu'à ce qu'elle lui fasse signe de se lever et qu'elle contourne son bureau pour lui faire face. Elle tendit les mains vers sa poitrine et y accrocha l'insigne de capitaine. Harry resta bouche bée et le toucha d'une main tremblante.

« Je vous fais confiance pour nous mener à la victoire, Harry. »

Le jeune homme rougit légèrement, il avait l'impression qu'elle ne parlait pas seulement de Quidditch, et il se sentait flatté de savoir que quelqu'un comme elle lui faisait confiance.

Le soir même, Harry et Neville restèrent dans leur dortoir, trop occupés à éplucher les dossiers pour rejoindre leurs camarades dans la salle commune. Harry se sentait honteux. Il n'avait pas été à la hauteur de ses parents, ces derniers étaient de bons élèves, même Sirius qui avait toujours donné l'impression de s'être surtout amusé à Poudlard, avait eu des notes excellentes. Sur le lit voisin, Neville faisait face au même constat. Sa grand-mère lui avait toujours dit qu'il n'était pas digne de son père, mais le fait d'avoir son bulletin devant les yeux lui montrait combien l'homme avait été un grand sorcier, tout comme sa mère. Il ferma les yeux en espérant calmer sa douleur. Il n'aurait jamais dû laisser les autres le convaincre qu'il était pratiquement un Cracmol. Neville sursauta en sentant la main d'Harry sur son épaule. Il leva lentement la tête et croisa le regard larmoyant de son camarade. Aucune parole ne fut nécessaire pour comprendre ce que l'autre ressentait. Ils étaient déjà liés par la promesse de tuer Bellatrix Lestrange, leur amitié fut scellée par celle d'honorer aussi la mémoire de leurs parents sur le plan scolaire.