Titre : Property of The Half-Blood Prince

Chapitre 10 – Je sais qui vous êtes !

.

Auteure : Thesewarmstars

Traductrice : Forêt Interdite

Rating : M

Résumé : Traduction d'une fiction de Thesewarmstars. Au cours de sa sixième année, Harry devient très attaché au mystérieux ancien propriétaire de son livre de potions, mais que va-t-il se passer lorsqu'il découvrira qui il est réellement ? SS/HP, spoilers Tome 6.

Déclaration solennelle : Je ne touche pas d'argent sur cette histoire. L'univers de Harry Potter appartient à J. K. Rowling.

Avertissement : Slash SS/HP, mentions de viol et de torture.

Note de l'auteure : Un grand nombre d'événements du tome six ont toujours lieu, même si certains ont été modifiés, et j'ai un peu joué avec les chronologies pour les adapter à mes besoins.

.

.


Property of The Half-Blood Prince

.

Chapitre 10 – Je sais qui vous êtes !

.

21 février 1997 : Rogue

.

« Vous le sentez toujours ? » demanda Rogue en libérant la main Potter. Ils avaient pris l'habitude de se tenir les mains pendant environ une minute, au début de chaque leçon, et chaque fois que Rogue devenait plus réticent à se séparer.

Potter fronça les sourcils. « Eh bien, plus maintenant que nous avons cessé de nous toucher, bien sûr. Mais je l'ai senti avant, comme toujours.

– Comme toujours ? Êtes-vous certain que la sensation n'a pas changé ?

– Ouais, c'est toujours pareil. Pourquoi, vous ne vous la sentez pas aussi ? » demanda Potter avec anxiété.

« Pendant un bref instant seulement, » répondit Rogue « et tout juste. Il fallait s'y attendre, bien sûr, puisqu'avec les vingt années d'expérience en plus que j'ai par rapport à vous, j'ai été en mesure d'accéder à ma magie plus que ne l'avez jamais fait jusqu'à présent. Vous avez simplement commencé avec plus de magie en réserve que moi. »

Cependant il était vrai que la libération de magie n'avait pas diminué du tout pour Potter car il devait en avoir beaucoup plus au départ que Rogue n'en avait jamais supposé. Tout ce qu'ils pouvaient faire était d'attendre et voir. Et il était temps qu'ils commencent leur leçon.

« Sans baguette, Monsieur Potter. Nous allons essayer quelque chose d'un peu différent ce soir. »

Il se rendit compte que le jeune homme essayait de cacher sa déception. Sans doute pensait-il que Rogue allait le faire lire ou lui donner à faire une quelconque activité tout aussi déplaisante. Ce qui allait suivre serait une surprise pour lui.

Rogue tapota le presse-papiers de son bureau et commanda « Invoquez-le.

– Mais… » dit Potter et sa main se dirigea automatiquement vers son étui de baguette magique.

« Sans baguette, ai-je dit. Maintenant, invoquez-le. »

Le gamin le regarda comme s'il lui avait poussé deux têtes, mais néanmoins respecta ses instructions. « Accio presse-papiers ! » commanda-t-il et rata presque la petite sphère à fond plat qui arriva vers lui en volant à toute vitesse.

« Super ! » s'écria-t-il en ouvrant de grands yeux. « Alors, tous les sorciers adultes peuvent faire de la magie sans baguette alors ? Une fois qu'ils ont compris comment puiser dans leur magie, je veux dire ? Je sais que le Directeur y arrive.

– En effet, le Directeur est tout à fait calé en magie sans baguette. Le Seigneur des Ténèbres l'est moins, quoi que tout à fait capable. Les deux seuls autres pratiquants que je connaisse sont votre Directrice de Maison et moi-même, bien que nous soyons tous deux capables d'effectuer seulement des sorts plus simples comme l'appel de nos propres baguettes, etc. »

Il hésita un moment avant de poursuivre. Dernièrement, il avait été si ouvert et loquace avec ce jeune homme que s'en était franchement un peu bizarre. Il ne l'avait même pas insulté ce soir. Eh bien puisqu'il n'y avait rien à faire maintenant, il pourrait tout aussi bien finir.

« Je n'ai pas essayé de pratiquer de magie sans baguette depuis quelques mois. Je suis tout à fait désireux de réévaluer mes capacités, nous allons pratiquer ensemble. »

Ils pratiquèrent donc. Ils commencèrent avec des sortilèges d'attraction et des sorts de lévitation pour des petits objets. Comme ils continuaient, Rogue constata qu'il n'avait aucune difficulté à transfigurer son bureau en un puma des montagnes ou en petit bateau de pêche de crevettes grises ! Oui, son niveau de compétence s'était définitivement accru !

Potter semblait avoir encore plus de facilités. Il avait sorti magiquement tous les livres des rayonnages de Rogue et les faisait voler au-dessus de leurs têtes, engagés dans une danse complexe. Il ne semblait même pas leurs prêter grande attention.

« Très bien, Monsieur Potter. S'il vous plaît, faites-les revenir aux rayonnages dans l'arrangement dans lequel vous les avez trouvés. »

Potter s'exécuta à toute vitesse et se retourna vers lui souriant, visiblement très satisfait de lui-même. Pendant une fraction de seconde, cela donna à Rogue l'envie de lui rendre son sourire.

« Ôtez ce stupide sourire de votre visage : ce que nous faisons ici est très sérieux. Je pense que la prochaine étape est pour nous est la pratique de duel sans baguette » cingla Rogue dans son meilleur ton professoral.

Cela sembla fonctionner, parce que la figure de Potter redevint assez grave, en effet. « Je sais, » dit-il. « je n'ai pas oublié pourquoi nous faisons cela, uniquement juste parce que je m'amuse. J'ai besoin d'apprendre tout ce que je peux pour pouvoir mettre à bas ce malfaisant et hypocrite salopard.

– Surveillez votre langage, Monsieur Potter. » avertit-t-il automatiquement, mais ce fut un autre mot qui retint son attention. Il avait entendu le Seigneur des Ténèbres être qualifié de beaucoup de noms d'oiseaux, mais il ne se souvenait pas que le mot "hypocrite" figurait parmi la liste.

« Pourquoi dites-vous cela ? Qu'est-ce qui le rend hypocrite à vos yeux ? »

Potter haussa les épaules. « Je ne comprends pas comment il peut parler de nés-moldus et des sang-mêlé de cette façon alors qu'il est lui-même un sang-mêlé. Et il ne fait pas qu'en parler pour ses disciples sang-sur, il le pense vraiment. »

Quoi ? Rogue avait dû avoir un quelconque problème auditif. « Que voulez-vous dire par "il est un Sang-Mêlé" ? »

Potter pencha la tête sur le côté. « Vous ne le saviez pas? Son père était un Moldu. Dumbledore ne vous l'a pas dit ? »

Rogue secoua la tête sans rien dire. Non, il ne le savait fichtrement pas ! Une rage aveugle bouillonnait en lui et menaçait de déborder quand elle fut brusquement remplacée par la sensation que son bras gauche prenait feu. Quand on parle du loup…

« Je suis convoqué » siffla-t-il entre les dents, luttant contre le réflexe de se maintenir étroitement le bras près du corps. Cela ne l'aiderait pas, rien ne l'aiderait.

Potter paraissait dévasté et semblait avoir gelé sur place. « Retournez à votre dortoir, Potter, je dois partir tout de suite !

– Mais… »

Rogue lança à Potter son regard le plus menaçant, et le jeune homme se dirigea enfin vers la porte. Avant qu'il ne se glisse dehors, il se retourna.

« Simplement... simplement soyez prudent, d'accord ? » souffla-t-il doucement puis il disparut.

Rogue ne s'arrêta pas à examiner la sensation de chaleur qui l'envahit en pensant que le jeune homme pourrait en fait se préoccuper de ce qui lui adviendrait. Non, il fallait se dépêcher : ce n'était jamais agréable d'être le dernier à arriver à une réunion.

Il effectua un appel par cheminette à Albus pour lui rendre compte de la situation, se précipita vers les portes, conjura son masque coutumier et transplana.

Quand il arriva dans la même salle sombre en pierre qu'à la dernière réunion, il fut surpris de ne trouver que deux autres personnes présentes auprès du Seigneur des Ténèbres. À en juger par leur posture, il supposa qu'il s'agissait de Malefoy, père, et de l'odieux petit rat.

Il s'avança, prêt à s'agenouiller pour baiser l'ourlet de sa robe quand le Seigneur des Ténèbres s'exprima.

« Halte-là, Severus. »

Son ton ne contenait aucune de ses fausses affections habituelles, il ne l'avait même pas appelé « Cher Severus ». Cela n'augurait rien de bon.

« Mon Seigneur ? » demanda-t-il, laissant percevoir sa confusion en l'accompagnant d'une moue légère, comme pour montrer qu'il se sentait privé d'une faveur.

Le Seigneur des Ténèbres ricana. « Dis-moi, Severus, comment se porte le jeune Harry ? Ses compétences en duel se sont-elles épanouies sous ta tutelle ? » lui demanda-t-il d'un ton moqueur.

« Mon Seigneur ? » osa Rogue une fois de plus.

« N'essaye pas de me tromper avec des mensonges de plus et l'expression de ta fausse loyauté ! » ragea-t-il. « Je sais qui tu es, et je ne supporterai pas cela plus longtemps ! »

Il pointa sa baguette directement au centre de la poitrine de Rogue et reprit sa respiration. Rogue savait exactement ce qui allait arriver. Il savait que c'étaient ses derniers instants, et il n'y avait pas une seule chose qu'il pouvait faire pour y échapper. Sa baguette était encore rangée dans son étui et il n'aurait pu, en aucune façon, la saisir à temps.

Il se retrouva à penser "Tu vas me manquer, gamin" juste avant d'entendre les paroles.

« Avada Kedavra ».

Et puis il heurta le sol – le Sortilège de la Mort n'était-il pas supposé être instantané ? – et son corps hurla de partout, dans les endroits dont il ne savait même pas qu'ils existaient auparavant, des zones que le Doloris n'avait jamais encore touchées – et le Sortilège de la Mort n'était-il pas censé être indolore ? Pourquoi n'était-il pas encore mort ?

Il leva les yeux pour rencontrer ceux du Seigneur des Ténèbres fixés sur lui avec la même confusion, il se sentait. Le Seigneur des Ténèbres lui lança un regard furieux et tendit à nouveau sa baguette. C'est à ce moment-là qu'il vint à l'esprit de Rogue qu'il lui fallait transplaner, sans baguette, et tout de suite.

Avant que le sortilège puisse se répéter, Rogue ferma les yeux et transplana.

.


.

21 février 1997 : Harry

.

Il était presque l'heure du couvre-feu au moment où Harry retourna à tour de Gryffondor, et aussitôt il se coucha sans prendre la peine de se déshabiller. Son souci pour Rogue était si dévorant qu'il soupçonnait qu'il ne pourrait pas dormir ce soir de toute façon.

C'était étrange, cette inquiétude débordante qu'il éprouvait pour un homme qu'il avait détesté il y avait à peine quelques mois. Et pour une raison totalement inexplicable, il se sentait coupable à ce sujet, comme s'il trahissait le Prince en laissant Rogue occuper autant ses pensées. Et c'était tout simplement absurde ! Peu importe ce que Harry pouvait fantasmer, lui et le Prince ne partageaient pas réellement une relation, ou quelque chose même qui même y ressemblait un peu. Le Prince ne l'aurait probablement pas aimé, même s'il avait su qui Harry était. De toute façon, le Prince ne le connaissait pas, donc toute cette ligne de pensée était inutile. Il avait besoin d'une distraction.

Il y avait deux livres sur sa table de chevet, et feuilleter le manuel de potions du Prince serait vraiment contraire à l'objectif, alors il prit son livre de sorts en Fourchelang. Il s'était avéré que Hermione avait eu raison et que l'ouvrage était tout simplement appelé Fourchelang Magique (1).

Il avait réalisé des progrès constants dans le déchiffrage du livre depuis Noël, mais c'était lent. Il avait commencé le chapitre intitulé "Sorts Sombres pour Serpents Sournois" il y avait quelques jours et c'était, de façon troublante, la parfaite distraction qu'il recherchait.

Il s'installa donc sous ses couvertures et lut les sections sur la façon d'animer les Inferi, les différentes méthodes de vivisection et comment porter le sang d'une personne à ébullition. Puis il tomba sur un sort qui devait être celui que Voldemort avait utilisé pour marquer ses Mangemorts.

« Ce sort liera un serviteur à son maître, en établissant un lien magique et une marque que le maître pourra utiliser pour appeler le serviteur en cas de besoin ou de le punir en cas de désobéissance » indiquait la description du sort. Oui, cela sonnait définitivement comme la Marque des Ténèbres.

Il lut l'incantation pour le sortilège et fut certain de l'avoir entendue auparavant. Ou peut-être qu'il l'avait déjà lue quelque part ? Il agita ses méninges pendant quelques minutes avant de se souvenir de ce qu'il cherchait à retrouver et il se saisit brusquement du manuel de potions sur la table de chevet, le feuilletant frénétiquement.

Voilà ! C'était ici.

À côté de « je ne sais pas ce qui m'a été fait » le Prince avait écrit : « Sahashii sissah shiissii ? » (2).

Ces mots – partie du sortilège de marquage –avaient été translitérés en caractères latins par quelqu'un qui n'était pas un Fourchelang. Rédigés par le Prince de Sang-Mêlé !

Et puis, cela le frappa de plein fouet : son Prince avait reçu la Marque des Ténèbres. Son Prince était un Mangemort ! Pas étonnant qu'il ait inventé tous ces sorts "pour les ennemis".

Mais cela sonnait comme s'il le regrettait, non ? "…je sais que je me suis moi-même placé dans cette situation" avait-il écrit. Cela voulait dire qu'il savait qu'il avait fait le mauvais choix. Pas vrai ?

Harry savait seulement que le Prince n'était pas mauvais. Il était un homme bon. Il était intelligent, s'exprimait bien, était sarcastique et probablement le meilleur potionniste que Poudlard ait jamais vu.

Oh doux Merlin ! Il savait qui c'était, qui son Prince était en réalité.

Il s'empara de sa cape d'invisibilité, s'assura qu'il avait le livre de sorts et courut vers la porte, en ignorant les questions de Ron sur l'endroit où il allait à cette heure-ci de la nuit. Il devait se rendre aux cachots.

Cinq minutes plus tard, il cognait à la porte du bureau de Rogue, tout en cherchant à reprendre son souffle. Il n'y eut pas de réponse. Quand il réfléchit au fait qu'il était désormais plus de minuit, ce n'était pas vraiment surprenant.

La porte n'était pas verrouillée ou protégée magiquement, alors il entra et se dirigea vers la porte qu'il avait vue Rogue emprunter quelquefois. Cela devait sûrement être l'entrée de ses quartiers, non ? Harry l'espérait vraiment. Il ne lui restait plus qu'à vérifier.

Il toqua à la porte, mais là encore il n'y eut pas de réponse. Peut-être que Rogue était endormi... Assurément, il serait revenu de sa réunion à cette heure-ci ? Harry frappa plus fort.

Enfin, la porte s'ouvrit.

« Rogue ! Merci Merlin ! Vous ne croirez jamais ce que j'ai découvert ! Je peux vous débarrasser d'elle ! J'ai trouvé le contre-sort. Je peux supprimer la Marque des Ténèbres ! »

Il n'y eut aucune réaction chez Rogue. Il se tenait là, la main encore posée sur la poignée de la porte, l'air ahuri. En regardant de plus près, Harry vit qu'il était mortellement pâle et se maintenait comme s'il luttait contre une grande douleur. Il avait également l'impression que Rogue avait gardé cette expression déroutée pendant un certain temps, donc ce ne devait pas être dû à sa visite inopinée à plus de minuit ou à l'annonce de ses nouvelles. Rogue avait-il même entendu ?

« Monsieur ? Ça va ? Quelque chose s'est passé durant la réunion ? » demanda-t-il en espérant qu'il n'était pas sur le point d'être ensorcelé pour avoir posé des questions qui n'étaient pas ses oignons.

Puis, à sa plus grande et absolue surprise, Rogue effectivement lui répondit.

« Le Seigneur des Ténèbres a appris où se portait ma réelle loyauté. » dit Rogue, d'une voix tremblante atypique. « Malefoy était là, il devait lui avoir révélé quelque chose, mais je ne vois pas comment il l'aurait su. Puis il lança le... ou je pensais qu'il avait lancé. Il a prononcé les paroles pourtant, et je suis tombé ; mais je ne sais pas comment j'ai survécu. Puis, j'ai transplané.

– Il vous a lancé le Sortilège de la Mort ? » demanda Harry.

Rogue opina, puis secoua la tête. « Il… Je ne suis pas certain. Je pensais qu'il l'avait lancé. Pourtant, je suis encore là. »

Harry sourit. « Je pense qu'il a vraiment lancé. C'était votre collier, il vous a protégé. Je ne peux pas croire que cela ait effectivement marché ! »

La main de Rogue s'envola vers sa poitrine, où Harry savait que le pendentif se trouvait sous ses vêtements, tout contre sa peau.

« Comment saviez-vous ? Vous ne pourriez positivement pas être... » Il perdit le fil de ses mots et ses yeux s'agrandirent. « Vous ? »

Harry acquiesça.

« Pourquoi ?

– Eh bien, principalement pour vous présenter des excuses, je suppose, pour avoir envahi votre vie privée. À plusieurs reprises. Et pour vous dire combien je vous respecte. » Harry marqua une pause. Il remarqua qu'ils se tenaient encore tous deux sur le pas de la porte. « Écoutez, est-ce que je pourrais rentrer ? »

Rogue parut sceptique, mais s'effaça néanmoins pour le laisser passer et referma la porte derrière lui. Il ne prit pas de siège, et n'en offrit aucun non plus à Harry. Celui-ci se dit qu'au moins il valait mieux rester debout dans le salon de Rogue que sur le pas de sa porte.

« Vous avez dit que vous pouviez la supprimer ? » demanda soudain Rogue.

Harry acquiesça. « Vous aimeriez que je vous l'enlève ?

– Comment pouvez-vous bien savoir comment faire ?

– Eh bien, quelqu'un qui m'est proche a reçu la Marque – il s'est rendu compte par la suite de son erreur, et il a passé sa vie depuis lors à essayer de la réparer, je pense – mais il l'a reçue et il a écrit une partie du sortilège de marquage dans un de mes livres. Et cela m'a aidé à savoir ce que je lisais quand je l'ai retrouvé dans un grimoire. Oui, je sais qui vous êtes… » dit-il doucement, puis il répéta sa question. « Vous aimeriez que je vous l'enlève ? »

Rogue ne répondit pas immédiatement. Il se tenait simplement debout, regardant fixement Harry avec une intensité que celui-ci n'avait jamais connu auparavant. En avait-il trop dit ? Était-il passé et avait-il ruiné la relation de travail qu'ils avaient laborieusement créée ? Définitivement Rogue n'agissait pas de façon tout à fait égale à lui-même, mais Harry supposa que s'il avait survécu au sortilège de la Mort, il aurait peut-être été encore plus flippant que Rogue.

Après plusieurs minutes, Rogue hocha brièvement la tête et retroussa sa manche. Harry laissa échapper un souffle qu'il n'avait pas réalisé avoir retenu.

« Ici. » Il ouvrit le livre à la page de droite pour qu'il puisse lire le contre-sort du texte – il n'était pas exactement concis et il ne voulait pas risquer de tout fiche en l'air – et s'approcha de telle sorte qu'il puisse poser la main sur la Marque. Après quelques secondes, Rogue lui lança un regard interrogateur.

« J'attends juste que le picotement s'en aille. C'est plutôt distrayant. » expliqua-t-il.

Une fois le picotement redescendu à un niveau qu'il pouvait ignorer, il commença. Alors qu'il en arrivait à la fin, Rogue se tendit et ferma les yeux comme s'il avait mal. Harry espéra vraiment que ce n'était pas de sa faute, mais il avait juste quelques mots de plus à prononcer et tout serait bientôt fini.

Quand il eut terminé, il lui sembla que Rogue n'avait plus mal. Il gardait ses yeux émerveillés rivés sur son bras sans tache.

« Je ne vous ai pas fait mal, hein ? Peut-être vers la fin ? » demanda Harry.

Rogue finalement détacha son regard de son avant-bras et leva la tête. « Non, c'était le Seigneur des Ténèbres. Je crois qu'il s'est douté de ce qui se passait et a essayé de l'empêcher. Il a essayé de conserver son emprise sur moi… j'ai pu le sentir.

– Et maintenant ?

– Maintenant, il est parti, et je me sens... Dieux du ciel, je me sens si léger. Libre !»

Harry sourit. « Je suis content de l'entendre. »

Rogue avait toujours cette expression pleine d'émerveillement sur son visage. « Pourquoi, pourquoi avez-vous fait tout cela pour moi ? Je ne le mérite pas. »

Harry haussa les épaules comme pour balayer la question. « Comment ne le pourrais-je pas ? Vous êtes mon Prince ! »

Fronçant les sourcils, Rogue leva la main et effleura d'un doigt la joue de Harry. Celui-ci posa la main sur celle de Rogue pour la maintenir en place et ne put s'empêcher d'incliner la tête à ce contact.

Rogue déglutit bruyamment. « Pourrais-je... C'est-à-dire... Oh ! Dieux ! Harry, j'ai tellement envie te toucher. »

Sans hésiter, Harry se pencha vers Rogue et passa son bras autour de lui, le rapprochant de son corps.

« Je sais. J'ai envie de te toucher, aussi. »

.

.

À suivre…

.

.


.

.

Note de la traductrice :

.

(1) Et non pas Sortilèges et Autres Enchantements dans la Langue de Serpents comme avait indiqué le libraire à Hermione (voir le chapitre 7, Surprises).

.

(2) Voir le chapitre 4, Frustrations.

.

.