Chapitre 9 : Les Sélections
Dimanche arriva vite, comme si le samedi 9 Septembre 1995 avait été effacé du calendrier. Après la lecture du Journal de Maman j'avais été intriguée par la question des Animagi et avais fait un tour à la bibliothèque pour chercher des ouvrages sur le sujet. J'étais déjà curieuse à ce propos mais le fait de voir que James Potter, Sirius Black puis Peter Pettigrow avait emprunté chacun à la suite le plus complet des exemplaires de Métamorphose avancée ne fit que renforcer mon envie de savoir la vérité sur ce sujet. Et énorme coïncidence, Lily Evans l'avait emprunté quelques mois plus tard ! J'avais donc emprunté moi aussi le livre et l'avais lu avec un intérêt grandissant au fil de ma lecture. Quand j'avais tourné la dernière page et fermé la couverture, ma décision été prise. J'arriverai moi aussi à me métamorphoser également. Si Sirius Black avait réussi à le faire avant sa Sixième année alors je devais, en Septième année, y parvenir. Il y avait plutôt intérêt ! Je ne savais absolument pas si Maman était un Animagus ou non, elle ne m'en avait jamais parlé ce qui à mon avis signifiait qu'elle n'en était pas un. Elle avait des secrets, comme tout le monde, mais j'étais persuadée que cela, elle me l'aurait dit. Elle aurait même tenté de m'apprendre jeune à en devenir un comme elle m'avait initiée à l'astronomie dès ma plus tendre enfance.
Je la soupçonnais alors d'avoir été jalouse de la capacité de Sirius Black à maîtriser ce genre de métamorphose si jeune. Les Serpentard, ne nous mentons pas, sont assez prétentieux et de ne pas arriver à faire la même chose qu'un Gryffondor est un coup dur dans notre égo légèrement surdimensionné. Ils nous le retournent parfaitement, je n'en fais pas de bons saints ! Et sachant que la relation entre ma mère et Black n'était pas la meilleure, peut-être encore plus que celle d'un Vert-et-Argent et d'un Rouge-et-Or ne se connaissant ni de Morgane ni de Merlin, sa jalousie devait égaler celle d'un cheval face à un hippogriffe !.
Plus les jours passaient et plus je sentais que les tensions étaient plus fortes que je l'avais pensé. C'était une « gueguerre » idiote, c'était certain, et peut-être que nous n'étions tous simplement pas fait pour être meilleurs amis, mais pour s'entendre ? Avec un peu de bonne volonté des deux côtés cela pouvait marcher. Seulement c'étaitjustement ça qu'il manquait à tous, de la bonne volonté. Les conflits remontaient à tellement longtemps, qu'aujourd'hui, c'était une pure chimère de croire qu'on pouvait les effacer. C'était pourtant ce qu'il faudrait faire en vue de la Guerre qui se préparait seulement c'était quasiment impossible.
Je m'étais donc mis en tête en ce si bref samedi de devenir un Animagus, quelques soient les efforts, le nombre d'heure de pratique, la fatigue et les devoirs. C'était un pari que je me devais de relever haut la main, foutue fierté !
Dimanche était arrivé à une vitesse hallucinante et je me rendis au terrain de Quidditch avec mon balai que j'avais reçu ce matin même avec une lettre et ma tenue qui avait été sortie de l'armoire de ma chambre. Après mon déménagement en Angleterre je n'avais pas eu le courage de la jeter, c'était une partie très importante de ma scolarité à l'Université de Salem et je ne pouvais m'obliger à la faire disparaître. Elle était un souvenir, et j'aimais conserver tous les souvenirs possibles.
Elle était loin d'être semblable à celle que portaient tous les Serpentard mais elle était la seule que je n'avais jamais eue. Composée d'une robe bleue nuit brodée de bordures argentées, d'un pull et d'un pantalon dont la couleur se situait entre l'acier et le métal, et enfin de gants sombres, elle avait quelque chose de mystique et avant que le sport et ses sensations vibrantes et extraordinaires ne me conquièrent, c'était le costume qui m'avait donné envie de jouer et de rejoindre l'équipe des Comètes. Puis voler et la liberté qui s'y rapportait m'avaient plus plus que de raison et je n'avais plus juré que par le Quidditch. Je m'étais alors présentée aux sélections de Deuxième année. Je fus choisie sans trop de difficultés, je venais en effet de passer tout un été où ma seule activité avait été celle de m'entraîner. La Capitaine m'avait complimentée sur la fluidité et la rapidité de mon vol. J'adorais en effet la vitesse, n'en avais pas peur du tout, ce qui me permettait d'être à l'aise et d'être devenue une bonne poursuiveuse. Beaucoup de mes anciens coéquipiers m'avaient dit que si je n'étais pas partir pour ma dernière année alors j'aurais sans aucun doute été choisie pour devenir la Capitaine de l'équipe. Talent, ruse et charisme selon eux. Si je ne leur avais pas dit, ce qu'ils m'avaient confié m'avait émue. C'était une reconnaissance et une fierté énorme d'être élue Capitaine.
Mais j'étais ici désormais et je devais faire mes preuves comme tout le monde, comme une Deuxième année sans expérience. Je devais passer les sélections et cela ne s'annonçait pas si facile. Pas parce que le niveau était plus élevé ici ni parce qu'ils étaient meilleurs que moi mais parce que les joueurs n'avaient jamais vraiment changés dans l'équipe verte, sans que ce ne soit parce qu'un des joueurs quittait Poudlard. Ce n'était pas la qualité du jeu, c'était le nom et l'ancienneté qui comptaient ici. J'allais donc devoir me battre pour faire valoir ma place.
Je vis arriver le reste de l'équipe déjà en place et quelques autres postulants. Il n'y avait pas à dire, nous étions vraiment peu à tenter d'entrer dans l'équipe ! Montague nommé Capitaine après le départ de Marcus Flint fit commencer les sélections en commençant par les batteurs qui étaient tous deux partis en fin d'année dernière, d'après ce qu'il expliqua. Quelques joueurs montrèrent ce dont ils étaient capables, alliant surtout force et brutalité. Les frappes étaient telles des boulets de canons propulsés à la vitesse de la lumière par un troll des montagnes. Ce fut donc deux armoires à glace, bestiaux, élégants comme des taureaux enragés avec un air benêt sur le visage qui furent choisis. Je retins leurs noms, j'allais après tout être leur coéquipière. Goyle et Crable donc.
L'attrapeur était déjà Malefoy Junior et personne n'osa se présenter face à lui, bien que, selon Cassandra, il ne soit pas si doué qu'il le fasse croire à son expression hautaine. Je l'aurais bien fait par pur envie de défi mais je n'étais pas qualifiée à ce poste et je me rappelais de l'avertissement d'Hypérion Malefoy. Je devais me faire le plus petite que possible.
Le gardien était Miles Bletchey depuis cinq ans, le nouveau Capitaine ne considéra même pas l'éventualité de le remplacer. Cela ne me dérangea pas, mon informatrice de dortoir qui savait que je voulais postuler m'avait fait son speech sur les coutumes de l'équipe, me prévenant qu'il n'y avait jamais eu de filles, les techniques de chacun, les points forts ou faibles. J'avais donc appris que Bletchey était doué dans ce qu'il faisait. Seulement, cela Montague m'énerva quand il annonça que les sélections étaient closes sans même que je n'ai pu passer. En effet, Warrington, Pucey et lui-même occupaient déjà les trois postes de poursuiveurs. Mais je n'allais certainement pas me laisser faire !
« Je crois qu'il y a un problème Montague, je suis là depuis le début attendant mon tour pour être poursuiveuse.
- Et moi je crois que tu n'as pas compris Whiteraven, qu'il n'y a plus de place, me répondit Warrington avec mépris.
- Je prendrais alors la place de l'un de vous alors, rétorquais-je sournoisement.
- Certainement pas ! » Clama-t-il, brutal.
Je me rapprochais de lui de manière à n'être qu'à quelques centimètres de lui, un sourire sur le visage.
« Pourquoi Warrington, aurais-tu peur ? »
Il me jeta un regard meurtrier et haineux, enragé par mon assurance. Je devinais que perdre la face deux fois de suite par une fille « moins importante » que lui, ne lui plaisait pas, mais alors pas du tout !
« Et bien vas-y Whiteraven, joues. » dit alors Montague. Je fis alors un sourire vainqueur, radieuse, au garçon devant moi et m'avançais.
« Oui montre-nous ce que tu sais faire, ironisa Malefoy.
- De la part d'un garçon qui a eu sa place grâce à l'argent de son "Papounet", je prends ça bien. »
Le blond peroxydé ragea à ma réponse et Montague fatigué de tous ces conflits demanda à Bletchey de défendre les anneaux des buts. Je m'envolais juste après lui, retrouvant la merveilleuse sensation du vol avec délectation. Le Capitaine m'envoya le Souaffle et je l'attrapais habilement sans prendre la peine d'arrêter ma course, serpentant vers les buts. Je feintais beaucoup, déstabilisant le gardien, le faisant penser exactement ce se je voulais, le contraire de mes actions. Je fis des chandelles, des piqués, alternant entre Feinte de Porskoff, Tremblante de Wollongong et Fourberie de Finbourgh.
Apres une dizaine de buts marqués, Montague me demanda de redescendre, ce que je fis accompagnée du gardien qui me lança un regard appuyé. Je pensais qu'une fois à terre il me détruirait, énervé de n'avoir rattrapé que trois de mes tirs mais ce fut le contraire.
« Avec elle dans l'équipe, la victoire est assurée, dit-il sans me regarder. Il nous la faut. »
Il finit don "éloge" en déclarant qu'il n'avait jamais vu quelqu'un maîtriser chacune des attaques solitaires avec autant d'habileté. Je ne l'écoutais que d'une oreille, ce qui m'intéressait le plus était la manière dont le visage de Warrington se décomposait à chaque mot prononcé par son coéquipier. Mais il n'était pas le seul, les deux autres poursuiveurs "officiels" grincèrent des dents mais Bletchey n'en démordit pas.
« Bien, dit alors Montague, nous verrons au prochain entraînement si elle plus douée que Casey ou Adrian. N'oublie pas Whiteraven, il aura lieu le vendredi à 17h, si tu as une seule minute de retard, n'ose même pas nous interrompre. Et, ne viens que si tu es sure de toi, je n'aime pas perdre du temps.»
Ce fut sur cette phrase que tous partirent, excepté Bletchey qui m'assura que je n'avais vraiment aucun souci à me faire.
« Ils sont juste jaloux et contrariés à l'idée qu'une fille puisse être bien meilleure qu'eux et vienne leur apprendre à voler alors qu'ils se croyaient invincibles. Mais Montague n'est pas un idiot et s'il veut la victoire de Serpentard, il sait ce qu'il doit faire, c'est-à-dire, te prendre dans l'équipe. Et ça, tout le monde le sait, ils ne l'acceptent seulement pas. »
Il me fit un clin d'œil et partit lui aussi. Enfin seule, je caressais le manche de mon balai, savourant la tranquillité ambiante, mais une voix vint la briser.
« Joli Eclair de Feu. » dit-elle.
Finalement, la voix n'était pas si inconnue que je le pensais…
« Merci Malefoy, au moins moi je l'ai mérité et il ne m'a pas offert une place dans l'équipe. »
Il rit et répliqua amusé :
« Oui, Drago vient juste de me parler de ça, tu l'as rendu exécrable.
- Comme s'il ne l'était pas naturellement… marmonnais-je. »
Il fit mine de ne pas avoir entendu ma réponse et continua :
« Mais s'il te plait, ne me charge pas de tous ses actes ou ceux de mon oncle. »
Je le regardais surprise et il me questionna :
« Quoi ? Ce n'est pas si surprenant, je me nomme Malefoy après tout.
- Chose dont tu t'étais bien gardé de me dire !
- Si tu insistes ! Je suis donc Hypérion Malefoy, né le 23 Décembre 1977 dans le Wilt…
- C'est bon, je ne t'ai pas demandé ta biographie ! Mais je pense que cela aurait été plus juste que tu me donnes ton nom. Et puis je n'avais pas vraiment encore réfléchi à la question de la nature de votre lien. »
Il sourit en détournant la tête et répondit :
« Oui, beaucoup croient encore que nous sommes frères, nous ne les détrompons pas, ça nous est assez égal.
- Ce sont les cheveux et le menton je crois, dis-je en faisant référence à leur ressemblance flagrante.
- Héritage des Malefoy. » Confirma-t-il.
Le silence s'installa pendant quelques secondes puis il reprit la parole, mais pour aborder un sujet totalement différent cette fois :
« Tu es donc incapable de ne pas te rebeller et de ne pas te faire remarquer.
- Pardon ? Me récriais-je. Tu m'as dit de me faire oublier quelques jours, je l'ai fait durant quatre. »
C'était de la mauvaise foi, je m'en rendais compte et ça m'embarrassait.
« Et en Astronomie, l'attaque contre Cornelia ?
- Oh si je ne peux même plus participer au cours ! Elle ne se rend même pas compte de sa stupidité et elle continue de se pavaner dans tout Poudlard comme si elle était une merveille de la nature !
- Et bien il suffisait de lui répondre ainsi : Cornelia, sans vouloir t'offenser, l'étoile de Véga fait trois fois la taille du Soleil.
- Je ne suis pas son chien, je crois que la place est déjà prise d'ailleurs ! Et je ne suis pas non plus une gentille Poufsouffle, je n'ai rien contre eux mais ils sont bien trop loyaux et généreux pour que je me sente proche d'eux. Mépriser est une partie de ce qu'un Serpentard doit être, c'est ainsi qu'il agit, perfide et mauvais. Je ne suis pas une sainte et je ne veux pas passer pour telle. Je me fiche de ne pas être appréciée, je me fiche de l'avis de tous, je n'ai besoin que d'une seule personne et seul son point de vue est important pour moi. Je ne suis pas une gentille hypocrite qui rentre dans le moule, je pensais que tu l'avais remarqué.
- Pour tout te dire, tu ressembles parfois plus à une Gryffondor, Selena, rentrant dans le tas, impulsive, effrontée.
- Je ne te permets pas Malefoy.
- Vois-tu, je suis un peu comme toi et je me fiche de ce que tu peux penser. »
Il commençait sérieusement à m'énerver, avec ses grands airs d'empereur.
« Écoute Selena, je n'étais pas venu pour cela en premier lieu, je souhaitais juste te complimenter sur ta manière de voler et de jouer. »
Je fus tellement surprise que je ne pus répondre qu'un pathétique "Oh" à court de mots.
« Et bah, on dirait que j'ai réussi à rendre muette Selena Whiteraven-Black, la fière Gryffendard ! »
Je ne réagis pas à la provocation, fuyant une nouvelle dispute que je savais vaine et inutile et lui demandai plutôt :
« Tu as vu les sélections ?
- Bien sûr ! McFear a parlé de ta participation ce matin au petit-déjeuner et je savais que ce serait un spectacle, ce qui n'a pas raté, j'aurais peut-être dû faire Divination finalement.
- Alors tu m'engueules sur quelque chose que tu attendais de voir ! M'exclamai-je outrée.
- C'était tellement prévisible, et même si cela m'a beaucoup amusé, je réitère mes conseils Whiteraven, fais attention. Et puis soyons honnête, je ne t'ai pas vraiment engueulée, tu exagères. »
Je me détournai de lui, ne souhaitant pas rencontrer son regard à cet instant. Si je le faisais, je crois que je serais capable de le tuer sur le champ, non de le torturer lentement, douloureusement, puis enfin de le laisser crever ! Je n'aimais pas être autant rabaissée qu'il le faisait. J'étais à proprement furieuse contre lui, tout mon être se révoltait. Il essayait de m'asservir et je ne le supportais pas. Foutu menteur, foutu connard et foutu Malefoy ! Les deux se valaient finalement, la cadet comme l'ainé, tous deux étaient aussi pourris l'un que l'autre.
Je partis soudainement, sans une parole, sans un regard, me contrôlant du mieux que je le pouvais pour ne pas laisser couler des larmes de frustration et de haine dirigées envers tout le monde. J'en avais marre, j'étais déjà épuisée, lassée de tous ces problèmes. Oui je les causais, je n'étais pas innocente, mais c'était parce qu'on me cherchait.
Je me hâtais de rejoindre mon dortoir, mais je fus stoppée par Cornelia Acanthus. Ce n'était vraiment, mais vraiment pas le moment. Morgane, ne pouvaient-ils pas tous me laisser tranquille ?! Je ne demandais rien d'autre.
« Que te voulait-il ? me demanda-t-elle rageusement.
- Rien qui ne te concerne, répondis-je, désireuse de partir.
- Ah vraiment ? Pourtant je croyais t'avoir interdite de l'approcher, susurra-t-elle.
- C'est lui qui l'a fait, pas moi. Il est venu vers moi alors va l'emmerder lui ! »
Elle n'était visiblement pas satisfaite du tout de ma réponse et devint encore plus agressive qu'elle ne l'était avant, me bousculant.
« Que vous êtes-vous dit Whiteraven ? »
Mais je ne comptais pas me laisser faire, je n'avais pas l'habitude de me soumettre, de pencher la tête devant les autres. Peu importait ma colère et mon épuisement, je n'allais pas la laisser gagner cette bataille.
« Rassure-toi, ton « namoureux » et moi nous sommes disputés, mais cela ne te concerne pas, désolée. »
Son visage passe de la décontenance à la fureur, tandis que j'arborais un sourire radieux, ravie de la voir dans cet état. J profitais de cet instant pour la contourner, la laissant seule au milieu du couloir mais elle m'apostropha :
« Ce n'est pourtant pas ce que son regard te suivant jusqu'ici laissait à penser. »
Je ne répondis, rien, la laissant croire ce qu'elle voulait, et si cela pouvait la faire rager, c'était la patacitrouille sur la tarte à la mélasse pour moi ! Mais de mon côté je savais ce qu'il en était, il avait porté sur moi un regard méprisant, hautain, il ne pouvait s'agir que de cela. Il avait peut-être pu être amusé de m'avoir fait sortir de mes gonds, fier aussi, comme seul un Serpentard sait lancer. Il n'était en tous cas rien d'autre que de la supériorité. Acanthus était stupide de ne pas l'avoir constaté. C'était évident. Mais pourquoi cela me faisait-il mal ? Ne venais-je pas de dire que je me fichais de ce que les autres pouvaient penser de moi ? Pourtant ce dédain était blessant. Je n'avais pas l'habitude de laisser les gens indifférents, on m'adorait ou me détestait. Mais il n'y avait pas de juste milieu. Et cela me convenait parce que j'y étais habituée, mais son indifférence à lui me touchait. Il était quelqu'un de véritablement troublant, charismatique, ayant la capacité mystique d'attirer chacun vers lui, comme l'appât irrésistible d'un piège tendu à une proie. Il captivait, tel un veela.
En me dirigeant vers les cachots, je croisais Harry Potter qui semblait de mauvaise humeur. Il avait en effet une mine sombre, fermée et un étrange mélange de tristesse et de rage brillant dans ses yeux émeraude. Je remarquais qu'il serrait ses poings douloureusement, les jointures de ses doigts devenant blanches et j'en compris la raison quand j'aperçus Peeves derrière lui, le poursuivant en le traîtant de fou. Le fantôme clamait d'une voix affreusement horripilant que « Potty était zinzin. »
Potter allait exploser, c'était visible à des kilomètres. D'un instant à l'autre il allait éclater. Je décidais alors d'intervenir, ne voulant pas assister à cela.
« Déguerpis Peeves ! » Lui intimai-je à la surprise du brun à lunettes.
Malheureusement l'esprit frappeur ne m'obéit pas. « Ne me force pas à appeler le Baron Sanglant, il serait ravi de rendre service à une Serpentard. »Susurrais-je sournoisement, sûre de ma victoire.
En effet il disparut instantanément au plus grand soulagement de Potter. Ce dernier me regarda, interdit et je coupais court à ses hésitations.
« Ce n'est pas la peine. »
Il bafouilla quelque chose qui ressemblait vaguement à un remerciement malgré ma déclaration précédente, en passant une main dans ses cheveux noirs décoiffés. Ce geste me rappela l'une des descriptions de James Potter par ma mère et je ressentis une vague de compassion pour lui en pensant qu'il avait perdu ses parents. Et que c'était peut-être mon père qui les avait tués...
Je hochais la tête et repris mon chemin sans plus de considération. Après tout, on m'avait « fortement déconseillée » de « traîner avec les Gryffondor ».
Il était 15h30 quand je m'assis enfin sur mon lit, les muscles comblés par l'exercice que j'avais fait, mais également douloureux. Ma tête également souffrait d'un mal de crâne dû aux tortures que je lui faisais faire continuellement, entre mes nombreuses interrogations et mes pensées fatigantes qui ne semblaient jamais prendre de pause.
Cassandra, qui se limait les ongles en lisant un épais bouquin sur son propre lit me demanda nonchalamment comme cela s'était passé et pour toute réponse, je haussai les épaules, répondant que ma place était en jeu et que je ne serais fixée qu'au prochain entraînement. Elle me sourit, me disant que j'avais déjà gagné et que toute l'équipe en avait conscience. Jamais le Capitaine n'aurait proposé cela s'il ne comptait pas me prendre. Nous discutâmes longtemps, parlant de tout et de rien, partageant nos différents points de vue sur plein de sujets, me changeant totalement les idées. Pour cela je lui fus reconnaissante et j'étais consciente qu'elle le savait également. Hypérion Malefoy loin de mes pensées, je pouvais reposer mon esprit. C'est apaisée que j'ouvris le Journal de Maman.
Merci à Clina qui m'a fait beaucoup sourire et rendue très contente de moi ;)
Merci à Picotti pour qui j'ai ajouté la partie avec Harry et Peeves pour que tu vois que Selena n'est pas si horriblement sans coeur qu'elle le prétend.
Et merci à Hatsuyuki pour sa review, ravie de voir que tu apprécies ! :)
J'espère que ce chapitre aura plut et à la semaine prochaine ! ...Dis donc, toi, oui toi ! Tu ne comptais quand même pas partir sans me dire ce que tu penses des réactions de Selena ? Non ? Ah tu me rassures !
