Chapitre 10
Il était passablement contrarié par l'arrivée de cette poignée de soldats saïyens sur la Terre. Il ne savait exactement dire pourquoi. D'abord, l'incident avec Bulma l'avait enragé. Cet abruti de troisième classe avait failli la tuer et l'état dans lequel il l'avait laissée n'était pas brillant. Au moins, il n'était pas allé au bout de sa lamentable entreprise. Il l'avait battu au point de le laisser pour mort.
Cet évènement avait entretenu, dans l'esprit des autres, le lustre du Prince. Mais leur docilité, leur obéissance et leur obséquiosité l'encombraient et l'agaçaient. Ils étaient une bonne dizaine. Le plus gradé, un officier, avait pris leur tête. Le seul avantage que Végéta tira de leur retour, fut d'obtenir des explications sur ce qui était arrivé après que Freezer eut envoyé ses hommes sur la Terre.
En réalité, sur Végitasei, tout le monde avait imaginé qu'ils avaient trouvé et éliminé le Prince. La communication avec la Terre avait été coupée sur un message si alarmant des officiers en poste auprès du Prince, que la conclusion avait vite été tirée. On avait juste envoyé cette petite troupe de dix hommes pour vérifier.
- Vous êtes des imbéciles de penser que les hommes de Freezer aurait pu m'éliminer si facilement, cracha Végéta en entendant le récit de son officier. Que s'est-il passé ensuite ?
- Ensuite, Altesse, nous n'avons pas compris, les canons de Freezer ont été activés et, nous sommes au regret de vous informer que notre planète… n'existe plus.
Végéta haussa les sourcils et se renfrogna.
- Alors Freezer doit être mort aussi ? maugréa-t-il simplement.
- Sûrement. Pour ce que nous en savons, ses lieutenants ont fini par fronder. Ils se déchirent entre eux maintenant.
Végéta croisa les bras. La nouvelle de la disparition de Vegitasei l'avait ébranlé quoiqu'il ne laissât rien paraître. Il n'avait pas vraiment réfléchi à cette option ces derniers mois. Dans le fond, il s'était trouvé heureux, débarrassé des contraintes de diriger tout un peuple guerrier et de faire face à un bourbier militaire sans fin; il n'avait eu à se focaliser que sur la perspective d'un combat unique contre Kakarott. Il avait pourtant bien soupçonné que sa désertion avait pu provoquer l'anéantissement de sa planète, surtout quand il s'était aperçu que Freezer n'avait envoyé personne pour venir le chercher. Maintenant que cette sinistre réalité était confirmée, il se surprenait à la regretter. Il n'avait rien fait pour l'empêcher, pour protéger ses sujets, il avait jeté l'éponge, étrangement fasciné par cette planète et ses habitants. Son officier lui parlait, il n'écoutait plus.
- Altesse ?
Il écarquilla les yeux et revint à la réalité.
- Que faisons-nous ? Nous attendons vos ordres. Doit-on s'installer sur cette planète ?
- Oui, faisons-ça, ordonna-t-il. Allez voir ce que vous trouvez. Les habitants sont assez faibles, mais riches. On devrait récupérer tout ce qu'il nous faut. S'il y avait d'autres survivants de notre race, il faudra sûrement aller les chercher. On verra ça plus tard.
L'officier saïyen sourit à ce discours. Comme Végéta s'en était douté, sa décision le ravissait.
- Et… Je vous laisse le commandement de tout ceci. Vous me ferez votre rapport. La mission est basique et ne m'intéresse pas, conclut le Prince.
Il dévisagea son sujet qui buvait ses paroles, avec une excitation à peine dissimulée. Un homme de son rang n'aurait jamais pu espérer l'honneur qu'il venait de lui concéder. Végéta lui fit signe de disparaître avec mépris.
Quand il fut à nouveau, et enfin, seul, il retourna vérifier l'état de Bulma. Il la trouva en boule au milieu du grand lit royal, qu'il s'était octroyé dès son arrivée sur Terre. Depuis qu'ils habitaient dans le Château, il avait gardé ses habitudes dans cette chambre confortable dont la qualité du matelas l'avait définitivement vaincu. Il s'avança sur le lit pour vérifier si elle dormait. Mais ses yeux étaient grands ouverts et se tournèrent vers lui. Sa joue était enflée mais son nez ne saignait plus. Sous les couvertures, elle était toujours enveloppée dans la nappe de la réserve.
- Comment tu vas ? Tu ne t'es pas rhabillée ? demanda-t-il.
- J'ai pas de vêtement ici, marmonna-t-elle.
Il détailla sa pommette meurtrie et faillit s'excuser pour la brutalité des siens mais aucun son ne sortit de sa bouche.
- Tes copains sont revenus, comme mes amis l'avaient prédit… lâcha-t-elle.
- Il semblerait. Il n'y en a pas beaucoup. Une dizaine.
Bulma sembla réfléchir.
- Est-il mort ? interrogea-t-elle subitement.
Il plissa les yeux.
- Qui ?
- Celui qui m'a fait ça. Tu l'as tué ?
Il fut un peu étonné de son ton avide. Il hocha la tête.
- Comment ? demanda-t-elle encore.
- Bulma, tu es sûre que ça va ?
Elle se releva et s'agenouilla devant lui, sans se soucier de sa nudité.
- Comment est-il mort ? Comment l'as-tu tué ?
Il ne put s'empêcher de regarder son corps. Il ne portait aucune trace de l'agression qu'elle avait subie. Il était tout simplement parfait à son goût. Elle ne prêtait pas attention à ça et le fixait implacablement, attendant sa réponse.
- Tu es sûre que tu veux savoir ? s'assura-t-il.
Elle saisit tranquillement sa tête entre ses mains et approcha ses lèvres à quelques centimètres des siennes.
- Je veux savoir, murmura-t-elle.
Il reprit son souffle imperceptiblement, pas très certain de garder le contrôle.
- Je l'ai battu à mort, jusqu'à… ce que sa tête soit totalement fracassée.
Bulma sourit et colla ses lèvres aux siennes, sa langue cherchant la sienne doucement. Il attrapa prudemment sa nuque encore bleue de sa tentative d'étranglement et lui rendit son baiser avant de l'allonger lentement sur le lit. Elle défaisait déjà son armure fébrilement. Il s'en débarrassa d'un geste habitué et s'étendit sur elle sans rompre leur baiser. Il fit courir sa main le long de son corps, qu'il lorgnait depuis si longtemps sans pouvoir l'approcher. Elle se cambra un peu et se rassit en le repoussant pour défaire lentement son uniforme. Il la laissa faire tandis qu'il réfrénait son désir brûlant d'accélérer le mouvement. Mais quand elle eut entièrement fini de le déshabiller il l'attrapa subitement et la coucha sur le dos.
Il passa ses lèvres sur son corps, s'enivrant de son odeur et de la douceur de sa peau. La respiration de Bulma se faisait plus bruyante déjà, et il percevait les réactions de son épiderme sur son passage. Il sentit qu'il ne pouvait plus attendre et écarta doucement ses cuisses pour se positionner.
Son introduction fut accueillie avec humidité. Quand elle cria, il comprit qu'elle avait attendu depuis, peut-être, aussi longtemps que lui, et cela lui procura un plaisir qu'il n'aurait pas imaginé. Il ne put tenir très longtemps. Il n'avait plus eu de femmes depuis son départ de Végitasei et elle l'avait insidieusement obsédé depuis plusieurs mois. Il se libéra dans une extase salutaire qu'il n'avait jamais connue, ressentant en miroir la jouissance de Bulma.
Quand il eut fini, il ne parvint pas à se décider à se retirer. Elle ne semblait pas incommodée et se contenta de l'étreindre en passant gentiment sa main dans ses cheveux. Finalement il l'embrassa à nouveau et se décala pour s'étendre à ses côtés. Elle ramena la couverture sur elle et se tourna contre lui, face à face. Il la regarda et passa un doigt sur sa joue enflée.
- Ca n'arrivera plus jamais, chuchota-t-il. Personne. Jamais.
Elle lui sourit et ferma les yeux, prête à s'endormir.
oooo0ooooo0oooo
