Je vous présente ce nouveau chapitre en espérant qu'il vous plaira.

Le dénouement approche, n'hesitez pas à continuer de laisser des commentaires

bonne lecture !

I WILL FOLLOW YOU : Chapitre 10

Je décidais de faire un sieste afin de calmer mon esprit travaillé.

A peine avais-je les yeux fermés que la lumière disparu, et tout s'assombrit. Mon esprit plongea dans un profond sommeil. Peu à peu, l'obscurité s'assoupit. De la fumée vint couvrir quelques brins de lumière. J'avançais d'un pas lourd et indécis. Mon cœur battait vite. Je ne comprenais pas ce qui se passait. J'avais mal au ventre, envie de vomir. Une boule à la gorge m'empêchait de parler. Et quand je vis l'image s'éclaircir devant moi, elle m'empêcha de crier. La voiture, englouti par le mur. L'avant de la voiture n'existait plus, sinon en petits morceaux éparpillés sur le sol. Mon deuxième moi, celui dans la voiture, ouvrit les yeux. Je voulu m'avancer, pour voir de plus près. Mais mes pieds étaient collés au sol. Je me débattais. Mon double était réveillé, mais pas Emma. Elle dormait toujours. Du sang dégoulinait sur son front, ses yeux, ses joues, ses lèvres, son cou. Non, ce n'était pas possible. Emma était vivante. Emma était bien là pourtant. La réalité était différente. Nous nous en étions sortis. Ce n'étais qu'un cauchemar. Mais je continuais à me débattre avec le sol pour libérer mes jambes et courir vers Emma;

- Emma ! Emma ! Réveille-toi Emma !

Je me réveillais en sursaut. A nouveau ces cauchemars. Ce qui était étrange était cette suite logique, cette continuité entre les cauchemars, mais également le fait que cet accident qui avait failli se produire, ne s'était pas produit. Alors pourquoi cette obsession ?

Finalement, contre l'avis d'Emma, je décidais de contacter cette médium.

- Allô ? Répondit une voix féminine.

- Bonjour, Mme Granny ?

- Oui c'est moi, que puis-je faire pour vous ?

- J'aimerais prendre rendez-vous...

- D'accord. C'est à quel propos ?

- Euh... Je pense que ma maison... comment dire... est hantée ?

- D'accord, je vois. Êtes-vous libre demain matin ? Vers... 10h ?

- Oui, demain 10h, c'est très bien.

- Parfait, je vais prendre votre nom et votre adresse.

- Regina Mills, au 28 chemin des pensées.

- Très bien c'est noté. A demain alors, Mme Mills.

Lendemain, 10h, on sonnait à la porte. J'avais prit soin de ne pas parler de cet entrevue avec Emma pour qui le sujet semblait sensible.

J'ouvris la porte pour y découvrir une femme d'une cinquantaine d'années, les cheveux blonds et blancs, environ 1m57, un pantalon en toile beige, une chemise blanche et une veste assortie au pantalon. Elle tenait par la main une mallette noir en cuire. Ses yeux bleus perçants me scannèrent toute entière et il devenait évident qu'elle savait à présent tout de moi.

- Bonjour, Mme Mills, me serra t-elle la main.

- Bonjour, je vous en prie, entrez, l'invitai-je en refermant la porte derrière elle.

La prétendue médium scruta chaque coin de la maison. Elle resta ainsi dans l'entrée pendant un moment à regarder tout au tour d'elle. Au bout d'un moment, ses yeux se posèrent à nouveau sur moi d'un air grave et désolé.

- Est-ce-que tout va bien ? Lui demandais-je inquiète.

- Pouvons-nous nous asseoir ? J'aimerais parler avec vous de la raison qui vous a poussé à m'appeler.

- Bien sûr...

Je la conduisis dans le salon où je la pria de se mettre à l'aise. Je partis faire du thé et revint dans la pièce où se trouvait Mme Granny. Elle avait une mine défaite et semblait ne pas être à l'aise. Elle hésitait à poser ses affaires sur le canapé, la table, ou le sol. Son visage, peint d'un ton grave, me donnait l'impression que j'avais eu raison de l'appeler.

- Et voilà le thé !

Elle prit sa tasse entre ses mains et huma l'infusion.

- Hum... ça sent bon, qu'est-ce-que c'est ?

- Un thé de Thaïlande, le santikirhi. C'est un thé fruité dont son nom signifie « colline de la paix ».

Elle sourit doucement.

- vous aimez la Thaïlande ?

- Oui, j'aime beaucoup !

Je me tourna vers le cadre photo posé près de moi et le lui tendit.

- Notre lune de miel. Nous sommes parties en Thaïlande pendant trois semaines. Ce fut mon plus beau voyage.

- J'en déduis que c'est votre femme que je vois sur cette photo, avec vous.

- Oui, tout à fait.

Elle resta pensive un instant et reprit :

- Alors, pourquoi m'avez-vous appelé ?

Je réfléchis quelques secondes, le temps que la méduim pose sa tasse de thé, et prit en main un carnet et un stylo.

- Eh bien, depuis un mois environ, il se passe des choses étranges.

- Hum hum... Comme quoi ?

- D'abord je fais des cauchemars. C'est un même rêve qui se prolonge. Ensuite, ma femme a changé de comportement, elle a comme... des absences et des amnésies. Elle ne se ressemble plus. Elle a froid alors qu'il fait chaud. Elle ne dort pratiquement plus. Nous avons perdu l'appétit et... récemment j'ai découvert que je perdais beaucoup mes cheveux et mes ongles sont très fragiles.

- Je vois. Et donc, vous pensez que cela a un lien avec votre femme, c'est ça ?

- Pas seulement, cela a l'air de me toucher également.

- C'est normal, puisqu'il s'agit de l'esprit de votre femme. Vous êtes la première concernée.

- Alors vous pensez que c'est elle le sujet principal ?

- Oui, c'est évident.

- Et elle serait hantée depuis combien de temps ?

- Eh bien, depuis sa mort, je dirais. Vous devez donc avoir la réponse.

Je restai perplexe. Pendant un bref instant, je me demandais si nous suivions la même conversation.

- Comment pourrai-je savoir quand cette personne est morte ? Est-ce-que je la connaissais ?

Elle ne répondit pas tout de suite.

- Pouvez-vous me dire exactement pourquoi je suis là ?

- Parce que je pense qu'un esprit nous hante, ma femme et moi.

- Votre... Femme ET vous ?

- Oui. Ce n'est pas ça ?

- Puis-je faire le tour de l'appartement ?

- Oui, allez-y.

Elle se leva et je lui emboîtais le pas. Elle posait beaucoup de question mais ne répondais pas vraiment aux miennes.

Après avoir fait le tour de chaque pièce, Mme Granny se rassit au salon.

- Il y a bien un esprit dans cette maison, Mme Mills.

- J'en étais sûr ! Je l'ai dit à Emma, mais elle n'a pas voulu me croire.

- Emma ?

- Oui, c'est ma femme.

- Quand lui avez-vous parlé pour la dernière fois ?

- Ce matin, pourquoi ?

- Vous lui parlez souvent ?

- Évidemment, nous vivons ensemble, on se voit tous les jours.

- Mais son comportement a changé, c'est ça ?

- Oui.

- Et ce, depuis votre accident ?

- Oui. Enfin, nous l'avons évité de justesse cette accident. Mais je crois que cela a marqué Emma. A partir de là, beaucoup de choses ont changé.

Je resta silencieuse. La médium ne parlait pas non plus. Elle relisait les notes qu'elle avait écrite depuis son arrivée. Et un détail m'échappait.

- Je ne vous ai pas parlé de ce jour où nous avons évité la voiture. Comment êtes-vous au courant ?

La femme prit une grande respiration. Elle posa son cahier et son stylo et prit mes mains entre les siennes.

- Mme Mills. Ce que j'ai a vous dire est extrêmement difficile... Voilà... Il y a bien un esprit dans cette maison. Il est perdu et apeuré. Il n'a pas l'air de bien comprendre ce qu'il lui arrive. Je crois que ses pensées sont très floues. Cet esprit va avoir besoin de vous afin de reposer en paix. Mais avant tout, ce que vous devez savoir, c'est qui est cet esprit.

Elle reprit une nouvelle fois une grande inspiration.

- Les cauchemars que vous faites, ils sont à propos de l'accident n'est-ce pas ?

- Oui, en réalité, nous avons eu beaucoup de chance. Mais dans mes rêves, l'accident a été très grave. Il ne me semble pas encore complet, mais Emma et moi sommes blessées et la voiture est écrasée contre le mur de la résidence.

- Mme Mills... Ceci n'est pas un rêve, c'est un souvenir.

- Un souvenir ? Qu'est-ce-que vous dites ?

- Le fait que vous l'ayez évité est un leurre que votre esprit a créée pour vous protéger. Dans cette accident, votre femme a perdu la vie... Je suis dés-

- Taisez-vous ! Comment osez-vous dire de telles horreurs ? Ma femme n'est pas morte. Elle va très bien. Je le saurais si elle était morte, vous ne croyez pas?

- Je comprends votre chagrin, il est impératif que-

- Mais taisez-vous ! Je n'ai aucun chagrin. Je vous ai fait venir car il me semblait qu'un esprit était ici, mais pas celui de ma femme. Ma femme est bien en vie.

- Non, c'est un leurre...

- Je vais vous le prouver. Ne bougez pas.

Je prie mon téléphone et composa le numéro d'Emma. La sonnerie retenti et j'en profitais pour le mettre en haut-parleur. Une voix survint alors. « Vous êtes bien sur le répondeur du- ». Je raccrocha.

- Elle est au travail. Je la rappellerai plus tard. Mais je peux vous assurer que ma femme est en vie.

- J'ai déjà rencontré des personnes dans votre cas. Vous pourriez peut-être venir à un groupe de parole que j'organise. Qu'en pensez-vous ?

- Sortez, ordonnais-je d'une voix calme. Partez, vous me répugnez.

Elle emballa ses affaires et partit sans rien ajouter.

Je repris mes esprits et quelques minutes après son départ je repris le téléphone et recomposa le numéro d'Emma. Les sonneries retentirent.