Hey~
Aujourd'hui je vous présente un petit texte sur Mani, mon premier d'ailleurs. Je l'ai écrit pour l'anniversaire de Mahyar donc certains l'ont peut-être déjà lu dans le recueil qu'a fait Myfanwi mais je le poste là parce que... Parce que.
En fait c'est la troisième partie de mon "entraînement au combat" mais j'en suis moins satisfaite, je me suis éloignée de mon objectif de base, j'ai changé le rythme, la longueur et le décor, ça veut pas dire que je n'en suis pas fière mais... meh, j'en referais peut-être un autre.
En tout cas, bonne lecture~
Et pour le soundtrack: Eh ben encore du BrunuhVillle avec Dance with the Dragons
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Les arbres défilaient à toute vitesse dans son champ de vision, sa cape battait ses flancs à chacun de ses bonds, accompagnée du cliquetis métallique produit par ses tresses.
Un sourire enfantin ornait le visage de Mani Le Double tandis qu'il fuyait à travers la forêt, esquivant aisément chaque branche, chaque racine sur son chemin, changeant de direction au dernier moment dans ce qui semblait un hasard complet. Il était confiant cependant, il connaissait la forêt et ses pièges par cœur, ce qui n'était visiblement pas le cas de ses poursuivants ; il entendit la chute d'au moins deux d'entre eux, sans compter ceux qui avaient été ralentis par les ronces dans lesquelles il les avait menés.
Il se dirigeait tranquillement vers la lisière des bois, tout en se permettant de multiples détours pour continuer à jouer avec eux.
Soudain il ralentit, presque imperceptiblement, et tendit l'oreille. Le bruit derrière lui avait diminué depuis quelques dizaines de mètres. Avait-il réussi à en semer d'autres ? Il entendit, plus loin devant lui, des pas lourds dans les fourrés. Il semblait qu'il les avait un peu sous-estimés. Peu importe, il gardait toujours une longueur d'avance. Sans se départir de son sourire, Mani se dirigea droit dans le piège que pensaient lui tendre ses poursuivants. Quelle chance, ils se trouvaient dans sa partie de la forêt préférée.
A l'instant où il vit leurs silhouettes à travers les buissons de ronces, et juste avant de se faire repérer, il sauta vers de hautes branches solides, s'aidant de son pouvoir pour les atteindre facilement. Il se dissimula dans les feuillages, retint sa respiration, s'arrêta de bouger, et ce fut comme si son existence s'effaçait. Il attendait, comptant mentalement les secondes qui s'écoulaient, aux aguets.
Il entendit les deux groupes se rejoindre, les feuilles craquant sous leurs pas. Il entendit l'un d'entre eux aboyer des ordres dans une langue qu'il ne connaissait pas, bien qu'il en devinait la teneur. Il les observa arpenter les alentours, frapper les fourrés de leurs lourdes masses d'armes, et couvrit son rire d'une main. Ils ne pensaient même pas à regarder au-dessus d'eux, alors qu'il leur aurait suffi de lever la tête pour apercevoir les bottes de l'elfe qui n'était pas si soigneusement caché dans les feuillages.
Lentement, les fourreaux attachés dans son dos et sur son torse s'ouvrirent, comme mus d'une volonté propre, et deux machettes à l'éclat enchanté en sortirent. Il attendit encore, regardant les individus se regrouper à quelques mètres de sa cachette. Ils étaient huit. Le plus dangereux était clairement leur chef, portant une armure de cuir épais en plus de sa large carrure. Il devait donc s'occuper de lui en premier, puis de celui qui tenait à bout de bras cette énorme masse ornée de pointes qu'il aurait aimé admirer dans d'autres circonstances.
Mani remarqua que la lumière commençait doucement à baisser dans la forêt. Il n'avait pas prévu d'y passer autant de temps, il s'était laissé prendre au jeu. L'une de ses machettes vint léviter à hauteur de son visage. Il expira longuement. Il était temps d'y aller.
La lame fusa à travers les arbres, si vite que personne ne put la voir, si vite que sa cible s'effondra sans même avoir pu se retourner. En un clin d'œil, presque littéralement, leur chef s'était retrouvé la gorge tranchée, émettant un son inarticulé avant de se noyer dans son propre sang. Aussitôt, l'agitation s'empara du groupe qui se mit à chercher d'où était arrivée l'attaque, mais à peine eurent-ils esquissé un pas qu'un autre de leurs compagnons tombait, touché par une arme identique, venue de la direction opposée. La panique les gagna, la discipline se brisa. Plus que six. L'un des individus, le plus petit, le moins assuré, arriva en regardant frénétiquement tout autour de lui, haletant, s'arrêta dos à l'arbre juste en-dessous de l'elfe. Mani agrippa de ses mains la branche sur laquelle il était accroupi avant de se laisser tomber en avant pour arriver face à face avec son adversaire, ses longues tresses noires se balançant sous lui. Il adressa un salut joyeux à celui dont les traits provoquèrent son hilarité due à l'étrange expression de surprise mêlée de peur qu'il voyait à l'envers, avant d'envoyer les pointes acérées attachées à ses cheveux vers lui. Encore cinq. Il retomba sur ses pieds d'un bond gracieux accompagné du froissement de sa cape et esquiva immédiatement la masse qui aurait dû s'abattre dans son dos. D'un geste que l'autre interpréta comme une provocation, il ramena l'une des machettes, encore maculée de sang, et la dirigea dans le dos de son ennemi qui hurla en sentant la lame s'enfoncer de moitié dans sa chair avant de tomber à genoux. Trois. Quoique celui-ci n'était pas encore mort bien qu'incapable de bouger au vu de la gravité de sa blessure. Mani prit son arme pour la jeter au loin, il valait mieux éviter toute surprise.
Durant le moment où il avait été concentré sur lui cependant, les trois derniers membres du groupe s'étaient rassemblés autour de lui et gardaient une position défensive en essayant d'arborer leurs regards les plus confiants et effrayants, sans doute pour se rassurer eux-mêmes. Mani n'en fut pas intimidé du moins, au contraire, son sourire s'élargit. Il fit revenir ses deux armes et les attrapa dans ses mains, ses tresses se mirent à léviter autour de lui, les lames pointées vers chacun des assaillants. Ils allaient pouvoir danser un peu.
L'elfe s'élança rapidement vers l'adversaire en face de lui pour asséner un coup en diagonale. Il essaya de parer mais Mani changea de rythme au dernier moment pour passer à travers sa garde et former une large et profonde entaille de l'épaule au milieu de la poitrine. Deux. Deux qui se jetèrent sur lui en même temps, dans une tentative désespérée. Mani exécuta une acrobatie parfaite pour s'éloigner d'eux, sa cape volant autour de lui pour accompagner ses mouvements fluides. Il jeta sa lame vers l'un d'eux, qui la para avec aisance, et se servit du moment d'inattention qu'il avait créé pour repartir à l'attaque, bondissant directement sur son adversaire pour le faire tomber et lui trancher la gorge. Il ne put cependant pas anticiper à temps le coup de masse qui lui arriva dans les côtes et l'envoya rouler un mètre plus loin, le souffle coupé. Il redressa aussitôt pour se mettre à genoux et regarda celui à l'origine de ce coup en reprenant sa respiration. Le dernier opposant qu'il restait. Il avançait vers lui à pas lents, une expression de rage déformant ses traits. Mani fit revenir ses armes à lui, prêt pour l'affrontement final. Il jeta une première lame pour se donner le temps de se remettre debout. Elle fut déviée par la masse mais l'elfe la rappela immédiatement à lui et lança l'autre, de la même manière. Néanmoins, à l'instant où son adversaire allait la frapper pour l'éloigner à nouveau, Mani en changea radicalement la direction pour venir lacérer le bras tenant l'arme. Lorsque son propriétaire cria de douleur, Mani se jeta sur lui en tenant son autre machette à deux mains et la planta profondément, jusqu'à la garde dans son torse. Le dernier corps tomba, dans un cri rendu muet, et Mani resta debout, ses lames à la main, contemplant la scène de bataille qu'il avait dominée.
C'était terminé. La nuit venait de tomber sur la forêt.
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Voilà !
J'ai bien aimé écrire sur Mani, je le trouve plus souple et plus dynamique à décrire. Je recommencerais sûrement du coup :3
En attendant, une petite review si ça vous a plu, si vous avez des conseils etc..
Et des bisous !
