Chapitre 10 :
Troisième Age- Mars 3019 :
Lothlorien- Caras Galadhon :
Tauriel fut réveillée en sursaut par le son d'un cor elfique. Un signal d'alarme. Un danger menaçait le palais. Elle se vêtit à la hâte et se dirigea en courant vers la salle du trône. Toute la cité était à présent en effervescence. Quand elle arriva enfin, elle put constater que Celeborn avait revêtu son armure de combat. Il avait natté ses cheveux en une tresse unique et Galadriel se tenait à ses côtés, comme toujours dans une robe fluide immaculée. Les pieds nus et le front paré d'une fine couronne d'argent, la dame de Lorien tenait dans ses mains l'épée de son époux. Elle la lui tendit et ce dernier l'inséra dans le fourreau fixé à sa taille. Le souverain leva ensuite les yeux vers la nouvelle arrivante.
-Les orques attaquent, lâcha-t-il sans préambule.
Tauriel se raidit et tourna la tête vers Galadriel.
-Je vais chercher mes dagues et mon arc. Je suis à votre service, rétorqua-t-elle sans hésiter.
Un des soldats prénommé Silian fit irruption dans la salle à son tour.
-Ils ont forcé la frontière Sud, Monseigneur ! Nous devons envoyer des renforts !
-J'y vais, déclara Celeborn.
Galadriel fit un pas pour le retenir par le bras et lui lança un regard implorant. Celeborn répondit en caressant tendrement du dos de la main la joue d'albâtre de sa femme, avant de s'élancer vers la porte de la salle. Tauriel s'inclina légèrement devant la dame de Lorien.
-Merci pour tout, fit-elle, avant d'emboiter le pas au seigneur de Caras Galadhon.
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Tauriel venait juste de traverser le fleuve Anduin. Son bras la faisait souffrir mais elle ne pouvait se permettre de ralentir l'allure maintenant. Elle sentait le sang couler jusque sur sa main et se pencha en avant pour murmurer quelques paroles d'encouragement à sa monture. Elle devait aller plus vite et rejoindre Mirkwood avant qu'il ne soit trop tard. Thranduil devait être prévenu. Une armée d'orques allait attaquer la Forêt Noire tout comme la Lothlorien. Les soldats de Celeborn avaient vaillamment repoussé l'assaut. Elle s'était battue à leurs côtés et avait pu avoir un aperçu des fabuleux pouvoirs de la dame de Lorien. S'attaquer à la toute puissante Galadriel n'était pas chose aisée et les troupes de Sauron avaient été mises en déroute. Un des orques captifs avait craché sa haine en trahissant les plans de son maître. Mirkwood était le prochain royaume elfique à conquérir sur la liste du serviteur de Morgoth. Le royaume sylvestre allait être frappé sur deux fronts à la fois. Une armée venant du Nord et une autre de l'Est. Tauriel devait absolument rejoindre le palais. Elle devait combattre aux côtés de son peuple…aux côtés de son roi.
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Son cheval était exténué et peinait désormais à avancer. Elle caressa l'encolure de l'animal avant de mettre pied à terre. Elle ne pouvait lui demander plus. Cela faisait deux jours entiers qu'ils galopaient en ne s'arrêtant guère plus qu'une heure ou deux. Elle avait dû faire un détour pour éviter les escadrons d'orques postés à Dol Guldur et elle rageait d'avoir perdu tout ce temps. Elle finirait le reste du chemin à pied en empruntant les raccourcis à travers les montagnes.
Presque à bout de souffle, elle arriva sur un pic rocheux surplombant toute la forêt. Elle porta son regard perçant vers le Nord et son sang se glaça instantanément dans ses veines. Elle pouvait nettement distinguer l'armée de trois mille orques qui avançait en rangs serrés en direction de la lisière de la forêt. Et à l'Est, les soldats de Sauron avait déjà commencé à brûler et déchiqueter les premiers arbres pour assurer leur progression jusqu'au palais de Thranduil. Ils avaient construit d'étranges machines munies de gigantesques lames. Des trolls des cavernes actionnaient le lourd mécanisme à l'arrière qui projetait ces faucilles d'acier vers l'avant, tranchant tout sur leur passage. Les jeunes plants étaient irrémédiablement décimés tandis que les grands chênes centenaires parvenaient encore à tenir tête aux cisailles meurtrières. Devant la robustesse de ces géants, plusieurs lames se brisaient, laissant pourtant des cicatrices béantes dans l'écorce et la sève. Hélas elles étaient immédiatement remplacées. La forêt résistait de toutes ses forces. Les larmes envahirent les yeux de Tauriel. Son cœur saignait à la vue de ces chers amis martyrisés de la sorte. Pourtant, les orques parvenaient à avancer, hurlant, brûlant quand les haches ne parvenaient pas à leurs fins. L'elfe s'élança en courant dans le sentier sachant pourtant qu'il était déjà trop tard.
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Forêt de Mirkwood :
-Monseigneur ! Les araignées attaquent par le sud ! hurla Aerandir.
-Allez aider Eldenor à les repousser ! ordonna Thranduil en essuyant d'un revers de la main les éclaboussures de sang noir qui maculaient sa joue gauche.
Une nouvelle vague d'orques fonça droit sur lui. Son épée continua à trancher et transpercer les carcasses hideuses et vociférantes de ses ennemis. Un de ses soldats s'écroula à ses pieds. Il pivota pour égorger deux assaillants. Ses gestes étaient précis et décisifs. Chaque coup porté faisait mouche. Pourtant, les orques arrivaient toujours plus nombreux. Les araignées, sous l'emprise de Sauron, s'étaient également jointes à la bataille. La majorité de la population sylvestre s'était réfugiée dans le palais in extremis. Les elfes étaient en infériorité numérique mais la forêt était leur domaine. Les orques, lourdauds et engoncés dans leurs armures n'étaient pas habitués à évoluer au milieu des arbres. Thranduil avait concentré tout son pouvoir à éveiller chaque recoin de Mirkwood. Les racines s'évertuaient à faire trébucher les orques, la mousse était devenue plus glissante, les branches s'abaissaient étrangement au moment où les soldats de Sauron voulaient s'élancer pour attaquer, les insectes piquaient, tourbillonnaient autour des têtes et les feuillages étaient devenus plus sombre pour camoufler les archers elfes positionnés dans les hautes cimes.
L'ombre et le soleil couchant étaient devenus à présent les alliés involontaires de Sauron. Les cris et les hurlements se réverbéraient sur chaque tronc et chaque pierre. Seul le rougeoiement des feux allumés par les orques éclairaient la portion de forêt dévastée, lieu des affrontements principaux. Les trolls avaient délaissé leurs postes derrière les faucheuses pour se joindre aux combats. Criblés de flèches elfiques, une des créatures vacilla dangereusement en direction du roi aux prises avec trois orques. Thranduil s'élança en arrière laissant ses adversaires se faire écraser sous le poids de la créature exhalant son dernier souffle.
Mais soudain, l'Eldar sentit une vive douleur à l'épaule gauche. Une petite hache venait de se planter dans la jointure de son armure. Par bonheur, l'alliage elfique avait fait son office et Thranduil retira l'arme avant de décapiter le responsable de cette infamie. Du sang coula pourtant le long de son plastron. Il eut soudain du mal à lever son bras. Qu'importe. Il lâcha la lame qu'il tenait dans sa main gauche, s'écarta pour esquiver deux assauts de lance et décapiter les adversaires suivants avec sa deuxième épée.
-Le roi est touché ! entendit-il hurler non loin de lui. Protégez le roi !
Aerandir, le visage maculé de sang et de suie, se tenait à présent à ses côtés. Thranduil n'eut pas le temps de lui répondre : ils furent tous deux balayés et projetés plusieurs mètres en arrière. Ils atterrirent sur des cadavres d'orques et d'elfes, tous deux sonnés par la violence du choc. Un autre troll venait de les frapper avec un tronc d'arbre déraciné.
La vision de Thranduil se troubla. Sa tête semblait prise dans un étau et sa poitrine le faisait souffrir atrocement. Il tenta de reprendre son souffle et se redressa péniblement pour constater qu'Aerandir gisait inconscient à ses côtés. Le troll fonçait droit sur eux à présent, prêt à finir son œuvre. Le roi jeta des regards désespérés autour de lui dans le but de retrouver son épée. Elle avait atterri à plusieurs mètres de lui. Inaccessible. La créature hideuse poussa un râle effrayant et se planta devant les deux elfes allongés. Elle leva le tronc d'arbre au-dessus de sa tête, prête à l'abattre à présent sur ses adversaires.
Soudain un cri de rage transperça l'ombre et la fumée. Un éclair de feu traversa le champ de vision du souverain. Le troll figea son mouvement quelques secondes avant de devoir mettre un genou à terre. Le poids du tronc d'arbre l'entraina vers l'arrière alors qu'il perdait peu à peu l'équilibre. Deux grandes entailles se mirent à saigner abondamment sur sa cuisse droite et son abdomen. Un deuxième cri retentit alors. Les poumons de Thranduil se remplirent d'air à nouveau alors qu'il aperçut la courageuse Tauriel sauter à présent sur les épaules du troll depuis les branches d'un arbre voisin et décocher trois flèches simultanément au travers de son crâne déformé. Elle s'élança ensuite dans les airs pour retomber indemne aux pieds du monstre qui titubait à présent et ne tarda pas à s'écrouler raide mort à ses pieds.
La femme elfe se retourna ensuite vers Thranduil et s'agenouilla près de lui.
-Monseigneur, haleta-t-elle, vous êtes blessé.
Le roi, visiblement surpris de voir son ancienne protégée, saisit la main tendue par la jeune elfe et se releva péniblement. Ils n'eurent pas le temps de reprendre leurs esprits qu'une dizaine d'orques fonçaient à nouveau sur eux. Thranduil s'élança pour récupérer son épée. Tauriel fit tournoyer ses dagues devant elle tout en se frayant un chemin vers le corps inerte de son ami. Elle tourna la tête pour constater que le roi avait, pour l'instant, le dessus sur les nouveaux assaillants. Elle s'accroupit auprès d'Aerandir et dégagea ses cheveux de son visage couvert de sang. Elle soupira de soulagement en constatant qu'il respirait encore. Autour d'elle, plusieurs soldats sylvestres arrivaient en renfort et formaient à présent un rempart protecteur. Elle saisit Aerandir sous les épaules et le tira à l'écart pour le mettre à l'abri derrière un rocher. Sa cuisse saignait énormément. Elle déchira un pan de son manteau et lui confectionna un pansement de fortune. Elle ne pouvait pas rester avec lui. Elle devait continuer à se battre. Bizarrement, ses pensées, en cet instant, furent pour Belwen. Aerandir ne pouvait pas mourir aujourd'hui. Elle ne voulait pas que son amie traverse les mêmes épreuves qu'elle : le deuil, la perte de son bienaimé, le vide et la douleur… Non, Aerandir ne mourrait pas aujourd'hui.
Tauriel resserra sa prise sur ses deux dagues elfiques et s'élança à nouveau au milieu de la clairière.
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Porte Noire- Nord du Mordor
Ils se retrouvèrent tous face aux gigantesques battants de la porte noire. A présent ouverte, elle vomissait un flot ininterrompu d'orques et de trolls vociférant et levant leurs armes en guise d'intimidation. Les soldats du Mordor se mirent à les encercler tout en restant à une centaine de mètres d'eux. Puis tout d'un coup, plus un bruit. Le temps sembla s'arrêter. Le silence ce fit étourdissant. Les cinq cents hommes du Gondor ne pesaient pas lourd face aux hordes du grand œil de feu toujours braqué sur eux. Bien. La diversion fonctionnait à merveille.
-Jamais je n'aurais pensé mourir au combat aux côtés d'un elfe, déclara Gimli.
-Et que pensez-vous de mourir aux côtés d'un ami ? lui sourit Legolas.
Gimli leva les yeux vers lui.
-Ah oui, ça, je peux le faire, répondit le nain en hochant la tête.
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Thranduil mit un genou à terre. Il parvint toutefois à esquiver la massue aux pointes acérées qui plongeait droit sur lui mais son épée resta bloquée sous le poids de l'arme enfoncée dans le sol. Le gobelin de trois mètres de haut lui asséna un coup de pied qu'il ne put hélas éviter. Sa lèvre inférieure se mit à saigner et un goût métallique se répandit dans sa bouche. Un goût depuis longtemps oublié…
Tauriel était aux prises avec une araignée. Ses bras semblaient à présent peser des tonnes. Mais elle força ses muscles à lui obéir encore et encore. Du coin de l'œil, elle aperçut le gobelin géant prêt à bondir sur le roi. Elle lança une de ses dagues dans sa direction et la créature fut fauchée en plein élan. Mais à présent il ne lui en restait plus qu'une. Elle évita de justesse l'aiguillon venimeux lancé vers son abdomen et planta sa deuxième dague entre les trois paires d'yeux. L'araignée s'ébroua et recula en direction des arbres en emportant l'arme de Tauriel. L'elfe se retrouva les mains vides au milieu du champ de bataille.
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-Tenez vos positions ! ordonna Aragorn. Tenez vos positions ! Fils du Gondor et du Rohan ! Mes frères ! Je lis dans vos yeux la même peur qui pourrait saisir mon cœur ! Un jour peut venir où le courage des hommes faillira ! Où nous abandonnerons nos amis et briserons tout lien, mais ce jour n'est pas arrivé ! Ce sera l'heure des loups et des boucliers fracassés, lorsque l'âge des hommes s'effondrera, mais ce jour n'est pas arrivé ! Aujourd'hui nous combattrons pour tout ce qui vous est cher sur cette bonne terre ! Je vous ordonne de tenir, hommes de l'Ouest !
Les soldats avancèrent tous d'un pas, le cœur en feu et le souffle court, galvanisés par les paroles de leur souverain. Ils tirèrent leurs épées et Aragorn put entendre mugir ses maigres troupes comme si ils étaient des milliers. Ils couraient tous à une mort certaine. Mais ils étaient tous, à présent, prêts à mourir pour défendre la Terre du Milieu. Et lui le premier.
Il descendit de son cheval et laissa l'animal s'enfuir. Aragorn se retourna alors vers ses hommes et afficha un sourire triste.
-Pour Frodon, déclara-t-il dans un souffle avant de saisir le manche de son épée à deux mains et de s'élancer en courant vers les rangs ennemis.
Merry et Pippin furent les premiers à le suivre, et bientôt, le reste de l'armée des hommes fonça vers son destin, tous unis derrière le roi du Gondor.
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Thranduil se releva et essuya sa bouche d'un revers de la main. Il constata avec horreur qu'il était à découvert. Son regard perçant distingua deux archers ennemis en train d'armer leur bras et viser dans sa direction. Rien autour de lui ne pouvait servir de bouclier.
L'ex-capitaine des gardes aperçut son souverain, debout, à une dizaine de mètres d'elle. Bizarrement, elle parvint à distinguer des ricanements au milieu des bruits d'épées entrechoquées et des rugissements. Deux orques armés chacun d'un arc s'apprêtaient à tirer sur le roi.
Thranduil se figea et le temps sembla l'imiter. Il distingua de façon limpide le sifflement des flèches fendant l'air et attendit l'impact. Instinctivement, il leva les bras en croix devant lui et ferma les yeux.
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Legolas trancha net la gorge de son adversaire. Il se retourna pour vérifier que Gimli était toujours debout. Le nain croisa son regard et lui adressa un sourire complice. Il n'était plus question de compter les ennemis vaincus aujourd'hui.
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Il devrait être mort en cet instant. Les deux traits de bois et de métal auraient dû déjà l'atteindre. Les orques n'étaient peut-être pas aussi habiles que les elfes dans l'art de manier l'arc mais ces deux-là n'étaient qu'à quelques dizaines de mètres et la cible, en l'occurrence lui, était des plus facile à atteindre. Thranduil abaissa les bras et ouvrit les yeux pour découvrir Tauriel, face à lui, le visage figé et les yeux braqués sur lui. Quelques secondes passèrent avant que le roi n'aperçoive un mince filet de sang couler au coin de bouche de la femme elfe. Elle lui adressa un étrange sourire, puis, comme au ralenti, il la vit partir vers l'avant et découvrit les deux flèches plantées dans son dos. Il eut juste le temps de s'élancer pour la rattraper et empêcher qu'elle ne s'effondre sur le sol.
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Les troupes d'Aragorn résistaient de toutes leurs forces mais bientôt les nazgûls firent leur apparition. Une des créatures montée par son maître allait plonger droit sur eux quand un cri perçant déchira le vacarme déjà étourdissant du choc des armes d'acier.
-Les aigles ! s'écria Pippin. Les aigles arrivent !
Les grands rapaces fondirent sans pitié sur les monstres ailés. Mais alors que les aigles prenaient le dessus, les nazgûls se replièrent tous en même temps vers la Montagne du Destin comme s'ils avaient reçu simultanément un mystérieux appel.
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Les soldats d'Aragorn faiblissaient. Le roi du Gondor s'écroula. Legolas vit son ami tituber et tenta vainement d'arriver jusqu'à lui. Une créature mi-troll mi-orque plaqua le rodeur au sol en écrasant son pied sur sa poitrine. Aragorn lui planta sa dague dans la cheville ce qui ne fit qu'accentuer la pression broyant ses côtes. Non loin de là, il entendit Legolas hurler son nom. La créature leva son épée, prête à lui trancher la tête quand, soudain, le grand œil de feu se mit à vibrer et un sifflement strident résonna dans toute la vallée. Un cri de rage et de détresse. L'œil hurlait de terreur. Les orques se figèrent instantanément et se retournèrent tous vers la tour de leur maitre. Devant les visages effarés des hommes, ils lâchèrent leurs armes et se mirent à fuir vers le Dagorlad, le plus loin possible de la porte noire. Ce fut alors que Barad Dur commença à vaciller et à s'effondrer.
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Une des flèches était fichée dans son épaule gauche et l'autre sous son omoplate droite. La deuxième avait dû toucher le poumon.
-Tauriel, murmura-t-il comme sous le choc, la jeune elfe toujours dans ses bras.
Il jeta ensuite un regard désespéré autour de lui. Les forces semblaient s'être inversées et l'armée elfique reprenait le dessus. Les deux archers venaient de périr des mains d'Eldenor.
-Monseigneur! Le soldat elfe se tint soudain auprès de lui et dévisagea tour à tour le roi et la fine silhouette ensanglantée qu'il reconnut comme étant son ex-capitaine.
Thranduil leva ses yeux d'azur vers le soldat.
-Monseigneur, vous n'êtes pas blessé ?
-Tauriel vient de me sauver la vie, répliqua le roi dans un souffle, comme s'il ne croyait pas encore lui-même aux mots qu'il venait de prononcer.
-Monseigneur, les soldats de Celeborn sont là… Ils sont venus nous aider…
Thranduil tourna la tête vers le sentier dévasté. Il put voir en effet plusieurs elfes de la Lorien faire irruption dans la clairière et se lancer dans la bataille.
Sans attendre, Thranduil arracha une à une les deux flèches plantées dans le dos de Tauriel et retourna la femme elfe pour la soulever et l'emporter dans ses bras en direction des arbres.
Il stoppa sa course quand le sol se mit à vibrer et constata que les orques étaient subitement frappés de stupeur. Il se passait quelque chose. Les elfes profitèrent de ce moment de flottement pour accentuer leur avantage. Bientôt, plus une seule créature de Sauron ne fut debout. A l'autre bout de la clairière, Celeborn reprenait son souffle et croisa au loin le regard de Thranduil portant toujours Tauriel dans ses bras. Le souverain sylvestre lui adressa un signe de tête que lui rendit le seigneur de Lorien. Ce fut alors que la douce voix de Galadriel chercha à pénétrer leur esprit. Ils fermèrent tous deux les yeux pour écouter le message de la dame blanche.
-Le porteur de l'anneau a réussi. L'anneau de pouvoir a été détruit. Sauron est vaincu.
A suivre…
