Tous les personnages et leur univers magique appartiennent à J.K. Rowling.
Bonne lecture !
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Chapitre 10 : La Prophétie
« -Merlin était le plus grand sorcier que le monde n'ait jamais connu, grâce à lui les sorciers, les hommes, toutes les créatures magiques vécurent une époque bénie. De son vivant, il apporta paix, amour et prospérité à tous les peuples. Il était respecté par tous les êtres, même ceux peuplant des contrées obscures. On raconte que dans ses derniers jours, alors que ses forces l'abandonnaient, Merlin eut une vision, il vit l'avenir des hommes et fut terrifié.
A l'aube du nouveau millénaire, un Mage Noir s'élèvera, personne ne sera à l'abri de sa cruauté. Le monde des hommes et le monde magique verront apparaître le règne des ténèbres sans pouvoir l'empêcher. La mort, la douleur, la peur deviendront le quotidien de chacun.
Merlin désespéré par ce qu'il vit souhaita une dernière fois aider ceux qu'il avait toujours aimé, toutes ces créatures qui avaient peuplé sa longue existence. On dit qu'il réunit ses dernières forces et qu'il les transmit à un sorcier qui lui était apparu en rêve.
A travers le temps et l'espace ma magie voyagera pour se mêler à celle de l'enfant nouveau-né. Au fil des ans, l'enfant développera un héritage magique puissant et mal connu par le monde de la magie. Une ancienne force oubliée sera éveillée. Avec cet enfant, je vous donne l'espoir. De son sang viendra la victoire du bien sur le mal, de la lumière sur les ténèbres, d'un Enfant sur le Mage Noir. »
-Je ne vois pas le rapport avec le cerf ? Demanda Lily quand Iréna eut terminé son récit.
-Peu de gens savent que Merlin était un animagus, il se transformait en cerf et déambulait dans la forêt de Dean. C'était le plus majestueux cerf qu'il n'ait jamais été donné de voir, il portait 5 bois sur la tête et avait un pied de devant blanc. Des gens égarés apercevaient une lueur ayant la forme de l'animal qui les guidait, si des brigands attaquaient des voyageurs, un cerf entouré d'un halo magique les faisait fuir. La rumeur courut que la forêt de Dean était hantée, mais aussi qu'elle protégeait les honnêtes gens. Les descendants de Merlin gardèrent jalousement la Prophétie, guettant l'arrivée de l'élu qu'ils savaient être de leur sang. Ils créèrent la Confrérie des Prophètes pour camoufler leur but premier.
-Donc, le cerf que j'ai vu serait un animagus ? S'étonna Lily.
-Je pense que c'est l'enfant que nous cherchons, avoua Iréna, enfin, il doit presque être adulte maintenant.
-Mademoiselle Evans, dit le Directeur, je pense que Mademoiselle Lawler a répondu à vos attentes.
-Oui, je vous remercie Mademoiselle, je vous promets que je garderai tout ceci pour moi.
-J'en suis sûre, j'ai confiance en vous. Et si jamais vous revoyez le cerf, dites-lui de venir me trouver, parlez-lui de la Prophétie, il a confiance en vous.
-Merci, au revoir, Mademoiselle, au revoir, Professeur.
Lily ouvrit la porte du bureau pour sortir, mais elle se retrouva nez à nez avec un sorcier qui semblait aussi âgé que le Professeur Dumbledore. Il portait une longue robe pourpre parsemée d'étoiles, un chapeau de la même couleur d'où s'échappait une épaisse chevelure blanche qui traînait presque par terre. Ses yeux étaient du même vert que ceux de Lily et elle put y lire la même gentillesse que dans ceux de son Directeur.
-Bonjour, Monsieur, le salua la Préfète avant de sortir.
-Charmante enfant, murmura l'homme en la regardant s'éloigner, puis il entra dans le bureau et referma la porte derrière lui.
-Charles, s'écria Iréna, je ne pensais pas vous voir ici ! Cela fait des semaines que vous ne nous avez pas donné de nouvelles !
-Bonjour Iréna, dit l'homme en la serrant dans ses bras, Albus, comment vas-tu mon ami ?
-Je vais très bien, Charles, je te remercie. Quel bon vent t'amène à Poudlard ?
-Je me demandais si tu allais bien. J'ai appris que tu avais invité mes trois vipères préférées en tes murs auprès d'innocents élèves !
-En réalité, c'était toi que je voulais voir, mais personne ne savait où te trouver, reprocha gentiment Dumbledore en lui faisant signe de s'asseoir.
-Elles ne t'ont pas trop importuné j'espère ? Elles sont parfois tellement insupportables que j'ai décidé de prendre des vacances loin de tout et surtout de ces trois pies !
-Il est beau le grand chef de la Confrérie ! Se moqua Iréna.
-Toi, par contre, tu m'as manqué, dit Charles d'un air penaud.
-Et bien, je vais voir si je peux vous pardonner, réfléchit la jeune femme tout en riant.
-Alors, mon cher Albus, quelle folie t'a poussé à monter ce petit stratagème pour m'obliger à interrompre mes vacances ?
-Je crois que le Professeur Dumbledore est très intéressé par LA Prophétie, confia Iréna.
-Comment peux-tu être au courant d'une chose que tu es censé ignorer ? Interrogea Charles.
-La Confrérie protège l'Elu, lâcha le Directeur, vous pensez que l'Elu est Iréna, n'est-ce pas ?
-Tu sais à quel point tu m'énerves ?! Pourquoi poses-tu la question si tu connais la réponse ?
-Calme-toi, Charles, j'étais plus ou moins au courant pour la Prophétie et tout le monde sait que la famille Crown est l'une des lignées la plus proche de Merlin. Iréna, malgré son jeune âge, a vite été intégrée à votre cercle très fermé, il n'était donc pas très dur d'en tirer des conclusions.
-Tu voulais me voir pour me dire ça ? S'étonna le sorcier.
-Que se passerait-il si vous vous trompiez ? Si Iréna n'était pas l'Elue ?
-Les signes parlent d'eux-mêmes, Iréna est l'Elue.
-Je ne le pense pas, affirma Dumbledore soudain très sérieux.
-Tu te trompes, Iréna a été éduquée pour recevoir cet héritage, elle …
-Il y a un cerf qui se promène dans la Forêt Interdite, coupa Iréna, un cerf qui ressemble à tous les portraits de Merlin sous sa forme animale.
Un silence pesant s'installa dans le bureau, le visage du chef de la Confrérie passa par divers sentiments : la surprise, la réflexion et finalement l'interrogation.
-Tu penses qu'il s'agit d'un animagus ? Demanda Charles. L'as-tu vu, Albus ?
-Je n'ai pas eu cette chance, mais la jeune fille que tu as croisé en entrant l'a rencontré à plusieurs reprises.
-Cela ne peut être qu'une coïncidence, imagines-tu un enfant capable de se transformer ? Ce serait de la folie ! C'est impossible !
-Il y a eu des faits étranges ces derniers temps, avoua Dumbledore en se levant pour aller caresser Fumseck, des faits qui m'ont fait penser à la Prophétie… Je me suis demandé si certains de mes élèves étaient capables d'accomplir une telle prouesse magique…
-Excusez-moi, Professeur, mais d'après les propos de Lily, elle l'a vu pour la première fois il y a 3 ans, admettons que l'élève soit en 7ème année actuellement, il est impensable qu'un 4ème année ait pu réussir à devenir un animagus ! Fit remarquer Iréna.
-J'y ai bien réfléchi, il est possible que poussé par l'envie d'aider un ami en détresse, de le soulager, une personne ait accompli des prouesses et qu'il y ait aidé ses amis à y parvenir aussi.
-Tu penses que certains de tes élèves sont des animagus non déclarés ?
-Plus j'y pense et plus je me dis que certains en seraient capables, je n'ose imaginer les risques qu'ils ont pris…
-Vas-tu te décider à me dire à qui tu penses ? S'impatienta Charles.
-Je pense qu'Iréna le sait, dit Albus en dévisageant la jeune femme.
-C'est étrange, mais j'ai toujours su au fond de moi que je n'étais pas l'Elue, révéla Iréna comme soulagée, j'ai toujours su que c'était lui.
-Lui ?
-Patience, Charles, demanda Albus, laisse-moi un peu de temps. Cela risque de changer la vie d'un étudiant auquel je tiens énormément. Iréna, pourriez-vous garder vos soupçons pour vous ?
-Bien sur, Professeur, mais n'oubliez pas que le temps nous manque.
-Je le sais, mon enfant, je le sais, mais tout ceci se passe à un très mauvais moment, j'ai peur que nous ne le détruisions plus qu'autre chose ! »
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James se sentait plus léger depuis qu'il avait fait une partie de Quidditch avec son père et ses amis. Son père était rentré chez eux et il priait pour qu'il ne parle pas de sa petite farce à sa mère, Célia Potter pouvait être effrayante lorsqu'elle était en colère. Le jeune Gryffondor soupira, il aurait le temps de s'en préoccuper plus tard, pour l'instant, il avait réussi à tromper la vigilance de ses deux gardes du corps et se rendait tranquillement vers la Tour d'Astronomie espérant bien y croiser quelqu'un… Il venait de s'engager dans un couloir sombre pour prendre un raccourci lorsqu'une ombre surgit et lui barra le passage.
« -Alors, Potter, on fait courir les vieilles dames ?
-Tu es jaloux Rogue ? Demanda James d'un ton moqueur.
-De toi ? Jamais ! S'indigna l'autre. Je…
-Chut ! Tais-toi ! Quelqu'un vient ! »
Le Gryffondor saisit la main du Serpentard et l'entraîna derrière une tapisserie, il donna le mot de passe et ils se retrouvèrent dans un tunnel obscur, James guida le vert et argent. Ils ne tardèrent pas à se retrouver à un autre étage. Après avoir vérifié l'absence d'élèves, ils entrèrent dans une salle de classe vide. Rogue verrouilla la porte, il était hors de question qu'on le trouve en compagnie d'un Gryffondor et surtout celui-là ! James alla s'asseoir sur le bureau du Professeur, alors que l'autre prenait place sur une chaise en face. Un silence gênant s'installa entre les deux élèves, ils avaient plus l'habitude des insultes que d'une conversation civilisée.
« -Comment vas-tu ? Demanda James. Tu me parais plus fatigué que la dernière fois.
-Il prépare quelque chose, murmura Séverus anxieux, je n'assiste pas à toutes leurs réunions, mais j'ai entendu dire qu'il était furieux de son échec.
Le Gryffondor pâlit, c'était la première fois que le Serpentard faisait référence à ce qui s'était passé. James frissonna, ainsi, ce n'était pas terminé.
-As-tu… As-tu entendu ce …
-Je ne sais pas ce qu'il prépare, mais si j'apprends quoique ce soit, tu le sauras.
-Merci.
-En attendant soit prudent.
-Toi aussi, Sév. »
James retint un sourire en voyant le jeune sorcier rougir, c'était la deuxième fois qu'il provoquait cet état juste avec un petit surnom. Il eut le sentiment que c'était la première fois que Séverus recevait autant de marques d'affection et cela l'attrista. Il se leva et alla s'asseoir sur le coin du bureau où se trouvait le Serpentard. James l'observa longuement, il put voir le malaise de son ami face à son regard. Sans un mot, le Gryffondor se rapprocha et l'obligea à se lever avant de le prendre dans ses bras, il le serra fortement contre lui, tentant de réchauffer son cœur blessé.
Le vert et argent fut dans un premier temps surpris par le comportement du Gryffondor, il ne savait que faire, ni comment réagir. Une douce chaleur réconfortante commença à l'envahir alors que l'autre sorcier resserrait son étreinte. Lentement, Rogue se détendit et se laissa aller dans ses bras rassurants. Séverus laissa sa tête reposer contre l'épaule du jeune Potter, puis, enhardit, il s'avança vers son cou. Ses lèvres touchaient presque la peau douce du jeune homme qu'il rêvait de goûter. A chaque respiration, il pouvait s'imprégner de son odeur à la fois douce et si masculine. Trop de sentiments se mêlaient en lui, il perdait pied, personne n'avait été aussi tendre avec lui, jamais il n'avait connu une telle étreinte. C'était la première fois en 17 années que Séverus Rogue se sentait aimé.
Doucement, Séverus rouvrit ses yeux qu'il avait fermés pour mieux savourer cet instant, ses lèvres remontèrent le long du cou de James, ne faisant que l'effleurer. Il s'arrêta à la hauteur des lèvres du rouge et or auquel il jeta un regard empli de questions, il ne croisa que douceur et amour. Alors ses lèvres vinrent effleurer celles de l'autre élève, il l'embrassa d'abord tendrement puis ne sentant pas de résistance, il voulut approfondir leur baiser. Son cœur s'emballa lorsque le jeune Potter entrouvrit ses lèvres l'invitant à découvrir la chaleur de sa bouche, sa langue vint à la rencontre de sa semblable et la caressa. Il enserra la taille du Gryffondor, le rapprochant un peu plus de lui. Il sentit les mains de James se poser sur ses épaules, délicatement, Cornedrue le repoussa. Un sentiment de panique et de honte s'empara du Serpentard qui venait de prendre conscience qu'il était allé trop loin. Ne sachant comment réagir, il recula et s'apprêta à prendre la fuite, mais une poigne ferme le retint. Il jeta un regard au jeune sorcier, ses yeux étaient toujours aussi doux, un léger sourire se dessinait sur son visage. D'un geste sûr, James le reprit dans ses bras.
« -Je serais toujours là pour toi, Sév, murmura James à son oreille, je serais ton ami, ton confident, ton frère si tu le souhaites, mais, je ne pourrais pas être ton amant.
-Je suis désolé, souffla le Serpentard.
-Il n'y a pas de quoi, tu en avais envie et quelque part je le désirais aussi, mais tu dois comprendre qu'il ne pourra jamais y avoir plus.
-A cause d'elle, lâcha Séverus avant de le regretter.
-Oui, je l'aime, mais elle ne sera jamais mienne, avoua le Gryffondor.
-Tu…
-Chut, Sév, laisse-toi aller, repose-toi. »
James se laissa tomber doucement sur le sol entraînant le vert et argent qui se blottit un peu plus dans son étreinte. Séverus réalisa alors à cet instant que James utilisait sa magie, elle les enveloppait tous deux. Grâce à elle, le rouge et or pénétrait ses défenses, il réussissait à réchauffer son cœur glacé, à lui donner de l'espoir. Plus les minutes passaient, plus il se sentait mieux, il était prêt à reprendre son masque pour essayer de rester en vie. Il allait retourner auprès du Maître, un nouvel espoir brillant dans son cœur, une force inconnue l'habitant. Dorénavant, il avait un but, sauver celui qui lui avait tendu la main malgré la blessure qu'il avait causée. Il se sentait prêt à défier le Maître lui-même si cela lui permettait de sauver le Gryffondor. A regret, il s'arracha à son étreinte chaude et aimante pour aller se perdre dans le froid et la douleur.
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Sirius s'étira, il se demanda un instant où il était. Il se souvenait de la partie de Quidditch avec Monsieur Potter, ensuite, ils étaient revenus à leur dortoir. James leur avait dit qu'il allait prendre un bain, Rémus et lui avaient décidé de l'attendre dans leur chambre. Après quelques minutes de silence, Rémus s'était levé pour prendre un livre et s'installer dans la petite salle commune des préfets. Sirius l'avait observé sans rien dire, lorsqu'il vit sa main sur la poignée de la porte, il s'était précipité vers lui et l'avait plaqué sans ménagement contre la porte pour l'embrasser. Il l'entendit grogner et il ne sut si c'était de douleur ou de plaisir, les bras qui se refermèrent autour de son cou le rassurèrent. D'un commun accord, ils retournèrent s'installer sur son lit, leurs lèvres ne se quittant que pour leur permettre de reprendre leur souffle. Ils ne parlèrent pas, profitant du fait qu'ils étaient enfin seuls et à l'abri des regards.
Sirius regarda tendrement le jeune homme qui dormait, allongé à ses côtés, il caressa doucement sa joue. Il savait qu'il avait des sentiments pour le sorcier, il aimait Rémus, il en était certain, mais il aimait aussi James, comment savoir s'il ne faisait pas fausse route ? Il ne voulait pas être avec le Préfet par dépit, Rémus méritait d'être aimé sincèrement. Que devait-il faire ? Il sourit en repensant à leur petit tête à tête, il ne savait si c'était l'approche de la pleine lune, mais il ne pensait pas que le timide Lunard pouvait être aussi entreprenant ! La pleine lune était ce soir, le sorcier qu'il aimait allait disparaître pour laisser place à une bête dangereuse… Cette idée lui brisa le cœur, non, décidément, Rémus souffrait suffisamment sans qu'il en rajoute une couche.
« -Tu as l'air bien sérieux, observa Rémus.
-Tu es réveillé depuis longtemps ?
-Quelques minutes, à quoi pensais-tu ?
-Depuis combien de temps on est là ? Demanda soudain Patmol.
-James ! S'écria Rémus en sautant du lit et en remettant de l'ordre dans sa tenue. »
Sirius attrapa la Carte et après avoir jeté un coup d'œil sortit en courant tout en maugréant des insultes, Rémus sur ses talons.
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James avait attendu quelques minutes avant de sortir de la salle de classe, laissant Séverus s'en aller en premier. Il se sentait fatigué et il avait froid. Il avait utilisé pas mal de magie, mais cela en valait la peine, Séverus était en train de perdre espoir. Il l'avait aidé du mieux qu'il pouvait et il souhaitait de tout cœur que cela soit suffisant. Il n'avait fait que quelques pas, mais il du s'arrêter sentant un vertige le gagner, il s'adossa au mur attendant que son malaise passe. C'est alors qu'il vit arriver Sirius qui courrait comme s'il avait le diable aux fesses. Aussitôt, son ami le prit dans ses bras, il eut juste le temps de voir arriver Rémus.
« -Sirius, tu m'étouffes ! S'écria James.
-Tu vas bien ? S'inquiéta ce dernier.
-Oui, je suis juste un peu fatigué.
-Tu es pâle, remarqua Rémus.
-Il t'a attaqué ? Demanda Patmol.
-Attaqué ? Répéta James abasourdi. Qui m'a attaqué ?
-Servilus! Il était avec toi, je vous ai vu sur la Carte !
James pesta contre sa négligence, il aurait du penser à emporter cette satanée Carte !
-On s'est juste croisé et à part quelques propos, il ne s'est rien passé ! Assura Cornedrue.
-Mais, tu es dans un sale état, protesta Sirius.
-Je suis juste fatigué, assura James, quelques heures de sommeil et je serais en pleine forme. Si tu dois t'inquiéter pour quelqu'un, préoccupe-toi plutôt de Rémus ! Nous ne serons que tous les deux pour lui tenir compagnie ce soir !
-Non, il est hors de question que tu viennes ! Tu es beaucoup trop faible, déclara Lunard.
-Comme je viens de le dire, une ou deux heures de sommeil et je serais en pleine forme. C'est sûr que si on reste ici à se disputer bêtement, je ne pourrais pas me reposer !
-Très bien, lâcha Sirius visiblement mécontent, Rémus va te raccompagner, moi, j'ai besoin de prendre l'air.
-Sirius ! L'appela James alors que ce dernier partait.
-Laisse-le, il va se calmer, conseilla Lunard, il a eu peur qu'il t'arrive quelque chose. Allez, viens. »
Rémus passa un bras autour de la taille de son ami pour le soutenir et ils reprirent le chemin du dortoir. Lunard regarda James s'allonger, il le recouvrit avec une couverture avant de s'asseoir pour lire. Ne pouvant se concentrer sur sa lecture, il se leva et marcha jusqu'à la fenêtre, son regard se perdit dans le ciel où le soleil n'allait pas tarder à se coucher. Ce soir ce serait la pleine lune et il appréhendait, quoi qu'il en dise, James n'était pas en état de venir. Il se sentait égoïste car il voulait les savoir auprès de lui, ses transformations étaient toujours douloureuses, avoir ses amis à ses côtés était d'un grand réconfort pour lui. Il soupira et retourna s'asseoir près du lit de James.
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Sirius donna un violent coup de pied dans un caillou qui atterrit avec un plouf sonore dans le lac. Il se laissa tomber dans l'herbe. Pourquoi James lui mentait-il ? Il avait clairement vu sur la Carte que Servilus était avec lui ! Chaque fois que James Potter et Séverus Rogue se trouvaient dans un endroit sans professeurs cela se terminait toujours par des sorts lancés, c'étaient aussi sûr que 1 et 1 font 2 ! Alors pourquoi ce changement ? Maintenant qu'il y pensait, James l'avait bien empêché de se bagarrer avec le Serpentard ce matin. Pourquoi Cornedrue refusait-il de s'en prendre à ce sale serpent ?! En plus, Lily n'était même pas là, cela ne pouvait être à cause d'elle ! A moins que… James avait dit que les Mangemorts étaient sûrement à l'école, se pourrait-il… ? Oui, c'était sûrement ça ! James ne leur avait pas tout dit, il avait reconnu au moins un de ses agresseurs ! Rogue ! Comment avait-il osé s'en prendre à James ? Comment avait-il pu détruire de la sorte son ami ? Oui, tout était clair maintenant, James avait peur de Servilus à cause de ce qu'il lui avait fait ! Une rage sourde s'empara de Sirius, ses yeux s'assombrirent alors qu'une vengeance prenait forme dans son esprit. Rogue allait payer très cher ! Il pensa à Rémus, mais il était certain que son ami comprendrait pourquoi il avait fait ça. Maintenant que sa décision était prise, il devait trouver un moyen pour que Servilus se rendent à la Cabane Hurlante ce soir…
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James se réveilla en sursaut, il s'assit dans son lit et jura copieusement lorsqu'il se rendit compte qu'il faisait nuit, Rémus n'allait pas tarder à se transformer ! Il se dépêcha de se lever et d'enfiler ses chaussures ainsi que sa cape. Au moment où il soulevait cette dernière, un parchemin glissa. Il reconnut l'écriture de Rémus lui disant de rester au lit que tout irait bien. Il froissa le bout de papier tout en maugréant avant de sortir en courant pour rejoindre au plus vite le Saule Cogneur. Il était tellement préoccupé qu'en tournant au coin d'un couloir il fonça dans une personne, il se redressa légèrement pour voir sur qui il avait atterri, il reconnut Lily qui grimaçait de douleur.
« -Ca va ? Demanda-t-il inquiet sans se soucier du fait qu'il l'écrasait toujours avec son corps.
-Ca va, répondit-elle, je vais juste avoir une belle bosse demain.
James se pencha et examina la tête de la sorcière qui avait heurté le sol lors de leur chute, il sentait déjà une bosse en train de se former.
-Je suis désolé, murmura James tout en se perdant dans son regard émeraude où il ne vit aucune trace de colère.
-C'est rien, répondit la jeune fille, par contre, j'ai un peu de mal à respirer.
-Tu es blessée ? Demanda le sorcier en ne quittant pas ses yeux.
-Non, souffla Lily qui rougit en le voyant mordre sa lèvre inférieure alors qu'il fixait ardemment les siennes, mais, James, tu es un peu lourd.
-Oh, pardon ! Fit ce dernier en se relevant précipitamment.
-C'est rien, James, tout va bien.
-Tu es sûre ? Tu ne veux pas que je t'accompagne à l'infirmerie ? Parce que tu sais un coup à la tête ça…
-Tais-toi, Potter ! Ordonna Lily.
James la dévisagea surpris plus par le ton étrange de la voix de la jeune fille que par l'ordre qu'il venait de recevoir. Avec stupéfaction, il vit la belle rousse s'approcher de lui, elle posa ses mains sur son torse puis doucement elle se hissa sur ses pieds avant de déposer un léger baiser sur ses lèvres. Il mit quelques secondes à réaliser ce qui se passait. Alors qu'elle se reculait, il l'enferma dans ses bras et accentua leur baiser. Ils se séparèrent à bout de souffle, leurs joues rougies, les yeux brillants.
-Je suis désolé, Lily, dit-il d'un ton rauque, mais je suis pressé.
-Ce n'est pas grave, je t'attendrais, prends ton temps, assura la jeune fille avant qu'il ne l'embrasse, ne pouvant résister à la douceur de ses lèvres.
-Il faut vraiment que j'y aille, assura-t-il en déposant un nouveau baiser rapide. Il faudra aussi que l'on discute…
James se tut lorsqu'il aperçut une personne qui était en train de passer discrètement à l'autre bout du couloir.
-Sirius ! Appela-t-il. Merde ! Qu'est-ce que tu fous là ?
-Fais comme si tu ne m'avais pas vu et continue avec la belle rousse, pria le jeune Black en prenant ses jambes à son cou.
-Accio Sirius Black ! Cria James qui entendit son ami pousser un juron avant qu'il ne vienne se poser plus ou moins délicatement à ses pieds. Je répète : que fais-tu ici ?
-Ne t'énerve pas, James. Tout va bientôt être terminé.
-Je comprends rien ! S'exclama Cornedrue. Qu'est-ce qui va être terminé ?
-Je t'ai vengé.
-Tu m'as vengé ? Répéta son ami. Vengé ? Mais…
-J'ai compris pourquoi tu ne cherchais plus l'affrontement avec lui, il était avec eux et tu as peur qu'il s'en prenne de nouveau à toi. Ne te fais plus de soucis à partir de ce soir, tu n'auras plus à te méfier de lui.
-Putain, Sirius ! Cria James en colère tout en saisissant son ami par le col de sa chemise pour le plaquer violemment contre le mur. Qu'as-tu fait ? C'est de Rogue dont tu parles ?
-Lâche-moi ! Il n'a eu que ce qu'il méritait !
-Où est-il ? Hurla son ami.
-…
-Tu n'as pas osé ? Demanda soudain James d'une voix blanche tout en le lâchant. Tu n'as pas osé l'envoyer… ?
-…
-C'est pas vrai ! Tu as pensé à Rémus ? Mais quel crétin ! »
James s'élança sans un mot de plus. Il se mit à courir aussi vite que possible, il devait rattraper Séverus avant qu'il n'atteigne la Cabane Hurlante, sinon… Il frissonna et accéléra encore plus ses foulées. Il avait du mal à respirer, un point de côté lui tiraillait le ventre, mais il s'interdit de réduire sa cadence, ils étaient en danger ! Séverus ne saurait pas se défendre, quant à Rémus jamais il ne se pardonnerait d'avoir blessé quelqu'un. Il arriva enfin au Saule Cogneur qu'il se dépêcha de paralyser avant de s'engouffrer dans le passage secret caché sous ce dernier. Il avait l'impression que son cœur allait sortir de sa poitrine tellement il battait fort. Il était en train de grimper les escaliers lorsqu'il entendit un rugissement suivit d'un cri. Il se précipita dans la pièce, le loup-garou se dirigeait vers une forme recroquevillée dans un coin. Sans réfléchir, James se jeta entre eux. Le loup grogna à sa vue.
« -Du calme, murmura James, c'est moi, Rémus, c'est Cornedrue.
Le loup stoppa ses mouvements, son regard doré se mêlant à celui noisette du Maraudeur.
-Ne me dis pas que c'est Lupin ! Hurla une voix derrière lui.
-Ta gueule Sév ! Maugréa le Gryffondor. »
Seulement, il était trop tard, James avait perdu le contact, le loup était de nouveau plus intéressé par le Serpentard que par lui. Le jeune Potter recula pour protéger avec son corps Séverus, provoquant une hésitation chez l'animal. James continua de murmurer des paroles douces au loup, tentant de réveiller la part de Rémus qui dormait en lui. Il se détourna quelques secondes pour jeter un regard noir au vert et argent qui ne cessait de marmonner dans sa barbe tout en maudissant ces stupides Gryffondors, ce Directeur inconscient, apprivoiser une bête sauvage... Séverus sembla reprendre un peu ses esprits lorsqu'il croisa le regard de James. Le loup était étonnement calme et Séverus paraissant avoir reconnecté ses neurones, le Gryffondor décida qu'il était temps de tenter une sortie. Lentement, il fit signe au Serpentard de se lever et de se diriger vers la porte, Cornedrue continuait à occuper le loup. Dès que Sév serait hors de vue, il pourrait se transformer et rester sans danger auprès de Rémus. Il jeta un coup d'œil au vert et argent qui atteignait enfin la porte, malheureusement, il marcha sur un bout de bois qui craqua sous son poids. Aussitôt le loup se retourna et le fixa d'un air mauvais, il poussa un grognement menaçant avant de s'élancer sur Séverus toutes griffes dehors.
Le jeune sorcier poussa un cri de terreur en voyant le loup arriver sur lui et ferma les yeux attendant la mort… Il attendit… mais rien ne vint. Il rouvrit ses paupières et faillit tourner de l'œil en voyant James Potter se battre avec le loup-garou, tentant de le maîtriser par tous les moyens sans le blesser, des sorts fusaient sans effet, il essaya de l'assommer, mais n'y parvint pas. Rogue se figea en voyant du sang s'écouler le long de la poitrine du rouge et or, sa chemise était en lambeaux et on pouvait apercevoir les sillons rouges causés par les coups de griffes. Séverus réalisa alors que James avait été blessé en le protégeant. Il n'eut pas le temps de s'éterniser plus longtemps sur ses blessures, le rouge et or se retrouvait acculé dans un coin et sa baguette venait de voler à plusieurs mètres de lui. Se souvenant à cet instant qu'il était lui aussi un sorcier, il sortit sa baguette. Contrairement à James, ça ne le dérangeait pas de blesser Lupin !
Le loup-garou évita le sort au dernier moment et se dirigea en grognant vers lui, Séverus évita l'attaque, mais sa jambe passa à travers le plancher fragile de la vieille cabane. Il vit avec horreur le loup venir vers lui la gueule grande ouverte, il allait mourir… Pour la seconde fois de la soirée la mort ne vint pas. Devant lui, un magnifique cerf tenait en respect le loup malgré la morsure qui saignait abondamment sur son flanc. Rogue réussit enfin à se dégager, le loup était occupé c'était le moment d'en profiter, il allait rejoindre Potter et ils allaient sortir d'ici ! Il regarda autour de lui, son cœur se figea, il ne voyait pas cet idiot de Gryffondor ! Il n'eut pas le temps de réfléchir plus longtemps, il fut violemment projeter contre un mur et perdit connaissance.
James s'en voulut aussitôt lorsqu'il vit Rogue perdre connaissance, il l'avait projeté un peu trop fort hors de la portée de Rémus. Le jeune Potter repoussa une nouvelle fois son ami à l'aide de ses bois, d'un mouvement de patte il le frappa. Cornedrue sentait la magie qui était en lui bouillonner, il avait du mal à la maîtriser, mais il le devait, il ne voulait pas blesser Lunard. Son combat, aussi bien contre le loup que contre sa magie, commençait à venir à bout de ses forces. Il allait bientôt perdre contre l'un ou l'autre. Dans un dernier effort, il s'élança sur Rémus et réussit enfin à lui assener plusieurs coups de sabots sur la tête, le loup s'effondra inconscient. James se laissa glisser sur le plancher poussiéreux tout en reprenant sa forme humaine. Il réunit ses forces et péniblement il se dirigea vers Sév. Il hissa le jeune homme inerte sur ses épaules et entreprit de sortir de la cabane, il ne savait pas combien de temps Rémus resterait évanouit.
Le chemin ne lui avait jamais paru aussi long. Il tenait à peine debout pourtant il devait y arriver, il devait mettre Sév en sécurité, tout cela était uniquement de sa faute ! Il n'aurait jamais du mentir à ses amis, s'il leur avait dit ce que Séverus avait fait pour lui, jamais Sirius n'aurait commis cette folie ! Un vent frais vint rafraîchir le visage de Cornedrue, il sourit, ils approchaient de la sortie. Le jeune sorcier fit quelques pas pour qu'ils soient hors d'atteinte du Saule Cogneur avant de s'effondrer dans l'herbe. Il sentait le poids du Serpentard sur son dos, il l'empêchait de respirer, il essaya de le déloger, mais il arrivait à peine à bouger. Tout devenait flou autour de lui, il lui sembla distinguer des formes, des cris. Soudain, le poids qui l'encombrait disparut, il respirait mieux. Une main se posa sur sa joue, il entrevit de longs cheveux roux avant de perdre connaissance à son tour.
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James entrouvrit un œil qu'il referma aussitôt, la clarté du jour l'aveuglait. Il attendit quelques minutes avant de refaire un essai. Tout était flou autour de lui, mais il avait suffisamment séjourné à l'infirmerie pour la reconnaître même sans ses lunettes. Il tendit sa main pour essayer de les attraper sur la table de nuit où Madame Pomfresh les posait généralement, mais avant qu'il ne puisse s'en saisir une forme noire se jeta sur lui et le serra à l'étouffer.
« -Putain, Sirius, maugréa le jeune homme, ça devient une habitude pour toi de vouloir m'étrangler !
-Désolé, mais j'ai eu tellement peur ! Tu étais couvert de sang !
-Peux plus … respirer… Lâche-moi … sale cabot !
-Arrête, Black, intervint Rémus tout en lui faisant lâcher prise, tu es en train de l'étouffer !
Sirius se recula tout en affichant un air désolé, Rémus prit James dans ses bras, puis il lui donna ses lunettes.
-Je suis désolé, dit Rémus en baissant la tête. Je m'en veux tellement de t'avoir blessé.
-Tu n'y es pour rien, Lunard, ce n'était pas toi, assura James. Je suis désolé de t'avoir frappé, comment va ta tête ?
-Ca va, j'ai juste eu un peu mal au crâne pendant deux jours, confia le Préfet.
-Pardon.
-Non, ne t'excuse pas, je n'ose même pas imaginer ce qui se serait passé si tu ne l'avais pas fait.
-Attends, tu as bien deux jours ? S'écria Cornedrue. Je suis là depuis combien de temps ?
-Cela va faire trois jours que tu es à l'infirmerie. Tu avais perdu beaucoup de sang, expliqua Lunard, tout le monde était très inquiet, personne n'imaginait que tu te réveillerais aussi vite.
-Et Séverus ? Demanda-t-il avec anxiété.
-Il va bien, grâce à toi, le rassura Rémus, il était surtout choqué. Il est sorti de l'infirmerie il y a deux jours. Dumbledore lui a fait jurer de ne pas parler à qui que ce soit de ce qui s'était passé.
James ferma les yeux soulagé que tout se termine bien, personne n'avait été blessé. Il n'osait imaginer ce qui se serait produit s'il n'avait pas croisé Sirius… Tout à coup, une colère sourde l'envahit.
-Par Merlin, Sirius ! S'écria-t-il. Mais qu'est ce qui t'es passé par la tête ?! Ca ne t'arrive jamais de réfléchir, espèce de crétin !
-Je suis désolé, murmura le jeune homme tout en fixant ses chaussures.
-On aurait pu mourir ! Séverus aurait pu mourir ! Et tu as pensé à Rémus ? Tu voulais faire de lui un meurtrier ?! Si c'est comme ça que tu traites tes amis, que réserves-tu pour tes ennemis ?
-Pardon, supplia le jeune Black en retenant des sanglots, je t'en prie pardonne-moi.
-Sirius, soupira James qui regrettait déjà de s'être emporté.
-Je suis vraiment désolé, répéta le jeune homme, je dois y aller… Je suis heureux que tu sois réveillé et que tu ailles bien.
Les deux Gryffondors regardèrent leur ami sortir de l'infirmerie en traînant des pieds, la tête basse, les épaules voutées. James se tourna vers Rémus, les yeux de ce dernier trahissaient sa tristesse et sa colère.
-Il n'a pas réfléchi, dit James en lui prenant la main, il était aveuglé par la colère et n'a pas pensé aux conséquences de ses actes. Essais de lui pardonner, je t'en prie.
-Je ne peux pas James, pas pour le moment, j'ai trop mal…
-Où est-il allé ?
-Au conseil de discipline, il va être renvoyé, murmura Rémus en détournant les yeux.
-Quoi ?! S'exclama James en se levant.
-Tu dois rester allongé ! Tu es trop faible !
-Je dois y aller !
-Pomfresh s'est absentée, mais je la rappelle si tu ne te recouches pas immédiatement !
-Ils ne peuvent pas le renvoyer, s'insurgea le jeune Potter en l'ignorant et en titubant jusqu'à la robe de chambre posée sur une chaise, on doit les en empêcher ! Tu viens ?
-Je ne peux pas t'empêcher d'y aller, dit Rémus d'un ton résigné, mais je n'irais pas.
-Ils vont le renvoyer !
-Ce n'est plus mon affaire.
-Merde ! Vous êtes vraiment deux cons ! Cria Cornedrue tout en se dirigeant vers la porte. »
James pesta contre ses deux amis qui étaient de belles têtes de mules tout en tentant de se rendre au bureau du Directeur. Il avançait péniblement et s'accrochait aux murs pour ne pas s'effondrer lamentablement par terre. La colère semblait lui donner de forces et il put atteindre le couloir qui menait à la gargouille qui gardait l'accès au bureau de Dumbledore. Il serra les dents et continua à avancer bien que cela soit de plus en plus dur pour lui. Il allait chuter quand un bras vint le soutenir. Il se tourna et rencontra deux prunelles dorées.
« -Et tu oses dire que je suis têtu ? Maugréa Rémus avec un sourire. »
Le Préfet aida son ami à avancer. Ils donnèrent le mot de passe à la gargouille qui les laissa rejoindre le bureau. Ils frappèrent et furent invités à entrer. Dumbledore ne sembla pas très surpris de les voir. Le Professeur Mac Gonagall poussa de grands cris en voyant l'état de James, elle voulut le conduire à l'infirmerie mais ce dernier résista et alla s'asseoir près de Sirius. Rémus prit place derrière son ami, guettant le moindre signe de faiblesse. Cornedrue regarda les personnes présentes dans la pièce, il vit quelques professeurs ainsi que Lily et Séverus. Un peu en retrait se tenaient Iréna et un homme qu'il ne connaissait pas, sa cousine lui sourit.
« -Professeur, commença James en fixant Dumbledore, ne renvoyez pas Sirius, s'il vous plaît. Je ne minimise pas ce qu'il a fait, j'ai conscience que sa stupidité aurait pu coûter des vies, mais il était aveuglé par ses sentiments, il ne pensait qu'à me protéger.
-Monsieur Rogue est-il une telle menace pour vous ? Demanda le Professeur Slughorn, James fut étonné de le voir, il devait être rentré lors de son petit séjour à l'infirmerie. Il me semble me souvenir que c'est plutôt le contraire ?
-Professeur, Sirius mérite d'être puni, mais je vous en prie, il serait injuste de le renvoyer.
-Il a voulu me tuer ! S'emporta Rogue. C'est un assassin !
-Tout le monde a droit à une seconde chance Séverus ! Répliqua James. Personne n'est à l'abri d'un mauvais choix, un choix qui pourrait blesser cruellement voire tuer des personnes !
Le vert et argent sembla se calmer, Cornedrue voulait qu'il comprenne et qu'il pardonne comme lui l'avait fait.
-Monsieur Black a malheureusement blessé beaucoup de monde par son geste inconsidéré, rappela tristement le Professeur Mac Gonagall.
-Je ne le nie pas, Professeur, mais je vous en prie donnez-lui une chance de se racheter. Personnellement, j'ai déjà pardonné.
-Je suis d'accord avec James, dit fermement Rémus qui parlait pour la première fois, et moi aussi j'ai pardonné.
-Stupides Gryffondors, maugréa Rogue.
-Professeur, je pense comme eux, affirma Lily après avoir lancé un regard noir au Serpentard. Dès que James est parti les secourir, Sirius m'a tout raconté et m'a demandé d'aller chercher Madame Pomfresh alors qu'il partait vous prévenir. Il était inquiet pour ses trois camarades, il était manifeste qu'il regrettait son geste et il n'a pas cherché à nier sa faute.
-Si vous voulez vraiment un coupable cela ne peut être que moi. Si quelqu'un doit être renvoyé ce doit être moi, déclara fermement James, rien de tout ceci ne serait arrivé sans moi…
-Bien, coupa Dumbledore qui le fixait d'un œil inquiet, Monsieur Black, vous serez en retenue avec Monsieur Rusard trois soirs par semaine jusqu'à la fin de l'année, je retire aussi 150 points à votre maison et Gryffondor devra trouver un nouveau batteur. Par ailleurs, pour le courage exceptionnel dont à fait preuve Monsieur Potter, j'accorde 200 points à Gryffondor !
-Merci, Professeur, dit un Sirius empli de reconnaissance.
-Mais, Albus, protesta le Professeur Slughorn, il a failli tuer un élève ! Et je suis sûr que Potter est de mèche !
-L'affaire est close ! Maintenant, Messieurs, pourriez-vous raccompagner Monsieur Potter à l'infirmerie avant qu'il ne s'évanouisse ? »
Les Gryffondors présents se tournèrent immédiatement vers James qui s'affaissait peu à peu sur sa chaise. Aussitôt, chacun des Maraudeurs passa un bras autour de sa taille alors que Lily ouvrait la porte du bureau. Ils regagnèrent l'infirmerie où ils trouvèrent une Madame Pomfresh furieuse que son patient ait filé en douce. James se retrouva bientôt au lit et avalait le plus docilement possible les mixtures infâmes que lui donnait l'infirmière, espérant ainsi la calmer. Au bout de quelques minutes, les filtres agissants, il sombra dans un profond sommeil. Les trois élèves s'installèrent sur des chaises pour le veiller, malgré les réticences de l'infirmière.
« -Merci, pour tout à l'heure, murmura soudain Sirius.
-Ce n'est rien, je sais que tu n'es pas un assassin et je sais qu'il se passe certaines choses graves depuis quelques jours, avoua Lily, tu voulais protéger James et c'est noble de ta part. Mais par pitié, Sirius, la prochaine fois essais de réfléchir un peu !
-Promis Lily, jura Patmol tout en lançant un regard inquiet à Rémus.
-Ecoute, soupira ce dernier, j'ai pris ta défense tout à l'heure, mais j'ai encore besoin d'un peu de temps. Tu m'as fait beaucoup de mal.
-Je suis désolé.
-Cesse de répéter ça ! Je le sais, c'est de temps dont j'ai besoin, pas d'excuses.
-Très bien.
-Et arrête de faire cette mine de chien battu ! Gronda Rémus qui tentait de résister à l'adorable mimique de l'autre. Ca ne marchera pas cette fois !
-Mumus, supplia doucement le jeune Black.
-Stop ! Tu ne m'auras pas si facilement ! Et arrête avec ce surnom stupide !
-Vous êtes trop mignons ! S'exclama Lily en retenant un fou rire. On dirait un vieux couple qui se chamaille !
Le visage rougi des deux garçons ne fit qu'accentuer son rire alors qu'ils lui jetaient un regard empli de reproches.
-Au fait Lily, depuis quand sais-tu ? Demanda soudain Rémus.
-Pour toi ?
-Oui.
-Cela fait trois ans. Tes absences étaient étranges et elles concordaient toutes avec les périodes de pleine lune, il n'était pas dur d'en tirer des conclusions.
-Pourquoi n'as-tu rien dit ?
-Rémus, malgré tes fréquentations plus que douteuses, commença la jeune fille en désignant Black et Potter, tu es le garçon le plus gentil que je connaisse. Tu ne mérites pas ce qui t'arrive et je te soutiendrais toujours.
-Merci, Lily.
-Je t'en prie.
-Puisque nous en sommes aux confidences, continua Sirius d'un ton sournois, puis-je savoir pourquoi tu explorais la cavité buccale de mon frère l'autre soir ?
Lily sentit ses joues se colorer d'une belle teinte rouge qui devait être du plus bel effet avec sa chevelure, elle se tassa un peu plus sur sa chaise lorsqu'elle vit Rémus la regarder d'un air surpris.
-Alors ? Insista le jeune Black.
-Cela ne te regarde pas ! Répliqua la jeune femme.
-Allons, Lily, tu peux nous répondre, dit Rémus, après tout, tu connais mon secret.
-Vous êtes vraiment cons ! S'écria la jeune fille en se levant. Je vais prendre l'air !
-Tu vois, tu es déjà d'accord avec James sur un point, confia Lunard en souriant. »
Les deux Maraudeurs ne restèrent que quelques minutes de plus auprès de leur ami, Madame Pomfresh qui avait entendu des éclats de voix les avait très gentiment prié d'aller se quereller ailleurs. Les jeunes gens eurent beau protester en précisant que c'était Lily, mais elle ne voulut rien entendre.
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Madame Pomfresh poussa un soupir de soulagement en voyant les deux garnements sortir de l'infirmerie. Elle retourna auprès de son unique patient qu'elle examina. Ce jeune idiot avait ré-ouvert certaines de ses blessures en sortant sans son accord, la potion agissait déjà et elles étaient en bonne voie de guérison. Elle avait vraiment eu peur pour lui. Elle avait voulu l'envoyer à Sainte Mangouste, mais le Directeur avait refusé qu'il quitte Poudlard. Elle avait fait de son mieux pour le soigner avec l'aide de Madame Potter, mais le jeune homme était très faible. Finalement son niveau de magie s'était stabilisé guérissant en même temps ses blessures physiques, habituellement, c'était un processus très lent, des sorciers bien plus expérimentés que ce jeune homme restaient des mois dans un coma magique, elle avait donc été très surprise en le voyant déjà éveillé. Elle borda le Gryffondor et regagna son bureau.
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Séverus Rogue n'en pouvait plus d'attendre, il avait fait le guet pendant trois jours devant cette satanée porte. Une fois de plus, il devait s'assurer que personne n'était présent pour aller voir ce foutu Gryffondor ! Il n'y avait que ce stupide lion pour se mettre dans des situations pareilles ! Il faillit esquisser un sourire lorsqu'il vit Evans sortir de l'infirmerie, ses joues étaient rouges et elle paraissait furieuse. Le charme de Potter aurait-il encore frappé ? Quelques minutes plus tard, Lupin et Black sortirent à leur tour, il se tassa un peu plus dans l'ombre ne souhaitant pas les rencontrer. Dès qu'il ne les vit plus, il s'avança vers l'infirmerie dont il entrouvrit doucement la porte. Il aperçut Madame Pomfresh regagner son bureau. Il en profita et se faufila dans la pièce se dirigeant vers le seul lit occupé. Son cœur se serra à la vue des hématomes sur la peau si pâle du jeune homme. Il s'assit sur le rebord du lit et caressa doucement la joue du Gryffondor.
« -Merci, dit doucement Séverus en déposant un léger baiser sur ses lèvres.
-Y'a pas de quoi, murmura James en ouvrant un œil.
-Tu n'es pas censé dormir ?
-Tu n'es pas censé m'embrasser.
Tout deux se défièrent un instant du regard avant que Cornedrue n'attire le Serpentard dans ses bras, il avait remarqué les larmes que retenait péniblement le sorcier.
-Tout va bien, Sév, tout le monde va bien.
-Quel crétin ce Black ! Et toi aussi ! Etre ami avec un loup-garou !
-Ne parle pas comme ça Séverus ! Je t'interdis de dire du mal de mes amis, même si pour Sirius tu n'as pas tellement tort cette fois. Mais pour Rémus crois-tu qu'il ait voulu se faire mordre ? Il n'a pas mérité ça, la moindre des choses c'est qu'on l'aide pour qu'il vive au mieux avec ce fardeau.
-Pff ! Stupides Gryffondors !
-Tu te répètes Sév, remarqua James en souriant.
-Tais-toi Potter ! »
Cornedrue retint difficilement un nouveau sourire, il resserra son étreinte. Il sentait la détresse du vert et argent et souhaitait la faire disparaître. Il ferma les yeux, laissant sa magie le guider.
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Dans le bureau du Directeur, les professeurs s'étaient retirés, il ne restait plus qu'Iréna et Charles. La jeune femme était soucieuse, James aurait pu être tué cette nuit ! Lorsque son ami avait débarqué dans le bureau de Dumbledore affolé, elle avait de suite compris que quelque chose de grave se passait. Quand elle l'avait vu étalé dans l'herbe humide couvert de sang, son cœur s'était figé dans sa poitrine. Heureusement, il allait mieux. Dès que leur petite réunion serait terminée, elle irait lui rendre visite.
« -Le cerf que nous a décrit Monsieur Rogue correspond parfaitement à la description de Mademoiselle Evans ainsi qu'à celles de Merlin, les faits sont là, conclut Charles, l'Elu se balade dans la nature, blessé par un loup-garou !
-Je pense qu'il va bien, affirma Dumbledore.
-Comment peux-tu dire ça ?
-En ce moment, Pompom doit l'avoir attaché à son lit pour qu'il ne ressorte plus de l'infirmerie, expliqua le Directeur
-James Potter ?
-En effet, je pense qu'il est celui que tu recherches, savais-tu qu'il était le cousin d'Iréna ?
-Tu as un cousin ? S'étonna le sorcier en se tournant vers la jeune femme.
-Grand-mère ne vous en a pas parlé ? Demanda Iréna abasourdie. Je croyais que tous les membres de la Confrérie devaient signaler chaque naissance et chaque décès.
-C'est le cas !
-James est le fils de ma tante Célia qui est mariée avec William Potter.
-Mais Théodora a … Elle a déclaré que William et James Potter étaient décédés dans un accident de transport moldu il y a 15 ans !
-Quoi ?! S'écria Iréna. Mais c'est faux ! Grand-mère n'a jamais supporté que tante Célia épouse oncle William, mais jamais je n'aurais imaginé qu'elle ait fait ça ! James a autant de chance d'être l'Elu que n'importe quel enfant de la Confrérie ! Et puis si vous vous intéressiez un peu plus au monde extérieur, vous auriez sûrement entendu parler de mon oncle, c'est le chef des Aurors et un grand sorcier !
-Elle va m'entendre ! Jura Charles.
-Pour le moment, l'essentiel est de protéger James. Nous ne sommes pas les seuls qui nous intéressons à lui.
-Qui ?
-Lord Voldemort, Charles, il souhaite le voir mort.
-Rien d'étonnant, fit remarquer le sorcier, après tout, il est écrit qu'ils seraient ennemis et…
Le sorcier ne put terminer sa phrase, une chouette tapait furieusement contre la fenêtre du bureau. Le Professeur Dumbledore se leva et ouvrit, l'animal vola jusqu'à Charles qui décrocha la missive. Au fur et à mesure de sa lecture, son visage se décomposait.
-Que se passe-t-il ? Demanda Iréna inquiète.
-Des Mangemorts ont attaqué notre château, ils ont pris tous les documents en rapports avec la Prophétie !
-Par Merlin ! Y'a-t-il beaucoup de blessés ?
-30 morts, 15 blessés graves et 10 blessés légers.
-Rassemble tous les membres de la Confrérie qui sont prêts à se battre, qu'ils viennent ici ! Ordonna le Directeur en s'activant.
-Pourquoi ?
-Voldemort connaît la vérité, il va venir ici ! Je vais rassembler l'Ordre du Phénix et les Aurors. Nous allons devoir défendre Poudlard et ses élèves !
La porte du bureau s'ouvrit violemment faisant sursauter les sorciers, sauf Dumbledore qui avait déjà sorti sa baguette. Madame Crown, ses amies et des professeurs entrèrent.
-Il est là ! Annonça le Professeur Mac Gonagall en désignant la fenêtre.
La nuit ne devait tomber que dans quelques heures, pourtant le ciel s'assombrissait déjà. Un vent violent balayait la cime des arbres, un coup de tonnerre retentit, la mort semblait approcher.
-Faites évacuer les élèves ! Ordonna le Directeur.
-Iréna, viens, nous devons te mettre à l'abri, dit Théodora en prenant sa petite-fille par la main.
-Non, je reste me battre !
-Nous sommes là, Albus, avertit William Potter en entrant à son tour suivit de certains membres de l'Ordre dont son épouse, les Aurors sont aux avant-postes, des membres de l'Ordre élèvent des défenses autour du Château.
-Parfait, je veux que vous écoutiez ce que je vais vous dire, demanda Dumbledore, quoi qu'il arrive, quoi qu'il se passe, je veux que tous vous gardiez un œil sur James Potter et l'empêchiez de faire une chose stupide.
-James ?
-Je suis désolé, Célia, mais si Voldemort attaque Poudlard c'est pour venir chercher James, confia Dumbledore.
-Mais pourquoi ? Pourquoi lever une armée pour mon fils ? Questionna William.
-Je suis vraiment navré, avoua Charles, si Théodora n'avait pas fait preuve de tant de stupidité, nous aurions pu mieux protéger votre fils. Sachez tous que si Vous-savez-qui tue James Potter, il n'y aura plus d'espoir.
-Non ! S'écria Théodora. Que racontez-vous Charles ?! Potter ne peut pas être…
-Il est lui aussi ton petit-fils ! Lâcha amèrement Iréna. Je peux t'assurer que c'est bien lui ! Je vais à l'infirmerie le chercher et je le ramène ici !
-Merci, Iréna, dit Dumbledore.
-Albus ! Appela le Professeur Slughorn en entrant tout essoufflé. Nous ne pouvons pas évacuer les élèves vers Pré-au-Lard, ils sont déjà là-bas ! Il n'y a plus d'issue de secours ! »
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Partout dans Poudlard les élèves courraient se mettre à l'abri, des cris effrayés, des pleurs résonnaient de toute part. Des professeurs et certains parents tentaient de regrouper tout le monde. Avec horreur, les élèves comprirent que le Mage Noir approchait. Sirius aperçut une élève encerclée par des Serpentards qui se réjouissaient de la situation. Il s'approcha et après quelques sorts, il réussit à les faire déguerpir, il aida la jeune femme à se relever et reconnut Lily. Il lui sourit avant de la prendre par la main pour rejoindre la Grande Salle où tout le monde se regroupait. Ils allaient entrer dans le Hall, lorsqu'un Peter paniqué les intercepta. Sirius se demanda quand il était revenu et se dit que le pauvre n'avait pas de chance d'être là aujourd'hui. Queudver leur expliqua maladroitement que les élèves ne pouvaient plus regagner Pré-au-Lard pour rejoindre un Porte-au-Loin car ils étaient déjà là-bas. Dumbledore avait ordonné qu'ils aillent dans la Forêt Interdite, non loin de la cabane d'Hagrid. Bien que surpris, les deux élèves le suivirent lorsque Sirius stoppa, il fallait qu'ils préviennent Rémus et James ! Peter leur dit qu'il les avait croisé, Rémus aidait James à s'y rendre, Peter avait proposé de partir à la recherche de Sirius. Rassuré, les deux élèves suivirent Queudver. Ils arrivaient à la lisière de la forêt quand Lily, qui tenait toujours la main de Sirius, le fit ralentir.
« -Qu'y a-t-il ? Demanda le jeune Black.
-La Forêt Interdite ? Tu ne trouves pas que c'est bizarre que le Directeur nous demande d'aller là ?
-On pourra plus facilement s'y cacher que dans Poudlard, fit remarquer Patmol.
-Peut-être, mais avec toutes les créatures qui s'y cachent, je ne pense pas… »
Lily ne put terminer sa phrase, ils étaient encerclés par plusieurs Mangemorts. Aussitôt, Sirius se plaça devant la jeune femme pour la protéger, tout deux avaient sortis leurs baguettes, mais ils furent vite désarmés. Le jeune Black serra les dents quand il les vit se rapprocher avec leur air menaçant qui ne laissait présager rien de bon.
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James se redressa d'un coup dans son lit, il se passait quelque chose de grave, il pouvait le sentir. Il regarda par la fenêtre et frissonna. Une peur sourde s'empara de lui. Ils devaient sortir d'ici, rejoindre les autres. A cet instant, Séverus s'éveilla en poussant un cri de douleur.
« -Qu'y a-t-il ? Demanda James.
-IL est là ! S'écria Séverus effrayé. »
