Bonjour à tous!

Deux chapitres de suite! Deux gros chapitres! J'espère que vous n'allez pas m'en vouloir? J'ai eu de l'inspiration et me voilà donc lancée! Sachez que la révélation approche, puisque je veux me concentrer sur la relation Effie et Severus, ENFIN. J'espère que vous avez aussi hâte que moi! Je pense que d'ici deux chapitres, nous devrions y arriver, si je compte bien.

Sur ce, je vous souhaite une excellente lecture

Mione


Chapitre 9 : La fille de sa mère

17 DÉCEMBRE 1998

Assise dans cette salle froide, Luna ne réagissait pas. Elle n'aurait jamais cru cela possible, mais ce l'était et elle ne pouvait plus rien faire. Elle déposa l'objet près d'elle et se recroquevilla sur le sol qui était bien trop froid à son goût. Comment allait-il réagir?

Après avoir fait l'amour pour la première fois, ils s'étaient encore plus rapprochés et leurs séances de sexes s'étaient répétées. Ils étaient de plus en plus proches, mais une question restait encore en suspens : et après?

Luna avait toujours fait en sorte de ne pas penser au futur, à « dans 10 ans » comme elle le disait bien. Elle profitait du moment avant le procès qu'ils préparaient ensemble depuis quatre semaines.

Elle avait même retrouvé ses amis la semaine d'avant, dont Neville qui l'avait prit dans ses bras comme si elle était une poupée de porcelaine qu'il allait briser. Elle les rassurant disant qu'elle n'avait pas été kidnappée, tout en leur cachant l'existence de Severus dans sa vie. Elle ne savait pas comment ils allaient réagir et elle ne voulait pas le savoir. Ils étaient dans leur cocon de bonheur et elle ne voulait pas en sortir. Seul le ministère savait et c'était déjà trop.

Sa vie reprenait son cours. Jusqu'à aujourd'hui. Elle reprit l'objet entre ses mains, un objet moldu qu'elle était allée chercher aujourd'hui. Elle le retourna dans ses mains comme elle le faisait depuis près de 10 minutes maintenant. C'était clair depuis 10 minutes, mais elle espérait que cela change. Elle savait que cela ne changerait pas, mais elle espérait qu'elle change. Que ses émotions changent. Elle était heureuse, mais inquiète et stressée, mais également en colère contre elle et contre lui. Ils avaient laissé cela arrivé et elle s'en voulait.

Elle entendit des coups à la porte et sursauta.

- Tout va bien Luna? Je t'ai entendu vomir ce matin et encore maintenant, est-ce que tu veux une potion? lui demanda-t-il inquiet

« Si seulement tu savais » ce dit-elle, mais non, elle ne pouvait pas lui dire, pas maintenant.

- N.. Non, non. Tout va bien. Mal digéré le repas, c'est tout, je sors bientôt. Bégaya-t-il. Elle détestait lui mentir, mais elle avait ce sentiment qu'elle devait le faire.

Après s'être aspergé le visage d'un peu d'eau, elle prit une grande respiration et son courage. D'un coup de baguette, elle fit disparaître en fumée l'objet moldu qui traînait sur le sol de la salle de bain et elle sortit de la pièce.

Elle trouva Severus assis sur l'une des méridiennes du salon, le regard inquiet. Il lui tapota l'espace entre ses jambes, mais elle ne s'y dirigea pas, alors il ferma son livre et se retourna vers elle, encore plus inquiet. Quelque chose n'allait pas et il s'en voulut sur le moment de lui avoir montré à fermer son esprit.

- Le procès est dans un mois. Lui dit-elle, ce qui le surprit. Oui? Il était au courant? Pourquoi lui en parlait-elle?

Il arqua un sourcil. Où voulait-elle en venir? Ils s'y préparaient depuis des semaines, il avait même piler sur son orgueil et avait eu des rencontres avec Potter et même si McGonagall avait refusé de l'aider, ils allaient sûrement s'en sortir avec une peine minimale si tout allait bien. Malgré tout, il allait faire de la prison, il en était certain.

- Severus. Que deviens-je moi dans cette histoire? Où en sommes-nous? Devons-nous penser à « nous »? lui demanda-t-elle

Il fronça les sourcils. Elle la prenait de court et il n'aimait pas ça. Voyant sa réaction, elle continua de parler.

- Je sais que je t'ai toujours dit que je ne me voyais pas dans « 10 ans », mais cela commence à être sérieux entre nous et je me suis dit que peut-être qu'on devrait justement parler de… nous?

D'un geste de la main il l'arrêta. Il le savait. C'était trop beau pour être vrai. Ils étaient rendus à ce moment.

- Luna. À quoi t'attends-tu? J'ai presque 39 ans, tu en as presque 18, nous avons 20 ans de différence. Le futur m'indique un temps de prison et toi tu me parles de « nous »? Quel « nous »? Oui, je t'aime, tu m'aimes et on passe du temps ensemble, tout va bien, mais ne t'attend pas à ce que je te demande en mariage, qu'on magasine une maison ou qu'on ait des enfants, car cela n'arrivera jamais. Je suis désolé de briser tes rêves, mais je t'avais averti. Je veux passer un bon moment avec toi, mais ne compte pas sur moi pour être un… « petit-ami ». Répliqua-t-il froidement

Sa réaction coupa le souffle à Luna qui ne put s'empêcher de laisser des larmes couler. Ils étaient rendus à ce moment. Oui, ils l'étaient. Elle ne s'était jamais imaginé vivre dans un château avec un prince charmant comme les moldus le racontaient à leurs enfants, mais oui, elle avait espéré qu'elle change d'idée en passant du temps avec elle, qu'il souhaite s'établir avec elle. Elle avait espéré qu'il l'aime assez pour faire sa vie avec elle. Elle l'entendit soupirer et claquer de la langue sur son palais d'agacement.

- Je savais que tu étais trop jeune, que ça n'allait pas fonctionner. Je savais que je n'aurais pas dû me laisser aller dans mes sentiments, que la fin arriverait un jour ou l'autre. Grogna-t-il mécontent.

- Que ça n'allait pas fonctionner? J'ai tout fait pour qu'on soit un vrai couple! J'espérais que tu changes d'avis, que tu m'aimes autant que je t'aime! s'écria-t-elle en pleurs, tout en passant discrètement une main sur ton ventre de façon involontaire.

- Que je change d'avis? Luna, j'ai près de la quarantaine. Tu crois que c'est un moment pour faire une famille ou se marier? J'ai passé l'âge et je n'ai jamais eu envie d'avoir des enfants et encore moins de me marier. Je ne suis pas comme ça et je ne le serais jamais. Contesta-t-il tout en dépassant la blonde pour changer de pièce. Il détestait quand ils se disputaient et il avait espéré que cette discussion n'arrive jamais.

Les paroles de Severus lui brisèrent le cœur. Pourquoi lui avait-il dit qu'il l'aimait? Pourquoi l'avait-il amené dans son lit s'il ne souhaitait pas faire sa vie avec elle pour le meilleur et pour le pire? Elle l'avouait, elle ne pensait pas qu'ils se marieraient un jour, mais elle avait espéré au fond d'elle, fonder une famille avec lui. Encore une fois, elle passa une main sur son ventre et elle éclata en sanglots. Il ne pourrait jamais savoir. Il n'en voudrait pas. Il lui en voudrait.

Elle le rejoignit dans leur chambre et elle vit ses vêtements et ses affaires se diriger vers une valise magiquement.

- Qu'est-ce que… réagit-elle, alors que Severus se retournait vers elle.

- Je suis désolé Luna, mais il le faut. Je t'aime, c'est vrai, mais je savais que ce jour arriverait où tu verrais que je ne suis pas celui qu'il te faut. Je ne l'ai jamais été. Tu veux des enfants, je n'en veux pas et n'en aurait jamais. Tu veux te marier et cela n'arrivera jamais. Tu veux une vraie vie et tu ne l'auras jamais avec moi, alors il faut se faire à l'idée. Tu dois t'en aller. Lui expliqua-t-il d'une voix claire et froide. Sa voix d'enseignant. Elle détestait quand il lui parlait comme ça, comme si elle était une idiote et une enfant.

Elle n'en croyait pas ses yeux, il la quittait. Non. Il ne pouvait pas faire ça. Elle se jeta sur lui et lui donna des coups sur le torse, alors qu'il la prenait par les bras et la plaquait sur le mur derrière eux.

- Ne fais pas ça Luna. Tu t'en vas et c'est tout. Cette mascarade a assez duré. Cracha-t-il, en colère de la réaction de la jeune femme. Il avait le cœur brisé de faire ce qu'il faisait, mais il n'y avait pas d'autres options. Il ne pouvait pas être égoïste au point de la garder pour lui et l'empêcher de vivre une vraie vie.

- Espèce de lâche! LÂCHE! Tu n'es pas capable d'assumer que tu es heureux! Que tu pourrais tout avoir! Comment oses-tu me dire que tu m'aimes ? Tu ne veux rien de la vie, parce que tu as trop peur de toi-même! Tu as peur d'être un mari épouvantable! Tu as peur d'être un mauvais père! Tu as peur de tout et tu me repousses pour ça, alors que j'ai tout fait pour toi!

Il frappa dans le mur à côté de la jeune fille, le regard noir. Comment osait-elle? Comment osait-elle lui parler de la sorte et de l'insulter?

- Tu as peur d'être comme ton père! Tu es pareil comme ton père. Tu es lâche, tu refuses d'être heureux et d'accepter l'amour que les gens peuvent avoir pour toi. Severus Rogue, toujours, un lâche. Je suis tombée amoureuse d'un lâche! hurla-t-elle au visage de l'homme qu'elle aimait, mais qui venait de lui briser le cœur.

Sans un autre mot, il la prit par le bras et l'amena jusqu'à l'entrée, où il l'a poussa à l'extérieur.

- Je t'ai fait confiance. Je me suis ouvert à toi et lorsque je prends une décision pour ton bonheur, tu me trahis de la sorte. Sache Luna, que tu ne mérites pas que je change d'avis, tu ne l'as jamais mérité. Fais ta vie et oublie-moi. grinca-t-il. Il regretta rapidement d'avoir dit ses mots, mais ils étaient sortis et c'était ainsi.

La porte se referma devant elle, alors qu'elle éclatait en sanglots. Comment en était-il arrivé là? Ce n'était pas possible. Elle frappa à la porte en hurlant d'ouvrir. Il lui reprochait de s'être ouvert à elle, alors qu'elle avait laissé sa vie de côté pour lui. Il disait que c'était une décision pour elle, alors que non, il la prenait pour lui. Cela devenait sérieux et il ne pouvait pas assumer.

Alors qu'elle frappait à la porte, soudainement, sa main rencontra le vide. La demeure avait disparu. Il lui avait changé le sortilège de Fidélitas. Elle recula en sanglot, tombant à genoux et hurla. Elle n'avait jamais eu aussi mal de toute sa vie.

Pendant ce temps, Severus s'était laissé tombé assis dos à la porte. Il entendait les cris de Luna et il ne pouvait pas s'empêcher de pleurer. Il espérait avoir fait la bonne chose, mais une partie de lui lui disait qu'il avait tout gâché, encore, et qu'il avait ruiné sa deuxième chance.


5 SEPTEMBRE 2014

Luna se réveilla doucement. Tout était silencieux dans la maison, Neville n'était sûrement pas debout à cette heure. Le soleil venait de se lever et il était en congé après la première semaine de cours.

Elle se leva et se prépara un petit déjeuner, lorsque soudainement un hibou cogna à la vitre. Elle le reconnut tout de suite. C'était son hibou. Elle jeta sa tartine dans son assiette, comme si on lui avait coupé l'appétit et se dirigea vers l'animal, prenant la lettre qu'il avait dans la bouche. Elle le remercia avec un peu de miamhibou et il s'envola quelques minutes plus tard. Un impatient. Comme son maître.

Elle retourna s'asseoir et détacha la lettre, même si l'envie de la brûler lui passa par la tête. Avec la visite d'Harry trois jours avant, elle était en colère contre tout le monde et ne souhaitait voir personne, même pas Neville qui avait tout tenté pour l'aider, même donner un coup de poing au Survivant, ce qui lui avait fait plaisir à entendre.

Dans un soupir, elle commença à lire, mais ce n'était pas ce à quoi elle s'attendait.

« Impasse du Tisseur. 84B. Londres »

Le bout de papier tomba de ses doigts sans qu'elle dise quoi que ce soit. Pourquoi? Pourquoi lui faisait-il ça? Il l'avait chassé de cette maison, de ce lieu qu'ils avaient appris à bâtir ensemble. Pourquoi lui redonnait-il son droit au Fidélitas après lui avoir enlevé d'une façon aussi cruelle?

Elle brûla le bout de papier et se rendit compte qu'il y avait quelque chose d'autre dans l'enveloppe, une lettre qui n'y était pas quelques secondes auparavant. Elle avait dû apparaître en même temps que l'adresse.

« Luna,

Cela fait 15 ans que nous aurions dû avoir cette discussion. Je crois que nous devrions prendre le temps de nous parler, après autant d'années.

S'il te plaît, rejoins-moi vers 15 h

Je ferais ton thé à la mangue et au basilic.

Sev »

Elle n'en croyait pas ses yeux. Il n'avait pas compris lorsqu'elle l'avait chassé de son bureau qu'elle avait d'autres choses à faire que de recoller les pots qu'il avait cassés? Au fond d'elle, elle savait qu'elle était revenue en Angleterre pour le revoir, mais elle ne pensait pas être aussi en colère et avoir autant de tristesse pour être incapable de faire ce dont elle avait envie. Il avait signé "Sev". Mais il s'attendait à quoi ? Que tout recommence là où cela s'était terminé il y a maintenant presque 16 ans ?

Elle déchira la lettre en secouant la tête. Elle n'irait pas au rendez-vous, surtout pas aujourd'hui. Il avait choisi une mauvaise journée.

Elle vit Neville descendre les escaliers et la saluer, avant de voir des morceaux de lettres sur la table de la cuisine.

- Ne me dis pas que c'est Harry, je crois que je vais le tuer. Demanda-t-il très sérieusement, la voix encore pâteuse du réveil

Elle secoua la tête, prenant une gorgée de son café. Un « oh » retentit de la bouche de Neville qui ne rajouta rien. Oui, il avait compris et une règle entre les deux meilleurs amis était que le sujet « Severus Rogue » était tabou, surtout le 5 septembre.

- Que vas-tu lui offrir cette année? lui demanda-t-il, prenant place devant elle, un café à la main.

- Aucune idée. Toi, tu lui offres quoi? lui répondit-elle, toujours perdue dans ses pensées qui divaguaient vers cette fichue lettre.

- L'Histoire de Salazar Serpentard. Elle a du retard à rattraper, puisqu'elle n'a étudié que la vie de Rowena Serdaigle.

La blonde lui jeta un regard noir. Quelle sorte de cadeau était-ce? Un livre sur Serpentard. Et puis quoi encore? Une carte qui la mène directement à son père?

- Tu pourrais lui offrir un père cette année. lui dit-il à la blague

Elle leva les yeux vers son ami. Non, il n'avait quand même pas osé? Le regard meurtrier qu'elle lui lança fit regretter à Neville d'être né. Il avait voulu lui faire une blague, mais il ne pensait pas qu'elle aurait réagi aussi fortement, d'habitude elle le frappait et cela était fini, mais il n'avait pas pensé qu'elle était toujours blessée de cette vie sans lui.

- Neville? Pourquoi es-tu là? Honnêtement? l'interrogea-t-elle

Il déposa son café, curieux. Où voulait-elle en venir? Il avait fait une blague de mauvais goût, mais de là à lui demander pourquoi il était là, eh bien il avait envie de lui dire que c'était sa cuisine, mais il s'avisa.

- Dès le moment où j'ai cogné à ta porte, tu m'as accueilli, enceinte, d'un autre homme, alors que tu avais des sentiments pour moi. Tu m'as réconforté, alors que je pleurais un homme que tu méprisais. Tu as accepté ma relation avec lui, même si tu m'aimais. Tu as élevé une enfant qui n'était pas la tienne, sachant que je ne t'aimais pas comme tu m'aimais. Pourquoi?

Il soupira, il savait que la discussion arriverait un jour et même s'il se sentait prêt depuis des années à lui dire, il n'avait jamais osé. Il s'approcha d'elle et prirent ses mains dans les siens.

- Si tu te demandes si j'ai fait tout ça pour que tu m'aimes en retour, sache que ce n'est pas le cas. Tu es ma meilleure amie et j'ai accepté ton amour comme tel et je suis passé par-dessus. Je n'allais pas te laisser toute seule dans une épreuve aussi éprouvante. Tu avais de la difficulté à vivre, je n'allais pas… je n'allais pas te repousser en plus. Oui, j'étais en colère, mais… bref. Je voulais être là pour toi et j'aimais Effie comme si c'était ma fille, tout en sachant qu'elle ne l'était pas. Elle ne méritait pas d'être malheureuse et elle avait besoin d'une figure paternelle, même si je n'étais pas son père. J'ai eu cette impression que je devais être là, surtout que... enfin tu comprends... tu étais seule et... elle aussi... bref. Lui expliqua-t-il, tout en toussant de temps à autre, s'étouffant.

Luna remarqua rapidement que quelque chose n'allait pas. Il lui fit un sourire et reprit son discours, mais elle le stoppa. Quelque chose clochait. Elle le connaissait trop bien pour ne pas se douter de quelque chose.

- Neville, crache le morceau. Qu'est-ce que tu ne me dis pas? Je sais que tu me caches quelque chose et je veux savoir quoi. L'avertissait-elle, tout en croisant les bras sur son torse.

Il se racla la gorge et reprit sa place initiale. Il voulait être loin, très loin, lorsqu'elle l'apprendrait. Elle allait le tuer, il n'en avait aucun doute.

- Ne m'en veux pas, d'accord ? J'ai fait ce que je croyais être juste. Après le procès, où tu as décidé de ne pas te présenter, le juge nous a laissé un moment pour discuter avec lui avant qu'il parte pour Azkaban. J'étais témoin du procès, même si je t'ai dit le contraire. À aucun moment il ne t'a nommé, sachant qu'il aurait pu passer quelques mois de moins emprisonner. J'ai voulu savoir pourquoi, donc je suis allé le voir avant qu'il parte. Commença-t-il, les mains moites, sachant que ce n'était rien comme information. Pourtant, il vit bien le visage de Luna se décomposer. Il lui avait caché cela et il savait qu'elle aurait voulu savoir et elle s'attendait au pire et elle aurait droit au pire.

- Il m'a avoué qu'il t'aimait et que s'il te nommait au procès, tu serais convoqué obligatoirement pour avoir aidé un mangemort et il m'a dit qu'il aurait été incapable de vivre avec ça sur la conscience. Il m'a demandé de tes nouvelles et je lui ai dit que tu étais partie à Paris, même si ce n'était pas encore le cas. J'ai vu son regard changé. Toi tu étais habitué à connaître cette facette de lui, pas moi. C'est sorti tout seul. Continua-t-il le récit, tout en chuchotant la fin de sa phrase

- Qu'est-ce qui est sortit tout seul Neville? s'écria-t-elle, nerveuse. Il n'avait pas osé faire ce qu'elle pensait qu'il avait osé?

- Je lui ai dit que tu étais enceinte. Avoua-t-il

Luna se leva d'un coup, faisant tomber la chaise à la renverse. Elle tremblait. Dans sa tête, des milliers de questions filaient d'un sens et de l'autre, alors que ses ongles rentraient dans la peau de sa paume à trop serrer. Elle vit qu'il n'avait pas fini de parler lorsqu'elle le vit regarder ailleurs. Un « Parle » sonna froidement hors de sa bouche. Il se racla la gorge.

- Lorsque je lui ai dit, il a éclaté de rire. Il m'a dit que tu lui aurais dit lorsque vous vous étiez disputé. Je lui ai dit que lorsque tu étais arrivée chez moi, tu étais bel et bien enceinte. Il s'était levé d'un coup, une main sur la bouche, des larmes coulaient de ses yeux, je ne savais pas comment réagir. Il m'a demandé pourquoi tu ne lui avais pas dit et je lui ai dit ce que tu m'as dit, que tu savais qu'il ne voulait pas d'enfant. Il a frappé dans le mur Luna. Il a commencé à me hurler après en me disant que s'il avait su que tu étais enceinte, il aurait pris ses responsabilités, qu'il aurait été fâché au début, mais qu'il aurait accepté et qu'il aurait appris. Il m'a demandé de te dire qu'il allait te retrouver en sortant d'Azkaban, qu'il élèverait cet enfant avec toi et c'est là que… que je lui ai dit que tu avais avorté chez les moldus. Termina Neville

Elle n'en croyait pas ses oreilles. Comment avait-il pu faire une chose pareille? Elle se lança sur lui et commença à le frapper et il se laissa faire. Elle sanglotait en même temps. Ce n'était même pas des coups de colères, c'était des coups de détresse. Elle lui en voulait, c'était normal, il avait gardé ce secret pendant plus de 15 ans.

- Comment as-tu PU! Il serait revenu! Il aurait connu Filomena! Elle aurait connu son père! Comment as-tu pu nous enlever ça? hurlait-elle, la rage au cœur, la douleur dans le ventre

- Je ne pouvais pas! Dès que j'ai tenu Effie dans mes bras, je savais que j'étais destiné à l'élever et à l'aimer et à être là pour vous deux! Même si tu ne m'aimais pas, j'étais là et lui non! Il était en prison Luna! répliqua-t-il, des larmes coulant sur ses joues également

- Mais tu n'es pas son père! Filomena a un père Neville! Il l'aurait aimé et il a perdu 16 ans de sa vie! J'ai perdu 16 ans de ma vie avec l'homme que j'aime et que j'aimerais toujours. Tu m'as vu toutes les semaines, le pleurer, pleurer ma vie, sachant que j'aurais pu avoir cette vie dont j'ai toujours rêvée avec lui. Qu'il regrettait, qu'il m'aimait assez pour assumer une famille! cracha-t-elle avec toute la haine qu'elle avait pour son « meilleur ami » sur le moment

- Alors pourquoi tu ne lui as pas dit sur le coup? Pourquoi tu ne lui as pas dit avant qu'il te fiche dehors sans remord? C'est moi qui étais là, pas lui. Il n'est jamais venu te chercher, alors qu'il aurait pu. Il ne l'a jamais fait. Non, il aurait assumé Effie parce qu'elle était là, mais en sachant qu'elle ne l'était pas, tu n'étais rien pour lui! beugla Neville

Sans réfléchir, la main de la blonde atterrit sur la joue du brun. Il recula pantelant tellement le choc fut sévère. La main de Luna était toujours dans les airs et elle tremblait. Lorsqu'elle reprit ses esprits, elle quitta la maison sans dire un mot, alors que Neville l'appelait. Il pesta et envoya un coup de pied dans son meuble, faisant tomber sa tasse de café au sol.

Journée de merde.


Elle n'avait jamais cru revoir cette devanture un jour. Tout semblait encore aussi lugubre que lorsqu'elle l'avait vu la première fois, mais cette fois-ci, c'était différent. Cela lui laissait des souvenirs amers. Elle ne savait pas comment réagir face aux révélations de Neville. Elle ne pouvait pas rentrer chez lui et lui dire « Oui, tu as une fille de 15 ans ». Non, elle ne pouvait pas. Elle en serait incapable. Elle ne savait pas quoi dire, quoi faire. Elle n'aurait jamais dû venir.

Alors qu'elle allait transplaner, la porte ouvrit et elle se retrouva devant lui. Il ne portait pas son habituelle robe, il portait une chemise et un pantalon, rien de plus banal. Comble de la surprise, il avait une barbe de quelques jours.

- Tu es en avance, lui dit-il simplement

- Toi, tu es toujours dû pour une coupe de cheveux, lui répondit-elle

Il éclata de rire et ouvrit la porte. Elle avait un choix à faire. Elle regarda autour d'elle et rentra. Elle allait sûrement regretter, mais elle le fit tout de même. Il agissait comme si la rencontre d'il y a quelque jours ne s'était jamais produite. Durant un instant, elle avait l'impression qu'ils étaient de retour au "Luna et Severus" et non pas au "Miss Lovegood et le professeur Rogue". Lorsqu'elle mit les pieds dans le salon, l'émotion l'envahit. Rien n'avait changé. Tout était comme lorsqu'elle était partie.

- Tu veux du thé? J'étais en train de m'en faire. Lui demanda-t-il, alors qu'il se dirigeait vers la cuisine

Oui, ça aussi c'était une première, de leur temps ensemble, elle ne l'avait jamais vu s'affaisser dans la cuisine. À coup de baguette, il leur prépara leur thé et il lui apporta, alors qu'elle s'était assise à son ancienne place régulière, caressant le tissu du bout des doigts. Qu'est-ce que cela lui avait manqué…

- Ta fille est extrêmement douée en potion, mais elle est également insolente et casse-pied. Lui avoua-t-il en prenant une gorgée de thé

Elle ne put s'empêcher de ricaner, elle le savait. Elle retenait de son père et de sa mère, le parfait mélange.

- Elle a hérité plus de son père que de sa mère, mais l'insolence, c'est de moi que ça vient, tu ne diras pas le contraire, répliqua-t-elle dans un sourire timide

Il hocha la tête tout en répondant à son sourire. Le malaise s'était installé. Parler de Filomena pouvait être la meilleure chose, mais la pire chose également.

Severus ferma les yeux et pensa à cette journée où il avait dû amener la fille de son ancienne amante chez la directrice. Il ne pouvait que sourire à ce souvenir.

Il la tenait par la robe, marchant rapidement, alors qu'elle lui criait des injures, comme quoi il n'allait pas s'en sortir de la sorte et qu'il ne devrait pas être enseignant. Il avait fini par lui lancer un sortilège de mutisme pour qu'elle se taise enfin. Il leva les yeux au ciel et ils arrivèrent finalement dans le bureau de McGonagall qui fut surprise de le voir avec elle.

- Professeur?

- Vous nous avez apporté tout un spécimen, Minerva. Une petite insolente qui croit tout savoir sur tout le monde et qui ose répliquer à son enseignant qu'il ne devrait pas enseigner, car il est un ancien mangemort, devant ses camarades de classe. L'informa-t-il de la situation, un sourire en coin au visage. Il trouvait la situation cocasse, même s'il était en colère envers l'adolescente. Elle ressemblait à sa mère et ça, cela lui rappelait de bons souvenirs.

Elle vit le regard de la directrice se poser sur elle. Elle était particulièrement déçue et même… fâché? Comment pouvait-elle être fâchée contre elle, alors que c'est lui qui avait fait de la prison !

- Miss Lovegood, qu'avez-vous à dire contre cela? lui demanda-t-elle, les bras croisés et le regard sévère

- Il a fait de la prison! Il était un mangemort! Il nous parle comme si nous étions de moins que rien! s'écria-t-elle en se défaisant de l'emprise de Rogue.

- C'est parce que le trois quarts des élèves de cette école sont des moins que rien. Chuchota-t-il à lui-même, mais que l'adolescente entendit et lui fit un regard noir.

Minerva s'approcha et invita Severus et Filomena à s'asseoir, mais seulement l'adolescente accepta et se retrouva avec l'impression désagréable qu'il se tenait directement derrière elle, ce qui était le cas.

- Miss Lovegood, connaissez-vous les crimes de votre enseignant? lui demanda-t-elle, posant une deuxième question en moins de quelques minutes.

Elle balbutia. Non, elle n'en avait aucune idée, mais elle savait qu'on ne faisait pas de prison pour rien. Un regard de la directrice vers Rogue lui donna le feu vert et il entra dans l'esprit de la jeune fille.

« Paris. Oncle Neville. Luna. Papa. Tabou. » Il fronça les sourcils et entra en profondeur. « Je te le dirais quand je serais prête » « Je veux savoir! Est-il au moins vivant? » « Il l'est ». Son cœur arrêta de battre. Elle lui avait dit le contraire dans son bureau! Il continua sa recherche. « Je ne veux pas partir en Angleterre! » « Pas le choix, c'est pour le travail Filomena » « Effie. Filomena. Effie. Enfant de l'amour. Fille de la lune. Filomena » « Est-ce que mon père est en Angleterre, Oncle Neville? » « Tu sais que ta mère ne veut pas que j'en parle. » « S'il te plaît » « Oui, il habite en Angleterre et c'est pour cela que ta mère veut y retourner. Je crois qu'elle est prête ».

Il sortit de la tête de la jeune fille et recula. Qu'est-ce que c'était cette histoire? Pourquoi lui avait-elle menti? Il reporta son attention sur la conversation des deux femmes devant lui.

- Votre enseignant, Miss Lovegood, était un agent double pour Dumbledore. Il était un mangemort avant, certes, mais après l'attentat envers Harry Potter, il est venu travailler pour lui. Pendant presque 20 ans, il était un agent double, risquant sa vie. Il a été jugé coupable d'avoir été un mangemort et d'avoir trahi la confiance du ministère. Il m'a même trompé moi, à cause de Dumbledore. Il a sauvé la vie de plus de gens que vous pensez. Il en a sauvé plus de vie qu'il en a pris. Il a eu une plus longue sentence, soit de trois ans, parce qu'il a fui la bataille, alors qu'il était mortellement blessé. Il a été secouru, selon les rumeurs, par votre mère. Lui expliqua la directrice

D'un coup, Filomena se retourna vers Severus qui hocha la tête. Elle ne lui avait jamais dit cela!

- Par contre, votre agissement n'est pas exemplaire et du tout ce à quoi nous nous attendons d'une cinquième année, particulièrement aussi intelligente que vous. Je m'avoue amèrement déçue, alors que ce n'est que votre troisième journée chez nous. Vous serez donc punie et cela sera votre enseignant qui choisira la punition. Déclara Minerva

- Je crois que l'ignorance de Miss Lovegood est flagrante et malgré tout, j'ai foi en ses compétences en potions, que pensez-vous, Minerva, si elle passait ses soirs de semaines à faire du ménage dans la classe de potion et en étudier la matière? proposa-t-il, alors qu'il voyait l'adolescente secouer la tête

- En fait, Severus, je crois que ce serait bien si elle vous accompagnait dans la préparation des cours des premières et deuxièmes années, si vous dites qu'elle est aussi douée. Vous vous plaigniez de manquer de temps. Réenchérit-elle

Il hocha la tête. Ce n'était pas une mauvaise idée et il accepta, alors qu'Effie suppliait la directrice de ne pas lui faire subir cela. Elle les chassa de son bureau et il lui donna rendez-vous au lundi suivant. Elle pesta, ce qui le fit rire intérieurement. Elle était bel et bien la fille de sa mère, mais en la voyant partir, il ne put s'empêcher de penser à ses souvenirs. Qui était donc son père?

En entendant la voix de Luna, il sortit de ses pensées. Elle le regardait inquiète.

- Désolé, je pensais à ta fille. Tu savais qu'elle va maintenant faire comme sa très chère mère et m'aider dans la fabrication de potion? Cette fois-ci, ce sont pour les premières années. Lui expliqua-t-il

Voyant le regard de Luna se décomposer, il lui expliqua la situation, alors qu'elle soupira. Elle allait lui en vouloir de ne pas lui avoir parlé de Rogue, mais elle ne savait pas comment lui en parler. En bien? En mal? Cela restait son père!

- Pourquoi m'as-tu menti? lui demanda-t-il soudainement, alors qu'il déposa sa tasse. Elle fronça les sourcils. De quoi parlait-il? Je sais que le père de ta fille est en Angleterre et bien vivant. Tu n'avais pas besoin de m'inventer une histoire pour que je te laisse tranquille. Tu as fait ta vie et je l'accepte, je ne pensais pas que tu m'aurais menti pour cela par contre. Ce n'était pas comme si c'était ma fille. Je suis au courant pour le nôtre. Londubat me l'a si gentiment dit. J'ai eu de la difficulté à digéré, mais plus le temps passait, plus je comprenais pourquoi tu l'avais fait.

Elle déposa sa tasse à son tout en fermant les yeux. Bordel. Neville. Mais... Soudainement un détail attira son attention. Comment était-il au courant qu'elle avait menti? Il n'avait quand même pas osé?

- Minerva me laisse voir les souvenirs des élèves pour voir s'ils mentent lorsqu'ils sont convoqués dans le bureau et ta fille ne fait que penser à son père, continuellement. Lui avoua-t-il

Son cœur se serra. Elle le savait, trop bien même. C'était épouvantable qu'ils se retrouvassent si proche, mais pourtant si loin. Elle prit une grande inspiration. Elle devait lui dire, elle n'avait pas d'autre choix. Surtout aujourd'hui.

- C'est son 16ème anniversaire aujourd'hui.

C'était sorti tout seul. Il hocha la tête, il n'en avait absolument rien à faire et elle le voyait bien. Lui, si intelligent, pourquoi ne comprenait-il pas? Alors qu'elle allait être plus explicite, un hibou cogna à la vitre de l'appartement. Il ouvrit et prit la lettre.

- Poudlard. Désolé, je dois partir. Merci d'être venu, même si nous n'avons pas pu réellement discuter, je suis content que tu ne m'aies pas chassé de mon propre chez-moi. J'ose espérer qu'on ait le temps de se parler. Déclara-t-il, malgré tout agacé de recevoir cette missive, alors qu'il était avec elle et qu'il avait attendu autant de temps pour la voir.

Elle hocha la tête et regarda la porte. Elle ne pouvait pas croire qu'elle allait la traverser une nouvelle fois, de façon volontaire pour quitter ce lieu. Elle le salua et transplana directement à partir de son salon. Elle avait été interrompue et la prochaine fois, elle le savait, ce ne serait pas le cas.