Bonjour, tout d'abord, excusez-moi pour le temps que j'ai mis à écrire ce chapitre… il s'est passé beaucoup de choses, et en bref, je n'ai pas réussi à écrire une ligne pendant pas mal de temps, ce qui est flippant…
Comme toujours, les personnages d'amour sucré ne m'appartiennent pas, je ne fais que jouer avec.
Merci beaucoup à ma bêta, qui prend toujours le temps de corriger mes chapitre, en prêtant attention à ce que je ne vois pas.
Bonne lecture !
Ce soir-là, Kentin.
La chambre était calme, pas un son ne se faisait entendre. Les paroles de la mère d'Alexy continuaient de résonner dans la tête de Kentin, son cerveau se repassant toujours et encore cette même phrase : « Tu n'y es pour rien dans la mort de Dylan ». Si cela se révélai vrai, cela lui enlèverait un poids. Il se sentirait plus léger, capable de repartir à nouveau vers une autre vie, une vie dont il profiterait autant que possible. Une vie dans laquelle il ne se sentirait plus coupable.
La mère le laissa seul avec ses pensées, l'invitant à descendre manger quand il le voudrait, et lui demandant de faire comme chez lui. Mais Kentin resta dans la chambre toute la nuit, prévoyant l'alarme pour le lendemain matin. Il ne voulait pas se faire remarquer par son absence. Et même s'il aurait également préféré rester dans ce lit douillet, et ne pas devoir faire face à son bourreau, il ne pouvait se résoudre à montrer la moindre faiblesse. Ce que lui avait donné Dylan, c'était la force de tenir debout, quelles que soit les circonstances, et ce n'était donc pas maintenant qu'il était mort, que Kentin allait commencer à trahir sa mémoire. D'autant que celui dont il avait le plus à craindre, était le petit frère de son mentor.
Et puis, il n'était pas totalement seul. Il pourrait compter sur ses amis. D'abord les jumeaux et Lysandre, qui savaient ce qui venait de se passer, et qui ne laisseraient pas Castiel s'approcher de lui de sitôt. Et puis, il y avait les autres, eux non plus ne le laisseraient pas seul. Et Kentin savait bien que temps qu'il ne serait pas seul, Castiel n'attaquerait pas. Il lui arrivait de s'emporter, mais il n'était pas suicidaire, et surtout, il était plus intelligent qu'il n'y paraissait il ne ferait rien s'il n'était pas sûr que cela puisse fonctionner.
Le même soir, Alexy et Kentin.
Lysandre se tenait dans l'encadrement de la porte, regardant Alexy, allongé sur le lit de son frère. Il souriait, tout comme à son habitude. Cependant, Lysandre pouvait lire au fond de ses yeux ce qu'il ressentait vraiment : la peine de voir un être qu'il aimait tant dans cet état, de savoir tout ce qui lui était arrivé, et surtout, celle de savoir pertinemment qu'il ne pouvait rien y faire. Lysandre le regarda encore un peu avant de lui dire d'une voix douce :
« Tu n'as pas à supporter tout cela tout seul, tu sais ? »
Alexy l'interrogea du regard, se relevant sur ses coudes.
« Crois-tu réellement que je ne sais pas ce qui se passe dans ta tête ? »
Il avança vers le lit, et se posa au bout, détendu, fixant Alexy dans les yeux, pendant que ce dernier cherchait à fuir ce regard.
« Tu n'as pas à être seul. C'est normal d'avoir de l'empathie pour la personne que l'on aime. »
Alexy le fixa d'un air un peu affolé, et laissa échapper d'une voix presque perdu :
« Comment…
- Ne fais pas l'innocent, le coupa sèchement Lysandre, avant de reprendre avec plus de douceur. Je vois comment tu le regarde. Ce ne sont pas les yeux d'un ami que tu poses sur lui. Ce sont ceux d'une personne amoureuse. »
Alexy laissa échapper un souffle léger, et leva les yeux au ciel. Il retomba lourdement en arrière, demandant d'un air résigné :
« Comment le sais-tu ? »
Le silence se fit dans la pièce pendant quelques secondes, avant que Lysandre ne finisse enfin par lâcher :
« Parce que c'est le même regard que je pose sur la personne que j'aime. Un regard d'amoureux transi, résigné à voir la personne qu'il aime en aimer une autre.
- Je ne savais pas… ça fait longtemps ? »
Lysandre émit un petit rire dans un souffle.
« Ce n'est pas de moi dont on parle, mais de toi. »
Alexy se recroquevilla sur son oreiller, et laissant couler une larme, il demanda d'une voix cassée :
« Comment fais-tu pour tenir ?
- Je ne tiens pas, répondit Lysandre, se laissant aller dans un élan de mélancolie à son tour. »
Ils se blottirent dans les bras l'un de l'autre, réchauffant leur cœur de la chaleur corporelle de l'autre. Qu'il pouvait être bon de sentir quelqu'un auprès de soi lorsque tout allait mal…
Le lendemain matin, Kentin
Lorsqu'il entra dans la salle de bain le lendemain, après avoir été réveillé brusquement par la sonnerie stridente, et surtout agaçante, de l'alarme de son téléphone portable, Kentin vit la porte de l'autre chambre entrouverte. Y jetant un coup d'œil, il put y découvrir ses deux amis, enlacés dans les bras l'un de l'autre. Cette vision le fit sourire, il se rappelait de ces moments quand il était avec Dylan, et cela ne lui faisait plus mal, au contraire.
Il installa quelques-unes de ses affaires de douche avant de se mettre sous le jet d'eau, essayant par tous les moyens de ne pas penser à ce qui allait suivre.
L'eau froide réveilla son esprit et ses douleurs. Les somnolences du matin s'envolèrent, laissant apparaitre les courbatures et les douleurs. Peu à peu, il tourna le robinet sur une position plus chaude, et se laissa aller sous cette douce chaleur.
En sortant de la douche, il se vit dans le miroir, et son image lui fit peur. Son visage n'avait pas encore retrouvé toute sa vivacité, quelques traces de la souffrance qu'il venait de traverser étaient toujours présentes. Mais ce n'était pas cela qui le frappait le plus, ce n'était pas la première fois qu'il se voyait dans cet état. Non, ce qui le choqua, ce fut les traces des coups qu'il avait reçus la veille. Quelques ecchymoses étaient présentes sur son visage, mais ce n'était pas tout. Il vit également les traces sur son abdomen, coloré de nuances de bleu, de violet et de jaune. Des traces de poing ou de pied. Mais également des traces de mains au niveau des hanches, rappelant la violence de l'acte, comme si la douleur qui entourait le bas de ses reins n'était pas suffisante. Et puis, il y avait les traces des menottes qui l'avaient retenu prisonnier. Ses poignets étaient cerclés de rouge et perlés de bleus.
Il se dépêcha de se préparer, voulant cacher ces marques de sa vue le plus vite possible. Son tee-shirt et sa chemise habituelle serviraient à cacher son torse pendant que deux bracelets de sports noirs s'occuperaient de ses poignets.
Il descendit à la cuisine, et eut le plaisir d'y retrouver la mère d'Alexy, qui l'accueillit avec un grand sourire.
« Je pensais bien te voir descendre, mais pas si tôt.
- Je suis plutôt matinal comme garçon. D'habitude, je vais courir un peu, mais je ne pense pas le faire aujourd'hui.
- Ce n'est pas de cela que je parlais… »
Un ange passa pendant que les deux se regardaient d'un air grave. L'un reprochant à l'autre son retour trop rapide, l'autre assurant au premier qu'il allait bien, tout cela en un regard. Puis Kentin reprit, comme si de rien était :
« Vous n'auriez pas de quoi masquer ça, demanda-t-il en montrant son visage.
- Tu es salement amoché… Masquer tout serait impossible, mais on peut toujours limiter les dégâts, suis-moi. »
Elle l'emmena dans sa salle de bain, où Kentin pu faire la connaissance du père des jumeaux. Un grand homme, bien bâti, les cheveux blonds, de la même couleur qu'une barbe soigneusement dessinée, et des yeux bleus. Il était déjà prêt à partir dans son tee-shirt rouge à manches longues et son jean bleu, une pistolet accrochée au côté gauche de sa ceinture
« Enchanté, lui dit le plus jeune, lui dit-il d'un ton des plus poli, gardant son regard rivé vers l'arme. Désolé pour le dérangement, mais je n'avais nul autre endroit où aller.
- Ce n'est rien, tu es le bienvenu ici, lui répondit-il un sourire aux lèvres, comme tous les amis des jumeaux tant qu'ils ont un minimum de politesse. Je dois me rendre au commissariat donc je vous laisse. A plus tard, je l'espère. »
Il embrassa sa femme, puis sortit. Ensuite, cette dernière s'attela à la tâche qu'on lui avait confié avec le plus grand soin, et put cacher en grande partie les dégâts. Lorsqu'ils revinrent dans la cuisine, ils y trouvèrent Lysandre qui les attendait, accoudé au bar, les cheveux encore un peu mouillés de la douche qu'il venait de prendre. Il tiqua en voyant Kentin levé et prêt à sortir, mais ne dit rien à ce sujet.
« Alexy occupe la salle de bain, annonça-t-il. Il a dit qu'il n'en aurait pas pour longtemps, mais j'ai comme un doute…
- Et tu as raison, lui répondit Mme Leroy. Ce garçon ne sait pas se dépêcher lorsqu'il est dans une salle de bain… Mais passons, vous voulez quelque chose à manger ? J'ai fait des pancakes, mais il y a aussi de la brioche maison, ainsi que des céréales. Pour aller avec, confiture framboise-groseille maison et pâte à tartiner pétillante. Il y a aussi du thé, du café, du chocolat ou du jus d'orange. »
Les deux garçons regardèrent la femme avec de grands yeux, et Kentin dit :
« C'est plus une cuisine, c'est une épicerie ici ! »
Tous les trois rigolèrent ensemble, et prirent leur petit déjeuner, attendant le retour du dernier garçon. Il mit une bonne demi-heure avant de descendre.
« Tiens, il s'est dépêché pour une fois, annonça sa mère. »
Les deux autres la regardèrent, interloqués et dirent en même temps :
« Dépêché ?
- Bah oui, leur répondit-elle. D'habitude il lui faut bien une heure !
- He, protesta le principal concerné. Tu es ma mère, tu ne devrais pas te moquer de moi !
- Pardonne-moi mon chéri, lui dit-elle en lui donnant un baiser sur le front. Les cours sont dans vingt minutes les garçons ! »
Elle prit son sac et vint dire à l'oreille d'Alexy :
« Laisse-le y aller. S'il était dans le déni, je t'aurais dit de lui parler, mais je crois qu'il a accepté et qu'il veut faire face. Ton ami a vraiment une grande force mentale… »
Elle l'embrassa sur la joue et partie en faisant des grands gestes d'au-revoir.
« Ta mère est vraiment exceptionnelle, dit Kentin à Alexy. »
Alexy emmena son petit déjeuner sur le chemin, et ils sortirent tous ensemble, direction le lycée.
Voilà pour aujourd'hui. Un grand merci à tous ceux qui ont lu jusqu'ici. Ce n'est pas encore fini. Mais merci aux suiveurs, à ceux qui mettent en favoris, aux lecteurs fantôme et aux reviewers !
Un peu de Castiel dans le prochain chapitre, j'espère qu'il fera vous réconcilier, du moins un peu, avec lui… Sinon, des idées jusque là ?
