ouf j'ai bien cru ne jamais y arriver ... mon ordinateur ne voulait pas le poster celui-là !
sirius x severus : rassure toi, je ne suis pas inquiète, si tu me tue qui postera la suite ? (^^), donc je me sens en sécurité pour le moment. Une fois finie là par contre ...
J'aime bien ton côté psychopathe (j'en ai un moi aussi donc ...).
Désolé de te donner de faux espoirs, mais je suis sadique et je me suis dit, mettons des petits sous entendu à du yaoi pour bien marquer le coup (rire satanique).
Heureuse que tu aimes mon histoire, surtout sachant que le hétéro c'est pas ta tasse de thé favorite !
Tu as je le crains raison d'avoir peur pour Buliwyf, c'était bien lui le numéro 3. Mais avant que tu partes en pleurant de frustration, sache que je lui dédie une scène héroïque et un petit clin d'oeil pour lui dans le dernier chapitre ^^
Voilà j'en ai déjà trop dit !
Bisous et bonne lecture.
Chapitre 10 : chez les Wendels, adieu mon ami !
Edgtho était parti en reconnaissance, seul comme à son habitude. Il était rapide, discret et doué. Son ouïe et sa vue étaient bien meilleures que les leurs et il remplirait facilement sa tâche sans eux.
Peu de temps après il revint
« J'ai trouvé un passage. Mais il va falloir que nous laissions nos armures ici. Nous nous ferions repérer avec elles ! »
Ils commencèrent tous à enlever leurs armures.
Seul Helfdane refusa d'enlever son plastron. « Si tu veux que je l'enlève faudra m'embrasser », avait-il répliqué à Weath lorsqu'il lui en avait fait la remarque.
Weath s'était détourné en secouant la tête et l'un à la suite de l'autre, Rethel fermant la marche, ils avaient suivi Edgtho. Il conduisit jusque dans une crevasse, difficile d'accès, qui passait près d'une cascade.
La roche était glissante et ils durent s'aider les uns les autres pour passer sans risque.
Ils firent quelques pas de plus et devant eux s'étendit le camp de Wendels.
Le camp était construit tout le long d'un fleuve rapide, au milieu d'une forêt dense, qui coulait dans cette crevasse entre des montagnes. Il se poursuivait jusque là ou ils étaient et s'écoulait hors du plateau.
« Un camp parfaitement imprenable », commenta Herger entre respect et déception.
« Définitivement plus intelligent que nous ne le pensions », rajouta Buliwyf en croisant son regard.
Ils se penchèrent tous en avant, regardant attentivement les environs à la rechercher d'une caverne.
« Pas la moindre caverne ! », constata Weath alors, qu'ils s'allongeaient tous les uns à côtés des autres, afin de passer plus inaperçus.
« Si ! », intervint Mira en levant un doigt.
Ils se tournèrent vers elle, « il y en une … là » désigna-t-elle en montrant deux Wendels qui traversaient un pont suspendu, directement vers la falaise, à près de 20 mètres sous eux.
Ils se tapirent dans les broussailles, par mesure de prudence et Mira sentit l'un des bras de Herger passer sur sa taille et la rapprocher de lui.
« Dans la paroi ! », s'exclama Weath dès que le Wendel fut passé.
« Peux-t-on y accéder », questionna Buliwyf à Edgtho.
« Peut-être », répondit ce dernier en examinant le camp de ses yeux de lynx, « ils n'ont pas de chiens ! »
« Nous allons contourner ce flan et venir par là », poursuivit-il en désignant l'endroit précis, « ensuite nous traversons cette partie du camp et nous rentrons ! »
« Allons-y ! », commanda Buliwyf en reculant prudemment.
Les autres lui emboitèrent le pas, plus ou moins vite.
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Ils traversèrent le camp par groupe de deux ou trois. Edgtho avec Weath ; Skeld, Halga et Rethel ensuite et enfin, Buliwyf, Herger et Mira.
À un moment donné, Mira faillit se faire remarquer. Alors qu'elle passait entre deux huttes, un Wendel sortit de l'une d'elles. Elle se figea et voulut faire demi-tour, mais à quelques mètres derrière elle un autre approchait.
Herger assomma celui qui sortait et le rentra dans la hutte, tout en vérifiant qu'elle était vide. La chance était de leur côté, il n'y avait personne d'autre, il prit Mira par le bras et tous deux se cachèrent dedans.
Les autres aussi s'étaient dissimulés. Le Wendel qui approchait portait une peau d'ours sur la tête. Il passa sans se méfier entre deux huttes. Dissimulés derrière chacune d'elles, attendaient les autres, les épées sortie.
À peine fut-il passé qu'Edgtho lui sautait dessus et en une seconde le tué.
Ils le trainèrent vers la hutte où Herger et Mira étaient cachés et le glissèrent dedans. Avant de sortir, Herger tua celui qui était inconscient afin de ne pas prendre le risque qu'il donne l'alerte.
Edgtho prit la peau d'ours et la mit. Deux gardes étaient à l'entrée de la caverne. Jamais ils ne pourraient s'approcher autrement.
Dissimulé de cette façon il commença à se diriger vers eux, d'un pas tranquille, la peau d'ours dissimulant ses traits.
« Imelan qui lucud », lui dit un des Wendel en le voyant approcher.
Edgtho fit comme s'il n'avait pas entendu et se rapprocha. Peut-être voulaient-ils un mot de passe.
« itusé … itusé ! », s'exclama le Wendel en se redressant.
Edgtho était tout près de lui. Il abaissa une couverture sur sa tête et lui planta un poignard dans la tête.
Celui qui était à côté, une torche en même se redressa. Il ouvrit la bouche pour crier, mais la flèche de Rethel, venant de l'autre côté de la crevasse le transperça net.
Edgtho ôta la peau et la passa sur l'un des morts qu'il cala droit contre la paroi, en position de garde. L'autre corps, il le dissimula dans une alcôve sombre à l'abri des regards.
Il venait à peine de finir que les autres l'avaient rejoint.
Chacun prit une torche sur les murs et l'alluma. Ils avançaient en courant dans un labyrinthe de roches glissantes. À une intersection ils se retrouvèrent dans un cercle cinq passages s'offrant à eux. La lumière ne venait que d'un seul.
Edgtho jeta un coup d'œil et par signes, les invita à le suivre prudemment. Ils éteignirent les torches et avancèrent en rampant. Le passage débouchait sur une grande salle, où des centaines de Wendels mangeaient ou dormaient à mêmes le sol.
Ils suivirent un sentier sur le sol, tout juste assez haut pour cela. Leur avancée était lente. Edgtho était en tête, suivit de Buliwyf, Weath, Skeld, Helfdane, Mira, Herger, Rethel et enfin Halga fermant la marche.
Chacun de leurs gestes pouvait les faire repérer. Il y avait des Wendels de tous côtés, la plupart dormaient, mais si jamais l'un d'eux s'apercevait de leur présence, ils étaient morts.
En voulant passer, un petit amas de roches, Helfdane perdit prise et tomba. Cela aurait pu être sans conséquence si une pierre n'avait pas frappé son plastron.
Aussitôt ils se figèrent, les oreilles tendues, arrêtant presque de respirer.
Un Wendel avait entendu. Il releva la tête arrêtant de mâcher et tendit l'oreille.
Weath se tourna accusateur vers Helfdane. Ce dernier le regard articulant sans parler un « désolé », en secouant la tête comme si ce n'était rien.
S'il avait été debout, il aurait surement haussé les épaules et écarté les bras d'impuissance.
Derrière lui Mira s'était tapie sans respirer. Un Wendel était endormi juste au-dessus d'elle. Au moindre mouvement fâcheux, il pourrait se réveiller et signer leur arrêt de mort.
Elle ferma les yeux et pria de toutes ses forces. Elle priait Allah, Thor, Odin, … n'importe qui du moment que quelqu'un l'entende.
Herger regardait ses deux amis en souriant, la tête quand même rentrée dans ses épaules. S'il y en avait bien un qui trouvait la situation amusante c'était lui.
Enfin, après ce qui sembla une éternité, le Wendel se détourna et reprit son repas. Mira ne se demanda même pas ce qu'il mangeait. Elle ne voulait vraiment pas le savoir.
Ils purent reprendre leur traversé, heureusement sans nouveaux heurts. Ils débouchèrent ensuite sur un nouveau couloir, qui s'enfonçait encore plus dans la terre.
Ils durent retraverser un pont pour atteindre une autre galerie.
Herger regarda en l'air, dès qu'il eut traversé le pont, alors que Mira passait à côté de lui.
« Ah ! », s'exclama-t-il en levant sa torche, « à quelle profondeur de la terre sommes-nous ? » se demanda-t-il à voix haute.
Helfdane qui fermait la marche lui répondit méprisant, lorsqu'il passa près de lui, « assez profond pour la traverser ! »
Herger le regarda une seconde clignant des yeux puis le suivit en secouant la tête. Depuis qu'il avait bien failli les faires repérer, Helfdane râlait.
Le passage débouchait sur une grande salle. Contre le mur opposé, une représentation aussi haute que la salle, de la mère prenait une place importante.
Lorsqu'il les eut rejoints Herger faillit glisser. En se rattrapant, il entendit un craquement. Il baissa la torche et regarda sous ses pieds.
« Regardez par terre », héla-t-il les autres.
Ils se retournèrent prêts à frapper, mais constatèrent que des crânes étaient empilés contre les murs, les uns sur les autres jusqu'au plafond, formant des colonnes. Aux pieds de chacune de ces colonnes, il y avait des centaines d'os.
C'était sur l'un de ces os que Herger avait marché. Certains étaient encore sanglants, des morceaux de chair restaient accrochés.
Ils tournaient sur eux-mêmes, dans toute la salle, un spectacle similaire les accueillait.
À ses pieds Mira découvrit un médaillon. Il ressemblait un peu, dans le style en tout cas, à celui qu'elle portait au cou.
La signification lui apparut très clairement.
Elle releva la tête et croisa les regards de Herger, Halga et Skeld, qui étaient près d'elle. La même révélation se fit dans leurs esprits.
Qui que soit la personne à qui appartenait ce médaillon, il ou elle avait été amené ici et dévoré. Chaque os, était tailladé de petites marques, des marques de dents.
« Je me suis trompée ! », Mira regardait ce spectacle avec effarement, « ce ne sont pas des hommes ! »
Les autres se rapprochèrent, instinctivement, d'elle. Elle avait été la seule à les penser aussi humains qu'eux. Cruels, sauvages, mais humains tout de même.
Elle venait de découvrir que toutes ses espérances volaient en fumer.
Dans sa tête raisonnée les propos de la vieille femme, ''si tu ne prend pas garde tu resteras !''.
Jamais, se promettait-elle en suivant les autres dans le passage, que Buliwyf avait trouvé, jamais je ne serais prisonnière ici. Je me tuerais avant !
Buliwyf éteignit sa torche et tous l'imitèrent. Il avançait en rampant. Le bruit d'une cascade pouvait être entendu. Ils s'approchèrent et se penchèrent sur le bord.
À leur gauche un chemin continuait, le long de la paroi.
Le problème c'était que tout au long de celui-ci, des Wendels étaient regroupé autour d'un feu, en petits groupes. Plusieurs feux avec un Wendel à chaque fois, qui montait la garde et tout en bas un feu ou, dix individus formaient un cercle.
Il était impossible de passer par là sans se faire repérer.
« Si on passe par ce chemin-là », intervint Herger doucement, « on risque de les avoir tous à nos trousses »
Buliwyf hocha la tête, « on va passer par là », il tendit le doigt sur la droite, vers la cascade. De l'autre côté, par-delà l'eau, il y avait une colonne de roche.
« On descend la paroi, ensuite on nage »
Edgtho se redressa et sortit une corde de sous ses vêtements. Helfdane qui était près de lui le regarda interrogateur.
« Toujours être prêt à tout », répondit-il à sa question muette.
Il attacha la corde à une stalactite, pesant dessus afin de vérifier sa solidité et se glissa le long de la paroi, jusqu'à une petite plateforme à peu près plate, un peu plus bas.
Les autres commençaient à descendre prudemment vers lui, quittant le chemin.
« J'y vais ! » dit-il, avec un signe de tête vers eux.
Ensuite il se laissa rouler dans le vide. Par un effet de balancier, il parvint à atteindre l'autre paroi, en traversant la cascade. Il s'agrippa à la paroi humide et renvoya la corde.
Buliwyf l'attrapa et la tendit à Weath.
Ce dernier s'en empara et se plaça au même endroit qu'Edgtho avant lui.
Il respira un grand coup, anxieux et ferma les yeux avant de rouler sur sa droite. Il parvint lui aussi à atteindre l'autre côté. Edgtho avait déjà attaché une autre corde, qui leur permettrait de descendre dans l'eau.
Suivirent ensuite sans difficulté, Buliwyf, Skeld et Halga. Edgtho était déjà dans l'eau, avec Weath.
Ensuite ce fut au tour de Mira. Herger récupéra la corde, tout en prenant garde de ne pas glisser et la lui donna. Elle s'en empara et se mit en position sur le ventre. Avec inquiétude elle regarda dans le vide.
Herger se rapprocha d'elle en souriant, rampant sur le ventre, les pieds et les mains bien écartées, pour avoir l'adhérence suffisante.
« C'est ton tour ! », lui dit-il en regardant lui aussi en bas, le visage joyeux.
« L'altitude ce n'est pas ce que je préfère », répliqua-t-elle acerbe.
« L'altitude, le bateau » se moqua-t-il en souriant.
Alors qu'elle allait lui répondre, Herger saisit sa seule main qui ne tenait pas la corde et lui fit lâcher prise. Elle perdit l'équilibre et se rattrapa de toutes ses forces à la seule chose à sa portée, la corde.
Si jamais je mets la main sur lui, se dit-elle alors qu'elle traversait la cascade, il est mort.
Son arrivée contre la paroi fut brutale et elle eut le souffle coupé. Halga qui l'attendait, la prit par l'épaule et l'aida à se hisser.
Après un clin d'œil, il commença à descendre par l'autre corde. Mira se mettait en position elle aussi, lorsque Herger arriva à son tour.
En le voyant elle se figea et lui dit entre ses dents, les yeux brulants de fureur.
« Je te hais ! »
Herger la regarda en souriant gaiement, les cheveux plaquaient contre son crâne à cause de l'eau, certains dans ses yeux. Un son derrière eux, lui fit tendre la main vers elle et l'attraper. Levant un doigt il lui fit signe de se taire.
D'un même mouvement, ils tournèrent tous les deux la tête vers l'arrière. Helfdane et Rethel étaient plaqués contre la paroi.
« Restez là ! », leur dit Helfdane bas, en leur faisant un signe. Puis il se plaqua entièrement le souffle retenu.
Les Wendels passaient au-dessus d'eux sans les voir. Rethel et Helfdane ne bougeaient pas, c'était comme s'ils essayaient, de se fondre dans la paroi.
Mira glissa à un moment donné, mais Herger la rattrapa très vite et la remonta. Il la plaqua sur la roche et se mit sur elle, pour la dissimuler.
Ce qui en fait ne servait à rien, car s'ils se faisaient voir, s'en était fini d'eux.
Les Wendels passèrent sans les voir et ils purent respirer normalement tous les quatre. Herger renvoya la corde, pendant que Mira descendait et Rethel et Helfdane passèrent eux aussi.
Ils se retrouvèrent tous dans l'eau et nagèrent lentement, sans trop faire vague, vers le dernier feu.
Ils se hissèrent hors de l'eau en silence et sortirent chacun un couteau. Les Wendels leur offraient leurs dos.
Ils se disposèrent en ligne et après s'être concertés du regard passèrent à l'attaque. Chacun en abattit un et ils se retrouvèrent ensuite face à ceux des étages supérieurs.
« Montom cuida ! », hurla un d'entre eux, en les menaçant avec une arme. D'autres le rejoignirent.
Ils se tournèrent vers eux, leurs épées dehors, prêts à combattre. Mira combattait près de Halga, encore et toujours dans son ombre, prêt à l'aider au moindre problème.
Elle se battait avec hargne, peu désireuse de voir son ami venir à son secours et peut-être perdre la vie pour elle.
Les autres et particulièrement Rethel, laissaient exprimer leur haine envers leurs ennemis.
Le massacre auquel, ils se livraient était sanglant
Buliwyf s'avança, mais Herger l'arrêta pendant que les autres, retenaient les Wendels.
« Fonce ! », lui hurla-t-il, « vas la tuer ! »
Buliwyf hésita une seconde
« Tue la ! » insista Herger.
Derrière lui Mira combattait un Wendel. Elle fut malmenée quelques instants, puis se jeta sur lui et le tua.
Buliwyf le regarda, puis les autres, hésitant encore. Enfin, il fit demi-tour.
Herger le regarda s'engouffrer dans un passage étroit. Ensuite, il sortit son épée et rejoignit la mêlée.
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Buliwyf avançait prudemment sans torche. Il n'eut que quelques mètres à faire avant d'apercevoir une salle éclairée. Des lianes pendaient le long des murs et du plafond. En elles des crânes étaient noués.
Il écarta le premier rideau pour tomber sur un second. Cette foi-ci, c'était des têtes qui l'accueillirent.
Il les reconnaissait.
Hyglak, Ragnar, Roneth et Haltaf. Leurs têtes étaient là devant lui, leurs yeux vides et révulsés.
Il les regarda quelques instants, furieux. Un mouvement derrière eux, attira son attention.
Et il l'aperçut enfin.
La Reine, accroupie devant un feu, un Wendel devant elle et un serpent rouge et noir enroulé autour de son cou. Il arriva dans le dos du Wendel, face à elle.
Elle le vit et leva la tête. Son visage n'exprimait pas la peur. Ses yeux luisaient de haine dans la pénombre. L'homme se retourna et dans un cri le chargea. Il s'écarta et l'abattit sans peine.
Elle le regardait venir, un os entre deux doigts. Alors qu'il s'approchait, elle mit la pointe de l'os dans un bol devant elle, rempli d'un curieux liquide rouge.
Lentement elle se redressa, le serpent descendant le long de son corps. Buliwyf le suivit des yeux quelques secondes, vérifiant tout simplement qu'il s'éloigne en glissant sur les roches humides de la caverne.
La Reine se redressa et de sa gorge sortaient des sons aigus, comme des sifflements.
Elle se comportait comme un serpent. Un pied légèrement en avant par rapport à l'autre, elle se dandinait d'avant en arrière, la main tenant la griffe levée au niveau de sa tête.
Ils s'évaluèrent du regard quelques instants. Sur leur visage la même haine était inscrite. Avec un cri d'animal, elle essaya de le griffer. Il parvint à l'éviter et lui entailla la jambe.
Elle ne poussa pas le moindre cri de douleur, ses mouvements n'en étaient pas affaiblis.
Il songea un bref instant à ce que la vieille femme avait dit à Mira. La porteuse de la mère, doit être forte, pour que la mère soit forte. Effectivement, cette mère était forte.
Il comprenait qu'elle galvanise ses troupes pour les attaquer.
Elle leva les deux bras de chaque côté de sa tête, comme un ours.
Les sifflements avaient cessé, maintenant elle grognait comme l'ours qui était attaqué et qui se dressait sur ses pattes arrière.
D'un coup d'épée, il voulut lui trancher la tête, mais elle avait deviné et s'était baissé à temps. Son épée se prit dans les lianes et elle profita de l'occasion pour le griffer avec son os. Il lâcha l'épée de sa main gauche et la porta à son épaule droite.
Une douleur sourde commençait à le gagner.
Furieux, il se retourna d'un bond, serrant les dents et la décapita net. Elle n'avait pas prévu son mouvement cette fois-ci.
Au contraire elle s'était même offerte à lui, découverte. Elle ne devait pas s'attendre à ce qu'il bouge.
Sa tête commençait à tourner. Son épaule le démangeait.
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Ils avaient enfin réussi à repousser le gros de leurs forces. Mais d'autres allaient bientôt venir.
Herger se tourna en sueur, l'épée sanglante. Il aperçut Buliwyf revenir, son épée raclant sur le sol.
« Tu l'as tué ? », lui demanda-t-il en s'approchant de lui.
Buliwyf le regarda hagard, comme s'il ne comprenait pas. Herger fronça les sourcils.
« Ça y est », répondit-il lentement, « ça va être difficile de sortir », commenta-t-il en regardant par là où ils étaient venus.
Mira se rapprochait en courant. Elle prit le visage de Buliwyf dans ses mains.
« Il a été empoisonné ! », cria-t-elle en fouillant dans sa sacoche.
« Ils arrivent ! », cria Rethel.
En effet, le long du chemin qui serpentait le long de la paroi, ils pouvaient voir des torches.
« Ça ne peut pas attendre ? » demanda Skeld en se rapprochant avec angoisse.
« Non ! », répliqua-t-elle en sortant un flacon, « il faut administrer l'antidote tout de suite »
« Tu as un antidote ? », demanda Weath un peu plus loin, en surveillant l'avancée des Wendels.
« Je ne sais pas. Il faudrait pour que j'en sois certaine, que je sache ce qui l'a empoisonné », répondit-elle en faisant avaler à Buliwyf le contenu du poison, « ... et encore. Je ne m'y connais pas beaucoup en poison ! »
« Alors que lui fais-tu boire ? », demanda Herger en désignant le flacon avec son épée, puisque son autre main, tenait une torche.
« Un antidote aux poisons les plus répandus. Mon père l'utilisait souvent ... j'espère qu'il pourra être efficace ! »
Si nous avons de la chance, le poison sera l'un de ceux que la potion soigne »
« … Et dans le cas contraire ? », poursuivit-il
« Il mourra. Tout aussi surement, qu'il le ferait sans potion »
« Je voulais juste savoir ! », répliqua-t-il en se détournant.
Mira resta aux côtés de Buliwyf, la main sur son front. Sa température augmentait très vite et cela la rendait inquiète.
Helfdane et Halga se rapprochèrent. Chacun prit un bras du Roi et le passa autour de leur cou.
« Hé ! », les appela Weath, « il y a un passage de ce côté ! »
Ils s'y engouffrèrent, n'ayant pas vraiment le choix. Rethel et Herger fermaient la marche.
Rethel avait du mal à respirer depuis qu'il s'était pris un coup de massue, dans la cage thoracique.
Ils avaient les pieds dans l'eau.
Derrière eux ils entendaient les voix des Wendels qui les poursuivaient. Halga et Helfdane avaient des difficultés à courir en portant Buliwyf.
Les passages étaient étroits et le sol était rocailleux. Il leur fallait parfois se baisser, parfois sauter, parfois escalader. C'était très difficile de courir avec la raréfaction de l'air.
Finalement à bout de forces, Rethel s'effondra en trébuchant. Mira s'en aperçut et le rejoignit.
« Rethel ! », l'appela-t-elle.
Il était couché sur un tas de roche, la respiration sifflante. Il se retourna sur le dos et la regarda.
« Je suis à bout de forces ma petite Mira », lui dit-il lentement.
Il toussa et cracha du sang, « je vais rester dans ce tunnel ».
Mira secoua la tête les larmes perlant à ses yeux.
« Non Rethel ! »
« Ne soit pas triste pour moi. Ce fut une belle journée … oui … une sacrément belle journée », il leva une de ses mains et lui caressa la joue, « si j'avais eu une fille ...
J'aurais aimé qu'elle soit comme toi »,
son visage se rembrunit et il poursuivit sombrement, avec remords et surtout avec difficulté « Lorsque tu rentreras.
Dis à ma sœur que je suis désolé ... je suis désolé de ne pas l'avoir protégé ... »
Il toussa et quelques gouttes de sang perlèrent encore sur ses lèvres.
« Je te promets Rethel ... je promets », le rassura-t-elle les larmes coulant librement sur ses joues, malgré tout ses efforts d'être forte pour lui.
« L'oracle avait raison, tu as illuminé notre vie, durant ce temps avec nous ».
Il lui prit les mains et y plaça son arc.
« Rethel … » le supplia-t-elle.
Ils redressèrent tous les deux la tête en entendant les cris des Wendels.
« Va les rejoindre », la coupa-t-il en la poussant, vers le passage que les autres avaient pris.
Voyant qu'elle hésitait, il poursuivit « adieu Mira ! »
Elle lui sourit faussement confiante en lui serrant la main. Puis sans le regarder, ne pouvant supporter l'idée de l'abandonner, elle se leva et partit en courant.
Les larmes l'aveuglaient et elle peinait à avancer.
Rethel resta seul, la regardant partir résigner. Il n'avait pas su défendre un enfant ... au moins l'avait-il sauvé elle.
Une torche à la main, assis sur son tas de roches, il sortit son épée et attendit. Les Wendels ne les rejoindraient pas tant qu'il respirerait, cela il se le promettait.
Et il ne se laisserait pas tuer sans combattre.
Adieu mes amis, songea-t-il en apercevant les premiers de Wendels au bout du long couloir, adieu mon frère !
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Elle les rattrapa facilement, dans une petite salle. Alors qu'elle escaladait, en respirant difficilement entre ses hoquets, la roche.
Herger se tourna vers elle, il ne posa aucune question en la voyant revenir en larmes, avec l'arc de Rethel. Les faits parlaient d'eux-mêmes.
Il l'aida à descendre la paroi et la tenant toujours, l'entrainait à sa suite.
« Nous devons suivre le courant ! », ils couraient à la suite des autres, passant entre deux murs, « il doit bien déboucher quelque part »
Mais la salle où ils arrivèrent était un cul-de-sac. Herger contempla la paroi la bouche ouverte.
« Le courant disparaît sous la roche », dit Edgtho en regardant Herger avec lassitude et en leur éclairant ladite sortie.
Ils étaient piégés. Helfdane posa Buliwyf à terre et se tourna. Il aperçut Mira tenant religieusement l'arc de Rethel. Son visage se crispa en comprenant qu'il ne reverrait jamais son frère.
Il se rapprocha d'elle et posa une main sur l'une de ses épaules, contemplant l'arme lui aussi. Une part de lui, voulait se précipiter en arrière, mais au fond de lui il savait cela inutile.
Cet arc était tout pour Rethel, il n'avait jamais laissé personne y toucher.
Pour qu'il l'ait donné à quelqu'un, même Mira qu'il affectionnait beaucoup, en dépit des apparences fausses de taciturne, c'était qu'il se sentait mourir.
Adieu mon frère ... adieu Rethel.
Skeld surveillait le passage derrière eux. Buliwyf voulut se relever mais s'effondra. Immédiatement, Mira était près de lui.
« Buliwyf ! », s'inquiéta-t-elle.
« Ça va … ça va », la rassura-t-il doucement.
Herger les regardaient, avant de regarder Skeld. Les voix des Wendels se firent entendre au loin avec le son d'un combat. Puis ils entendirent un cri.
Ils serrèrent tous les dents, sachant que c'était Rethel, qu'ils venaient d'entendre. Son dernier message avant la mort, son dernier geste envers eux.
« Nous allons nous battre deux par deux ! », ordonna Herger, prenant la tête de leur groupe, devant la faiblesse de Buliwyf, « pendant que les autres se reposeront ! »
Chacun d'entre eux sortit son épée. Herger alla se placer près de l'entrée du cul-de-sac, près de Skeld.
Les cris se rapprochaient.
« Ils arrivent ! », prévint-il les autres.
Un grondement se fit entendre au-dessus d'eux. Weath commença à rire.
« … Et pour tout arranger il va pleuvoir ! » s'exclama-t-il en riant.
Les autres le rejoignirent dans son amusement, relâchant un peu la pression.
Mira se retourna vers eux, « il va pleuvoir ! », répéta-t-elle. Elle se releva et se rapprocha de la paroi.
« Cela inquiète notre demoiselle », surenchéri Weath en riant.
Un dernier rire avant de mourir.
« Attendez … attendez », cria-t-elle, « taisez-vous ! »
Ils arrêtèrent de rire et la regardèrent surpris.
« Le tonnerre ! », elle leva la tête vers Edgtho.
Ce dernier écarquilla les yeux, comprenant ce qu'elle disait, « c'est le bruit des vagues … la falaise tonnerre ! »
« Il y a du ressac », poursuivit-elle, « il y a du ressac … ici ! » acheva-t-elle en montrant l'endroit ou l'eau disparaissait sous la paroi.
« Peux-t-on nager vers la sortie ou risque t-on de se noyer ? », questionna Edgtho en regardant ses compagnons à tour de rôle.
Ils se regardèrent les uns les autres. Buliwyf assis par terre se redressa, « il faut essayer ! », dit-il le ton sans appel.
Ne gardant qu'une seule arme, leur épée souvent, ils sautèrent en simple pantalon et chemise, ils sautèrent dans l'eau.
Mira conserva également l'arc de Rethel, qu'elle cala dans son dos.
Weath et Edgtho qui étaient de bons nageurs, aidèrent Buliwyf.
Pendant ce temps les autres les suivraient.
Ils disparurent tous les trois. Halga et Skeld sautèrent à l'eau et disparurent aussi. Enfin Herger et Mira rentrèrent eux aussi dans l'eau.
« Ce qu'il faut se dire », commença Herger en riant, « c'est que s'ils ne nous suivent pas … c'est que c'est trop loin pour survivre ! »
Il éclata de rire alors que Mira le regardait, avec un petit sourire. Ils prirent une grande respiration et eux aussi disparurent sous la paroi.
Il était difficile de se repérer, tout était si sombre. Ils avançaient sous l'eau en file indienne, Edgtho en tête. C'était à lui que revenait la tâche de trouver une sortie.
Le passage n'était pas toujours très large. Helfdane et Halga particulièrement eurent quelques difficultés, mais heureusement, ils ne restèrent pas bloqués.
Au bout de quelques secondes qui semblèrent des heures pour eux, ils aperçurent de la lumière venant d'un petit passage en remontant.
Edgtho s'y engouffra et ils le suivirent.
Ce passage leur permit de sortir de la caverne sous-marine et de s'engouffrer dans la mer. Ils redoublèrent d'efforts pour rejoindre la surface, l'air commençant à leur manquer.
Lorsque Mira sortit la tête de l'eau elle respira avec empressement, prenant une grande respiration. Elle avait vraiment cru ne pas y arriver. Ses poumons la brulaient à force de retenir sa respiration.
De manière générale s'était toujours Herger qui trouvait le temps de rire de chaque situation. Mais pour une fois, ce fut elle qui, alors qu'ils pataugeaient joyeusement en rond, éclata de rire la première.
Les autres la suivirent et cette fois-ci, contrairement au rire qui les avait secoués dans la caverne, c'était un rire de joie et de soulagement et non de résignation.
Ils se laissèrent conduire par les vagues jusqu'au rivage. Une fois sur la terre ferme, ils s'effondrèrent, en soupirant. Pendant quelques minutes ils restèrent ainsi, à regarder le ciel au-dessus d'eux.
Enfin une fois leurs esprits repris, ils se relevèrent et rejoignirent le lieu où ils avaient laissé leurs chevaux.
À toute bride battue, ils galopèrent vers le château.
Il fallait maintenant soigner Buliwyf.
J'espère qu'arrivé ici vous n'êtes pas déçus ?
C'est un passage très dur à écrire j'ai trouvé, bien plus dur que la première bataille !
Comme toujours, je vais essayer de poster dans deux jours ! un chapitre dédié à notre couple préféré (^^fallait bien y arriver à un moment donné au M) et un autre à ... (je vous dit rien de plus ... venez lire ^^)
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