Un grand merci à Justiine, tititaisant, caramelise, Vozrozhenyie, Opalle, cafrime, caroline, inconnue, RUBIKA666, Xylo et lumibd qui ont laissé une review pour le neuvième chapitre.

Et voilà le dixième chapitre, je vous souhaite une bonne lecture.

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Auteur : Sephora85

Titre en anglais : Until the day you die

Titre en français : Jusqu'au jour de ma mort

Traducteur : DiagonAlleyParis

Disclamer : Les personnages de Harry Potter appartiennent à J.K. Rowling

Beta Reader : Lily Petite Etoile qui me relit et corrige mes imperfections.

Sujet : La guerre est terminée. Voldemort a gagné et Ginny Weasley est donnée en tant qu'esclave à Lucius Malfoy. Cette histoire est racontée selon le point de vue de Ginny Weasley.

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Jusqu'au jour de ma mort

Chapitre 10 : Perte de l'innocence

Du sang.

Il y en a partout,

Du sang.

Je peux le flairer, le voir, le sentir.

Il y en a partout.

Des yeux morts, des yeux vides, partout.

Tout le monde est en train de mourir, ils sont morts.

Mes frères, mes parents, mes amis, tout le monde souffre, saigne à mort, juste en face de moi et il n'y a rien que je puisse faire.

Le sang. Il se colle à ma peau, à mes cheveux, à mes vêtements.

Il est partout.

Du sang… Du sang… Du sang…

J'essaie de courir. De m'éloigner de ces images, de tout ce sang. Je cours mais je ne bouge pas.

Du sang, il y en a partout.

Je commence à pleurer et à crier, encore et encore. Je pleure et crie.

Je sens les griffes froides de la mort qui m'attrapent et qui essaient de m'attirer dans leurs noires profondeurs.

Je commence à me débattre et je pleure.

C'est fini, tout est fini.

Mais ensuite, il y a un chaud contact et je me sens être tirée hors de l'obscurité et du froid pour être réchauffée. Je me presse fermement contre cette chaleur, m'agrippant à elle comme si cela allait me sauver la vie.

Les images du sang, de la mort, des yeux vides disparaissent peu à peu dans le néant et tout cela cesse de me hanter pour l'instant.

Je commence à sangloter tandis que j'essaie de me tirer de mon rêve, que je m'oblige à venir à la réalité.

Lentement, j'ouvre les yeux et je sens un corps chaud pressé contre le mien. Je me colle à cette chaleur, je m'agrippe fermement à celle-ci tandis que je sanglote de tristesse et de soulagement.

De tristesse, parce que je connais tant de choses que j'ai vu dans ce cauchemar, celles-ci n'étaient pas de simples fantasmes de mon esprit mais de vrais souvenirs, d'horribles choses dont j'ai été le témoin il y a seulement quelques semaines.

De soulagement, parce que je sais que ce cauchemar est désormais terminé, que ces horribles images ne peuvent plus me hanter, me blesser.

Mon visage est pressé contre une poitrine et mon corps se raidit aussitôt. Je me souviens où je suis, je me souviens avec qui je suis allongée dans ce lit, je me souviens de la personne qui me tient.

En hâte, je m'éloigne et regarde toute choquée les deux yeux gris qui me fixent sans émotion. Son pâle visage est seulement illuminé par la lune qui éclaire la pièce à travers les grandes fenêtres.

Je remarque que sa poitrine est humide en raison de mes larmes et je ne peux pas croire que je me sois agrippée à lui, que j'ai recherché du réconfort dans ses bras. Les bras d'un mangemort, les bras d'un meurtrier, les bras d'un homme qui ne connaît aucun remords, aucune pitié. Mais il m'a tenu dans ceux-ci, n'est-ce pas ?

Pourquoi ne m'a-t-il pas tout simplement ignorée ou repoussée ? Pourquoi ne m'a-t-il pas crié dessus pour que je me taise ? Pourquoi n'a-t-il pas ri de moi, ne s'est-il pas moqué de moi pour mon cauchemar ?

Son expression n'a toujours pas changé, ses yeux sont comme deux profondes billes froides.

N'a-t-il jamais eu de cauchemar ? Non, je ne le pense pas.

Seules les personnes ayant une conscience, ayant un cœur, ont des cauchemars, mais pas les salauds au cœur froid comme lui.

« Pourquoi me regardez-vous comme cela ? » me demande t-il finalement, une légère trace d'impatience est palpable dans son ton. Je suis arrachée de mes pensées et je le fixe avec des yeux ronds.

« Je… Je ne sais pas », dis-je en murmurant, toute hésitante et je suis toute contente d'augmenter l'espace entre mon corps et le sien.

Il soupire et saisit mon bras. Je couine toute surprise mais je ne me débats pas quand il m'attire à lui, car cela ne servirait à rien de toute façon.

« Vous avez eu un cauchemar », dit-il doucement.

« Hum… sur la bataille finale », dis-je en chuchotant et je me demande pourquoi je lui dis quelque chose comme ça.

Il hoche la tête, son masque impassible ne faiblit pas. Comme peut-il rester ainsi, sans émotion ? Comment peut-il resté si détaché alors que les autres souffrent ?

« N'avez-vous jamais eu des cauchemars au sujet de la guerre ? N'avez-vous jamais vu le visage des gens que vous avez tué et torturé dans vos rêves ? Est-ce que tout ce sang que vous avez fait couler ne vous hante pas ? », dis-je tandis que je veux me gifler pour lui demander de telles choses. Je suis apparemment incapable d'éviter de le mettre en colère. Avec hésitation, je contemple son visage mais il ne semble pas être furieux mais plutôt songeur.

« Non, je n'ai jamais eu de cauchemar. J'ai vu du sang toute ma vie. Cela ne me dérange pas », explique t-il calmement, il ferme ses yeux et repose sa tête sur l'oreiller.

Je le regarde pendant un moment, en fait, je ne crois pas ce qu'il vient de dire. Mais je me dis à moi-même qu'il n'est qu'un foutu salaud au cœur de pierre, ainsi donc pourquoi aurait-il des cauchemars ?

« Dormez et cessez d'avoir ce regard ahuri », dit-il finalement d'une voix traînante.

Je ferme les yeux et laisse le sommeil me submerger.

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D'un air fatigué, je descends les escaliers en direction du rez-de-chaussée. Après mon cauchemar, je n'ai pas vraiment bien dormi. Je traverse le hall d'entrée et entre dans la salle à manger. Je m'arrête brusquement en voyant Rodolphus Lestrange qui est assis à la table à côté de Lucius.

C'est Lucius, maintenant. Je me gronde intérieurement pour avoir oublié ma haine pour lui, même si ce n'est seulement que pour un instant.

Lestrange et Malfoy lèvent les yeux de leur assiette et me regardent, cela me met mal à l'aise. Je me dirige en hâte vers eux en essayant d'ignorer leurs regards. Malfoy m'indique de prendre place à côté de lui, bien que j'aimerais avoir davantage d'espace entre lui et moi, surtout après l'avoir agrippé la nuit dernière. Je m'assieds donc à ses côtés.

Je remarque que Lestrange est encore très pâle, il ne semble pas avoir pleinement récupéré. Cela ne me surprend pas, vu la quantité de sang qu'il a perdu hier, c'est un miracle qu'il soit encore en vie. Il aurait mieux valu qu'il meure.

Je me souviens de ce que ma mère avait toujours tendance à dire que personne ne méritait de mourir, pas même les mangemorts.

Un sanglot se meurt dans ma gorge et cela me fait presque suffoquer. Je suis sûre que ma mère aurait changé d'avis aujourd'hui. Je sais même qu'elle l'a fait. Je l'ai vu se battre sur le champ de bataille. Je l'ai vu jeté des sorts avec une farouche détermination. Je l'ai vu tuer Bellatrix Lestrange après qu'elle eut lancé le sortilège de la mort sur George.

Un autre sanglot force son chemin mais je l'avale d'un coup. Des larmes me piquent les yeux à la pensée de ma famille, de ma merveilleuse, attentive et aimante famille. Je cligne les yeux pour m'ôter ces stupides larmes et je ravale ma tristesse. Je ne vais pas pleurer devant eux. Je ne vais pas leur donner la satisfaction de me voir brisée.

Je lève mon regard de mon assiette et j'observe discrètement Lestrange. Je me demande s'il sait que c'est ma mère qui a tué sa folle épouse. Je suppose que non, car alors ma mère serait déjà morte maintenant.

Mais qui dit qu'elle est encore en vie ? Je n'ai pas vu mes parents ou mes frères depuis la bataille finale. Ils pourraient être morts maintenant. Ils pourraient être morts de faim ou avoir été torturés.

Lentement, ma gorge se resserre toute seule. Ils ne sont pas morts, j'essaie de me convaincre moi-même que Malfoy me l'aurait dit si c'était le cas, n'est-ce pas ? Non, il ne l'aurait pas fait, parce que qu'il ne pourrait plus me faire chanter.

Une seule larme coule le long de ma joue jusqu'à ce qu'elle tombe de mon menton sur la surface lisse de la table.

« Je ne comprends toujours pas comment la sang de bourbe a réussi à avoir le mot de passe. Comment a-t-elle pu s'échapper ? », dit Lestrange d'un air grincheux.

Malfoy me regarde pendant une seconde et il me donne un coup d'œil pleins de reproches avant de déclarer d'une voix traînante : « Elle a toujours été intelligente. Elle a probablement lu quelque chose à ce sujet dans l'un des milliers de livres qu'elle aime tant. »

Je déteste la façon sournoise avec laquelle il parle d'Hermione alors qu'il ne la connaît pas. Comment peut-il juger quelqu'un juste en fonction de son sang ?

« Tu devrais faire attention, Lucius, ou ta petite rouquine se sauvera comme la sang de bourbe », déclare Lestrange en souriant.

« Je sais comment gérer les femmes, Rodolphus. Tu aurais du mieux traiter la sang de bourbe », dit-il d'une voix traînante.

« Ainsi donc, tu es un gentleman ? Est-ce qu'il vous traite gentiment ? », demande Lestrange tout amusé en me regardant d'un air interrogateur.

Malfoy répond à ma place. « Dans la mesure où elle fait ce que je veux, je la traite d'une façon appropriée. »

Je ne peux m'empêcher de laisser s'échapper un grognement sarcastique de mes lèvres.

« Eh bien, il semble que ton épouse ne soit pas d'accord avec toi, Lucius », s'exclame Lestrange avec dérision.

Je peux voir du coin de mes yeux comment Malfoy me fixe.

Je suis soulagée quand ils changent de sujet de conversation pour parler des affaires du Ministère. Je peux seulement espérer que Malfoy n'est pas en colère contre moi pour l'avoir embarrassé devant un autre mangemort.

Lestrange quitte le manoir Malfoy après le petit déjeuner et Malfoy disparaît également. Je vais m'asseoir sur le rebord de la fenêtre dans le salon et je contemple rêveusement les vastes jardins. J'ai toujours aimé passer du temps dans le jardin autour du Terrier mais ces temps-là sont révolus.

Je veux voir mes parents et mes frères. Je dois simplement savoir s'ils sont encore en vie. Azkaban doit être terrible pour eux. Je n'ai pas le droit de m'apitoyer sur moi-même car je suis nourrie et je vis dans un manoir tandis qu'ils meurent probablement de faim et qu'ils sont enfermés dans une petite cellule humide.

Si seulement je pouvais les aider comme j'ai aidé Hermione. Cela serait tellement plus facile si ma famille allait bien. Je dois le savoir, peu importe comment. Je sais qu'il n'y a qu'une seule façon d'aller à Azkaban pour leur rendre visite. Je dois le demander à Malfoy.

Même si, je sais que c'est une idée folle et qu'il va probablement me le refuser de toute façon. Je dois au moins essayer une fois.

Je me lève du rebord de la fenêtre et quitte le salon. Je monte les escaliers et j'arpente d'un air incertain le couloir du deuxième étage car je n'ai jamais encore été dans son bureau. Avec hésitation, je m'approche d'une porte sur ma gauche par laquelle passe du bruit.

J'avance encore un peu plus et j'entends Malfoy qui parle avec une voix féminine. Je me demande s'il a une maitresse et je sens la curiosité monter en moi. Non sans hésitation, je lève mon bras et frappe à la porte. Les voix se taisent et après quelques secondes, celle-ci s'ouvre ; Malfoy se tient devant moi et il m'observe d'un air interrogateur.

« Que faites-vous ici ? », demande t-il dune manière accusatrice.

« Je veux vous demander quelque chose », dis-je et je réalise combien il était stupide de venir à son bureau. Il ne sera jamais d'accord.

Je remarque un grand tableau accroché au mur, une femme avec de longs cheveux blonds, c'est Narcissa Malfoy. Parlait-il avec son épouse qui est sur celui-ci ? Il doit y avoir quelqu'un d'autre dans la pièce. Je me demande pourquoi il fait quelque chose comme ça.

« Vous vouliez me demander quelque chose ? », répète t-il, en levant les sourcils d'un air interrogateur, tandis qu'il referme la porte derrière lui, me priant ainsi de la vue sur le tableau de sa femme. Il semble être d'une étrange humeur, presque triste.

« Oui… Je… Je voudrais voir mes parents et mes frères… s'il vous plait », dis-je en murmurant tranquillement en le regardant, incertaine.

« Pourquoi devrais-je vous laisser aller les voir ? », demande t-il avec un intérêt mitigé.

« Je veux juste parler avec eux et m'assurer qu'ils sont encore en vie… » Ma voix tremble légèrement, ma tristesse fait ressortir le meilleur de moi.

« Bien que je dois me rendre demain matin à Azkaban, je ne peux pas vous emmener avec moi », dit-il brusquement d'une voix traînante.

« Pourquoi ? », dis-je désespérée.

« Les Détraqueurs sentiront que vous êtes innocente et je ne veux pas prendre le risque que quelqu'un décèle que je n'ai pas jusqu'à présent consommé notre mariage. On pourrait croire que je deviens doux », explique t-il sans émotion et il fait demi-tour pour retourner dans son bureau.

Je le saisis par le bras sans même y réfléchir. Il me fait face, ses sourcils se soulèvent d'un air interrogateur.

« Il doit y avoir un moyen… », dis-je en murmurant pleine d'espoirs.

« Je pourrais continuer là, où je me suis arrêté la nuit derrière mais je ne pense pas vous aimeriez cela », dit-il en raillant.

Je sais que je vais regretter ma décision mais il ne s'agit pas seulement de moi, mais également de mes parents, de mes frères. Je dois juste me sacrifier un peu alors ma famille souffre. Il aura de toute façon mon corps, car je suis sa femme après tout.

« Je… Je tiens à vous accompagner demain… »

Ses yeux gris m'observent attentivement, son visage a une étrange expression. « Etes-vous en train de me dire que vous voulez consommer notre mariage, afin de pouvoir aller voir votre famille à Azkaban ? »

« Je… Oui… », dis-je en marmonnant, cela ressemble plutôt à un murmure et mon estomac se resserre douloureusement.

Il se rapproche de moi et me prend le menton. Il me fixe bien au fond des yeux, il affiche un petit sourire satisfait sur son visage. « Si vous m'arrêtez, je ne pourrais pas vous emmener avec moi et vous ne verrez pas vos parents. Vous le savez, n'est-ce pas ? »

« Je le sais », dis-je tranquillement.

Il hoche sèchement de la tête. «Bien. Je dois maintenant travailler, mais ce soir, nous aurons du temps pour l'un l'autre », dit-il doucement.

C'est sur des jambes flageolantes que je retourne au salon et je l'attends jusqu'au soir, comme un condamné qui attend son exécution. J'essaie de bloquer toutes pensées à propos de la future consommation. J'essaie de penser à ma famille que je vais de nouveau pouvoir voir.

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Je suis étendue sur le lit et j'attends que Malfoy me rejoigne car il continue à travailler. Un peu plus tard, la porte s'ouvre et il entre dans la pièce. Sans dire un mot, il va dans la salle de bains. Il a l'air stressé, mais pas suffisant comme je l'avais prévu.

Je tire la couverture encore plus sur moi, je prends une grande aspiration et j'essaie de calmer les battements de mon cœur. Je me dis à moi-même qu'il n'y a rien que je dois craindre. Jusqu'ici, il n'a pas été cruel quand il m'a touché, alors peut être que cela ne sera pas si mal.

Je suis arrachée de mes pensées quand il sort de la salle de bains et qu'il se dirige vers le lit. Je regarde comment il enlève sa robe de chambre noire pour ne garder que son slip noir. Il s'assied à côté de moi et me fixe. « Alors, voulez-vous toujours le faire ? », demande t-il tandis qu'il m'attire à lui.

« Oui », dis-je tranquillement. Je dois voir mes parents, je leur dois cela.

Il se penche un peu plus sur moi et prend mes lèvres. Il les sépare et sa langue va se promener à travers ma bouche, explorant tous les recoins de celle-ci. Je ferme les yeux et essaie d'apprécier le baiser.

Ses mains se déplacent vers mes seins et il les caresse doucement à travers le fin tissu de ma chemise de nuit. Le baiser est assez agréable, surtout si je réussis à oublier que c'est mon ennemi qui est en train de m'embrasser. Je le prends par le cou avec hésitation tandis qu'il m'enlève mon vêtement.

Je me concentre uniquement sur le baiser et j'ignore tout le reste. J'essaie d'empêcher mon esprit de réfléchir. Ses lèvres se promènent sur ma gorge et il suce doucement ma clavicule avant de passer à mes seins. Je frissonne un peu et j'ai la chair de poule.

Sa main glisse sur la douce peau de ma cuisse et je dois me retenir afin de ne pas me raidir à son contact. Si c'était juste quelqu'un d'autre, cela serait beaucoup plus facile. Il saisit ma culotte et la tire vers le bas. Je me raidis même si j'essaie d'être détendue, mais je me sens très vulnérable sans aucun vêtement pour me protéger.

Apparemment, il ne remarque pas ou alors il s'en fiche totalement quand il me fait écarter les jambes et qu'il me caresse là où personne ne m'a jamais touché à part moi. Un doux gémissement s'échappe de mes lèvres, cela me surprend moi-même.

Je garde mes yeux fermés car je ne veux pas voir qui me touche. Cela pourrait être n'importe qui mais je sais que ce n'est pas le cas. C'est mon ennemi, un mangemort, l'homme qui est responsable de tant d'horribles actes et je le laisse me toucher. Je repousse ses pensées hors de mon esprit. Je ne peux pas, je ne vais pas penser maintenant à ces horreurs ou alors je vais craquer et par conséquent, je ne verrai plus jamais ma famille.

Je dois être forte. Je vais être forte. Je suis une Weasley après tout. Non, je suis une Malfoy, me murmure une petite voix dans ma tête.

J'essaie de me détendre mais il y a trop de choses qui tourbillonnent dans mon esprit. Je sens sa main qui est encore entre mes cuisses mais je ne ressens rien d'autre. Je suis quelque peu engourdie.

Ses lèvres reviennent sur les miennes alors qu'il se positionne entre mes jambes. J'ouvre les yeux et le fixe ses deux billes grises. Pendant un instant, il semble hésiter mais son habituel masque impassable reprend le contrôle sur son visage. Son érection se presse contre moi et je me raidis encore plus, alors que je veux me détendre mais mon corps n'obéit pas à mes ordres.

« Cela va faire mal », murmure t-il d'une voix rauque avant d'intensifier le baiser et de commencer à me pénétrer.

Je gémis contre ses lèvres, la douleur me submerge. Je me sens comme déchirée en deux, je ferme les yeux et j'essaie de bloquer celle-ci quand il entre complètement en moi. Je ne peux empêcher mes yeux de se remplir de larmes et un faible sanglot s'échappe de ma bouche.

Il s'immobilise et je sens sa main qui m'enlève une mèche de cheveux de mon visage mais je ne ressens que de la douleur. Quand finalement, il commence à bouger, je me mords la lèvre inférieure afin de me distraire de tout ce mal qu'il me provoque. Ses mouvements sont lents et prudents mais mon corps est tout simplement trop tendu.

Je laisse s'échapper un autre gémissement et il cesse de bouger. J'ouvre les yeux et je le regarde au fond de siens qui sont gris. Son visage est vide de toute émotion mais il y a quelque chose dans ceux-ci, quelque chose proche de la compassion.

Je sens qu'il se retire doucement de moi, son corps libère le mien puis il s'allonge à côté de moi sur le lit. Je le fixe, incapable de croire qu'il ait montré de la pitié. Il n'a pas joui et il s'est arrêté à cause de moi. En silence, il se jette sur lui un sort de nettoyage avant de m'ôter le sang entre mes cuisses.

« Je dois aller dans la salle de bains », dis-je alors que je tire la couverture pour me couvrir et je me lève du lit. Il me regarde calmement et ne dit pas un mot.

Je me précipite dans la salle de bains et ferme la porte derrière moi. Ma respiration est saccadée et je me laisse tomber à terre. J'attire mes jambes contre ma poitrine et je sanglote dans mes genoux.

Des vagues de honte me submergent, honte de ce que j'ai fait, honte de ce que j'ai laissé faire. Je me suis donnée à un mangemort, à l'homme que ma famille déteste le plus au monde, à un meurtrier, au plus fidèle des disciples de Voldemort.

Il est mon mari, me murmure une autre voix tranquillement. Je l'ai fait pour mes parents, pour mes frères. J'essaie de me réconforter moi-même mais je me sens encore comme une traîtresse. Je lui ai demandé de le faire, j'étais d'accord.

S'il m'avait forcé, cela aurait été beaucoup plus facile parce que j'aurais pu lui reprocher, j'aurais pu le détester. Maintenant, je ne peux seulement me blâmer moi-même pour ce qui s'est passé.

J'entends la porte qui s'ouvre et je m'arrête de pleurer. Avec hésitation, je lève la tête de mes genoux et je regarde l'homme qui se tient dans l'embrassure de la porte. Il me fixe et s'adosse à celle-ci, il ne porte que son slip noir.

« Avez-vous mal ? », demande t-il sur un ton non affecté mais il y a une once d'émotion dans ses yeux.

Je le contemple à travers mes yeux remplis de larmes et je secoue lentement la tête. La douleur est supportable et elle n'est certainement pas l'unique raison pour laquelle je pleure.

« Alors, pourquoi pleurez-vous ? », demande t-il, il semble ébahi.

Un rire amer s'échappe de ma bouche. Je ne pense pas qu'il soit capable de comprendre, il ne comprendra jamais les angoisses qu'une conscience peut provoquer chez une personne.

« Vous ne comprenez pas et vous ne pourrez jamais le faire, parce que vous êtes un sans cœur », dis-je en chuchotant.

« Si vous le pensez », dit-il d'une voix traînante et saccadée. « Maintenant, venez. Je veux dormir. Nous devons nous lever de bonne heure demain matin pour aller à Azkaban. »

Il me prend par le bras et me remet sur mes pieds, puis il me mène dans la chambre. Je m'allonge sur le lit, la couverture enveloppant encore mon corps. Il a un sourire méprisant sur son visage quand il m'enlève celle-ci et que ses bras me prennent par la taille.

Je ferme les yeux d'un air fatigué et je réalise que je commence à m'habituer peu à peu à sa proximité et cela me terrifie.

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Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. J'espère que ce chapitre vous a plu. Si vous me donnez beaucoup de review, je publierai très prochainement le suivant.

Bisous.

DiagonAlleyParis