Je suis absolument certaine de ça, puisque j'ai rêvé… C'est la seule explication plausible !

Tu cherches encore des explications plausibles alors qu'on s'est retrouvées au beau milieu d'un jeu vidéo ? J'admire ta ténacité !

La quête de la vérité est la plus noble des quêtes ! La vérité est mon Graal à moi !

Tu sais que les chevaliers de la Table Ronde n'ont jamais trouvé le Graal ? Je ne veux pas te décourager bien sûr, mais…

Ca me décourage quand même ! Alors quand j'ouvris les yeux, le ciel était d'un noir d'encre sans lune sans étoiles, un silence épais et oppressant recouvrait la terre. L'air semblait presque liquide, on aurait pu s'y noyer. En dessous de moi, le sol était moite, humide et chaud. Mais il m'était impossible de voir quoi que ce soit. Les roulements de tonnerre qui se faisaient entendre semblaient très proches, mais aucun éclair ne brisait la sombre harmonie de cette nuit irréelle. Je tentais de me lever mais c'était comme si mes jambes étaient collées au sol. Je commençais à paniquer…Et vous savez comment c'est, dans un vrai cauchemar, on ne se réveille jamais à temps pour éviter une mort affreuse et douloureuse (en tout cas, avec moi, ça marche comme ça !) et je commençais à avoir le cœur au bord des lèvres rien qu'à cette éventualité. Mais je sursautai lorsque le chat du Cheshire se matérialisa juste à côté de moi.

« Mais…Qu'est-ce que tu fais là ? Je ne comprends rien ! Tu n'as rien à faire ici ! »

« Je te l'ai déjà dit, ce qui est déplacé est étrange, ce qui est étrange est différent… »

« …Telle est la clé du chemin que tu dois emprunter, je sais, terminai-je. Ce qui ne me dit pas ce que tu viens faire là ! »

«Je suis là parce que tu le veux ! »

Je ris sous cape…Ce chat était bien la dernière personne avec qui je voulais parler (non, l'avant-dernière en fait…) et il osait dire qu'il était là de par ma volonté ! Gonflé le chaton rose !

« Où on est ? Et si tu réponds là où on ne devrait pas, j'aurais une paire de pantoufles dès ce soir ! »

« Regarde autour de toi…Que vois-tu ? »

« Rien…Absolument rien… »

« Voilà ta réponse ! »

« Quoi ? Je suis dans…Rien ! Ce n'est pas logique ! »

« Les étoiles ne s'éteignent pas ! »

« Oui, soit, mais…. »

« Si tu ne vois, c'est peut-être parce qu'il n'y a rien à voir… »

« Et si je ne sens rien, c'est parce qu'il n'y a rien à sentir, c'est ça ? »

« Peut-être…Mais est-ce que tu sens réellement ? »

« Je pense que oui…En tout cas, ça semble réel… »

« La meilleure des illusions n'est-elle pas le miroir qui réfléchit la vérité à l'identique ? »

« Non pas à l'identique…Non, tout y est inversé… »

« Es-tu capable de dire où est le haut et où est le bas ? »

Je regardai tout autour de moi…Tout était noir alors comment s'orienter…Peut-être que le sol était en réalité penché, peut-être avais-je la tête à l'envers, peut-être…Peut-être rien du tout et c'était bien là l'hypothèse la plus effrayante ! Un jour, on m'avait dit (ou alors j'avais lu quelque part, j'ai une fâcheuse tendance à perdre la mémoire) que tous les rêves avaient un sens…Mais j'avais déjà eu un doute quant à la véracité de ces propos quand j'ai rêvé que j'avais un alien dans ma cuisine…Là ce n'était plus de la mise en doute ! Je ne vois vraiment pas l'utilité de rêver de rien ! Certes, je suis bien loin d'être clairvoyante, mais quand même… Remarquez, ce n'était pas exactement rien. Rêver de rien, ça doit faire le même effet que de ne pas se souvenir de ses rêves et c'est quelque chose qui m'arrive assez souvent !

« Bon, admettons, admettons un peu tout... Que tout ceci ne soit qu'illusion, que tout ceci ne soit qu'une image déformée de la réalité…Je ne vois pas ce que ça peut m'apporter ! »

« Pourquoi cela devrait-il nécessairement t'apporter quelque chose ? »

«Parce que ! Une piste une clé, n'importe quoi pour comprendre ! »

« Qui te dit que ce n'était pas ça ta piste ? »

« Je ne vois rien…Je ne vois absolument rien ! »

Le chat disparut, pour laisser place à une grande silhouette encapuchonnée.

« Rien ne te guide, rien ne t'aide…Et si c'était la véritable liberté, le véritable libre-arbitre ? Voilà ta réponse, voilà ta piste…Rien ne pourra t'aider à choisir, si ce n'est ce qui se trouve ici… Ce sera ton choix en ton âme et conscience et uniquement ton choix, sans personne d'autre…Et qui donc pourra en deviner les conséquences ! Noir ou blanc… »

Tout ce qui m'entourait changea brutalement de teinte…J'étais environnée de toute part par le blanc, bien que derrière moi se trouvât cette étrange étendue obscure. Mais il n'y avait plus personne à part moi.

Choisir entre le noir et le blanc, choisir en mon âme et conscience, choisir sans en connaître les conséquences à l'avance… Tout ça me donnait un petit peu le vertige, sensation qui ne fit que s'accroître quand tout commença à tourner. Noir, blanc, noir, blanc, noir, blanc, alternance des couleurs contraires, sans possibilité de répit. Et le rythme accélérait jusqu'à ce que je finisse par perdre l'équilibre dans un tourbillon de noir et de blanc qui se mêlait !

La chute fut rude, sur une dalle de pierre solide. Je me redressai…C'était essentiellement ça l'avantage des rêves… Il peut vous arriver n'importe quoi, vous êtes toujours d'attaque et la douleur est beaucoup moins…Douloureuse, je ne vois pas d'autres mots…

Face à moi se tenait une porte gigantesque, dont je ne parvenais pas à distinguer le sommet placée comme j'étais. Je n'avais qu'une seule envie : voir ce qu'il y avait derrière. Plus rien d'autre ne comptait à part savoir, savoir ce qui pouvait bien se cacher derrière une porte aussi monumentale et sublime, d'une splendeur à la fois austère et baroque, et surtout dressée au milieu de nulle part. Je m'avançais, mes doigts frôlaient presque le battant de roche, j'y étais presque, lorsque j'entendis une voix qui criait mon nom.

« Andarielle ! Qu'est-ce que tu fais ? N'y va pas ! »

La voix semblait inquiète, mais sans raison…Quel mal y avait-il à ouvrir une porte ? Et de quoi se mêlait-elle ? Un sentiment d'irritation, de colère, monta en moi sans rien pour le réfréner. La porte m'appelait, j'y étais presque…Je poussai la porte. Bien qu'en pierre, elle me semblât incroyablement légère. Je l'ouvris…

Et me réveillai en sursaut. La lune était encore haute dans le ciel…La pluie s'était calmée, mais l'herbe était encore trempée. L'un des meilleurs moyens de choper la crève avant d'avoir eu le temps de dire ouf ! Je restais sur ma précédente décision : si JE tombais malade, LES AUTRES souffriraient ! C'était certes injuste, mais bizarrement dans ce sens-là l'injustice ne me dérangeait qu'à moitié… Qui plus est tomber malade me donnerait au moins une excuse pour me faire plaindre, et une excuse pour me plaindre !

Comme si tu en avais besoin !

En fait, non, mais j'ai remarqué que ça agaçait moins les gens quand j'avais une raison de me plaindre !

Oui, mais comme tu te plains tout le temps, ça agace quand même !

Toujours est-il que je m'ennuyais, et je mourrai d'envie de réveiller les autres. Mais je préférais attendre…

C'est surtout que même toi tu t'es laissé attendrir en voyant ton chéri dormir !

C'est absolument faux !

Ben, voyons…Tu sais, je commence à connaître les moindres ressorts de ton esprit machiavélique !

Tu crois que c'est ça ?

Même si toi, tu n'en as pas conscience, moi, j'en suis absolument certaine !

Poltergeist avait préféré attendre la fin de sa crise de larmes avant de sortir de la salle des machines. Enfin, maintenant, elle savait pertinemment bien où trouver Cloud : dans la seule salle qui n'était pas fermée : la cabine de pilotage salle de contrôle (c'est à ça qu'on reconnaît les vrais vaisseaux fonctionnels : chaque pièce a plusieurs utilisations) où à tous les coups (et si c'est un être humain normalement constitué) il aurait pris le siège le plus confortable : le sien. Les larmes de désarroi laissèrent place à des larmes de rage.

« Hors de question que tu poses ton postérieur (magnifique au demeurant) sur MON fauteuil après m'avoir fait pleurer, pas question ! Sauf si je peux monter sur tes genoux. »

Un large sourire béat commença à naître sur ces lèvres à cette idée. S'asseoir encore une fois sur les genoux de Cloud, elle ne demandait que ça, et après elle serait prête à mourir !

OUI !

Comme quoi je commence à bien te connaître…

C'est la puissance du véritable amour ! Cloud, je t'aime !

Même après tout ce qu'il t'a fait subir ?

Il se rattrapera bien assez tôt et de toute manière je suis prête à tout lui pardonner !

Il faut vraiment que tu arrêtes, parce que là ça atteint des sommets de mièvrerie… Elle eut donc bien du mal à se calmer…Non pas que ce qu'il ait dit lui ait fait de la peine...Dans le fond, il n'y avait rien de vraiment blessant dans ces propos, mais c'était le fait qu'il l'ignore qui lui faisait vraiment mal, mal plus que tout. Si encore il l'avait haïe, c'aurait peut-être pu être mieux…

N'importe quoi ! Je ne suis pas d'accord ! Si Cloud me hait, je me jette dans le vide intersidéral !

Un mec comme ça ne mérite pas qu'on meure pour lui !

Un mec comme lui mérite tous les sacrifices !

Si tu crois que ça peut te rendre heureuse…Je rirai bien lorsque tu tomberas de ton petit nuage.

Je te retourne le compliment ! Ton idylle est condamnée à ne pas durer !

Et pourquoi ça ?

Parce que tu ne renvoies jamais les chaînes et qu'en cumuler tu dois au moins avoir 70 ans de malheur en amour…Alors je suis sûre que ça va mal à finir…

À cause du pouvoir des chaînes emails ?

Absolument !

Une question, Poltergeist, une seule et après promis, je te fiche la paix…

Vas-y !

Tu les renvoies toi de temps en temps les chaînes emails ?

Bien sûr…Que non !

Alors je ne serai pas la plus malheureuse en amour de nous deux…

Ça va !

En plus, moi, Riku m'ignore pas…

J'ai dit : ça va ! Arête maintenant ! Tu veux que je retourne pleurer, c'est ça ? Avoue sadique que tu es !

C'est vrai, je suis sadique…Mais n'ai aucune intention de te faire pleurer à nouveau…

C'est vrai ?

Non ! Yekyekyekyek

Méchante ! Bouhouhou !

Elle prit son courage à deux mains et se leva. En à peine deux minutes tout avait disparu de la fille éplorée qui s'était tenu là à peine quelques instants auparavant. Elle se dirigea vers la salle de pilotage bien décidé à le faire parler.

OUI !

Mais de quoi ?

Euh…N'importe quoi pour entendre le doux son de sa voix! Cloud, je t'aime!

Elle ouvrit la porte à toute volée en disant:

«Cloud, il faut que je te parle!»

Le soleil naissant d'une douce aurore faisait apparaître une multitude de petits arcs-en-ciel dans chacune des gouttes de rosée qui s'étaient accrochées à l'herbe tendre qui s'étendait à perte de vue. Une douce brise éloignait les nuages, et le ciel était d'un azur éclatant.

«C'est ça, bon débarras les nuages, on vous aime pas, leur lançai-je.»

Et oui, même toute seule je trouve encore le moyen de parler!

C'est bien là qu'est le malheur de ma vie! Elle ne s'arrête jamais!

Arrête de plaindre! Au moins de temps en temps, je dis des trucs intelligents!

Pas comme Riku!pafArrête de me frapper!

Tu l'as mérité!!On ne critique pas mon Riku!

Arrête avec tes possessifs!

D'accord, d'accord...Maintenant que le soleil était levé, tous les remords que je pouvais avoir s'envolaient avec les nuages, au loin dans le vent frais de cette belle matinée de printemps (en fait je n'ai pas la moindre idée de la saison, mais je trouve que matinée de printemps, ça le fait grave!) et d'horribles idées toutes plus machiavéliques les unes que les autres remontaient des tréfonds de mon inconscient jusqu'à mon esprit dépravé et détraqué. Malheureusement n'ayant ni seau d'eau, ni citron, ni mégaphone sous la main, je ne pouvais pas exactement les mettre en pratique dans leur intégralité! Je me rassis sur ma pierre, me prit la tête dans les mains (posture habituelle quand je réfléchis) et me mis à penser à tout et à n'importe quoi... Par exemple, comment ça se passait à l'intérieur du vaisseau? J'étais à des lieues de m'imaginer le parcours du combattant qu'était en train de vivre Polty rien que pour arracher trois mots à Cloud alors que moi j'étais en pleine randonnée dans un paysage de rêve (et en très bonne compagnie!) et que je venais de réaliser un de mes rêves: passer une nuit à la belle étoile! D'ailleurs, j'espérais que Polty ne serait pas trop inquiète qu'on en soit pas rentrés avant la nuit, et retournés la prévenir nous ferait perdre encore plus de temps et l'on ne serait pas de retour avant... Avant bien trop longtemps pour que ce soit prudent, voilà tout! Alors tant pis, mieux valait laisser Poltergeist avec sa blondinette et son inquiétude et profiter de ces précieux instants de tranquillité et de sérénité! J'étais sure qu'ils ne dureraient pas longtemps et que très bientôt je regretterais cette matinée... Même si, sur le moment, je m'ennuyais un peu!

Tu sais, tu n'avais pas forcément besoin de t'inquiéter pour moi!

Si, ne serait-ce que pour la forme! Je me levais; fis quelques pas dans l'herbe encore mouillée par l'orage de cette nuit, et encore préoccupée par mon rêve. Enfin préoccupée n'était pas le terme exact puisque les souvenirs s'en estompaient avec une rapidité effrayante et donc je m'efforçais de retenir le peu de bribes qui m'en restaient. Je me souvenais d'une porte, du noir, du froid, de la peur...Mais impossible de remettre tout ça dans l'ordre... En plus, je ne croyais pas au soi-disant pouvoir des rêves, révélateurs de notre destin (musique angoissante à l'orgue... parce qu'on devrait toujours avoir des musiques d'ambiance pour que notre vie prenne un autre sens! Je suis officiellement une adepte des musiques d'ambiance!) et donc je ne voulais pas me tracasser à chercher, même si quelque chose m'ennuyait et que je sentais qu'il y avait quelque chose. Ca m'énervait au plus haut point (mon instinct de nain me disait de frapper quelqu'un mais...) et j'étais bien résolue à laisser tomber lorsque j'aperçus au loin, à la faveur du passage d'un nuage qui occulta l'éclat trop éblouissant du soleil, notre destination prochaine (voire notre prochaine destination, en fait j'ai toujours des problèmes avec l'ordre des adjectifs en français puisqu'on peut les mettre absolument n'importe où et pourtant ça change le sens...alors à vous de choisir amis lecteurs): la ville où Mushu devait nous emmener.

« Pfff! On en a encore pour vachement longtemps avant d'y arriver! Je lui en foutrais des c'est pas loin au lézard nain! »

Je me retournai surprise de voir Riku qu'il y a à peine 5 minutes dormait encore...Moi, 5 minutes après m'être réveillée je ne suis même pas capable d'être méchante avec les gens.

« C'est toi qui as tenu à venir, lui rappelai-je pourtant »

« Est-ce que j'ai dit que je regrettais d'être venu, dit-il en haussant les épaules. »

« En tout cas, elle n'a pas l'air si loin que ça, dis-je. »

« Tiens, pour une fois, tu vois le verre à moitié plein? Qu'est-ce qui s'est passé pendant la nuit? Quelle horrible bête veut se faire passer pour Andarielle? »

« Rien du tout. C'est juste que pour une fois, j'ai décidé de prendre mon mal en patience. »

« C'est bien ça qui m'inquiète justement... »

« Ca veut dire quoi ça? Qu'en temps normal, je suis impatiente! »

« Hum... »
Riku semblait hésiter, mais finit par lâcher avec un grand sourire:

« Oui! »

« Vous êtes prêts à reprendre la route, nous demanda Mushu qui veniat d'arriver. »
« On attendait plus que toi, répondit Riku. »
« Ouais, c'est ça, repris-je mais sans joie aucune. »
Le dragon commença à partir devant (entre nous, c'était plus que normal puisqu'il était censé nous guider, vous vous souvenez?) quand Riku me saisit par l'épaule.
« Tu vas finir par me dire ce qu'il y a? »

« Rien, j'ai juste mal dormi... Ne t'inquiète pas. Si c'était vraiment important, je t'en parlerais, je te le promets! »
« Sure? »

« Sure! »

Poltergeist ouvrit la porte à la volée, et comme elle le pensait, il avait bel et bien posé son auguste et superbe postérieur sur SON fauteuil.

« Il faut vraiment qu'on parle, reprit-elle. »

« A ton avis, dit-il d'une voix très calme, depuis combien de temps sont-ils partis? »

« Et bien... Pas plus de 5 heures... »

« C'est bien ce que je pensais... »

« Qu'est-ce que tu veux dire, explique-toi! »

« Rien du tout, répondit le grand blond. Mais il y a des chances pour que nous soyons obligés d'aller les chercher. »

« Ils sont grands, et n'essaie pas de changer de sujet! »

« Je ne change pas de sujet, puisque nous n'avons rien d'autre à nous dire, dit-il en remettant en place une de ses mèches rebelles. Décidément sa coiffure ne tenait vraiment pas en place!

« Enfin arrivés, dis-je en m'affalant sur le premier banc que je croisais dans ce satané village.»

Tout à fait entre nous, c'était très joli... Un village chinois comme on peut se l'imaginer avec des toits style pagode. Et surtout quelle animation!
« Vous n'avez pas de chance, commença Mushu, on est tombés en pleine fête du Nouvel An et... »

« C'est génial, j'adore les fêtes, m'exclamai-je en me relevant précipitamment »

« Pourtant tu disais exactement le contraire au Colisée, non, intervint Riku. »

« C'était pas non plus une fête de Nouvel An, lui fis-je remarquer, un rien boudeuse. »

« Où est la différence alors? »

Je haussai les épaules.

« Ca vaut même pas la peine que je te réponde, lui lançai-je. »

« On se sent aimé... »

« Mais je t'aime, lui dis-je en m'accrochant à son coup. »

« C'est pas une raison pour m'étouffer! »

« Oups! Désolée! »

Il y avait foule à l'autre bout de la rue où l'on se tenait...

« A ton avis, il regarde quoi, demandai-je à Riku. »

« Le défilé, répondit Mushu. »
« Le défilé? »

« Oui, le défilé des dragons... »

« Logique, grommela Riku. »

« Tu vas pas me croire, mais oui, quand on y pense, lui fis-je remarquer. »

« Vous voulez aller voir, demanda Mushu. »

« J'adorerais! »

« Je crois que je suis obligé de la suivre... »

« Oui, tu n'as pas le choix, dit en me suspendant à son cou. »

« Mais lâche-moi, hurla-t-il. »

« Non, z'ai pas envie de te lâcher! »

« Mais c'est pas vrai, tu es un vrai pot de colle quand tu t'y mets! »

« Vi! Tu demanderas à Polty! »

Polty qui confirme! C'est un vrai pot de colle quand elle s'y met!

Mais-euh!

Tu le reconnais toi-même!

Y a une différence entre moi qui le dis et toi...

Nous arrivâmes pourtant à nous frayer un chemin au milieu de la foule et à assister au défilé des dragons porte-bonheur qui devaient protéger le village pendant l'année nouvelle.

« Pff, dragons de pacotille, soupira Mushu. »

« C'est vrai, ils sont moins beaux que toi, dis-je en lui caressant le sommet de la tête. »

« Atrocement humiliant, mais atrocement agréable, dit-il, tu as le droit de continuer! »

J'éclatai de rire.

« J'ai toujours rêvé d'avoir un dragon de compagnie! »

« Au moins tu as réalisé ton rêve, dit Riku en me regardant. »

« Oui! »

« Ca fait plaisir à voir... »

« Regardez tous les deux, nous dit Mushu en désignant la foule en face de nous. »

« Quoi donc, dis-je en plissant les yeux pour voir ce qui se passait et ce que le dragon miniature nous montrait. »

« La jeune fille là-bas! »

« Je vois rien, dis. »

« La grande brune là-bas, demanda Riku, celle qui est en kimono rouge? »

« Précisément! »
« Comment tu fais? »

« J'ai juste une très bonne vue, dit-il en riant. »

« Bon admettons, je la vois pas mais...Qui c'est? »

« La dernière héritière de la famille dont j'ai la protection... »

« La pauvre, chuchotai-je. Aïe! Pourquoi tu m'as mordu! »

« Parce que je t'ai entendu, dit le dragon moqueur. »

« Et qu'est-ce que ça change, demanda Riku. »

« Il faudrait que vous la rencontriez! Oups, j'ai plus le temps, les ancêtres vont me faire la peau si j'arrive pas tout de suite... »

« Un dragon protecteur qui a peur de fantômes, lui dit en riant et en me moquant. »

« En fait...Je vous expliquerai pus tard, j'y vais, dit-il en partant et en slalomant entre les pieds de la foule qui s'était amassée là. »

« Tu crois qu'on devrait aller la voir, demandai-je à Riku. »

« Sans même connaître son prénom... Pourquoi pas? »

« Pour son nom, je crois que ma faculté de clairvoyance pourra nous aider: »

« Tu es clairvoyante, toi? »

« Ca dépend des fois, je te dirai! »

« Tu n'as jamais fait preuve de clairvoyance avec moi, dit-il les yeux dans le vague. »

« Qu'est-ce que tu dis! »

« Rien laisse tomber! On va voir la protégée de Mushu? »

« Oui. »

Je préférais oublier ce qu'il avait dit avant, ne pas trop y penser, surtout que j'étais toujours un peu dans les brumes de mon rêve, même si je l'avais totalement oublié...Vous savez cette drôle d'impression qu'on a fait un cauchemar, sans vraiment être capable de se souvenir de ce qui nous a effrayé, rêver d'une réalité qui nous échappe toujours au moment de notre réveil...

Il nous fallut du temps pour parvenir à nous frayer un chemin dans la foule, ce qui, vu le nombre de personnes présentes, relevait de l'exploit! Nous nous mîmes bientôt à suivre la jeune femme dans une ruelle transversale à l'artère principale. Bon, naturellement, mes références en Disney étant ce qu'elles sont, je n'ai eu aucun mal à l'appeler.

« Mulan, criai-je. »

Riku me regarda avec des grands yeux.

« D'abord Poltergeist connaît le prénom de Kairi et maintenant ça! Vous êtes épatantes! »

« Pour qui tu nous prends, lui répondis-je avec un petit sourire. »

Mulan se retourna vers nous, l'air interloqué.

« Mais comment connaissez-vous mon nom? »

« Moi, ce qui m'intrigue le plus, dis-je à voix basse, c'est que je comprenne le chinois... »

« C'est...quelqu'un qui nous l'a dit, lui répondit Riku. Je m'appelle Riku et voici Andarielle... »

« Et que voulez-vous? »

Je restai un moment bouche bée. Qu'est-ce qu'on voulait au juste...Il fallait trouver une bonne raison d'être là et autre que c'est Mushu qui nous a dit de venir pour qu'on puisse te rencontrer. C'est alors que super Riku intervint avec toute la subtilité dont il était capable et non ceci n'a rien d'ironique!

« A dire vrai...On nous a tellement parlé de toi que nous mourrions d'envie de te rencontrer! »

« C'est tout à fait ça, continuai-je. D'après la description qu'on nous a faite de toi, tu semblais précisément le genre de personne que nous cherchions et dont nous avions besoin... »

Elle nous regarda très surprise.

« Vraiment! Mais en quoi...? »

« Il vaudrait mieux en discuter ailleurs qu'ici, dis-je. »

« Allons chez moi alors, nous serons plus tranquilles pour discuter. »

Nous lui emboîtâmes le pas au travers d'un dédale de ruelles jusqu'à chez elle.D'ailleurs, en parlant de dédale, je me demandais (encore) ce qui se passait dans le vaisseau.

Passage dans la tête (vide) de Poltergeist:

Et bien franchement, je ne faisais pas grand chose d'interessant… du moins pour le moment. Toutes ces tentatives vaines commencaient sérieusement à m'épuiser. Je faisais des efforts monstrueux pour essayer de tenir une conversation et tout ce à quoi j'avais droit, c'était des réponses hautaines et glaciales. Je décidais donc de changer de tactique, en optant pour une version, disons, plus naturelle.

Il était temps ! Tu commençais vraiment à me faire pitié à t'accrocher à lui comme une groupie qui harcèle une star.

Oui, bon ça va, n'en rajoute pas toi !

Moi je dis ça, je dis rien…

Andarielle !

Oui, oui, je me tais…

Je m'essayais donc à la stratégie pendant que M. Beau gosse se prélassait dans mon fauteuil.

M. Beau gosse, M. Beau gosse, c'est vite dit ça…

Au bout d'un moment, je n'y tins plus :

« Tu es assis sur mon fauteuil, lui lançai-je d'un ton cassant. »

Il me jeta un regard en biais et croisa ses bras derrière sa nuque. Je me mis à taper du pied avec impatience en posant un poing sur ma hanche. Visiblement, ça l'agaçait, car il se redressa et fit pivoter le siège pour se mettre face à moi. Je le regardais de haut, comme il avait l'habitude de faire avec moi. C'était décidé, j'allais le traiter comme il me traitait. Sans trop se presser, il posa ses mains sur les accoudoirs et se hissa hors du siège. Il me passa devant et me toisa froidement du regard avant de se diriger vers la porte qui donnait vers l'extérieur du cockpit. Je remis le siège en place, c'est-à-dire face aux commandes de pilotages, et fit semblant d'aller inspecter une armoire encastrée dans un coin de la pièce. Je lui tournais le dos pour masquer le sourire qui s'affichait involontairement sur mes lèvres.

« Ouvre moi la porte, m'ordonna-t il »

« Pour l'amour de dieu,… murmurais-je avant de me tourner vers lui et de répliquer d'un ton désolé, pardon ? J'ai pas bien entendu… »

Cloud fit la moue, détourna le regard, puis reprit enfin :

« Est-ce que tu peux m'ouvrir la porte, s'il te plaît ? »

« Oh, mais bien sûre ! Continuais-je d'une voix chantante en me dirigeant vers le clavier de commande. »

Pour pouvoir chercher Cloud par élimination, je devais être sûre qu'il n'ouvrirait pas une porte que j'avais fermée préalablement, aussi j'ai décidé de mettre un mot de passe au verrouillage des portes, que je donnerai par la suite à Andarielle.

Trop aimable…

Je croyais que tu devais te taire !

Ho ! Toi tu parles tout le temps ! J'peux bien en placer une de temps en temps ?

Non !

Si ! Moi j'ai envie de parler alors je... Mmmf…

Voila, comme ça je suis tranquille. Donc je disais,…Bien sûr le mot de passe n'était pas Cloud… Même lui aurait pu trouvé sinon… Je pris soin de lui cacher mon code secret puis je repris la direction de l'armoire, attendant que mon plan se déroule lentement et délicieusement… Cloud sortit, me laissant encore une fois seule. Dans l'armoire il y avait un manuel de pilotage et quelques blocs gummi de rechange. J'étais en train de me dire que ce ne serait pas un mal que je me mette au bricolage, étant donner qu'on risque sa vie a tout moment dans l'espace et que pas un de nous, je crois, ne sait bricoler un vaisseau, lorsque mon nom, provenant du couloir, retentit dans le cockpit.

T'as fini avec tes phrases à la Proust !

Tien, t'es réveillée ?

Oui ! Et tu n'avais pas besoin de m'assommer espèce de boulet !

Moi chui un boulet ? Tu veux te battre ?

Non, reprend l'histoire !

Ah, euh… Ok

« Poltergeist, appelait la voix agacée qui provenait du couloir »

Je pris tout mon temps pour ranger les livres dans le placard et finalement sortir de la salle de pilotage.

« Quoi ? Lançais-je d'un ton monocorde »

« T'as ouvert la porte du cockpit, c'est bien, maintenant qu'on est dans le couloir tu peux ouvrir les autres porte, non ? »

Je souris intérieurement. Tu m'as fait pleurer, hein Cloud, et bien tu vas le regretter.

« Ah, repris-je avec candeur, c'est gentil de penser a moi mais je comptais rester dans le cockpit a bouquiner »

« Moi j'ai envie de sortie »

« S'il… ? »

« S'il est possible que je sorte ! »

« Eh bien non, c'est pas possible ! »

Pour le coup, Cloud commença à s'énerver :

« Mais tu peut pas me garder comme ça ! Ouvre la porte ! »

« J'suis pas a tes ordre, répondis-je sur le même ton, t'as qu'à être plus sympas si tu veus que je t'accorde une faveur. »

Sur ces mots, je repris la direction de la salle de pilotage.

« Si tu crois que je vais me laisser faire… »

J'y étais allé un peu fort mais faut dire qu'il le méritait. Cependant un bruit métallique attira mon attention. Ce con (désolé pour l'expression) avait sorti son épée et s'apprêtait à trancher la porte du dit couloir…

Paix à son âme, et puis pas besoin de t'excuser...Je suis d'accord avec le con !

Mais non, elle n'est pas encore morte !

Je pris mes dagues, faute de pouvoir bloquer son épée à main nue, et les croisa au dessus de l'énorme lame en acier de son épée broyante. Pas question de le laisser démolir mon vaisseau !

« Arrête ça, lui lançais-je. »

« Je vais me gêner »

Cloud a plus a force que moi, ça c'est assez clair, il fallais donc trouver une autre parade et vite… Mon cerveau commencer à plus trop tenir le rythme et les idées s'embrouillaient de plus en plus.

Tu m'étonnes, tu ne l'utilise jamais alors il n'est pas habitué à bosser ce petit cerveau.

Toi, mets la en veilleuse !

Mais euh !

J'avais trouvé ! Je pris une forte inspiration avant d'envoyer courir le long de mes dagues un courent électrique très concentrer. Celui-ci se rependit sur la lame de Cloud avant de s'inviter dans son corps encore convalescent de ténèbre. La réaction fut immédiate, il lâchât prise, a mon grand soulagement, et tomba a genoux sur le sol. Je remis mes dagues dans leurs fourreau et m'empressa de confisquer l'épée du beau blond encore sonner.

« T-t-t… lui lançais-je avec satisfaction. »

« Garce, lâchât-il sèchement avant de s'adosser au mur. »

Je m'accroupis prés de lui, aucunement vexé par son insulte, je la méritais sûrement un peu…

« Reste tranquille, repris-je avec douceur »

Je m'en voulais un peu d'avoir, entre lui et la porte, choisie la porte.

Qu'importe que le vent l'emporte ou le porte à ta porte, l'important c'est la porte…

… … … … … Non mais n'importe quoi !

Je lui tendis son épée, confisquer son épée à un guerrier et la dernière chose à faire si on essaye de le calmer. Il la prit violemment et se redressa un peu.

Il sourie, à ma grande stupéfaction, et secoua négativement la tête.

« Tu voulais parler, et bien là on a parlé… »

Je lui rendis son sourire en me remettant debout :

« Ce n'étais pas vraiment ce genre de conversation que j'espérais… »

Je tendis une main amicale à Cloud mais celui-ci la refusa. Il se remit debout tout seul et rattacha son épée dans son dos.

Quelle classe !

Tu lis dans mes pensée ou quoi ?

Non, je me fous de ta gueule…

J'te déteste…

Tu te répètes…

Donc, Il se tourna vers moi et me jeta un regard interrogateur, moins froid qu'a l'ordinaire.

« Tu peut ouvrir la porte ? »

Je poussais un soupir. Il n'avait pas dit « s'il te plaît » mais son ton était déjà plus amical.

« Ok, répondis-je a contre cœur. Tu veut allé ou exactement ? »

« Tu ne peut pas ouvrir toutes les portes ? Je pourrais circuler librement et ne serai pas obliger de venir te déranger à tout bout de champ… »

« Pour que je te perde encore ? Tu peux crever ! »

« Tu dis ça mais tu ne le voudrais pas… Allé, ouvre-moi une chambre, je vais me reposer. »

Il m'avait bien cerné, le bougre…

En même temps ce n'est pas trop dur…

J'ouvris le boîtier de commande et entrais le mot de passe. La porte s'ouvrit et je répéter la manœuvre jusqu'à la chambre la plus proche. Cloud me remercia d'un signe de tête, a mois qu'il ai fait ça pour dégager une mèche de cheveux encombrante… Le fait est que je repris la direction de la salle de commande dans l'intention de rouvrir toutes les portes. Il est vrai que je n'avais pas le droit de le garder séquestrer comme ça…

« Voilà, nous sommes arrivés chez moi, dit-elle en désignant une maison tout sauf petite. Bien sûr, c'est une demeure assez humble, mais vous y serez bien accueillis. »

« Assez humble, m'exclamai-je. Et bien je préfère ne pas imaginer ce que vous qualifiez de palais… Mais cela ne dérangera personne que tu nous accueilles ? »

« La maison es bien assez grande pour héberger deux personnes de plus… »

« Pourquoi ça ne m'étonne même pas, dit Riku. »

« Peut-être parce que la maison à l'air deux voire trois fois plus grande que notre vaisseau, lui répondis-je à voix basse. »

« Oui, je pense qu'en effet, ça joue pas mal ! »

« Vous entrez, nous demanda Mulan en nous ouvrant la porte. »

Elle donnait sur un grand jardin, avec des plantes et des arbres.

Voilà qui est surprenant, dis-moi !

Laisse-moi finir ma description artistique veux-tu ? Tu auras le droit de critiquer après…C'était très joli. Ca y est, tu as le droit de critiquer !

Et tu oses appeler ça une description artistique !

Oui !

Tu n'as vraiment honte de rien !

Quand j'écris à 10 heures du soir après 7 nuits à 6 heures de sommeil, non aucune !

Naturellement, nous eûmes le droit de rencontrer le maître de maison et son épouse, et de prendre le thé avec eux. C'est bon le thé chinois mais je m'égare un peu là, je le sens. Alors que j'étais en grande discussion avec les Fa, je ne me rendis pas compte tout de suite de l'absence de mon cher et tendre Riku. Autant vous dire que mon sang ne fit qu'un tour quand je m'aperçus qu'il n'était plus là.

« Riku, appelai-je, mais en vain. Est-ce que l'un d'entre vous l'a vu partir, demandai-je à mes hôtes. »

« Non, répondit le père de Mulan. »

« Tu veux que je vienne t'aider à le chercher, demanda celle-ci avec laquelle j'avais eu l'occasion de devenir amie au cours de nos discussions. »

« Non, ça ira, il n'a pas du partir si loin, mais il est d'une telle maladresse que je ferai mieux de me retrouver avant qu'il ne fasse quelque chose de vraiment regrettable, dis-je en me levant. »

Et à partir de là, je me mis à maudire toute la famille Fa et leurs ancêtres d'avoir construit un jardin si grand, et aussi labyrinthique. Je maudis aussi au passage Riku et sa fâcheuse tendance à disparaître sans crier gare.

« Voyons voir, nous sommes dans un jardin clôturé, il n'a pas pu aller bien loin ! »

« C'est moi que tu cherches, dit une voix bien connue au-dessus de moi. »

Je levai la tête. Il était tranquillement assis sur une branche de l'arbre qui me surplombait.

« Descends de là que je puisse t'engeuler sans me faire un torticolis ! »

« Pourquoi tu ne monterais pas, dit-il avec son sourire le plus enjôleur. »

« Je sais pas monter aux arbres, grommelai-je. »

« C'est le moment rêvé pour apprendre ! »

« Gnagnagna, j'ai absolument aucune envie d'apprendre à faire le singe ! »

« Pourtant la vue est superbe d'en haut… »

« Ouais, c'est sur, rien de plus beau que de voir un arbre d'au dessus, ça change vachement qu'un arbre vu d'en dessous, dis-je, très sarcastique. »

« Bon, d'accord, tant pis pour la superbe vue…D'ailleurs faut que je t'emmène quelque part, dit-il en se laissant glisser jusqu'au sol. »

« J'étais justement en train de penser qu'on ferait mieux de repartir de ce monde, après tout, il n'y a pas de sans-Cœur, donc on a rien à faire ici… »

« Tiens, tu renoncerais au thé super bon, à une ambiance de rêve, à un jardin paradisiaque et à un accueil charmant pour faire quelque chose d'utile et de sérieux ? »

« Dis comme ça, ça ne donne plutôt envie de rester, mais bon, y a quand même Poltergeist… »

« Qu'est-ce que ça change ? »

« Ca change que si jamais elle apprend qu'on s'est trompé de monde pour tomber en Chine et que je l'ai laissé poirauter dans son vaisseau au lieu de la prévenir, elle va me trucider ! »

« J'adore tes motivations tellement altruistes ! »

« Bon, c'est où que tu voulais m'emmener alors ? »

« Bah, si tu es si pressée que ça de partir, c'est tant mieux, tu pourras en profiter pour dire au revoir à Mushu… »

« C'est vrai, je l'avais oublié celui-là ! »

Riku me prit par la main (qu'est-ce que je pouvais aimer quand il faisait ça !) pour me guider dans le jardin vers une petite mais néanmoins superbe pagode dédiée au culte des ancêtres.

« Mais…C'est un temple, m'exclamai-je. »

« Bah oui, tu t'attendais à quoi, répondit-il en haussant les épaules. »

« J'avoue que quand tu me disais j'ai quelque chose à te montrer et que tu m'as pris par la main pour m'y emmener, je pensais à tout à fait autre chose… »

« Quoi ? »

« Laisse tomber… »

« Viens, Mushu est à l'intérieur et en fait, il veux te parler… »

« Super ! On s'éloigne de plus en plus de mon idée de la ballade romantique ! Voilà qu'il faut que je tape a discut avec un dragon nain ! »

« Ecoute-le, ça a l'air important et puis après on rentrera au vaisseau. »

Je soupirai.

« D'accord, dis-je ne fin en entrant dans le petit sanctuaire. »

Il y faisait assez sombre et les bougies censées l'éclairer étaient éteintes. Il y flottait un parfum d'encens froid et les murs étaient ornés de nombreuses stèles. Sur l'une d'elles était avachi un petit dragon rouge dont la silhouette m'était maintenant assez familière. Alors que je m'approchais de lui, Mushu leva la tête et me dit :

« Andarielle ! Ca y est, tu es enfin là…J'avais dit à Riku d'aller te chercher et je me disais qu'il y mettait bien du temps… »

« En fait, c'est moi qui ai été obligé de partir à sa recherche… »

« Ah ? Bon, c'est pas grave…Bon, je me disais que vous n'alliez pas tarder à repartir… »

« Oui, le temps de faire nos adieux à la famille Fa et nous nous en irons… »

« Ecoute j'ai discuté avec Riku et votre voyage n'a pas l'air de tout repos. »

« C'est sur, faut arriver à la supporter ma Polty… »

« Je ne parlais pas de ça, je parlais plutôt des Sans-Cœur… »

« Ouais, c'est vrai, il y a ça aussi ! »

Il y eut un grand silence. Comme quoi ma remarque devait être plus stupide que je ne l'avais pensé d'abord. Mais au bout d'un moment, Mushu reprit la parole.

« Donc je me suis dit que je pourrais vous aider… »

« Super, j'ai toujours rêvé de pouvoir voir par moi-même les compétences martiales d'un dragon nain, dis-je avec un grand sourire. »

J'évitais de justesse un jet de flammes du dragon en question.

« Pourquoi tu as fait ça, lui cria-je. »

« Pour t'apprendre à te moquer de ma puissance ! »

« Je me moquais même pas ! »

« Ah…Alors pardon. Donc, ça t'intéresse ? »

« Toutes les bonnes volontés seront les bienvenues, tope là Mushu. »

Après une poignée de mains tout sauf officielle pour sceller cet accord, il me donna une petite boule aussi rouge que ses écailles et chaude comme la braise.

« C'est quoi, ça, demandai-je, sceptique quant à la probable utilité de ceci en combat. »

Remarquez, je pourrais toujours le lancer sur les ennemis en espérant les assommer avec…

« Une sphère d'invocation, répondit-il avec exactement le même ton que s'il m'avait fait la météo. »

« Logique, grommelai-je. Et à quoi ça sert ? Et si tu me réponds à invoquer, je te transperce ! »

« Et bien, c'est en quelque sorte comme un sort…Tu l'utilises comme de la magie et ça me fait arriver ! »

« Comme de la magie ? C'est tout ! »

« Bah oui… »

« Pas de précautions particulières à prendre ? »

« Aucune ! Et tu auras un compagnon d'armes en plus ! »

« Et un dragon en plus, lui dis-je avec un clin d'œil. »

« Je préférerais t'accompagner mais tu comprends, on risque d'avoir besoin de moi par ici…N'hésitez pas à repasser ! »

« Si jamais tu as besoin d'aide un jour, Mushu, n'hésite pas à me demander, dis-je ne me relevant. »

« Ne t'en fais pas ! »

Je déposai un bisou sur sa petite tête de dragon et sortit.

« Alors, pourquoi il voulait te voir le reptile, demanda Riku. »

« Pour trois fois rien… »

« Si tu veux pas le dire, tant pis, dit Riku en haussant les épaules. »

« Allez, faut qu'on aille dire au revoir à nos hôtes, dis-je en l'embrassant. »

« Je te suis ! »

Il me prit la main, et nous nous dirigeâmes tous deux vers le banc où était assise la famille Fa au grand complet.