Tesori

Auteur: Woshi

Disclaimer: Le monde d'Hetalia ne m'appartient pas, ni celui de la piraterie

Note: Ce chapitre me stress un peu, je ne sais pas pourquoi... J'espère que vous l'apprécierez quand même. Ici, tout le monde intervient un petit peu à sa façon, comme ça, pas de jaloux! Bonne lecture~


Le silence était réellement d'or. En tout cas, celui qui régnait dans la grande allée faite de tatami et de bambou donnait un sentiment d'apaisement au jeune catholique. Venu de méditerranée, il ne pensait pas trouver en un lieu aussi mal famé quelque chose d'aussi serein. Des silences, il en avait eu: pesants, dans sa "cellule" sur le bateau pirate, religieux, dans son église, et même gênés à cause de l'espagnol. Mais celui-ci lui donnait juste la sensation d'être en harmonie avec son corps et son esprit, à tel point qu'il en oublia un instant sa compagnie.

Puis enfin, le shôji coulissa pour laisser rentrer un jeune homme habillé d'une tenue chinoise traditionnelle rouge suivit d'une autre asiatique vêtue de rose et de blanc. Le duo prit place au tableau de bois de l'accueil, congédiant le jeune Chinois de son poste. Une fois installés, Antonio commença la conversation sur des sujets assez futiles, comme s'il les connaissait depuis longtemps. Voyant que sa tentative de sympathisant tombait à l'eau face à la froideur du duo, il décida alors de mettre les pieds dans le plat en leur parlant d'Arthur. Malheureusement, il ne recut pas de meilleure réponse.

Le laissant se débrouiller seul, l'italien décida de visiter un peu la pièce aux allures orientales.

-"Notre service vous intéresse?" L'interpella une voix féminine.

Lovino du se baisser pour apercevoir une femme en qipao vert sans manche assise en seiza qui lui souriait d'un air malicieux. Après avoir un peu côtoyé Jölien, le jeune homme se méfiaient un peu de ces femmes aux moeurs légères qui semblaient prendre un certain plaisir à se jouer de lui. Néanmoins, la curiosité l'emporta sur la prudence, aussi s'approcha-t-il un peu plus de cette étrange Chinoise aux fins cheveux noués d'une queue-de-cheval. Une fois à hauteur et vérifiant qu'il n'était pas épié, il lui demanda précision précisions:

-"Qu'entendez-vous par service?"

-"Vous devez être nouveau ici. Le Capitaine Carriedo vous a recruté récemment?"

-"On peut dire ça comme ça." Répondit Lovino, retenant une grimace amère n'échappant pas à l'asiatique.

-"Je vois, il vous a affecté au poste de mousse. Courage, cela ne dure que jusqu'à l'arrivée des prochains nouveaux, et comme sur cette île, on en perd plus qu'on en engage, ça ne saurait tarder."

-"Mais vous-même, vous n'êtes pas nouvelle ici, n'est-ce pas?"

-"Bien sûr que non, puisque les nouveaux sont assez rares. Le dernier est arrivé i ans, je crois que c'était Jasmin, même si elle préfère qu'on l'appelle Sampaguita. Moi je suis la cogérante avec pivoine, je me nomme Lotus."

Le méditerranéen haussa les sourcils au nom des fleurs, mais supposa que c'était peut-être culturel de se donner des surnoms pareils. Il eut le droit ensuite à un long étalage du personnel sans entrer dans les détails avec beaucoup de noms raffinés qui lui parlaient plus ou moins. À sa grande surprise, les pseudonymes n'étaient qu'une manière de préserver leur anonymat dans leur travail et non un quelconque attachement culturel. Et c'est à cela que le jeune homme voulait en venir: leur travail.

-"Nous offrons une vaste étendue de service de détente en compagnie de nos hôtes."

-"Des massages?"

-"Pas seulement. Voyez-vous, nous avons pour principe que pour se purifier, le corps doit se libérer de toutes les tensions externes et internes, c'est pourquoi toutes nos salles sont isolées les unes des autres dans une ambiance posée. Selon le service et la personne choisis, notre client peut adapter ses choix à ses exigences, puis nous prenons le relais."

Le croyant resta perplexe quelques instants. On lui avait déjà brièvement parlé des maisons closes, particulièrement dans le monde de l'ombre, et le moins qu'on puisse dire, c'est que leur description n'en était pas des plus glorieuses. Pourtant, en voyant la demeure tapissée avec raffinement et goût, il ne pouvait croire qu'il se trouvait en un lieu mal famé ou l'on abusait de femmes ivres et droguées

-"Mais, concrètement, en quoi cela consiste?"

-"Voyons, vous n'avez toujours pas compris?" Rit la jeune femme. "Le plaisir charnel est la première chose qu'un homme, et plus particulièrement un pirate, a besoin d'évacuer en revenant d'un long voyage en mer."

La réaction de Lovino ne se fit pas attendre: recul de trois pas et rougissements intensif des joues. Mais là encore, la curiosité prit l'avantage sur la pudeur.

-"C'est de la prostitution."

-"Ce terme est vulgaire, nous préférons dire hôtel de charme." Contesta une autre voix masculine. "Nous ne faisons pas que vendre du sexe mais toute la détente qui y est liée."

Un grand adolescent vint s'assoir au côté de la femme aux cheveux noués pour reprendre la conversation. Sa présence souleva une autre question, bien plus morale, pour Lovino.

-"Les filles... et les garçons?"

-"Bien sûr. Nous estimons que tant qu'il y a du plaisir et du réconfort, rien n'est interdit."

-"Mais... mais c'est ignoble!" S'exclama l'italien avec une moue de dégout.

-"Mais non! Nos hommes sont aussi charmants que nos femmes!" Protesta la femme en vert. "D'ailleurs, notre élément le plus populaire est un beau jeune homme qui incarne la définition même d'harmonie."

-"Tout le monde réclame Chrysanthème mais souvent, il n'est accessible que pour nos clients les plus privilégiés."

-"Chrysanthème?"

-"Je crois d'ailleurs que c'est de lui que parle ton boss."

Passant sous silence le fait que ce vil pirate espagnol était tout, sauf son boss, Lovino se retourna pour mieux écouter la conversation de celui-ci. En effet, lui et le Chinois semblaient pris dans une discussion assez houleuse dans laquelle le nom de chrysanthème revenait assez souvent. Visiblement, l'un ne voulait pas divulguer à l'autre une information importante qui devait certainement inclure son rival britannique. Jölien, de son côté, tentait de calmer son capitaine, et Maarten était pris dans une conversation avec la demoiselle en rose derrière.

Préférant ne pas s'incruster pour le moment, Lovino tenta de son côté de récolter des informations sur ce prostitué tant désiré: qu'avait-il de si spécial?

-"Cheveux noir de jais, yeux marron inexpressifs, peau blanche et kimono éblouissant." Expliqua le Coréen en faisant de grand mouvement de bras. "Je crois que c'est ce côté "beauté froide" qui le rend si populaire."

-"Il est le représentant masculin de notre établissement, mais je dois avouer qu'il est tellement efféminé qu'il pourrait aussi être notre représentante féminine."

-"Qui est-ce?" S'enquit le jeune catholique.

-"Prune, que tu vois derrière notre père."

L'asiatique en vert montra la Chinoise courtisée par Maarten. Il fallait l'avouer, elle était très belle avec ses longs cheveux bruns décorés de fleurs roses et son visage arrondit lui donnant presque l'air d'une enfant. D'après les informateurs, elle était presque aussi sollicitée que Chrysanthème par les clients pour son sens de l'humour et son corps neutre de toute imperfection. Certains s'offriraient même le luxe de prendre les deux un même soir pour un petit spectacle privé, mais cela n'était réservé qu'à quelques privilégiés.

-"Alors, vous travaillez comme cela pour lui?"

-"Il ne faut pas le prendre pour ça. Ya... enfin, Pivoine nous a recueilli et élevés pour une bonne partie d'entre nous. Notre métier n'est pas ingrat, bien au contraire: nous ne vendons nos plaisirs uniquement qu'à ceux qui savent en profiter pleinement et nous y voyons là une forme d'art. L'argent n'est pas notre premier critère de sélection."

-"Quand bien même, cela reste de la prostitution et de l'adultère." Moralisa Lovino d'un ton strict. "Comment feriez-vous pour vous marier à l'avenir?"

-"Hé bien... pour ce qui est de chrysanthème et Prune, cela n'est pas vraiment un problème."

Le jeune homme espérait vraiment avoir mal entendu.

-"Ils sont mariés, car dans notre culture, une femme doit obligatoirement être épouse pour exercer un métier, même celui-là."

-"Mais c'est encore plus grave!"

Le duo haussa les sourcils, comme s'ils ne voyaient pas quel était le problème; à partir du moment où elle était mariée, une femme pouvait s'adonner à toutes les activités dès l'instant que son homme lui donnait son consentement. Mais sans doute était-ce là une chose que le monde occidental avait peine à comprendre. La discussion prit cap sur les différents choix qu'un client pouvait faire, d'une simple séance de relaxation sans aucune relation avec l'homme ou la femme jusqu'à une nuit complète destinée à évacuer toutes les tensions sexuelles.

Lovino tint jusqu'à l'évocation des relations homosexuelles possibles dans l'établissement.

Les remerciant, il les intima de ne plus continuer, prétendant qu'il devait aider "Signore Antonio à sortir du confit avec Signore Pivoine". Visiblement, ils n'arrivaient pas à sortir de l'impasse, bien au contraire. Les nerfs à fleur de peau, Antonio posa ses paumes sur le mobilier de bois dans un bruit très sourd.

-"Je crois que je ne me suis pas très bien fait comprendre, Señor Pivoine." Siffla l'Hispanique dans un sourire qui ne présageait rien de bon. "La question n'est pas de savoir si vous pouvez oui ou non nous dévoiler des éléments confidentiels violant votre règlement intérieur, mais de savoir quels sont ces éléments!"

-"Je vous l'ai dit, aru. Nous assurons à nos clients un secret total durant le service, sur leur identité mais aussi sur tout ce qui se dit entre lui et sa compagnie. Chrysanthème ne fait pas exception à la règle, aru!"

-"Sauf que votre fameux Chrysanthème ne sert pas que de compagnie à Kirkland. Ne mentez pas! Je sais de source sûre qu'il lui donne des informations diverses et variées sur les rumeurs de l'île et le monde de la piraterie!"

Bien sûr, la raison principale du fait que son hôte le plus populaire se restreignait à un nombre très limité de client était qu'il servait d'informateur dans son service dit "spécial". Mais cela, seules les personnes concernées et les habituées de la maison étaient au courant. Et l'équipage d'Antonio ne comptait pas vraiment de fidèles, préférant une passion plus sauvage. Seul Maarten qui ne prenait que Prune en de rares occasions pouvait se vanter de connaître une petite partie de la maison.

Maintenant, savoir comment Antonio avait eu lui-même ces informations reste un mystère.

-"Vous..."

-"Soit vous me répondez, soit je brule votre établissement et mets en ruine votre affaire. J'emporterais même une ou deux filles qui devront me servir, cette fois, gratuitement!" Menaça le Sudiste sans perdre son expression radieuse.

Lovino crut pendant un instant voit un début de rictus se former au coin des lèvres de l'Asiatique mais sans doute n'était-ce que rêverie...

-"Très bien, aru. Puisque vous insistez, vous irez poser la question à Chrysanthème lui-même, et c'est lui décidera de ce qu'il voudra bien vous dire!"

-"Dans ce cas, allons le voir tout de suite."

-"Non!" Intervint Prune presque affolée. Elle reprit un peu de contenance avant de s'expliquer. "Je veux dire... Chrysanthème doit recevoir des clients aujourd'hui et ce soir. Il n'est libre qu'à partir de demain matin."

-"Elle a raison." Appuya Pivoine ."Revenez demain à l'aube: une heure vous sera réservée comme entretient avec Chrysanthème."

-"Très bien. Demain à l'aube sans faute, je reviendrais avec les mêmes personnes."

Antonio rappela Jölien et Maarten à lui et prit Lovino sous le bras avant de se diriger rapidement vers la sortie, refusant l'aide d'un accompagnateur. Plus loin, il entendit deux voix mielleuses lui murmurer ces quelques mots:

-"Alors à demain et passez une excellente journée!"

Une fois dehors, ils reprirent un rythme normal de marche tandis que leur bateau se dessinait déjà entre les dizaines de bâtiments cachant l'horizon. Une fois qu'il fut sûr que les deux blonds sont devant eux, Lovino trouva le courage de demander à Antonio la raison pour laquelle il avait accepté si facilement de repousser la rencontre avec Chrysanthème. Forcement, cela donnait largement le temps à ses proches de dissimuler ou faire disparaître toute trace de preuve appuyant son lien avec Kirkland.

La réponse ne se fit pas attendre:

-"Sache une chose, Lovi: dans cette maison close, ils se considèrent tous comme une grande famille dont Pivoine serait le père. S'ils ont demandé plus de temps, ce n'est pas pour Kirkland mais pour Chrysanthème lui-même."

-"Je ne comprends pas."

-"Pivoine déteste Kirkland, mais pour une raison que j'ignore, il lui offre le meilleur service de sa maison, et d'ailleurs, Kirkland choisit toujours Chrysanthème à chacune de ses visites. Je pense qu'un lourd secret pèse dans cette famille, un secret que notre ami british doit partager avec eux, raison pour laquelle il est si bien traité."

-"Du chantage?"

-"Exactement."

L'italien fronça les sourcils à l'évocation de cet acte aussi lâche et malveillant qu'était le chantage. Peut-être que ces prostitués femmes et hommes ne méritaient pas leur place au paradis (ne semblant d'ailleurs pas croire en cette religion), mais au moins en étaient-ils plus dignes que ces immondes pirates.

-"Mais... et le rapport avec nous?"

-"Ils vont préparer Chrysanthème à l'interrogatoire que nous lui feront subir. Non pas pour mentir, mais pour dévoiler habilement ce qu'il sait sans pour autant trahir Kirkland."

Antonio prit une pause pour réfléchir avant d'ajouter plus pour lui-même:

-"De plus, s'il a vu Arthur récemment, il doit être anéanti à l'heure qu'il est: on n'en tirera rien en le brusquant aujourd'hui."

Lovino fit semblant de ne pas entendre alors que des milliers de questions fourmillaient dans son esprit. Le plus torturant, le savait-il, c'est que les informations n'arriveront qu'au compte goutte et certainement bien plus tard.

OoOoOoOoOoOoOo

Bien loin de tout ce calme rationnel, une colère grondait dans les entrailles d'un navire dont les rares passagers seraient passés par-dessus bord s'ils avaient le malheur de demander la raison d'une telle furie. Tous préféraient être trop occupé à leur poker ou faire le mort plutôt que se pencher vers la porte qui menait en direction de la chambre du dernier passager en date de leur chef. Devant la pièce, le concerné se tenait bien droit, les bras croisés, d'apparence posée alors que ses yeux émeraude brillaient d'une furieuse envie de meurtre, ou peut-être de la frustration de ne pas pouvoir justement accomplir ce vilain crime.

À l'intérieur se trouvaient allongés Francis et Feliciano dans le lit du premier, le second dormant paisiblement contre le grand blond avec un sourire aux lèvres. C'est cette situation tendant vers le quiproquo qui avait réveillé le démon de colère qui dormait à l'intérieur du britannique. Comment ce sale gamin osait-il toucher SON Francis! Celui-ci envoya un regard outré au capitaine signifiant clairement qu'il n'avait rien à se reprocher.

Cela acheva la rage d'Arthur.

-"Il avait peur alors je lui ai permis de dormir à mes côtés."

-"Seulement dormir?" Grinça le capitaine Kirkland, sa main le démangeant horriblement sur la paume de son épée.

-"Que voulais-tu que nous fassions d'autre? Ne confonds pas mes nuits avec les tiennes, veux-tu!"

Le capitaine émit un petit bruit pour signaler son mépris puis prit place sur la chaise de bureau pour mieux observer ses prisonniers et leur environnement. Le Britannique avait aménagé les lieux pour qu'ils correspondent parfaitement aux goûts français. Tout, du mobilier jusqu'à la décoration furent soigneusement choisis par le capitaine, ses efforts ne semblant pas toucher son invité plus que cela. Il laissa le temps à Francis de se vêtir decement avant de reprendre la parole.

-"Alors? Est-ce qu'il a avoué?"

-"Ne parle pas de lui comme un criminel."

-"Je le traite comme je veux!" Grogna le pirate d'un ton sans réplique. "Dis-moi tout ce que tu sais!"

L'homme aux cheveux ondulé poussa un long soupir avant de s'assoir sur le lit d'un air médusé.

-"Comme il ne savait rien d'autre sur le trésor mais qu'il ne voulait pas revivre ce que tu lui as fait subir, il m'a raconté toute son enfance."

-"Et alors?"

-"Alors c'est un orphelin qui a bien du mérite!" Répondit Francis, la voix pleine de rancune. "Ses parents sont morts en servant l'Église lorsqu'il n'avait que cinq ans, et dès que son grand-père avait déjà disparu de la surface de la terre, c'est un prêtre qui les a recueilli, lui et son frère. Depuis, ils travaillent dur pour gagner leur pain jusqu'à leur mariage."

-"C'est bien beau tout cela, mais ça ne m'avance à rien!" Grommela Arthur avec impatience. "Que t'a-t-il dit au sujet de la clef?"

-"La même chose qu'à toi; elle lui vient de son grand-père qui partit du jour au lendemain la veille de ses huit ans."

-"Et cet homme, il t'en a parlé?"

-"Assez, oui..."

Francis fronça les sourcils, devinant rien qu'à son air que le capitaine devait avoir une idée derrière la tête. Il le fixa plus longuement, les ombres sur son visage provoquées par la lueur des bougies lui donnant presque un air diabolique. Il ne pouvait pas tout dire au risque que cela ne fasse du mal à Feliciano. Connaissant Arthur, il en était bien capable.

-"Promets-moi d'abord que tu ne feras rien qui puisse le blesser."

-"Je te donne ma parole de gentlemen. Maintenant, tu me dis tout, sweetie, ou je vais être obligé d'employer la méthode forte?"

-"Très bien..." Optenpéra le Français en voyant l'homme aux gros sourcils manipuler son poignard. "Le grand-père de Feliciano se nommait Remus Vargas et avait environ dans la cinquantaine. Je lui ai demandé si c'était la vérité et apparemment, oui. D'après Feliciano, Remus devait être soldat ou marin car il était souvent absent de la demeure familiale, en voyage de part et d'autre, parfois durant de longs mois. Apparemment, il aurait toujours eu ce mode de vie car sa fille - la mère de Feliciano- fut confiée très tôt à un couvent. Je ne sais rien à propos de sa grand-mère, mais je suppose qu'elle est morte avant la naissance de Feliciano."

Un lourd silence se posa après ce court récit pendant lequel Arthur réfléchit la main posée sur le menton. Comme s'il avait lu dans ses pensées, Francis prit la parole le premier.

-"Tu penses qu'il pourrait s'agir de... lui?"

-"On n'est sûr de rien, mais la rumeur dit que Rome est d'origine italienne, avec d'ailleurs une famille qui descend directement des premiers romains, d'où son surnom. Mais de toute façon, ce n'est pas mon premier problème, j'ai quelque chose de bien plus important à faire!"

-"Quoi donc?" S'enquit le Français.

Le britannique sortit de sa poche de veste la clef scintillante qui le mènerait à son trésor avant de la ranger aussi rapidement.

-"Il y a quelqu'un que je dois aller voir, quelqu'un qui vient tout juste d'arriver sur cette île."

-"Quelqu'un?"

-"Quelqu'un comme moi." Répondit rêveusement Arthur avant de se reprendre. "Donc, si tu veux aller te balader, je te conseille de le faire demain, car nous partirons demain soir!"

-"Et Feliciano?"

-"Si tu m'as dit tout ce qu'il t'a raconté, alors il ne me sert plus à grand-chose maintenant..."

Le mieux était de s'en débarrasser immédiatement avant qu'il ne s'échappe ou ne se fasse capturer par un autre pirate avec qui il allait être obligé de partager le secret de Remus. Néanmoins, le français semblait s'être attaché à l'enfant et l'anglais savait que s'il évoquait l'idée de faire disparaître l'italien, il allait encore plus perdre l'estime de Francis. Le plus sage pour lui était sans doute de garder son prisonnier sous haute surveillance. Au moins jusqu'à ce qu'il trouve le moyen de se débarrasser de ce boulet.

Estimant qu'il en avait fini, le pirate se releva avec l'ordre de sortir le rejoindre dans la prochaine heure et de ramener l'italien dans sa cellule.

OoOoOoOoOoOoOoOoO

Le long kimono glissa sur son dos aussi facilement que de l'eau, lui faisant une deuxième peau protectrice. Le violet a toujours été une couleur faite pour lui, symbolisant à la fois son côté androgyne et sa bisexualité. Le blanc s'occupait plus de mettre en valeur son raffinement et sa douceur par le biais des fleurs décorant à la fois son habit et ses cheveux. Le maquillage était presque de trop mais comme les imperfections étaient bannies de la maison, il dû se plier au règlement de la poudre et du rouge pour les lèvres.

Assis devant son grand miroir, Chrysanthème noua machinalement la ceinture autour de sa taille, regardant plus le vide que son propre reflet. Il plaça une dernière broche dans ses cheveux juste avant que Pivoine ne vienne le chercher. Celui ci ne tarda pas à frapper à la porte du Japonais.

-"Chrysanthème, c'est l'heure."

-"Très bien."

-"N'oublie pas ce que je t'ai appris." Fit le Chinois en lui ajustant sa coiffure. "Tu n'es pas obligé de tout leur dire, mais fait en sorte qu'ils partent satisfaits d'ici. Il y va de la survie de notre famille."

-"Je sais mais..."

-"N'hésite pas! Soit fort et débarrasses-toi de tes sentiments. Si tu veux vraiment protéger Kirkland, tu dois te montrer infaillible face à ses ennemis."

Chrysanthème trembla entre les mains de son bienfaiteur. Pivoine connaissait ses sentiments pour Arthur depuis la première nuit, et ainsi, après chaque visite du pirate, il lui autorisait un répit afin d'évacuer le chagrin de cet amour à sens unique. Il savait très bien que de tous ses protégés, le Japonais était le plus fragile car il devait être le plus responsable de la famille après leur père. C'était lui le grand frère, mais aussi le mari et le pilier du groupe. Et pourtant, lui aussi avait ses faiblesses; tomber amoureux d'un pirate volage qui aimait jouer avec le coeur des autres lui en avait percé une de plus.

Les larmes envahirent ses yeux sans qu'il puisse y faire quoi que ce soit.

-"Kiku."

Le concerné leva la tête à l'évocation de son prénom, normalement interdit au sein de l'établissement.

-"Ne pleure pas Kiku." Implora le jeune Chinois en le prenant dans ses bras. "Soit digne de la fleur que tu portes."

-"Yao..."

Quelle sensation agréable ressentait-il en ce moment! Être caressé avec tendresse lui manquait tant dans ces relations basées uniquement sur le physique. Vivre avec un corps réchauffé mais un coeur glacé ne lui allait absolument pas. Il avait besoin de douceur et d'amour, telle la fleur fragile qu'il incarnait.

-"Ne pense pas à lui mais à toi et à nous. Et je te promets que tu finiras par trouver le bonheur."

-"Oui..."

Yao laissa Kiku le temps d'aller chercher le capitaine hispanique puis les laissa discuter en face à face, priant pour que tout aille bien. Tous durent attendre dans le couloir en attendant que l'entretien finisse. Au bout de l'heure donnée, Antonio sortit de la pièce le visage sans expression tandis que Chrysanthème semblait soupirer de soulagement. Le supplice dura encore quelques minutes puis enfin, la sentence tomba.

La famille asiatique pourra encore garder sa maison close un petit bout de temps.