Disclamers : Les personnages principaux de cette histoire ne sont pas les miens mais bien la propriété de KISHIMOTO Masashi que je remercie, même si il ne le saura pas car sans lui cette histoire n'existerait pas.
Un immense merci à Venusia pour ces multiples corrections et ses explications. Je te dis à bientôt pour de nouvelles parties de Boogle ^_- .
****************** Bonne Lecture
Chapitre 10
Après un instant de silence, Naruto releva la tête et regarda son brun câlinant son fils. Le blond se doutait bien que son compagnon ne devait pas très souvent – même jamais – se laisser aller à des moments de tendresse avec son fils devant d'autres personnes. Il en profita pour graver cette image dans un coin de son cœur et de sa mémoire.
– Vous dormez à la maison, ce soir ? demanda doucement le blond, en regardant le brun.
– Pourquoi pas… répondit le brun, dans un haussement d'épaules nonchalant.
Naruto lui fit un grand sourire, n'étant pas dupe du langage corporel de son vis-à-vis. Puis, il se leva et monta pour préparer les chambres. Après quelques minutes de préparation, il fut décrété qu'une jeune fille ne pouvait pas décemment dormir avec un jeune homme, même si ladite jeune fille n'avait que cinq ans et que donc, celle-ci aurait sa chambre et ledit jeune homme prendrait la chambre d'ami. La jeune fille ayant oublié d'être bête, répondit :
– Mais… et toi, Sasuke-San ? Où vas-tu dormir ?
Sasuke sentit ses joues le brûler et balbutia mal à l'aise :
– Je vais dormir avec Naruto. Tu… Il se racla la gorge. Tu sais, en mission, il nous est souvent arrivé de dormir ensemble pour économiser le prix d'une chambre ou simplement parce qu'il n'y avait pas assez de chambres pour qu'on soit chacun la nôtre, quand on s'arrête dans une auberge…
– Mmm… répondit la fillette.
Et tirant sur son tee-shirt pour le faire se courber, Sasuke suivit le mouvement indiqué et Akira lui déposa un bisou de « bonne nuit » sur la joue.
– Bonne nuit, Sasuke-San ! Bonne nuit, Keiiiii ! cria la petite, en allant dans sa chambre suivie d'un blond au regard pétillant.
Une fois allongée dans son lit et bordée par Naruto, la fillette reprit la parole :
– Tu sais, Na-Chan… si vous voulez dormir ensemble, vous avez le droit…
Naruto se figea à cette phrase.
– … Sasuke-San n'a pas besoin de trouver des excuses bidon.
Naruto explosa de rire. La petite avait vu si clair dans leur jeu, que celui-ci se disait que comme acteurs, ils pouvaient aller « se rhabiller ». Il essaya de reprendre son souffle et embrassa Akira en lui souhaitant une bonne nuit. À son retour dans le couloir, il fut de nouveau secoué par un grand rire. Sasuke le regarda les yeux ronds en sortant de la chambre dans laquelle il venait de border son fils.
– Tu veux un thé ou un café ? proposa Naruto, en retrouvant son calme après quelques minutes de fou rire.
– Je veux bien un café et une explication.
– Bien, alors descendons…
Ils descendirent et préparèrent dans un silence agréable leurs boissons. Un café pour le brun et un thé pour le blond.
– On va dans le salon ou tu préfères le jardin ? demanda Naruto
– Salon.
– Ah ! Ça faisait longtemps.
Un regard interrogateur se tourna vers lui.
– Que tu n'avais pas repris ton mode de fonctionnement. Un seul mot, un regard. Dis-moi que tu ne vas pas retomber dans les « Hn » et « Hm » parce que, je crois avoir perdu le décodeur, gémit le blondinet.
– Mais non… soupira Sasuke. Et, cette explication ?
– Ah, ah, ah ! J'avais presque oublié… Aki m'a dit que si on voulait dormir ensemble, on n'avait pas besoin de se chercher des excuses. Surtout, aussi bidon.
Comme prévu, Sasuke s'étrangla avec sa gorgée de café.
– Ah, respire... reprit Naruto, en lui tapotant le dos.
– Elle est maligne… réussit-il à répondre, après avoir craché ses poumons en toussant.
Ils passèrent la soirée tranquillement, chacun sur un canapé lisant des rouleaux de techniques. Le silence, loin d'être pesant, était plutôt reposant. Naruto avait besoin de calme, après les émotions qu'il avait vécu dans la journée et Sasuke avait toujours préféré le silence au bruit. Chacun y trouva son compte. Au bout d'un moment, Naruto commença à somnoler la tête sur les genoux du brun. Il s'était rapproché du brun il avait besoin de sentir sa présence contre lui.
Après quelques heures passées comme ça, ils montèrent prendre une douche d'un commun accord. Toujours en silence, avec pour seul point d'ancrage, la présence de l'autre. Ils prirent leur douche ensemble, en silence toujours… Leurs regards avaient presque le même éclat de plaisir de se savoir là, sans avoir besoin de se sauter dessus et de passer à l'acte sexuel. Leur relation avait évolué d'elle-même avec l'épreuve qu'ils venaient de vivre. Naruto prit le savon dans ses mains et le fit mousser. Une fois celles-ci recouvertes de la texture voluptueuse et blanche, il les passa lentement dans le dos de son compagnon, en commençant par le haut des épaules et descendant lentement dans le bas de ses reins. Après quelques minutes pour remettre de la mousse sur ses mains, il les passa du haut des épaules du brun jusqu'au bout de ses doigts, puis se mit face à lui et refit le même voyage que pour son dos, en s'arrêtant toutefois un peu plus longtemps que nécessaire sur les bourgeons dressés sur ses pectoraux. Après avoir fait le haut du corps du brun, Naruto attaqua le bas après avoir repris la savonnette en main et l'avoir bien fait mousser. D'abord la jambe droite en partant de l'aine et en laissant glisser ses mains jusqu'à sa cheville. Il leva légèrement son pied pour le laver également. Et recommença le même scénario pour l'autre jambe. Ensuite, il s'attaqua au joli postérieur rebondi de son amant qu'il malaxa un peu plus que nécessaire mais pas de trop, non plus. Il ne resta que son membre, qui s'était redressé par la douceur des caresses que lui avait prodiguées Naruto. Le blond le lava consciencieusement sans oublier ses bourses ni la toison brune, au-dessus. Pour terminer, Naruto rinça son amant à grand renfort d'eau chaude.
Sasuke fit subir le même traitement au blond puis le fit sortir de la douche avant de l'enrouler dans une grande serviette. Il se sécha ensuite. Et ils prirent la direction du lit du blond. Ils se couchèrent, après un dernier bisou de « bonne nuit » dans les bras l'un de l'autre.
Le lendemain matin, Akira et Kei se réveillèrent les premiers et allèrent en catimini voir ce qu'il se passait dans la chambre des adultes. Ils trouvèrent la tête de Naruto, posée sur le torse de Sasuke et le bras du brun autour de la taille du blond. Tous deux avaient un sourire bien heureux scotché sur le visage. Les deux petits descendirent jouer dans le salon, en attendant leur parent respectif. Trente minutes plus tard, les enfants furent rejoints par Sasuke qui était encore dans le coltard. Il se frottait un œil en entrant dans la cuisine.
– Vous avez déjeuné ?
– Non. On vous attendait, répondit la fillette.
Le brun se contenta de hocher la tête pour dire qu'il avait entendu la réponse. Sasuke ne parlait pas ou très peu à Akira. Il n'était déjà pas de nature ouverte avec les gens de son entourage, même si avec la disparition du blond six ans plus tôt il avait commencé à s'ouvrir aux ninjas de sa génération. Mais entre Akira et lui s'était instauré un sentiment de jalousie pour savoir lequel des deux aurait le plus d'attention de la part du blond. De ce fait, Sasuke ne parlait à la petite qu'en présence de Naruto et ainsi ne rien montrer de ce sentiment qui le rongeait. La fillette n'était pas en reste et était aussi filoute que Naruto à douze ans. Elle faisait les pires crasses au brun mine de rien. Mais elle devait la jouer fine parce qu'il ne fallait pas oublier Keisuke dans l'équation.
Le petit garçon était aussi taciturne que son père et ne parlait qu'au blond. Bien sûr, si les amis de son père lui parlaient, il répondait. Mais c'était les fameux « hm » ou encore « Hn » de la famille Uchiwa. Seul Naruto avait le droit à des phrases complètes avec nom, pronom, verbe, sujet et complément. Kei avait réussi à se faire une place dans le cœur déjà bien rempli de Naruto. Il avait eu peur au début quand il avait entendu les amis de son père qu'ils appréhendaient la réaction de Naruto face à la paternité du brun. Du haut de ses cinq ans, il ne comprenait pas les histoires des grands. Mais il avait entendu que le blond et son père se faisaient des bisous avant que le blond parte. Kei avait cru qu'avec le retour du ninja, son papa allait l'abandonner. Il avait bien senti la tension entre eux à leurs nombreuses rencontres. Les mains de son père devenaient froides et mouillées en présence de cet homme, ce qui rendait Kei nerveux. Un jour en se promenant sur le ponton autour du lac, Keisuke avait presque été choqué de voir un sourire sur les lèvres de son papa quand celui-ci croyait que personne ne le regardait et que lui-même mirait le blond, qui était sur le chemin plus haut. En cinq ans de vie avec son père, c'était la première fois qu'il voyait ce sourire. Même si Sasuke lui faisait de nombreux sourires quand ils étaient seuls, ils faisaient pâle figure face à ceux qu'il réservait au blond.
– Bonjour ! cria Naruto, en faisant irruption dans la cuisine.
– S'lut.
– Bonjour…
– Tu dors trop, Na-Chan, bouda Akira.
Naruto s'assit à la table et se servit une tasse de café.
– Que faisons-nous, aujourd'hui ? demanda-t-il à la cantonade.
– Tu peux m'apprendre le lancer d'étoiles ? demanda la fillette.
– Les shurikens ? Oui, si tu veux… répondit Naruto dans un grand sourire.
– Moi, je voudrais bien faire un pique-nique, souffla Keisuke en regardant Naruto.
– Un pique-nique ? Hum… pourquoi pas ? Ça fait longtemps que je n'en ai pas fait, en dehors des missions, je veux dire… Ça marche pour moi ! Sasuke tu avais prévu un truc, aujourd'hui ? finit par demander le blond en se tournant vers le brun.
– Non, rien du tout. Un pique-nique et un lancer de shurikens devraient être sympa, dit-il en ébouriffant les cheveux de son fils.
– On va sur le terrain de ton quartier ou sur le sept ? demanda Naruto, en mangeant son bol de riz.
– On peut aller sur celui près de chez moi. Comme ça, on achète des fruits au passage et ce qui nous manque pour le pique-nique.
– Allez vous préparer… Lavage de dents, douches, fringues. Pendant ce temps-là, je range la cuisine et on est parti ! lança Naruto.
Ce fut comme ça que se passa leur première journée à quatre. Mélange de lancer de shurikens, kunai. Un entraînement de taijutsu pour Naruto et Sasuke. Un pique-nique constitué de boulette de riz au saumon et au porc, des fruits et du thé. L'après-midi, ils décidèrent de faire une course. Naruto et Sasuke seraient les montures et Akira et Keisuke seraient les cavaliers. Ce fut un éclat de rire en provenance du blond qui attira l'attention de Kiba qui se baladait dans les rues de Konoha avec Hinata. Il leva la tête et croisa un Naruto qui sautait d'un toit, très vite suivi par un certain brun.
– Alors, Teme… Tu ne suis pas le rythme, lança gaiement le blond.
– Que tu crois, Usuratonkachi ! répondit le brun en accélérant.
Kiba monta sur le dos d'Akamaru avec Hinata et les suivit.
– Ha ! ha ! ha ! rigola la fillette.
Keisuke, lui, se plaqua contre le dos de son père, un énorme sourire sur les lèvres. Ils firent le tour du village en passant sous les fenêtres de Tsunade. Attirée par les rires et cris des uns et des autres, elle s'approcha de la fenêtre située derrière son bureau. Elle fut sidérée par le sourire qu'arborait Sasuke. Lui qui était connu comme un « glaçon » avait laissé tomber le masque. Sûrement parce qu'à la vitesse à laquelle ils allaient, il devait penser qu'on ne le voyait pas. « Pauvre naïf… » pensa-t-elle.
Ils s'arrêtèrent sur le portail de l'entrée principale du village.
– Alors, la balade vous a plu ? demanda le blond aux gamins.
– C'était génial ! cria Akira.
Keisuke se contenta de se resserrer contre son père et cacha son visage heureux dans sa nuque. Ils décidèrent de marcher pour rentrer, histoire de reprendre leur souffle.
– Que voulez-vous manger, ce soir ? proposa Naruto, en brisant le silence.
Ils avaient passé une si bonne journée ensemble que ça lui paraissait normal qu'ils finissent la journée ensemble.
– Moi, je vote pour des rāmen, répondit Akira.
– Moi, je veux des dangos, reprit Keisuke
– Moi, je veux des légumes, finit par dire Sasuke.
– Ah ! ah ! ah ! Chacun son plat. Bon, OK ! On passe au magasin, on achète des tomates pour Sasuke, les ingrédients nécessaires pour les dango de Kei et du miso pour les rāmen. Je n'en ai plus assez pour faire des rāmen, énuméra Naruto, en prenant la direction du K-Market.
– C'est parti ! crièrent les deux gosses en cœur.
À la sortie du magasin, ils tombèrent sur Sakura et Saï.
– Oh, vous êtes en balade ? lança faussement légère Sakura.
– Vous vous baladez en famille, maintenant… énonça Saï, avec son tact habituel.
– Bonjour, Sakura-Chan… Saï, salua le blondinet.
Sasuke et Keisuke se contentèrent d'un hochement de tête.
– Oh, les huîtres se sont refermées, lança la gamine.
– Akira !
– Bonjour. Oui, on se promène en famille. Ça pose problème à l'un d'entre vous ? jeta sèchement la gamine.
– Aucunement, gamine, grogna Sakura.
– On allait rentrer dîner. Vous voulez vous joindre à nous ? proposa gentiment Naruto, en loupant les grimaces des trois autres.
Chacun voulait profiter de leur temps ensemble.
– On ne voudrait pas déranger… dit Saï, avec un sourire sur les lèvres.
– Pas de soucis, grimaça Naruto. Il venait de se faire pincer par Akira, et Keisuke lui avait mis un coup dans les genoux.
Voyant que ça les faisait chier, Sakura accepta l'invitation. Peu de temps après, ils arrivèrent tous chez Naruto. Il fit entrer tout ce petit monde et précisant aux gosses de ranger leurs chaussures dans le placard prévu à cet effet, d'accrocher leur manteau et de ne pas hésiter à demander à un adulte s'ils étaient trop petits.
– Akira, Kei… Allez prendre votre bain pendant qu'on prépare à manger, dit Naruto en se dirigeant vers la cuisine les bras chargés de sac de courses.
– Quoi !? cria la fillette.
– Quel est le problème ? demanda Naruto, en s'arrêtant sur le pas de la porte de la cuisine.
– Tu ne veux pas qu'on dorme ensemble mais se laver, c'est d'accord ?
–…
– Bah, non... Kei ira quand je serai sorti, gueula Akira, en montant les marches en claquant ses pieds.
Naruto posa ses courses sur la table et revint sur ses pas. Il posa une main sur la rambarde des escaliers et cria :
– Akira !
La demoiselle fit son apparition, croisa les bras et tapa du pied. Les trois adultes qui suivaient la scène se disaient que leur ami allait en baver.
– Tu es dix ans trop jeune pour taper du pied, claquer les portes et gueuler. Alors maintenant, tu vas chercher ton pyjama et te préparer pour la nuit… Le visage poupin se tordit en une vilaine grimace.
–… et tu vas faire tout ça, dans le calme. Je ne veux plus t'entendre crier sauf si tu es blessée, ce que je ne souhaite pas.
Akira ne répondit rien et se mit à bouder.
– On s'est bien compris ?
Seul un hochement de tête lui répondit.
– Alors, file vite pendant que je prépare tes rāmen, finit-il en adoucissant sa voix.
Puis il se tourna vers ses invités.
– Vous désirez boire une tasse de thé pendant que je fais le dîner ?
– Oui, s'il te plaît… répondit Sakura.
– Kei, tu veux aller jouer dans la chambre d'Akira ? Ou tu veux un verre de jus ?
– Je veux bien un jus, s'il te plaît…
Naruto lui répondit par un grand sourire.
– Sasuke, tu veux bien aller vérifier la température de l'eau de la douche, s'il te plaît pendant que je sers les autres ?
Le brun acquiesça et monta. Naruto retourna dans la cuisine et attaqua la préparation du repas. Tout en discutant de tout et de rien avec le jeune couple. Il s'arrêta un moment pour dire à Keisuke de faire attention qu'il allait s'étrangler en buvant trop vite. Sasuke arriva à ce moment dans la cuisine. Il passa de l'autre côté du bar de cuisine pour se mettre près de Naruto et lui proposa son aide. Comme s'ils avaient pratiqué la même scène depuis des décennies, Naruto mit dans les mains du brun, un fouet et le récipient contenant la préparation des dango de Keisuke. Sasuke commença à battre le tout en discutant. Akira les rejoignant peu après et Keisuke monta prendre sa douche. La soirée se rythma comme un ballet. Pendant que les adultes préparaient le repas, les enfants installaient la table. Tout ça, sous les yeux stupéfaits de Sakura et Saï. Si Saï devait peindre la scène qu'il avait sous les yeux, il l'intitulerait « vie de famille ».
La soirée se passa sans anicroche. Le jeune couple partit peu de temps après le repas improvisé. Naruto et Sasuke couchèrent chacun leur enfant et se mirent au lit, après une bonne douche chaude qu'ils prirent chacun leur tour.
Le lendemain matin, Sasuke fut le premier levé. Il prépara le petit-déjeuner puis réveilla tout le monde. C'était une journée importante dans la vie de son blond. Naruto fut le dernier à se lever, encore une fois…
– On va être en retard ! s'écria la fillette. Décidément, tu ne te lèves pas très tôt.
– Un café et on est parti, répondit Naruto, en se tournant vers la cafetière.
Il se savait incapable de sourire ce matin-là, sachant qu'ils devaient accueillir le grand-père de la fillette qu'il avait appris à aimer comme la sienne. Une fois le déjeuner et les douches prisent, Naruto et Akira prirent la direction de la tour de l'Hokage, avec le cœur lourd pour les deux. Un lien s'était créé entre eux et ils ne voulaient pas être séparés. Sasuke et Keisuke prirent le chemin de leur maison. Ils devaient se changer avant d'essayer de trouver leurs amis et mettre au point l'idée du brun.
– TOC ! TOC !
– Entrez !
– Bonjour, Baa-Chan... C'est nous ! lança le blond.
– Ouep, c'est nous ! cria la petite
– Bonjour, vous êtes en avance, répondit la blonde en relevant la tête de ses papiers.
Ce jour-là, les personnes présentes dans le bureau, soit Tsunade, Shizune, Naruto et Akira devaient se rendre à l'entrée du village pour y accueillir comme il se devait, le Seigneur du Pays de Kusa qui n'était autre que le grand-père de la fillette trouvée par Naruto lors de la mission avec l'équipe de Tenten, il y avait de ça presque cinq mois. Le Seigneur venait récupérer sa petite fille qui serait l'héritière de son empire. Il était connu comme un homme froid et assoiffé de pouvoir. Un homme qui donnait la chair de poule à quiconque le croisait dans la rue. Mais, pouvait-on faire confiance à une rumeur ?
Le comité d'accueil de Konoha prit la direction de l'entrée du village. Pendant ce temps, Sasuke et Keisuke faisaient le tour du village à la recherche des ninjas de sa génération. Le premier sur qui ils tombèrent fut Kiba chevauchant Akamaru.
– Yo !
– Salut…
Hochement de tête pour le dernier.
– Aussi causant l'un que l'autre, rigola Kiba, en se frottant le nez.
Puis, une fois son calme recouvré, il regarda les deux Uchiwa qu'il avait sous les yeux et partit dans un grand éclat de rire.
– Qu'est-ce qu'il y a de si drôle, abruti ? ronchonna Sasuke.
– Hé hé ! Regardez-vous… hé hé… même… si vous n'étiez… pas… brun, tous les deux…
Sasuke et Kei se regardèrent. Ils avaient tous les deux les mains dans les poches, les épaules un peu rentrées vers leur cou mais le dos bien droit. Leur visage fermé qui criait « Passe ta route, c'est mieux ! » En se découvrant ainsi, le même rictus se dessina sur leurs lèvres.
– Pff ! s'écrièrent les deux bruns en même temps.
Ce qui eut le malheur de redoubler l'hilarité de leur ami.
– Bon, quand tu auras terminé de rire... Je pensais faire un feu de camp avec ceux de notre groupe dispo, ce soir.
– Oh ! OK. Compte sur moi et Hinata. On doit s'entraîner avec Shino, aujourd'hui. Comme au bon vieux temps ! Je lui passerais le message.
– Merci.
– Veux-tu qu'Hinata passe le message à Neiji ?
– Oui, comme ça, si je ne le vois pas, il l'aura… Sais-tu si Shika est au village ?
– Oui, ils sont tous là. Gaara doit venir au village, aujourd'hui…
– Et, comme il vient avec Temari, Shika ne bouge pas du village…
–… et qui dit Shika au village, dit Ino et Chôji, aussi…
– Bon, j'ai plus qu'à le trouver, alors… Mais pourquoi le Kazekage vient au village ? Une affaire politique ?
– La même cause que le rassemblement que tu fais ce soir, je suppose.
– Hn…
– Ah ! ah ! ah ! Ne sois pas jaloux. On a tous compris qu'il était à toi, le beau blond.
Au plus grand étonnement de Sasuke, Kiba reprit son sérieux et regarda le brun droit dans les yeux.
– On a tous remarqué que tu es le seul à allumer cette étincelle dans son beau regard bleu. Nous, on a droit à de faux sourires…
– Ne dis pas ça…
– … on le sait et c'est en grande partie de notre faute. Attention ! Je ne dis pas que tous ses sourires sont faux. Après tout, on ne l'a pas loupé quand il était gosse. Mais c'est vrai aussi que depuis son retour au village, ses sourires sont le plus beau des cadeaux… Mais, rassure-toi, tu as toujours les plus beaux et les plus lumineux, continua très vite Kiba en voyant que Sasuke allait l'interrompre.
– Qu'est-ce que je devrais dire ? Gamin, je l'ai traité comme la pire merde possible. Ensuite, je suis parti et j'ai tenté de le tuer à plusieurs reprises. Puis, je suis revenu pour lui, chuchota-t-il. Et, là encore, il en a bavé. On se met enfin ensemble. Bien sûr, une vie de couple, c'est pas tout rose mais on survit et même on s'épanouit. Et vlan ! Il disparaît et je ne trouve rien de mieux que de me consoler dans les bras d'une autre et de…
– Ouais, mais il est là, maintenant… Tu vas nous le rendre heureux, l'interrompit Kiba.
– Bah… ça commence mal…
– Qui sait ? Il y aura peut-être des surprises. Bon, aller… Je file. Je passe le message à chaque personne concernée que je vois. On amène chacun un petit truc ? On le fait au même endroit que d'habitude ? Dans la clairière ?
– Non. Il caille, on se retrouve à mon dojo à dix-huit heures, salua Sasuke, en reprenant sa route.
Du côté de l'entrée du village, le cortège du Seigneur du Pays de Kusa venait d'arriver. Il fut accueilli comme il se devait avec tout le cérémonial dû à son rang. Naruto pouvait voir une légère tension dans le corps de Tsunade. C'était sûrement ce qu'elle détestait le plus dans son poste. Le léchage de bottes avec les autres chefs d'État. Autant jouer avec son tampon l'agaçait parce que la tâche était répétitive, autant recevoir les Seigneurs et autres commanditaires lui tapait sur les nerfs.
– Bienvenue à Konoha, Seigneur, Shu Kusa-Sama... salua Tsunade
– Merci pour votre accueil, Hokage-Sama... se courba le Seigneur. Merci de vous être occupé de ma petite fille.
– Ce n'est pas moi qui ai été en charge de votre petite fille. Mais le ninja qui l'a trouvée et secourue, Uzumaki Naruto qui se trouve sur ma gauche, reprit la blonde en montrant de la main le ninja se tenant à ses côtés.
– Je vous en remercie, Uzumaki-San… reprit le Seigneur en se baissant de nouveau.
– Le plaisir est pour moi, Shu Kusa-Sama… répondit Naruto en s'inclinant également.
« On ne dirait pas un mangeur d'hommes assoiffé de pouvoir », pensa le blond en se redressant.
– Akira, ne viens-tu pas dire bonjour à ton grand-père ? reprit le vieil homme.
La fille ne répondit pas. À la place, elle décrocha un regard noir à l'homme lui faisant face.
– Akira…
La fillette tourna son regard améthyste vers Naruto. Celui-ci avait le visage fermé.
– Bonjour, grand' Pa… salua la petite fille d'une voix froide.
Le regard du Seigneur alla de sa petite-fille au blond qui l'avait pris sous son aile. Apparemment, ce jeune homme avait réussi à trouer la carapace de la gamine. Ni lui ni sa mère ne pouvaient lui faire faire une chose si elle en avait décidé autrement. Lui en revanche avait le dernier mot. « Intéressant » pensa le Seigneur.
– Nous pourrions peut-être continuer notre conversation dans un lieu plus approprié, proposa la Cinquième.
Tous hochèrent la tête en signe d'acceptation de la proposition.
Sasuke et Keisuke arrivèrent chez eux après avoir fini de faire le tour de leurs amis. Ils avaient croisé Shika et sa troupe. L'ananas lui avait dit qu'il passerait le mot à Temari, Gaara et Kankuro dès le retour de sa miss.
– Keisuke, veux-tu un peu de thé ?
– Oui, je veux bien… répondit le petit garçon en s'installant à la table de la cuisine et suivant les allées et venues de son père dans la pièce.
Après quelques minutes de silence, Keisuke se décida à reprendre la parole.
– Est-ce que je viens aussi, ce soir ?
– Non.
Le petit garçon baissa la tête tout triste.
– Je vais demander à Kakashi-Sensei s'il peut de garder, ce soir…
Le petit brun ne releva pas la tête. Sasuke pouvait voir la déception de son fils rien qu'à sa façon de se tenir.
– Dis, Kei…
Le petit corbeau se décida à relever son visage au ton sérieux de son père.
– … si je proposais à Naruto et Akira de venir vivre avec nous. Tu en penserais quoi ?
Kei ouvrit de grands yeux en voyant les joues de son père toutes rouges.
– Il serait mon deuxième papa ?
Sasuke préféra hocher la tête.
– Oui… Tu sais, Naruto et moi, on était amoureux depuis très longtemps. Malheureusement, lors d'une mission, il a disparu. J'ai rencontré ta maman avec qui on a fait un câlin une nuit, dit-il les joues encore plus rouges. Et, tu es né. Je n'aimais pas ta maman. Pour moi, il n'y avait et n'y aura que Naruto dans ma vie et dans mon cœur. Bien sûr, je peux comprendre que pour toi, une maman est plus importante.
– Moi… J'aime bien Naruto… murmura le petit corbeau.
– Je t'en parle avant de lui proposer. Mais je ne peux plus dormir sans lui. On était bien ces deux derniers jours tous les quatre, non ?
– C'est d'accord pour moi, papa… souffla le petit.
– Mais tu sais, Akira risque de partir avec son papi et Naruto sera sûrement très triste. C'est pour ça que je préfère que tu ne sois pas là ce soir.
– Tu vas lui remonter le moral comme avec moi et mes cauchemars ? demanda timidement le petit corbeau.
– Je ne sais pas si ça va marcher. Mais j'essaierais, promis… répondit Sasuke en souriant à son fils.
Sourire qui lui fut rendu.
Dans le bureau de Tsunade, la discussion allait bon train. Naruto avait expliqué comment il avait rencontré la demoiselle. Tsunade avait remis le parchemin contenant le corps de sa mère au Seigneur du Pays des vagues.
– Puis-je passer la nuit à Konoha avec Akira ? J'aimerais discuter avec elle de ce qu'elle souhaite faire.
– Bien sûr, nous mettrons des appartements à votre disposition. Shizune, vérifie que tout est en ordre, lança la Cinquième à son assistante.
– Bien, Maître Tsunade… répondit celle-ci en s'inclinant.
– Merci, dit le Seigneur.
– Bien, je vais vous laisser entre vous pour la soirée. Je reviendrai demain matin... salua poliment Naruto avant de sortir du bureau.
– Na-Chan ! l'arrêta la petite fille dans un cri désespéré.
Le blond se tourna vers elle. Toutes les personnes présentes dans la pièce avaient pu sentir la détresse d'Akira.
– Tu veux un câlin, Hime-Chan ? demanda le ninja en lui tendant les bras.
La fillette accourut et s'y blottit.
– Je ne veux pas…, sanglota-t-elle.
– Chuut... Je croyais que les princesses ne pleuraient pas, Akira. Allez, sèche vite tes larmes, chuchota-t-il.
Après un câlin de quelques minutes, la demoiselle se calma et Naruto s'en alla. Il avait besoin d'air et décida d'aller évacuer sa mauvaise humeur ou plutôt sa tristesse sur son terrain d'entraînement de prédilection.
A suivre ...
