Je tirais le rideau en grand pour la laisser seule et frustrée.
- Ferme le rideau ! – hurlait-elle
Je l'ignorais superbement en me dirigeant vers mon lit et en tirant mon rideau.
- Sale gnome de jardin ! – rageait-elle.
Je choisis mon nouveau pyjama acheté à Amsterdam. Une combinaison verte en grenouille puis j'allais faire ma toilette en repensant à mes multiples découvertes. Une fois la douche finis je pris place dans mon lit. La suite fut le néant.
Je me réveillais doucement en entendant les filles du dortoir s'agiter. Normalement je suis déjà sortie de là avant d'entendre leur chamaillerie. Je regardais l'heure : 7h36. Je soupirais lamentablement en maudissant Camilla car il est vrai que c'est elle qui me réveille la plupart du temps. C'est vraiment la personne la plus rancunière que la terre ai jamais portée. Je préparais mes affaires de cours rapidement ainsi que mon uniforme puis me dirigeait vers la salle de bain quand j'entendais une voix m'interpeler.
- Hey Jackson ! Tu ne crois tout de même pas que tu vas passer avant nous toutes ? – me demandait Parkinson. Je me retournais lentement pour la regarder elle et sa petite troupe minable. J'avançais doucement vers elles et à chaque pas que je faisais, ses petites copines de galère s'effaçaient pour qu'on se retrouve finalement face à face. Bien qu'étant plus petite qu'elle, j'instaurais tout de même un air de supériorité.
- Tu sais ce que je crois Parkinson ?... Je crois que je vais aller faire ma toilette le plus tranquillement du monde en prenant le temps qu'il faudra. Et je t'en prie, essaie donc toi et tes copines de m'arrêter… Cela fait longtemps que je n'ai pas lancé d'endoloris.- lui murmurais-je doucement en me retournant pour exécuter mes paroles.
La douche chaude me fit du bien mais je n'avais plus le temps de me maquiller ou de me coiffer. Je faisais donc au mieux pour enfermer ma touffe dans un chignon présentable. Une fois satisfaite du résultat je sortais de la salle de bain pour aller prendre mon sac et me rendre directement en cours. Plus le temps de déjeuner. J'eus un léger sourire quand j'entendais les filles se disputer pour la salle de bain. Il faudrait vraiment que je m'excuse auprès de Cami car je ne voudrai pas que ce qu'il s'est passé ce matin devienne une habitude.
J'attendais devant la classe de DCFM avec plusieurs camarades de classe quand Malfoy Junior s'avançait vers moi en compagnie de Crabbe et Goyle. Qu'est-ce qu'ils me veulent bordel ?
- Salut Jackson, comment vas-tu depuis le bal ? – me demandais poliment le blondinet.
- Tu as besoin de quelque chose que moi seule puis-je t'offrir, Malfoy ? – l'interrogeais-je directement.
- Hey, tu pourrais faire semblant d'apprécier ma compagnie ! Il me semble que tu étais assez satisfaite de mes talents de danseurs il y a peu alors je me demandais si tu pouvais venir à une fête organisé par les Serdaigles ce week-end ?
- Tu te mélanges à ces grosses têtes d'intello maintenant ? – lui demandais-je en haussant le sourcil faussement intéressée.
- Tous les prétextes sont bons pour faire la fête et déstresser un peu ! Et tu sais que la relation entre nos deux maisons a toujours été cordiale. – me répondait-il avec un sourire charmeur. Il pense m'éblouir dans les ténèbres ou quoi ?
- Je ne viendrais pas mais je te remercie d'avoir pensé à m'inviter. – lui disais-je le plus poliment possible.
- Ok. Tu ne sais pas ce que tu rates. – dit-il en s'éloignant légèrement déçu de mon refus.
Le professeur à l'œil fou arrivait et le cours pu commencer. Camilla avait pris soin de s'assoir le plus loin possible. Je soupirais, résignée. Les filles du dortoir arrivèrent en retard comme prévus ce qui nous faisait perdre 20 point pour notre maison bien aimée.
Le cours se passait tranquillement. Tout du moins de mon côté car le professeur avait eu le bon sens de nous faire travailler sur les sorts informulés. Mais mettre une classe composée de Gryffondors et de Serpentards en DCFM relevait de la folie et de l'imprudence. Au bout d'un moment, le professeur reçu une note qui devait être assez importante vu qu'il nous dit de continuer à nous entrainer le temps qu'il n'arrive. A peine la porte se refermait sur lui que je voyais des sorts fuser d'un bout de classe à l'autre. Encore le binoclard et Malfoy Junior accompagnés de leur fidèles camarades. C'était vraiment du n'importe quoi.
Ils continuaient de s'envoyer des sorts et beaucoup d'élèves s'écartaient pour ne pas être touché. Je voulais faire de même mais à peine ais-je eu le dos tourné que je reçu un sort.
- Impédimenta ! – s'écriait une voix de pimbêche que je reconnaissais entre mille.
Je me sentais tomber mollement et je me cognais contre le bout d'une table.
- Bekah ! Est-ce tu vas bien ? – s'écriait Cami à mes côtés.
Le coup porté à ma tête me faisait un mal de chien et je sentais la rage prendre possession de moi. Comment a-t-elle osée ? J'ouvrais les yeux et essayais de me relever avec l'aide de Camilla. Je me sentais un peu étourdie.
- Viens je t'emmène à l'infirmerie. – me murmurait-elle.
- N-Non ça va. Qui m'a fait ça ? Parkinson ?
- Euh oui. Mais tu saignes Bekah, il faut aller voir-
- Quoi ? – je touchais mon front et vis une quantité non négligeable de sang. Il ne m'en fallait pas plus pour sentir mon pouvoir remuer à l'intérieur. – Parkinson ! – m'écriais-je en me retournant pour voir cette saleté évanouie au sol. Bizarrement tous les combats avaient cessés et tout le monde me regardait.
La porte s'ouvrit sur le professeur Lupin qui était clairement dans l'incompréhension mais en voyant que tout le monde me regardait, il ne cherchait pas à comprendre et s'écriait :
- Miss Jackson mais qu'avez-vous fait ? – hurlait-il en se dirigeant vers moi à une vitesse quasi surnaturelle.
- Je- rien Professeur on m'a att-
- Le cours est fini. Tout le monde sort sauf vous Miss !
Tous ces traitres filaient en vitesse. Je voyais du coin de l'œil un camarade jeter un sort de lévitation au corps de Parkinson. Même Cami. Vive le courage. Je soupirais pour la énième fois ce matin. Je m'asseyais sur une chaise, étant encore un peu sonnée.
- Professeur je n'ai rien fait du tout. On m'a att-
- Nom d'un gobelin ! Je vous mets 2 heures de retenu pour dès ce soir avec votre directeur de maison ! Je ne peux pas m'absenter 5 minutes sans que vous les Serpentards en fassiez des tonnes ?!
- MAIS PROFESSEUR JE-
- 4 heures !
- ON M'A ATTAQU-
- EN RETENUE POUR TOUTE LA SEMAINE ! A PRESENT SORTEZ ET ALLEZ A L'INFIRMERIE.- gueulait-il en me foutant à la porte comme une moins que rien.
Je soupirais une fois de plus, à bout de nerf. Cette journée n'avait pourtant pas débuté si mal que cela… Indignée et carrément en colère, je me dirigeais à l'infirmerie pour ne pas avoir plus de problème lorsqu'on me demandera pourquoi j'aurais raté le cours de Potion qui venait normalement après ce cours. Lupin est vraiment pire qu'une mule aujourd'hui je ne sais vraiment pourquoi, lui qui est d'habitude assez neutre envers les Serpentards.
Arrivée à l'infirmerie, je me mettais à la recherche de Parkinson en tirant sur les rideaux qui nous empêcher de voir les patients mais je fus rapidement arrêtée par la vielle infirmière en colère.
- Nom mais ça ne va pas jeune fille ! Vous avez reçu un coup par la tête ! – s'écriait-elle les mains sur les hanches.
- Comme si ça ne se voyait pas. – répondais-je glacialement en pointant ma tête qui commençait sérieusement à tourner.
Sans un mot, elle me prit par le bras pour me poser sur un lit et reparti pour revenir quelques minutes après avec une potion. Qu'elle me tendait.
- Buvez. – m'ordonnait-elle d'une voix ferme.
- Je ne boirai strictement rien avant que… que…
Ce fut le noir complet.
Je fus réveillé par des voix autour de moi. Qu'est-ce que les gens ont à me réveiller de cette façon aujourd'hui ?! J'ouvrais doucement les yeux et tombais sur le professeur Rogue et le Directeur en personne. Qu'est-ce que j'ai encore fait de mal ? Je soupirais profondément en me redressant.
- Monsieur le Directeur. Professeur Rogue. – les saluais-je froidement, carrément irritée d'être vue dans cette position de faiblesse.
- Comment allez-vous Miss Jackson ? – me demandait le Directeur d'une voix bizarrement enjouée.
- Je vais bien, je vous remercie. – lui répondais-je d'une voix posée.
- Miss, je suis ici car en tant que Directeur de Serpentard, je souhaiterai avoir votre version des faits concernant le… « dérapage » de ce matin. – s'exprimait Severus, les yeux fixés sur moi. Inconsciemment je touchais ma blessure recouverte d'un bandage. Je fermais les yeux en essayant de contenir la colère et l'indignation face aux souvenirs de ce matin.
- C'est simple : je suivais tranquillement les consignes du professeur Lupin quand j'ai reçu un sort. Je me suis cognée sur un bout de table et je suis arrivée là. Après bien sur m'être fait passer un savon par le professeur qui était absent lors des faits et qui n'a rien recherché à comprendre. Il m'a mis en retenu pour toute la semaine. – lui expliquais-je tout en mordillant nerveusement ma lèvre inferieur. Je jurerai l'avoir vu loucher sur ma bouche. Le directeur interrompait mes pensées.
- Vous n'êtes donc pas au courant pour Miss Parkinson ? – m'interrogeait-il.
- Non. Que s'est-il passé ? – leur demandais-je tout en savant parfaitement ce que cette saleté avait eu.
Il y eu un silence inconfortable. Personne ne me répondait et je faisais tout mon possible pour paraitre sereine devant le regard inquisiteur du Directeur.
- Certains élèves disent qu'elle aurait reçu un sort informulé au même moment qu'elle vous a attaquée. – expliquait calmement Dumbledore, le regard devenu sérieux et scrutateur. Bordel.
- Ah… Eh bien, l'explication la plus logique soit que pendant qu'elle se défoulait sur moi, un autre camarade l'aurait attaquée. Je ne vois que ça, pourquoi ?
- Bien. J'ai entendu votre version, je vous remercie et vous souhaite une bonne nuit. – dit le directeur.
- Bonne nuit ? Mais quelle heure est-il ?
- Il est 21 heures Miss. Bon rétablissement. A tout à l'heure Severus comme convenu. – répondait-il en partant tout de suite après, nous laissons seuls.
- Je dors depuis ce matin ? – m'interrogeais-je incrédule.
- Oui, tu as reçu un sérieux coup à la tête. – me répondait-il en s'asseyant au coin du lit et en insonorisant le coin.
- Oh je t'en prie, j'ai eu bien pire. Ce n'était pourtant rien. – lui disais-je en levant les yeux au ciel.
- Ah bon ? – me demandait-il en haussant son sourcil.
- Si tu connaissais mon géniteur… - lui répondais-je en riant amèrement.
- Tu oublies que j'ai passé la soirée avec lui et notre Seigneur. – m'informait-il.
- Ton Seigneur. – le rectifiais-je instinctivement. Il me regardait d'une drôle de façon et je me rappelais que je parlais à son bras droit. Quelle idiote.
- Enfin je voulais dire par là que… je préfère rester en dehors de tout cela. La guerre ne m'importe peu, tu as du le remarquer n'est-ce pas ? Disons que je soutiens vos idéologies mais sans vraiment m'investir dans votre combat. – lui expliquais-je en attendant un quelconque jugement. Je fermais les yeux en repensant aux menaces de mon père mais je savais que Severus ne serait jamais capable de lui en parlait. Je l'entendais se déplacer donc j'ouvrais les yeux pour le voir à mes côtés. Nous étions beaucoup trop proches.
- Saches que tu es libre de penser et de t'exprimer avec moi. J'aime ta franchise. Je sais que j'ai perdu ta confiance mais il n'appartient qu'à toi de me mettre à l'épreuve. – me répondait-il avec son regard noir ténébreux. Je détournais rapidement le regard pour observer mes mains.
- Je voudrais retourner à mon dortoir. Est-ce possible ? – murmurais-je.
Ma question totalement hors sujet fut accueilli par un soupire. Je refusais toujours de le regardais.
- Madame Pomfresh souhaite te garder en observation jusqu'à demain soir. – me répondait-il en se levant pour se diriger vers la sortie. Je m'en voulais de le refroidir.
- Rebekah… Si tu as un quelconque problème, viens me voir. – me dit-il d'une drôle de façon. Je fronçais les sourcils.
- Pourquoi aurais-je des problèmes ?
- S'il y a une chose que je déteste plus que tout, c'est d'être pris pour un idiot et tu le sais. Je vais donc être plus clair afin d'éviter toute incompréhension : je te parle de mes quartiers qui ont été retournés après nos ébats, de la lumière vacillante lors de notre conversation le soir du bal, de ta magie agissant comme une sorte de protection face aux attaques comme ce qu'il s'est passé ce matin ou la fois dernière dans la foret. Tu comprends mieux pourquoi tu pourrai avoir des problèmes maintenant ?
Je restais silencieuse face à son monologue. Le stress montait rapidement et j'eus du mal à déglutir.
- Donc je me répète : si tu as un quelconque « problème », je saurai surement comment t'aider Rebekah. Ne sois pas fière au point de t'attirer des ennuis. Dumbledore doit déjà se poser des questions. Sur ce je te laisse réfléchir à ma proposition et à demain 20h pour la retenue. – terminait-il en sortant de l'infirmerie.
Je ne pouvais pas retenir mes larmes de couler. Une angoisse me prit et je sentais les lumières de l'infirmerie vaciller. Le verre posé à mes côté se brisait subitement et je me concentrais de tous mes forces pour reprendre le contrôle de mes émotions. Comment ais-je pu perdre autant le contrôle de la situation ? Ça en été frustrant. J'étais complétement perdue, je ne savais plus quoi faire. Je perdais le contrôle de mes pouvoirs…
Je ne pus fermer l'œil de la nuit.
Le lendemain, Madame Pomfresh me relâchait finalement aux alentours de 17h. Elle et moi sommes des ennemies. Je sortais à peine de l'infirmerie que je faillis bousculer Camilla.
- Oh désolée ! Je venais justement te voir… - s'excusait Cami l'air un peu coupable. Je décidais de jouer là-dessus pour obtenir son pardon.
- Ah… Et bien on fait comme on peut tu sais. L'infirmière a dit que j'avais eu une commotion cérébrale donc il ne faut pas trop me bousculer selon elle. Mais ne t'en fais pas. – lui mentais-je sans hésitation.
- Oh ! Mais c'est très grave, ça ! – s'écriait-elle en joignant ses mains. Je me retenais de sourire.
- Ne t'en fais pas, ça ira mieux avec un peu de repos. Sinon comment ça va depuis hier matin où tu m'as laissé avec Lupin ? – lui demandais-je l'air de rien. Nous commencions à marcher direction le parc.
- Si tu savais comme je suis désolée Bekah ! Mais le professeur Lupin n'était vraiment pas d'humeur ce matin ni même aujourd'hui. Il semble malade. Je n'avais pas voulu recevoir ses foudre tu comprends. – m'expliquait-elle.
- Malade ou pas son comportement était injustifié ! Me voilà en retenue dès ce soir avec Sev- Rogue. – bégayais-je.
Arrivé dehors, nous ne faisions pas attention au froid mordant et nous dirigions vers un banc maculé de neige que Cami enleva à l'aide d'un rapide sort. Nous nous asseyons et je nous réchauffais à l'aide d'un informulé.
- Ma pauvre ! Je sais que ça sera difficile d'être seule avec lui mais essais de te dire que d'ici quelques moi tout ira bien. Tu n'auras plus à supporter sa présence.
- Hmmm.
- D'ailleurs, je voulais te présenter mes excuses pour mes propos disproportionnés de l'autre soir… Je sais que tu traverses un moment difficile alors j'aurais surement dû être moins vache. Mais tu sais à quel point j'aime William et que je m'investis dans notre relation. En t'en prenant à lui tu me manque aussi de respect.
- Je comprends, désolée. Du coup c'était sérieux votre envie de mariage ? lui-demandais-je curieusement.
- Eh bien oui, c'est tout à fait sérieux. J'ai essayé d'en parler à mes parents et ils pensent qu'on devrait tout d'abord avoir une situation stable. Ce qui est tout à fait compréhensible et c'est pourquoi nous attendrons d'avoir respectivement notre diplôme et un travail dans la foulée. Mais ce que j'ai omis de dire à William c'est que… ils ne sont pas trop rassurés pour moi. Le fait qu'il se soit fait agresser à cause de notre amour les a un peu refroidis et ils m'ont fait comprendre que je devais être plus discrète avec lui. – se confiait-elle la voix légèrement tremblante. Merde.
- Ah d'accord. C'est… dommage. Et tu comptes le lui dire ? – lui demandais-je hésitante.
- Non. Ça lui ferait un mal de chien, il est tellement sensible et il veut tellement plaire à mon père ! Il a dîné chez nous samedi dernier et c'était une catastrophe. – m'expliquait-elle en rigolant. Je la rejoins en l'imaginant se ridiculiser devant le paternel.
- Tu as raison. Ne lui pas cette partie-là, ce n'est vraiment pas nécessaire. Mais du côté des attaques, tes parents n'ont pas tort tu sais. Tu devrais faire attention. – lui expliquais-je doucement.
- Non Rebekah, je refuse de me laisser presser comme un citron ok ? Tu sais que William a des insomnies depuis son agression ? Ca a même des répercutions sur ses performances au Quidditch ! Et il n'est pas le seul à avoir été violenté ! Ces gens-là ne supportent pas que l'amour puisse régner car ils sont complétement dérangés. Je ne les laisserai pas nous détruire. Je ne leur ferai pas ce plaisir. Jamais.
- Mais il n'est plus question d'amour il est question de sécurité !
- Mais ouvres les yeux sur ce qui t'entoures Bekah ! Justement s'ils avaient un tant soit peu d'amour, il n'y aurait pas toutes boucherie ! Il n'y a pas plus tard que la semaine dernière, une gare moldue a été attaquée ! Il y a eu 27 morts ! 27 ! – s'écriait-elle en devenant hystérique. Je la pris dans les bras un peu maladroitement. Elle s'écroulait alors sur moi, secouée par les sanglots.
- Tout ira bien ma petite. – lui disais-je en lui tapotant le dos. – Je promets que je te défendrai quoi qu'il arrive.
- Ils voudraient détruire tous nos rêves Bekah… ils me considèrent comme une traître mais ils ne me connaissent même pas ! En vérité ils nous envient, j'en suis sûr ! Ils nous envient, nous qui avons la liberté d'aimer et de chérir qui nous voulons. Tu sais s'il devait arriver quelque chose à William ou à moi, mon seul souhait serait que le monde sache pourquoi on aurait été tués.
- Ne dis pas ça…
- Mais si ! Car même en tuant tous ses innocents, ils ne pourront jamais détruire ce mouvement.
Je ne répondais rien, mes pensées se tournant irrémédiablement vers Severus et le chemin ténébreux qu'il empruntait. J'avais le cœur lourd en méditant les paroles de Cami qui étaient si naïves mais si vrai… Pourquoi ne pas les laissé s'aimer bordel ? Ou est notre problème à nous ? J'eus un long soupire à fondre l'âme. Comment Severus pouvait-il être le bras droit d'un homme aussi fade ?
Honnêtement, je suis totalement dépassée par les évènements. Je peux comprendre que ces descendants de moldu soit jugée inférieur à nous mais ils demandent juste à vivre leur vies et en s'accouplant avec nous, ils ne semblent faire de mal à personne… alors pourquoi autant de violence ? Même si j'ai été éduquée avec cette idéologie, je dois avouer que je me sentais plus proche de ces individus que de ma propre famille qui elle m'a torturé car ils ne comprenaient pas mes capacités. J'eus une autre pensée pour l'esclave du manoir qui subissait les violences de mon ainé.
J'étais soudainement lasse. Avais-je une chance avec Severus ? Il semblait tellement à l'opposé de la description de Camilla… Je ne le comprends plus. Est-il capable d'achever des vies innocentes ? Pourrait-il faire du mal à quelqu'un comme Lockart ? Etant haut gradé dans son cercle de mangemort, j'ai bien peur que oui. Pourtant quelqu'un d'aussi gentil et serviable que Lockart ou encore pire, Granger ne mériterai pas un tel traitement. S'il arrivait quelque chose à Lockart, Camilla en souffrirait terriblement et rien que cette pensée me faisait mal.
- Camilla… J'ai peut-être une idée pour ton copain. J'ai découvert quelque chose avant-hier soir. – lui disais-je déterminée et sur le ton de la confidence.
Je lui parlais de la séance d'entraînement de Saint Potter et son groupe. En étant plus fort, elle sera surement moins inquiète pour lui et comme ça ma conscience sera tranquille.
Nous n'avons pas vu le temps passer et nous filions vers la grande salle pour dîner en silence, chacune dans nos pensées. Lockart ne nous rejoignait pas, surement encore vexé. A la fin du repas, je ne pouvais m'empêcher de jeter un regard à la table des professeurs. Il n'était pas là. Je fronçais les sourcils en me demandant s'il prenait au moins le temps de manger.
- Cami, accompagnes-moi jusqu'à la salle de potion. – lui demandais-je sans vraiment le faire.
- Ah oui c'est vrai, ta retenue ! Allons-y ! – dit-elle en se levant.
Nous étions en route direction les cachots toujours dans nos pensées et nous étions bientôt arrivées quand nous croisions des camarades de notre maisons. Ils étaient 3. Ils devaient être de notre promotion.
- Hey voici celle qui s'amuse à se vêtir comme une moldue et sa copine traîtresse à son sang ! – s'écriait l'un d'eux en nous pointant du doigt.
Nous nous regardions puis décidions de les ignorés ce qui leur donnait plus de courage. Quand nous passions à côté d'eux, celui qui avait parlé m'empoignait le bras. Rien que ce contact me rendait furieuse.
- Lâches-moi rapidement si tu ne veux pas qu'il n'y est de blessés. – le menaçais-je calmement. Il y eut une lueur craintive dans son regard mais bien sur vu que ses petits copains observaient la scène, il ne pouvait laisser passer ça. Il resserrait sa poigne et je m'apprêtais à lui assener un profond doloris quand j'entendais.
- Que signifie tout ce bruit ? – demandait Severus d'une voix menaçante mais mon camarade et moi ne détournions pas le regard l'un de l'autre. Personne ne lui répondait et la tension était toujours palpable.
- 15 point en moins pour notre maison. Je vais vous apprendre à répondre quand je vous parle. – dit-il en avançant mais l'un des garçons s'avançait en disant.
- Il n'y rien professeur… Nous discutions juste. N'est-ce pas Rémi ?
Le Rémi lâchait brusquement mon bras tout en gardant le regard remplit de frustration sur ma personne.
- Déguerpissez avant de récolter des retenue jusqu'à la fin de l'année.
Ils partirent sans demander leur reste. Seul Cami restait, toujours apeurée. Je me tournais vers elle en plaçant mes mains sur ses épaules.
- Vas-y Cami, tout va bien maintenant arrêtes d'avoir peur comme ça. Tout est fini. – essayais-je de la rassurée.
- Au contraire, tout viens de commencer. – me répondait-elle en se retirant pour aller je ne sais où mais pas en direction de la salle commune. Je soupirais, impuissante face à ses inquiétudes.
- Vous souhaitez rester planter là, Miss ? – me demandait Severus.
- Non professeur Rogue. – lui répondais-je en entrant dans sa salle de classe. Il suivait le pas. – Qu'avez-vous prévu pour moi ?
- Que s'est-il passer dans le couloir ? – m'interrogeait-il.
- Rien d'important. J'aurais pu m'en débarrasser, je ne suis pas en sucre. – lui répondais-je froidement. – Que dois-je faire ce soir ? J'aimerais rentrer rapidement.
Il me regardait silencieusement. Je sentais sa frustration de là où j'étais mais je n'en avais cure.
- Nettoyez ces chaudrons. Sans magie évidement. – me répondait-il finalement en me jetant une brosse à mes pieds. J'ouvrais mes yeux en grand.
- Comment osez-vous ? – m'indignais-je.
- Vous voulez travailler. Je vous donne du travail. – dit-il en prenant place à son bureau.
- Même mes esclaves ne nettoient pas comme ça ! … Trouvez-moi autre chose. – le grondais-je mais il me regardait insensible à mon indignation. – Quoi ? C'est une vengeance ? Parce que tu voudrais pouvoir me contrôler, voler à mon secours tel un preux chevalier mais que tu réalises qua je n'ai pas besoin de toi ?! Que je n'ai besoin de personne ?!
- Tu as manifestement besoin d'aide psychologique mais là n'est pas la question. – il se levait pour venir se placer juste devant moi. – Je veux que tu obéisses à mes ordres. Tu es surement quelqu'un d'important chez toi mais entre ces murs c'est moi qui dirige. Dans cet établissement tu n'es rien d'autre qu'une élève obéissant au doigt et à l'œil à son professeur. – murmurait-il le regard devenant plus dur à chaque mot prononcé. J'avais du mal à retenir mes larmes mais je me faisais violence en m'abaissant pour ramasser la brosse.
- Compris professeur. – lui répondais-je irritée par ma voix tremblante.
Il restait quelques temps interdit en me regardant frotter rageusement le premier chaudron répugnant. Si je pouvais frotter sa face de rat de cette façon, cela me soulagerai grandement.
Je repensais à ma discussion avec Camilla un peu plus tôt dans le parc. Les mangemorts sont des êtres dépourvus de sentiments, froids et à l'esprit tordus. Ils sont manipulateurs et semblent détruire tout sur leur passage. Ils savent mentir quand la situation l'exige. C'était ce qu'il avait fait avec moi durant tout ce temps. J'essuyais rapidement une larme rebelle et frottais plus rudement les chaudrons jusqu'au dernier. Une fois terminée, je remarquais les multiples blessures sur mes mains. Il avait réussi à faire de moi son esclave. Je venais à son bureau pour déposer la brosse et sortais sans un mot pendant qu'il corrigeait des copies.
Ce scénario durait toute la semaine jusqu'au vendredi où je frottais un énième chaudron. J'avais tellement hâte que me dernière retenue se termine que je frottais les chaudrons avec une vitesse inégalable. Une fois le dernier chaudron nettoyé, je lâchais tout pour me diriger vers la sortie mais quand je voulais ouvrir la porte celle-ci résistait. Ne voulant pas utiliser ma magie, je me retournais vers Severus en entendant qu'il daigne lever son regard vers moi. J'eus une impression de déjà-vu.
Il poussait un long soupire comme si toute la terre entière comptait sur lui puis me fixait de son regard impénétrable.
- Sait-tu seulement que je ne suis pas ton ennemi, Rebekah ? – me demandait-il.
- Je le sais. Vous êtes le professeur Rogue. Vous n'avez rien d'un ennemi, vous représentez juste l'autorité en ces lieux. – lui répondais-je calmement.
- Rebekah je –
- Sauf votre respect, professeur, je ne pense pas qu'il soit approprié de m'appeler par mon prénom. Vous êtes et resterez mon professeur jusqu'à la fin de cette longue année. Et ça rien ne pourra le changer. – le recadrais-je directement. – Pourriez-vous ouvrir cette porte s'il vous plait ?
Il restait assit à me regarder, son regard devenu plus expressif. J'en profitais pour lui témoigner dans mon regard tout mon amour pour lui. Parce que c'est fini, je ne tomberais plus.
