.
Rating pour ce chapitre : M
Chapitre 9 : Dans la cuisine – Aphrodisiaque (2e partie)
… Et dont les retours vous emmènent au septième ciel.
(John & Sherlock)
.
Nous rentrons d'une très longue enquête à Cardiff qui a duré neuf jours. Une sombre affaire de meurtres particulièrement affreux : des corps démembrés retrouvés dans les caves de plusieurs habitants innocents. Mais après enquête, nous avons découvert par hasard qu'ils étaient coupables sur d'anciennes affaires datant de plusieurs années. Tous ont été incarcérés, sauf le meurtrier qu'on a retrouvé pendu dans un cimetière.
Sherlock soupçonnait une histoire de vengeance entre les différents protagonistes. Bref ! Rien de bien réjouissant pour moi qui a dû autopsier les corps avant leur restitution aux familles.
Il était tard. Le soleil déclinait de plus en plus et disparaîtrait bientôt derrière le toit de l'immeuble d'en face. Assis sur mon fauteuil, je termine l'écriture de notre enquête, intitulée « Les cadavres parlants », tandis que Sherlock, allongé sur le canapé, était en mode méditation.
— John ! annonce soudain mon colocataire.
— Mmh ?
— Je t'ai dit que je n'avais pas prévu d'expériences pour les prochaines semaines, mais il y en a une que j'aimerais refaire. Elle n'était pas tout à fait menée à terme.
— Euh… Laquelle ? demandé-je, hésitant.
— Je veux refaire celle de l'aphrodisiaque.
Je m'arrête soudain de taper sur le clavier. Je ne pensais pas un seul instant qu'il voulait refaire l'expérience qui m'avait rendu malade deux semaines plus tôt.
— Je n'ai pas du tout envie de finir aux urgences, me fâché-je.
— J'ai un nouveau composant. J'ai vérifié cette fois que tu ne risquerais rien.
— Désolé, mais une fois, ça suffit ! tranché-je en refermant mon portable d'un coup sec et me levant prestement pour quitter la pièce.
— Même si je te dis que je serai ton partenaire ?
Je m'arrête dans mon mouvement, le souffle coupé. Heureusement que je lui tourne le dos, car mon visage exprime exactement mon ressenti : « Oh mon Dieu ! Il va être mon partenaire ! »
J'inspire et expire lentement pour reprendre contenance, avant de me retourner. Le monde tourne en ralenti. Je me rends compte que je bouge comme un automate qu'on manipulerait pendant une représentation.
— Et tu veux la faire quand ?
— Maintenant, si tu n'y vois pas d'inconvénient, j'aimerais passer directement à la partie manquante de l'expérience à savoir l'interaction d'un corps face à celui soumis au stimulant. Je sais déjà que ta réaction sera amplifiée, mais je n'en mesure pas toutes les répercussions.
— OK… Alors, je… je vais prendre une douche. Je pense que ça serait mieux.
— Oui, j'en ferais autant après t'avoir fait avaler le stimulant.
Je monte dans ma chambre, le cœur tambourinant. Je reste un moment interdit derrière la porte. J'inspire et expire profondément plusieurs fois pour retrouver un rythme cardiaque normal. Les sentiments affluent, rendant mes jambes molles. Si je m'attendais à ça !
En fait, j'attendais depuis longtemps le moment où il se déciderait à prendre part à ses expériences. Jusqu'à présent, j'avais l'horrible sensation qu'il prenait plus de plaisir à me regarder et qu'il n'en viendrait jamais à participer physiquement.
Sous la douche, je me lave consciencieusement. Sans m'en rendre compte, je sifflote un air joyeux. C'est bien la première fois que je suis impatient de me lancer dans une de ses expériences, mais cette fois, j'ai toutes les raisons d'être motivé.
En sortant de la salle de bains, vêtu d'une simple serviette autour des hanches, je m'avance vers la cuisine où m'attendait Sherlock. Il me tend le verre d'aphrodisiaque qui avait cette fois une couleur plus attrayante et je le bois d'une traite. Il devait y avoir de la fraise, car l'arrière-goût est très agréable.
— Installe-toi sur la table, le temps que le produit fasse effet. Je n'en ai pas pour longtemps.
Assis au bord de la table, j'attends sagement – si ce n'est avec impatience –, qu'il revienne tout en balançant mes jambes en rythme alterné, marquant le temps qui passe au balancement de la pendule.
Les minutes s'égrainent et toujours pas de colocataire en vue. Mon bas-ventre commence à me tirailler avec insistance et l'appréhension de la dernière fois me revient à l'esprit.
— Sherlock ! Dépêche-toi ! crié-je.
J'entends la porte de la salle de bains se déverrouiller et Sherlock apparaît vêtu de sa robe de chambre.
Mes membres tremblent. J'ai hâte que ça commence. J'essaie néanmoins de me contrôler. Après tout, il m'a bien dit que les sentiments n'étaient pas de mise dans ses expériences. Seule la réaction de mon corps à un quelconque intérêt.
Je respire plusieurs fois et essaie de faire abstraction de mon traître de cœur qui bat la chamade. J'espère vraiment qu'il ne se rende pas compte combien je suis amoureux de lui.
— Allonge-toi ! Les fesses au bord de la table et les pieds en appui au même niveau.
— Ce n'est pas simple, je ne suis pas aussi souple que toi.
— Je m'accrocherai à tes jambes pour te maintenir en place.
Sherlock détache l'ouverture de sa robe de chambre et en écarte les pans. Je détourne le regard vers le ciel.
« Garde ton calme, mon petit cœur ! Imagine que c'est Mycroft et non Sherlock ! »
Ce que je viens de voir, m'a énormément affolé. En effet, la vue d'une partie de son corps nu a attisé une envie irrésistible de transformer cette expérience en quelque chose d'autre.
Sherlock se plaque entre mes jambes et je sens son sexe frotter contre le mien. C'est le moment où mon envie se manifeste violemment. Du liquide pré-séminal commence à suinter de la pointe fièrement dressée et plus que prêt pour la suite. Cet aphrodisiaque a vraiment des effets revigorants. Il faudra que je lui en demande la recette.
Sherlock se met un couche de lubrifiant sur sa queue d'une main et insère un doigt en moi pour me préparer. Je ne ressens aucune douleur, au contraire, ce premier contact me rend fébrile.
Une fois prêt, il me regarde pour me signifier que l'expérience allait commencer. Je lui fais signe que je suis prêt et après… Je ne sais pas, j'ai comme une absence au moment où il me pénètre.
Ma vision se voile et j'ai l'impression de rêver. Un rêve qui se réalise enfin. Qui me ramène plusieurs années en arrière, bien avant que Sherlock ne disparaisse, le moment où je me suis rendu compte que je l'aimais. C'était pourtant un simple contact anodin, mais c'était le déclencheur de tout un déferlement d'émotions que je devais cacher par la suite. Parce que Sherlock n'est pas un homme qui se laisse dominer par les sentiments et qui n'a nullement besoin d'un amant.
Ce jour-là, nous étions dans un parc. Nous nous baladions sans but précis, juste nous deux. Une abeille s'était posée sur ma joue. Comme elle ne semblait pas vouloir s'en aller, Sherlock posa sa main sur ma peau et attendit que l'abeille monte sur ses doigts. Pendant tout le temps que dura l'opération, je ne cessais pas de le regarder dans les yeux. Il était presque collé à moi et je respirais l'odeur de sa peau. Quand il retira ses doigts, je le vis observer cette abeille dont les ailes vibraient à toute vitesse pour prendre son élan. C'était la première fois que je voyais son expression la plus tendre qui soit. Un moment, nos regards s'étaient croisés, tandis que l'abeille prenait son envol. C'est là que j'ai compris que j'avais rencontré un homme merveilleux. Cette vision restera à jamais graver dans mon esprit et dans mon cœur.
La voix de Sherlock me ramène à la réalité.
— Concentre-toi, John !
Je reprends conscience de mon environnement et prends en pleine face le foudroyant orgasme que mon corps a traîtreusement lâché pendant mon moment d'inattention. Mon visage souillé, la honte me submerge.
Sherlock se retire de moi et récupère une serviette qu'il me tend. Je m'essuie avant de m'excuser :
— Désolé, j'ai eu comme une absence.
— Ou plutôt ton cerveau t'a déconnecté de la réalité. Mes expériences sont-elles si dures à supporter que ton esprit met une barrière entre lui et ton corps ?
— Non, enfin, je ne sais pas. C'est la première fois que ça m'arrive.
Pourquoi ai-je rêvé de ce moment précis ? Et maintenant ?
— Tu as pourtant fait pire que ça avec Lestrade et mon frère et tu n'as pas eu cette réaction. J'étudierai ça plus tard. En attendant, je n'ai pas l'intention d'éterniser cette expérience plus que nécessaire. Je vais te pénétrer tout en te masturbant très rapidement. J'ai besoin de me concentrer pour être synchrone avec toi alors je te prierai de rester avec moi tout du long.
— Comme si ça se commandait, m'affligé-je.
— Eh bien, fais un effort !
Pour casser l'ambiance, il est doué, mais mon corps est tendu et anticipe déjà ce qui va se passer. Je m'agrippe aux bords de la table, écarte les jambes au maximum et lui fis signe d'un mouvement sec qu'il pouvait reprendre.
Dire que j'arrive à me contrôler est un doux euphémisme, mais au moins, je ne refais pas de black-out. Lui-même semble à semi-conscient de ce qu'il faisait. Mais au moins il me pénètre en rythme soutenu et tous mes sens sont en alerte rouge.
Mes gémissements se transforment en râles profonds, j'halète de plus en plus fort. Je fais un énorme effort pour rester concentrer sur mes sensations sans lui exploser les tympans, mais Sherlock met mon fondement à rude épreuve à être sollicité de toute part. L'aphrodisiaque décuple mes sensations avec une telle sensibilité qu'il ne m'est impossible de résister.
J'ai l'impression d'éjecter tous les fluides de mon corps sans discontinuité. Et enfin la délivrance quand mon orgasme a fini d'évacuer l'aphrodisiaque. Pourtant, je n'en dis rien à Sherlock qui continue pour un autre round à me pilonner. Au lieu de ça, je continue de feindre ma dépendance à l'aphrodisiaque. Je ne veux que lui et moi avec mes propres envies.
Je le regarde, accrocher à mes cuisses comme une bouée d'ancrage qui le gardait hors de l'eau. Son visage emplit de désir – Monsieur prend son pied quoi qu'il en dise !
Les derniers soubresauts remplirent mon corps de son liquide chaud pour la dernière fois, son visage figé dans un dernier orgasme. Je n'arrive pas à le quitter des yeux : il est si beau !
Une fois que l'orgasme se disperse, il se sépare de moi. Je tais la frustration de le voir loin de moi, car je peux enfin avouer que j'ai adoré faire l'amour avec lui, même si je n'y ai pas participé. Il n'y a aucune comparaison possible avec mes précédentes expériences personnelles. Aucune femme ne m'avait jamais fait ressentir autant que lui (pas même Greg ou Mycroft). Je mets à part Mary qui était parfaite. Ma douce Mary… Quand j'y repense, je me demande ce qu'elle penserait de moi et de ce que je fais de ma vie. Ça me hante parfois.
Je me relève et descends de la table. Je remets ma serviette sur mes hanches et m'apprête à prendre ma deuxième douche de la soirée. À peine ai-je fait deux pas que Sherlock pose une main sur mon épaule. Je me retourne pour savoir ce qu'il veut. Il n'a toujours pas rattaché la ceinture de sa robe de chambre. Je garde bien mes yeux fixés dans les siens pour ne pas être troublé.
— John, comment as-tu ressenti cette expérience ?
Je rougis, un peu mal à l'aise.
— Mon avis t'intéresse ? D'habitude, tu ne me demandes même pas si je vais bien.
— Je sais quand une expérience se passe bien ou mal. J'en déduis beaucoup de détails, mais j'ai du mal à me rendre compte de ce que tu ressens vraiment à l'intérieur. Tu sais bien que ce concept m'est complètement étranger.
— Et toi ?
— Quoi moi ?
— Es-tu resté concentré sur la tâche à accomplir ou as-tu ressenti quelque chose d'autre que physique ?
— Je savais déjà que les sensations de mon corps m'empêcheraient de rester totalement lucide. Toi aussi, j'imagine ?
— Je n'ai pas besoin de réfléchir comme toi, alors oui, j'ai savouré chaque instant. Je suppose que tu as aimé aussi ?
Sherlock reste figé un instant, le regard fixe avant de se détourner pour remplir son carnet. Je l'observe un instant, me demandant si ce que je venais de dire lui a fait comprendre quelque chose, en tout cas, il semble avoir beaucoup de choses à écrire. Je jure qu'un jour, je découvrirai ce qu'il écrit sur moi.
Puis je prends le chemin de la salle de bains.
— Prépare-toi ! Nous allons chez Angelo ! m'avise-t-il dans mon dos.
Cette soirée était vraiment parfaite !
