Mes chapitres sont longs, ces derniers temps... Non ?
...Enfin bref. Miiirci pour les petites reviews ! n.n
« Regarde, tu as vu ce rouge à lèvre ? »
« Ah, oui, joliii ! Il y a des paillettes, à l'intérieur, non ? »
« Non, on dirait plutôt que c'est nacré... Un joli violet nacré ! »
« Un violet qui tire sur le bordeaux. »
« C'est un camaïeu de couleur. Il irait bien avec le vernis qui j'ai acheté hier, non ? »
« C'est sûr, ce serait super bien assorti ! Mais tu as vu le prix ? »
« ...Mais comment ils osent vendre du rouge à lèvre à un prix pareil ? »
« Parmi les brillants à lèvre, lequel a le meilleur goût ? »
Les deux jeunes filles plantées devant l'étal de maquillage se jetèrent des regards interloqués, réalisant qu'aucune d'entre elles n'avait prononcé cette phrase. Avant de tourner un visage un peu hébété vers le nouvel arrivant, dont le regard d'une intensité surprenante était scotché sur les brillants à lèvre reflétant la lumière électrique comme autant de petites lucioles ayant été trempées dans divers pots de peinture.
Les adolescentes sentirent un frisson électrique leur parcourir malgré elles la colonne vertébrale à la vue d'un profil gracieux caressé par les mèches argentées d'une touffe de cheveux tout simplement à croquer.
La jeune fille ayant-acheté-le-vernis-à-ongle-hier déglutit péniblement, tandis que son amie faisait de son mieux pour s'empêcher de se lécher les babines.
Wouhou !
Trop classe !
« Alors, c'est lequel ? » s'enquit une nouvelle fois le jeune éphèbe miraculeusement descendu de son paradis céleste et inaccessible pour répandre ses bienfaits sur les deux ados ici présentes.
Un doute affreux surgit soudain dans l'esprit desdites ados miraculées.
« ... Tu... heu... C'est pour ta petite amie ? » demanda timidement l'une d'entre elles.
Le jeune Dieu saisit un tube transparent où brillait un liquide orangé sans répondre.
« C'est à quoi, ça ? Abricot ? »
« ... Heu... Oui... »
« Y'a pas lychee ? »
« Ici ! » s'exclama joyeusement la plus téméraire des deux en saisissant un tube contenant un liquide d'apparence aussi pure que de l'eau de vie. Elle le tendit à celui qui avait définitivement marqué un tournant dans son existence, tentant de l'éblouir d'un sourire qui n'avait jamais manqué de faire fondre tous les garçons de son lycée.
Mais la divine créature n'était pas un garçon de son lycée.
« Thank you, » répondit-elle placidement en attrapant le brillant à lèvre et en lui jetant un regard satisfait. Au brillant à lèvre, s'entend.
Les deux amazones se décidèrent de nouveau à sonder le terrain.
« Alors, heu... Heu... C'est pour qui ? Ta petite copine ? »
« Nan, c'est pour mon copain. »
« ... »
« ... »
...Et il s'éloigna à jamais d'elles, pauvres petites filles ayant un instant cru que le soleil s'était décroché pour venir leur rendre visite, les laissant toute à leur terrible fatalité de remarquer qu'à chaque fois qu'un beau garçon semblait physiquement accessible, il fallait qu'il soit gay.
Kurapika était tranquillement accoudé au rebord d'une fenêtre ouverte sur la campagne, un léger vent faisant doucement voleter ses cheveux, lorsqu'il perçut des chuchotements suspects en provenance de derrière la porte du salon.
Il haussa un sourcil intrigué, soupira, puis se retourna pour attendre de pied ferme les parasites peuplant la maison.
La porte qui lui faisait face ne tarda pas à s'ouvrir avec fracas, expulsant un Léolio et un Kirua qui tentaient chacun à la fois de se précipiter vers le blondinet et de repousser violemment l'autre en le rouant de coup et en lui arrachant de pleines touffes de cheveux. S'apercevant que le Kuruta les fixait sans rien dire, ils lui sourirent en essayant d'y mettre toute la bonne humeur dont ils étaient capable, Léolio une main crispée sur les cheveux de Kirua et l'autre lui recourbant le bras droit dans le dos, Kirua les dents plantées dans l'un des pieds de Léolio et la main gauche se resserrant progressivement autour de son cou.
...Kurapika se demanda vaguement comment ils faisaient pour réussir à tenir debout dans une position pareille.
« SURPRISE ! » s'exclamèrent-ils de concert (une fois que la mâchoire de Kirua se soit désincrustée de la chaussette du jeune malheureusement-pas-encore-médecin.)
Le Kuruta ferma longuement les yeux puis les rouvrit, une expression exténuée sur le visage.
« ...Oh. Je suis surpris. »
« Ouais ! »
« C'est sûr, hein ? »
« ...Et... C'est à quel sujet, cette surprise ? »
Les deux intrus se regardèrent en silence, puis posèrent leurs regards sur le blondinet qui attendait patiemment, les bras croisés.
« JOYEUX ANNIVERSAIRE ! » hurlèrent-ils d'une même voix.
Kurapika referma longuement les yeux, et les rouvrit pour distinguer deux paquets enrubannés brandis sous son nez par les deux seuls fléaux de l'humanité à ce point irrespectueux de ses rares moments de paix.
Il leur sourit gentiment.
« C'est... Vraiment adorable. Je suis très touché... »
« Ouvre le mien ! »
« Ouvre le mien ! »
Kurapika se mordit les lèvres, promenant un regard circonspect sur ses deux camarades. Chacun de leur visage reflétait le même espoir désespéré que si son choix prenait également en compte le salut de l'univers.
« Heu... »
...Un manque de tendresse, avait dit le médecin.
Il saisit le minuscule paquet que lui présentait Kirua, ses lèvres s'incurvant légèrement en un semblant de « tendre sourire ». Ravit, Kirua sautilla allègrement sur place, tandis que Léolio eut sensiblement l'impression que le monde s'écroulait autour de lui.
Le papier – rose et pailleté – dévoila, une fois déchiré, un tube transparent contenant un liquide tout aussi transparent et qui reflétait mieux la lumière ambiante qu'un gilet de sauvetage fluorescent.
Léolio ne put retenir un léger rire sardonique.
« C'est quoi, ton truc ? Un appât ? Qu'est-ce que tu comptes attraper avec ça ? »
« Léolio ! Tu veux bien te taire, oui ? Tu vas lui faire de la peine ! »
Kirua dévisagea son blond ami, ses yeux atteignant le même diamètre que deux soucoupes géantes.
« ... N... Nani ? » murmura faiblement l'interpellé.
« Je t'ai dit de te taire. »
« ... »
« ... »
« Il est très bien, son cadeau. »
...Les sautillements frénétiques de Kirua reprirent de plus belle, l'adolescent se mordant les lèvres pour s'empêcher d'éclater d'un rire moqueur tu-perds-du-terrain-mon-pôv-vieux à la face de Léolio.
« Okay, d'accord, » s'exclama le pôv vieux ayant parfaitement interprété les trépignements de son cadet, « Si tu le trouves si bien que ça, tu vas peut-être pouvoir m'expliquer ce que c'est, hein ? »
Le blondinet observa parcimonieusement l'objet, le faisant rouler au creux de sa paume. Il dû fermer douloureusement les yeux lorsqu'un rayon de soleil heurta le tube transparent et, son intensité lumineuse amplifiée plus de trente fois, fut dévié vers ses pupilles.
« Heu... C'est... »
« ... »
« ... »
« ... Un appât ? »
L'expression bienheureuse de Kirua fondit comme neige au soleil, laissant la place à un air de tristesse plus intense que si on lui avait annoncé qu'il était nécessaire pour sa survie de réduire sa dose de sucre quotidienne.
Saisissant son regard douloureux, le blondinet s'empressa de faire une nouvelle tentative.
« Un... Une... chose, qui fait de la lumière la nuit ? »
Le jeune Zoldyck lui arracha le tube des mains, le dévissa et lui en présenta le bout brillant.
« Heu... »
« C'est un brillant à lèvre. Goût lychee ! » ajouta t-il joyeusement.
Le visage du kuruta se crispa de façon douloureuse. Un brillant à lèvre ?
Léolio explosa de rire et donna de grandes tapes aussi amicales que méprisantes dans le dos du jeune assassin.
« Un brillant à lèvre ! Elle est bien bonne ! » hoqueta t-il, les larmes aux yeux. « Nan mais comment t'as pu oser faire un coup pareil ? Un brillant à lèvre... Pffff... Tu peux être certain qu'à présent il va te haïr au plus au p... »
« Merci, Kirua. C'est très gentil de ta part. »
Le blondinet enfonça l'objet incongru au fond d'une poche et fourragea gentiment dans les cheveux de son cadet, qui lui jeta un regard peiné.
« Bah ? T'en met pas ? »
« ...Plus tard. En tout cas ça m'a fait très plaisir. »
Son visage crispé n'exprimait pas foncièrement la même chose que ses paroles.
Il se tourna vers un Léolio silencieux et frustré.
« ...Et ? »
« Mmh ? Ah ! Oui. »
Il lui tendit son paquet dans un geste dont tout l'enthousiasme s'était volatilisé.
« Je te préviens, c'est juste un nouveau téléphone portable. Rien d'aussi original que le cadeau de Kirua, j'en ai peur... »
Kurapika ne pris pas la peine de relever l'ironie de la remarque, ouvrit le paquet, jeta un œil désintéressé au portable dernier cri, et l'envoya rejoindre le brillant à lèvre au fond de sa poche en marmonnant un vague « merci ».
Léolio le regarda faire, impassible, puis commença à se mordiller les lèvres d'un air angoissé.
« Il... Il ne te plaît pas ? » demanda t-il sur un ton larmoyant.
Le Kuruta le fixa un instant en silence.
« ...Mais si, mais si. Il me plaît. Je t'ai dit merci. »
« ...Oui, je vois, je vois... Je comprends... »
Il poussa un soupir à s'en déchirer la poitrine, se dirigea vers le canapé, et s'y affala lamentablement.
« Je suis vraiment nul... Je me sens... tellement inutile... Tu vois, mon but, dans la vie, c'est de devenir médecin, et j'ai raté mon examen... Et mon deuxième but... Enfin, tu vois, depuis que je te connais, c'est... Enfin, tu es mon meilleur ami, et... »
Petite pause dramatique.
« Mon deuxième but dans la vie, c'est... de te faire plaisir. Mais même ça... Et bien je n'en suis pas capable. »
Nouveau soupir. Il garda les yeux rivés sur le bout de ses chaussures, attendant l'inévitable réaction du blondinet. Restait à espérer que ce serait une bonne réaction.
...M'enfin, après tout, n'importe quel être humain normal est sensé être touché par ce genre de paroles. N'importe quel être humain normal.
Léolio eut soudain l'impression d'avoir fait une gigantesque bourde.
En face de l'étudiant larvé sur le canapé, un jeune assassin sentait son visage se tordre en une affreuse grimace, et un certain blondinet, gêné, ne savait plus trop où se mettre.
Après quelques hésitations, il alla s'asseoir près de son meilleur ami et lui posa une main sur l'épaule, lui prodiguant de gentilles paroles de réconfort. Durant quelques secondes, à l'insu du blondinet, Léolio releva les yeux et Kirua vit leur tristesse se dissiper en un éclair pour laisser la place à un air de triomphe véritable.
Kirua repoussa la tentation de se jeter sur lui pour l'étriper et le toisa avec mépris.
Ne t'imagine pas trop de choses, mon vieux. On est simplement à égalité.
Interrompant leur échange de regards godzillesques, le bruit de la porte du salon en train de s'ouvrir les fit à tous trois lever la tête.
Gon leva les yeux de sa glace à la vanille et contempla ses trois amis avec perplexité.
« Bah ? Vous étiez là ? Qu'est-ce que vous faites ? »
« On offre ses cadeaux d'anniversaire à Kurapika, » expliqua joyeusement Kirua en souriant de toutes ses dents et en en profitant pour éloigner le Kuruta de Léolio et lui passer un bras autour des épaules – et toc.
« ...Hein ? Ah ? Bah ? C'est pas la semaine prochaine ? J'étais persuadé que c'était le quatre Avril ! »
Le visage de Kurapika s'illumina d'un merveilleux sourire à ces paroles. Il rejeta le bras du Zoldyck et se précipita pour serrer le nouveau venu contre lui – en prenant bien soin au passage d'éviter la glace.
« Gon ! Toi au moins tu t'en souviens ! Ça me fait tellement plaisir ! »
« Ah ben... De rien... »
Par-dessus l'épaule du jeune homme, Gon aperçut avec inquiétude les visages complètement décomposés des deux autres.
Léolio se tourna vers son adversaire.
« Bon, ben... Je crois qu'on a tous les deux touché le fond... » marmonna t-il suffisamment bas pour que le blondinet ne les entende pas. « Les compteurs sont remis à zéro... »
« Que tu crois, » fut la réponse acérée de l'adolescent.
Et, avant que Léolio n'ait eut le temps d'articuler un « Pourquoi ? » indigné, Kirua se jeta sur le couple enlacé, tira Kurapika en arrière par le haut de ses vêtements, l'obligea à se retourner, et plaqua sa bouche contre la sienne.
...o.Ô ...J'ai faillit oublier de mettre un bisou... /se cache prudemment sous la table/
Mmh... J'aurais dû poster ça le 4 Avril. Bah tant pis. n.n
