Filia Remi Lupini

Prologue :

Mi-juillet :

-Tu ne peux pas lui faire ça !

-Je vais me gêner ! Puisqu'elle a donc décidé, alors que je l'avais mise en garde, de te fréquenter Lupin, je la chasse de ma maison. Et comme tu es un loup-garou, tu ne peux pas l'accueillir sous ton toit. Elle devra se débrouiller seule, ou alors être placée dans une famille d'accueil. Cette enfant n'a rien de bon en elle, sa soeur vaut bien mieux !

-Gina... Je t'en prie... Ne la répudie pas...

-Rêve ! J'ai eu la sottise de m'enticher de toi, si je n'avais pas d'instinct maternel aussi developpé, je l'aurais tuée à la naissance ! Heureusement que Mina est là pour sauver l'honneur de ma famille !

-Gina...

-Je t'interdis de me parler aussi familièrement ! Ce n'est pas parce que nous avons été proche pendant un moment de notre vie que tu as le droit de m'appeler par mon prénom !

-Très bien. Je m'occuperais indirectement d'elle, et ça, tu ne pourras pas m'en empêcher, Nefas !

-Fais comme tu veux, Lupin. J'en ai rien à foutre.

-Puisses-tu ne jamais réapparaître en ma présence, Nefas.

-Qu'il en soit de même avec toi.

OoO

-Non... Je vous en supplie... Non...

Sa voix faiblissait de plus en plus, il savait qu'il ne tiendrait pas longtemps.

-Tu vas voir ce que je fais, moi, à des abominations dans ton genre !

L'homme (mais pouvait-on vraiment le qualifier de tel ?) leva la ceinture et l'abattit sur le corps recroquevillé devant lui. Un fois. Deux fois. Trois fois. Encore un coup. Et un autre. Et ainsi de suite, jusqu'à ce que le sang commence à couler. Pas un mot ne sortit de la bouche de l'enfant, trop faible pour crier.

Après s'être défoulé, l'homme saisit l'enfant par les loques qui lui servaient de vêtements et le jeta dans un placard sous l'escalier.

OoO

En position foetale sur son lit de fortune, l'enfant ne parvenait pas à dormir. Il avait mal. Trop mal. Suffisament mal pour avoir pris sa décision.

Il ne les entendait plus depuis un moment. Des bruits dans l'escalier et puis plus rien, le calme plat. Depuis combien de temps ? Une minute, une heure ? Il ne savait pas. Mais ce n'était pas grave. Il se releva, -il était plutôt petit et pouvait tenir debout dans son placard- et se mit devant la porte. Il ferma les yeux et pria. Pria pour que la porte s'ouvre, pria pour réussir à sortir de cet enfer.

Un déclic se fit entendre : il avait réussi. Ça arrivait parfois, quand il voulait très fort une chose, elle se réalisait. C'était sûrement Dieu qui écoutait ce qu'il disait et qui l'exausait. Il était drôlement gentil, Dieu.

Il sortit de son placard en marchant sur la pointe des pieds, fila jusqu'à la cuisine et empaqueta quelques victuailles dans un des torchons de la tante Pétunia, mit ses chaussures, vola le manteau de Dudley (quatre fois trop grand pour lui) et mit les voiles.

Il erra pendant quelques heures, puis s'endormit dans les buissons d'un parc qu'il ne connaissait pas.

Chapitre I :

Et voilà, j'aurai finalement tout perdu. Gina, Lily, James, Peter... même ce traître de Sirius, et bientôt ma toute petite, ma tendre Tina.

Tina, cette étrange petite fille aux yeux de reptile. Tina Nefas, mon petit louveteau qui ressemble tellement à sa grand-mère... Tina-la-rejetée à cause de sa différence...

Le soleil venait à peine de se lever et je me promenai comme d'habitude dans le parc moldu près de chez moi, quand j'entendis une lente respiration, comme quelqu'un qui dormait.

Je cherchai la provenance du bruit, et je le découvris : un enfant, qui devait avoir trois ou quatre ans, les cheveux noirs en bataille, habillé de loques. Je restai un moment interdit, puis je le pris dans mes bras, et l'emmenai chez moi.

OoO

-Réveille-toi ! Deboooouuut !! Le soleil est haut dans le ciel !

Harry ouvrit les yeux et recula instinctivement, appeuré par la manifestation de bruit soudaine.

En face de lui se tenait une petite fille. Elle avait de longs cheveux rouge tomate, et des yeux jaunes avec une pupille noire fendue, comme les yeux de reptile.

-Salut ! Moi c'est Tina, et toi ?

Il mit un certain temps avant de répondre, trop ahuri par l'étrange apparition qui se tenait devant lui.

-Harry...

-Je suis très contente de te rencontrer ! Parce que moi, je m'ennuie un peu toute seule avec mon papa, et pis je vais bientôt devoir quitter la maison et je suis triste, et pis je vais aller vivre avec des gens que je connais pas, et pis j'espère que tu seras là car je t'aime bien, et pis papa il est triste que je parte, et pis moi je veux pas partir mais papa 'y dit que je suis obligée, et pis...

-Heu... ton nom, c'est Tina ?

-Ouaip ! répondit la petite fille, visiblement fière d'elle.

-Et je fais quoi ici ?

-Ben papa, il est allé se promener ce matin, et pis il t'a trouvé, et pis il t'a ramené, et pis tu es là !

-Qui s'est ton papa ?

-Remus Lupin ! Et toi, c'est qui ton papa ?

-Il est mort...

-Oh ! Pardon, je suis désolée... et ta maman ?

-Elle aussi, elle est morte.

-Tu n'as pas de chance, toi ! Moi, ma maman, elle aime beaucoup ma soeur, et elle nous déteste, moi et papa. Elle dit souvent que papa et moi nous sommes des abominations, et qu'on aurait pas dû vivre.

-Ma tante, mon oncle et mon cousin disent la même chose de moi.

-Ça fait mal, hein ? Ça fait mal là.

Elle pointa son coeur, puis sourit.

-Papa il a dit que je devais lui dire quand tu étais réveillé, alors je vais lui dire !

Elle courut dans une autre pièce en hurlant : « PAPAAAAAAAAA !! PAPAAAAAAAAA !! IL EST RÉVEILLÉ ET IL S'APPELLE HARRYYYYYYYY !!! »

Des bruits de pas se firent entendre, et Tina réapparut dans la pièce accompagnée d'un homme assez jeune au regard fatigué, mais en alerte. Il s'approcha de lui puis lui tendit la main :

-Bonjour ! Je suis Remus Lupin, et toi ?

Il eut un silence. Harry fixait le loup-garou avec méfiance. Tous les adultes qu'il avait connu jusque là avaient été méchants avec lui et pourtant, celui-ci paraissait différent. Il décida de lui accorder le bénéfice du doute et répondit sans lui serrer la main :

-Je m'appelle Harry, monsieur. Harry Potter.

L'homme sursauta, puis lui dit d'une voix gênée :

-Excuse-moi, c'est juste que... enfin, j'ai dû confondre... mais appelle-moi donc Remus, mon garçon !

-Lunard... souffla Harry.

-Que... Quoi ?!

Remus s'était à moitié étranglé, ce n'était pas possible ! Il devait avoir mal entendu !

-Excusez-moi, dit précipitamment le garçon, je n'ai pas fait exprés ! C'est sorti tout seul ! Parfois je dis des mots étranges, comme « chocolat grenouille », « accro menthe, hu da ! » ou « Queue de ver »...

Il se recroquevilla, en attente d'un coup à la suite de ces révélations. Mais rien ne vint. Il écarta prudement les bras et regarda Remus, qui arborait un air parfaitement neutre.

-Ça vous dit des oeufs et du bacon pour le p'tit-déj ? demanda-t-il.

-OUIIIIIIIIIIIII !!!! hurla Tina.

-Pas la peine d'hurler, soupira Remus. Et toi Harry ? Tu as faim ?

L'enfant hocha timidement, puis il suivit Tina qui l'entraînait à la cuisine, précédant ainsi Remus.

OoO

Harry Potter... Il n'y avait pas vraiment cru, il n'avait même pas remarqué la cicatrice, et l'enfant ne portait pas de lunettes. Curieusement, il lui rappelait Lily de par les yeux et un mélange de James et de Sirius pour le reste. Étrange...

OoO

-Harry ? Si je te montre mon secret, tu réponds à une question ?

L'enfant regarda avec méfiance Tina. Depuis trois semaines qu'il vivait avec elle et Remus, il savait se méfier quand elle lui proposait quelque chose (il n'oublierait jamais le coup des Dragées surprises de Bertie Crochu !) pourtant, elle avait l'air mortellement sérieuse.

-... D'accord.

Il ne savait même pas pourquoi il avait accepté. Il aurait dû réfléchir un peu plus. Il l'observa, les yeux fermés, le front plissé, son corps commença tout doucement à changer. Ses cheveux s'éclaircirent jusqu'au blond clair, son nez devint en trompette, elle prit des centimètres et des tâches de rousseurs apparurent.

-Woaw... lâcha-t-il, admiratif. Tu sais faire d'autre truc ?

Elle aquiesça, et ses cheveux devinrent vert olive, sa peau jaunâtre et ses yeux bruns.

-Tu... tu sais te changer en tout ce que tu veux ?

-Oui.

-C'est dément !

-... tu réponds à ma question ?

-D'abord moi, une seule : c'était quoi ce que tu as fait ?

-Je suis métamorphomage. Je peux changer mon corps comme je le veux. C'est un don que j'ai reçu à la naissance. Je peux posé ma question ?

-Va-y...

-Quand on a été au zoo, tu as sifflé dans le vivarium. Est-ce que tu parlais avec eux ?

-Qui « eux » ?

-Les serpents.

-...

-Tu as promis de répondre !!

-Oui... je sais les comprendre et... leur parler.

-Trop cool ! Toi aussi tu as un don !

-Parler avec des animaux c'est... ce n'est pas normal, je préfère mille fois ton don.

-Parce que savoir changer son corps, c'est normal ?! Moi, j'aimerais bien savoir parler aux serpents...

-On peux essayer de se donner nos dons.

-Quoi ?!

-Oui, on peut essayer de se donner nos dons. Regarde.

Il mit la main à sa gorge, puis la déplaça vers son coeur, et la tendit vers son coeur à elle :

-Je te donne ce qui est mien...

Elle mit la main sur sa tête, puis sur son coeur et enfin la tendit vers lui et répeta :

-Je te donne ce qui est mien...

Ensemble, ils dirent :

-Que ce qui soit mien soit tien. Que ce qui soit tien soit mien.

Deux fils dorés partirent de l'emplaçement de leur coeur jusqu'à celui de l'autre, et ils s'évanouirent, oubliant ce qu'ils avaient dit et ce qui s'était passé.

Chapitre II :

Mi-août, une discussion revenant souvent :

-JE VEUX UN AUTRE ENFANT !!!

L'hurlement fut suivi par un bruit de verre cassé.

-Narcissa-chérie, c'était un vase que j'avais reçu de ma tante préférée...

-M'EN FOUS !!! IL ÉTAIT MOCHE EN PLUS !!!

-Calme-toi chérie, s'il te plait.

-QUE JE ME CALME ??? FAIS-MOI D'ABORD UN AUTRE ENFANT !!!

Lucius sirota tranquillement son verre de scotch puis dit d'une voix neutre :

-Tu sais très bien qu'il serait dangereux pour toi d'accoucher de nouveau.

-ET LA CÉSARIENNE, ESPÈCE DE RAMOLLI DU TRIBOULO !!! TU Y AS PENSÉ À LA CÉSARIENNE ???

-Oui, et c'est tout aussi dangereux pour toi et l'enfant. Il est temps que tu t'y fasses, Cissa. Tu ne pourras plus porter plus aucun enfant.

Elle se tourna vers lui et eut un regard étrange, puis marmonna :

-Plus d'enfant, hein ? Il existe UNE solution.

-Laquelle ? demanda Lucis, soudain inquiet que sa femme ait trouvé une possibilité qu'il n'avait pas envisagé.

-Mon très cher mari, nous allons ADOPTER !!!

(la suite est trop longue a écrire, sachez juste que dans ce genre de couple, ce que femme veut, femme a XD)

OoO

-Papa... tu vas pas... partir ?

-Je suis désolée ma chérie, mais je n'ai pas le choix. Si je reste, on aura de gros ennuis.

-Mais... qu'est-ce qu'on va devenir, Harry et moi ?

-J'ai trouvé une solution, ne t'inquiète pas mon louveteau.

OoO

-Pourquoi est-ce que tu voulais me voir, Lupin ?

-Je suis désolée de passer à l'inproviste, mais j'ai absolument besoin que tu me rendes un service : je dois partir très vite, et je ne peux pas emmener deux gosses avec moi. J'emmerai que tu te charges de leur trouver une famille d'accueil.

-Et on pourra considérer comme effacée la dette que j'ai envers toi ?

-Oui.

-Très bien, je le ferai alors.

-Au fait, ils sont tous les deux amnésiques : ils ne se souviendront ni de moi, ni de leur précédente vie.

-Ils ont quel âge ? Quel est leur nom ?

-Ils ont tous les deux cinq ans, comme Drago. Quand à leur nom, tu peux leur en choisir un. Ils ne s'en souviendront pas non plus.

OoO

-Lucius, c'est un signe donné par Merlin et Morgane eux-même !

-Narcissa... on ne sait même pas le lien qu'ils ont avec Lupin...

-Mais ils ne se souviendront de rien à leur réveil ! Je t'en supplie Lucius, j'ai toujours voulu avoir d'autres enfants et Drago se sent seul...

Lucius grogna. Sa femme avait encore gagné.

OoO

Chers mr. et mme Malefoy,

Nous avons le plaisir de vous annoncer que votre demande d'adoption concernant les deux enfants amnésiques abandonnés à eux-mêmes dans la rue a été acceptée.

L'enregistrement de deux enfants du nom de Leo Thanatos Malefoy et Lyra Némésis Malefoy, dont la date d'anniversaire a été fixée au 17 août 1980 a bien été prise en compte.

Nous vous souhaitons une bonne journée,

Antonio Badger et Mickaëlla Corvin, service d'adoption de sorciers.

OoO

-Qui... Qui êtes-vous ?

L'enfant, à peine réveillé, semblait effrayé par la grande femme blonde qui se trouvait devant lui.

-Je... Je ne vous connais pas ! Qui... êtes-vous ?

La femme sourit, puis lui caressa la joue.

-Je suis ta maman, Leo.

-Leo ? C'est... mon nom ?

-Oui. Je suis ta maman, Narcissa, ton papa s'appelle Lucius, ton frère Drago et ta soeur, Lyra.

-Je... Vous êtes ma... famille ?

-Oui, mon ange. Tu es tombé, et Lyra aussi, et les médicomages ont dit que vous aviez tout oublié.

-Ah...

OoO

-Papaaaaaaaaaaa !!

Lucius regarda Drago courir vers lui, les larmes aux yeux, qui se réfugia dans ses robes.

-Qu'y a-t-il, Drago ?

-C'est... Lyr-ra et Leoooooooooo !!!

-Qu'est-ce qu'ils ont fait, encore ?

-J'sais paaaaaaaaaaass !! Ils ont disparu dans le petit saloooonn !!

Soudain inquiet, Lucius se précipita dans le petit salon. Dès qu'il entra, il sortit sa baguette et la pointa sur les deux adultes présents. Il resta interdit devant une réplique de lui-même et une de sa femme.

-Qui êtes-vous ? Que faites-vous chez moi ?

Les deux adultes hoquetèrent, puis le deuxième Lucius prit l'apparence du fils Zabini, et la fausse Narcissa de la fille Parkinson.

De concert, le petit Blaise et la petite Pansy pointèrent Drago (toujours caché dans les robes de son père) et s'exclamèrent :

-C'est de sa faute ! Il a mit de la Poudre à Hic-Hoc dans nos verres !!

La mâchoire de Lucius se décrocha.

-Leo ? Lyra ?!

-Ouais !!! Hic !

Et Blaise Zabini se changea en Abraxas Malefoy (le père de Lucius) et Pansy Parkinson en Millicent Bulstrode.

-À cause de lui, on arrive plus à contrôler les changements !!

-Chan... changements ?

-Oui ! D'habitude on sait comment faire pour rester soi-même, mais là pas !!

-Parce que ça vous arrive souvent ? Enfin, je veux dire... vous pouvez changer d'apparence comme vous voulez ?

-Ouais ! Mais à cause de lui, on... hic !

Et ils recommencèrent à se transformer, Millicent Bulstrode se changea en une magnifique brune à couper le ouffle qui n'était autre que Charisma Zabini, la mère de Blaise Zabini (sorcière célèbre pour sa beauté, à ce stade de l'histoire elle n'a eu que cinq maris qui lui laissèrent tous des montagnes d'or, le cinquième (le père de Blaise) étant mort il y a deux ans à Noël, étouffé par un os de dinde qui serait mal passé. Elle fréquente actuellement Helmut Schäuble, un milliardaire allemand de 69 ans, et le mariage est prévu pour dans moins d'un an) et Abraxas Malefoy devint Severus Rogue, le parrain de Drago.

-Vous êtes tous les deux des métémorphomages.

-Des quoi ?

-Mé-ta-mor-pho-mages. Des sorciers qui peuvent prendre n'importe quelle forme à leur envie.

-Papaaaaaa !!! Et pourquoi moi je suis pas méto.. mépho...

-Métamorphomage. Parce que tu n'es pas ton frère ou ta soeur, que tu es toi et que la nature en a décidé ainsi ! Bon, il faudra attendre que la Poudre à Hic-Hoc cesse. Je vais voir Narcissa.

Et il sortit du petit salon, partagé entre l'envie de rire en ayant vu Severus Rogue et Charisma Zabini avec une moue boudeuse et râlant contre un enfant blond de cinq ans, et entre l'inquiétude, surtout sachant que les métamorphomages n'étaient pas très bien vu par les grandes familles de sorciers et que la nièce de Narcissa, une pure gryffondor, en était une.

Narcissa réagit très bien selon son point de vue, sachant que lui-même avait de peu manqué l'arrêt cardiaque. Elle pâlit brusquement (mais il faillit ne pas le remarquer, les Malefoy étaient tellement pâles... ), ses doigts serrèrent tellement les accoudoirs du fauteuil sur lequel elle était assise qu'il eut peur qu'ils ne cassent (les doigts ou les accoudoirs). Elle prit subitement une grande inspiration, puis dit d'un ton tranquille, contrastant totalement avec sa réaction première :

-Ce sont mes enfants, Lucius. Et je les aime, tels qu'ils sont.

Il aquiesça, il était entièrement de son avis.