Disclaimer : les personnages apparaissant dans cette fic appartiennent à JKR, je n'en retire aucune rémunération ou gain financier…
Précisions : Slash Rogue/Harry – Post tome 6
Bonjour ! Merci infiniment pour vos reviews :D
Voici enfin un chapitre de cette fic en ce fameux jour de Noël ;')
J'espère qu'il vous plaira !
Bonne lecture !
(Comme je n'étais pas tout à fait satisfaite de la fin du précédent chapitre, j'ai un peu allongé le pov de notre Harry dans celui-ci...)
Si longtemps…
Chapitre 9
Pov de Harry
Il souriait toujours et l'incrédulité de l'ancien occupant du Terrier se transforma bientôt en une véritable expression de joie.
- Harry, mon garçon ! Nous venions juste d'apprendre ton évasion, dit-il en le serrant contre lui.
Le survivant se laissa faire de bonne grâce. C'était pour ce genre d'étreinte qu'il gardait aussi courage, pour l'amour indéfectible que ses proches lui portaient.
- Nous n'étions pas sûr, mais j'allais l'annoncer à tout le monde… même si cela avait encore pu être de faux espoirs. Je suis si heureux de te revoir ! Et les autres- Ah ! Mais il n'y a pas une minute à perdre, il faut que vous vous retrouviez ! Molly et les enfants seront si heureux et –
Arthur Weasley le relâcha et s'écarta un peu pour regarder par-dessus son épaule.
- Severus. C'est bien vous qui avez réussi cet exploit ?
Le gryffondor se tourna vers le maître des potions ; dans sa joie, il avait complètement oublié sa présence.
Sa respiration était encore rapide après leur petite course mais son masque de froideur était à nouveau en place. Bizarrement, il se fit la remarque que, ce visage-ci, il ne l'avait plus vu depuis bien longtemps et qu'il ne… l'aimait pas ? Non, ce n'était pas vrai, l'expression que pouvait prendre cet homme lui était bien égal tant qu'il n'était pas la cible d'une attention déplacée.
Le roux attendait cependant toujours une réponse.
Rogue hocha imperceptiblement la tête mais garda un visage neutre. Sans doute jaugeait-il toujours la réaction de l'ancien employé ministériel. Après tout, dans sa situation, on pouvait se demander comment l'Ordre l'accueillerait : en assassin ou en digne espion méritant ?
- Merci. Merci d'avoir continué à protéger Harry, même quand nous ne croyions plus en vous.
L'homme paraissait sincère. Le jeune sorcier ne percevait même rien d'autre que de la reconnaissance dans son regard. Et, même s'il avait ses propres problèmes avec le serpentard, il ne put s'empêcher de se sentir soulagé pour lui.
Le maître des potions le scruta quelques instants encore – quel pouvait être le cheminement de ses pensées à ce moment ? Et pourquoi seulement se posait-il cette question ?
Finalement, il fit un vague geste de la main et prit la parole.
- Ce n'est pas la peine de perdre du temps en mots inutiles. Où se trouve le reste de l'Ordre ?
Apparemment, à la très légère grimace qui traversa son visage, il était clair que le roux avait perdu « l'habitude » de se faire rabrouer de la sorte par cet homme.
- Eh bien, ici même, se reprit-il pourtant avec un léger sourire devant le froncement de sourcils du survivant et le haussement de celui de Rogue. Suivez-moi, je vais vous montrer. Quant à vous expliquer, d'autres personnes seront sans doute plus à même que moi pour le faire.
Il fit un petit clin d'œil au brun qui comprit facilement qu'Hermione en faisait sans aucun doute partie.
L'homme se plaça à nouveau devant la porte du bureau du directeur et leva sa baguette.
- Je me nomme Arthur Weasley et je n'ai aucune mauvaise intention envers les habitants de ce château. Develare !
Il fit un ample mouvement de baguette et une voix s'éleva par delà la porte.
- Arthur Weasley, vous êtes le bienvenu en ces lieux.
- Mais c'est… le choixpeau magique ? s'étonna le cadet en reconnaissant la voix familière.
- Exact, sourit le roux. Nous avions un système plus simple avant mais il s'est révélé… peu sûr, je dirais.
Une ombre passa sur son visage, accentuant un instant les rides aux coins de ses yeux. L'homme lui sembla soudain bien plus âgé qu'il ne l'était, alors qu'il remarquait pour la première fois ses tempes plus douloureusement grisonnantes que dans ses souvenirs.
- Bien, c'est à votre tour, reprit-il en remontrant le mouvement qu'ils devaient faire de leur baguette.
Harry songea aux mots que les Malfoy avaient prononcés. Un « Weasley ». Il se demandait toujours de qui il pouvait s'agir. Ses amis n'en avaient pas fait mention dans leurs écrits. Cependant, il se garda bien d'en toucher mots au père de famille et se contenta de se concentrer sur les paroles de l'ex-employé du ministère.
- Je me nomme Harry Potter et je n'ai aucune mauvaise intention envers les habitants de ce château. Develare !
- Harry Potter, vous êtes le bienvenu en ces lieux.
Et l'ancien espion en fit de même.
- Je me nomme Severus Rogue et je n'ai aucune mauvaise intention envers les habitants de ce château. Develare.
Il y eut un silence, inquiétant même, et le jeune gryffondor ne put s'empêcher de tourner le regard vers l'homme en noir. Il eut la nette impression que sa prise se resserrait sur sa baguette. Peut-être même avait-il pâli.
- Severus Rogue, vous êtes attendu depuis longtemps en ces lieux. Soyez le bienvenu.
Le maître des potions ferma les paupières un instant alors que le roux se tournait vers lui, visiblement surpris. Le choixpeau magique ne devait sans doute pas changer de tirade tous les jours. Fait assez drôle lorsque l'on pensait que celui-là même se montrait des plus volubiles en chaque début d'année scolaire.
Toutefois, Monsieur Weasley n'eut pas le loisir de leur faire part de son étonnement car, enfin, l'entrée tant observée du bureau se dévoilait.
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Pov de Severus
S'il fut tout aussi perplexe que le survivant lorsqu'ils pénétrèrent dans le lieu familier et, à première vue, en tous points identique à ses souvenirs, Severus dût reconnaître l'ingéniosité de la manœuvre lorsqu'elle se révéla à eux. S'il s'était attendu à trouver quelconque passage secret une fois entré dans la pièce, il n'avait certainement pas prévu de ressortir par la même porte pour retrouver leurs compagnons.
Lorsque le serpentard avait posé le pied dans le bureau, il avait tant espéré que craint d'y trouver le portrait d'Albus. Et il avait éprouvé une certaine déception en remarquant que tous les tableaux des directeurs avaient été décrochés du mur. Il n'en avait pas moins immédiatement remarqué la différence avec le reste du château : ici, l'on ressentait clairement la magie inhérente à Poudlard.
Il n'eut guère plus de temps pour inspecter les lieux que déjà Arthur avait réouvert la porte refermées sur leurs pas.
- … fois faudra-t-il que nous en discutions, Ron, si tu pars avec ton père je viens avec…
Avant même que les occupants du couloir ne leur apparaissent, il avait déjà pu reconnaître la voix courroucée de Miss Granger. Et ce fut, visiblement, également le cas pour Harry car, au moment où il tourna le regard vers lui, il vit un sourire se peindre sur ses lèvres.
Il préféra oublier le fait qu'il ne lui avait jamais adressé – et ne lui adresserait sans doute jamais – ce genre de sourire et se contenta d'apprécier en silence de voir cette expression apparaître.
Lorsque le passage s'ouvrit entièrement devant eux, Severus choisit de reporter son attention sur les quelques visages qui les observaient. Miss Granger – dont les mots semblaient s'être bloqués dans sa gorge, Ronald et Charlie Weasley, Poppy Pomfresh et Dedalus Diggle – les trois derniers semblant principalement garder cette entrée puisque leur baguette était fermement serrée dans leur main. Ils avaient tous un air incrédule marqué sur le visage tandis qu'eux – Arthur en tête et lui fermant la marche – descendaient les escaliers en silence.
Finalement, les dernières marches franchies, les deux éternelles complices du survivant l'enlacèrent dans une cacophonie d'exclamations de joie, sous les regards brillants du même ravissement des quatre autres sorciers.
Le maître des potions s'était un peu écarté du groupe en attendant que cela cesse. Ces démonstrations excessives ne l'intéressaient en rien ; il n'avait qu'une hâte connaître la situation actuelle de l'Ordre. Et il ne voulait certainement pas pouvoir se miner plus longtemps l'esprit en songeant qu'il venait, en le « rendant » à ses amis, de perdre toute chance avec Harry – si tant est qu'il en ait un jour eu.
Dedalus, Poppy et Arthur s'avancèrent finalement vers lui tandis que son compagnon de quelques jours suivait ses amis, dont Charlie, ne lui jetant même plus un regard.
- Severus, nous sommes vraiment heureux de vous revoir, ce que vous avez fait est vraiment admirable, le félicita chaleureusement Dedalus, lui tendant la main.
Il la lui serra par pure politesse.
- Nous nous sommes inquiétez pour vous, Severus, continua à son tour Poppy avec une expression tout aussi avenante.
Mais, à vrai dire, derrière leurs mots accueillants, il voyait le même changement dans leur regard que dans celui du roux un peu plutôt. Ils essayaient de le cacher mais, malgré la reconnaissance qu'ils voulaient exprimer, il y avait toujours un pointe d'accusation dans leurs yeux. Le serpentard s'y était préparé, il le méritait certainement, alors aucune remarque désagréable ne lui échappa et il se laissa entraîner à la suite de ses anciens élèves, ne formulant que quelques phrases concises.
C'est au final dans la grande salle, au ciel parsemé de nuages blancs, qu'ils furent conduits et ce furent les mêmes exclamations qui les accueillirent, beaucoup de ses anciens élèves – Londubat, Brown, Creevey, entre autres - venant entourer le survivant suivis par nombre d'adultes. Certains vinrent malgré tout à sa rencontre – dont, principalement, quelques-uns de ses anciens collègues et des membres de l'Ordre.
La nouvelle de leur arrivée dût sans doute se répandre très rapidement dans le château puisque la salle fut rapidement remplie, et en grande partie par des élèves, remarqua-t-il.
Le maître des potions aurait sans aucun doute besoin d'un certain nombre de réponse pour comprendre réellement où en était la guerre.
Cependant, toute cette agitation ne dura que quelques minutes car une voix impérieuse imposa le silence.
- Un peu de calme, s'il vous plaît. Je demande à tous les élèves et les non-membres de l'Ordre de regagner leur dortoir ou leurs appartements. Nous vous informerons en temps et en heure de ce qu'il sera nécessaire.
Il vit à cet instant Minerva à l'entrée de la grande salle qui réitérait sa demande face à la vague de protestation qui secoua le lieu. Elle paraissait plus âgée encore, les rides barrant son front avec plus de force, son regard plus fatigué sans doute mais l'autorité qu'il lui avait toujours connue toujours présente dans son ton.
La salle se désemplit finalement au fur et à mesure et un nombre restreint de personnes resta présent.
Severus la vit jeter un rapide sort sur les portes closes puis elle avança enfin vers eux, son regard passant lentement du survivant à lui. Il put voir un réel soulagement dans son expression et elle esquissa même un sourire discret à son attention qui s'élargit ostensiblement lorsqu'elle revint à Harry.
- Bien. Il me semble que nous souhaiterions tous en savoir un peu plus sur cette situation, commença Minerva en les invitant à s'installer autour de la grande table qui accueillait habituellement les serdaigles.
En vérité, il n'y avait guère à raconter. Ils avaient été faits prisonniers et ils s'étaient échappés. Mais il doutait fort que cela les satisfasse.
Le maître des potions jeta un vague coup d'œil au brun à sa droite – il ne remarqua d'ailleurs qu'à cet instant que Londubat, Granger et le plus jeune fils Weasley étaient aussi attablés – mais ce dernier ne semblait guère savoir par où commencer. Dans son cas comme dans le sien, il y avait un certain nombre des faits de ces derniers jours qu'il ne valait mieux pas dévoiler pour l'heure.
Tous les regards étaient pourtant fixés sur eux et, au-delà d'une certaine excitation ambiante, il pouvait ressentir l'appréhension grandissante qui se glissait dans cette petite assemblée.
- Arthur, peut-être ? s'éleva à nouveau la voix de Minerva comme pour repousser l'ambiance oppressante qui menaçait de s'installer.
L'homme, assis aux côtés de sa femme (et, en fait, tous leurs enfants étaient présents à l'exception de Bill… et Ginevra), se racla la gorge puis commença simplement en rappelant les tenants de sa dernière mission à « l'extérieur ».
- … Shacklebolt et moi. Il m'a confié que lors de ses observations habituelles, il avait remarqué une agitation rare dans ses troupes alors je suis resté quelques jours de plus pour vérifier que cela ne pouvait pas avoir plus d'importance cette fois. Ils nous a cependant fallu du temps avant que nous puissions récolter des informations. Et quant nous avons su, nous n'étions pas sûr d'y croire. Avec ce qui s'est passé la dernière fois, nous voulions être prudents.
Arthur serra un peu plus la main de Molly dans la sienne et ses yeux se posèrent un instant sur Charlie puis il reprit la parole. Il était évident qu'ils avaient déjà eu à subir quelque aventure désagréable par le passé. N'avait-il pas même fait une vague allusion aux protections liées au choixpeau un peu plus tôt ? Néanmoins, Severus ne s'attarda pas trop sur ces détails et reprit le fil de ses paroles.
L'ancien employé du ministère expliqua que Kingsley et lui étaient parvenus à découvrir que le serpentard et le survivant avaient échappé à la garde du Seigneur des ténèbres, et bien sûr ce dernier était furieux, mais que comme les mangemorts ils n'avaient su trouver trace des deux fuyards. Et finalement, il en vint rapidement à l'instant où Harry était apparu devant lui dans le couloir de Poudlard.
Tout ce récit n'intéressait guère l'ancien espion, il voulait en venir à des points plus importants, toutefois il savait que l'auditoire attendait cette explication.
Quand il eut terminé, le silence s'installa quelques instants, beaucoup de regards toujours posés sur Harry, peut-être impatients de connaître sa version de l'histoire.
Le jeune homme n'eut d'ailleurs pas besoin qu'on le prie de s'exprimer pour le faire.
- Je crois que je n'ai pas grand chose à ajouter à cela. J'imagine que vous connaissez tous les circonstances de ma capture, dit le gryffondor en gardant les yeux sur ses mains qu'il avait croisées devant lui. Quelques jours seulement après, Voldemort m'a plongé dans… un sommeil artificiel et…
Il semblait hésiter à continuer. Le problème de l'horcruxe devait sans doute envahir ses pensées et la ligne qui barrait son front indiquait clairement qu'il n'avait pas envie d'aborder ce sujet. En cet instant, Severus aurait vraiment voulu être capable de le soutenir d'une quelconque façon mais il était sans doute l'une des personnes dont le survivant désirait le moins l'aide.
Ron Weasley fut le soutien que le brun recherchait.
- Nous savons, Harry.
Sur le coup, le serpentard ne réagit pas alors que le fils de Lily fronçait les sourcils.
- Oui, nous savons ce que ce sale serpent à fait, continua le roux avec courage alors que le maître des potions voyait maintenant clairement les expressions se modifier.
Les membres de l'Ordre avaient à présent, pour la plupart, un regard – désagréablement, de son point de vue – compatissant.
Cependant, le jeune sorcier ne se laissa pas troubler.
- Alors, tout le monde sait pour les…
- Oui, Harry, le rôle des horcruxes n'est plus un secret pour les membres de l'Ordre du phénix, reprit Granger à la place du roux.
Elle se permit même un sourire.
- Et nous avons réussi. Nous avons détruit les derniers. Et nous avons peut-être même trouvé une solution pour le t-
- Hermione !
Non seulement, le jeune Weasley était visiblement en colère mais une grande partie des personnes autour de la table lançaient des regards réprobateurs à la jeune fille.
Severus n'était plus certain de réellement suivre tous ces échanges. Ces nouvelles étaient étonnement… bonnes ? Et pourtant, la brune semblait assez irritée, comme si le sujet avait été souvent abordé.
- Quoi ? riposta-t-elle au roux.
- Tu sais très bien que nous ne tenterons jamais une chose pareille. Tu étais même la première à être contre cette idée !
- Allons, calmez-vous mes enfants. Je ne crois pas que ce soit l'heure idéale pour soulever ce problème, intervint Minerva sous les acquiescements de Pomona, Pompom et d'autres personnes.
Un nouveau silence inconfortable envahit les lieux qui fut finalement brisé par un murmure de l'ancien attrapeur de quidditch.
- Vous savez, répéta-t-il platement. Et vous avez trouvé une solution, continua-t-il comme ci la pensée même ne lui avait jamais effleuré l'esprit.
Severus aurait été proprement incapable de deviner ce que ressentait le gryffondor à cet instant mais il réagissait somme toute avec une retenue dont il n'aurait sans doute pas été capable quelques années plutôt, restant plus songeur qu'impatient.
A sa droite, ses deux amis continuaient à s'échanger des regards noirs. Et les autres semblaient plus gênés qu'autre chose.
- Severus, Harry, vous vous posez sans doute pas mal de questions, je suppose. Alors, laissez-moi d'abord vous dire que nous avons appris tout ceci il y a moins d'un an, reprit stoïquement Minerva.
Son regard glissa une nouvelle fois vers Charlie avec un léger sourire de reconnaissance.
- Nous avons découvert que vous étiez tous deux retenus dans l'un des domaines du mage noir, Harry dans un coma magique et vous dans ses geôles, finit-elle en ancrant finalement ses yeux dans son regard noir. Nous n'en connaissons pas vraiment les détails. Mais peut-être pourriez-vous faire pour nous un peu plus de lumière sur ces évènements.
Pour la première fois depuis le début de cette réunion, le maître des potions prit la parole. Il savait son visage impassible et son ton froid ; face à tous ces gens, il se rendait compte qu'il n'était finalement pas très difficile pour lui de redevenir ce qu'il avait toujours été, et ce, malgré sa récente perte de contrôle. Il n'y avait en fin de compte que Harry… non, il s'égarait, et ce n'était guère le moment.
- Il n'y a pas beaucoup plus à en dire. Selon ce que j'ai pu comprendre, Draco Malfoy vous a révélé mon rôle d'espion et je ne sais guère ce qu'il a pu vous dire de plus mais c'est à lui que je dois mon emprisonnement. Et ce n'est qu'en profitant de l'imprudence de l'un de mes gardiens que j'ai pu m'échapper, emporter Potter avec moi et nous emmener en lieu sûr jusqu'à ce que nous puissions vous retrouver.
Le professeur de métamorphose acquiesça et jeta un regard à Harry pour savoir s'il désirait en dire plus mais, après un bref coup d'œil vers le serpentard, il secoua la tête en signe de négation.
Severus sentait d'autres regards peser sur lui mais il s'efforça cette fois de les ignorer. Combien d'entre eux gardaient encore de la rancune envers lui ? Il aurait facilement parié que c'était encore le cas pour la plupart des occupants de cette pièce. Surtout depuis qu'il avait relevé quelques regards sceptiques à la mention de Malfoy. Et bien soit, qu'ils le haïssent si ça pouvait leur faire plaisir, il avait une guerre à gagner et leurs opinions n'étaient certes pas ce qui primait.
- Bien, nous allons en rester là pour aujourd'hui, déclara Minerva.
Des protestations fusèrent dans l'assemblée. Ne devaient-ils pas songer à changer leurs plans dès à présent avec le retour du survivant ? N'était-il pas essentiel d'obtenir toutes les informations possibles sur leur évasion ? Et…
- Il serait parfaitement inutile de soudainement établir des plans d'attaques dans la hâte. Arthur est parti depuis cinq jours et n'a certainement pas eu beaucoup de temps pour se reposer.
Le dit Arthur acquiesça d'un air un peu confus.
- Et Severus et Harry ont eux même dû avoir à passer des temps difficiles ces derniers jours.
Si elle savait, pensa le maître des potions. Et il vit Harry laisser échapper un léger soupir de soulagement.
- Je propose donc à chacun que nous les laissions se reposer et que nous prenions le temps d'informer nos nouveaux arrivants des évolutions de ces derniers mois avant de tenir une nouvelle réunion.
Bien que son ton n'était pas spécialement dur, il était suffisamment péremptoire pour que tous suivent ses directives. Minerva McGonagall avait bien tout de l'étoffe d'un chef.
La salle se vida petit à petit. Harry lui-même suivit ses amis sous le regard bienveillant de son ancienne collègue. Le gryffondor ne lui jeta, une fois encore, pas un regard mais il accepta cette évidence sans sourciller. Oui, il devait vraiment se sentir soulagé de ne désormais plus avoir à supporter sa présence continuelle. Et Severus savait qu'il était particulièrement égoïste de sa part d'avoir en ces temps le désir de se l'accaparer, de rester en sa compagnie constante voire plus… Il y avait déjà trop de gens qui comptaient sur lui – cette réunion n'avait fait que renforcer cette idée – et il avait des buts bien plus importants à atteindre.
Le maître des potions ne savait combien de temps il parviendrait encore à se convaincre que les choses ne pouvaient aller autrement mais, à ce moment-là du moins, il trouva la force nécessaire pour simplement le regarder partir et rester seul avec Minerva dans la grande salle.
Il y avait bien plus important que d'obscures tribulations sentimentales, comme, par exemple, comprendre la place qu'ils tenaient encore dans la guerre et ses conséquences.
A suivre…
Mmh... Le prochain chapitre donnera un plus grand éclairage sur la situation de l'Ordre... mais comme je n'ai pas le coeur de vous laisser sur cet unique chapitre, le nouveau chapitre de "Sacrifices et sacrifiés" sera posté en soirée é.è
Un joyeux Noël à tous et à très bientôt !
