Tout d'abord merci beaucoup pour vos reviews et votre lecture. Je suis contente que ça vous plais. Par contre comme je n'ai pas de réponse retour quand je réponds à vos commentaires, je pense que je vais vous répondre ici. En espérant que je vous éclairerez au mieux sur le pourquoi du comment de l'écriture (Est-ce que ça a du sens ?)
Dramione love : Merci beaucoup pour tes commentaires, a la vue de ton pseudo j'étais sûr que j'allais te décevoir vu que c'est sensé être un drarry, je vais te répondre honnêtement je ne suis pas fan du dramione mais je comprends le couple. J'espère que tu continueras à aimer l'histoire tout de même J
Usule : Merci, merci. C'est vrai que c'est un peu long à démarrer, je me suis un peu emballée sur la prison, mais je tenais à éclaircir les dialogues entre Harry et Draco. J'aime bien les voir se disputer et c'est aussi un indice sur l'état psychologique d'Harry. Je me demandais si j'en faisais trop ou pas assez. Moi aussi j'aime beaucoup Nova. Et je fais de mon mieux pour la vitesse d'apparition. Globalement cette fic à déjà une fin et l'inspi est là mais je rajoute des détails partout. J'espère que tu apprécieras la suite !
Haruhi-kyouya : Ahahaha merci tu es mignonne. Hey oui c'est un Drarry hey ! Je ne vais pas en dire trop. J'aime que tu supposes :D. Je vais me taire parce que je suis nulle pour garder des secrets.
Ombe-Ibliss : Je te remercie énormément pour le pavé (j'adore ça). J'aime les messages encourageant mais je kiffe les messages constructifs. Oui le coté sombre c'est le meilleur ahaha. En fait à chaque fois que je pense à Harry heureux avec sa petite famille je me demande toujours si parler aux morts lui a vraiment fais du bien. En fin de compte Harry est le seul à voir tous les morts, comment fait-il pour ne pas devenir fou ? Je suis aussi une partisante du tout en douceur. Draco à tout de même essayé d'empoisonner Ron, tuer Dumbledore, mettre fin à al vie d'Harry toussa toussa. Mais bon ça reste indéniable qu'il y a un truc entre eux. C'est vrai que j'ai un penchant pour les âmes torturées aussi. Je suis contente que tu es soulignée la notion de fantôme j'espère que je ne te décevrais en te disant que je n'ai pas lue Thérese Raquin (pardon j'ai très peu d'Emile Zola dans ma bibliothéque). Dans mon idée de base j'avais envie d'extrapoler, il devait y avoir une dispute entre Draco et Hermione et je ne savais pas vraiment ou la placer, donc à la place j'ai fais un bon d'un an dans le futur (mais peut-être que j'y reviendrais). Donc je te remercie énormément d'avoir noté les points qui te plaisaient. Pour ce qui est des études, non je ne fais pas d'études de lettre mais ça me touche que tu penses ça. Seulement il semblerait que les fautes d'orthographes de mes fics sautent aux yeux, donc je ne fais pas partie de cette catégorie là. Cependant j'aime lire, je lis beaucoup et de tout donc c'est un peu comme des études sauf que je n'analyse rien. Enfin je crois. En bref, merci pour ton commentaire ça me touche et j'espère que j'aurais droit à d'autres petits mots de ta part.
Espe29 : Oh merci petite lune ! J'espère sincèrement que tu aimeras la suite et qu'elle sera toujours un peu à part.
Sinon je vous souhaite à tous une très bonne lecture !
REFLET
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-Dure soirée chef ?
Draco prit le verre que Selice lui tendait et en avala le liquide d'une traite. Dur, c'était le mot. Il n'en revenait pas de ce qu'il avait fait a veille et même leur petite discussion d'après scène n'avait pas convaincu le blond de son écart de conduite désastreux. Qu'est ce qui lui avait prit. L'explication de Rouge quoique limpide ne faisait remonter qu'une boule nerveuse de son estomac.
-Ce qui s'est passé…
-Est déjà oublié. , ça arrive à n'importe qui de se laisser aller. Cet endroit est fait pour ça, si ça n'avait pas été moi, ça aurait été quelqu'un d'autre. Je ne suis pas assez diabolique pour utiliser ça comme avantage. Le plaisir de la chair n'est pas un péché tant qu'il est consentit. Vous en aviez envie, j'en avais envie. Mais je comprends le terme relation professionnelle. Cela n'arrivera plus je vous le promets.
Il avait raison, si ça n'avait pas été lui, ça aurait été n'importe qui. Mais Draco ne voulait pas de n'importe qui. C'était un mensonge de penser qu'il n'était pas intrigué voir réellement intéressé par Rouge. Mais il n'était pas assez fou pour se laisser happer par ses désirs envers un homme qui s'était débarrassé d'un de ses amants sans aucuns états d'âme. Et puis qui était-il d'abord. Il ne pouvait pas juste être un propriétaire de bar étrange. C'était sûrement un criminel. Il avait répondu à demi-mots pour Azkaban et peut-être que son gant caché même la marque des ténèbres. Cette idée ne plut pas à Draco et il se répéta encore ce qu'il lui avait prit. Ça lui faisait mal de l'avouer, il avait aimé. Il avait aimé cette pipe taillé par un criminel, dont on ne voyait pas le visage et qui était son seul recours sur son enquête. Mais ça ne pouvait plus se reproduire. Draco avait perdu l'esprit l'espace d'un instant. A cause d'un stupide miroir.
- C'est bon Selice. Qu'est ce qu'on a ?
- Rien de nouveau en ce qui concerne Jones et Garett. En revanche Prince et Adams ont découvert quelque chose de dérangeant.
- C'est-à-dire ?
- Une Velane a été retrouvée. Droguée et perdue.
- Ou ça ?
- En Ecosse. La brigade Écossaise l'a prise en charge. Mais elle ne se rappelle de rien si ce n'est d'avoir sautée d'un camion et d'avoir courut.
- Donc on jette la probabilité du tueur en série.
- Vraiment ?
- Beaucoup de Velane en si peu de temps, pas de corps et l'une d'entre elle qui se jette d'un camion. Je vais m'avancer sur une piste dangereuse mais je pense à…
- Un réseau de prostitution ?
Draco passa une main sur ses lèvres. Ce n'est pas le genre de mot que l'on aime entendre.
- J'en ai bien l'impression. Attendons leurs rapports quand ils rentreront d'Ecosse. Pour Garett et Jones je ne peux rien faire pour le moment.
Selice n'ajouta rien. Ils avaient enfin un indic. C'était suffisant pour le moment. Draco lui laissait 2 jours, au-delà il ferait à sa manière.
Le policier sortit de son bureau, il voulait rentrer chez lui et dormir. Il n'avait pas eu une minute de répit. Il se dirigea vers le département d'Hermione pour la prévenir qu'il n'irait pas chez George ce soir. Il entra dans le bureau, devant lui un garçon aux cheveux chatains et de dos discutait avec la secrétaire.
- Voilà jeune homme, signez ici et ici. Parfait.
- Et c'est bon, après ça je n'aurais pas de problème?
- Il faudra revenir dans six moi avec lui. Pour qu'il soit pesé et mesuré. Vous n'êtes pas très loin de la taille réglementée. Si il la dépasse le ministère s'occupera de lui trouver un endroit ou vivre.
- Ah.
Draco passa devant le garçon et son regard se tourna vers lui. Il le reconnut aussitôt.
- ?
Jay Evans leva les yeux des documents qu'il signait. Il fronça les sourcils en voyant Draco et le policier se souvint qu'il n'était pas dans le cœur du jeune homme. La porte du bureau d'Hermione s'ouvrit alors, mettant fins à leur œillade étrange.
- Ah vous n'êtes pas partie ! Oh Draco qu'est ce qui t'amènes ?
- J'étais juste venue te dire que je rentrais chez moi. Je suis épuisé.
- Oh bien d'accord. j'ai oubliée de vous donner cette brochure.
Draco observa Hermione foncer vers Evans, ce dernier avait cessé de regarder Draco, et le blond sentit la colère montait sans aucune raison. Le policier sortit d'un pas rapide mais il se mit à ralentir dans les couloirs. Il fit semblant de traîner un peu quand enfin le garçon sortit du bureau d'Hermione, le nez dans la brochure que la femme lui avait donné. Ils montèrent en même temps dans l'ascenseur.
- Vous me suivez ?
- Vous êtes sur mon lieu de travail. C'est vous qui me suivez.
- Vous étiez sur mon lieu de travail.
- Toute l'Angleterre est mon lieu de travail.
Ils se parlaient comme si ils étaient ennemis. Puis Evans poussa un long soupir.
- Ou est ce que je peux trouver des Bodrets du népal.
Draco tourna un regard interrogateur vers Evans. Celui-ci marmonner pour lui-même et ça fit sourire le blond. Il ressemblait vraiment à un gosse de 18 ans. L'ascenseur arriva en fin en haut et les deux hommes sortirent au même moment. Une fois dans la rue Evans se pressa vers la foule. Draco hésita un moment puis fit un pas dans sa direction.
- Evans !
Le garçon se tourna subitement. Il regarda Draco avec une telle méfiance que le policier faillit changer d'avis. Mais il poursuivit :
- Venez prendre un verre avec moi.
Le jeune homme dansa sur ses pieds. Comme si il avait envie de partir en courant, la colère de Draco remonta insidieusement.
- Est-ce que vous allez encore me poser des questions ?
- Vous venez d'obtenir l'autorisation de garder Nova ? Vous ne voulez pas fêter ça ?
- Vous me le payez ?
Draco fit un sourire narquois.
- Vous avez épuisé votre héritage, consolez vous avec la paie d'un policer.
Evans s'approcha de lui en râlant.
- Je me le paierais moi-même.
Draco se mit en marche, suivit par Evans. Ils s'installèrent dans un lourd silence aux trois balais et commandèrent deux bierraubeurre qu'ils sirotèrent en silence. Soudain trois jeunes gens passèrent à cotés d'eux. Une fille et deux garçons, les deux jeunes portaient une écharpe aux couleurs de Serpentard et la jeune fille celle au couleur de Gryffondor. Ils surprirent une partie de leur conversation.
- Je te parie trois mornilles que cette année c'est l'Angleterre qui va l'emporter.
- Bridget tu soutiens toujours l'Angleterre sans même faire attention à leurs équipes.
- Je suis une patriote Bins, qu'est ce que tu es toi ?
- Un amateur de bon jeu.
- Bins à raison Bridget, on va se faire rétamer par le japon.
Draco et Evans suivirent les trois élèves du regard et le blond put enfin voir un sourire se peindre sur le visage du brun. Ça le faisait paraître encore plus jeune.
- Vous aimez le quidditch ?
- Qui n'aime pas ça ! Ce gosse à raison, le Japon va nous rétamer.
- Vous n'êtes pas déçus ?
- Non. Je me souviens de la coupe ou c'était l'Irlande contre la Bulgarie, il y avait beaucoup d'Anglais qui soutenait la Bulgarie.
- Ça c'était parce que Victor Krum était un joueur impressionnant. Vous êtes allez voir ce match ?
- Non je l'ai écouté à la radio. J'avais presque oublié que c'était les vacances d'Halloween.
Draco observa Evans dont les yeux étaient perdus dans le vague. Puis son attention se reporta sur les trois adolescents qui étaient bien loin d'eux.
- C'est un miracle tout de même.
- Quoi donc ? Demanda Evans.
- A mon époque on n'aurait jamais vu une chose pareille.
- Des élèves parlant de quidditch ?
- Non des Serpentards avec des Gryffondors.
- Comment ça ?
Draco fut prit au dépourvu par la question. Mais Evans le regardait avec un intérêt soudain et ça lui fit plaisir.
- Disons que ces deux maisons n'étaient pas de grandes amies. Il y avait souvent des conflits.
- Mmh mais ça à l'air réglé à présent.
- Oui ça aurait dû se faire plus tôt.
- Peut-être qu'à ton époque tout le monde était idiot.
Le blond se pencha vers Evans qui lapait sa bierraubeure de façon comique.
- Vous posez des questions comme si vous n'étiez jamais allé à Poudlard.
- Je ne suis jamais allé à Poudlard.
- Pardon ?
Draco était stupéfait et Evans se mit à rire.
- Je n'ai commencé à pratiquer la magie que vers mes 17 ans. Juste après mon anniversaire quand mon parrain sorcier est venu me chercher.
- Comment ça se fait. Vous auriez du recevoir une lettre.
- Je l'ai peut-être reçu, si c'est le cas je ne l'ai jamais su. Mes parents sont morts quand j'étais bébé et c'est le frère de ma mère qui m'a élevé. Mais pour lui la magie était une aberration, une œuvre de Satan. On va dire que, chez lui, je n'ai pas passé mes plus belles années.
- C'est une impossible, jamais Dumbledore n'aurait laissé une chose pareil arrivé.
- Dumbledore ?
- Le directeur…enfin l'ancien directeur de Poudlard.
- Oui je sais qui c'est. J'ai rattrapé mes lacunes. Ce n'est pas grave, je vis un peu comme un cracmol je crois. Maison moldus et petit tour de passe-passe magique pour m'aider au quotidien. Je n'ai pas besoin de plus.
- Ton parrain, il est mort quand ?
Il ne pouvait pas s'empêcher de lui parler comme si c'était un enfant, mais Evans semblait s'en ficher royalement.
- Quand j'ai eu 18 ans.
Draco le regarda horrifié. Ce garçon avait l'air d'avoir une vie plus triste que la sienne.
- Tu as travaillé à la forge depuis tout ce temps ?
- Non j'y travaille depuis un an. Entre temps on va dire que j'ai un peu perdu le nord.
Draco ne posa plus de question. Il devinait que si il le faisait Evans se braquerait automatiquement et adieu camarade de beuverie. Le garçon sembla le remercier du regard.
- Et vous ? Pourquoi quitter un poste d'Aurore pour rétrograder ?
- Je ne considère pas être redescendu. J'aime mon boulot. Peut-être qu'Aurore c'était pour la frime. J'ai l'impression d'être plus impliqué dans la vie réelle en étant chef de police.
Draco marqua une pause et bu une gorgée de sa boisson.
- En fait je l'avais fait pour quelqu'un. Mais cette personne ne semblait pas y porter une grande attention.
- Vous avez choisis votre travail en fonction de quelqu'un, c'est stupide comme façon de faire.
- Avant ça ne me semblait pas stupide. En fait ça ne semble toujours pas stupide à mes yeux. Je n'ai juste pas eu le temps de m'expliquer. On ne m'a pas laissé le choix.
- Oui ça arrive de ne pas choisir.
Evans leva la main et commanda deux autres bières. Draco le laissa faire. Étrangement il se sentait bien. Evans n'était pas bavard mais sa présence avait quelque chose de réconfortant et sa douce odeur de bois brûlée était délicieuse.
- C'est votre anniversaire le 31 n'est ce pas ?
Le garçon ouvrit de grands yeux.
- Vous vous en souvenez ?
- J'ai une bonne mémoire pour les dates. Vous allez le fêter avec le joli blond ?
Evans fronça les sourcils et Draco se dit qu'il avait choisi le mauvais terrain. Mais le visage du brun prit un air triste.
- Il ne connait pas la date de mon anniversaire.
- Vous vivez une drôle de relation.
- Non c'est moins compliqué comme ça. Je ne me vois franchement pas avec quelqu'un. Je pense que je suis une personne difficile à vivre.
- Vous ne pouvez pas savoir tant que vous n'essayez pas.
- Croyez-moi , je le sais.
- Qu'allez vous faire alors ?
- Vers Coldharbour, il y a une forêt. Beaucoup de sorcier y vont. Mais la nuit d'Halloween il n'y aura personne, il parait que la forêt est hantée ce jour là. Je pense que je vais emmener Nova et mon balai, histoire qu'on s'amuse un peu.
Draco émit un petit rire.
- Vous n'avez pas peur ?
- Mais c'est le but d'Halloween, avoir peur. Vous avez quelqu'un dans votre vie ?
La question d'Evans le prit de court. Il tourna sa choppe et l'image de Rouge se superposa à son esprit. Il l'a chassa.
- Croyez-le ou non mais je suis désespérément seul.
- Effectivement je ne le crois pas. Vous êtes trop beau pour être célibataire.
Draco se retint de rougir mais il ne s'empêcha pas de sourire.
- C'est pour ça que je suis seul. Je suis trop beau pour être en couple. Ça serait du gâchis de ne pas offrir ce visage aux plus méritantes.
- Je vois que ce n'est pas la modestie qui vous étouffe.
- Vous venez de dire que je suis beau, pourquoi être modeste quand c'est la vérité.
- D'accord la prochaine fois je m'abstiendrai de vous complimenter.
- Donc il y aura une prochaine fois.
Le visage d'Evans s'assombrit. Draco avait poussé sa chance un petit peu trop loin. Le garçon fouilla dans sa poche et sortit de quoi payer. Puis il se leva et quitta le pub. Draco ne le retint pas. Il observa les pièces et se dit qu'il devait être maudit ou complètement fou. Avait-il un penchant pour les personnes qui n'allaient jamais dans son sens ? Est-ce qu'il était le genre de personne à nager à contre courant même en sachant qu'il s'épuiserait et finirais par mourir de fatigue ? Pourquoi ceux qui l'intriguait le plus dégageait toujours quelque chose de désespéré ? Il repensa à Rouge.
Tu en avais envie, j'en avais envie.
Draco n'avait envie que d'une seule chose. Une chose qu'il n'était jamais sûr d'obtenir. Il paya à son tour. Deux bieraubeurre encore pleine gisait sur la table. Quand il sortit, il se demanda encore une fois ce qui lui prenait. Il avança doucement et s'arrêta au niveau d'Evans.
- Ça vous prend souvent ?
- Quoi donc ?
- De faire ce que vous faites ? De débarquer dans la vie des gens et de sortir des conneries de ce genre ? A quoi vous jouez exactement, est ce que vous êtes un détraqué, un pervers ?
La voix d'Evans était tremblante. Draco aurait bien aimé lui dire oui à toutes ces questions. Mais ce n'était pas la vérité. Il se foutait de la vie des gens, il n'y avait que sa petite personne qui l'intéressé. Oui c'était sûrement un détraqué. Probablement un pervers et un fou aussi.
- J'ai juste besoin de discuter avec quelqu'un qui ne fait pas attention à ma vie. Vous n'en avez strictement rien à faire de moi. Vous êtes prêt à détaler comme un lapin. Vous avez des choses à cacher où je vous fais peur ?
Evans tourna ses grands yeux bleus vers lui. Draco il lisait de la méfiance encore, un peu de colère et de la détresse aussi. Surtout la détresse en fait. Et en dessous…en dessous il y avait autre chose.
- Les deux, bredouilla t-il.
Allait-il vraiment avoir 26 ans ? Il ressemblait à un enfant apeuré. Draco eut soudain envie de lui prendre la main et de lui dire qu'il trouverait ses parents. Est-ce qu'il était en train de dérailler ? Est-ce qu'il était effrayant ? Evans ouvrit de nouveau la bouche.
- Je ne suis pas une personne intéressant, je ne suis même pas fiable et je suis un menteur chronique. Je ne suis pas vivable. Je vous l'ais dis. Je vous ais prévenu.
- Oui.
- Je peux arrêter de vous voir du jour au lendemain. Je pourrais vous jeter de chez moi sans vous donner des explications, parce que c'est que vous voulez n'est ce pas ? Revenir chez moi ?
- Oui.
- Si je dis plein de chose et que je me contredis, vous ne me poserai pas de question ? Vous ne fouinerez pas dans mes affaires ? Vous voulez juste discuter ?
- C'est ça. Mais si je vous prends à faire des choses illégale je devrais vous arrêter.
Evans rigola.
- Ma vie à elle seule est illégale. Si vous me menacez, si vous me frappez, si vous me hurlez dessus, je partirais.
- C'est un contrat de relation que vous dressez ?
- J'ai dit que j'avais perdu pied. Je ne veux pas de problème, je ne veux pas perdre pied. Vous faites une erreur en me choisissant moi. Prenez quelqu'un qui vous ressemble, quelque de propre, quelqu'un de juste et de droit.
- Ce n'est pas ce que je veux.
Evans détailla le visage de Draco. Il l'étudia sous toutes les coutures. Le blond n'avait pas cillé son visage était resté impassible, il n'avait souffert d'aucune hésitation. Oui il était sûr. Pas à cause des ses yeux, mais ses lèvres. Ses lèvres qu'il avait envie de voir bouger, cette voix qu'il avait envie d'entendre. Et ce corps tendus, prêt à bondir pour fuir à tout moment. Evans mit ses mains dans ses poches et se résigna.
- Ne transplanez pas chez moi sans y être invité.
Puis il disparut dans la foule. Le cœur de Draco se souleva d'un poids, mais son estomac se tordait.
OooO
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Une fois chez lui Evans jeta tous ses vêtements au sol. Nova sauta de la mezzanine et bondit sur lui prêt à lui lécher le visage.
- Comment ça va vieux frère ?
- Je m'ennuie sans toi. Ton visage a changé.
Evans s'écrasa dans les oreillers de la bibliothèque et Nova allongea son cou contre son torse.
- J'ai raconté beaucoup de mensonge aujourd'hui Nova. En fait toute cette vie est un mensonge. Je suis incapable de démêler le vraie du faux.
- Moi je sais ce qui est vrai, vieux frère.
- Vraiment ?
- Je suis réel, tu es réel. Ce coussin est réel, et la taupe que j'ai mangée était réelle.
- Oui tout est plus simple avec toi Nova.
Le dragon se redressa, il avança son corps et plongea ses yeux verts dans ceux bleus d'Evans.
- Les autres n'ont pas d'importance, si ils ne sont pas capables de savoir. Moi je te connais. Je sais qui tu es. Harry. Tu es à moi.
Evans frissonna en entendant ce prénom. Il n'y avait plus de Harry. Harry n'existait plus depuis longtemps. Harry hurlait trop fort pour encore exister, alors il avait du l'enfermer. Harry était insupportable et faible. Harry était malade. Mais est ce qu'Evans était mieux. Il en doutait aussi. Parce qu'Harry criait encore plus fort, encore plus douloureusement quand Draco était là. Et Evans voulait le laisser faire. Mais ce n'était pas le moment. Ça ne serait plus jamais le moment. Pourtant…Harry…
OooO
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Œdipe parcourait sa carte du bout des doigts. Draco le laissa faire sans broncher. Il était rentré chez lui, avait dormit six heures. A présent il était une heure du matin et il n'avait rien trouvé de mieux à faire que de se présenter au Fire bird. Même si Rouge n'y serait pas il trouverait bien Lion ou Taureau. L'aveugle lui rendit sa carte, Draco enfila son masque et entra dans le bar.
A l'intérieur le décor n'avait pas bougé, mais cette fois-ci sur la scène, deux femmes faisait des prouesses acrobatiques devant un public bouche bée. Leurs corps nus étaient recouverts d'une pellicule argentée et elles se tordaient au-delà des limites du corps humains, dans une lenteur époustouflante. La musique sur laquelle elles progressaient avec quelque chose d'épique. Lion était au premier rang, assis seul à une table. Draco voulût le rejoindre quand il aperçut Mante qui lui faisait des signes. Le blond aux cheveux noir se dirigea vers lui. A sa table un homme dans une robe d'un blanc éclatant portait un masque de corbeau gris. Il avait cette stature qu'arboraient parfois les aristocrates. Son air pédant irrita immédiatement Draco.
- « Le serpent qui ne peut changer de peau meurt, de même que les esprits que l'on empêche de changer d'opinion : ils cessent d'être des esprits. »
- Rassurez moi, vous ne citez pas Nietzsche uniquement à cause de mon masque ?
- Oh vous êtes donc un être éclectique ?
Draco s'assit en face du corbeau à la citation douteuse.
- On peut dire cela oui.
- Surprenez-moi alors, avez-vous la marque des ténèbres au bras ?
- Je me garderais bien d'en faire part si c'était le cas.
Les lèvres de Draco était pincé, ce n'était pas pour ce genre de conversation qu'il était venu, mais il fallait croire qu'il y avait toujours un vilain petit canard dans le lot.
- N'écoutez pas mon ami Corbeau, il est de mauvaise humeur et jaloux.
- Tout le monde ici est jaloux, sauf Lion. Lion se comporte comme un roi et rigole de voir sa reine goûter tout son peuple.
- Je vois, vous faites parties de ces clients capable de faire des scènes à Rouge.
Le corbeau secoua la tête mais Draco su qu'il avait visé juste.
- Certain se sentent plus privilégié que d'autres. Surtout quand ils racontent la façon dont ils ont obtenus leurs cartes. Dites moi comment Serpent ?
- Je l'ai volé à quelqu'un.
Mante se mit à rigoler et encore une fois le Corbeau secoua la tête.
- Vous serez autant jaloux que moi, une fois que vous aurez passé une nuit entière à discuter avec lui.
- Vous êtes trop romantique Corbeau. Mais cela se saurait si Rouge était de ceux qui se réservent pour le mariage. Acceptez qu'il se partage pour tout le monde c'est ce qui rend la chose si attrayante.
- Je l'accepte, j'aime juste me montrer un peu possessif.
- Et puis en vérité il y a d'autres gens plaisant ici. Vous avez l'embarras du choix. Tapir est une femme très intéressante, Mante se pencha vers Draco, c'est une dévoreuse de rêve.
- Une quoi ?
- C'est une femme qui mange tes rêves. Si tu la paies elle mange aussi tes cauchemars, mais ça la rend malade.
Draco regarda Tapir qui jouait aux cartes avec deux autres insectes. Une voix s'exclama derrière lui.
- Serpent quel plaisir de te revoir si vite. Ton entretien avec Rouge s'est bien passé ?
- Oui c'était…agréable. Merci Taureau.
- Tiens Corbeau, tu n'es pas avec Rouge ?
- Il n'est pas arrivé.
- Tu plaisantes ça fait bien une heure qui les dans la salle des délices.
Corbeau se leva d'un bond. Sans un mot il disparut.
- Regardez le, ce n'est pas un masque de Corbeau mais de chien qu'il devrait porter.
- L'amour rend idiot, s'amusa Mante.
- Vous ne trouvez pas ça bizarre ? D'aimer quelqu'un que l'on ne connait pas ?
- Ce n'est pas ce qu'on appelle le coup de foudre ? Craquer dés le premier coup d'œil. Le véritable amour, éphémère, parce qu'on ne sait pas si il nous sera retourné. Mais si puissant, ça fait rêver n'est ce pas ? S'extasia Taureau
- Oui, bien sûr. Mais je ne crois que l'on puisse « craquer » sur quelqu'un dés le premier coup d'œil si il porte un masque. A moins d'avoir un penchant pour les animaux.
- Je crois que ce que Corbeau aime c'est l'esprit. Rouge est un homme intriguant, ce n'est pas un érudit, il a l'air jeune mais il est curieux. Il vous écoute parler, sans jugement, vous questionne sur votre vie, sur vos envies, sur vos goûts. Il note tout ça dans un coin de sa tête et s'en sert pour vous proposer le meilleur des services. Pourquoi tout le monde ce sens bien ici, c'est parce qu'il y a peu de nous dans chaque liquide, chaque fumée, chaque prestation. Rouge est comme une sorte de génie il exauce nos souhait parce qu'il sait ce que l'on veut.
- Vous n'avez pas peur qu'il use de ses informations contre vous.
- Oh vous parlez du fait qu'il sait qui nous sommes ? En ce qui me concerne je ne suis pas inquiète, sinon je serais à Azkaban depuis longtemps. On respecte son anonymat, il respecte le notre. Qui sait, peut-être que je dis du mal d'une personne et il s'avère que celle-ci est justement mon interlocuteur. Alors s'ensuit une discussion acharnée, étrange mais pleine de surprise sans même que je le devine.
- Et puis ce n'est pas que l'esprit qui intéresse Corbeau.
- Que voulez-vous dire ?
Taureau se leva et prit la main de Draco. Mante sembla fulminer un peu.
- La prochaine fois Serpent, c'est moi que vous suivrez, dit-il.
La femme se mit à rire tout en traînant Draco dans la salle des Délices. La porte était blanche. La salle était blanche. Les murs étaient en marbre, les deux colonnes qui soutenaient la pièce l'étaient aussi. Striés de griffures argentées. Au milieu du plafond pendait un énorme lustre, dont la cire des bougies tombait dans une vasque d'or juste en dessous. Un chemin de braise avait était tracés tout autour de la pièce et des gens masqué marchait dessus sans même se soucier de la chaleur. Taureau se pencha à son oreille.
- Ne vous inquiétez pas, ça ne brûle pas. C'est le thème du soir. Retirez vos chaussures.
Draco s'exécuta, il les posa au même endroit que la femme, ses chaussures disparurent immédiatement. Taureau le prit de nouveau par la main et piétina les cendres, Le blond hésita puis posa son pied sur les braises rougeoyante. Une douce chaleur envahit son corps. Il se sentit durcir à travers son pantalon, la surprise le fit faire un pas de coté mais Taureau le garda prés d'elle. Ils se dirigèrent vers le fond de la pièce. Il y avait d'immense verre à cocktail qui lui arrivait aux hanches. Tous remplis de petites boules multicolores. La femme en prit un et le glissa entre ses lèvres. Draco n'y prêta aucune attention.
Puis Taureau se figea et serra le poignet du blond.
- Là.
Oui il était là. Parmi tout les autres corps qui s'embrassaient. Rouge discutait avec une femme au masque de léopard sertit de pierre précieuse de toutes les couleurs. Draco avait d'abord cru qu'il était assis mais autre chose attira son regard. Au pied de Rouge à quatre pattes c'était Corbeau qui était nu. Pas seulement nu, il se déhanchait lascivement et sans honte aucune contre le propriétaire. Draco s'approcha un peu et discerna enfin toute l'étendue du spectacle. Rouge enculait Corbeau, ou plutôt Corbeau s'empalait de lui-même sur Rouge.
Aux yeux de Draco la scène avait quelque chose de grotesque, parce que Rouge ne semblait même pas se soucier de celui qui allait et venait sur sa queue. L'homme au masque d'oiseau mort leva la tête et quand il vit Taureau et Draco il leur fit un signe de la main. Taureau ne se fit pas prier pour avancer. Draco était réticent, il craignait que si il s'approchait trop, Corbeau lui planterait le pied avec un couteau. Mais rien ne se passa. L'homme qui se donnait du plaisir tout seul ne devait même plus savoir son propre nom à ce moment là. Draco s'assit à coté de la femme Léopard.
- Bonsoir Serpent, vous êtes nouveau n'est ce pas ? Comment trouvez vous l'endroit ?
- Surprenant.
- Oui c'est sûr. Vous n'êtes pas déçus au moins ?
- Non.
- Comment trouvez-vous mes braises aphrodisiaques Serpent ? Elles m'ont donné du fil à retordre, mais je pense que le résultat est pas mal.
Draco qui bandait toujours, se pencha pour observer Rouge.
- De ce que je peux voir, vous avez l'air d'avoir brillamment réussit.
Rouge tourna la tête en direction de Corbeau qui se tordait et gémissait.
- Ah oui, aujourd'hui je suis utilisé comme jouet vivant, soupira t-il.
- Vous trouvez que c'est vous le jouet ?
- C'est une évidence Serpent ! Il n'y a que Corbeau qui semble s'amuser. N'êtes-vous pas un peu triste Rouge.
Rouge se pencha et caressa le dos de Corbeau qui gémit plus fort et souffla le nom de Rouge.
- Maître Corbeau sur une branche empalée…
- Tenez en ses fesses un fin mât…
- Maître Oiseau par son trou aspiré…
- Claqua son derrière d'un air las.
Taureau, Léopard et Rouge se mirent à rire. Même Draco se permit de sourire, seul Corbeau n'avait pas le loisir d'apprécier le poème à sa juste valeur.
- Quelle maîtrise de vous, vous avez donc si peu d'estime pour le sexe que vous arrivez à le dénigrer avec autant de facilité ?
- Détrompez-vous Serpent, je le porte en haute estime. Il y a des façons de faire qui sont agréable et d'autre qui sont nécessaire. La seule chose que je ne cautionne pas c'est quand il n'est pas consentis. Je trouve ça beau de partager son corps, de prendre du plaisir à donner et offrir. J'aime faire plaisir parce que j'aime qu'on me fasse plaisir.
- Alors vous êtes ce genre de personne qui n'aime pas le sexe dans la douleur ? Je vous pensez plus ouvert Rouge, s'étonna Taureau.
- Je n'ai pas dis ça, il y a toujours de la douleur dans le plaisir. C'est même une chose qui m'étonne fortement. Ça ne devrait pas être une source de souffrance, pourtant on souffre. On souffre quand ça commence, on souffre quand ça se termine parce qu'on en veut plus. On souffre si l'on n'est pas satisfait, on souffre si l'on aime trop son partenaire, ou pas assez aussi. On souffre et on fait souffrir.
- Et vous n'aimez pas ça ?
- J'aime ça Serpent. Ça prouve que je suis vivant, si je ne ressentais rien pour mes partenaires je serais un monstre n'est ce pas ? Mais l'amour, ou le sexe sans souffrance me fait rêver aussi.
- Vous avez votre réponse Rouge, pour ne pas souffrir il faut y mettre de l'amour. Il n'y a pas de souffrance dans la fin si votre amant est étendu à vos cotés.
Rouge se mit à rire.
- Encore une fois Taureau, c'est le seul mot qui sort de vos lèvres. L'amour.
- Et il n'y en aura pas d'autres. Je suis une amoureuse de l'amour ! Mais je ne suis pas une épicurienne. J'aime les disputes et les tempêtes, j'aime le trouble et l'inquiétude. J'aime qu'on se fasse un peu mal pour apprécier le bien. Et vous Serpent ? Vous êtes quel genre d'amoureux.
- Je dirais malchanceux. Malchanceux en amour et plutôt satisfait en ce qui concerne le sexe. J'ai cette faculté étrange d'aimer que des gens qui aime me malmener.
- Oh pauvre chou.
- Ne me plaignez pas Taureau. Je ne suis pas un saint non plus.
Un cri rauque interrompit leur discussion et tous purent voir Corbeau se laisser tomber au sol tremblant de désir. Rouge se redressa et essuya son sexe. Draco l'observa avec une pointe de désir. L'espace d'un instant il imagina Evans faire le même geste, il voyait son visage un peu fâché baissé sur braguette qu'il remontait un peu nerveusement. Il se remémora ensuite la scène dans la fonderie. Evans embrassant le blond. Sa main pressant ses fesses.
La main de la femme Léopard le fit sortir de sa rêverie, elle s'était posée contre sa cuisse.
- Voulez-vous que je m'occupe de ça ?
Draco laissa la main de la dame masquée courir vers son érection douloureuse mais ses yeux étaient braqués sur Rouge. Lui non plus ne quittait pas Draco des yeux, ses deux boules de feu brillant sous son masque d'oiseau. Il se leva et vint se mettre face à Draco.
- Est-ce que cela vous dérange si je vous l'emprunte ?
- Vous n'êtes pas partageur Rouge ce soir ?
- Vous aurez tout le temps d'en profiter, je vous le promets. Mais pas ce soir.
Draco se leva à son tour en caressant doucement la main de la femme Léopard. Il suivit Rouge qui sortait déjà de la pièce. Les deux hommes montèrent jusqu'à son bureau. Rouge ouvrit une autre porte qui se trouvait à coté du miroir et monta d'autres escaliers. Draco le suivait toujours en silence. Enfin ils arrivèrent sur le toit. Le blond trouva ses chaussures au sol, il les remit. La fraîcheur du mois d'octobre raviva ses sens. Rouge fit apparaître deux chaises, deux verres et une bouteille au liquide noirâtre. Ils s'assirent tout les deux et un des verres remplit glissa dans les doigts de Draco.
- J'espère que je n'ai pas gâché votre plaisir mon cher Serpent ?
- Je ne vais pas vous poursuivre comme un amoureux transi, mais j'avoue préférer votre compagnie pour la soirée.
Rouge rit.
- Un amoureux transi, c'est ce que vous pensez d'eux ?
- C'est à ça que ça ressemble.
- Vous en parlez de l'amour, vous en savez quelque chose ?
Draco fouilla dans son haut et sortit son collier. Il fit tourner le losange entre ses doigts. Le contact du coquillage lui envoya un frisson désagréable ou peut-être était-ce le froid. Rouge le regardait.
- C'est quelque chose qu'on a beaucoup de mal à oublier.
- Ou quelque chose que vous ne voulez pas oublier.
- Et vous alors ? Que savez-vous de l'amour ?
- Rien, je n'en sais absolument rien.
- Mais ce que vous avez dit en bas ?
- Pour parler, voilà tout. J'ai peur de savoir. Quand on est amoureux, on perd la notion de ses priorités je crois. Et lorsque l'on doit faire des choses importantes être distrait n'est pas une chose agréable.
- Vous avez des choses importantes à faire ?
- Oui énormément.
- En rapport avec ce Jonsy.
- C'est plus que cela.
- Dites-moi ?
Rouge détourna les yeux de Draco.
- Ce que vous avez au cou ça vient d'où ?
- Si je vous réponds, vous répondrez à une de mes questions ?
- C'est quoi, votre question ?
- Comment ça s'est passé pour vous ? Lorsque vous étiez à Azkaban.
L'homme au masque d'oiseau bascula la tête en arrière et se mit à rire. Mais ça n'avait rien d'un rire franc, il était nerveux. Rouge passa sa main sur ses cheveux et Draco eut soudain le vif espoir qu'il allait retirer son masque. Mais il ne le fit pas. A la place il posa son verre au sol. Draco doutait qu'il lui réponde à présent. Il ouvrit tout de même la bouche.
- Une horreur. C'était le pire moment de ma vie. En fait c'était plutôt un condensé des pires moments de ma vie. C'était comme se retrouver enfermer dans un placard. Dis comme ça n'a pas de sens. Ce n'est pas le froid, la faim et le sel, le pire. Non c'est l'étroitesse des cellules, l'enfermement. Dans les pires moments on a juste l'impression que les murs rétrécissent. Je suis allée au trou pendant un mois. Parce que je criais que les murs voulaient m'écraser.
Rouge se remit à rire.
- Et le trou c'était ça. Une pièce de la taille des toilettes et un trou pour chier et pisser. Dans le noir. Ça fini par vous bouffer, vous vous mettez à avoir peur du moindre espace clos, et du noir. Le manque de sommeil, la faim, la douleur d'avoir la peau rongé par l'air marin et le sel qui brûle vos plaies à vif. Est-ce que je vous parle des gardes un peu zélés qui s'amusent à vous jeter un endoloris si vous criez trop fort. Mais la douleur physique ce n'est pas le pire. Azkaban ce n'est pas la pire des prisons. Le pire, c'est votre esprit. Et les tours qu'il se met à vous jouer. Je n'y refoutrais jamais les pieds.
La voix de Rouge s'était fait plus basse, plus dangereuse et Draco cru sa dernière phrase. Il se doutait même qu'il n'avait jamais étais aussi sincère. Il porta le coquillage à ses lèvres et ferma les yeux. Qu'avait donc vécu Harry ? Tout ça c'était le sommet de l'iceberg et en dessous est ce que la glace était rouge sang ? Draco s'en voulait. Il aurait dû insister, il aurait dû rester, faire des pieds et des mains, sortir Harry et le foutre à St mangouste. Il aurait pu mieux l'aider, mieux le soutenir. Mieux comprendre. Il était venu avec des excuses bidon. Il lui avait dit qu'Hermione s'inquiétait, qu'il fallait qu'il l'a voit. Mais ça c'était pour elle. Personne n'avait prit au sérieux les considérations d'Harry. On l'avait trouvé égoïste de ne pas se laisser aider et c'était tout. Où était-il maintenant ? Etait-il vivant, à dormir à ciel ouvert ? Est-ce qu'il pensait à lui ? Draco sentit les larmes piquer ses yeux mais la voix de Rouge le sortit de sa torpeur.
- J'ai répondu. Ce collier c'est quoi ?
- Un cadeau que j'ai fait à quelqu'un.
- Pourquoi est ce vous qui l'avais ?
- Parce qu'il me l'a rendu.
- Mh vous vous êtes fait plaquer ? Vous êtes romantique en fait.
- Je le garde parce qu'il m'a dit de ne pas le perdre.
- Il est mort ?
Draco se releva brusquement.
- Demain je vais pouvoir obtenir vos infos.
Rouge ne se formalisa pas de sa réaction, il croisa les jambes et récupéra son verre.
- Et moi j'ai rendez-vous avec Harrington.
- C'était rapide.
- Lion est un homme de parole.
- A demain alors.
- Non je ne serais pas là demain. Mais rien ne vous empêche de venir tout de même.
- Ça ne m'intéresse pas.
Draco s'en alla, Rouge n'avait pas bougé.
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A suivre
