Bonjour à tous ! Tout d'abord, excusez-moi de ce retard de trois jours pour ce chapitre qui aurait du être posté dimanche dernier au plus tard. Ce retard étant du à une surcharge de travail imprévue, je m'engage à me faire pardonner en postant le prochain dimanche de la semaine prochaine, en temps et en heures, pour que vous ayez moins longtemps à attendre que d'habitude. Sur ce...

ENJOY !


Ce n'était pas souvent, que James se levait en avance, prenait son petit-déjeuner avant tout le monde pour se dépêcher à filer en cours. Mais cette fois, il s'était attaché à avoir dix bonnes minutes d'avance. Et, comme il l'avait prévu, en arrivant dans le couloir de métamorphose, il n'était pas le premier à attendre. Lily se figea en le voyant arriver, ses yeux noisettes la foudroyant. Mais ce fut sur un ton totalement décontracté qu'il la salua :

-Salut ma belle.

L'embrassant rapidement sur la joue, James demanda :

-Je vais pas tourner autour du pot longtemps. Où étais-tu cette nuit ?

-Avec Maria. On a dormi ensemble.

-Tu te fous de ma gueule ? Je t'avais interdit de dormir avec elle, si tu avais essayé, tu serais revenue en me suppliant d'arrêter le sort de torture.

-Tu m'avais interdit de dormir dans sa chambre de préfète. On a dormi dans la Salle sur Demande.

James resta silencieux quelques instants. La veille, en ne la voyant nul part sur la Carte du Maraudeur, il avait pensé qu'elle s'était enfuie du château, mais en effet, quelqu'un dans la Salle sur Demande n'apparaissait pas non plus. Et, trop occupé à la chercher, il n'avait pas fait attention aux autres personnes manquantes, étant donc incapable de déterminer avec qui elle était.

Il n'eut pas le temps de rajouter quoi que ce soit, McGonagall arrivant au bout du couloir. James plaqua Lily contre un mur, et murmura d'une voix menaçante :

-Ne me prends pas pour un con. Je te laisse le bénéfice du doute pour l'instant, mais tu peux t'assurer que je vais me renseigner, et je te déconseille d'être sur mon chemin le jour où j'apprendrais que ce n'était pas Maria qui était avec toi, c'est bien compris ?

Terrorisée, Lily acquiesça, et James relâcha son étreinte au moment où la professeur de métamorphose arrivait pour ouvrir la porte de sa salle de cours.

-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O

La fin novembre approchait, et avec elle, l'un des matchs de Quidditch les plus durs de la saison. Non seulement Gryffondor affronterait Serpentard, mais les conditions météorologiques étaient souvent désastreuses en cette période : soit il pleuvait, et le vent qui accompagnait souvent rendait difficile pour les joueurs de garder leur trajectoire, soit il faisait beau, et le froid glacial avait transformé le terrain en verglas, rendant dangereux le décollage, l'atterrissage, et pire encore, les chutes. Et quand il neigeait, les conditions étaient identiques à celles de la pluie, mais avec le froid glacial et la visibilité réduite pour repérer le vif d'or, en plus. Au final, les seules conditions qu'ils pouvaient espérer étaient qu'il ait neigé pendant la nuit, pour ne pas affronter les intempéries mais assurer un amortissement aux joueurs qui tomberaient. James prit son balai, et fit face aux joueurs de l'équipe.

-Bon ! Vous savez que ce match est primordial et ca va pas être de la tarte à la citrouille. Vous savez qu'on ne peut pas se permettre d'espérer des conditions météo idéales. Vous savez que l'équipe de Serpentard est la meilleure après nous. Vous savez qu'on va leur flanquer la raclée de leur vie. Il nous reste trois semaines pour nous entraîner, alors je compte sur vous pour donner le meilleur de vous-même lors de ces trois semaines. C'est parti, tout le monde sur le terrain !

Les joueurs décollèrent, et commencèrent à s'échanger des souaffles sous la direction de James, qui supervisait les mouvements de chacun d'entre eux, pendant que les batteurs s'entraînaient à se lancer les cognards l'un vers l'autre avec leur batte pour pouvoir les lancer avec plus de précision sur leurs adversaires. James, volant plus haut que les autres, vérifiait les mouvements, les feintes qu'ils effectuaient, les stratégies qu'ils mettaient au point pour garder le souaffle, la précision avec laquelle ils lançaient les cognards sur les joueurs qui faisaient des figures diverses pour leur échapper sans se déconcentrer de la balle rouge qu'ils devaient envoyer dans les buts. A 21h, lorsque la visibilité fut vraiment insuffisante, James déclara la fin de l'entraînement. Se posant devant eux, il les félicita :

-C'est parfait, tout le monde ! Travaillez comme ça à chaque entraînement, donnez tout ce que vous avez pour le match, et on les gagnera haut la main ! Je vous retiens pas plus longtemps, vous pouvez rentrer !

Exténué, James se doucha rapidement avant de se changer et de monter vers la Grande Salle. Il n'avait qu'une seule envie, c'était de se coucher, mais il devait encore retravailler un devoir qu'il avait bâclé la veille, trouver quelqu'un qui ait pris des notes en métamorphose pour les recopier, et descendre aux cuisines chercher quelque chose à manger, n'ayant rien avalé depuis le midi. Arrivant dans la salle commune, il vit que beaucoup de Gryffondors étaient déjà couchés. Seuls les maraudeurs, Lily, et Cassiopée étaient encore là.

-Salut !

-Salut ! répondit Lily en se levant. Je finissais tout juste de recopier ton devoir, il y avait pas mal d'erreurs, je me suis permise de le reprendre depuis le début. Voilà, dit-elle en tendant trois rouleaux de parchemin à James. Tu n'as plus rien à faire, juste à le relire une ou deux fois au cas où Flitwick t'interroge dessus !

James resta interloqué quelques secondes, réalisant que Lily avait fait le travail qui lui aurait demandé une ou deux heures de recherches en plus ce soir. Avant qu'il n'ait eu le temps de répondre quoi que ce soit, Lily enchaîna :

-Je suppose que tu n'as pas pris de notes en métamorphose ? J'ai jeté un sort de duplicata sur les miennes, voilà, là encore tu as juste à relire avant le prochain cours.

-Putain, Lily, t'es vraiment une fille parfaite, soupira James en l'embrassant sur la joue. Je te remercie, ma belle, tu me sauves vraiment la vie !

-Je t'en prie, par contre...

-Oui ?

C'était trop beau, pensa James, elle n'aurait pas fait tout ça gratuitement, elle avait quelque chose à lui demander.

-J'espère que ça te dérange pas, je me suis permise de t'emprunter ta cape d'invisibilité pour aller te chercher à manger dans les cuisines. Tu as un plateau repas qui t'attend sur ta table de nuit, je l'ai ensorcelé pour qu'il reste chaud.

Interloqué, James serra la jeune fille contre lui.

-Je t'aime ma belle ! Tu peux pas imaginer à quel point ça me fait plaisir ! Merci beaucoup ! soupira-t-il en l'embrassant à nouveau.

-De rien, ça me fait plaisir, tu sais. Je t'ai tellement désobéi, ces derniers temps, je te dois bien ça, sourit-elle.

-C'était rien, j'ai été con aussi. Je te remercie encore, je monte manger et je me couche, tu me rejoins quand tu veux.

-Ca marche ! Je tarde pas à arriver...

James monta dans son dortoir, accompagné par les maraudeurs. Seule Cassiopée resta dans la salle commune avec Lily.

-Tu crois que ça va marcher ?

-Ca en a l'air, en tout cas... Il est obnubilé par son match, si je le déleste de tout le reste, peut-être qu'il oubliera que j'étais pas avec lui cette nuit...

-Peut-être... T'as trois semaines, avant le match, si tu continues comme ça pendant les trois semaines ça devrait marcher...

-J'espère...

Regardant autour d'elle, Cassiopée s'assura qu'elles étaient seules dans la salle commune, puis, baissant la voix, elle demanda :

-Lily ? T'étais où, la nuit dernière ?

-Dans la salle sur demande. Avec Severus.

Cassie resta bouche bée quelques secondes, avant de redemander.

-Et... Les soupçons de James sont vrais, maintenant ? Je veux dire, c'est devenu sérieux, avec lui ?

Lily ferma les yeux.

-Oui. Moi-même j'essayais de le nier, mais... Je l'aime, Cassie. Je l'aime à la folie. Et James ne m'empêchera de vivre ce que je veux avec lui.

-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O

Lily jeta un œil au terrain de Quidditch, où les Gryffondors volaient en se lançant des balles, probablement encore pour plusieurs heures. De là, elle était sûre qu'aucun d'eux ne pourrait la voir. Et surtout, qu'aucun d'eux ne pourrait les voir. Elle ne put garder plus longtemps son regard fixé sur le terrain. Deux bras l'encerclèrent, et la retournèrent. Lily ferma les yeux, laissant les lèvres de Severus se poser délicatement sur les siennes, répondant à son baiser si doux, si affectueux, tellement différent des rares que James lui avaient accordés. Ses bras n'étaient pas resserrés fermement autour d'elle, ils n'étaient pas prêts à la frapper à la moindre occasion, ils étaient tendrement entrelacés autour d'elle dans une étreinte amoureuse et protectrice, ses mains chaudes caressant agréablement le bas de son dos. Lily captura à nouveau les lèvres du Serpentard, qui la serra contre lui. La jeune fille ouvrit la bouche, mais Severus avait lu dans ses pensées.

-T'inquiète pas ma puce. Je te jure qu'il ne le saura jamais.

-Jamais ?

-Jamais. Je te le promets chérie. Je ne le laisserais pas nous séparer.

Pour la première fois depuis le début de l'année, Lily oublia tout : le sortilège d'esclavage, Malefoy, James, les gifles, les sorts de torture, les ordres auxquels elle était obligée d'obéir. Elle avait tout oublié. Parce qu'à ce moment là, devant le lac de Poudlard, dissimulé par l'immense saule auprès duquel elle avait empêché James d'humilier le Serpentard un an et demi plus tôt, tout ce qui comptait, c'était Severus.

-Je te jure que je te libérerais. Je te jure qu'on se battra. Toi et moi, mon bébé, toi et moi contre le monde entier. (1)

-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O

James se laissa tomber sur son lit, épuisé. L'entraînement de ce soir, qu'ils avaient fait sous une pluie glaciale et un vent violent, l'avait totalement achevé. Fermant les yeux, il était prêt à s'endormir lorsqu'il sentit quelqu'un se glisser à genoux au dessus de lui. Deux mains douces se glissèrent sous son tee-shirt et massèrent agréablement son dos endoloris. Gémissant légèrement, James laissa Lily le masser jusqu'à ce que la douleur de son dos disparaisse totalement.

-Ca va mieux ? demanda Lily.

-Oui, je te remercie ma chérie, ça fait trop du bien, soupira James.

Lily s'allongea à coté de lui.

-L'entraînement se passe bien ?

-Oui. A ce rythme là, on va exploser ces bâtards de Serpentards le jour du match !

-C'est cool ! sourit Lily. Je redescends avec Maria et Cassiopée, t'auras besoin de rien ?

-Non c'est bon, je vais dormir... Encore merci ma belle !

-Je t'en prie.

Lily redescendit au moment où Sirius montait dans le dortoir. Ayant entendu toute la conversation, il demanda à James :

-Tu sais pas pourquoi elle est devenue gentille avec toi ?

-Si, je le sais... Elle veut me faire oublier qu'elle a pas dormi avec moi l'autre jour...

-Elle se fait bien pardonner...

-Tu parles. Si je lui cours pas après, c'est juste parce qu'il faut savoir laisser un peu de mou pour pouvoir tirer un coup sec sur la laisse et qu'elles nous tombent dans les bras. T'inquiète pas, Patmol, j'oublie pas ce qu'elle m'a fait. J'attends juste la fin du match pour lui mettre la raclée qu'elle mérite.

-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O

McGonagall leva les yeux vers la classe silencieuse, occupée à recopier les notes qu'elle avait écrite au tableau. Enfin non. Trois personnes étaient appuyées sur leurs chaises, se balançant sur les deux pieds arrière de ces dernières, d'un air nonchalant.

-Messieurs Potter, Black et Pettigrow ! Vous avez fini de prendre le cours en notes ?

-Non, mais ça ne nous empêchera pas de l'avoir écrit et étudié pour le prochain cours, répondit James.

Le regard que Lily lança au Gryffondor n'échappa pas au professeur de métamorphose. Elle avait relevé la tête de son parchemin une fraction de seconde, mais le message était on ne peut plus clair. Lily prenait des notes et les dupliquait pour les donner aux maraudeurs. La cloche sonna, et les élèves partirent au fur et à mesure qu'ils finissaient de prendre des notes. Lily resta en dernier, et McGonagall la rappela :

-Miss Evans ! Voulez-vous rester un moment, je vous prie ?

Lily ferma la porte avant de revenir vers le bureau de la prof.

-Lily, murmura McGonagall d'une voix grave et inquiète. Je voulais savoir... Tout se passe bien avec James ?

-Oui, madame. Je... Ca a été difficile au début, mais ça va mieux. On... a réussi à s'entendre.

-A coup de gifles ?

-Ca s'est arrangé, professeur, je vous jure. Ne vous inquiétez pas...

-Vous permettez que je convoque tout de même monsieur Potter ?

-Si vous voulez, mais... Je vous ai rien dit, hein professeur ?

-Vous ne m'avez rien dit, Lily. Retournez en cours, vous avez quel professeur ?

-Mr Flitwick.

-Tenez, donnez-lui ce parchemin, ça excusera votre retard. Filez en cours.

-Merci encore, professeur.

-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O

-Joey ! Sirius ! Déplacez-vous plus vite, et surtout anticipez les mouvements des cognards, c'était moins une avant qu'il ne frappe Aelita ! Miranda, tes mouvements sont trop prévisibles, on ne doit pas savoir dans quelle direction va partir le souaffle jusqu'à ce que tu l'ais lâché ! Kevin, c'est bien pour les buts, continue !

Surveillant le jeu de son équipe quelques mètres en dessous de lui, James lançait sans relâches des conseils et encouragements, bien que lui même était totalement épuisé. La visibilité devenant vite trop restreinte pour jouer convenablement, James cria :

-Ca suffit pour aujourd'hui, tout le monde par terre !

Les joueurs ne se le firent pas redire deux fois, et sautèrent de leurs balais sitôt posés au sol. James annonça :

-Bon, j'en ai marre, tout comme vous, je traînerais pas en discours de fin d'entraînement. Vous vous améliorez nettement, on a toutes nos chances pour le match ! Continuez comme ça surtout, ne faiblissez pas !

L'équipe de Gryffondor rentra dans les vestiaires, devant lesquels McGonagall attendait. Lorsque tous les joueurs furent rentrés, elle demanda :

-Potter ? Le directeur aimerait vous voir.

-Je me douche, je me change, et je suis à vous professeur ! Ca m'étonnerait qu'il apprécie la boue et l'odeur de transpiration dans son bureau... sourit James. J'en ai pour cinq minutes !

-Je vous en prie.

Se demandant ce que lui voulait le directeur, James se dépêcha de se changer, n'ayant pas envie de rentrer trop tard dans son dortoir. Il ressortit quelques minutes après, et suivit McGonagall dans le bureau directorial, où Dumbledore l'attendait. La professeur de métamorphose s'assit à coté de ce dernier, de l'autre coté du bureau, en faisant signe à James de s'asseoir en face d'eux.

-Bon, James, je n'irais pas par quatre chemins. Je voulais savoir si tout se passait bien avec Miss Evans ?

-Pourquoi, vous auriez des raisons de penser que ça se passe mal ? demanda James en fronçant les sourcils.

-Vous savez, James, tout ce qui se passe dans l'école s'entend en salle des profs, chaque jour, il est impossible qu'un événement ne nous échappe, fit remarquer McGonagall. Et il m'a semblé que, ces dernières semaines, le récit d'un ou deux coups que vous lui auriez porté sans raisons apparentes est revenu un peu trop souvent.

-Il faut croire que ce sont des versions erronées des faits qui vous sont parvenues, puisque j'avais toutes mes raisons de la gifler. Et que vous le vouliez ou non, professeur, Lily m'appartient. La loi est de mon coté.

-Et le règlement de l'école est de son coté. James, vous faites ce que vous voulez à l'extérieur de Poudlard, mais à l'intérieur de ces murs, vous êtes soumis en priorité au règlement intérieur de l'école, qui condamne toute violence physique ou magique d'un élève envers un autre. Et il est évident que Miss Evans souffre du comportement que vous avez envers elle, ce que je ne tolèrerais pas non plus.

-Je la traite justement, si je ne la punissais pas moi-même, c'est le sort d'esclavage qui le ferait, et je crois qu'elle préfère de loin une gifle méritée à un sortilège doloris totalement démesuré par rapport à ce qu'elle a fait.

-James, le sort d'esclavage est à double facette. Il fait de vous un responsable par rapport à elle. Si jamais nous apprenons que Lily tente quelque chose – un sortilège dangereux pour se libérer du sort, une fugue, ou un quelconque acte dangereux, à nos yeux, et aux yeux de la loi, vous en serez le seul et unique responsable. Je compte sur vous pour ne pas la pousser à cet extrême.

-C'est entendu, professeur.

-Je l'espère. Vous pouvez sortir.

-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O

-Salut Poudlard ! cria la voix de Peter dans le micro. Et bienvenue à ce match de quidditch, Gryffondor contre Serpentard, dont nous connaissons déjà le résultat !

-Pettigrow !

-Désolé professeur. Voici donc les équipes qui arrivent, et c'est les Gryffondors qui ouvrent la danse, avec leurs poursuiveurs, Miranda Slimane, Franck Longdubat, Aelita Stones, les batteurs, Joey Cooper et Sirius Black, le gardien, Kevin Kalrane, et enfin leur attrapeur de génie, James Potter !

Un vacarme indescriptible envahit le stade au moment où James apparut, faisant le tour du stade sur son balai, saluant la foule avec son air négligent qui lui allait si bien. Peter annonça ensuite l'arrivée des Serpentards, qui entrèrent à leur tour sur le terrain. Emmitouflé dans ses gants et son écharpe rouge et or, James regarda le sol de plus près. Ce n'était pas pour rien que Mme Bibine les avait autorisés à décoller depuis l'entrée des vestiaires, au lieu d'habituellement partir depuis le milieu du terrain : celui-ci avait verglacé au point de devenir une patinoire dangereuse pour quiconque aurait le malheur d'y poser un pied. Ce fut donc à sept mètres de hauteur qu'il serra la main du capitaine des Serpentards en le foudroyant du regard. Une fois les joueurs placés en face les uns des autres, immobiles, Mme Bibine donna un grand coup de sifflet et libéra les quatre balles, bien que James ne vît que pendant une seconde celle qui l'intéressait. Les joueurs se précipitèrent dans les airs, à dix mètres de hauteur environ, pour être face aux buts, à l'exception des deux attrapeurs qui montèrent encore cinq mètres plus haut pour pouvoir survoler le terrain. Le ciel était clair et dégagé, et malgré le verglas dangereux, James préférait ça de très loin par rapport à la pluie et au vent auxquels ils s'étaient tous attendus. Malgré le froid mordant, presque paralysant, il avait le maximum de chances d'apercevoir assez vite le vif d'or, et ainsi finir le match au plus vite. Mais il savait également qu'il serait obligé de le laisser filer s'il le voyait voler trop près du sol. Autant les feintes de Wronsky étaient sa spécialité, autant il restait raisonnable : étant déjà trop dangereux pour lui-même, si en plus l'attrapeur adverse ne remontait pas à temps et se fracassait contre le verglas, même Mme Pomfresh ne pourrait pas agir assez vite. Et malgré toute sa haine envers les Serpentards, il ne voulait pas être responsable de la mort de l'un d'eux. Il savait qu'il devrait laisser filer le vif d'or, quitte à faire durer le match plus longtemps.

En parcourant le terrain du regard, il observa rapidement le jeu de son équipe. Ils avaient tous beaucoup progressé, mais les Serpentards aussi, et la rapidité de jeu, ainsi que leurs stratégies étaient telles que, si James ne les entraînaient pas depuis plus d'un an, il se serait plusieurs fois demandé où était passé le souaffle. Mais ils le gardaient toujours, le faisant voler au-dessus des joueurs, voltiger entre eux, le lâchant pour qu'un autre le récupère cinq mètres plus bas. Les passes s'enchaînaient à une allure folle, au point d'obliger les gardiens à rester vigilants, même lorsque le souaffle était à l'autre bout du terrain. Les batteurs également ne lâchaient pas les cognards des yeux, sachant que même si ceux-ci étaient loin des joueurs, ils pouvaient à tout moment changer de trajectoire, et ils n'auraient alors que quelques secondes pour réagir.

Des cris de joie retentirent dans les gradins lorsqu'Aelita s'empara du souaffle pour filer à toute allure vers les buts. Le gardien Serpentard gardait les yeux fixés sur elle, ne sachant si elle allait tirer dans le but du milieu, ou celui de gauche. Une chose était sûre, il était impossible, vu sa trajectoire, de viser le but droit. James fronça les sourcils. Permettre à un gardien de sélectionner un but qu'il n'avait pas besoin de surveiller était une erreur de débutant... Mais ni James, ni le gardien des verts et argent, n'avaient vu Miranda, qui jaillit de la masse des joueurs au moment où Aelita lançait le souaffle sur le bord droit du terrain. Dès l'instant où Miranda rattrapa la balle rouge, un cri de rage s'éleva des gradins des Serpentards. Et en effet, la balle traversait les buts avant que le gardien ne puisse revenir depuis l'autre coté du terrain pour le bloquer.

James esquissa un sourire, mais son visage se ferma très vite : le vif d'or était devant lui, juste sous l'anneau dans lequel Miranda venait de marquer. Et, à en juger par les chuchotements soudains retentissant dans le public, tous ceux qui avaient regardé le but avaient vu le vif. Et en effet, l'attrapeur Serpentard s'élança en même temps que lui. Un silence de mort tomba dans le stade, même les joueurs avaient arrêté de s'échanger les balles pour observer les deux attrapeurs poursuivant le vif d'or. Seuls Sirius et l'un des batteurs de Serpentard les suivaient, au cas où un cognard les attaquerait et leur ferait prendre du retard. James prenait de l'avance, distançant l'attrapeur Serpentard. Il se rapprochait à une vitesse folle du poteau à coté duquel volait le vif d'or, en sachant très bien ce qui se passerait s'il percutait le but et tombait de son balai. Il n'avait pas le droit à l'erreur.

Le vif d'or était quasiment face à lui. Tendant le bras, il voyait ses doigts s'en rapprocher de plus en plus. Mais il ne vit pas l'attrapeur adverse foncer sur lui à toute vitesse et le percuter de plein fouet. James fit plusieurs tonneaux avant de heurter violemment le poteau glacé. Se sentant chuter, il tendit le bras pour essayer de se rattraper au manche, mais il s'en éloignait beaucoup trop vite. Des cris d'horreurs jaillirent dans tout le terrain, voyant James se rapprocher à une allure folle du sol verglacé. Les yeux fermés, le corps frigorifié par le vent qui le frappait durant sa chute, le Gryffondor se crispa, essayant d'anticiper au maximum le moment où il heurterait le sol du stade. Mais il ne le heurta pas. Aussi soudainement qu'il était tombé, il sentit deux bras musclés l'attraper et le faire remonter.

-Ca va frangin ? demanda la voix de Sirius.

-Ouais, souffla James encore choqué.

-Franck a rattrapé ton balai ! Je te ramène !

Sirius et lui volèrent jusqu'à Franck, qui aida James à remonter sur son propre balai. Patmol indiqua :

-Ils se sont pris deux pénaltys, Aelita va les tirer !

-OK !

S'arrêtant côte à côte pour voir la jeune fille faire face au gardien des Serpentards, celle-ci réussit à nouveau à faire une feinte, et le gardien plongea dans la mauvaise direction au moment où elle lançait le souaffle. Elle relança à nouveau le souaffle, mais le gardien parvint cette fois-ci à l'arrêter, ce qui ne les empêchait pas de mener 20 à 0. James remonta au-dessus des autres joueurs et recommença à scruter le terrain.

James regarda sa montre. 13h30. Cela faisait bientôt quatre heures que le match durait, et il n'avait plus vu le vif d'or depuis que l'attrapeur adverse lui avait fait heurter le poteau des buts. La température s'était nettement réchauffée, et les joueurs avaient quasiment tous jeté leurs gants et écharpes au sol, où le verglas avait laissé place à une herbe boueuse. La fatigue des joueurs se faisait sentir dans les deux camps, où chacun avait au moins réalisé deux ou trois erreurs de débutants depuis une heure. Et soudain James le vit. Près du sol, bien plus près de lui que de son homologue Serpentard, et où il pouvait désormais réaliser une descente en piqué sans risques. Sans hésiter une seule seconde, James fonça vers le sol, suivi par l'autre attrapeur, loin derrière lui. Fonçant aussi vite qu'il pouvait, il avait beaucoup d'avance, et savait qu'il ne serait pas rattrapé. C'était l'occasion en or qu'il attendait depuis le début du match. Se rapprochant aussi vite qu'il pouvait, il tendit le bras et referma sa main. Il entendit les cris de joie exploser dans le stade avant de réaliser que sa main s'était bel et bien refermée sur la petite balle en or. Remontant en piqué en brandissant son poing serré autour du vif, James hurla de joie, imité par son équipe qui se précipita sur lui. Ils atterrirent au moment où les 7e année de Gryffondor les rejoignaient sur le stade, hurlant tout aussi fort qu'eux. Lily et Cassiopée se rapprochèrent un peu plus d'eux pour les féliciter. Fou de joie, James enlaça la jeune fille rousse et l'embrassa longuement au milieu du public qui redoubla de cris et d'applaudissements. Tout Poudlard, à l'exception des Serpentards, était au sommet du bonheur, parce qu'ils avaient remporté le match le plus dur de la saison. Lily aussi rayonnait, un immense sourire dessiné sur ses lèvres encore collées à celles de James qui la serrait contre lui. Mais elle n'en avait rien à faire, du match. Oui, James avait gagné. James l'avait enlacée et embrassée tellement il était heureux. James avait oublié la nuit qu'elle avait passée dans la Salle sur Demande.

-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O

Epuisée par la fête qui avait régné dans la salle commune des Gryffondors pendant tout le reste de la journée, Lily indiqua à James qu'elle allait se coucher, avant de monter dans le dortoir. Elle avait à peine refermé la porte que James la rejoignit.

-Je reste pas longtemps, ma belle, juste pour te souhaiter une bonne nuit. Et te dire que j'ai changé d'avis : on ne reste pas à Poudlard pour les vacances de Noël, on rentre chez moi, ça ne te dérange pas ?

-Pas de soucis ! répondit Lily avec un sourire.

-Alors on fait comme ça ! Bonne nuit ma chérie.

S'approchant d'elle, James l'enlaça tendrement et murmura :

-Je t'aime.

Il l'embrassa, et repartit dans la salle commune. Lily prit un parchemin, et commença à écrire :

Mon amour,

James semble vraiment avoir oublié ce qui s'est passé l'autre nuit, je suis persuadée que je n'ai plus de soucis à me faire de ce coté là. Je te l'ai déjà dit des milliers de fois, mais je vais te le redire : ne crois pas un mot de ce que je peux lui dire, et ne pense pas que je suis sincère quand je l'embrasse, ou que je réponds à ses étreintes. C'est toi que j'aime, toi seul, et je te jure que si je le pouvais, je le rejèterais dès qu'il essaierait de me toucher. Je t'aime mon ange, je t'aime à la folie. Et je te jure qu'il le saura jamais.

Lily.

S'approchant du rebord de la fenêtre, elle l'ouvrit, et sifflota une mélodie particulière. A peine l'avait-elle finie qu'un hibou noir se posa devant elle. Elle attacha la lettre à sa patte, et murmura :

-Je compte sur toi, Alihotsy. Apporte ça à Severus. Discrètement.

Le grand hibou cligna des yeux pour lui dire qu'il avait compris, et s'envola, disparaissant rapidement dans la nuit noire.


(1) Réplique issue de "Le retour de l'aube", de Malorie Blackman, 4e tome de "Entre chiens et loups" dont les résumés des trois premiers tomes est sur mon profil

Une petite reviews, please ?