Bonjour!

Sylea: Merci beaucoup pour tes compliments, c'est adorable, j'espère que la fiction va continuer à te plaire :)

Merci à toutes pour vos reviews :)

Bonne lecture!


Moi, Chat Noir, ai légèrement dérapé hier soir.

Pourtant, malgré ma culpabilité certaine, je ne peux pas m'empêcher de penser en fixant le plafond que Marinette est plus agréable que je ne l'aurai imaginé. Enfin, ses lèvres sont agréables, tout comme ses cheveux lâchés sans oublier son sens de la répartie et...Ok, il faut que je me calme.

-« Je sais qu'on est le matin gamin mais si tu pouvais m'éviter de voir l'horreur dès le réveil ça me fait plaisir. »

Je jette un coup d'œil à mon boxer et comprends directement ce que Plagg insinue.

- « C'est humain comme réaction. » Je réponds, tentant vainement de cacher ma honte.

-« Quelles horribles créatures. »

Attendez, c'est lui qui ose me dire ça?

-« Le plus horrible d'entre nous d'après toi c'est celui qui me fait puer le fromage vingt-quatre heures sur vingt-quatre ou celui qui se remet doucement de sa soirée? »

En guise de réponse, Plagg s'empare d'un morceau de camembert servi sur un plateau d'argent et y insère ses crocs. Très bien, de toute façon il fallait que je passe par la case douche avant de partir, histoire de calmer mes ardeurs.

J'ai trompé Ladybug, c'est la seule chose qu'elle va retenir si je lui annonce que j'ai embrassé Marinette hier sur cette terrasse. Enfin non, si on veut être exact, c'est Chat Noir qui a embrassé Marinette.

Est-ce que ça change réellement quelque chose? J'en doute réellement.

Après avoir échangé ce langoureux baiser, nous sommes restés là, affalés sur le fauteuil à comprendre ce qu'il venait de se passer. Je l'ai ensuite raccompagnée non loin de son immeuble avant de lui demander son numéro de téléphone - que j'ai directement jeté vu qu'il est déjà noté dans mon répertoire.

L'eau froide sur ma peau est extrêmement agréable vu mon état. Jamais je n'aurai pu deviner la tournure des événements. Techniquement, je n'ai pas de retombée à craindre. Même si Marinette le raconte à Ladybug, elle ne fera pas le rapprochement entre Chat Noir et Adrien. C'est plutôt un cas de conscience qui se joue maintenant. Comment vais-je pouvoir regarder Ladybug dans les yeux alors que j'en ai secrètement embrassée une autre? Puis je ne peux pas dire que c'était si horrible que ça à vivre. Oh non, sa manière de me tirer les cheveux ou bien sa tendance à me mordiller la lèvre inférieure avec ses dents ne me rebute absolument pas.

Loin d'avoir baissé la température de mon corps, je m'évade de la douche et enfile mes vêtements, peignant mes cheveux tant bien que possible et enroulant la bande dans ma main droite.

Puis il y a ce soir. Ce soir, Marinette, Alya et Nino viennent passer la soirée et la nuit chez moi. Après la matinée qui a mal tourné, je suis incapable de deviner l'humeur de Marinette. Je devrais en profiter pour m'excuser et nous permettre de repartir sur de bonnes bases. Il faut que je prépare leur venue, je ne dois pas m'attarder plus et filer au studio. Mes effets personnels en main, le kwami puant dissimulé dans une poche intérieure de ma veste en cuir brun, je dévale les escaliers du manoir et rejoins la limousine garée devant le portail.

Alors que les maquilleuses me couvrent le visage d'une multitude de produits sensés me rendre plus beau que je ne le suis déjà, je consulte discrètement mes messages sur l'application Miraculous, un chat réservé à Ladybug et moi-même.

Ladybug: « Je suis curieuse d'en apprendre un peu plus à ton sujet. »

Cette phrase lancée il y a deux jours m'a fait l'effet d'une bombe. Si seulement elle avait osé de m'envoyer ce genre de messages quelques mois plus tôt, je me serai fait un plaisir de l'aider à me connaître. Puis mes yeux buttent sur un autre message, aussi douloureux d'une série de couteaux plantés dans l'abdomen.

Ladybug: « Quel copain? »

Moi idiote, qui d'autre? Le garçon qui t'a embrassée à plusieurs reprises. Je bouillis intérieurement, grognant devant mon incapacité à gérer les deux identités en face la même personne.

-« Je suis là! »

Cette voix nasillarde n'appartient qu'à une seule personne. Une tension palpable plane dans la pièce réservée aux maquilleuses et coiffeuses. Chloé Bourgeois apparaît à la porte, dépose son sac sur celui d'autres comédiens et s'assoit avec la grâce d'un éléphant sur le siège juste à côté de moi.

-« Vous ne trouvez pas que son teint est beaucoup trop pâle? » Demande-t-elle en montrant mes joues de l'index.

-« Peut-être parce qu'aujourd'hui, je suis censé avoir attrapé froid. » Je réponds en glissant mon script sous ses yeux.

Mais si elle avait pris la peine de lire le pitch de chaque épisode, elle le saurait déjà. Chloé émet un rire trop forcé pour être sincère et se contente de claquer des doigts en clamant le nom de sa maquilleuse personnelle. Il y a des gens ici qui ont des boulots qui forcent le respect. Une grande brune à la peau halée s'avance, un sèche-cheveux en main.

-« Aujourd'hui, je veux plus de volume qu'hier. » Commande Chloé en daignant pas accorder un seul regard à la jeune femme.

Celle-ci semble embêtée par ses directives.

-« Mais Madame Bourgeois, je vous rappelle que vous devez jouer le rôle d'une fille sans argent. »

-« Et alors? Ce n'est pas parce que je suis pauvre que je dois supporter d'avoir les cheveux raides! »

Nos regards se croisent, je lui envoie toute la compassion dont je suis capable. Ce rôle ne lui convient pas du tout et ce n'est pas faute du metteur de scène d'avoir tenté à plusieurs reprises de l'évincer du tournage. Chaque jour c'est la même rengaine. Fidèle à sa profession, la coiffeuse et maquilleuse s'atèle à trouver le juste milieu entre le résultat voulu par le personnage et celui voulu par Chloé. De mon côté, une jeune fille retouche une dernière fois mon teint, son visage est trop proche du mien à mon goût.

-« Vous avez de la chance M. Agreste, je n'ai jamais vu un garçon avec une peau aussi belle que la vôtre. »

C'est un compliment commun chez les maquilleuses ça? Je me contente de hocher la tête, esquissant un sourire de façade qui s'efface aussitôt.

-« Je peux savoir ce que vous faites?! » S'exclame un homme au pied de la porte.

Oh non, les problèmes commencent. Alors que la grande brune s'acharne à donner le moins de volume possible aux cheveux d'une Chloé réticente, le metteur en scène, un homme bedonnant d'une cinquantaine d'années, repérable par ses lunettes rondes, entre dans la loge. La fille qui s'occupait de moi disparaît aussi vite.

-« C'est à vous que je parle Sophia. » Ajoute-t-il sèchement. « Ce n'est pas ce que je vous ai demandé. Elle ne pourra jamais être crédible dans le rôle de Carmen ainsi! »

Il tape du poing sur la table. La dite Sophia ne trouve rien à répondre. Ce n'est pas sa faute et nous le savons tous ici. Je me sens un peu mal à l'aise dans ce genre de situation, j'aimerais bien prendre sa défense mais je ne crains que ça ne lui apporte plus d'ennuis qu'autre chose.

-« Je vous attends sur le plateau d'ici dix minutes pour tourner et tâchez de me sortir une Carmen aussi pitoyable que vous Sophia, vous devriez y arriver. »

Ouch. Ça fait mal, la maquilleuse accuse le coup, les doigts crispés sur le manche du sèche-cheveux et d'un peigne noir. Le metteur en scène ne décolère pas et quitte la loge, instaurant un silence de corbeau. Mieux vaudrait que je quitte aussi l'endroit pour la laisser se concentrer malgré les remontrances de Chloé. Sans un mot, je m'exécute et jette un dernier coup d'œil à mon amie d'enfance, pas affectée le moins du monde par ce qu'elle vient de provoquer.

- « Tu ne crois pas que tu devrais rester dans les environs? » Déclare Plagg en sortant sa petite tête de ma chemise.

Je me tourne brusquement face à un mur pour m'assurer que personne ne le voit.

- « Mais non, j'ose espérer que ça ne tournera pas aussi mal que tu le... »

Je suis soudainement interrompu par un cri strident quelques mètres plus loin. Je parie toute ma fortune qu'il s'agit de Chloé Bourgeois.

-« D'accord, tu as gagné. Plagg, transforme-moi! »

Le kwami s'engouffre dans ma bague, je troque mon apparence de Chris, jeune homme riche et malchanceux pour le costume en cuir noir de Chat Noir. Sans me remarquer, Chloé s'échappe de la loge et se met à cavaler dans le sens opposé, poursuivie par une sorte de sorcière à la peau blanche et aux cheveux anormalement longs.

-« Au secours! » Hurle Chloé.

Malheureusement pour elle, elle chute lourdement sur le sol, le pied trébuchant dans une jungle de câbles. A la merci de l'akumatisée, elle prie pour ne pas mourir, joignant les mains les yeux clos. Le vilain n'en a cure et l'asperge de produit. Les longs cheveux blonds de Chloé tombent littéralement à ses pieds, accentuant des pleurs.

-« Je suis Cosmetika et Paris va pouvoir dire adieu à leurs cheveux si parfaits! »

Ouais, des fois je me demande si le Papillon choisit les super pouvoirs de ses victimes. Si c'est le cas, je trouve qu'il a suffisamment d'imagination pour devenir scénariste. Pendant que Cosmetika s'élance à la recherche d'autres chevelus, je saisis mon bâton et appelle Ladybug.

-« Coucou ma Lady, désolée de te déranger mais je connais une coiffeuse ici qui offre une remise sur les coupes femmes. Je t'envoie l'adresse! »

Bon, je ferais mieux de la divertir le temps que Ladybug viennent s'en charger. Au moment où j'arrive sur le plateau de tournage, toutes les comédiennes et maquilleuses sont devenues chauves et trient étrangement toutes les mèches gisant au sol. L'une d'elles finit tout de même par m'indiquer le chemin emprunté par l'akumatisée. Je m'échappe par l'une des fenêtres et me hisse au sommet d'un toit. Des cris de femmes en détresse font frétiller mes oreilles.

-« Qu'est-ce qui se passe?! » S'écrie une voix familière s'élevant à ma hauteur.

Mon cœur bondit au fin fond de ma poitrine. Ce n'est pas le moment. Mais un simple coup d'œil vers son visage fin et ses yeux bleus si parfaits suffit à m'envahir d'un sentiment de culpabilité.

-« Je te raconterai bien mais c'est une histoire tirée par les cheveux. » Je réponds en haussant les épaules.

Ladybug pousse un long soupir puis se munit de son yo-yo pour le balancer plus loin.

-« Bah quoi? Elle était drôle celle-là! »

Je la suis sur le lieu de combat. Je dois me faire violence pour ne pas regarder les connaissances que je croise. Jamais je n'aurai imaginé leur tête sans cheveux, c'est presque hypnotisant.

-« Attention Chat Noir! » M'alerte ma partenaire.

D'un coup de bâton un peu précipité, j'évite de perdre mes mèches de justesse.

-« Mes cheveux te remercient! »

Accrochée à la fenêtre du dernière étage d'une administration, Ladybug lève les yeux au ciel, m'intiment gentiment que je suis un idiot. Cosmetika reporte son attention sur nous deux avec la ferme intention de sacrifier nos mèches rebelles. Soudain, un détail dans son costume capte mon regard.

-« Ladybug! L'akuma se cache dans le peigne coincé dans ses cheveux! »

S'il y a une chose que je ne pourrai jamais reprocher à Ladybug, c'est qu'elle me fait toujours confiance pour repérer l'endroit où se logent les akuma.

-« Lucky Charm! » Crie-t-elle en projetant son yo-yo au-dessus de sa tête.

Le jouet rouge scintille de mille feux et produit un miroir à main que la super coccinelle attrape de volée.

-« Un miroir? »

-« Ça tombe bien, j'avais envie de me refaire une beauté. » Je plaisante alors que ma lady joue de son second pouvoir pour comprendre la démarche à suivre.

Soudain, son visage s'illumine puis se tourne vers moi. Je ne percute pas sur le coup la raison de cette lueur dans ses yeux mais ce n'est pas le plus important.

-« Eh Cosmetika, j'ai toujours dit à Chat Noir que je détestais sa tignasse, tu pourrais la raccourcir un peu? »

Du haut de ma gouttière, je m'insurge.

-« Qu'est-ce que tu racontes? Ils sont très bien mes cheveux comme ça! »

Tu ne t'en plaignais pas quand tu m'embrassais du moins. Qu'est-ce que je ne donnerai pas pour pouvoir lui rétorquer ce genre de chose. Ce qui est sûr, c'est que l'akumatisée l'écoute et se prépare à me raser le crâne en un clin d'œil. Mon poil s'hérisse, hors de question de perdre mes magnifiques cheveux! Je saute sur un pylône électrique, l'attaque m'a raté de peu. Dans l'idée qu'elle m'oublie, je brandis une griffe au ciel et m'exclame:

-« Cataclysme! »

Un bouillie de particules noires bouillonnent dans ma main, je m'étends jusqu'aux câbles accrochés à mon pylône et les effleure à peine qu'ils se désintègrent. Il ne me reste plus qu'à pousser de ma force surhumaine sur la structure en métal pour qu'elle s'effondre sur Cosmetika.

-« Chat Noir, par ici! »

Je rejoins ma Lady sur le rebord de fenêtre tandis qu'elle se précipite vers la coiffeuse maléfique. Celle-ci extirpe du labyrinthe de barres de fer et lance une nouvelle attaque. Pas de chance pour elle car Ladybug se protège avec le miroir qui reflète son pouvoir et le renvoie directement. Les longs cheveux bruns de Cosmetika tombent à leur tour, le peigne précédemment accroché tombe aux pieds de Ladybug qui marche dessus pour le détruire. Un papillon noir en jaillit et prend son envol.

-« Fini de nuire petit akuma. Je te libère du mal! »

Est-ce que les gens vont se souvenir qu'ils étaient chauves?

-« Je t'ai eu! Bye bye petit papillon. Miraculous Ladybug! »

Non parce qu'on ne s'imagine pas à quel point ça peut être troublant. Le miroir à main se désintègre dans les airs, emporté par des rayons roses lumineux accompagnés de coccinelles. Au sol, Sophia retrouve son apparence. Je descends à mon tour pour me présenter auprès d'elle.

-« Mais qu'est-ce qu'il s'est passé? » Grogne-t-elle en maintenant sa tête entre ses mains.

Ladybug me lance un regard interrogateur lorsque je m'agenouille pour relever le visage de la maquilleuse.

-« Tu ne devrais pas te démoraliser à cause de cette fille. » Je souffle doucement avant de l'aider à se remettre sur pied. « Continue à travailler dur comme tu le fais. »

La grande brune à la peau bronzée m'adresse un regard plein de gratitude. Tout à coup, ma bague, ainsi que les boucles d'oreilles de Ladybug, émettent un son significatif. Nous nous envolons chacun sur le droit d'un immeuble proche.

-« Ladybug? » Je l'appelle alors qu'elle se prépare à s'élancer de son côté.

Celle-ci pivote, les yeux grands ouverts.

-« Oui? »

-« Je me demandais par rapport à nos textos. Est-ce que tu as quelqu'un? »

C'est bon, je l'ai fait. La balle est dans son camp. Ses yeux s'écarquillent et son visage se crispe, état qui s'empire au nouveau son produit par ses boucles d'oreilles. Une main gantée accrochée à son cou, Ladybug gigote sur place puis laisse enfin quelques mots s'échapper de sa bouche.

-« Oui, j'ai quelqu'un. »

Mes épaules se détendent, pour peu je soupirerai de joie, de bonheur. Je suis tellement rassuré que je ne peux masquer le large sourire qui s'empare de mes lèvres.

-« Et toi? Est-ce que tu as vu clair dernièrement? » Enchaîne-t-elle oubliant momentanément l'urgence de l'instant.

Ma bague affiche deux coussinets, je ferais mieux de ne pas traîner pour pouvoir rejoindre le plateau avant le début du tournage. Loin de moi l'envie de parcourir la distance à pieds.

-« O-Oui, je suis sûr désormais. » Je lâche d'une traite.

Elle sourit à son tour, visiblement contente pour moi sans avoir conscience qu'elle est l'heureuse élue de mon cœur. Ne tenant plus, je m'avance rapidement et la serre dans une étreinte à laquelle elle répond sans hésitation. J'ai hâte qu'elle vienne me rendre visite pour approfondir notre relation.

-« Chat Noir ta bague! »

Un coussinet. Je manque d'embrasser la tempe de Ladybug avant de m'enfuir dans la direction opposée de la sienne.
Fort heureusement, je parviens on extremis sur le toit de l'immeuble du tournage avant de me détransformer. Plagg se couche dans mes mains, gémissant un peu trop fort pour paraître crédible.

- « Mon Dieu que je suis fatigué! J'espère que tu as emporté de quoi me remercier de tant d'efforts. »

- « Eh je te rappelle que c'est moi celui qui prend le plus de risques entre nous. »

Les minuscules mirettes du kwami me fixent.

- « Ce n'est rien comparé à l'horreur de partager ton corps. »

Sur le coup, je me vexe devant ses propos. J'en connais plein qui paierait pour partager mon corps.

- « Arrête, je suis certain que les autres Chat Noir n'avaient pas autant de prestance que moi. »

- « En tout cas, ils avaient les chevilles moins enflées que les tiennes. »

Je lui accorde ce point en riant. Il est grand temps de rejoindre le plateau avant qu'on ne s'inquiète de ma disparition.