Cet été là fut assez pittoresque. Afin de mettre toutes les chances de son côté pour pouvoir partir à la Coupe du Monde, Cara faisait tout ce que Robert lui demandait. Jon s'en amusait beaucoup, passant la majeure partie de son temps à lui chercher des ennuis. Cela ne l'aidait pas vraiment avec son problème de contrôle de violence. Elle resta en contact avec Remus, lui racontant ses difficultés avec la soif et le manque de contrôle qu'elle avait. Elle lui raconta qu'un jour, Jon l'avait poussée à bout, l'insultant et l'incitant à la violence, et qu'elle avait perdu le contrôle, s'arrêtant de frapper le garçon qu'en se plantant un couteau dans l'avant-bras. À partir de ce jour-là, Jon a commencé à avoir peur de Cara, mais cela le poussait à l'insulter davantage. Aussi, dès lors qu'elle entendait les cris à moitié étouffés d'Eleanor à l'étage inférieur, elle enfonçait les écouteurs dans ses oreilles et montait le volume au maximum pour ne pas descendre refaire le portrait de Monsieur Miller.

« Cara, le contrôle de soi est une tâche longue et difficile, tu ne pourra pas vaincre cette soif en deux mois, sois patiente. Il faut que tu trouves le meilleur moyen de t'arrêter. Tu m'en as donné deux: La douleur, et l'isolement. Les deux sont risqués. L'auto-mutilation est très dangereuse pour ta santé, mais l'isolement peut rendre ta santé mentale très fragile, et donc permettre à cette soif d'être encore plus dangereuse et avide de souffrance. En attendant de trouver un moyen de contrôle suffisant pour dominer cette soif, il faut que tu prennes sur toi et trouve un exutoire non-vivant pour relâcher tout le poids de ta colère. Mais surtout, ne te laisse jamais aller sur les Miller, Cara. Car si jamais tu le fait, tu ne t'arrêtera pas de le faire, te laissant aller chaque fois que tu en auras l'occasion, ce qui sera mortel pour eux, et dangereux pour toi. »

Voilà ce que lui avait répondu Remus. Un exutoire. Elle eu du mal à s'en trouver un, essayant la danse, le combat, la cuisine, le jardinage. Mais tous finissaient en catastrophe. Eleanor avait presque pleuré en voyant la partie du jardin duquel Cara s'était occupée pour faire ressortir sa colère. Mais finalement, elle trouva la solution un matin, en allant courir après que Jon lui soit une fois de plus tombé dessus. La course. La course rapide, longue, et intense. Sentir la douleur dans ses jambes, son cœur bondir dans sa cage thoracique comme un oiseau prisonnier, sa gorge sèche brûler d'un feu d'enfer. Les débuts étaient durs, apaisant rapidement sa colère par la douleur, mais au fur et à mesure, son corps s'habitua à l'intensité de la course et la douleur fut plus longue à venir, lui demandant de repousser toujours plus ses limites. Ce n'est qu'une fois Juillet écoulé, que Cara décida de demander aux Miller pour la Coupe du Monde.

- Non! Cria-t-il d'une voix démente. Je t'ai déjà dis que tu n'irais pas voir ton petit-ami avant la rentrée! Tu le verras dans deux semaines!

Cela faisait déjà deux semaines qu'elle ne cessait d'en parler à Robert, sortant toujours plus d'arguments. Mais il persistait à refuser. Bien entendu, Cara ne lui avait pas dit la réelle raison pour laquelle elle devait aller le voir une semaine avant la rentrée, il n'y aurait pas cru. Elle lui avait simplement dit que son copain l'avait invitée à passer une semaine avec lui. Elle persista encore jusqu'à la fin de la semaine avant de renvoyer le hibou à Cédric, lui confirmant que sa suggestion était bien plus adaptée. Elle lui donna l'heure et la date de rendez-vous, puis commença à préparer ses affaires.

Le dimanche matin, alors que les deux hommes dormaient toujours bruyamment, Cara enlaça Eleanor suffisamment longtemps pour lui faire comprendre qu'elle partirait quand même avec son copain. Les yeux bleus roi de la femme brillèrent d'amusement et de bonheur. Elle fit une mine d'enterrement tout au long de la journée pour faire croire aux garçons qu'elle était énervée de ne pas aller chez son copain, mais une fois tout le monde couché, elle se dépêcha de clore ses bagages. Cédric transplana devant sa fenêtre vers 22h00. Cara s'empressa d'aller lui ouvrir, lui sautant au cou une fois qu'il avait atterri au sol. Ils transplanèrent cinq minutes après, le temps que Cara enfile un jean, des chaussures et une veste. Ils arrivèrent devant un portail blanc vernis aux barreaux élégamment courbés en arabesques. De chaque côté du portail se trouvait un mur de pierres apparentes claires de dix mètres de long. Cédric leva sa baguette et la fit glisser sur le côté, rendant le portail translucide. Ils le traversèrent, ressentant un léger frisson et quelques picotements, puis continuèrent d'avancer à travers l'allée de graviers nacrés bordée de pierres plates et immaculées. De part et d'autre de l'allée s'étendait un gazon verdoyant sous les lumières magiques qui s'élevaient dans les airs telles de multiples petites lunes. Ils avançaient vers une bâtisse en crépis et pierres apparentes, se dressant sur dix bons mètres de haut et vingts de large. Ils grimpèrent sur le perron, passant sous une clochette qui tinta d'un carillon doux, puis entrèrent à l'intérieur de la maison. Ils traversèrent un petit hall d'entrée illuminé par de longues bougies flottantes, puis montèrent de petites marches en bois suspendues dans le vide. Cédric ne lâchait pas sa main dans le noir quasi complet de la maison, la guidant encore le long d'un couloir étroit pour déboucher dans une petite pièce aux lumières tamisées et au lit épais et moelleux. Il déposa les affaires de Cara dans un coin de la pièce et referma doucement derrière eux. Elle se tourna vers lui, dessinant un sourire gêné au coin de ses lèvres, et chercha quelque chose à dire pour combler le silence.

- Euh, tu as passé un bon été? Chuchota-t-elle en essayant d'élargir son sourire.

- Supposément mieux que le tien, essaya-t-il de la détendre. On se lève tôt demain, alors, on devrait peut-être dormir, non?

Il s'approcha d'elle et déposa un baiser sur son front. Elle esquissa un léger sourire, puis le regarda retirer son t-shirt d'un geste gracieux. Cara détourna les yeux par respect pour lui, ou gêne, elle ne savait pas trop. Elle se changea à son tour, retirant ses chaussures et son jean. Pour combler ce silence pesant, elle meubla un peu.

- Tes parents savent que je suis là? Demanda-t-elle en tournant la tête vers le garçon.

- Oui, oui bien sûr. Ils ont posé plein de questions sur toi, ajouta-t-il en lui adressant un sourire en coin.

Cara enfila son short de nuit puis ôta sa veste pour faire face au garçon.

- Tu crois qu'ils vont m'aimer? S'enquit-elle, indiscutablement anxieuse.

Cédric se tourna vers elle et sourit largement, amusé. Il s'avança vers elle et repoussa les longs cheveux châtain de la fille derrière ses épaules. Plongeant ses yeux argenté dans ceux de Cara, il la regarda d'un air adorateur.

- Je suis sûr qu'ils t'aiment déjà, répondit-il simplement avant de s'éloigner d'elle et de rentrer dans le lit.

Elle affaissa les épaules, toujours aussi anxieuse même après les paroles réconfortante de son copain. Elle le rejoignit sous les draps et apprécia le confort de l'oreiller. En s'allongeant, elle laissa échapper un long soupir las. Il ne valait mieux pas qu'ils l'aiment trop, risquant leur vie en étant près d'un tel monstre. Cédric lu sur son visage et la prit dans ses bras, embrassant le coin de sa mâchoire.

- Je sais à quoi tu penses Cara Dauclaire, lui chuchota-t-il à l'oreille, mais il va falloir que tu te fasses à l'idée que je suis un peu maso sur les bords, car pour rien au monde je ne te laisserais partir pour le stupide argument que tu es dangereuse.

Il embrassa sa joue et reposa sa tête sur son oreiller. Le sommeil ne tarda pas à les emporter, et elle se réveilla difficilement le lendemain matin lorsque Cédric l'enlaça tendrement.

Elle sortit du lit en vacillant légèrement sur ses jambes encore endormies, puis suivit Cédric dans les escaliers. Le soleil n'était même pas encore levé. Ils tournèrent dans un couloir longeant les escaliers et entrèrent dans une petite pièce aux larges fenêtres donnant sur l'arrière-cour de la maison. Au centre se tenait une table en bois mat rectangulaire sur laquelle étaient disposés tout un tas de petit-déjeuners. Le père de Cédric lisait la Gazette du Sorcier, à l'envers, et sa mère nettoyait de la vaisselle dans l'évier, qui pouvait être faîte par la magie soit dit en passant. Cédric et Cara esquissèrent tous d'eux un petit sourire amusé. Finalement elle ne savait pas qui était le plus stressé de la rencontre, les parents ou elle? Ils s'avancèrent tous deux dans la petite salle à manger, et Cara alla saluer les Diggory avant de s'installer sur une chaise. Ne mangeant pas vraiment le matin, elle se força à prendre un vrai petit-déjeuner pour faire plaisir à ses hôtes.

Petit-déjeuner prit, elle remonta dans la chambre de Cédric et embarqua quelques affaires pour prendre une douche rapide. Elle alla jusqu'au bout du couloir et poussa la porte blanche sur laquelle flottait l'inscription 'Salle d'eau'. Une baignoire d'angle blanche, un miroir large et suffisamment illuminé pour éclairer tout le jardin. Elle prit une douche rapide, se sécha et s'habilla, puis termina de se préparer avant de retourner dans la chambre. Elle n'avait pas été longue, comme à son habitude, et vit les autres membres de la maison s'enchaîner dans la salle de bain. Ils partirent une heure plus tard, Amos Diggory, Cédric et elle.

Sur le trajet, Cara discuta beaucoup avec Amos, apprenant à le connaître. Ils marchèrent une demi-heure avant que l'homme n'attrape son fils et Cara par la main pour les faire transplaner. Ils arrivèrent dans une forêt clairsemée, au sommet d'une longue côte. Cédric alla se caler sur une haute branche d'un arbre pour apercevoir la famille Weasley arriver. Une vingtaine de minutes après, ils entendirent des voix étrangement familières. Ils patientèrent encore un peu avant de voir débarquer Ron Weasley et ses deux frères. Plus loin se tenait Harry Potter et Arthur Weasley, et enfin, Hermione Granger et Ginny Weasley. Cara salua tout le monde et alla rejoindre les deux filles en fin de groupe. Elles parlèrent rapidement de leur été puis les filles lui posèrent des questions sur sa présence en compagnie des Diggory, et plus particulièrement, de Cédric. Enfin arrivés au sommet de leur trajet, s'émerveillant devant le magnifique panorama d'un village loin en-dessous la colline, tous s'attroupèrent autour d'une vieille botte usée. Il s'avéra qu'ils s'agissait d'un portoloin. Cara n'en avait jamais prit. Elle ne savait pas trop à quoi s'attendre, mais elle fit comme les autres, se plaçant à côté de Cédric et posant sa main sur la vieille botte. Quelques instants après, son corps était soulevé de terre, tourbillonnant en cercle autour du portoloin à travers les nuages. Elle entendit Arthur Weasley leur crier de lâcher le portoloin. Les quatre jeunes Weasley, Potter et Granger lâchèrent en même temps que Cara, sentant leurs corps chuter avec pour seule résistance l'air. Hermione hurla à pleins poumons tandis que ceux de Cara s'emplissaient d'air, manquant exploser à cause de la pression atmosphérique. Elle voyait le sol s'approcher à une vitesse inquiétante, mais une seconde avant le choc, ils furent brusquement stoppés à quelques centimètres du sol. L'instant d'après, ils s'étalaient tous à terre, relâchés par ce bouclier invisible qui les avait protégé du sol l'instant d'avant.

Après que les trois derniers sorciers aient rejoint les jeunes, ils avancèrent vers la fête. En effet, il n'y avait pas d'autres mots. Des tentes installées de partout, des sorciers habillés comme de ridicules moldus à chaque recoins, des échanges joyeux et bruyants résonnant d'un coin à l'autre. Les Weasley et les deux autres sorciers se séparèrent de Cara et des Diggory, rejoignant leur propre tente. Quant à eux, ils firent de même, se faufilant à travers les tentes et zigzaguant entre les sorciers. Amos s'arrêta devant une tente jaune moutarde délavée et en souleva la toile d'entrée. Cédric s'y glissa à l'intérieur, tirant Cara par la main. Vue de l'extérieur, la tente faisait un mètre carré, mais une fois à l'intérieur, elle était grande de plus d'une trentaine de mètres carrés. La sorcellerie ne cessera jamais de la surprendre.

Devant elle se présentait un petit hall où était installée une table carrée en plastique. Cédric s'avançait déjà vers une partie un peu surélevée de la tente qui séparait les lits du reste. Un lit superposé aux couvertures moelleuses, et un lit d'appoint aux larges coussins épais. De l'autre côté de la toile qui isolait les lits se trouvait une petite cuisine avec tous les équipements nécessaire. Et enfin, séparée du reste, une salle d'eau petite et fonctionnelle. Cara n'en revenait pas de découvrir autant de choses à l'intérieur d'une tente. Dans les tentes moldues de cette taille, c'est à peine si deux personnes pouvaient s'y allonger à l'intérieur sans se rentrer dedans en dormant. Après contemplation, Cara s'installa, se familiarisant avec les lieux, puis ils allèrent assister au match.

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Hello you! Merci pour la visite, j'espère que vous avez aimé! Je remercie tous ceux qui me laissent des reviews, c'est vraiment plaisant! Je vous revois bientôt avec la suite. XO, C.