Bonsoir cher lecteur impatient, vous avez demandé la suite ? la voilà !

J'en profitte pour faire une annonce : je recherche une salle sur Paris pour organiser la deuxieme rencontre d'auteurs yaoi le vendredi 7 juillet, si l'un d'entre vous a des suggestions…

Mais passons au chapitre. Bonne lecture !

Harry passait l'après midi avec ses amis, ce qu'il n'avait pas fait depuis très longtemps. Ils s'étaient plaints à lui qu'ils se sentaient rejetés, le jeune homme ne restant avec eux que le temps de faire ensemble leurs devoirs et leur parlant de moins en moins.

Depuis qu'Hermione et Ron étaient en couple, Harry s'était persuadé qu'ils n'avaient plus besoin de lui et il fallait avouer que cette idée l'arrangeait : ainsi il pouvait profiter au maximum des rares opportunités de retrouver Drago.

Les propos de ses amis l'avaient fait un peu culpabiliser et il essayait de rattraper son erreur.

Sans rancune, ils avaient alors passé du temps ensembles. Les deux préfets de Gryffondor lui avaient fait comprendre avec des mots soigneusement choisis (il avait même semblé à Harry voir Ron consulter un instant une feuille de papier) qu'ils savaient quelle était son orientation sexuelle, et ce depuis Décembre. Harry s'était senti soulagé de le dire à haute voix, de le leur dire clairement et de voir que leur attitude ne changeait pas pour autant.

Par contre, il avait refusé net de leur dire qui était son petit ami et leur avait fait promettre de ne pas chercher à le savoir.

C'est alors qu'Hermione lui avait avoué que sans pour autant l'espionner, elle l'avait deviné.

- Comment !

- C'est simple Harry, si on prend le temps d'y réfléchir ce n'est pas très compliqué d'en tirer une conclusion

- Explique-toi s'il te plait

- Et bien depuis décembre, comme je te savais gay et que tu étais bien trop occupé et rêveur par moments pour être célibataire, je t'ai simplement observé, j'ai fait attention à ce que tu disais pour voir si tu parlais souvent de la même personne, ou si tu cherchais le regard de quelqu'un dans la foule, mais tu ne faisais rien de ce que font généralement ceux qui sont amoureux. Alors je me suis dit que tu voulais sans doute le protéger. J'ai alors fait attention aux personnes dont tu ne parlais jamais même si leur nom venaient dans nos conversations, celles dont tu évitais le regard délibérément, ce fut alors une évidence

- Qui ? demanda Ron

- Si Harry l'aime, il est digne de confiance, mais ce n'est pas à moi de te le révéler et je crois, ne m'en veux pas Ron, que tu n'es pas prêt pour ça.

- Dis tout de suite que je suis un idiot buté !

- Je n'ai jamais dit ça !

- C'est bon vous deux, vous n'allez pas vous disputer pour ça ! Hermione, si tu as deviné juste : pitié, garde le pour toi, et Ron ne le prend pas mal mais je pense qu'elle a raison.

Ron avait alors boudé comme le pire des gamins pendant de bonnes heures mais il avait suffit d'une partie de Quidditch improvisée pour lui changer les idées. Cependant, à chaque fois que Ron voyait partir Harry, il marmonnait qu'il avait bien le droit de savoir.

Hermione savait pour Drago et ne le jugeait pas, se fiant probablement à l'attitude de Pattenrond et Ron pensait à autre chose. Un autre jour, ils jouèrent ensuite aux échecs en mangeant toute leur réserve de chocogrenouilles et Harry se dit qu'il avait eu tort de se priver de leur compagnie, même si les voir s'enlacer devant lui lui rappelait qu'il ne pouvait pas en faire autant, ce qu'il regrettait amèrement.

Il leur parla de son projet de vaincre Naja sans pour autant dévoiler la façon dont il avait appris la nature de l'animal et ses deux amis lui proposèrent des hypothèses intéressantes.

Bien sûr, Hermione lui dit d'en parler au directeur mais Harry, vexé que celui-ci l'aie ignoré depuis la rentrée, préférait éviter de le contacter. Après tout, il savait où le trouver…

La conversation dévia sur les prochaines vacances et les cours de transplannage que Ron pourrait suivre puisqu'il aurait alors atteint la majorité

Ron se vanta alors des nombreux avantages que cela lui apporterait et Harry l'envia.

S'il était né plus tôt dans l'année, lui aussi aurait pu apprendre à transplanner, décider lui-même de son avenir et surtout échapper au retour chez les Dursley le mois suivant sur la demande expresse de Dumbledore qui décidait de sa vie sans pour autant être son tuteur, tout cela sous prétexte de bénéficier de la protection du sang de sa mère alors que Voldemort avait trouvé la parade à cela.

Sa seule consolation était qu'étant en second cycle, il serait autorisé à faire de la magie et ainsi pourrait tenir à distance son immonde cousin. S'il était majeur, personne ne déciderait d'où et d'avec qui il devrait vivre

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Cher toi,

Les occasions de nous voir se font de plus en plus rares, et cela n'est pas près de s'arranger : dans quelques semaines, les vacances de Pâques arriveront et Mère vient de m'écrire que ma présence est nécessaire au Manoir. Elle a besoin autant de ma présence pour elle que pour les affaires de Père.

Un de mes cousins s'en occupe en mon absence mais elle ose à peine me dire qu'elle ne lui fait pas confiance, je crois qu'il y a autre chose aussi mais je n'en suis pas sûr et je crains le pire.

Je le regrette autant que toi, tu sais, mais je ne pourrais pas me rendre au rendez-vous que tu me proposes ce soir : on fête l'anniversaire de Pansy et si je ne suis pas là, elle m'a juré de me suivre à la trace pour savoir ce qui me retient « si souvent » loin d'elle.

Quand je l'ai connu, j'appréciais son attitude, son admiration pour moi flattait mon ego mais maintenant je la vois comme un boulet que je traîne derrière moi.

Ma voilà donc réduit à faire acte de présence pour un groupe de personne qui me considère comme faisant partie des leurs mais dont je n'ai cure, au lieu de te rejoindre pour te prendre dans mes bras….

Dommage que je n'ai un retourneur de temps…

Je suis désolé et t'embrasse tristement

Moi

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Cher toi,

Pour ce soir, c'est plus que dommage et j'ai énormément de mal à accepter la situation.

Décidément cette Pansy me sort par les oreilles !

S'est-elle remise de notre dernier cours commun en défense contre les forces du mal ? Notre professeur a eu une bien mauvaise idée de nous mettre ensemble pour les duels, mais ces cheveux roses fuchsia frisés comme un caniche la rendent presque supportable à regarder, non ? La ridiculiser davantage n'a pas suffit à me calmer et j'avais songé à bien pire au début.

Pour les vacances, je ne serais pas à Poudlard non plus. J'ai reçu aujourd'hui un hibou de ma tante. Elle avait mis sur le colis minuscule un timbre moldu, sans doute pour qu'il semble moins étrange. Il contenait un plan de Londres et les clefs de la maison : sous prétexte que mon cousin a réussi brillamment un examen, ils s'offrent des vacances à New Jersey où bien sûr, je ne suis pas attendu. Je devrais donc me débrouiller seul dans cette maison aussi laide que ses propriétaires. Le dernière fois que je me suis retrouvé isolé dans cette maison, tu es venu me voir, t'en souviens-tu ? C'est un des plus beaux souvenirs de ma vie mais cette fois tu ne pourras pas m'y rejoindre. J'en pleurerais presque de rage. Au moins n'aurais-je pas à affronter leur présence et leurs remarques déplaisantes.

Tu me manques tellement…

Écris-moi s'il te plait, c'est tout ce qui me reste.

Je t'embrasse

Moi

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Cher toi,

Comment pourrais-je oublier ce jour de pluie de l'été dernier ? J'y repense souvent et te savoir seul sans que je puisse te rejoindre me navre.

Ma seule possibilité de te joindre de façon sûre pendant cette période, c'est d'utiliser la poste moldue, mais tu ne pourras pas me répondre.

Expliques moi s'il te plait comment elle fonctionne, que je puisse au moins faire cela pour toi.

En ce qui concerne Pansy, elle se terre dans son dortoir et en journée se cache sous une longue capuche. Madame Pomfresh a dit que le sort disparaîtrait progressivement

Avantage de la situation : morte de honte, elle ne parle plus et a cessé de se pavaner à mon bras.

Désavantage : elle continue de rester cependant dans mon sillage et j'ai l'impression de traîner derrière mon dos un détraqueur nain et pleurnichard.

La soirée prévue en son honneur n'en a été que plus déprimante, à l'entendre se lamenter en en profitant pour se coller à moi, et j'ai dû intervenir (merci l'alibi de préfet et l'ultimatum de notre directeur décrétant qu'au moindre conflit entre serpentard et gryffondor nous en serionsconsidérés comme responsables) avant que soit organisé une expédition punitive dans votre tour.

Et comme elle m'énervait vraiment, j'ai discrètement prolongé ton sort de quelques semaines. Avec un peu de chance, elle rentrera chez elle le mois prochain dans cet état.

Mais si sur le coup ça soulage, au fond ça ne change rien.

Tu me manques aussi.

A tel point que mes nerfs craquent parfois.

Je t'aime.

Moi

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Cher toi,

Enroulés dans ce parchemin, tu dois avoir trouvé des enveloppes sur lesquelles tu mettras l'adresse que je t'ai donné cet après midi. Elles sont timbrées et j'ai rajouté quelques feuilles de papier (le parchemin, c'est trop lourd pour les lettres moldus), tu n'auras donc plus qu'à écrire et mettre l'enveloppe dans ces boites rouges que tu as dû déjà remarquer dans la rue.

Je sais, j'ai prévu large : tu as autant d'enveloppes que de jours qui nous séparerons, tu auras peut être trop à faire pour toutes les utiliser…

Pauvre Pansy, martyre de notre frustration…

Non, en fait je ne la plains même pas, c'est plus fort que moi.

Je t'aime aussi, vraiment, et il m'arrive de rêver ce que je n'ose même pas espérer dans la réalité : que ce monde hostile disparaisse pour nous laisser ensemble, et libres.

Baisers,

Moi

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Si les élèves de septième année avaient encore un flot de connaissance à intégrer, la moitié des cours avaient été transformés en heures d'études en vue des révisions des ASPICS.

Le temps étant des plus cléments en ce début de printemps, les élèves avaient été autorisés à réviser dans le parc.

Harry et ses deux amis s'étaient installés à proximité du lac. Il semblait fixer la surface du lac qui miroitait au soleil. Du moins était-ce l'impression qu'on en avait. En fait, son regard déviait légèrement sur sa droite au niveau d'un chêne au ramage considérablement plus large que les autres, et qui accueillait à sa base un groupe de Serpentards qui faisait une pause entre deux révisions en disputant une partie d'un jeu que Harry ne connaissait pas et qui semblait passionnant.

Le jeu se composait d'un plateau assez semblable à celui d'un échiquier. On y plaçait dessus deux pièces, une or et une argentée, et un duel commençait entre les deux pièces dont les coups dépendaient du lancer de dés à 8 faces.

Elles prenaient vie et se transformaient en divers animaux fantastiques sous les sorts du joueur.

Quand Drago, qui semblait fort à ce jeu, transforma sa pièce blanche en dragon, les petites flammes qu'il lança attirèrent l'attention de Ron qui eut une moue contrariée et envieuse.

- Bien sûr, il faut que ce pédant montre à tout le monde qu'il a un jeu de Gottflig !

- « Quoi ? » dit Harry qui fit mine de ne pas savoir de quoi il parlait, trop heureux d'avoir l'occasion d'avoir des réponses aux questions qu'il se posait

- « Là ! » dit Ron en désignant Drago qui feignait de remarquer enfin sa présence. Ils jouent au jeu de Gottflig, le plus élitiste du monde sorcier !

- Ça a l'air intéressant comme principe…

- Oui, ça l'est, mais je doute que tu aie un jour l'occasion d'y jouer : le sorcier qui l'a inventé a fait fortune et n'a créé que des modèles de luxe : marqueterie en ivoire et ébène, pièces en or et en argent massif. Mais ce n'est pas tant le prix qui dissuadait les sorciers de l'acheter. Gottflig était de ces sorciers qui ne jurent que par les sorciers de sang pur et il fallait présenter un arbre généalogique irréprochable sur 20 générations pour qu'il daigne accepter une commande. A sa mort, il a refusé de transmettre ses secrets de fabrication de peur que le jeu se démocratise. Il ne doit en y avoir qu'une centaine d'exemplaires au monde.

- « J'y jouerais bien », intervint Hermione, « ne serait ce que pour faire se retourner son créateur dans sa tombe »

- Tu le ferais plutôt hurler à mort ! il est devenu fantôme et hante le Manoir familial en régissant encore les affaires de ses descendants, une vraie plaie même dans la mort ! il a rendu folle une de ses arrières petites filles qui a eu le malheur de s'intéresser à un jeune homme dont un ancêtre était en partie moldu.

- Je n'avais jamais songé qu'on pouvait choisir de devenir fantôme pour persécuter les siens…

- Pourtant c'est souvent le cas, et je n'ose même pas imaginer la flopée de vieux grincheux et de harpies qui se cachent dans certains familles…

- « Pour en revenir au jeu », intervint Harry, à quoi servent les dés ?

- A décider des sorts que tu as le droit de lancer pour transformer ta pièce.

- Et on a doit à n'importe quelle créature ?

- Du moment qu'elle est répertoriée dans le manuel de référence qui nous sert d'ailleurs dans cette école.

- C'est une manière originale de réviser alors…

Harry s'autorisa un regard direct sur Drago qui criait victoire : il venait de gagner et son griffon déchiquetait la tête de l'acromantule de Nott… Il réprima un sourire : c'était bien la première fois qu'on voyait un Serpentard gagner grâce à un griffon d'or!

Puis il retourna sagement à ses parchemins fastidieux en soupirant.

Plus tard dans l'après midi, et ce malgré le temps toujours des plus agréables, le moral des élèves s'abaissa subitement : une dépêche spéciale les avait informé que l'armée de Voldemort avait attaqué un village de côtier où se trouvait de nombreux moldus ainsi que la maison d'un des Aurors du Ministère qui n'était à présent qu'un immense trou béant… Les journaux moldus avaient parlé d'une chute de météorite mais la Gazette du Sorcier, elle, savait à quoi s'en tenir. Deux des enfants de l'Auror Patt Dickinson qui avait péri avec sa femme et un de leurs amis venu leur rendre visite étaient scolarisés à Poudlard. Ils avaient passé les derniers jours à se réjouir de revoir leurs parents, et le mariage de leur sœur aînée devait se dérouler dans cette maison durant les prochaines vacances. Au lieu de cela ils allaient rentrer chez leur sœur afin d'enterrer leurs parents. Un autre élève, de parent moldu, avait perdu son oncle dans la même attaque.

Le repas du soir ne fut jamais pris avec autant de silence que ce jour là.