Note de l'auteure M : Bonjour à tous ! En ces temps déprimants de fin de vacances et de rentrée après l'illusion de possibles festivités éternelles, nous avons décidé d'essayer de vous remonter le moral avec un autre chapitre de cette fic. En espérant qu'il vous plaira comme les autres.

W : À Resha Tsubaki : Bienvenue à bord ! Contentes que cette fic te plaise, on espère que ce sera pareil pour la suite. Quand au fait que Wenda découvre l'automail d'Ed... Nyeheheheh... Nous n'en dirons pas plus pour le moment.

M : W, arrête de ricaner avec cet air de psychopathe, tu vas faire fuir les lecteurs. À Sabine02 : Ben oui, ils ont la bougeotte, que veux-tu, c'est attirant l'idée de sauver le monde et de jouer au super héros. Quant à Wenda, ils ne pouvaient pas l'emmener, puisque l'Allemagne reste la seule chose qu'elle a de son enfance. Et de rien pour le comm' sur Pretty Woman, ta fic est super, fallait le dire (NB : ceci est très ouvertement un message de motivation pour pousser son auteure à continuer la rédaction...)

W : Et c'est qui qui fait peur maintenant ? Bref. À Naemir : Il faut faire de l'allemand ! Mais l'espagnol, c'est bien aussi, c'est juste que personne chez nous n'en a fait (* mode Armstrong * Germanistes de génération en génération, comme par exemple notre grand-père qui... bla bla bla). Et ton Edo est fort réaliste, complètement bigleux. Mais quelle est cette fic dont tu parles ? Toi aussi tu aimes torturer les persos ? Diantre, je crois qu'on va bien s'entendre, hé hé hé...

M : Sur cette note pas inquiétante du tout, voici le chapitre, avant que notre blabla ne devienne plus long que lui...

W : Enjoyyûûûûûûûû !


Six jours.

Cela faisait six jours qu'Al était parti.

Sans moi.

Je le regrettais déjà. Après tout, ça n'avait été qu'un gros rhume. J'aurais dû davantage insister, trouver des arguments plus pertinents pour l'accompagner. Ou au moins parvenir à le convaincre d'attendre quelques jours que j'aille un peu mieux. Quelques jours, cela aurait suffi. La preuve, je me sentais déjà complètement guéri.

Seule pour me répondre, et bien sûr pour me contredire, une petite toux revint s'inviter dans ma gorge.

Aussitôt, je repiquai mon nez dans les replis de mon manteau, me demandant pour la énième fois si c'était bien raisonnable d'être dehors dans mon état encore fragile, fusillant du regard l'écharpe posée à côté de moi sur le banc. Hors de question que je remette ce truc qui ne cherchait qu'à m'étouffer à la première occasion.

Après tout, il faisait doux aujourd'hui, j'étais au soleil sur mon banc, j'avais pris soin de bien me couvrir. Et je me sentais suffisamment en forme pour recommencer à me reprocher d'avoir cédé, à me demander ce qui m'avait pris. Je devais presque réfléchir pour m'en souvenir.

Je n'étais pas sorti indemne du temps pluvieux et venteux de Hamburg, et encore moins de la traversée. Entre le froid, les intempéries et mes automails, ça n'avait pas été surprenant, et ma gorge aussi prise que mon nez avant continué à me faire mal même plusieurs jours après notre arrivée.

Nous cherchions toujours cet ex-alchimiste complètement cinglé, des pistes se présentaient, qui pouvaient nous suggérer dans quelle direction il était allé, ce qui n'avait pas été le cas en Allemagne. Mais alors même que nous avions été dans nos recherches, Al s'était rendu compte de mon état, avait commencé à me sommer de me reposer, avait déjà prévu de partir seul.

« Tu dois te remettre et aller voir un médecin, » avait-il dit, les bras croisés, juste après m'avoir dévoilé ses projets.

Assis à la table de la chambre d'hôtel que nous occupions, lui tournant le dos, j'étais resté obstinément penché sur nos notes, furieux à l'idée qu'il songeât à partir sans moi.

« Pas question. »

« Ed, tu traînes cette toux depuis trois semaines. »

« Et ? » Il avait déjà commencé à me donner mal à la tête avec ses reproches. Comme si ça ne m'était pas déjà arrivé assez fréquemment sans ça...

« Et ? » avait-il répliqué. « Et il est temps que tu fasses quelque chose ! »

« Je fais quelque chose : je termine ça et ensuite nous partons tous les deux sur les traces de cet... »

« Non ! » avait-il rugi, avec cette voix déjà plus grave, signe que son corps commençait à rattraper son esprit aiguisé. « J'irai, et j'irai seul, et toi tu resteras ici jusqu'à ce que tu te sois débarrassé de cette toux ! »

« Et moi je te dis que nous partirons tous les... »

Mais bien sûr, la toux en question avait profité de cet instant pour me prendre en traître et me pousser à m'arracher les poumons. Ce qui m'avait sur le coup fait atrocement mal. Lorsqu'elle avait commencé à passer, Al s'était tenu juste derrière moi, me tapotant le dos et me tendant un verre. Je l'avais saisi d'une main tremblante, espérant qu'il m'aiderait à apaiser le feu dans ma gorge.

« Tu vois ? » avait murmuré Al avec inquiétude, la voix tendue. « Je ne supporte pas de te voir comme ça. Il faut que tu te remettes. »

« Je te dis que je vais bien, Al, c'est juste une petite... »

Et je m'étais soudain interrompu, réalisant tout d'un coup pourquoi cette scène m'avait semblé si familière et étrangement déformée. Une kyrielle d'images avaient déferlé dans ma tête, Alfons, son sourire rassurant, sa petite toux innocente, son teint pâle, Alfons, le sang, ses cheveux clairs, le sang, les cernes sous ses yeux, Alfons, sa silhouette amaigrie, le sang, la ligne de ses épaules agitées de soubresauts, Alfons, le sang, le sang, le sang noir sur ses mains blanches...

Une partie de mes émotions avaient dû se voir sur mon visage, car Al s'était penché davantage, légèrement paniqué.

« Ed ? Quelque chose ne va pas ? Tu as mal quelque part ? »

Et en voyant son expression, ce regard qu'il avait eu au chevet de maman aussi, j'avais soudain su que je ne pouvais lui faire subir ce que j'avais vécu. Pas une seconde fois. J'avais donc secoué lentement la tête.

« Non, ça va, ne t'inquiète pas. Je réalisai juste que tu avais raison. » Il avait cligné des yeux, me comprenant pas comment il avait tout d'un coup pu l'emporter. « Je vais rester ici, aller voir un médecin et me reposer. »

Et j'avais presque prié, en voyant son visage rassuré et son sourire chaleureux, lorsqu'il m'avait dit qu'il ferait le plus vite possible, j'avais presque prié pour que ce ne soit vraiment rien de grave.

C'était il y a six jours.

Maintenant, je le savais, je n'étais déjà qu'à quelques pas d'une guérison complète, et je me reprochais de l'avoir laissé filer, mort d'inquiétude en me disant que, si ça se trouvait, je l'avais en réalité envoyé vers un trop grand danger. Je savais qui nous poursuivions ! Cet espèce de malade qui n'avait pas hésité à tuer des gens pour ses expériences et à percer des trous dans l'armure de mon frère ! Rien que pour ça, c'était à moi de lui faire payer, rien que pour ça, je n'aurais pas dû laisser Al, désormais si vulnérable, y aller seul.

Et s'il faisait plus que le blesser, cette fois ? Pourquoi n'y avais-je pas pensé plus tôt ?

« I still wanna come, » était tout ce que j'avais trouvé le moyen de dire, emmitouflé dans une couverture, le jour de son départ. Je ne l'avais même pas accompagné à la gare. « I still wanna come. »

Crétin !

D'un geste rageur, je refermai le livre que je ne lisais même pas et me levai, retournant vers l'hôtel, vers cette petite chambre exiguë où j'étais seul face à moi-même et à mes inquiétudes. Quitte à me ronger les sangs, autant que ce soit là où je ne risquais pas une rechute. L'air frais ne m'aidait même pas à me changer les idées.

Ce ne fut qu'une fois arrivé que je remarquai que j'avais oublié mon écharpe.

Avec un juron, je me laissai tomber sur le lit dont les ressorts grincèrent en protestation, me cachant la lumière du jour en plaçant mon bras devant mes yeux, trop vidé de mon énergie pour retourner la chercher. Elle ne me servait pas, de toute façon. Je n'arrivais jamais à la garder sur moi plus de dix minutes.

J'en connaissais une qui serait bien mécontente, si elle le savait.

« Qu'est-ce que tu dirais, si tu me voyais... Hein, Wenda ? »

Mais seul le silence était là pour me répondre.


à suivre...

* yeux suppliants genre chaton sous la pluie qu'Al va forcément recueillir * Review... ?